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Le virage durable des aéroports

Un virage nécessaire vers la durabilité

Depuis 1970, le nombre de vols augmente exponentiellement dans l’espace aérien international. Selon la Banque mondiale, la totalité des voyageurs transportés par voie aérienne chaque année est passée d’environ 300 millions à près de 4 milliards en 2017. Une croissance qui représente environ 1 230 % en moins de cinquante ans.

D’après Milan Janic, auteur du livre Greening Airports : advanced technology and Operations, les aéroports n’ont d’autres choix que d’améliorer leur capacité d’accueil, notamment par des projets d’agrandissement. Le développement durable devient ainsi un enjeu important pour ces entreprises dont les impacts sociaux et environnementaux passent difficilement inaperçus.

Cinq dimensions

Dans l’article Benchmarking airports based on a sustainability ranking index, les auteurs ont déterminé cinq domaines en matière de développement durable sur lesquels les gestionnaires d’aéroports peuvent exercer une influence. Il s’agit :

  • des activités d’exploitation ;
  • de l’utilisation de l’énergie,
  • des émissions de CO2 ;
  • de la gestion de l’eau et des déchets ;
  • de la qualité de l’air de du bruit.

Selon cet outil de mesure, les aéroports les plus performants au monde en 2016 étaient ceux d’Amsterdam (Schiphol), de Francfort (Francfort-sur-le-Main) et de Munich (Franz-Josef-Strauss), en Allemagne. Ces lieux ont entre autres atteint la carboneutralité, c’est-à-dire qu’ils compensent suffisamment leurs émissions pour neutraliser le CO2 émis. Ils créent également des impacts positifs sur leurs parties prenantes, grâce à des programmes pour la qualité de vie des communautés et des employés.

Outre ces aéroports exemplaires, que font les autres géants de l’industrie aérienne pour composer avec ce double défi : s’adapter à une croissance rapide tout en adoptant des pratiques responsables ?

Suivant les cinq dimensions citées précédemment, voici quelques initiatives récentes à travers le monde.

Activités d’exploitation

Singapour se démarque par son investissement dans la communauté. En 2014, l’aéroport international a fondé un programme philanthropique d’éducation pour les jeunes locaux. Il offre également des occasions de bénévolats aux employés afin de participer à des projets de charité dans les villes avoisinantes.

Utilisation de l’énergie

L’aéroport de Dubaï a annoncé au printemps 2018 un investissement dans une technologie d’analyse de données et d’infrastructure intelligente. Les gestionnaires visent une réduction de la consommation d’énergie de 20 %. Plus précisément, elle épargnera près de 25 000 tonnes d’émission de CO2, 21 millions de gallons d’eau et 50 GWh en électricité au bout de sept ans.

Plus près de la réalité québécoise, l’aéroport d’Oslo stocke la neige l’hiver afin de climatiser ses établissements l’été. Cette initiative lui a valu une mention excellence pour l’économie d’énergie.

Émissions de CO2

En Finlande, l’aéroport d’Helsinki arrive au premier rang en matière de gestion des atterrissages. Selon une étude, le temps d’attente moyen pour poser les roues sur la plupart des pistes du continent tourne autour de neuf minutes, alors qu’Helsinki, grâce à une méthode « d’atterrissage continu », accueille tous les avions pas plus d’une minute après leur entrée dans la zone. Cette efficience a permis de réduire les émissions de CO2 de 10 à 30 % au cours des dix dernières années.

Gestion de l’eau et des déchets

Encore une fois, l’aéroport d’Helsinki se démarque par ses infrastructures vertes. Ses sous-sols seront désormais occupés par un système de traitement des eaux usées. Ce réseau déversera un flot propre dans les ruisseaux et les rivières environnants. Il s’agit de la seule installation de la sorte dans tout le pays.

L’aéroport de Changi, à Singapour, réutilise l’eau condensée à travers ses opérations (ex : arrosage des plantes) et liquéfie les déchets alimentaires pour éviter l’incinération. L’entreprise est inspirante pour sa vision systémique, centrée sur le voyageur, dans la gestion durable de ses établissements. Elle repense l’ensemble du trajet du client, du design d’équipements qui capturent le carbone dans les aires d’attente jusqu’à l’installation d’affiches sensibilisatrices et de bacs de gestion des déchets dans les restaurants et les magasins.

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Source : Changi Airport Singapour

Sans oublier l’aéroport des îles Galapagos, qui a reçu du US Green Building Council, la plus haute certification écologique Ses installations incluent une usine de désalinisation ainsi qu’un centre de traitement des eaux usées.

Qualité de l’air et gestion du bruit

La plupart des aéroports se préoccupent de la gestion sonore, un facteur important pour leur acceptabilité sociale. Vancouver (YVR) rayonne toutefois pour son plan stratégique, qui comprend l’installation d’un capteur en temps réel.

L’aéroport de Zurich impose de son côté une taxe de bruit et un programme de compensation des coûts reliés à la baisse du niveau sonore auprès des lignes aériennes.

Schipol, a usé de dame nature pour diminuer ses décibels. Un immense terrain vert de plus de 80 acres permet de réduire le volume des 1 600 avions journaliers grâce à des pyramides qui piègent les longueurs d’onde.

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Source : Smithsonian

Et au Québec ?

L’aéroport de Montréal connaît également une forte croissance. Il a reçu en 2018 près de 19,5 millions de passagers, soit environ 25 % de plus qu’en 2015.

En ce qui concerne ses pratiques durables, il est accrédité au niveau 3 Optimisation, par Airports Carbon Accreditation. L’étape d’Optimisation signifie que l’aéroport concerné calcule ses émissions de gaz à effet de serre (GES), vise sérieusement à les réduire, et en plus, engage ses parties prenantes à en faire de même (principalement les compagnies aériennes partenaires). Charles de Gaulle, à Paris, est également à cet échelon. Il est possible d’atteindre le niveau 5 une fois la carboneutralité réussie.

Bien qu’il soit de taille moyenne seulement, l’aéroport de Montréal s’est doté d’une plateforme spécialement dédiée à ses actions en développement durable. Le site Web présente les projets et les réalisations en ce qui concerne les trois piliers (économie, social, et environnement). Il adopte des pratiques plus modestes que les exemples cités précédemment, mais qui demeurent préalables à des tours de force de plus grande envergure. Il utilise entre autres des capteurs sonores en temps réel, réduit chaque année ses émissions de GES, installe des compteurs d’eau potable, et fait preuve d’engagement social avec les employés auprès de huit causes sociales et environnementales.

L’aéroport de Montréal semble en marche pour rejoindre les grands joueurs mondiaux en développement durable. À première vue, la plateforme à elle seule paraît exemplaire en matière de vulgarisation de données extra financières, démontrant un système de surveillance à point ainsi qu’un souci de transparence et de sensibilisation.

