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Segments de clientèles Tourisme durable

Des vacances et des loisirs pour tous

Les voyages sont inaccessibles pour un large pan de la population. Selon un sondage réalisé par La Presse en mars 2012, 57% des Québécois n’ont pas voyagé lors de la dernière année. Voici quelques initiatives européennes et québécoises de démocratisation des vacances.

De quoi parle-t-on?

Le droit au tourisme pour tous est reconnu par le code mondial d’éthique de l’Organisation mondiale du tourisme. Le tourisme social regroupe les acteurs œuvrant plus largement dans l’économie sociale et solidaire, et ses valeurs se rapprochent de celles du tourisme durable. La mission de l’association, de la coopérative ou encore de la fédération est de rendre les loisirs touristiques accessibles aux personnes défavorisées ou ayant un revenu modeste, et de soutenir la mixité sociale, sans poursuivre un objectif de rentabilité. Les activités de ces organismes sont souvent rendues possibles par le soutien ou l’intervention de l’État, grâce à ses politiques sociales.

Louis Jolin, professeur à l’Université du Québec à Montréal et membre de l’Organisation internationale du tourisme social, précise que ce dernier vise «la qualité de la relation entre les visiteurs et les communautés d’accueil. […] Il a donc le mérite d’accroître la démocratisation du territoire pour des fins récréotouristiques mais aussi socioéducatives».

Un programme commun pour les États membres de la Commission européenne

La Commission européenne a créé en 2009 le programme Calypso (voir la vidéo ci-dessous), qui encourage le développement d’initiatives en lien avec le tourisme social dans l’Union européenne (UE). Quatre catégories de personnes des 21 États membres et pays participants peuvent profiter des voyages à bas prix et des séjours thématiques en basse saison:

  • les jeunes âgés de 18 à 30 ans;
  • les familles confrontées à des pressions financières ou autres;
  • les personnes en situation de handicap;
  • les personnes de plus de 65 ans ainsi que les retraités qui sont dans la précarité ou qui sont découragés à l’idée de devoir organiser un voyage.

Le programme a pour objectifs la lutte contre la saisonnalité des régions touristiques, mais aussi la découverte de destinations moins connues de l’UE. L’une des initiatives récentes est le FETE-project (First European Travel Experience), qui est né d’un partenariat entre la Belgique, l’Allemagne, la Finlande et la Suède pour offrir des vacances aux jeunes de 16 à 26 ans qui n’ont jamais voyagé en dehors de leur pays.

Source: vidéo YouTube

L’engagement des gouvernements envers le tourisme social

L’établissement public français de l’Agence Nationale pour les Chèques-Vacances (ANCV) assure l’accès aux vacances pour tous les travailleurs (lire aussi: «Chèque-vacances: un double levier, social et touristique»). Ces chèques-vacances génèrent plus de 1,3 milliard d’euros, profitent à près de 9 millions de bénéficiaires et sont acceptés par 170 000 entreprises touristiques et de loisirs. En marge de son activité principale, l’ANCV mène des actions de solidarité à travers plusieurs programmes d’aide à la personne et de financement des infrastructures touristiques à vocation sociale.

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Source: ANCV

Le gouvernement espagnol a développé le programme Europe Senior Tourism pour accueillir en basse saison les Européens de plus de 55 ans dans trois de ses régions touristiques. Une partie du voyage est financée, ce qui permet aux seniors de profiter d’un tarif maximal de 360 euros pour un séjour de 8 jours en hôtel 4 étoiles incluant le transport, la demi-pension, des animations et une excursion.

Quant au gouvernement québécois, il compte à son actif quelques programmes de financement. Les plus récents sont consacrés aux associations nationales de loisir touristique et de plein air, regroupées au sein du Conseil québécois du loisir, et aux centres de vacances et camps familiaux rassemblés dans le Mouvement québécois des vacances familiales.

Une offre segmentée selon le type de clientèle

En France, les acteurs du tourisme social sont regroupés au sein de l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air, et sont classés de la manière suivante:

  • villages vacances, ciblant les familles (VVF Villages, Vacances Bleues);
  • centres d’accueil de jeunes et/ou sportifs (FUAJ, UCPA);
  • centres de vacances pour enfants et adolescents (Ligue de l’enseignement);
  • classes de découverte (voyages scolaires);
  • séjours linguistiques (Thalassa);
  • voyages pour adultes à l’étranger (ARVEL, Croq’Nature).

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Source: VVF Villages

En 2010, ils ont généré un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d’euros, impliqué 20 000 emplois directs annuels, 50 000 emplois saisonniers et accueilli 3,2 millions de personnes.

En Italie et en Croatie, il existe un réseau de 40 centres touristiques qui se sont adaptés à une clientèle ayant des besoins particuliers les empêchant souvent de profiter des offres touristiques «ordinaires». Ainsi, Village for all est accessible aux personnes en situation de handicap, mais aussi à celles ayant des allergies alimentaires ou environnementales, aux personnes âgées, aux patients dialysés, aux personnes en surpoids et aux familles avec des enfants en bas âge.

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 Source: Village for all

AL_tourisme_social_image3Au Québec, le Mouvement québécois des vacances familiales a lancé le Programme Vacances Familiales Accessibles, qui permet à des familles de bénéficier de réductions pour voyager. Plusieurs autres organismes sont engagés dans le tourisme social en ciblant une clientèle précise: l’Association des camps certifiés du Québec, Vélo Québec, Kéroul, la Fédération québécoise de la marche, la Fédération québécoise des centres communautaires de loisir, etc.

Des enjeux bien présents

Ces organismes font face à de nombreux enjeux qui compromettent leur pérennité, tels que le financement et la difficulté de valoriser leurs pratiques. Pour répondre à ces problématiques, le Conseil québécois du loisir a déposé des recommandations auprès du gouvernement, proposant la création d’un fonds d’investissement d’aide à la personne, aux infrastructures et aux petits établissements touristiques en région, ainsi que la mise en place de crédits d’impôt.

Enfin, les partenariats avec le secteur privé sont une avenue à considérer. Une entreprise touristique qui s’engage auprès d’un organisme de tourisme social peut élargir sa clientèle et dispose d’un moyen supplémentaire pour lutter contre la saisonnalité.

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Enjeux Ressources humaines

La réforme de l’assurance-emploi: quel avenir pour les entreprises saisonnières?

Des étudiants à la maîtrise en développement du tourisme de l’Université du Québec à Montréal, Simon Beaubien, Élise Corneau-Gauvin et Camille Watson, ont étudié la question. Voici un aperçu de leurs recherches suivi d’un commentaire de la directrice de l’Association québécoise de l’industrie touristique.

Le travailleur saisonnier devient le prestataire fréquent

Depuis janvier 2013, soit l’entrée en vigueur de la réforme, les personnes qui bénéficient de l’assurance-emploi voient leur dossier traité selon leur historique de prestataire. Trois catégories ont été créées:

  • Le travailleur de longue date a payé au minimum 30% de la cotisation annuelle maximale d’assurance-emploi pendant au moins sept des dix dernières années et n’a pas reçu plus de 35 semaines de prestations régulières au cours des cinq dernières années.
  • Le prestataire fréquent a présenté trois demandes ou plus de prestations régulières et en a reçu pendant plus de 60 semaines au cours des cinq dernières années.
  • Le prestataire occasionnel reçoit des prestations régulières mais son statut ne correspond à aucune des catégories précédentes.

La plupart des travailleurs saisonniers entrent dans la catégorie du prestataire fréquent. Tout comme auparavant, celui-ci doit amorcer une démarche raisonnable de recherche d’emploi dès le début de sa situation de chômeur. Les principaux changements sont les suivants. Pendant les six premières semaines de prestations, il doit poser sa candidature ou accepter toute offre pour un emploi semblable et dont la rémunération est d’au moins 80% de son salaire précédent.

À compter de la 7e semaine, le prestataire fréquent doit accepter tout emploi convenable pour lequel il est qualifié et qui offre au moins 70% de la rémunération de son dernier emploi (voir le graphique 1). Il doit considérer les offres dans un rayon de déplacement allant jusqu’à une heure ou même plus, en fonction de son historique de travailleur, et qui répondent aux critères de l’État comme étant un «emploi convenable».

