Catégories
Produits et activités

Vigilance lors des sorties de plaisance

Depuis 2017, la Chaire de tourisme Transat et Nautisme Québec, soutenus par Transports Canada, collaborent à une étude sur les pratiques des plaisanciers au Québec, dont un volet est consacré à la sécurité nautique. Selon le dernier sondage en ligne réalisé à l’automne 2018 auprès de 629 plaisanciers membres de Nautisme Québec, les deux tiers des répondants jugent avoir une très bonne ou même une excellente connaissance des lois et des règlements entourant le vêtement de flottaison individuel (VFI). La quasi-totalité des répondants (97 %) indiquent également vérifier si leurs gilets de sauvetage sont de la bonne taille et en bon état pour tous les passagers avant de partir sur l’eau.

Pourtant, dans la pratique, une proportion élevée de plaisanciers adultes mentionne adopter des comportements plutôt laxistes à cet égard : seuls 41 % mentionnent porter toujours ou souvent leur VFI à bord de leur embarcation principale. Plus alarmant encore, 40 % déclarent le porter rarement ou jamais. Les utilisateurs d’embarcations sans moteur tels que voiliers, chaloupes, canots, kayaks et planches à pagaie semblent plus assidus dans le port du VFI que leurs pairs privilégiant les embarcations à moteur. En effet, plus de la moitié d’entre eux (61 %) indiquent porter fréquemment leur VFI, contre seulement 30 % des utilisateurs d’embarcations à moteur.comportements_vfi_nautisme

Source de l’image : Chaire de tourisme Transat

Augmentation du nombre de noyades

Alors que l’été 2019 bat son plein, le nombre de noyades au Québec ne cesse d’augmenter. Au 31 juillet, on recensait déjà 42 noyades au Québec, contre 37 à ce même moment en 2018. Selon le Centre canadien de recherche sur la prévention de la noyade, les activités les plus à risque sont les activités aquatiques (27 % des noyades), suivies de la navigation de plaisance (24 %), où plus de la moitié (52 %) des noyades sont occasionnées lors de sorties en bateau à moteur. Toujours selon ce rapport, l’absence du port du VFI et la consommation d’alcool sont les facteurs de risque de noyade les plus fréquents. Lors de sorties de plaisance, l’absence du port du VFI représente un facteur de risque à 75 %, et l’alcool, à 31 %.

Dans le cadre de la Semaine nationale de prévention de la noyade, qui se déroule chaque année la dernière semaine de juillet, la Société de sauvetage a multiplié ses actions de prévention afin de sensibiliser toujours plus les vacanciers. Le port du VFI se situe au cœur de la campagne.

Source : chaîne YouTube, Société de sauvetage

Ces actions sont des plus pertinentes et trouvent même leur légitimité dans la voix des plaisanciers. En effet, toujours selon l’étude de la Chaire, sept répondants sur dix estiment que les exigences imposées aux plaisanciers en matière de compétences et de formation sont insuffisantes.

Afin de vivre une bonne saison touristique, il est important de poursuivre les efforts de formation à la sécurité nautique et d’effectuer un entretien régulier et rigoureux des vestes de flottaison. Parce que passer un bel été, c’est avant tout passer un été en sécurité!

 

Source de l’image à la une : photo par Oleksandr Pidvalnyi, sur Pexels

 

Catégories
Destinations

Enjeux des offices de tourisme urbains de la francophonie

La Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, en collaboration avec l’Association des hôtels du Grand Montréal et Tourisme Montréal, a organisé une nouvelle édition des Gueuletons touristiques, le 12 juillet dernier.

 

Sous la forme d’un panel, le titulaire de la Chaire, Paul Arseneault, a discuté des grands enjeux du tourisme urbain de la francophonie avec Maxime Tissot, Olivier Occelli et Patrick Bontinck, respectivement directeurs généraux des offices de tourisme de Marseille, de Bordeaux et de Bruxelles, ainsi qu’avec le président-directeur général de Tourisme Montréal, Yves Lalumière.

La régulation des flux

Plusieurs villes européennes doivent relever le défi de la gestion d’un nombre croissant de visiteurs. Dans ce contexte, les offices de tourisme s’emploient à préserver l’équilibre après des années de développement. Comme l’explique M. Occelli, après du marketing de destination, il s’agit de faire du management de destination. Les offices doivent prendre en compte à la fois le visiteur et la qualité de vie des habitants.

après du marketing de destination, il s’agit de faire du management de destination

L’une des solutions pour diminuer les effets de la concentration des visiteurs consiste à répartir les pôles touristiques dans la ville. De plus, il s’avère essentiel que l’ensemble des acteurs remette en question le développement de l’industrie du voyage. En effet, revenir aux besoins des voyageurs serait peut-être une piste de solution, selon M. Bontinck.