Une transition durable dans un contexte de croissance touristique est un défi qui touche l’ensemble de l’industrie. Ces exemples vous donnent-ils un souffle d’inspiration ?

Commentaires de Martin Massé

Vice-président, Affaires publiques

En tant que gestionnaire aéroportuaire, ADM fait face à de nombreux défis et est engagée à les relever dans le respect des principes du développement durable. Dans les dernières années, plusieurs actions visant la protection de l’environnement ont été implantées à YUL, premier aéroport canadien certifié Airport Carbon Accréditation pour ses efforts dans la maîtrise et la réduction des émissions de carbone. Notamment, ADM offre à sa clientèle un service de recharge des véhicules électriques dans ses stationnements. En 2019, des bornes de recharges additionnelles ont été installées pour véhicules électriques dans les stationnements publics et les stationnements des employés, pour un total de 56 bornes offertes. YUL possède également 6 véhicules légers électriques, un camion F150 converti à l’électricité, un autobus e.Cobus pour le transport des passagers, 4 véhicules hybrides rechargeables et s’est engagée à faire passer à 100 % la proportion de ses véhicules légers électriques d’ici 2030 en joignant l’initiative d’envergure internationale EV100.

 

 

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Le temps d’innover… autrement!

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les sept tendances qui continueront de rythmer l’activité touristique pour les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.

Si l’on observe des changements rapides de valeurs et de comportements chez les voyageurs, la question qui se pose est la suivante : comment innover dans un contexte aussi fluide? Comment développer sur quelques années une réponse qui sera toujours appropriée lorsque l’innovation deviendra accessible?

Les mégadonnées sont mortes, vive la donnée intelligente!

En 2019, on a plusieurs fois annoncé la « mort » des mégadonnées (big data) ou du moins de la façon dont on les compile et on les utilise. La majorité des entreprises ne savent pas comment les interpréter pour développer des outils d’aide à la prise de décision qui sont adéquats. En fait, suivre les consommateurs dans leur parcours actuel en tentant de prévoir leur comportement futur à l’aide des seules mégadonnées présente plusieurs failles, la principale étant la cause de ce comportement.

La donnée intelligente (smart data) est celle qui, dès son point de collecte, possède tous les attributs (qualité, pertinence, contexte) pour se transformer instantanément en information exploitable, à laquelle on ajoute le facteur humain (interprétation).

« In short, the emergence of big data doesn’t change the fact that people matter. A human touch is still integral in business today. Big data can offer some answers but continual human-to-human connections are also needed to fully understand rapidly evolving marketplace. » Tyler Douglas, Vision Critical

La 5G — trente fois plus rapide que la 4G — engendrera des impacts majeurs sur le tourisme, par exemple en permettant la connectivité massive (qui modifiera à jamais l’industrie du divertissement) et une croissance exponentielle des milliards d’objets connectés déjà présents dans nos vies quotidiennes. La 5G est arrivée discrètement en 2019 à Montréal et dans les principales villes canadiennes. Le tout devrait s’accélérer en 2020. Notre univers technologique changera rapidement… à la vitesse 5G. 

Mieux intégrer le facteur humain dans l’innovation

Dans le contexte anxiogène actuel, le voyage devra offrir des réponses plus personnalisées que jamais à une foule de besoins et d’attentes à « réinterpréter », parfois simples, parfois complexes. Comment l’innovation peut-elle y participer? Comment mieux intégrer le facteur humain sans en arriver à des propositions tout bonnement maquillées aux couleurs des dernières nouveautés technologiques?

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Source : Unsplash

Comment appuyer le voyageur en solo qui désire seulement s’isoler d’un quotidien trop exigeant ou le même touriste, maintenant en quête d’aventures uniques et marginales? Comment aider les destinations à relever le défi de la satisfaction de voyageurs plus sensibles au respect des environnements et des populations des lieux visités?

Si l’innovation en tourisme commence par une connaissance approfondie des besoins et des aspirations des voyageurs, les innovations technologiques ou autres devront non seulement répondre techniquement à des exigences logistiques de ces voyageurs, mais aussi anticiper la façon de les accompagner. Le tout, afin que chacune des étapes du parcours client soit teintée des valeurs du voyageur, les soutienne et apporte des réponses à ce qui va à leur encontre. On peut croire que les sciences du comportement joueront un rôle de plus en plus important dans les années à venir.

Les besoins d’innovation

Pour l’année 2020-2021, les grands partenaires du MT Lab ont déterminé huit besoins d’innovation :

Autour du visiteur-voyageur 

  1. Apprendre à le connaître pour mieux répondre à ses besoins;
  2. Optimiser et personnaliser son arrivée à destination;
  3. Faciliter ses déplacements pour fluidifier son parcours;
  4. Offrir des activités toujours plus immersives et responsables;

Autour du lieu, de la destination 

  1. Optimiser la productivité et le fonctionnement des infrastructures d’accueil;
  2. Valoriser les occasions d’emploi et trouver des solutions à la pénurie de main-d’œuvre;
  3. Attirer, diversifier, fidéliser la clientèle;
  4. Accroître les retombées sociales et locales, et limiter l’impact environnemental.

Innovation : accélérateurs et freins

L’expérience antérieure nous démontre que l’innovation passe par :

  1. La planification :

    • En faire l’un des objectifs prioritaires de l’organisation,
    • Prévoir le temps et les ressources nécessaires,
    • Mutualiser le risque (collaborer avec les associations sectorielles et régionales),
    • Repenser la gouvernance en amont,
    • Faire de la place et donner du temps à l’innovation,
    • Intégrer des critères d’innovation dans les programmes d’aide;
  1. La nécessité de s’exposer à l’innovation :

    • Se tenir à l’affût des tendances,
    • Prendre des risques individuels et collectifs;
  1. La sérendipité :

  • Trouver autre chose que ce que l’on cherchait,
  • Être agile;
  1. Le réseautage :

  • Fréquenter des gens intelligents;
  1. L’importance de laisser de la place au réseau d’innovation dans les CA ou dans les instances de gouvernance.

L’expérience nous démontre aussi que l’innovation est souvent freinée par :

  1. La taille des entreprises :

  • Le clivage entre PME sans ressources et grandes entreprises peu flexibles;
  1. La force d’inertie :

  • La difficulté à remettre en question son modèle contractuel et de gestion,
  • Le manque d’agilité et de flexibilité pour intégrer l’innovation;
  1. L’incapacité à développer des modes de financement adaptés à l’innovation en tourisme;

  2. L’absence d’accompagnement — régions – secteurs – organisations;

  3. Les exigences de résultats rapides :

  • La difficulté d’allouer le temps et les ressources nécessaires à la réalisation des projets,
  • Les exigences pour passer d’une démonstration de faisabilité (proof of concept, POC) à une organisation pérenne;
  1. Le manque d’une vaste gamme d’expertises tant dans les incubateurs que dans les grandes organisations.