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Les craintes de l’industrie touristique

L’Association québécoise de l’industrie touristique (AQIT) est inquiète de cette réforme. Selon elle, ces modifications toucheront principalement les entreprises saisonnières des régions périurbaines telles que les Laurentides, les Cantons-de-l’Est, la Montérégie, la Mauricie, la région de Québec et l’Outaouais. Comme de multiples «emplois convenables» sont disponibles dans un rayon de moins d’une heure de déplacement, les travailleurs saisonniers de ces entreprises seront contraints d’accepter un emploi pour lequel ils sont qualifiés, possiblement dans un autre secteur d’activité et à un salaire moindre, sans quoi leurs prestations seront coupées.

De plus, ils ne réintégreront pas nécessairement l’entreprise touristique lorsque celle-ci manifestera des besoins en main-d’œuvre, puisqu’ils risqueraient de ne pas bénéficier de l’assurance-emploi lors de la basse saison suivante, ayant volontairement quitté un emploi permanent pour une situation plus précaire. Voilà un scénario bien pessimiste, mais possible.

La saisonnalité et les régions 

Selon une étude réalisée pour le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT), 29,1% des emplois dans le secteur sont saisonniers, contre 19% dans l’ensemble des industries.  Un vaste chantier sur la saisonnalité, piloté par des comités sectoriels de main-d’œuvre*, dont le CQRHT, s’est amorcé en 2010. Une revue de littérature met en évidence la réalité du travail saisonnier au Québec. Il s’agit de l’emploi saisonnier en général et non pas uniquement de l’emploi en tourisme. Selon les données de l’Institut de la statistique du Québec qui y sont présentées, l’amplitude saisonnière, soit l’écart entre le niveau mensuel d’emploi le plus bas de l’année et celui le plus haut, s’élève à 4,7% pour l’ensemble du Québec.

Ce sont les régions de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et du Bas-Saint-Laurent qui enregistrent les amplitudes les plus fortes avec 28,8% et 11,5% respectivement. La plupart des régions limitrophes aux grands centres enregistrent des amplitudes inférieures à 6%. Le tableau suivant illustre cette amplitude saisonnière par région, pour l’année 2009.

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*Ces comités représentent les secteurs suivants : production agricole, horticulture ornementale, aménagement forestier, tourisme, pêches maritimes, transformation alimentaire, commerce de détail, transport routier.

Les entreprises touristiques se prononcent

À l’été 2012, un partenariat entre l’AQIT et le CQRHT a permis de sonder des entreprises touristiques afin de connaître leur perception de l’incidence de cette réforme. Voici quelques résultats colligés auprès de l’échantillon de 363 entreprises:

  • 75% perçoivent cette réforme d’un œil défavorable;
  • 90% ont des employés qui entrent dans la catégorie des «prestataires fréquents»;
  • 89% de ces prestataires fréquents reviennent travailler d’année en année;
  • 20% des entreprises sondées ferment leurs portes en dehors de la saison touristique;
  • 60% affirment qu’elles connaissaient des difficultés à recruter du personnel saisonnier avant même l’entrée en vigueur de la réforme;
  • 20% craignent de voir partir leurs employés saisonniers à cause de cette réforme.

L’enjeu le plus redouté par les entreprises touristiques par rapport à cette réforme est celui de la diminution de la fidélité à l’employeur et, conséquemment, la hausse du taux de roulement. Voici les répercussions potentielles de cet enjeu, selon l’AQIT:

  • perte d’expertise;
  • diminution de la qualité des services offerts;
  • baisse de la compétitivité;
  • fardeau supplémentaire en recrutement et en formation;
  • possibilités de fermeture.

Ce même sondage révèle que moins de 5% des entreprises ont une entente formelle avec un autre employeur de leur région afin de jumeler les emplois sur une partie ou la totalité de l’année. Cette stratégie n’est pas possible partout. Parfois, la seule saison touristique est estivale.

Pourquoi cette réforme?

La réforme de l’assurance-emploi s’inscrit dans le cadre du Plan d’action économique 2012 du gouvernement fédéral. Elle a pour but:

  • de répondre à la pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs d’activité et de favoriser la transversalité des travailleurs dans une même communauté;
  • d’aider à mieux former les Canadiens aux emplois offerts;
  • de favoriser l’occupation des emplois par des Canadiens et de réduire la demande en main-d’œuvre étrangère temporaire.

Pour jumeler les Canadiens aux emplois disponibles dans leur région, le gouvernement a créé le système Alerte-Emploi qui enverra aux prestataires des avis d’offres d’emploi dans la profession sélectionnée ainsi que dans les métiers connexes. Les chômeurs recevront par courriel jusqu’à deux bulletins par jour les informant des emplois disponibles dans leur région.

Des recommandations

Comme le souligne l’AQIT, cette réforme pourrait avoir de lourdes conséquences sur l’industrie touristique, comme la désertification de la main-d’œuvre dans les industries saisonnières, puisque les employés, à moyen terme, se verront refuser l’accès aux prestations. L’Association émet deux recommandations:

  • Obtenir des assouplissements aux changements à l’assurance-emploi pour tenir compte des emplois saisonniers;
  • Faire reconnaître le statut de travailleur saisonnier tel que l’industrie touristique et six autres secteurs économiques l’ont proposé dans le cadre du Chantier sur la saisonnalité.

Alors que l’industrie touristique peine déjà à recruter et à fidéliser une main-d’œuvre qualifiée, la réforme de l’assurance-emploi ne simplifiera pas la tâche aux entreprises touristiques saisonnières. Ces changements viennent tout juste d’entrer en vigueur, nous n’en connaîtrons les effets réels qu’au cours des prochaines années.

 

Commentaire – Lucie Charland, AQIT

La saisonnalité est un phénomène extrêmement présent en tourisme et comporte certains défis de taille pour les dirigeants d’entreprises. L’offre touristique étant plus diversifiée dans les grands centres comme Montréal et Québec, la saisonnalité y est moins vécue. Les entreprises de ces régions peuvent par ailleurs compter sur la main-d’œuvre étudiante pour combler, du moins en partie, leurs besoins en personnel. La réalité est toute autre dans certaines régions où des clientèles touristiques ont déjà été refusées et des projets abandonnés en raison du manque de personnel.

Le tourisme est une industrie de service où l’employé est au cœur de la prestation, en contact direct avec les clientèles. La capacité à retenir une main-d’œuvre qualifiée est primordiale à l’essor de l’industrie. Les travailleurs du tourisme choisissent notre secteur par intérêt. À voir la très grande majorité d’entre eux revenir d’année en année, il est clair qu’ils apprécient leur emploi. Au Québec, les emplois saisonniers sont sans contredit essentiels au fonctionnement d’une entreprise touristique, mais ils le sont aussi pour la vitalité économique des régions.

Il est indéniable que les nouvelles règles en matière d’assurance-emploi, appliquées sans égard aux particularités de l’industrie, ajoutent un fardeau supplémentaire sur les dirigeants d’entreprises touristiques qui pouvaient jusqu’alors compter sur la récurrence d’une main-d’œuvre formée.

Ainsi, au regard du programme d’assurance-emploi, l’Association québécoise de l’industrie touristique (AQIT), organisme qui rassemble, concerte et représente les entreprises touristiques en agissant comme porte-parole de l’industrie, plaide pour que les emplois saisonniers soient reconnus comme des emplois convenables, qu’un statut de travailleur saisonnier soit clairement défini et que les secteurs qui embauchent une main-d’œuvre saisonnière soient identifiés comme tel.

Ce dossier multisectoriel d’importance est priorisé par les membres de l’AQIT dans la Plateforme 2013-15.

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Ressources humaines

Une voie gagnante en tourisme: la polycompétence!

Plusieurs entreprises y ont déjà recours, dans l’industrie touristique comme ailleurs, et la plupart s’en trouvent gagnantes. À l’occasion d’un déjeuner-conférence organisé par le Créneau d’excellence Tourisme de villégiature 4 saisons (TV4S), des gestionnaires d’entreprises touristiques sont venus partager leur expérience en matière de polyvalence des emplois. Madame Adèle Girard, qui a été pendant plusieurs années directrice générale du Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT), animait la discussion.

De quoi parle-t-on, au juste?