La stratégie de déplacement des flux dans divers secteurs de la ville amène à réfléchir sur son impact sur les quartiers et leurs habitants. À ce sujet, M. Lalumière estime qu’il faut impliquer les citoyens et leur expliquer le processus et les conséquences d’un tel développement. Ceux-ci sont, eux aussi, des clients. Être à leur écoute est primordial. D’ailleurs, les offices de tourisme devraient davantage prendre part à la conception de nouveaux quartiers pour s’assurer d’avoir un équilibre entre les dimensions culturelle, commerciale et résidentielle, d’après M. Bontinck.

innovation_tourisme

Source : Réseau de veille en tourisme

Les OGD : acteurs engagés dans leur milieu

Bien qu’il y ait des différences culturelles et organisationnelles entre eux, les offices de tourisme de la francophonie font face à de nombreux enjeux similaires; parmi eux, la demande des clients pour des initiatives durables. D’après M. Tissot, il faut innover davantage dans ce domaine. M. Occelli soutient que l’écoresponsabilité des destinations sera un avantage concurrentiel ces prochaines années, lors de la phase de planification du voyage. L’industrie touristique doit montrer l’exemple dans ce domaine.

l’écoresponsabilité des destinations sera un avantage concurrentiel ces prochaines années, lors de la phase de planification du voyage

Les offices n’ont plus le choix de s’interroger sur le type de visiteur qu’ils veulent attirer. D’après M. Lalumière, il faut s’intéresser aux touristes qui dépensent, mais qui s’intègrent bien à la population. En ce sens, M. Bontinck ajoute que l’essence du tourisme repose sur les échanges culturels entre les gens. Il n’est pas nécessaire de diminuer leur nombre, mais il faut miser davantage sur leur qualité, car ils apportent une valeur ajoutée à la vie des habitants.

Le tourisme s’associe désormais au milieu des affaires. M. Tissot explique que les offices participent à l’écosystème économique global. Il n’est plus rare de voir des représentants du milieu touristique se joindre à des missions commerciales.

La relation avec les élus

Les offices de tourisme deviennent des leaders en ce qui a trait à l’attractivité territoriale et aux relations entre les acteurs de leur milieu. Depuis quelques années, leurs voix résonnent davantage. Ils sont plus écoutés et sollicités. Ils participent au développement des villes, en concertation avec les instances politiques. D’ailleurs, comme le mentionne M. Tissot, ce changement implique que les équipes des offices deviennent plus polyvalentes pour répondre aux diverses demandes.

La mise en valeur de la francophonie

Les directeurs généraux des offices de tourisme ont établi un constat important : les relations entre les destinations francophones ne sont pas assez développées. M. Occelli souligne que dans un contexte où les offices cherchent à stimuler de meilleurs échanges culturels entre les visiteurs et les habitants, promouvoir le réseau de la francophonie s’avère un bon moyen d’y parvenir. Qui plus est, des touristes recherchent le caractère français des destinations et il ne faut pas avoir peur de le mettre en valeur, rappelle M. Tissot.

 

Des discussions entre les différents panélistes, il ressort qu’il devient primordial pour les destinations francophones d’échanger et de bâtir un réseau. Tout le monde gagne à apprendre des expériences des autres. Voyons-nous comme des partenaires, et non comme des concurrents.

Qu’en pensez-vous?

 

Source de l’image à la une : Pexels

 

Catégories
Technologies

Le potentiel de la technologie 5G en tourisme

Les technologies évoluent à un rythme effréné. Elles modifient le quotidien des entreprises et des touristes. L’implantation de la technologie 5G risque de bouleverser plusieurs secteurs d’activité dans le milieu du voyage. Bien que son utilisation par le grand public ne soit prévue que dans quelques années, cette nouvelle technologie amène à se questionner sur son potentiel pour le tourisme. Voici quelques réponses.

 

La technologie 5G en bref

Le terme 5G signifie « cinquième génération ». Il s’agit de la nouvelle infrastructure de réseau sans fil. Comme celles qui l’ont précédée (voir l’image plus bas), la technologie 5G apportera de nombreux changements dans les communications et le partage de données. Elle offrira une connectivité pratiquement omniprésente.

5G_internet

Ce type de réseau possède de nombreux avantages, notamment :

  • La vitesse: le délai de latence s’avère considérablement réduit. La transmission de données sera dix fois plus rapide que celle de la technologie 4G;
  • La réduction du temps d’attente: le délai de communication entre deux appareils peut atteindre jusqu’à une milliseconde;
  • La densité des connexions: un plus grand nombre d’appareils peuvent se connecter par kilomètre carré, soit environ un million, comparativement à 2000 avec la technologie 4G;
  • L’efficacité énergétique: la durée de vie des batteries des téléphones augmente de manière importante, puisque c’est désormais le réseau qui assure en grande partie le traitement des données.