En résumé…

L’ensemble de leur réflexion a montré aux conférenciers à quel point nous sommes dans une ère où les choses vont vite. Tellement, que cela peut en rendre certains anxieux. Nous sommes exposés à une pléiade de nouvelles avancées qui nous interpellent et qui peuvent en déconcerter plus d’un. Où aller? Comment y arriver? Que faire, et avec qui, face au changement? Paradoxalement, le niveau de vie collectif en Occident n’aura jamais été aussi élevé, et l’accès au voyage, aussi démocratisé.

L’innovation sert de fil conducteur et donne un sens — verticalement et horizontalement — à une nouvelle gouvernance du tourisme qui repose sur des compétences et des rapports nouveaux, non plus de force, mais de collaboration entre les acteurs privés, publics et associatifs.

Nous voyons également poindre de nombreuses initiatives de création de lieux d’incubation et d’accélération à l’échelle mondiale. Par ailleurs surgit une volonté de créer un réseau de ces mêmes incubateurs touristiques. Cela témoigne de la récente prise de conscience du caractère stratégique et structurant de l’innovation en tourisme.

Cependant, la poussée du numérique a pu laisser croire à certains prestataires touristiques — hôtels, restaurants, sites et attraits — que de nouvelles solutions, faciles à implanter et peu coûteuses, venaient d’apparaître par magie. Cela s’explique par la taille majoritairement modeste des entreprises du tourisme et par le peu de temps à accorder à la prospective de marché et de gestion. Et, bien que toute la connaissance du monde puisse loger dans la mémoire d’un téléphone intelligent, l’utilisation de ce dernier est trop souvent superficielle, voire futile.

Pour connaître l’ensemble des tendances, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations en cliquant ici.

 

Source de l’image à la une : pexels

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La quête de sens

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les sept tendances qui continueront de rythmer l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.

Vers la quête de sens

Les sensations sont uniques et propres à chacun. La singularité de nos réactions aux stimuli a démontré l’intérêt de personnaliser toujours plus les produits et les services qu’on nous destine, de même que la façon de nous les présenter. Dans le domaine du voyage, cette volonté de combler à tout prix les besoins sensoriels des visiteurs par la multiplication d’expériences et d’activités, réelles et virtuelles, en est arrivée à créer une certaine surenchère.

Est-ce le caractère éphémère du plaisir et du voyage ou bien l’anxiété ambiante qui fait en sorte que l’on cherche à donner plus de sens au périple?

Est-ce le caractère éphémère du plaisir et du voyage ou bien l’anxiété ambiante qui fait en sorte que l’on cherche à donner plus de sens au périple? Notre époque incite bon nombre de visiteurs à se tourner vers des voyages qui privilégient la qualité plutôt que la quantité, l’introspection préférablement à l’excitation.

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Source : Cedric Lim, pexels.com

Ralentir pour mieux ressentir

La notion de tourisme lent (slow tourism), apparue au début des années 2000, évolue vers la quête d’une certaine paix intérieure. Des destinations comme Bali ont ainsi été touchées par la vague « Mange, prie, aime » et ont vu se multiplier le nombre de touristes venus y chercher un sens à leur vie. Cette quête d’un voyage qui nous transforme et nous guide vers des changements durables à apporter dans notre vie peut prendre diverses formes. 

Certains désirent avant tout ralentir pour justement prendre le temps de s’imprégner de la destination. L’expérience des bains de forêt (Shinrin-Yoku) applique l’idée de s’immerger dans la nature, d’écouter le son du vent dans les feuilles, de toucher l’écorce des arbres, de humer l’odeur ambiante, d’observer la flore environnante. Le sens que l’on donne à une simple promenade en forêt devient plus profond et sert cette recherche d’apaisement et de spiritualité.

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Source : Anthony, pexels.com

Pour d’autres, cette quête de sens s’exprime par le dépassement de soi, le désir de se transformer, de connaître ses limites physiques et mentales. Parcourir le chemin de Compostelle, traverser les Appalaches, faire le marathon de Jérusalem sont des exemples d’expériences recherchées.

De la surstimulation à la légitimation de ne rien faire

Le touriste de demain voudra peut-être se retirer et éviter d’être confronté à trop de stimulations externes, vivre une certaine forme de non-voyage ou de retraite d’une vie trop intense.

Plusieurs concepts d’art de vivre font la promotion de la modération, du lâcher-prise, de la simplicité comme le hygge danois, le lagom suédois ou le niksen néerlandais. Des destinations peu connues, telles que Padasjoki en Finlande, utilisent déjà cet isolement relatif comme argument de vente et orientent leur marketing vers une offre simple.

Source : Youtube, Experience Nothing

Gérer les sens et stimuler les sensations

Les nouvelles connaissances issues des neurosciences s’appliquent au domaine du tourisme. Stimuler les sens peut procurer du plaisir et permet d’offrir une expérience plus agréable. 

L’offre touristique s’organise donc pour approfondir la quête des sens des visiteurs en créant des produits qui s’adressent :

  • Au goût : routes gourmandes, microrestauration locale (Time Out Market), produits frais « de la ferme à la table », festivals culinaires;
  • À la vue : panoramas inoubliables, design en hôtellerie, illuminations et arts immersifs;
  • À l’odorat : création d’ambiances et expositions olfactives;
  • À l’ouïe : festival de musique, création d’ambiances sonores ou musicales au musée, au restaurant ou à l’hôtel;
  • Au toucher : bassin de contact à l’aquarium, toucher d’objets texturés comme diverses fourrures d’animaux dans un centre d’interprétation.

Source : Youtube, Forest Luming

De quelle façon les offices de tourisme participeront-ils à l’accompagnement des visiteurs dans leur quête de sens, en 2020?

Pour connaître l’ensemble des tendances et trouver du contenu supplémentaire, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations.

Source de l’image à la une : Pixabay

 

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Gueuleton touristique, tendances 2020 : lancement du cahier tendances !

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a débuté la nouvelle année avec le gueuleton touristique annuel sur les tendances. Au seuil d’une nouvelle décennie, la société, la technologie, l’environnement et même l’ordre mondial tels que nous les connaissons sont en transformation. Quels en seront les impacts sur nos clientèles, les touristes? Forts du succès des six dernières éditions, les conférenciers Paul Arseneault de la Chaire en tourisme de l’ESG UQAM et Pierre Bellerose de Tourisme Montréal, l’initiateur de ces réflexions annuelles sur les tendances touristiques, ont partagé le fruit de leur recherche et de leurs réflexions lors du 7e Gueuleton touristique, le 21 janvier dernier .