Un exemple qui illustre bien le concept de polyvalence est celui du Village du Père Noël, à Val-David, présenté par Philippe Rioux, directeur des opérations. Pour ce dernier, la polyvalence est un mode de fonctionnement. Dans cette entreprise qui compte une cinquantaine d’employés dont la majorité ne travaille que quatre mois par année (trois mois l’été, un l’hiver), tout le monde met la main à la pâte. Les gestionnaires participent aux travaux de peinture, le préposé au stationnement fait aussi de l’animation, la responsable de la billetterie donne un coup de main au casse-croûte et, à la fin de la journée, tous contribuent au nettoyage du site.

Le candidat qui postule au Village du Père Noël ne sera pas convoqué à une entrevue, mais plutôt à une audition. Il sera choisi principalement en fonction de sa personnalité. Il sait d’entrée de jeu qu’il devra accomplir des tâches variées. Souvent, la personne engagée n’est pas attitrée à un poste. Les employés peuvent ainsi cumuler plus d’heures de travail tout en variant leurs tâches, échappant du même coup à la monotonie de la routine. Au Village du Père Noël, la main-d’œuvre est surtout composée de jeunes, qui en sont souvent à leur premier emploi. Cette expérience est très formatrice, puisqu’elle favorise l’initiative et la débrouillardise. Les jeunes travailleurs sont heureux de pouvoir toucher à tout. Cela leur permet d’identifier leurs points forts, mais aussi ce qu’ils aiment moins.

Beaucoup d’avantages

Comme le soulignait Luc Ménard, consultant pour StratOp – Conseil, gestion et récréotourisme, la polyvalence est un véritable état d’esprit. Elle s’avère essentielle pour de nombreux projets. Pour les entreprises implantées en région, elle est indispensable. Dans les stations de ski, par exemple, des moniteurs reçoivent une formation de secouriste; des employés à la location d’équipement sont aussi moniteurs à leurs heures. En auberge, des gestionnaires reçoivent une formation de serveur pour donner un coup de main lors de la réception de grands groupes.

Les valeurs et comportements de la génération Y (lire aussi: Attention, la génération Y débarque dans vos entreprises!) entraînent bien des défis pour certains gestionnaires d’entreprise. Ces jeunes travailleurs sont avides de changements, de nouveauté. Ils aiment comprendre à quoi servent leurs tâches dans l’avancement de l’entreprise. La polyvalence des emplois s’inscrit tout à fait dans cette perspective, car elle offre de la variété et suggère davantage de responsabilités pour les employés. Ils se sentent plus valorisés en étant partie prenante de l’organisation et en s’impliquant à différents niveaux.

Pour l’entreprise, la polyvalence des emplois permet:

  • de réduire le nombre d’employés;
  • d’optimiser l’utilisation des ressources humaines;
  • de valoriser et de motiver les employés;
  • de retenir davantage le personnel;
  • d’obtenir un plus grand engagement des employés envers les valeurs de l’entreprise;
  • de gérer les équipes de travail avec plus de flexibilité;
  • de s’assurer une plus grande productivité;
  • d’offrir un meilleur service à la clientèle, puisque tous les employés se sentent concernés et sont mieux outillés pour répondre aux besoins des clients;
  • de réduire les coûts liés aux ressources humaines.

Toutefois, l’organisation qui adopte ce mode de fonctionnement doit s’attendre à:

  • consacrer beaucoup de temps à la formation;
  • gérer des horaires plus complexes;
  • avoir des employés moins spécialisés.

Valoriser tout en gérant mieux la saisonnalité des emplois

Louis Lessard, directeur général de l’Auberge Le Baluchon, en Mauricie, parlait d’analyse de l’attitude des candidats à l’embauche. Par exemple, dans le cas du recrutement de thérapeutes pour le spa, les responsables discutent avec les candidats des possibilités de remplir d’autres fonctions en période creuse, pour qu’ils n’aient pas à quitter l’entreprise en raison du nombre insuffisant d’heures de travail. Ainsi, des thérapeutes sont par exemple formés pour travailler à l’accueil, ou encore pour guider les clients en vélo ou en raquettes.

Dans le but de lui accorder davantage de responsabilités, l’auberge a offert à un employé une formation auprès d’Hydro-Québec afin qu’il puisse entretenir la petite centrale hydroélectrique de l’auberge. Voilà une belle marque de reconnaissance pour ce membre du personnel, qui s’est senti valorisé par cette nouvelle fonction. Un autre employé détient des compétences en menuiserie. On fait donc appel à lui pour effectuer des petits travaux en basse saison.

La variété fait des envieux

Même dans les milieux syndiqués, on intègre la polyvalence des emplois. Madame Amal Mourjane, présidente du syndicat des employés de l’hôtel Hilton Lac-Leamy, indique que cela permet aux employés à statut «occasionnel» ou «temporaire» de cumuler des heures, d’élargir leurs champs de compétences et de varier leur travail. Elle souligne que même les employés réguliers souhaiteraient, comme leurs collègues occasionnels, avoir la possibilité de diversifier leurs fonctions.

Ces arrangements entraînent des défis pour les syndicats, concernant entre autres l’ancienneté, la rémunération ou encore le fait que les employés réguliers doivent s’adapter à la composition sans cesse changeante de leur équipe de travail. Comme Mme Mourjane le précise, les avantages de la polyvalence valent sans aucun doute les inconvénients qu’elle implique.

Les facteurs de succès

Selon Adèle Girard, il serait plus juste de parler de polycompétence. L’industrie touristique a tout à gagner de cette tendance, qui par ailleurs ne lui est pas propre. Le secteur attire les travailleurs mais ne réussit pas à les retenir. La polycompétence pourrait certainement y contribuer, si elle est intégrée dans le respect des facteurs de succès suivants:

  • Elle doit être volontaire: la polyvalence, ça ne s’impose pas;
  • La tâche doit s’organiser autour d’une ou deux compétences clés;
  • Si la seconde affectation implique des responsabilités moindres, il est souhaitable d’enrichir la tâche;
  • C’est le salaire le plus élevé qui doit être maintenu (heures de travail et de vacances);
  • L’employeur doit être à l’écoute des employés;
  • Il faut veiller au respect des valeurs humaines;
  • L’analyse de l’attitude des employés est importante;
  • La conciliation s’impose.

 

Source:

– Table RH du Créneau d’excellence Tourisme de villégiature 4 saisons. Déjeuner-conférence «La polyvalence des emplois en tourisme: une solution concrète pour nos entreprises», organisé à Saint-Faustin–Lac-Carré le 21 mars 2013.

Sites Web:

– Adèle Girard, Accompagnement stratégique

Auberge Le Baluchon

Hilton Lac-Leamy

Portail Ressources Humaines Laurentides

StratOp – Conseil, gestion et récréotourisme

Village du Père Noël

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Faits et chiffres Gestion

Comprendre et mieux connaître le visiteur dans les attractions touristiques

Bien connaître sa clientèle interpelle les grandes comme les petites entreprises. Au Québec, certains attraits touristiques ont pris de bonnes habitudes à cet égard. À l’occasion du Symposium de la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, trois attractions bien connues du Québec sont venues présenter leurs techniques d’évaluation pour mieux connaître leurs visiteurs. Les résultats de ces analyses de fréquentation servent de guide pour la sélection des placements médias des campagnes promotionnelles, des types de produits et services dans lesquels investir ou encore, permettent de faire des choix éclairés afin de réduire les fluctuations de l’achalandage. Une fois en place, ces outils s’avèrent des alliés indispensables pour gérer efficacement l’entreprise et développer des plans d’affaires cohérents. Voici les faits marquants de cet atelier qui rassemblait des représentants du Canyon Sainte-Anne, de Mont Saint-Sauveur International Inc. et du Zoo de Granby.

Petit ne veut pas dire mal outillé

Comme le soulignait Mme Mc Nicoll, copropriétaire du Canyon Sainte-Anne, les entreprises de petite taille ont tout intérêt, comme les plus grandes, à colliger de l’information sur leurs visiteurs. Il existe de nombreux moyens pour y parvenir, dont certains sont à la portée de tous. Il s’agit de développer un bon modèle, de sensibiliser le personnel à l’importance de cette procédure et de s’assurer que le tout soit réalisé selon la méthodologie prévue.

