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Les télétravailleurs, un segment à saisir

Pour saisir les occasions qui émergent de ce segment, il faut comprendre les multiples visages de ceux et celles qui le composent. Il serait judicieux d’identifier leurs besoins et envies ainsi que s’attarder aux périodes clés durant lesquelles ils jouissent d’une flexibilité, et donc d’une réorganisation de leur temps libre. Le potentiel que représente cette clientèle pourrait bien accroître une fois que le contexte pandémique sera terminé, car le télétravail est là pour de bon!   

Les voyageurs québécois en situation de télétravail

Selon une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1 206 voyageurs québécois, 42 % des répondants se trouvaient en situation de télétravail au cours de l’année 2021 (19 % en totalité et 23 % en partie). De ceux-ci, 38 % affirment avoir travaillé hors de leur résidence principale (lire : Les télétravailleurs explorent de nouveaux lieux pour travailler).  

L’enquête de la Chaire indique également que près d’un quart (24 %) des télétravailleurs sondés l’ont fait dans leur région, 14 % dans une autre région du Québec, 3 % ailleurs au Canada, 2 % hors du Canada, et seulement 1 % dans un tout-inclus.  

Joindre le travail à l’agrément

La ligne qui sépare le travail et la vie personnelle s’estompe depuis l’intégration du télétravail et des horaires flexibles. Cette nouvelle réalité permet à un plus grand nombre de personnes de s’offrir des périodes de loisir à des moments inhabituels et de profiter d’une plus grande mobilité. Il n’est donc pas surprenant que plusieurs experts s’attendent à une recrudescence des voyages de type workation au cours des prochaines années.    

Le workation est une contraction des mots anglais work (travail) et vacation (vacances) et se caractérise par des séjours en télétravail durant lesquels des périodes libres ou des journées de congé sont consacrées aux vacances. Les nomades numériques exploitent depuis plusieurs années ce mode de vie et depuis peu, certains télétravailleurs y prennent part eux aussi.   

Pour Brian Chesky, président-directeur général d’Airbnb, la nouvelle organisation du travail aura un impact direct sur le futur du tourisme.

Selon le Skift Research Travel Tracker de septembre 2021, près d’un Américain sur quatre qui était en situation de télétravail déclarait avoir prolongé de plus de dix jours ses vacances grâce au travail à distance. Pour Brian Chesky, président-directeur général d’Airbnb, la nouvelle organisation du travail aura un impact direct sur le futur du tourisme. En se basant sur le comportement de réservation de ses clients, il croit même qu’une certaine révolution est en train de se produire — soit des déplacements plus longs qui imbriquent les dimensions vacances et travail. Entre juillet et septembre 2021, 20 % du chiffre d’affaires de l’organisation a été induit par de longs séjours (plus de 28 jours), représentant une augmentation de 68 % par rapport aux réservations de 2019.    

Le secteur de l’hôtellerie observe également ce phénomène et tente de capitaliser sur le volume grandissant de télétravailleurs. Par exemple, c’est le cas du groupe Hyatt avec ces trois forfaits : « Office for the Day (1 journée), « Extended Stays » (+ de 5 nuitées) et « The Great Relocate » (+ de 29 nuitées). De son côté, Marriott propose aussi des séjours prolongés, mais se distingue par l’intégration d’une offre de villas et de maisons de vacances (depuis 2019), ce qui lui permet de faire directement concurrence à Airbnb et VRBO. Hilton courtise également les voyageurs aux longs séjours avec son concept Homewood Suites. Au centre-ville de Montréal, le groupe hôtelier loue 97 appartements équipés (cuisine, laveuse-sécheuse, espaces de rangement) et inclut des services tels que le petit déjeuner, la livraison d’épicerie et une offre de repas prêt-à-manger. Les animaux de compagnie sont également les bienvenus.   

Le phénomène du workation est-il adopté par les Québécois?

L’enquête menée par la Chaire de tourisme Transat a permis d’aborder la tendance du workation sous deux angles différents : ceux qui ont effectué un séjour spécifiquement pour faire du télétravail (16 % des télétravailleurs) et ceux qui prolongent un séjour d’agrément pour ensuite exercer leur profession à distance (13 % des télétravailleurs sondés). En 2021, 85 % des répondants qui ont fait un séjour de télétravail en ont fait un au Québec. Ils ont réalisé en moyenne 4,9 séjours, ce qui représente 12 nuitées attribuables au workation dans l’année.

Les adultes âgés de 25 à 34 ans adhèrent davantage au phénomène du workation. Une forte proportion possède un diplôme universitaire et près de la moitié jouit d’un revenu annuel supérieur à 100 000 $. Les habitants de la grande région de Montréal constituent le principal marché, particulièrement lorsqu’il s’agit de prolonger un séjour de vacances. Enfin, près du tiers de ceux qui pratiquent le workation ont des enfants, ce qui pourrait vouloir dire qu’ils sont contraints au calendrier scolaire, selon l’âge et l’autonomie de leur progéniture.   

Près d’un répondant sur trois (29 %) estime qu’il sera en télétravail en 2022 (6 % en totalité et 23 % en partie). De ce nombre, 19 % comptent faire un séjour pour travailler à distance et 14 % prévoient prolonger un séjour d’agrément grâce au télétravail. Ces proportions pourraient s’avérer plus importantes puisque le sondage a été effectué juste avant que le gouvernement Legault n’impose le travail à distance en décembre 2021.  

Dans un contexte encore incertain, identifier le plein potentiel de cette clientèle demeure complexe pour l’industrie touristique. Cependant, les organisations ont avantage à commencer (ou poursuivre) leur réflexion quant à la façon de saisir les opportunités qui découleront de ce segment.   

Image à la une : Samson Katt de Pexels

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Quel est l’état d’esprit des voyageurs?

L’automne 2021 a laissé croire qu’un semblant de vie normale allait reprendre. Les voyages non essentiels étaient à nouveau envisageables et l’industrie touristique se préparait, optimiste, à de jours meilleurs. Puis le vent a tourné.  

La confiance des consommateurs mise à rude épreuve

Avec la vague Omicron qui déferle sur le pays en ce début d’année 2022, la confiance des consommateurs s’effrite. Le Conference Board du Canada, qui élabore le Consumer Confidence Index des Canadiens depuis 2014, dévoile que cet indice est au plus bas depuis les huit derniers mois. Il a perdu 7 points en décembre puis 0,6 autre point en janvier pour se situer à 100,7 (l’année de référence étant 2014 = 100). Depuis le début de la pandémie, juillet 2021 a enregistré l’indice de confiance le plus élevé avec 121,24.  