Cahier tendances touristique 2020 

Pour la toute première édition, un cahier tendances a été créé.  L’équipe de la Chaire et ses collaborateurs ont ratifié l’actualité afin d’y repérer sept thèmes que voici : 

  • Surtourisme : amplification médiatique, enjeux réels
  • Tourisme durable…enfin?
  • Du selfie à la bienveillance
  • Vers la quête de sens
  • Le paradoxe du marketing territorial
  • Small is beautiful version 2020
  • Le temps d’innover…autrement!

Une mise en bouche expliquant l’avènement de ces nouvelles tendances est aussi offerte et fait la corrélation entre celles-ci et les phénomènes sociaux. Les changements climatiques, les révolutions technologiques, la cybersécurité et l’anxiété sont quelques-uns des sujets abordés. 

Pour consulter le cahier tendances touristiques 2020, cliquez ici 

Vidéo intégrale de la conférence 

Si vous désirez visionner la 7e édition du Gueuleton touristique, cliquez sur la vidéo ci-bas. 

Source : Youtube – Réseau de veille en tourisme

Présentation complète du Gueuleton touristique

Afin de consulter la présentation complète, vous n’avez qu’à cliquer ici  

 

Crédit photo à la une : mariejodesign – Designer graphique et web

Conférenciers :

Pierre Bellerose, Conseiller stratégique sénior à Tourisme Montréal et Président du Conseil d’administration de l’incubateur MT Lab
et Paul Arseneault, titulaire de la Chaire de tourisme Transat, Directeur du Réseau de veille en tourisme et professeur à l’ESG UQAM.

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Tendances

Ces phénomènes qui nous inquiètent

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les septs tendances qui rythmeront l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie. Cette première analyse présente le contexte mondial dans lequel évoluera l’industrie touristique et dans lequel les grandes tendances ont pris forme.

 

Des voyageurs plus nombreux dans les airs et sur les mers

Le nombre d’arrivées internationales est passé de 920 millions en 2007 à plus de 1,34 milliard en 2017, soit une augmentation de 46 % en une décennie. Toutefois, les destinations n’ont pas toutes profité également de cette croissance. La région de l’Asie-Pacifique sort grande gagnante avec une augmentation de 70 %, alors que l’Europe et l’Amérique du Nord cèdent chaque jour plus de terrain. 

Cette augmentation est liée, entre autres, à celle de la démographie mondiale, mais aussi à l’accroissement de la richesse et des classes moyennes dans les économies émergentes, à l’amélioration globale de la mobilité, à l’arrivée massive de nouvelles générations de voyageurs et à l’évolution des technologies qui incitent, facilitent et guident nos décisions de voyage.

Source : KPMG

 

Plus d’anxiété et de questionnements sur notre façon de voyager

Parallèlement à ces réalités économiques et de croissances, d’autres phénomènes sont devenus des sources d’inquiétude et d’anxiété qui influencent déjà la façon dont les gens perçoivent le voyage.

L’écoanxiété et ses effets sur le tourisme

Le 26 novembre 2019, l’ONU a publié son Rapport 2019 sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions. Celui-ci a eu pour effet de hausser d’un cran le niveau d’alarme concernant l’urgence d’agir afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le succès des marches mondiales pour le climat, menées par la jeune activiste de 16 ans Greta Thunberg, démontre l’importance de cet enjeu pour des millions de personnes partout dans le monde.

Cette lutte contre les GES a occasionné et entraînera des répercussions sur notre perception du coût écologique de voyager, comme le montre l’ampleur du mouvement Flight Shaming (honte de prendre l’avion), amorcé en Suède. Cette initiative exhorte la population à diminuer la fréquence de ses vols.

Source: Pexels

 

La vie rêvée

La population en général et plus spécifiquement les jeunes générations souffrent d’anxiété généralisée à un niveau élevé.

Une étude menée au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et au Département de psychiatrie et d’addictologie de l’Université de Montréal tend à démontrer un lien entre le temps passé devant les écrans (médias sociaux, ordinateurs, télévision) et l’observation de symptômes d’anxiété et de dépression. L’expression fear of missing out (syndrôme fomo ou la peur de manquer quelque chose) décrit bien l’anxiété liée à la perception que l’on pourrait passer à côté d’un événement que les amis vivent sans nous et, ainsi, se marginaliser, d’où la nécessité de rester connecté en quasi-permanence. Malheureusement, une multitude d’images, d’articles et de blogues d’influenceurs adulés offrent une vision de styles de vie excitants et idéalisés qui favorisent les émotions négatives, l’ennui et la solitude de ceux qui les regardent.

Source: Pexels

La cybersécurité

Les derniers mois de 2019 ont été marqués par des événements majeurs de piratage de données personnelles. Pensons seulement à celui qui a affecté les 4,2 millions de clients de Desjardins ou encore au vol de données financières de ceux de British Airways.

Et l’année 2020 s’annonce fertile en cybermenaces, selon de nombreux experts en sécurité des systèmes. Ces derniers constatent que le recours à l’intelligence artificielle ne semble pas la solution la plus rassurante, puisque 69 % des consommateurs déclarent avoir peur d’être écoutés par les assistants vocaux ou même de suivre leurs recommandations.

Autre source d’inquiétude, la reconnaissance faciale de plus en plus utilisée pour assurer la sécurité dans les rues de Beijing ou de Londres, ou même à l’aéroport. En effet, son utilisation dans ces villes, devenue presque systématique, et dans les espaces publics en général, en l’absence de lois pour l’encadrer est très contestée.

 

Plus d’informations fallacieuses (infox) et de méfiance chez les voyageurs

Erronées en tout ou en partie, les informations fallacieuses (fake news) – maintenant appelées aussi « infox » – se propagent à une vitesse folle et s’avèrent de plus en plus difficiles à contrer.

Source: Pexels

Les producteurs de fausses nouvelles savent profiter de notre vulnérabilité en misant sur nos biais naturels comme notre tendance à croire que notre perception est la seule correcte et que l’information confirmant notre vision est la vérité. La concurrence toujours plus forte entre les médias incite même les journalistes à publier la nouvelle qui obtiendra un maximum de visibilité, sans nécessairement vérifier la crédibilité des sources. Ainsi, un journaliste a récemment associé le phénomène d’acqua alta (marées hautes exceptionnelles), à Venise, à la présence de touristes trop nombreux, alors que cet événement météorologique bien connu est plutôt accentué par les changements climatiques et l’enfoncement de la ville dans un sol fragile.