© Canyon Sainte-Anne

Au Canyon Sainte-Anne, on a mis au point trois outils de cueillette de données: un sondage quotidien, la cueillette de codes postaux et une enquête de satisfaction. Le sondage quotidien a retenu notre attention parce qu’il est très simple; il se résume à deux questions, notamment sur la provenance, qui sont posées par les employés à la billetterie. Un client sur quatre, au moment d’acheter son billet d’entrée, est questionné.

Mme Mc Nicoll insiste sur le fait qu’un tel exercice nécessite peu de moyens. Pas de logiciel coûteux, la suite Office suffit. Dans le cas du Canyon Sainte-Anne, les informations sont notées sur papier, à partir d’un formulaire Word imprimé, puis le tout est saisi, en fin de journée, dans un chiffrier Excel. Pour obtenir un échantillon représentatif, il faut respecter la fréquence des visiteurs à sonder plutôt que de choisir de questionner seulement les clients qui parlent français et qui semblent disposés à répondre. À l’aide de ces résultats, Mme Mc Nicoll peut faire des achats publicitaires plus ciblés.

Réduire les fluctuations de l’achalandage

S’informer auprès de sa clientèle permet aussi d’identifier les points forts et les points faibles du produit et d’ajuster son offre. M. Christian Dufour, directeur Expérience clients de Mont Saint-Sauveur International Inc. (MSSI), suit de très près les courbes d’achalandage du centre de villégiature. À l’aide notamment du sondage réalisé avec l’Association des stations de ski du Québec (ASSQ) tous les deux ans, des groupes de discussion tous les cinq ans et des rencontres avec le personnel de première ligne, il cherche à réduire les périodes creuses.

 

Source: Mont Saint-Sauveur

 

Tel qu’il l’expliquait en conférence, appuyé d’un graphique sur la fréquentation mensuelle en dents de scie de Mont Saint-Sauveur, les investissements pour améliorer l’offre doivent se traduire par l’obtention d’un graphique qui dessinera une courbe satisfaisante, tout au long de l’année, un peu à l’image d’un électrocardiogramme.

Pour illustrer son propos, il relate les investissements majeurs consentis jusqu’à récemment afin de prolonger les activités tout au long de l’année, de retenir la clientèle et de mieux performer lorsque la température souhaitée n’est pas au rendez-vous. La fabrication de neige, la tenue d’événements festifs en dehors des périodes de pointe, le développement du parc aquatique, la construction d’une montagne russe alpine quatre saisons et de manèges sont tous des investissements qui s’inscrivent dans cette volonté de réduire les fluctuations de l’achalandage.

S’outiller pour mieux performer

Au Zoo de Granby, on cherche aussi à diversifier l’offre et à maximiser l’utilisation des installations. Les investissements réalisés au fil des années ont converti ce jardin zoologique en véritable parc thématique. Mme Marjolaine Beaulieu, directrice des finances au Zoo de Granby, démontrait à l’aide d’un graphique, l’évolution chronologique de l’achalandage en fonction des nouveaux produits et des événements du Zoo. Une hausse de la fréquentation est ainsi bien identifiable lorsque l’offre est bonifiée, d’où l’importance du renouvellement du produit année après année.

Source: Zoo de Granby

Mais pour justifier la pertinence de ces ajouts, le Zoo s’est muni de plusieurs indicateurs qui lui permettent de développer des plans d’affaires bien étoffés. Mentionnons, entre autres, le système d’admission qui compte en temps réel le nombre de visiteurs. Les préposés à la billetterie doivent aussi colliger les codes postaux des clients en respectant une certaine fréquence (toutes les huit admissions, par exemple). L’analyse de ces codes postaux permet d’obtenir la provenance de la clientèle. Le modèle de tarification procure de l’information sur l’âge des clients et, notamment, s’ils font partie d’un groupe ou non, s’ils ont profité d’une promotion particulière, etc. Des analyses sont également produites sur les revenus dans les différents centres de profits (manèges, boutiques, restaurants, etc.) selon l’heure, pondérés par visiteur.

 

Ces méthodes de mesure s’avèrent très utiles pour les entreprises touristiques. Toutefois, elles ne permettent pas de tout contrôler. Les prévisions météo qui se révèlent inexactes comptent parmi ces impondérables.

 

Sources:

Présentations dans le cadre du Symposium 2012 sur les mesures de performance et les contributions économiques du tourisme de la Chaire de tourisme Transat, Montréal, 24 et 25 septembre 2012:

– Beaulieu, Marjolaine. «Outils d’évaluation et indicateurs clés basés sur des faits: Le cas du Zoo de Granby»

– Dufour, Christian. «Contrer les fluctuations de l’achalandage et en faire la rétention: Le cas de Mont Saint-Sauveur International Inc.»

– Mc Nicoll, Hélène. «Cueillette et utilisation de statistiques pour une attraction touristique: Le cas du Canyon Sainte-Anne»

 

Sites Web:

Canyon Sainte-Anne

Mont Saint-Sauveur International Inc.

Zoo de Granby

Lire aussi:

• Lessard, France. «Les entreprises touristiques au cœur du développement économique − cahier du participant au Symposium sur les mesures de performance et les contributions économiques du tourisme», 2012

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Marketing

Comment promouvoir les voyages en basse saison? L’exemple de l’Union européenne et de l’Amérique du Sud

Pour accroître l’achalandage en basse saison, la Commission européenne s’associe à l’Amérique du Sud pour promouvoir un projet novateur de collaboration entre les deux régions. Cette initiative, baptisée «50 000 touristes» vise à encourager 25 000 Américains du Sud à voyager en Europe entre octobre 2012 et mars 2013 et 25 000 Européens à séjourner en Amérique du Sud, de mai à octobre 2013. Les campagnes publicitaires se dérouleront conjointement sous la forme de promotions nationales visant les résidents de tous les pays de l’Union Européenne ainsi que de l’Argentine, du Brésil et du Chili.

La Commission travaille en collaboration avec plusieurs gouvernements européens, l’industrie touristique et de grandes compagnies aériennes afin de mieux utiliser les capacités disponibles des transporteurs aériens et des établissements d’hébergement. Si ce projet réussit, il sera étendu à d’autres marchés touristiques internationaux.

Un bel exemple de partenariat qui contribuera à dynamiser les économies locales pendant la basse saison.

Source:

– Commission européenne, communiqué de presse: «50 000 touristes pour promouvoir les voyages pendant les basses saisons dans l’UE et en Amérique du Sud», , 1er juin 2011.

 

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Les Américains au Québec en 2009, certains segments se démarquent

Lorsqu’on s’attarde au profil des Américains en visite au Québec en 2009, on constate que le portrait n’est pas tout noir. C’est notamment le cas des jeunes Américains provenant du Massachusetts, qui représentent désormais un contingent majeur en tourisme d’agrément. De plus, certains États comme le Texas, en tourisme d’affaires, et New York démontrent des signes encourageants. Voici quelques faits marquants tirés du portrait des Américains ayant visité le Québec en 2009.

Bilan 2009

Malheureusement, la performance de l’année 2009 s’est révélée le reflet de la crise économique majeure vécue à l’échelle mondiale (tableau 1). Les résultats obtenus représentent la continuation de plusieurs années touristiques difficiles pour le Québec vis-à-vis du marché américain. Globalement, le nombre de touristes américains au Québec enregistre une diminution de 6% en 2009 par rapport à 2008. L’écart est de -7,5% dans le cas des excursionnistes. Les baisses les plus marquées concernent les excursionnistes d’agrément (-14%) et les touristes d’affaires (-14%).

La renaissance du marché new-yorkais

Même si le nombre de touristes d’agrément en visite au Québec continue de décevoir (-17% par rapport à 2007), certains États américains présentent une performance très intéressante. C’est le cas de l’État de New York; les voyageurs d’agrément en visite au Québec sont en hausse de plus de 20% en 2009 par rapport à 2007 (graphique 1). Si l’on ajoute le segment des voyages chez des parents et des amis, il s’agit d’un gain d’environ 48 000 touristes pour le Québec.

À l’opposé, certains marchés sont en perte de vitesse. C’est le cas notamment du Massachusetts qui, au cours de la même période, a vu le nombre de touristes d’agrément en visite au Québec passer de 162 000 à 122 000, soit une baisse de 25%.

Dans le segment du tourisme d’affaires, le Texas et ses 23 000 touristes constitue dorénavant le deuxième marché en importance après celui de New York (34 000). C’est d’ailleurs le seul État qui affiche une croissance (+21%) en 2009 par rapport à 2007.