La technologie 5G et le tourisme : quel potentiel?

Pour certaines technologies employées en tourisme, comme les réalités virtuelle et augmentée, le nouveau réseau exploite une bande passante supérieure. Le temps de latence réduit améliore le contenu, en plus de la synchronisation entre les mouvements du participant et le visuel. L’expérience deviendra beaucoup plus immersive. La vitesse, la quantité de données transférables ainsi que la diminution du temps de réaction auront aussi un impact sur l’intelligence artificielle. Le traitement de l’information et la réponse des machines ou des applications utilisant cette technologie seront plus efficaces. La technologie 5G permet également le déploiement de l’Internet des objets à grande échelle, puisqu’elle donne l’occasion à plus d’appareils d’être connectés en même temps et d’augmenter la vitesse des échanges.

Transport

La nouvelle génération de réseau sans fil permettra d’accroître la ponctualité et la sécurité dans les aéroports, les gares, etc. L’information aux passagers deviendra plus précise et sera transmise en temps réel. La technologie 5G aura un impact important sur la conduite automobile, qui sera plus sécuritaire et autonome.

Hôtellerie

L’intégration des technologies dans les hôtels deviendra incontournable pour offrir une expérience unique aux clients. Que ce soit les chambres connectées, les assistants vocaux, les chatbots, etc., ces établissements seront beaucoup plus performants grâce à la technologie 5G et aux améliorations qu’elle apporte à l’intelligence artificielle et à l’Internet des objets. L’InterContinental Shenzhen, en Chine, deviendra le premier hôtel à intégrer cette technologie afin d’offrir des services innovants et plus personnalisés.

Congrès et réunions

L’utilisation de la réalité virtuelle et augmentée pendant un événement sera très efficace, grâce à l’augmentation de la bande passante et à la réduction du temps de latence. La technologie 5G fera diminuer les besoins en Wi-Fi, en plus de simplifier et d’améliorer la diffusion de contenus en ligne et les interactions en direct pendant les conférences.

Festivals et événements

Lors de rassemblements intérieurs ou extérieurs, les réseaux téléphoniques deviendront moins engorgés, pour le plus grand plaisir des participants, qui n’auront plus de difficulté à interagir et à publier des photos de l’événement sur les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs ce que le festival de Glastonbury, au Royaume-Uni, souhaite faire en intégrant pour la première fois la technologie 5G à son site lors de sa prochaine édition, en juin 2019.

Culture

La technologie 5G rendra les expériences culturelles beaucoup plus immersives grâce, entre autres, aux avancées des réalités virtuelle et augmentée (voir la vidéo ci-dessous). En plus des activités pour les visiteurs, cette technologie apportera certains bénéfices aux musées. Le potentiel de numérisation et de stockage virtuel des trésors culturels sera développé et la robotique viendra soutenir le travail des conservateurs. Dans le cadre d’un partenariat avec la compagnie de télécommunications Ericsson, le musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg, a testé la technologie 5G de plusieurs manières. Par exemple, un bras robotique télécommandé a permis de restaurer un objet d’art avec une très grande précision.

Source : YouTube

La technologie 5G : tout vient à point à qui sait attendre

Avec tout son potentiel, la technologie 5G a de quoi stimuler l’industrie touristique. Le voyageur en tirera également plusieurs bénéfices. Son parcours sera plus fluide et son accès à l’information et au contenu, exponentiel. Pourtant, il faudra être patient, car son implantation prendra encore quelques années. Actuellement, les entreprises québécoises peuvent faire des tests avec la technologie 5G grâce à des antennes installées dans deux laboratoires, situés à Québec et à Montréal.

L’implantation de la technologie 5G soulève certains enjeux. Elle demande des investissements importants, puisqu’elle nécessite de nouvelles structures. D’ailleurs, son accessibilité hors des grands centres urbains reste encore à définir, considérant que le réseau sans fil actuel, la technologie 4G, n’est pas optimal en région. De plus, la vulnérabilité des données demeure un enjeu majeur. La cybersécurité sera au cœur des préoccupations avec l’arrivée de la technologie 5G. Les conséquences de ses ondes sur la santé provoquent également plusieurs débats entre les communautés scientifiques et technologiques.

Bref, la technologie 5G risque de continuer à faire couler beaucoup d’encre dans les prochaines années. À suivre!

 

Source de l’image à la une : Réseau de veille en tourisme – Canva

 

Catégories
Tourisme durable

Environnement et musée : protéger le passé et le futur

Depuis déjà plusieurs années, de nombreux secteurs de l’industrie touristique prennent un virage vert. Que ce soit l’hôtellerie, les festivals ou les stations de ski, leurs initiatives sont davantage connues des consommateurs et deviennent parfois des outils marketing. Mais qu’en est-il des musées ?