Les données du sondage menant à cet indice révèlent que 16,1 % des Canadiens interrogés en janvier estiment qu’il s’agit d’un bon moment pour procéder à des achats importants. À titre de comparaison, cette proportion s’élevait en moyenne à 31 % en 2019. Parmi les répondants québécois, seulement 14,4 % pensent qu’il s’agit d’un bon temps pour faire de telles dépenses.   

Une épargne consistante, des prix à la hausse

Globalement, les finances personnelles des Canadiens semblent plutôt bien se porter. La BDC estimait en décembre 2021 à près de 300 milliards de dollars leur épargne excédentaire accumulée depuis le début de la pandémie. Cela représente plus de 10 % du PIB. Il s’agit d’une somme colossale qui pourrait laisser entrevoir de nombreuses possibilités pour les entreprises d’ici. Les analystes de la BDC craignent toutefois que cette épargne constitue un risque pour l’inflation, puisque la pression est déjà forte sur l’offre qui peine à répondre à la demande. Par ailleurs, la hausse des prix observée ces derniers mois pourrait affecter la confiance des consommateurs dans la première partie de 2022.    

Des Canadiens à l’aise avec les voyages au pays

Malgré les incertitudes, l’idée de voyager ne semble pas être déstabilisante pour une forte proportion de résidents. D’après les résultats du 25 janvier 2022 du sondage hebdomadaire réalisé par Destination Canada visant à connaître l’opinion des Canadiens par rapport aux voyages, la majorité des répondants se sentent à l’aise de voyager au pays, à l’extérieur de leur province/territoire. C’est le cas de 61 % des Québécois et des Ontariens et de 45 % des résidents des provinces de l’Atlantique. Quelque 37 % des Québécois se sentent à l’aise de voyager aux États-Unis et seulement 30 % dans d’autres pays. Rappelons qu’à l’heure actuelle, le gouvernement canadien recommande d’éviter les voyages non essentiels à l’extérieur du pays.    

Aussi, la majorité des Canadiens sondés révèlent être en accord avec l’accueil de visiteurs provenant d’autres provinces/territoires. Quelque 62 % des Québécois sont à l’aise de recevoir des touristes canadiens. Ils se sentent toutefois moins confortables à l’idée d’accueillir des voyageurs provenant de l’extérieur du pays, bien qu’ils s’ouvrent de plus en plus à cette idée. En fait, 38 % des Québécois se disent à l’aise que la province reçoive des visiteurs américains (comparativement à 28 % lors du sondage du 11 janvier dernier). Cette proportion s’élève à 35 % en ce qui concerne l’accueil de voyageurs provenant d’autres pays.      

L’enthousiasme du marché américain

46 % des Américains sondés qui sont actifs sur le marché du travail affirment être intéressés par un séjour de workation en 2022. 

Le variant Omicron crée un stress supplémentaire chez les voyageurs américains, mais sans pour autant les empêcher de planifier des séjours. Les données recueillies par Destination Analysts du 12 au 14 janvier 2022 indiquent que près de 80 % des voyageurs américains sondés ont programmé des déplacements pour 2022. Dans la seule semaine précédant le sondage, plus de 70 % des répondants affirment avoir pensé à un voyage ou même en avoir organisé un. L’enthousiasme général pour les séjours d’agrément et leur nombre anticipé pour 2022 sont à leur plus haut depuis le début de la vague Omicron. La majorité des Américains sondés mentionnent que les voyages constitueront une dépense prioritaire au cours des 3 prochains mois.  

Les types de séjours qui suscitent le plus d’excitation parmi les répondants sont les voyages en famille et les escapades romantiques. Ils rechercheront principalement de beaux paysages, des activités de plein air dans un climat chaud, des road trips, des repas au restaurant, la visite de sites historiques et la découverte de la cuisine de rue. Le coup de sonde précédent (26 au 28 décembre 2021) de cette même firme indiquait que 46 % des répondants qui sont actifs sur le marché du travail affirment être intéressés par un séjour de workation en 2022.     

Et les voyageurs français?

Une enquête réalisée par le site de voyages en ligne Tourlane auprès de 600 Français donne quelques indications pertinentes quant aux intérêts actuels de ce marché. Ainsi, 3 répondants sur 4 désirent voyager en 2022. Mais la flexibilité quant aux conditions de réservation et d’annulation constitue un critère très important. Pouvoir passer du temps à l’extérieur représente aussi un facteur de décision majeur. Après avoir voyagé localement pendant près de 2 ans, 43 % des répondants veulent sortir de l’Europe. Et qu’est-ce qui apparaît en haut de la liste de souhaits? Le Canada.  

La fatigue pandémique semble provoquer une forte envie de découverte. La vaccination de masse et l’adaptation aux mesures sanitaires devenues usuelles contribuent certainement à l’apprivoisement du virus et à cet appétit pour les voyages.  

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Les télétravailleurs explorent de nouveaux lieux pour travailler

Selon une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1206 voyageurs québécois, 42 % des répondants se trouvaient en situation de télétravail au cours de la dernière année (19 % en totalité et 23 % en partie). De ceux-ci, 38 % affirment avoir travaillé hors de leur résidence principale. Près d’un cinquième (19 %) en a fait chez des parents ou amis, 11 % d’un chalet, d’une maison ou d’un condo loués, 8 % dans un café ou un restaurant et 5 % d’une chambre d’hôtel. Parallèlement, un peu plus de la moitié (55 %) des propriétaires de résidences secondaires ont profité de leur chalet pour télétravailler. 

Le sondage de la Chaire de tourisme Transat a permis d’aborder le contexte de télétravail sous deux angles différents : ceux qui prolongent un séjour d’agrément pour ensuite exercer leur profession à distance et ceux qui ont effectué un séjour spécifiquement pour faire du télétravail. 

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Voyager localement en 2022 : par dépit ou par choix ?