Au gré des saisons

Globalement, plus de 45% des touristes d’agrément préfèrent nous visiter durant l’été. Le printemps arrive second avec 23% des voyages, comparativement à 17% pour l’automne et l’hiver. Néanmoins, la période habituelle de vacances varie selon l’État d’origine. Par exemple, une majorité de voyageurs de l’Illinois (75%), du Texas (56%) et de la Floride (54%) préfèrent visiter le Québec l’été (graphique 2). À l’inverse, l’hiver constitue la saison de prédilection des résidants du Maine (38% des visites).

Les jeunes du «Mass» débarquent en masse

Il est particulièrement intéressant d’analyser les marchés de visiteurs venant au Québec par agrément, en fonction des différents groupes d’âge (graphique 3). On constate d’importantes différences, notamment entre les États de la Nouvelle-Angleterre. Par exemple, le Massachusetts présente un profil de clientèle particulièrement jeune: près de la moitié (47%) des touristes d’agrément en visite au Québec ont moins de 35 ans, comparativement à seulement 27% pour l’ensemble des États-Unis. À l’opposé, le Québec semble moins populaire auprès des jeunes du Maine et du New Hampshire, ne générant que 19% et 22% des visiteurs respectivement.

La moyenne d’âge des visiteurs d’agrément en provenance des États éloignés est plutôt élevée. Ainsi, la proportion des visiteurs âgés de 55 ans et plus originaires de la Floride est d’environ 61%, et de 54% dans le cas des États représentés par la catégorie «autres».

Le magasinage continue de représenter une activité populaire auprès de la clientèle touristique, peu importe l’État d’origine (graphique 4). Pour l’ensemble des touristes américains d’agrément et en visite chez des parents ou des amis, c’est environ 69% qui s’adonnent à cette activité dans le cadre de leur voyage au Québec. La visite de sites historiques arrive en deuxième position pour tous les segments étudiés à l’exception du Vermont, où un plus grand nombre de visiteurs (35 000) ont fréquenté un musée ou une galerie d’art.

Par ailleurs, le choix des activités de prédilection des visiteurs du Massachusetts corrobore très bien son profil jeune que nous avons identifié dans le graphique 3. Il s’agit des touristes qui apprécient le plus les sorties dans les bars et les boîtes de nuit, fréquentés par plus de 40% de la clientèle de ce marché. Finalement, les États de New York et du New Jersey ont été les deux plus importants marchés émetteurs de skieurs pour le Québec.

En 2009, la région de Montréal a accueilli un total de 509 000 touristes d’agrément américains, soit une baisse de 71 000 (-12%) par rapport à l’année précédente (graphique 5). Proportionnellement, la région de Québec a subi une diminution moins importante, soit environ 4% par rapport à 2008. Bien qu’ils doivent être interprétés avec réserve en raison d’une importante marge d’erreur, voici, à titre indicatif, les écarts de volumes les plus importants observés au sein des autres régions touristiques:

  • Gaspésie (+22%)
  • Cantons-de-l’Est (-23%)
  • Montérégie (+38%)
  • Lanaudière (+30%)
  • Outaouais (-55%)
  • Saguenay – Lac-Saint-Jean (+40%)

* En raison de leur faible fiabilité statistique, n’utiliser ces données qu’à titre indicatif.

Quelques indicateurs sommaires

Les dépenses moyennes par nuitée du visiteur américain d’agrément se situaient à 157$ en 2009, comparativement à 167$ en 2004 (tableau 2). L’une des raisons expliquant cette baisse vient certainement du fait que plusieurs hôteliers ont dû baisser le prix de leurs chambres en raison d’un important ralentissement de leur volume d’affaires. Selon le rapport sectoriel de l’industrie hôtelière au Québec en 2010 d’Horwath HTL, le prix moyen quotidien d’une chambre de l’industrie hôtelière au Québec a chuté de 10,7% en 2009 par rapport à 2008.


La durée moyenne du voyage constitue l’un des aspects positifs, alors qu’on observe une tendance à la hausse. En 2004, un voyage d’agrément comportait en moyenne 3,68 nuitées alors qu’en 2009, les Américains ont séjourné 3,86 nuitées au Québec.

Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2008-2009.

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Segments de clientèles

L’Espagne est la vedette de l’année! Profil des voyageurs d’outre-mer au Québec en 2008

Le marché américain affichant de piètres rendements, le Québec mise de plus en plus sur les pays d’outre-mer pour combler son déficit touristique. Bien que la France demeure une valeur sûre, certains marchés sont surprenants par leur vigueur. En 2008, les projecteurs se tournent du côté de l’Espagne qui montre des signes d’affinités évidents avec le Québec alors que son volume a plus que quadruplé depuis 2004!

La présente analyse s’appuie sur des données qui proviennent d’un traitement spécial effectué à partir de l’Enquête sur les voyages internationaux de Statistique Canada.

La répartition des touristes d’outre-mer

Le Québec a accueilli 1 256 000 touristes en provenance d’autres pays que les États-Unis en 2008 (graphique 1). Heureusement, le segment outre-mer se porte plutôt bien; le Québec enregistre une hausse de plus de 25% par rapport à l’année 2004. La France constitue toujours le principal marché (341 000 visites, soit 27% du volume total).

Fait intéressant, le marché espagnol (pointe grise en retrait) est passé, en quatre ans, du 11e au 6e rang parmi les principaux marchés outre-mer au Québec. Environ 43 000 Espagnols sont venus dans la province en 2008. C’est d’ailleurs le Québec qui en profite le plus à l’échelle canadienne, puisqu’il accapare maintenant la moitié du volume touristique canadien.

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La répartition de la clientèle touristique selon le but de voyage se répartit comme suit:

  • 665 000 touristes d’agrément (+23% par rapport à 2004),
  • 337 000 touristes en visite de parents et d’amis (+40% par rapport à 2004),
  • 233 000 touristes d’affaires (+5% par rapport à 2004).

Les voyages de type personnel, par exemple pour des raisons de santé, n’ont pas été pris en compte. Selon les données, c’est le segment des visites de parents et d’amis qui explique la plus grosse partie de la croissance depuis 2004.

Les marchés latins s’enflamment!

Il est très intéressant d’observer l’évolution des marchés d’outre-mer sur une période de quatre ans. Au cours des dernières années, le Québec a particulièrement bien tiré son épingle du jeu auprès des marchés d’origine latine, notamment la France, le Mexique, l’Italie et l’Espagne. Les quatre affichent en 2008 une croissance supérieure à 30% par rapport à 2004 (graphique 2). L’Australie montre aussi une augmentation significative de 26%. Par contre, certains marchés stagnent ou ont récemment régressé. C’est le cas du Royaume-Uni, de la Belgique, du Japon, de la Corée du Sud et, étonnamment, de la Chine!

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Montréal frôle le cap du million

Les gains réalisés auprès de la clientèle d’outre-mer se répartissent de façon quelque peu inégale entre les régions touristiques du Québec (graphique 3). Toutes proportions gardées, l’Outaouais, Lanaudière, Laval, les Laurentides et Montréal affichent les meilleurs taux de croissance par rapport à l’année 2004. La région de la métropole accueille près d’un million de touristes d’outre-mer, soit 171 000 de plus qu’il y a quatre ans. Les régions du SaguenayLac-Saint-Jean, du Bas-Saint-Laurent, de la Mauricie, de la Gaspésie, de Chaudière-Appalaches, de la Côte-Nord et de l’Abitibi-Témiscamingue ont toutes enregistré des baisses en 2008 par rapport à 2004.

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Les activités pratiquées

Les activités culturelles telles que la visite de sites historiques, de musées et de galeries d’art figurent parmi les attraits les plus populaires auprès de la majorité des clientèles d’outre-mer, particulièrement auprès des Australiens et des Néerlandais (graphique 4). Les Britanniques sont ceux qui fréquentent le plus les bars et les boîtes de nuit, alors que les Japonais apprécient davantage que les autres la visite des parcs naturels. Autre fait intéressant, près de 20 000 Mexicains sont allés à un casino lors de leur passage au Québec. Par ailleurs, le caractère latin des Italiens et des Mexicains se traduit par une importante participation aux festivals et aux foires.