Dans un contexte touristique, l’abondance d’informations vraies et fausses incite les consommateurs à ne faire confiance qu’aux autres voyageurs. L’évaluation par la clientèle est ainsi devenue le deuxième critère considéré dans la décision d’achat d’un hébergement, après le prix du séjour, selon la firme TrustYou. Pourtant, beaucoup de faux avis circulent. On comprend qu’en 2019, TripAdvisor ait senti le besoin de publier son premier rapport sur les avis frauduleux observés en 2018, après qu’un journaliste a créé de toutes pièces un faux restaurant qui a été reconnu comme le meilleur de Londres, en 2017. 

Dans ce contexte de fausses nouvelles et de tromperies, il devient légitime pour le consommateur de s’interroger. Les sources de confiance ont sans cesse évolué des médias aux experts, des experts aux influenceurs, avec un retour à la base plus récemment : le cercle privé.

Source: Freepik

Pour les organisations, une relation de confiance stable et forte avec la clientèle devient de plus en plus difficile à maintenir. Pour y arriver, de nouvelles stratégies devront voir le jour afin d’attirer et de convaincre des voyageurs plus jeunes, plus sensibles à l’environnement, plus indépendants, plus exigeants et, aussi, plus anxieux et méfiants que jamais. La connaissance fine des besoins, des valeurs et des attentes de ces clientèles sera essentielle tant pour le développement de produits et de services que pour la façon de les proposer.

Pour connaître l’ensemble des tendances et trouver du contenu supplémentaire, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations en cliquant ici.

 

Source de l’image à la une: Pexels

Sources:

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Segments de clientèles

Voyage et accessibilité : exemples de bonnes pratiques

Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus d’un milliard d’individus, soit 15 % de la population, vivent avec une certaine forme de handicap. Ce nombre augmente continuellement, entre autres en raison du vieillissement des gens.

Chaque jour, 10 000 personnes célèbrent leur 65e anniversaire dans le monde. Dans dix ans, la population âgée de plus de 65 ans atteindra le milliard. Ces individus feront face à des défis physiques majeurs tels que troubles auditifs ou de vision, difficultés motrices, etc. Faut-il pour autant s’en désintéresser ?

Selon la firme AARP Research, les baby-boomers américains planifient entre quatre et cinq voyages par année. Ainsi, rendre le tourisme accessible à tous, peu importe leur âge, leurs déficiences, leurs limitations ou leurs capacités, constitue un atout. Pour cela, chacun doit se sentir bienvenu en ce qui a trait aux services, aux installations et aux informations qui leur sont offerts.

Exemples de bonnes pratiques en accessibilité

En août 2019, la firme de recherche Euromonitor International a publié « Voyage et accessibilité : changer les mentalités », un rapport qui présente entre autres des exemples de bonnes pratiques en tourisme accessible et inclusif. Ceux qui suivent sont tirés de cette étude.

Scandic et les principes du design universel 

 Selon le Centre d’excellence en design universel, si un environnement est accessible, utilisable, pratique et agréable, tout le monde en profite. Le design universel se caractérise par la conception de produits, d’environnements, de programmes et de services employables par tous, sans avoir besoin de les adapter ou de les personnaliser. Scandic Hotels, premier groupe hôtelier des pays nordiques, constitue un très bel exemple de développement d’une offre inclusive basée sur le concept de design universel. Leur approche a fait progresser leur chiffre d’affaires de 69 %, de 2013 à 2018.

Parmi les 159 critères appliqués par les établissements de la chaîne figurent :

  • Hauteur du lit ajustable ;
  • Téléphone et télécommande sur la table de nuit ;
  • Alarme de feu vibrante ;
  • Miroir à hauteur raisonnable, pour les gens en fauteuil roulant comme pour les autres ;
  • Boucle auditive dans les salles de réunions (pour personnes malentendantes).

Airbnb accessible 

 En 2017, Airbnb a fait l’acquisition d’Accomable, un spécialiste de la location d’hébergements accessibles qui compte 500 inscriptions dans 60 pays, selon The Guardian. Dans son moteur de recherche, la plateforme met de l’avant des critères détaillés en matière d’accessibilité (entrée dans les lieux, déplacements, chambres à coucher, espaces communs, etc.). L’organisation dispose également d’une politique non discriminatoire qui empêche un hôte de refuser un invité à cause de son handicap.

Tourisme Flandre : un label d’accessibilité et un site Web informatif 

 L’organisme de gestion de la destination de la région flamande de Belgique, la Flandre, propose un label en deux niveaux d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite dans les établissements d’hébergement, les auberges de jeunesse, les campings et les offices de tourisme. L’image ci-dessous illustre ces deux niveaux.

Source : VisitFlanders, « Le Label »

Pour faciliter la planification des séjours, le site Web VisitFlanders présente une information détaillée en ce qui a trait au transport et aux activités, de même qu’une liste de ressources utiles pour une assistance en cours de voyage. Dans la foulée, la ville de Bruges a produit un itinéraire « à pied » accessible à tous, incluant des indications sur le type et la configuration de la route.

Source : Bruges – Accessible for everyone

La technologie au service de l’humain

La technologie s’avère un outil efficace pour rendre l’expérience client plus agréable et faciliter le séjour des personnes avec des besoins particuliers.

  • Mobility Mojo offre une solution logicielle qui aide l’hôtelier à faire un audit de son établissement et à promouvoir ses actions sur son site Web.
  • L’aéroport international de Memphis, en collaboration avec Aira, a lancé un service mains libres pour assister les personnes non voyantes. Les visiteurs sont accompagnés en temps réel par un agent formé aux différentes étapes du processus. BeMyEyes, une autre application, permet aux non-voyants d’être connectés en vidéo à une personne voyante.
  • Eurostar a créé un guide virtuel pour préparer les voyageurs sur le spectre de l’autisme (TSA) à chaque stade de leur séjour. Cela leur permet de vivre l’expérience en amont (porte d’embarquement, sécurité, sièges à bord, bruit du train). L’entreprise donne aussi de l’information sur les périodes les plus tranquilles.
  • Dans le milieu de la culture, GalaPro aide les individus souffrant d’une perte de vision ou auditive à profiter d’un événement culturel. En Autriche, le musée Salzburg intègre un langage simplifié sur ses écriteaux destinés aux visiteurs vivant avec une déficience intellectuelle.

Améliorer l’expérience : ce qu’en pensent les clients

Selon une étude de Tourism Australia (2017) auprès des personnes vivant avec un handicap, voici les trois principaux éléments qui amélioreraient leur expérience de voyage :

  • Des aubaines et des offres pour les gens voyageant avec un assistant ou un aidant ;
  • De l’information sur les séjours accessibles/inclusifs sur les sites de commentaires généraux (ex. TripAdvisor) ;
  • Une reconnaissance pour les entreprises qui effectuent un bon travail en ce qui a trait aux voyageurs vivant avec des incapacités.