Pour une deuxième année consécutive, la Chaire de tourisme Transat a effectué une enquête en ligne auprès d’un panel de 1 206 voyageurs québécois, entre le 1er et le 6 décembre 2021. Les données recueillies permettent de jauger l’attitude des répondants à l’égard du voyage. D’après les résultats, près de la moitié des personnes sondées (48 %) a affirmé préférer explorer le Québec dans les prochaines années, que les frontières soient rouvertes ou non. Parallèlement, un peu plus du tiers (37 %) a apprécié découvrir la province au cours de la dernière année, mais privilégiera toutefois les voyages hors de celle-ci durant la prochaine. 

Impacts de la COVID-19 sur les façons de voyager

Lorsqu’ils sont interrogés à propos des répercussions qu’aura la pandémie sur leurs habitudes de planification, nombreux prioriseront les options offrant une politique d’annulation et accordant de l’importance aux mesures sanitaires. Les répondants favoriseront également le voyage local. 

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Gestion des flux touristiques : la Heatmap d’Helsinki

Une relance sécuritaire

Comme toutes les grandes villes, Helsinki a souffert des impacts de la pandémie puisqu’une importante partie de son écosystème s’articule autour des hôtels, des restaurants, des événements et des attraits touristiques. La relance est très attendue.

Afin d’assurer une reprise sécuritaire, la Ville et l’entreprise de logiciels Hypercell ont élaboré la Heatmap. Cette carte thermique informe les internautes de l’intensité de l’achalandage des zones touristiques grâce à une gradation de couleurs. Du jaune au rouge, les résidents comme les visiteurs peuvent distinguer, en temps réel, les endroits les plus calmes des plus fréquentés au centre-ville.

Des données utiles pour tous

Lancée à l’été 2021, la Heatmap recense le volume de personnes en fonction du lieu et de l’heure, le temps moyen passé sur les différents sites ainsi que le mouvement des foules à travers les zones munies de capteurs. Ces données permettent aux acteurs touristiques de cerner rapidement les attroupements et de gérer plus efficacement l’attractivité de certains attraits et secteurs selon les moments de la journée. Ces informations seront également utiles pour mieux planifier les actions en mobilité et deviendront certainement un outil précieux de planification urbaine pour la Ville.

La Heatmap est alimentée par un réseau de beacons — des balises de microlocalisation — déployé à travers la ville. Ces balises captent les signaux Bluetooth des appareils mobiles circulant à proximité. Les instigateurs du projet comptent multiplier le nombre de détecteurs à différents endroits du centre-ville et des quartiers qui accueillent des visiteurs. Les organisations qui acceptent d’installer des capteurs bénéficient dès lors de données privilégiées sur la fréquentation de leur commerce, les périodes de pointe, ainsi que le potentiel de clients selon les zones. À noter que les informations transmises demeurent anonymes.

La Heatmap d’Helsinki fait partie d’un projet de gestion régionale de la sécurité du tourisme dont le financement provient du fonds de relance touristique du Ministry of Economic Affairs and Employment de la Finlande.

Image à la une : Heatmap Helsinki

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4 profils de voyageurs d’affaires

L’assouplissement des mesures privilégiant l’application du télétravail laisse présager le retour au bureau de nombreux employés à partir du 15 novembre. Ceci constitue une étape importante pour la vitalité des milieux urbains, mais également dans la reprise graduelle des déplacements d’affaires. Au Québec, ainsi que dans le reste du pays, les taux de vaccination élevés et le faible nombre d’infections quotidiennes à la COVID-19 créent un climat favorable au retour des activités professionnelles en présence. Selon Julia Simpson, présidente-directrice générale du World Travel & Tourism Council, le Canada (et l’Amérique du Nord) se trouve dans une posture avantageuse pour rebondir dans plusieurs secteurs touristiques.

Quels voyageurs d’affaires reprennent la route ?

Les analystes du cabinet-conseil McKinsey & Company ont réparti les voyageurs d’affaires en quatre profils en tenant compte de trois indicateurs : le secteur d’activité des entreprises pour lequel ils travaillent, le motif du voyage et la proximité du déplacement (local ou international). Les voici :

  1. « Ceux qui n’ont jamais arrêté de voyager » 

En 2019, le profil « never left » effectuait environ 15 % de toutes les dépenses du secteur affaires. Durant la pandémie, les déplacements de ces individus étaient jugés essentiels. Ils ont recommencé à voyager dès que les restrictions sanitaires se sont assouplies. Ce groupe comprend, entre autres, les dirigeants d’entreprises manufacturières qui gèrent de nombreuses usines et des travailleurs sur le terrain.

  1. « Ceux qui ne reviendront jamais »

En 2019, le profil « never returning » effectuait environ 20 % de toutes les dépenses du secteur affaires. Ce groupe de travailleurs a su maintenir des niveaux élevés d’efficacité durant les derniers mois, même en travaillant à distance. Ils ont tiré profit des outils technologiques pour améliorer leurs façons de faire. Certains pourraient réaliser des voyages d’affaires dans le futur, mais à un niveau beaucoup plus faible qu’auparavant.

  1. « Ceux qui ont peur de passer à côté de quelque chose »

En 2019, le profil « fear of missing out » effectuait environ 60 % de toutes les dépenses du secteur affaires. Ce segment se déplace principalement pour entretenir des relations avec des clients. La reprise devrait se faire plus rapidement chez les petites et moyennes entreprises (PME), car elles sont moins assujetties au processus d’approbation rigoureux des grandes sociétés. Les PME pourraient ainsi déclencher un certain effet domino qui catalysera le retour des voyages d’affaires des entreprises concurrentes.

  1. « Ceux qui attendent de voir ce qui se passera »

En 2019, le profil « wait and see » effectuait environ 5 % de toutes les dépenses du secteur affaires. Il se compose de travailleurs qui occupent des rôles dans des industries relativement non concurrentielles : secteur public, associations professionnelles, organisations à but non lucratif. Pendant la pandémie, ce segment a pu organiser des événements virtuels pour remplacer les conférences en personne et pourrait être plus réticent à reprendre la route.

Comment s’effectue le retour des voyageurs d’affaires ?

D’après McKinsey & Company, la vitesse à laquelle le secteur reprend graduellement ses activités varie selon la distance et le motif du voyage. Ainsi, les déplacements régionaux s’inscrivent parmi les premiers à revoir le jour, suivis des déplacements à l’échelle nationale, puis internationale. Les rendez-vous associés aux ventes priment sur les réunions internes et les conférences à grand déploiement.