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Le choix des modes d’hébergement évolue

Environ la moitié des voyageurs d’agrément d’outre-mer sélectionne l’hôtel comme unique mode d’hébergement (tableau 1): une croissance importante par rapport à 2004 (43,9%). Cette clientèle opte d’ailleurs de moins en moins pour une combinaison de trois types d’hébergement ou plus. Ceux qui visitent des parents ou des amis se rendent moins à l’hôtel qu’en 2004; désormais, ils demeurent uniquement au domicile de leurs proches (55,6%). Quant à elle, la clientèle d’affaires reste fidèle à l’hôtel (73,3%), mais est plus encline qu’avant (6,1%) à sélectionner des combinaisons de deux types d’hébergement.

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La répartition trimestrielle

On remarque des comportements de voyages très distincts d’une clientèle à l’autre lorsqu’il est temps de choisir la période de voyage au Québec. Par exemple, les Japonais (en gris) sont les seuls à venir en plus grand nombre au cours du trimestre d’automne. Il s’agit d’un inversement de situation pour ce marché, alors qu’en 2005 ils étaient deux fois plus nombreux à voyager au Québec à l’été plutôt qu’à l’automne. Le Mexique constitue un marché fort important au deuxième trimestre, surpassant même le marché britannique. Les voyages des Mexicains au printemps ont d’ailleurs doublé comparativement à l’année 2005. Par ailleurs, il reste beaucoup de travail à faire si l’on souhaite attirer les Italiens et les Espagnols qui sont à peu près absents pour le moment en hiver au Québec.

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En ce qui a trait au principal marché d’outre-mer, c’est d’abord à l’été que les Français (159 000 visiteurs) viennent au Québec (graphique 6). Le premier trimestre continue de donner des résultats intéressants, puisque les Français sont désormais plus de 52 000 à voyager au Québec en hiver. Il s’agit d’une hausse de 30% par rapport à l’hiver 2005.

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Une durée de séjour qui raccourcit

Pour conclure, voici quelques renseignements complémentaires qui permettent de comparer certains éléments du profil touristique des trois catégories de clientèle, selon leur motivation de voyage.

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Il semble que les clientèles d’agrément séjournent de moins en moins longtemps, puisque la durée moyenne du voyage se situe à 9,39 nuitées en 2008, comparativement à 11,09 en 2005. Les touristes en visite chez des parents ou et des amis ont aussi réduit pour la première fois leur moyenne de séjour sous les 13 nuitées, soit une nuitée de moins par visiteur que l’an passé. Quant aux dépenses moyennes par visite d’agrément, elles sont en hausse par rapport à 2006 et à 2007, rejoignant à peu près la moyenne observée en 2004.
Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2008.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Les Américains: de la visite rare, qui reste plus longtemps… mais dépense moins!

Saviez-vous que, en dépit du fait que le marché américain est en baisse au Québec, les touristes d’agrément qui viennent séjournent de plus en plus longtemps? Toutefois, on apprend aussi que les dépenses moyennes par visite et par nuitée sont en baisse. On constate par ailleurs que le marché de New York se porte plutôt bien alors que le Québec rencontre davantage de difficultés à intéresser les États de la Nouvelle-Angleterre. Voici un portrait détaillé du marché américain en 2006, dans une perspective de comparaison avec les données historiques des années précédentes.

Un regard historique

Depuis 2003, le Réseau de veille établit des profils détaillés de certains marchés comme celui des Américains. Pour les années précédentes, nous avions surtout proposé des portraits statiques puisque nous ne disposions pas de suffisamment de données antérieures pour procéder à une analyse évolutive. L’objectif du présent article consiste à présenter, pour une première fois, l’évolution du marché américain en comparant les données de l’année la plus récente (2006) avec les statistiques des années 2003, 2004 et 2005. Pour connaître les profils de nature qualitative qui traitent notamment des activités pratiquées et du mode d’hébergement utilisé, les articles précédents demeurent une bonne référence. (Lire aussi: Mieux comprendre le déclin du marché américain au Québec en 2005 et Profil des Américains au Québec en 2004.)

Un total de 2,11 millions d’Américains ont effectué un voyage touristique au Québec en 2006, soit une baisse de 4% par rapport à l’année précédente (tableau 1). N’eut été de la performance positive des touristes en visite chez des parents et des amis (+6%), le bilan de 2006 aurait été beaucoup plus sombre. Du côté des excursionnistes, la chute s’avère très significative (-13%) avec un peu plus de un million de visiteurs. On remarque que le tourisme d’affaires a beaucoup moins souffert et qu’il enregistre même une hausse de 10% des visites du même jour.

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L’année 2004 s’est avérée un assez bon cru touristique pour le marché américain (graphique 1), surtout par rapport à 2003, année où l’industrie touristique a dû composer avec les conséquences négatives du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), apparu au printemps. D’ailleurs, on constate que les chiffres des trois derniers trimestres de 2003 demeurent inférieurs à ceux des années subséquentes. Depuis 2004, l’évolution du nombre de touristes américains d’agrément ou en visite chez des parents ou des amis, répartie selon les trimestres, indique que le Québec a subi des pertes à toutes les périodes de l’année.

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Où se fait l’érosion?

L’État de New York maintient sa place de principal marché émetteur de touristes américains au Québec avec 341 000 visites en 2006 (graphique 2). La baisse enregistrée en 2006 se reflète sur la majorité des États, particulièrement le New Hampshire (-41% vs 2004), le Michigan (-37% vs 2004), le Maine (-24% vs 2004) et le Connecticut (-24% vs 2004). Certains États émetteurs tels que New York, le New Jersey et la Pennsylvanie affichent une plus grande constance.

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La saignée des excursionnistes

Le Canada a beaucoup souffert de la baisse drastique du nombre d’excursionnistes américains au cours des dernières années. Le Québec a enregistré d’importantes pertes auprès des deux principaux marchés émetteurs de ce type de touristes, soit les États du Vermont et de New York (graphique 3). Il s’agit d’une baisse totale de 331 000 excursionnistes entre 2003 et 2006, dont plus de 200 000 en provenance du Vermont. Sur une note régionale, ce sont les Cantons-de-l’Est qui en ont accueilli le plus grand nombre en 2006 (377 000), dont 283 000 en provenance du Vermont.

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Ce sont les voyages de quatre à six nuitées qui, au total, sont les plus populaires (plus de 2,4 millions de nuitées en 2006, graphique 4). Même si le nombre de touristes américains est à la baisse, ces derniers prolongent toutefois la durée de leur séjour. De 3,64 nuitées en moyenne en 2005, il est passé à 3,79 en 2006. Ainsi, le total de nuitées enregistrées dans le segment des séjours de 10 à 16 nuitées est en hausse constante depuis 2003.

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Montréal et Québec à la loupe

Les villes de Montréal et de Québec constituent les deux pôles majeurs d’intérêt pour la clientèle touristique internationale. Vu l’importance de ces régions comme destination de voyage des Américains, nous présentons, pour chacune d’elles, l’évolution du nombre de touristes selon l’État de provenance, de 2004 à 2006.

 

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La métropole québécoise a accueilli quelque 1,1 million de touristes américains en 2006, soit une baisse de plus de 155 000 par rapport à 2004. Montréal a enregistré ses plus importantes pertes du côté des touristes en provenance du Massachusetts (une baisse d’environ 37 000 touristes depuis 2004). Le New Hampshire et le Vermont ont également connu de sévères baisses (25 000 et 21 000) depuis 2004. Par contre, le premier marché en importance, celui de New York, est demeuré stable avec plus de 206 000 touristes en 2006.

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La Vieille Capitale a reçu près de 640 000 touristes américains en 2006, c’est-à-dire une diminution d’environ 60 000 comparé à 2004. Par ailleurs, on remarque quelques divergences par rapport aux tendances notées précédemment pour Montréal. D’abord le marché du Massachusetts, qui, s’il a récemment délaissé la métropole, semble se diriger de plus en plus du côté de Québec avec un gain net de 10 000 touristes depuis 2004. On constate aussi l’importance du Maine comme marché primaire pour Québec avec 67 000 visiteurs en 2006, quoiqu’en forte baisse par rapport aux années précédentes. Autre fait intéressant, il y a plus de Floridiens (35 000) qui visitent la ville de Québec que celle de Montréal (32 000).