Également, 86 % ont mentionné qu’une meilleure formation des employés et plus de renseignements pratiques, comme la localisation des toilettes, constituaient une priorité. Le diable est dans les détails : de l’emplacement de la cafetière à la grosseur des caractères sur les panneaux d’interprétation, les installations et les outils d’information doivent aussi être réfléchis pour ce type de clientèle. Voici une figure illustrant quelques idées pour favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap.

Source : Euromonitor, de AccessAble, traduit par la Chaire de tourisme Transat

Nous ne sommes qu’au début de l’aventure vers un tourisme inclusif. Des destinations montrent la voie. Chaque acteur de l’écosystème touristique doit adopter un état d’esprit inclusif pour transformer l’expérience de cette clientèle, et surtout, l’inclure dans tous les aspects du parcours client, car être accessible est profitable pour tous !

 

Source de l’image à la une : Pixabay

 

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Produits et activités

Les eSports : le tourisme est-il de la partie?

League of Legends, Fortnite, Overwatch ou Counter-Strike vous sont-ils des termes familiers? Il s’agit de jeux vidéo très populaires et de nombreux tournois à travers le monde y sont consacrés. D’ailleurs, l’équipe ayant remporté la finale de Dota 2, en août 2019 à Shanghai, a gagné plus de 15 millions de dollars devant des milliers de partisans.

L’univers des sports électroniques (eSports) est un secteur en pleine effervescence. Selon PwC, il s’agit des sports ayant le plus grand potentiel de croissance dans les prochaines années, devançant le soccer et le basketball. D’ici 2022, les revenus devraient dépasser le cap du milliard de dollars, d’après la firme spécialisée Newzoo. Est-ce que l’industrie touristique saura profiter de cet engouement?

Les eSports, plus complexes qu’il n’y paraît

Les sports électroniques sont des compétitions de jeux vidéo. Les joueurs affrontent seuls ou en équipe d’autres personnes sur une console ou un ordinateur. Ils se déclinent en plusieurs catégories : arènes de combat (League of Legends), stratégie en temps réel (Starcraft), etc. Si plusieurs individus participent à un niveau amateur, certains sont considérés comme des joueurs professionnels. Ceux-ci signent des contrats et s’entraînent de nombreuses heures par semaine. Des entraîneurs et des médecins veillent à leur performance. Les grandes compétitions se déroulent en public et des millions de partisans les suivent en ligne. L’audience est telle que les tournois se multiplient ainsi que la valeur des prix pour les gagnants.

Pour comprendre le phénomène des eSports, il existe plusieurs éléments à considérer, notamment :

Les partisans : majoritairement des millénariaux d’après la firme Deloitte, ils s’avèrent très actifs et réactifs sur les réseaux sociaux. Beaucoup de spectateurs des tournois ou des vidéos en direct sont également des joueurs. Selon une étude Vivintel, 4,4 millions de Canadiens ont suivi ce type de sport au moins une fois au cours de l’année 2018.

La diffusion : la retransmission en direct en ligne sur des plateformes telles que Twitch et YouTube fait partie du quotidien des eSports. Que ce soit pour regarder une seule partie ou un tournoi, cela touche une large audience à travers le monde. Voyant l’engouement pour les sports électroniques, de grandes chaînes comme ESPN et RDS y consacrent désormais une section de leur contenu.

Les compétitions : les développeurs de jeux lancent constamment des ligues et des tournois. Parfois, certains s’arrêtent et d’autres fusionnent pour créer de nouvelles compétitions. Plus de 737 événements majeurs ont été organisés en 2018, générant plus de 54 millions de dollars américains selon la firme Newzoo. De grands arénas tels que Staples Center, à Los Angeles, ou le Madison Square Garden, à New York, accueillent des événements. L’un des plus populaires est celui de League of Legends. Voici la vidéo de la cérémonie d’ouverture du championnat de 2019, à Paris.

Source : YouTube

Une occasion à saisir

Pour une marque ou une destination, il s’agit d’une nouvelle voie de distribution permettant de joindre les gens de la génération du millénaire, qui boudent de plus en plus les médias traditionnels. Les équipes et les ligues sportives l’ont bien compris. La NBA 2K League, au basketball, la FIFA eWorld Cup et la eMLS, au soccer, et le Canadien de Montréal, avec le jeu NHL, organisent des tournois. En plus, c’est une occasion de développer un nouveau type de spectacle de compétition.

Les eSports deviennent également une occasion d’affaires pour le secteur de l’événementiel. Le nombre de tournois augmente et les promoteurs recherchent des lieux pour les accueillir. Certains tournois se déroulent parfois sur quelques jours et même dans plusieurs villes. D’autres y jumellent des festivals, des foires, des ateliers, etc. Toutefois, ce secteur doit s’adapter à la manière dont les participants engagent les discussions en ligne. L’utilisation de différents canaux de communication et une interaction efficace seront les clés du succès pour maintenir de leur part un engagement solide envers un événement.

Rob Brown, vice-président mondial et directeur général d’Online Business Group, chez Travelport, estime qu’il est nécessaire pour l’industrie touristique de s’intéresser davantage aux partisans et de mieux connaître les eSports afin de développer une offre personnalisée et de profiter de l’engouement pour ce phénomène.

Entrez dans la compétition

Que ce soit des villes, des entreprises ou même des pays, plusieurs tentent de percer dans l’univers des eSports. Voici quelques exemples.

Le développement d’infrastructures

De nombreuses villes consacrent désormais des espaces aux jeux électroniques. L’hôtel Luxor, à Las Vegas, propose une arène de plus 2700 m2, avec une centaine de stations de jeux et des aires pour les tournois (voir la vidéo). Montréal n’est pas en reste avec le plus grand centre au Canada, le Esports Central, qui a ouvert ses portes en juin 2019.

Source : YouTube

Les équipes commanditées

L’organisation responsable des congrès et événements à Washington, Events DC, a décidé de cibler de nouveaux segments de marché, tels que les partisans des eSports, et de faire de la région une destination de choix pour les joueurs. Parmi ses initiatives, l’organisation commanditera la nouvelle équipe professionnelle de jeux électroniques de la ville.

La compagnie ferroviaire française OUI.sncf a créé Team Loco, en 2017. Les responsables expliquent qu’il était naturel de développer des liens avec le monde des eSports, puisque l’entreprise est très impliquée sur le plan des technologies et de l’innovation. Avec une équipe se composant uniquement de travailleurs de l’entreprise, OUI.sncf en profite pour prolonger ses efforts dans le développement du personnel.

Développer une stratégie nationale

Certains pays commencent à se positionner comme une destination pour les jeux électroniques. En France, le ministère du Sport et le secrétariat d’État chargé du numérique ont dévoilé la nouvelle stratégie nationale eSports 2020-2025, qui vise à faire du pays le leader européen de ce secteur d’ici 2025. L’un des objectifs est de mettre en valeur les attraits de la France, de ses territoires et de son écosystème eSports.