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Retrouverons-nous l’affluence de 2019 ?

Selon la U.S. Travel Association, le secteur du tourisme d’affaires ne connaîtra pas l’affluence de 2019 avant 2024. Cependant, trop d’incertitudes persistent pour répondre catégoriquement à la question. Néanmoins, si le contexte épidémiologique actuel se maintient au cours des prochains mois au Québec (et au Canada), plusieurs experts sont optimistes. Dès le printemps 2022, un nombre accru de congrès et d’événements professionnels se tiendrait en présence. Ce mouvement de reprise joue positivement sur la confiance du secteur.

Source de l’image à la une: Samarth Singhai de Pexels 

 

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Tourisme durable

Décarboniser l’industrie touristique : comment s’y prendre ?

L’été dernier, alors que la côte ouest américaine était paralysée par des feux de forêt, l’Europe et l’Inde subissaient de nombreuses inondations et glissements de terrain. Dans le rapport du GIEC, paru le 9 août dernier, les scientifiques affirment que les humains sont « indiscutablement responsables des dérèglements climatiques, et n’ont d’autre choix que de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre s’ils veulent en limiter les dégâts ». Ils ajoutent que la planète devrait atteindre vers 2030 le seuil de +1,5 degré Celsius par rapport à l’ère préindustrielle, dix ans plus tôt que ce qui était prédit en 2018.   

Qu’en est-il de l’impact de l’industrie touristique ?

Selon une étude réalisée auprès de 160 pays et publiée en 2018 dans la revue scientifique Nature Climate Change, le tourisme représente 8 % du total des émissions de carbone produites dans le monde. En plus des déplacements, ce pourcentage comprend l’impact des choix d’hébergement et des activités effectuées à destination. L’achat de biens, la nourriture et le transport en sont les principaux contributeurs. Même si la pandémie a entrainé une baisse de 7 % des gaz à effet de serre générés en 2020, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) prévoit une hausse de 25 % des émissions de carbone liées au transport en tourisme d’ici 2030, par rapport à 2016.

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Source : Sustainable Travel International

Des itinéraires de proximité et des circuits courts de la ferme à la table sont quelques-unes des solutions pouvant être implantées pour réduire les émissions de carbone.

Des voyageurs prêts à faire leur part

Une enquête en ligne menée par la Chaire de tourisme Transat à l’automne 2020 auprès de 1174 voyageurs québécois âgés de 18 à 74 ans nous informait que la moitié des répondants soulignaient être prêts à modifier leurs habitudes de voyage si cela pouvait contribuer à réduire leur empreinte. Le tiers disaient également porter plus d’attention aux pratiques durables des prestataires touristiques.

Selon une étude en ligne de Booking.com réalisée en avril dernier auprès de 29 000 touristes originaires de 30 pays, 61 % affirmaient que la pandémie les avait encouragés à vouloir voyager de façon plus durable. Près de la moitié (49 %) avaient même admis avoir modifié leur comportement et adopté des changements positifs dans leur vie quotidienne, tels que recycler ou réduire leurs déchets alimentaires.

« Les engagements durables pris par les voyageurs au quotidien sont cohérents avec leurs intentions pour de futurs voyages : (…) quelque 83 % souhaitent réduire leur consommation d’énergie et 79 % désirent utiliser des modes de transport plus respectueux de l’environnement, parmi lesquels la marche, le vélo ou les transports publics plutôt que les taxis ou les voitures de location. » – traduction libre de l’anglais, Booking.com

Afin de répondre à l’urgence d’agir, de même qu’aux nouvelles attentes des consommateurs, les acteurs de l’industrie doivent débuter une transition écologique dès maintenant.

Réduire son empreinte carbone

Avant d’être en mesure de la réduire, il faut la calculer. Carbone Boréal, un programme de recherche de l’UQAC, permet aux particuliers et aux organisations de connaître l’empreinte carbone de leurs clients et de la compenser.

L’évaluation ACT® (Assessing low Carbon Transition), développée par l’Agence de la transition écologique (Ademe) en France, offre aux entreprises d’évaluer leurs actions climatiques et d’identifier les stratégies à déployer dans une économie sobre en carbone. Une telle évaluation est désormais proposée au Québec grâce à l’équipe de PME sobre en carbone, co-initiée par Québec Net Positif et le cabinet-conseil CCG. Pour les entreprises de moins de 100 employés, 2500 $ sont requis pour le diagnostic.

Pour les organisateurs d’événements ou les hôteliers, seule la certification de la Clé verte est accréditée et reconnue par le Global Sustainable Tourism Council (GSTC). Des outils pratiques et des conseils personnels sont disponibles pour gérer et améliorer l’impact environnemental de son organisation ou de son congrès.

Voici quelques exemples pour réduire son empreinte carbone.

En milieu urbain

Optimiser le transport public et développer plus de voies piétonnes et cyclables sont le nerf de la guerre pour diminuer ses émissions de CO2. Copenhague, au Danemark, véritable leader en la matière, a remporté le titre de meilleure ville cyclable par les experts américains de Treehugger. Ce moyen de déplacement fait partie de l’ADN de la capitale danoise où le tiers de ses 700 000 citadins se côtoient chaque jour sur un réseau de 350 km en pistes cyclables. Le métro et le train viennent compléter cette offre de transport écologique.

En 2014, la ville de Barcelone faisait face à de sérieux problèmes de pollution de l’air et n’arrivait pas à satisfaire aux objectifs fixés par l’Union européenne. En 2017, le projet d’urbanisme des superblocks a été initié afin d’améliorer la qualité de l’air. Il s’agit de « miniquartiers » de 9 îlots urbains où l’accès aux véhicules est limité et où l’espace est dédié aux piétons et aux vélos.

Source : Vox, Youtube

À Paris, après avoir interdit les véhicules motorisés polluants et transformé les abords de la Seine en parc linéaire, un nouveau concept a vu le jour en 2020 : « La ville du quart d’heure ». L’idée est de répondre à tous les besoins essentiels des résidents dans un rayon de 15 minutes à pied et, ainsi, diminuer leurs déplacements et leurs émissions de CO2. Une autoroute pour vélos a même été développée pendant la pandémie afin de faciliter la circulation dans le Grand Paris. Ce projet sera pérennisé grâce à un investissement équivalent à 44 millions de dollars canadiens.