Profils par but de voyage

Comme dernier segment d’analyse, voici trois graphiques qui démontrent l’évolution du nombre de touristes américains selon les régions touristiques visitées (graphiques 7 et 8). Le premier traite spécifiquement des touristes d’agrément et le deuxième des touristes en visite chez des parents et des amis. La mention «autres» comprend non seulement les autres régions touristiques, mais aussi les voyageurs qui n’ont pas précisé la région visitée.

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Quelques constats associés aux graphiques 7 et 8:

  • Sur le marché de l’agrément, Montréal et Québec enregistrent des pertes respectives de 124 000 et de 103 000 touristes en 2006 par rapport à 2004.
  • L’Outaouais et la Mauricie sont les seules régions qui affichent des hausses significatives sur le marché de l’agrément en 2006.
  • Le nombre de touristes en visite chez des parents et des amis est en baisse dans les régions des Cantons-de-l’Est et de Chaudière-Appalaches, entre autres, mais en hausse à Québec, dans les Laurentides et dans Lanaudière.

Pour conclure, le tableau 2 fournit quelques renseignements complémentaires qui permettent de comparer certains éléments du profil touristique des voyageurs d’agrément, selon l’année de référence.

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La première caractéristique, la taille des groupes, demeure relativement inchangée d’une année à l’autre. Tel qu’indiqué précédemment, on remarque avec intérêt que la durée de séjour prend une tendance positive avec une durée moyenne de 3,79 nuitées en 2006. Malheureusement, cela ne se traduit pas par plus de dépenses des Américains, puisque tant les dépenses moyennes par visite que par nuitée connaissent une baisse significative. Avec la poussée récente du dollar canadien, on peut s’attendre à ce que les données entourant les dépenses moyennes continuent de décliner en 2007 et en 2008.Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2003-2006.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Comparatif des voyages outre-mer des Québécois et des Ontariens

Les Ontariens sont beaucoup plus enclins que les Québécois à effectuer des voyages internationaux. Cela étant dit, nous sommes en présence de deux marchés constitués de plusieurs segments qui eux-mêmes affichent des comportements de voyages différents les uns des autres. Nous avons choisi d’étudier les déplacements à l’étranger de ces deux marchés majeurs en fonction de deux critères, soit les groupes d’âge et la saison des voyages.

Les Ontariens sont plus «sorteux»

Selon Statistique Canada, les Québécois ont effectué plus de 4,8 millions de voyages d’une nuit ou plus à l’étranger en 2005, soit l’équivalent de 37,4 millions de nuitées. Les dépenses touristiques internationales des Québécois se chiffrent à 3,17 milliards de dollars, soit une augmentation de 16% depuis 2003. Le tableau 1 établit la répartition des voyages outre-mer des Ontariens et des Québécois en 2005.

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Ces données confirment que, parmi les Canadiens, les Québécois sont les plus nombreux à ne pas voyager, particulièrement vers des destinations outre-mer. (Lire aussi: Un topo de la population canadienne qui ne voyage pas). Bien que la population de l’Ontario soit supérieure de 59% à celle du Québec, le nombre de ses voyages outre-mer est 137% plus élevé que celui des Québécois. Selon les données obtenues du Print Measurement Bureau (PMB), on constate que la propension des Ontariens à voyager à l’international (y compris aux États-Unis) est nettement plus forte que celle des Québécois, et ce, pour toutes les tranches d’âge (tableau 2), particulièrement à compter de 25 ans. Quant à eux, les Québécois de 25 à 34 ans affichent une faible tendance à voyager hors du Canada. En termes d’importance absolue, ce segment représente un volume de voyageurs à peine plus élevé que celui des seniors (16,7% contre 15,7%).

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Les individus du groupe des 25-34 ans jouent le double rôle de jeune professionnel et de chef de nouvelle famille. Il s’avère difficile de départager l’incidence des voyages d’affaires par rapport aux voyages personnels (en solo, en couple ou en famille). On constate néanmoins que les jeunes gens d’affaires ontariens voyagent plus à l’extérieur du pays et que les jeunes familles ontariennes ont plus tendance à partir à l’étranger que celles du Québec. En jumelant les deux segments les plus importants, on constate que les 35-64 ans représentent plus de 55% des voyageurs québécois à l’étranger. Du côté du segment des seniors, on voit que le potentiel du marché ontarien est nettement supérieur: quelque 609 800 Ontariens âgés de 65 ans et plus ont fait un voyage international, comparativement à seulement 126 000 Québécois du même âge.

La proximité frontalière de plusieurs grandes villes américaines (notamment Buffalo et Détroit) ainsi que les meilleures dessertes aériennes, autant transfrontalières qu’internationales, peuvent en partie expliquer cette grande différence entre les deux provinces.

Le top 3 des destinations

Les voyageurs présentent des différences significatives en termes de destinations de prédilection selon leur segment d’âge (graphiques 1 et 2). Pour les Québécois, le top trois des lieux de vacances est généralement composé de la France, de la République dominicaine et de Cuba. Le groupe des 35-44 ans se distingue avec le Mexique en deuxième place. Les personnes âgées de plus de 65 ans ont quant à elles un faible pour l’Italie qui se classe bonne troisième.

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Le topo est passablement différent chez nos voisins de l’Ontario. Ces derniers optent prioritairement pour des voyages du côté du Royaume-Uni ou du Mexique. Pour le reste on constate qu’il y a moins de constance en ce qui concerne les choix de chacun des segments d’âge. L’Italie intéresse les Ontariens comme les Québécois d’âge mûr (55 ans et plus), souvent accompagnés de leurs adolescents (12-19 ans). Les jeunes de moins de 25 ans se tournent avec plaisir vers la République dominicaine. Finalement, plusieurs familles (les groupes des 25-54 ans et des moins de 12 ans) apprécient grandement les plages de Cuba.Dans le groupe des 35-44 ans ayant fait un voyage outre-mer, un Québécois sur deux aura choisi le Sud et moins d’un Ontarien sur trois aura agi de la sorte.

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Les Caraïbes ont la cote auprès des Québécois

Pour tous les segments d’âge parmi les Québécois, les destinations des Caraïbes enregistrent des gains importants en 2005 lorsque l’on compare avec l’année 2002 (graphique 3). Cette croissance est particulièrement marquée auprès des jeunes de moins de 20 ans et auprès des gens âgés de 45 à 64 ans, qui marquent tous une progression de plus de 100% du nombre de départs.

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L’Amérique centrale et le Mexique sont en perte de vitesse auprès des jeunes Québécois de moins de 25 ans, alors que ces destinations intéressent maintenant davantage les segments des 25-44 ans et des 55-64 ans. On remarque aussi que l’Europe affiche une baisse du côté des 20-24 ans et des 35-44 ans, mais une hausse marquée chez les 12-19 ans et les 55-64 ans. À nouveau, on peut supposer qu’un nombre important de ces baby-boomers voyagent accompagnés de leurs enfants ou petits-enfants.

La France à la loupe

Comme la France représente la destination outre-mer la plus visitée par les Québécois, il est intéressant de regarder spécifiquement l’évolution du nombre de départs de 2002 à 2005, selon les différents segments d’âge (graphique 4). Ce sont les seniors (65 ans et plus) qui inscrivent la plus forte progression (+118%) au cours de cette période. Les groupes des 12-19 ans et des 35-44 ans représentent les segments en baisse. Dans le cas des 12-19 ans, on note au graphique 3 qu’il y a pourtant une croissance généralisée pour l’Europe comme destination de voyage. Ce segment délaisse ainsi la France pour se tourner massivement vers d’autres pays du Vieux Continent.

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Les voyages vers les Caraïbes explosent au 3e trimestre

On constate que cinq fois plus de Québécois ont choisi de partir vers les Caraïbes au cours du troisième trimestre de 2005 par rapport à 2002 (graphique 5). Autre changement intéressant, de plus en plus de voyageurs choisissent les mois d’hiver pour visiter l’Europe. L’Amérique centrale et le Mexique récoltent pour leur part un fort gain (+245%) au cours du deuxième trimestre.

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Sources:
– Print Measurement Bureau, 2006.
– Statistique Canada. Enquête sur les voyages internationaux, 2005.

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Faits et chiffres Hébergement

L’industrie hôtelière au Québec: où en est-on?