 

Bien que plusieurs remettent en question le côté sportif des eSports, personne ne peut nier le potentiel touristique de ce type d’activité.

 

Êtes-vous prêt à vous lancer dans l’arène?

 

Source de l’image à la une : Unsplash

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Technologies

Visiteur cherche œuvres d’art captivantes

À l’automne 2018, lorsque le High Museum of Art a revu l’organisation de ses installations, deux responsables se sont questionnés sur l’apport des technologies intelligentes à l’expérience des visiteurs. Plus précisément, ils souhaitaient trouver un moyen de présenter la diversité des œuvres du musée, une solution qui permettrait à chacun de se créer un parcours sur mesure et qui collecterait des données à propos des préférences du public. L’objectif : augmenter l’engagement des visiteurs envers leur institution muséale.

Plusieurs employés possédant diverses expertises ont été interpellés par le projet. Après avoir pris en compte les positions de chacun, les deux responsables en sont venus à la conclusion que la nouvelle application devait être en mesure de répondre à la question la plus souvent posée par les visiteurs, à savoir : qu’y a-t-il d’intéressant à voir au musée? Aussi simple soit-elle, cette question en entraîne inévitablement une autre : quel type d’art aimez-vous? En répondant à cette dernière, il devient aisé d’élaborer des propositions qui rendent l’expérience au musée beaucoup plus agréable.

L’application Heartmatch permet donc aux amateurs d’art de distinguer ce qu’ils aiment de ce qu’ils n’aiment pas. Tout comme l’application du site de rencontre Tinder, l’utilisateur accède à des photos et indique ses préférences par un simple glissement de doigt (voir la vidéo ci-bas). Une fois qu’il a choisi ses coups de cœur, ceux-ci se retrouvent sur un plan virtuel du musée et créent un parcours entièrement personnalisé.

Source vidéo : https://vimeo.com/315962478

Après quelques essais, l’équipe a décidé d’inclure cent œuvres d’art à l’application. Les utilisateurs ont ainsi un bon aperçu de la diversité offerte au musée. Quant aux responsables, ils possèdent maintenant un outil qui repère et enregistre les préférences des visiteurs.

 

Source image à la une : Snow White de Pexels

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Produits et activités Technologies

Paiement mobile : tendance éphémère ou nouvelle pratique?

Le paiement mobile se définit comme une méthode de paiement différente des cartes de crédit, des espèces et des chèques. Il regroupe une large variété de types de transactions tels que le portefeuille numérique (e-wallet ou paiement mobile – Paypal, Alipay, WeChat Pay, Google Pay, Apple Pay), les transferts bancaires (Trustly, Sofort, iDEAL), la cryptomonnaie (Bitcoin, Litecoin, Dash) ou encore les cartes locales (Girocard, RuPay).

Selon Worldpay, le paiement mobile représentera 47 % des transactions mondiales de commerce électronique d’ici 2022, en raison d’une utilisation massive par les consommateurs chinois et d’une course à l’adoption de cette technologie pour le marché nord-américain.

La Chaire de tourisme Transat a réalisé un sondage en ligne, en avril 2019, auprès de 1 609 voyageurs en provenance de la France et du Nord-Est des États-Unis (États de la Nouvelle-Angleterre et de l’Atlantique-Centre) afin de les sonder sur leurs pratiques de voyage. On y apprend que le tiers d’entre eux (33 %) considèrent comme importante la possibilité de payer avec leur téléphone cellulaire pendant leur voyage.

Parmi ces derniers, 40 % des voyageurs qui ont visité le Québec au cours des deux dernières années et 71 % de ceux ayant l’intention de visiter le Québec d’ici les deux prochaines années jugent le paiement mobile important.

L’infographie ci-dessous en révèle davantage sur le profil de ces voyageurs.

paiement mobile tourisme

Les visiteurs étrangers semblent très enclins à utiliser le paiement alternatif au Québec. Il est donc de mise de se questionner sur ses avantages pour le voyageur et sur ce qu’il implique pour les entreprises touristiques.

Le paiement mobile, une solution de remplacement simplifiée aux transactions monétaires 

Selon le Travel Payments Guide d’Amadeus et PPRO, le paiement mobile a surpassé en 2017 les cartes bancaires et l’argent comptant parmi les préférences de paiement des voyageurs européens et asiatiques. Les portefeuilles numériques sont effectivement en pleine expansion grâce à la sécurité, à la praticité et à la rapidité de paiement qu’ils offrent aux utilisateurs. Ces avantages, d’autant plus appréciés en voyage, expliquent en partie l’importance accordée au paiement mobile et son utilisation grandissante.

Si ces solutions de paiement trouvent leurs plus gros utilisateurs chez les consommateurs des marchés asiatiques, avec notamment WeChat Pay et Alipay, leur expansion s’étend aussi à l’Europe et à l’Amérique du Nord. Aux États-Unis, 104 milliards de dollars ont été dépensés de manière électronique pour l’achat de voyages. Les cartes bancaires dominent toujours, mais on prévoit une croissance rapide des portefeuilles numériques. Dans le Travel Payments Guide, on estime même que d’ici 2025, les modes de paiement alternatifs seront préférés aux cartes bancaires pour l’achat en ligne aux États-Unis.

L’adaptation des points de vente

Actuellement, il existe plus de 300 méthodes de paiement dans le monde. Le plus gros défi est donc de s’adapter aux nouvelles pratiques et aux attentes changeantes des visiteurs. Le travail technique requis en amont afin de proposer ces différentes formes de paiement représente un enjeu majeur pour les PME de l’industrie touristique.

Selon le sondage conduit par la Chaire, les répondants ayant effectué au cours des deux dernières années un roadtrip (27 %), un voyage d’affaires (18 %) ou un séjour en plein air (16 %) jugent le paiement mobile important durant leur périple. Parmi les 15 types de voyages effectués par les personnes sondées, ces trois types de voyages sont ceux qui comportent le plus d’adeptes du paiement mobile. Les entreprises liées à ces types d’expériences ont donc intérêt à s’équiper, compte tenu des opportunités que ce mode de paiement offre.

Afin d’accompagner les PME dans cette transition numérique, des organisations comme Universal Air Travel Plan (UATP) offrent des solutions permettant de recevoir des paiements de toutes marques et de toutes formes. Les compagnies en bénéficiant sont ainsi plus flexibles et sont davantage en mesure de répondre aux besoins très diversifiés des voyageurs.