À l’échelle d’une entreprise, les hôteliers pourraient donner un abonnement Bixi journalier à leurs clients ou inclure un titre de transport en commun valide pour 24 heures. Ainsi, un mode de vie actif et misant sur la proximité peut venir enrichir l’expérience du visiteur et réduire son impact environnemental.

En transport

La compagnie aérienne KLM, pionnière en développement durable dans son industrie, a lancé en 2019 une campagne pour amener les gens à voyager de façon responsable. Elle est la première entreprise de ce secteur à suggérer à ses clients de privilégier d’autres moyens de transport comme le train pour de courtes distances, ou même de les encourager à ne pas se déplacer si les réunions d’affaires peuvent se faire en vidéo.

Source : KLM, Youtube

À destination

Une fois à destination, des agences de voyages peuvent favoriser le tourisme lent et des itinéraires de proximité. C’est le cas de l’entreprise québécoise Karavaniers qui propose à ses clients de passer plus de temps dans une même région pour s’imprégner des cultures locales.

Les organisations de gestion de la destination (OGD) ont aussi un rôle à jouer pour promouvoir les expériences de leur territoire aux citoyens. En France, l’Office de Tourisme Aunis Marais Poitevin a développé un site Web s’adaptant à deux publics : les visiteurs et les résidents. Sur la page d’accueil, un bouton permet de sélectionner « on arrive » ou « je suis d’ici ». Cette dernière option met de l’avant le tourisme local en faisant la promotion des restaurants, des producteurs locaux et des activités se trouvant à proximité pour réduire les déplacements.

Dans la restauration et l’hôtellerie

Un des principaux moyens utilisés pour réduire l’empreinte carbone dans ces deux secteurs clés est l’approvisionnement responsable. La jeune pousse Arrivage l’a bien démontré grâce à sa plateforme permettant de couper les intermédiaires dans la chaîne logistique et de favoriser les échanges directs entre les producteurs et les restaurateurs. Des produits frais font le bonheur des clients, en plus de valoriser l’achat local. Pour plus d’exemples, consultez cette analyse.

Être carboneutre vs carbonégatif

Réduire son empreinte carbone, c’est bien. Être carboneutre, c’est très bien, et être carbonégatif, c’est encore mieux !

« Être carboneutre est l’état d’une organisation ou d’un particulier ayant réussi à réduire ses émissions de gaz carbonique (CO2) à zéro ou à compenser celles qui n’ont pu être réduites. » – Carboneutre Québec

L’entreprise Natural Habitat Adventures, située au Colorado, devient en 2007 le premier voyagiste carboneutre au monde. La totalité du CO2 produit au cours des opérations internes et lors des voyages des employés est réduite ou compensée. Depuis 2019, tous les vols et les activités des clients à destination sont aussi carboneutres.

L’agence de voyages australienne Intrepid Travel va encore plus loin dans sa démarche. En 2019, elle annonçait son intention de devenir carbonégatif, c’est-à-dire d’absorber davantage de CO2 que le taux émis. Pour ce faire, Intrepid Foundation, The Climate Foundation et l’Université de Tasmanie travaillent à recueillir l’équivalent de 325 000 $ canadiens pour développer la première plateforme flottante d’algues au large de la Tasmanie. Cette dernière pourra ainsi protéger la faune marine pendant que les coraux et les algues absorberont une quantité importante de dioxyde de carbone. Leur implication dans le déploiement d’énergie éolienne en Inde ou la reforestation de l’île de Bornéo, située en Asie du Sud-Est, sont quelques-unes des autres initiatives mises de l’avant. L’entreprise a également reçu le titre de la plus grande agence certifiée BCorp au monde. Un minimum de 80 critères doit être atteint dans les trois sphères du développement durable pour obtenir cette certification.

La compensation carbone, la solution facile ?

La compensation carbone doit être utilisée en dernier recours. Les gestionnaires ont la responsabilité sociale et environnementale de travailler à diminuer les gaz à effet de serre produits à même leur entreprise et résultants de ses activités touristiques. Par la suite, ils peuvent penser à compenser les émissions ne pouvant être enrayées.

Et vous, quels moyens avez-vous mis en place pour réduire votre empreinte carbone ?

 

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Tourisme durable

Le serment, et puis quoi après ?

En Islande, avant la pandémie, les voyageurs étaient six fois plus nombreux que les habitants, ce qui exerçait une pression sur les milieux naturels. Dans le but de protéger ses glaciers, ses fjords et ses volcans, ce pays a été le premier à créer un serment adressé aux visiteurs. Depuis sa parution en 2017, on peut y lire :

« Lorsque j’explore de nouveaux endroits, je les laisse tels qu’ils sont.
Je suivrai la route vers l’inconnu, mais je ne m’aventurerai jamais hors des sentiers.
Je resterai sur mon emplacement de camping attribué, lors d’une nuit à la belle étoile. » – serment islandais

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Source : Visit Iceland

Qu’en est-il des serments aujourd’hui ? Avec la sortie du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) témoignant du dérèglement accéléré du climat, le message est clair : les citoyens et les entreprises doivent agir maintenant pour tâcher de minimiser leur impact sur les écosystèmes. Dans l’industrie touristique, la responsabilité sociale et environnementale est au cœur des discussions. Les serments s’inscrivent parmi les solutions pour sensibiliser les touristes à être plus responsables. Quels sont leur rôle et leurs avantages ? Y a-t-il d’autres moyens pouvant être utilisés pour encourager l’exécution de gestes pro-environnementaux ?

Qu’entend-on par serment et quel est son rôle ?

Il s’agit d’une liste d’actions à respecter, généralement rédigée à la première personne du singulier, qui vise à susciter un engagement volontaire chez son lecteur. Son rôle est de sensibiliser les touristes et les entreprises à la préservation de l’environnement et au respect des communautés locales. Cependant, il n’existe souvent aucun recours légal s’il n’est pas respecté.