Le ministère du Tourisme s’est penché sur la question et a publié une étude sur la performance du secteur de l’hébergement. Cette étude dresse un topo de l’évolution de la situation de l’hébergement au Québec. Elle nous donne des pistes, nous aiguille. Elle soulève des réflexions, des questions et, à l’occasion, le besoin d’un deuxième «round», c’est-à-dire de pousser plus à fond les recherches. Une étude à consulter!

Nous n’avons pas voulu reprendre les faits saillants de l’étude (La performance du secteur de l’hébergement au Québec), préférant souligner des points qui nous apparaissaient importants, tenter de faire des liens et poser des questions.

Performance générale du Québec

De 1999 à 2006, l’offre d’hébergement au Québec a crû plus rapidement que la demande (10% contre 8,6%), ce qui a eu pour conséquence de faire fléchir le taux d’occupation. Après une année atypique en 2002, le taux d’occupation a repris lentement son ascension depuis 2004. L’hébergement de petite taille (4 à 39 unités) a subi le plus fort écart de variation alors que les unités disponibles augmentaient de 3,6% et que les unités occupées diminuaient de 2,7%.

Les établissements de taille moyenne (40 à 199 unités) ont eu le vent dans les voiles pendant cette période et ce, sur tous les plans: offre (+13,5%), demande (+11%), prix (+32%), taux d’occupation et revenu moyen par unité (+28,8%).

De 1999 à 2005, on observe, dans toutes les catégories d’établissements (du 4 unités au 200 unités et plus), une forte hausse des prix (26,3%), laquelle s’avère largement supérieure à l’inflation (14,4%). Un rattrapage s’imposait-il ou est-ce la conjoncture qui s’y prêtait? Cette augmentation a-t-elle influencé la demande?

Ce qui se profile à l’horizon et qui devient préoccupant pour l’hôtellerie traditionnelle (hôtels et motels), c’est la croissance soutenue des autres types d’hébergements auprès de la clientèle d’agrément: chalets loués, résidences secondaires, camping, hébergement chez les parents et les amis et autres. À ce titre, les nuitées dans les chalets loués ont crû de 45,3% de 1998 à 2004 et celles chez les amis et les parents de 98,8%. Les nuitées de la clientèle québécoise dans un chalet ou une maison de villégiature privée présentaient une hausse de 76,2% pendant la même période.

De 1999 à 2006, la demande pour le camping (+16%) a surpassé l’offre (+13%). Ce sont les campeurs de passage avec véhicule récréatif (VR) qui ont enregistré la plus importante croissance, soit 52%, tandis que les campeurs saisonniers affichaient une augmentation de 13%.

Les hôtels et les motels ne constituent pas le mode d’hébergement privilégié par la clientèle d’agrément car ils accaparent 28,1% seulement de toutes les nuitées et ce pourcentage diminue à 15,3% dans le cas de la clientèle québécoise.

Performance régionale du Québec

Les régions autres qu’urbaines et périurbaines présentent la plus faible croissance de l’offre (3,3%) et la plus importante croissance de la demande (7,8%), mais cela n’a pas été suffisant et leur taux d’occupation est resté le plus bas au Québec.

L’offre d’hébergement tend à se diversifier à Montréal alors que le nombre d’unités dans les petits établissements a augmenté de 33,8% de 1999 à 2005 et celui de catégorie moyenne de 28%.

À Montréal, les grands hôtels (200 chambres et +) constituaient la plus grande part l’offre en termes d’unités (52,8%) en 2005 tandis qu’à Québec c’était les établissements de catégorie moyenne (45,8%).

Quatre régions ont vu leur nombre d’unités occupées diminuer de 1999 et 2006: Cantons-de-l’Est (-2,4%), Saguenay-Lac-St-Jean (-2%), Centre-du-Québec (-1%) et Gaspésie (-1%). Est-ce attribuable à une baisse de la fréquentation touristique de la région et/ou à un mouvement vers d’autres types d’hébergement? En ce qui a trait aux Cantons-de-l’Est, les deux facteurs sont en cause: diminution de la clientèle américaine et engouement pour l’acquisition de résidence secondaire et pour la location de chalets.

De bonnes nouvelles en matière de classification… mais attention!

En ce qui concerne la classification, les statistiques sont encourageantes et la tendance est à l’amélioration. Mais il faut aussi regarder l’envers des statistiques

  • 72% de l’offre totale (nombre d’unités) au Québec est classée 3 étoiles et plus – 8 régions détiennent une moyenne d’au moins 3 étoilesQui dit classification ne dit pas nécessairement qualité à tous les points de vue, même si cela va de pair. La classification ne cote pas l’accueil, le sourire, le petit «plus» inattendu, la qualité de la table, etc.Il faut garder à l’esprit que cette offre est concentrée principalement à Montréal, à Québec et en périphérie, et que certaines régions peuvent présenter des lacunes. L’étude «Classification des établissements d’hébergement du Québec en 2006» publiée par le ministère du Tourisme permet de voir la répartition de la classification par région.Une région peut vouloir améliorer sa moyenne «étoilée», mais il faut souligner que les établissements 2 étoiles de bonne qualité ont leur place. Cela reste une question de demande et d’équilibre.

  • Qui dit amélioration de la classification dit amélioration de la performance (prix, taux d’occupation, revenu moyen par unité)Le facteur géographique influence grandement les résultats. L’amélioration de la performance s’explique en grande partie parce que la majorité des établissements classés 4 et 5 étoiles sont situés dans les régions de Montréal et de Québec et que les taux d’occupation y sont supérieurs au reste de la province.

Le phénomène de la saisonnalité s’atténue

La saisonnalité au Québec présente un caractère plus atypique qu’auparavant. Si l’on pouvait distinguer la clientèle d’agrément, d’affaires et de visites chez les parents et les amis, il serait plus facile d’expliquer les raisons de l’étalement de la demande. Si l’on regarde la moyenne de l’indice mensuel de saisonnalité (taux d’occupation d’un mois/taux d’occupation annuel moyen) de 1999-2006, on observe ce qui suit:

  • Terminée la suprématie du mois de juillet; le mois d’août l’a surpassée grâce à l’étalement des vacances.
  • L’automne gagne du galon; septembre et octobre dépassent la moyenne. Les congrès seraient-ils les coupables ou l’agrément exerce-t-il aussi un poids significatif avec les retraités qui fuient les périodes de pointe?
  • En hiver, février tire son épingle du jeu et se rapproche de la moyenne. On peut soupçonner les vacances scolaires.

Quant à la moyenne du nombre d’unités occupées de 2003 à 2006 par rapport à la période 1999 à 2002,

  • on observe une croissance au 1er trimestre (hiver) et au 4e trimestre (automne);
  • le 3e trimestre (été) a perdu du terrain et cette baisse est plus marquée que celle du 2e trimestre (printemps).

Les régions de la Gaspésie, des Îles-de-la-Madeleine, de Charlevoix et de Manicouagan présentent les plus fortes variations de leur taux d’occupation.

Enjeux et défis

Dans un contexte de forte compétitivité entre les destinations nationales et internationales, plusieurs enjeux interpellent le secteur de l’hébergement au Québec:

  • la concurrence significative des autres modes d’hébergement,
  • le défi de la qualité,
  • l’amélioration de la rentabilité,
  • la hausse marquée des prix au cours des dernières années,
  • l’adéquation entre la demande et l’offre,
  • la segmentation de marché, le besoin de se démarquer et de personnaliser son produit,
  • le clivage entre les milieux urbains et les régions,

  • l’e-marketing et la multiplication des canaux de distribution,
  • le poids des communautés virtuelles (Web 2.0) et leur influence sur l’information et les stratégies promotionnelles,
  • la pénurie de main-d’oeuvre, la rétention des employés et la relève,
  • l’engagement concret dans un processus de développement durable (ce qui va bien au-delà de la réutilisation des serviettes).

Pas de répit à l’horizon! L’avenir est à ceux qui sauront se démarquer et se positionner dans leur créneau de marché.

À suivre: Une performance comparée – Le Québec et Montréal tirent leur épingle du jeu!

Merci à Denis Dutilly, coordonnateur à la Direction de la recherche et de la prospective du ministère du Tourisme du Québec.

Michèle Laliberté

Sources:
– Ministère du Tourisme. «La performance du secteur de l’hébergement au Québec», mai 2007.
– Ministère du Tourisme. «Classification des établissements d’hébergement du Québec en 2006», 2007.