Attention, il n’est toutefois pas encore temps d’abandonner les différentes cartes de paiement! Celles-ci sont même souvent présentes en arrière-plan de la solution de paiement mobile. Par exemple, Center Parcs, en France, a récemment élargi les fonctionnalités de ses bracelets numériques en y intégrant la possibilité de payer dans tous les points de vente, les restaurants et les activités du parc. Relié à la carte de crédit du vacancier, le paiement est totalement dématérialisé et simplifié. Cette innovation permet notamment de répondre aux attentes des voyageurs français.

paiement mobile

© Groupe Pierre & Vacances – Center Parcs – Milan VERMEULEN

En somme, la complexité consiste à trouver le bon équilibre entre les moyens de paiement traditionnels et alternatifs. Si les méthodes dématérialisées se démocratisent, une majorité de voyageurs restent toujours adeptes des modes de paiement actuels.

Et vous, êtes-vous rendu à cette transition numérique? Avez-vous remarqué auprès de votre clientèle la popularité grandissante de ce type de paiement?

 

Image à la une : Chaire de tourisme Transat

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Marketing

La baladodiffusion en tourisme : êtes-vous à l’écoute?

La popularité de la baladodiffusion (podcast en anglais) ne s’essouffle pas. Cette technologie permettant aux internautes de télécharger des fichiers audio sur un appareil (ordinateur, téléphone intelligent, etc.) pour une écoute ultérieure s’avère un atout pour l’industrie touristique.

La baladodiffusion constitue une méthode efficace de storytelling. Elle permet de concevoir un espace plus intime pour les auditeurs grâce à un discours axé sur l’humain et les émotions facilitant l’engagement par le récit. En plus, la baladodiffusion favorise l’écoute active dans un monde submergé de contenus rapides et éphémères; idéal pour diffuser un message.

Pour l’industrie touristique, c’est une bonne occasion à saisir. Voici quelques exemples d’utilisation.

Raconter une destination

À l’automne 2019, un regroupement de six communes en Vendée (France) offrira une nouvelle série d’enregistrements afin de valoriser son territoire par le son. Les épisodes toucheront divers thèmes, des personnages et lieux marquants de la région. En collaborant avec la start-up Akken, la destination souhaite inspirer les visiteurs pendant la préparation de leur séjour et leur permettre de se replonger dans l’ambiance du lieu, une fois de retour à la maison.

Aux États-Unis, Meet Minneapolis et l’Office du tourisme et des congrès de Philadelphie offrent chacun une série d’épisodes sur les moyens de se positionner dans le marché des réunions et des événements. Travel Oregon, pour sa part, propose aux plus courageux de brèves histoires sur les lieux hantés de l’État, avec des sons et des ambiances à faire frissonner.

Au Québec, Tourisme Rougemont a produit une série d’épisodes sonores qui permettent de rencontrer les producteurs et les artisans de la région. Les épisodes sont également disponibles en format vidéo.

Source : YouTube

S’il n’est pas possible de réaliser d’enregistrements, n’hésitez pas à participer à une baladodiffusion ou à y faire insérer une publicité pour raconter vos activités et promouvoir votre région.

Inspirer avant de s’envoler

Le transporteur aérien KLM propose la baladodiffusion The Journey. Sept enregistrements d’environ 40 minutes racontent le parcours de personnes qui vivent, de manière inattendue, une expérience spéciale pendant leur voyage (voir la vidéo plus bas).

Selon KLM, il s’agit d’un moyen d’ajouter un élément unique à ses canaux de communication existants et d’une méthode originale pour entrer en contact avec les passagers.

Source : YouTube

Un festival de baladodiffusions

L’engouement pour les baladodiffusions touche directement le milieu des festivals. De nombreux événements liés à cette thématique voient le jour, tels que le Vancouver Podcast Festival, Listen Up ou le Paris Podcast Festival. Au Québec, l’une des start-ups de la première cohorte du Mt Lab, Magnéto, organise le festival Résonance depuis 2017. L’événement offre aux participants de prendre part à de nombreuses séances d’écoute de fictions et de documentaires sonores, ainsi qu’à des entretiens devant public. Enfin, le festival Transistor accueille les amateurs de baladodiffusion depuis maintenant trois ans, dans la région de Gatineau.

festival_transistor_baladiffusion

Source : festival Transistor. Crédit : Lévy L. Marquis

Les baladodiffusions constituent également des outils de promotion et de diffusion pour les festivals. Que ce soit en créant sa propre série ou en étant l’hôte d’un enregistrement d’épisode pendant son événement, c’est une bonne manière de fournir du contenu exclusif, de garder contact avec les auditeurs et de les inciter à participer à sa manifestation.

Le Festival en chanson de Petite-Vallée a récemment mis en ligne une nouvelle série de baladodiffusions portant sur son événement. Les huit épisodes racontent les histoires d’artistes, de membres de l’équipe et de festivaliers qui ont vu leur vie changée par le festival.

Le Festival d’été de Québec propose deux séries de baladodiffusions. La première, Chambre 1626, offre des entrevues avec neuf artistes s’étant produits lors de l’édition de 2018. L’autre, Les inédits des nuits FEQ, présente des rencontres avec des chanteurs et des groupes invités aux spectacles hors série du festival, pendant l’hiver. Les auditeurs accèdent à du contenu inédit et intime de leurs artistes préférés.

La baladodiffusion ouvre des portes très intéressantes et originales pour l’industrie touristique comme outil d’attractivité territoriale et, également, de formation. Les professionnels du secteur peuvent approfondir leurs connaissances en marketing ou en gestion des médias sociaux grâce à des séries telles que Talking Tourism ou Brèves de Conteurs.  

La croissance de la baladodiffusion

D’après la plus récente étude de l’Observateur des technologies médias (OTM), un adulte franco-canadien sur 10 aurait écouté au moins une baladodiffusion en 2018, une progression de 300 % en cinq ans. Ce sont les millénariaux qui sont davantage attirés par ce médium.

Les Américains démontrent également un intérêt pour la baladodiffusion. Selon les travaux d’Edison Research, environ une personne sur quatre (26 %) aurait écouté une baladodiffusion en 2018. La croissance est importante, considérant qu’il y a dix ans, seulement 9 % de la population américaine écoutait ce type d’enregistrement.

Selon l’OTM, l’augmentation du taux d’adoption des appareils intelligents au pays pourrait constituer l’un des facteurs expliquant la popularité des baladodiffusions. De plus, cette technologie possède plusieurs avantages pour les auditeurs. C’est un moyen accessible et pratique d’obtenir de l’information, puisqu’il s’avère moins contraignant qu’un texte ou une vidéo. L’écoute du contenu audio peut se faire en parallèle d’une autre activité.

Avez-vous déjà songé à ajouter la baladodiffusion à votre coffre à outils promotionnels?

 

Source de l’image à la une : Pexels