En Nouvelle-Zélande, la promesse Tiaki, qui signifie « protéger et prendre soin de » en langue maorie, a été partagée sous forme de capsules vidéo dans lesquelles les enfants kiwis garantissent aux enfants des voyageurs qu’ils leur feront découvrir leur pays lorsqu’ils seront grands. En échange, ils suggèrent à leurs parents de voyager de façon responsable et leur proposent certains comportements à adopter afin de ne pas mettre en péril leur territoire et ses habitants. Cette stratégie de communication est un clin d’œil à la définition même du développement durable tirée du rapport de Brundtland, publié en 1987 :

« Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. »

Source : 100% Pure New Zealand

Les îles Palaos, en Océanie, est le premier pays au monde à exiger aux visiteurs la signature d’un serment s’ils désirent obtenir leur visa de touriste. Pour ce faire, ils s’engagent auprès des enfants locaux en leur promettant de respecter leurs terres.

« Enfants de Palaos, je m’engage en tant qu’invité à préserver et à protéger votre île magnifique et unique. » – peut-on lire dès les premières lignes.

Les entreprises de l’archipel sont aussi invitées à le signer pour témoigner de leur responsabilité à s’engager vers un tourisme durable.

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Source : Palau Pledge

Quels sont les avantages du serment ?

Le serment permet d’augmenter la notoriété de ses prestataires et d’encourager les acteurs de l’industrie à se mobiliser vers un tourisme plus durable.

Promouvoir la destination

Bien qu’il s’agisse avant tout d’un outil de sensibilisation, le serment permet à la destination ou à une entreprise de faire connaitre ses actions en matière de tourisme durable et, ainsi, de se positionner comme une référence dans le domaine. L’Islande et la Nouvelle-Zélande, deux pionnières de cette approche, sont aujourd’hui reconnues à l’international pour cette initiative.

Selon une enquête en ligne de la Chaire de tourisme Transat menée à l’automne 2020 auprès de 1174 voyageurs québécois âgés de 18 à 74 ans, le tiers affirme porter plus d’attention aux pratiques durables des prestataires touristiques depuis la COVID-19. Pour une destination ou une entreprise, il est donc tout à son avantage de partager son serment. Plus il sera déployé sur plusieurs plateformes et à l’aide de différents médias, plus le pays ou l’organisation aura de la visibilité. Dans le cas de la Nouvelle-Zélande, la promesse était entre autres diffusée à bord des avions, sur les réseaux sociaux et dans les centres d’information touristique.

Influencer les entreprises à adopter des pratiques responsables

Plutôt que d’attendre la création d’un serment national, l’agence TTB Travel au Vietnam en a conçu un que ses clients et ses partenaires doivent signer. Plus qu’un document de sensibilisation, c’est un contrat légal à travers lequel les signataires s’engagent à respecter les dix clauses inscrites. Cet acte permet de responsabiliser les diverses parties prenantes. Selon Van Thai Nguyen, un des dirigeants de l’agence, c’est un bon moyen pour susciter de réelles actions de la part des entreprises et d’encourager l’industrie à faire de même. Bien qu’il s’agisse d’un document légal, les directeurs de TTB Travel ne comptent pas avoir recours à des procédures juridiques si les clauses ne sont pas honorées. L’intention d’engagement est surtout symbolique.

Aux îles Palaos, un accompagnement est réalisé avec les gestionnaires ayant signé le serment. De cette manière, ils deviendront les principaux moteurs du tourisme durable de l’archipel et agiront à titre d’ambassadeurs. Plus d’un demi-million d’individus à travers le monde ont apposé leur signature en ligne, en gage de soutien. Cela témoigne de la visibilité d’une telle pratique pour une destination. Les visiteurs désirant entrer sur le territoire doivent tout de même signer le serment en personne lors de leur arrivée pour obtenir leur visa.

Des outils complémentaires aux serments

Bien que les serments participent au rayonnement des destinations et tentent d’influencer l’industrie à adopter des pratiques plus responsables, divers acteurs et organisations touristiques remettent en question leur efficacité à susciter un changement de comportement significatif. C’est pourquoi ils se doivent d’être utilisés au sein d’une stratégie plus large et non comme une action isolée.

Une taxe écologique

Pour entrer en Nouvelle-Zélande, depuis le 1er octobre 2019, les voyageurs doivent payer une taxe écologique d’environ 30 dollars canadiens. Cette mesure partage les mêmes objectifs que la Promesse Tiaki élaborée un an auparavant, soit la préservation de l’environnement dans une perspective pérenne des activités touristiques. Face à une augmentation annuelle de 8 % de visiteurs avant la pandémie, l’argent récolté vise à financer les infrastructures nécessaires pour répondre à cette demande croissante, en plus de permettre la réalisation de projets de conservation. Cette taxe et la Promesse Tiaki font partie d’une même stratégie de tourisme durable pour la destination.

Une stratégie de communication 

Le serment est un outil de sensibilisation parmi tant d’autres dans le cadre d’une stratégie de communication. Multiplier ses canaux et diversifier ses messages permet d’atteindre un plus grand nombre de personnes et différents segments de clientèles.

En plus du Icelandic Pledge, l’Iceland Academy de Visit Iceland a créé des capsules vidéo pour éduquer les touristes sur les bons comportements à adopter lors de leur visite. Plus récemment, Inspired by Iceland a lancé une campagne ludique invitant les voyageurs à apporter leur survêtement pour le transformer en bottes imperméables adaptées aux intempéries locales. Ces méthodes de communication, bien que différentes, partagent un seul et même message : encourager les gens à réaliser des actions écoresponsables.

À retenir

Plus le message d’adoption de pratiques responsables sera diffusé, plus il sera vu, et plus des actions seront susceptibles d’être enclenchées. C’est la raison pour laquelle divers moyens, au-delà du serment, doivent être déployés et partagés de façon soutenue pour assurer l’adhésion aux principes du tourisme durable de la part des voyageurs et des entreprises.
Et vous, pensez-vous créer un serment pour sensibiliser vos visiteurs ?

Quels autres moyens utilisez-vous pour protéger les milieux naturels et les cultures locales ?

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Les grands défis du tourisme d’affaires

Les répercussions de la COVID-19 sur les déplacements et rassemblements professionnels sont majeures et pourraient laisser des séquelles à plus long terme. L’agence de presse Bloomberg a analysé le futur des voyages d’affaires de 45 grandes compagnies situées aux États-Unis, en Europe et en Asie. D’après ces données, 84 % des répondants prévoient réduire leurs dépenses de voyage après la pandémie, par rapport à l’année 2019. L’enquête met en lumière trois principales raisons : l’efficacité des outils technologiques, l’importance de réduire les émissions de carbone et les coûts associés aux déplacements.

 L’évolution du monde du travail

Les entreprises de toutes tailles ont investi des sommes considérables pour intégrer des solutions technologiques qui permettent à leurs employés de travailler à distance. En plus d’être demeurées fonctionnelles, certaines sont désormais plus performantes. Pour plusieurs, ces gains se calculent en temps, en argent ainsi qu’en qualité de vie pour leurs effectifs. Plus les mois s’écoulent, plus les habitudes s’installent. De nombreux gestionnaires se demandent maintenant s’il est envisageable de retourner en arrière.

Un fossé se creuse graduellement entre l’« avant » et l’« après » pandémie. Cette période contraint les dirigeants à entamer d’importantes réflexions, notamment sur leurs politiques organisationnelles internes. C’est pourquoi tant d’entreprises évaluent actuellement la place qui sera accordée au télétravail (total ou partiel), aux horaires flexibles et aux déplacements. Bien sûr, le futur sera nuancé pour davantage équilibrer la vie professionnelle des employés. Cependant, cette évolution du monde du travail, induite entre autres par des technologies de communication efficaces, aura indubitablement des répercussions sur le tourisme d’affaires.

Cette évolution du monde du travail, induite entre autres par des technologies de communication efficaces, aura indubitablement des répercussions sur le tourisme d’affaires.

D’après un sondage effectué par la firme Morgan Stanley auprès de 138 gestionnaires de voyage entre le 30 juin et le 12 juillet 2021, 27 % des déplacements d’affaires prévoient être remplacés par des réunions virtuelles en 2022 et 19 % en 2023.

La responsabilité des entreprises face aux changements climatiques

L’impact des voyages professionnels sur le bilan carbone des organisations fait également réfléchir les gestionnaires. Depuis leur absence, ou forte diminution, plusieurs constatent la part substantielle d’émissions de gaz à effet de serre associée à leurs allées et venues.

La responsabilité sociale des entreprises (RSE) s’insère depuis quelques années dans les stratégies commerciales des petites et grandes sociétés. Aujourd’hui, nombreuses s’entendent pour dire que la relance doit impérativement être durable si l’on souhaite affronter l’autre crise, soit celle associée aux changements climatiques. Selon une analyse de la firme d’intelligence d’affaires Skift, un grand nombre de multinationales visent l’objectif commun de réduire de 30 % leurs émissions d’ici 2030 et de devenir neutre en carbone d’ici 2050. Pour tenir leur engagement, préserver leur marque employeur et instaurer la confiance, bon nombre de ces entreprises limiteront inévitablement leurs futurs voyages d’affaires.

La Science Based Targets initiative, un partenariat entre le CDP, le Pacte mondial des Nations Unies, le World Resources Institute et le World Wide Fund for Nature, produit un répertoire dans lequel il est possible de prendre connaissance des objectifs établis par plus de 1800 compagnies. 

Les coûts versus les bénéfices

Tout déplacement professionnel ne s’équivaut pas. Les motifs sont sous la loupe des dirigeants qui constatent les économies encaissées au cours des derniers mois. Ainsi, le poids d’une rencontre avec un client ou un prospect diffère de celui d’une réunion interne. La participation à une conférence éducationnelle n’a pas non plus la même valeur que la présence à un congrès dédié au développement d’affaires.

Il y a certes un coût à se déplacer, mais aussi un coût à ne pas le faire. Manquer des occasions d’affaires peut engendrer d’importantes pertes aux entreprises trop réticentes à retourner sur la route. Cependant, la décision de partir ne se prend plus les yeux fermés, car un certain retour sur l’investissement est attendu. C’est notamment le cas de l’entreprise pharmaceutique Pfizer qui prévoit réduire considérablement les va-et-vient de ses employés par rapport aux années prépandémiques. La nouvelle politique de voyage de la compagnie mise sur une meilleure compréhension des motifs qui justifient un déplacement. En d’autres termes, qu’est-ce qui serait accompli sur place qui ne pourrait pas l’être virtuellement ?

La décision de partir ne se prend plus les yeux fermés, car un certain retour sur l’investissement est attendu.

D’après le cabinet-conseil McKinsey & Company, la vitesse à laquelle le secteur reprend graduellement ses activités varie selon la distance et le motif du voyage. Ainsi, les déplacements régionaux s’inscrivent parmi les premiers à revoir le jour, suivis des transports à l’échelle nationale, puis internationale. Les rendez-vous associés aux ventes priment sur les réunions internes et les conférences à grand déploiement.

Un secteur contraint à s’adapter

De nombreux centres de congrès et hôtels ont dû repenser leur offre de services dans le but de mieux accompagner leurs clientèles dans la réalisation de leur mission événementielle. La production de conférences virtuelles et hybrides a nécessité l’acquisition d’équipement de pointe et de talents spécialisés en TI. Le contexte mouvant dans lequel se trouve le tourisme d’affaires impose depuis 18 mois une constante adaptation des joueurs et met en évidence l’importance d’avoir des équipes agiles.

Devenus experts en report d’événements, les gestionnaires n’en finissent plus de jongler avec des scénarios A, B et C. En plus de se conformer aux mesures sanitaires et aux restrictions frontalières, les professionnels du secteur doivent aussi tenir compte des grandes tendances qui définissent le milieu des affaires.

Le besoin de renouer en face à face avec des clients, des fournisseurs, des partenaires et des collègues est bien réel. Toutefois, considérant les nouvelles orientations des entreprises, il est légitime de se demander à quels niveaux (distance, motif et fréquence de déplacement) les organisations laisseront désormais leurs talents voyager. Dans ce contexte, l’industrie devra faire preuve, encore une fois, d’une grande résilience.

 

Source de l’image à la une : Photo de nappy provenant de Pexels

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Célébrer le voyage… de façon responsable

En théorie, le moment est pourtant idéal pour améliorer nos comportements. La crise de la COVID-19 aura conscientisé les gens sur de nombreux aspects. En voici quelques exemples.

Notre rapport à la nature

C’est incontestable, les bienfaits du contact avec la nature sur la santé mentale et physique de même que sur la qualité de vie sont démontrés. D’ailleurs, une enquête menée auprès de 3000 adultes par la firme Wunderman Thompson dévoile que 82 % des répondants accordent désormais plus de valeur à la nature qu’avant la pandémie.

Des commerces locaux en santé

Un mouvement de solidarité envers les commerces locaux s’est organisé dans plusieurs régions du monde. Au Québec, des initiatives visant à favoriser les achats dans ce type d’établissements ont porté fruit. Un sondage de la firme Léger révèle que le tiers des répondants disent acheter davantage de produits alimentaires locaux qu’avant la crise. Les entreprises agrotouristiques ont aussi pu constater cet engouement à l’été 2020.

L’effort collectif

Toutes les populations ont dû mettre l’épaule à la roue pour réduire la transmission du virus. Alors que la probabilité de développer des complications associées à la COVID-19 n’est pas la même selon les groupes d’âge, tous, ou presque, se sont pliés aux mesures sanitaires. Les populations sont capables d’une grande solidarité.

Les proches et les voyages

Prendre du bon temps avec les amis et la famille et voyager occupent les premiers rangs dans les listes des choses à faire lorsque ce sera possible. L’interdiction (ou presque) de sortir du pays accentue le désir de découvrir de nouveaux lieux. Créer des moments uniques en vacances avec nos proches s’inscrit dans les souhaits post-COVID.

Faire des choix plus durables

Les excursions et les séjours locaux ont largement été embrassés, faute de pouvoir aller ailleurs. Mais l’opération séduction semble avoir créé un précédent. Au Québec, un sondage de la Chaire de tourisme Transat réalisé auprès de 1172 voyageurs québécois indique que 76 % de ceux ayant effectué un séjour dans la province au courant de l’été 2020 ont l’intention de répéter l’expérience.

Par ailleurs, cette même enquête dévoile qu’un voyageur québécois sur deux est prêt à modifier ses pratiques de voyage pour réduire son empreinte carbone. Quelque 46 % sont même enclins à débourser pour annuler l’impact d’un trajet en voiture aller-retour entre Montréal et Québec. Ils ont aussi dit qu’ils souhaitaient voyager davantage localement (42 %) et prendre plus de temps pour découvrir un seul lieu – slow travel (23 %).

Un fort désir de voyager

Mais entre l’intention et le geste, il existe un fossé difficile à évaluer. La reprise laisse présager une forte volonté de découvertes touristiques, malgré une baisse d’optimisme depuis l’été 2021. Un sondage réalisé par la firme Destination Analyst en septembre auprès des voyageurs américains dévoile que 71,4 % de ceux-ci sont excités à l’idée de partir à nouveau au cours des 12 prochains mois. Lors de cette même enquête menée en juin 2021, près du quart des répondants émettaient le souhait de changer leurs comportements de voyage. Ils envisageaient, entre autres, d’en faire davantage.

Selon l’enquête annuelle World Travel Monitor réalisée auprès de quelque 500 000 répondants dans plus de 60 pays, les vacances au soleil et à la plage sont les plus convoitées pour 2021. Les séjours urbains arrivent au 2e rang, suivis des vacances axées sur la nature et le plein air. 

Des offres responsables et séduisantes

Le virage vers un tourisme plus durable devra s’opérer de concert avec l’ensemble des secteurs impliqués. La responsabilité ne repose pas que sur les épaules du voyageur. L’industrie doit proposer des choix durables attractifs qui déclencheront un véritable engouement auprès des différents marchés. L’industrie touristique agit déjà sur plusieurs plans au chapitre environnemental : protection de la biodiversité par les aires protégées, écotourisme, économie collaborative, adhésion à des certifications, compensation de carbone, implication des résidents, etc.

Des voyages lents

Le voyage post-pandémique sera considéré comme un outil thérapeutique, une façon de vivre des moments de bien-être, de bonheur, de divertissement, mais aussi de transformation. Cela peut se traduire, pour certains marchés, par des voyages d’aventure en petits groupes dans des destinations hors des sentiers battus où les guides locaux sont mis à contribution et où le transport actif est privilégié, comme l’offre l’entreprise québécoise Karavaniers. Tous les voyages vendus comprennent un montant compensatoire pour les émissions de gaz à effet de serre produits par les déplacements en transport aérien. L’agence britannique Byway propose quant à elle des séjours qui ne requièrent pas de déplacement en avion.

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Source : karavaniers.com

Des milieux urbains verts et dynamiques

Cette nouvelle façon de voyager peut aussi mener à la découverte d’une ville qui a tout mis en œuvre pour le bien-être de ses résidents, pour que son développement ne se fasse pas au détriment de l’environnement et que la mobilité active et le transport collectif innovant soient au cœur des projets. La capitale de la Slovénie, Ljubljana, peut compter sur de nombreux atouts comme ses bâtiments historiques, ses canaux, son patrimoine ou encore sa culture éclectique pour attirer les touristes. Toutefois elle ne mise pas sur une croissance du nombre de nuitées à tout prix. Au contraire, le développement de la ville a été méticuleusement planifié et il doit d’abord profiter aux résidents. La Ville a d’ailleurs reçu de nombreuses distinctions à cet effet.

Adopter les valeurs des résidents

Voyager de façon responsable signifie aussi de découvrir le mode de vie des populations locales. La Finlande propose ainsi d’adopter les habitudes de ses habitants pour mieux vivre la destination. En tête du palmarès du bonheur selon le World Hapiness Report pour une 4e année consécutive, la Finlande, par le biais de l’organisation de gestion de la destination Visit Finland, partage la recette de ce bonheur. Chaque année, une campagne souligne les principes qui seraient à l’origine de cet art de vivre. La culture du sauna, le contact privilégié avec la nature, la relation particulière avec le froid et l’hiver : ces valeurs font partie de l’ADN de la destination et sont continuellement communiquées, souvent de façon amusante, aux voyageurs potentiels.

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Source : Visit Finland

Une mission collective

Les actions requises pour se tourner vers une économie verte sont multiples. La poursuite de cette transition reposera sur la connaissance, la créativité, les partenariats, des investissements conséquents et surtout, une démarche collective et concertée, afin de maximiser le potentiel et les bénéfices pour les voyageurs, les entreprises touristiques et les collectivités.

La société est capable de répondre très rapidement à une urgence directe. La crise nous démontre qu’il est possible d’avoir des cibles ambitieuses et de changer drastiquement certaines pratiques pour modifier des comportements. Chaque crise marque un nouveau départ. Faisons en sorte que celui du tourisme emprunte la voie de la responsabilité.

 

Image à la une : Unsplash