Les musées ont la possibilité de devenir des acteurs clés dans la lutte contre les changements climatiques et pour la protection de l’environnement. D’après le Conseil international des musées (ICOM), ils « peuvent améliorer la prise en compte du développement durable et contribuer à l’éducation sur les questions des changements climatiques en travaillant avec les communautés et en leur donnant les moyens de provoquer des changements pour garantir une planète habitable, la justice sociale et des échanges économiques équitables à long terme ». Voici quelques exemples de mobilisation du milieu muséal et des méthodes d’intégration de pratiques durables dans les organisations.

Avant que tout ne tombe à l’eau

Le Strawbery Banke Museum de Portsmouth, au New Hampshire, met en place des actions afin de prévenir la détérioration des fondations et du contenu de ses maisons patrimoniales, causée par des crues des eaux de plus en plus fréquentes. Depuis près de 10 ans, le musée, qui regroupe 8 jardins et 32 bâtiments historiques, collabore avec la Ville et l’Université du New Hampshire pour étudier l’impact de l’élévation du niveau de la mer dans le secteur. Le musée participe également au comité consultatif pour l’évaluation de la vulnérabilité liée aux changements climatiques dans le quartier historique de Portsmouth. La vidéo suivante présente l’état des lieux lors d’une crue majeure en 2017.

Source : YouTube

À la suite de nombreuses démarches, les responsables proposent maintenant plusieurs activités de sensibilisation et des conférences pour partager leur expérience avec différents membres de leur communauté. Par exemple, ils ont organisé un sommet en 2018 avec 12 autres organisations de l’État pour échanger des idées et des recherches sur les changements climatiques. Ils participent également à des ateliers sur le patrimoine bâti en apportant leur expertise pour la préservation des maisons historiques menacées par l’eau.

L’art au service de l’énergie durable

La Woodstock Art Gallery, en Ontario, a rapidement été conscientisée sur l’énergie durable. Une collaboration s’est établie entre elle et son fournisseur d’électricité, qui est aussi son voisin, pour sensibiliser la communauté et interagir avec elle sur la question des problèmes environnementaux, grâce à leur expertise respective. Par exemple, la galerie offre des programmes scolaires aux élèves de la région pour les initier à l’art et discuter des changements climatiques et du développement durable pendant leur visite.

L’union fait la force

Conscient de ses rôles et responsabilités, le milieu muséal s’organise afin de réduire son impact et de préserver la planète pour les générations futures. Voici quelques regroupements ou groupes de travail œuvrant pour la protection de l’environnement. Ils fournissent une panoplie de ressources et d’exemples de bonnes pratiques.

  • ICOM: groupe de travail sur le développement durable; aide les membres à contribuer à l’atteinte des objectifs de développement durable ainsi qu’à s’adapter aux changements climatiques. Le groupe de travail présentera ses recommandations lors de sa 25e conférence qui se tiendra à Kyoto, au Japon, en 2019.

Avant tout, mettre des efforts à l’interne

Un musée peut effectuer de nombreuses actions durables au sein même de son organisation. Cet aspect s’avère d’autant plus important dans un contexte de sensibilisation du public. Le message diffusé sur les changements climatiques risque d’être beaucoup plus crédible si le musée montre l’exemple en adoptant lui-même des actions concrètes pour la protection de l’environnement.

Le message diffusé sur les changements climatiques risque d’être beaucoup plus crédible si le musée montre l’exemple en adoptant lui-même des actions concrètes pour la protection de l’environnement.

Plusieurs institutions de la région Rhône-Alpes font des déplacements groupés et rassemblent leurs œuvres dans des réserves mutualisées afin de diminuer la fréquence des transports et réaliser des économies. Le Field Museum, à Chicago, a réduit son impact sur l’environnement et augmenté la qualité de l’air des lieux en remplaçant les nettoyants chimiques par de l’eau ionisée pour laver les vitrines d’exposition et les fenêtres du bâtiment.

Par où commencer ? 

Sarah Sutton, coauteure du livre The Green Museum: A Primer on Environmental Practice, estime que la première étape des institutions muséales pour protéger l’environnement consiste à faire un bilan carbone qui permettra de repérer les sources potentielles d’économie d’énergie. Elles peuvent visiter, par exemple, le site Carbonfund.org pour calculer l’empreinte carbone de leur organisation.

La Société des musées du Québec propose un guide sur l’écoresponsabilité. Il est possible d’y trouver des conseils pour la gestion des installations et des ressources humaines (efficacité énergétique, matières résiduelles, approvisionnement responsable, santé et sécurité, etc.), pour les expositions (conception, fabrication et chantier, démontage et deuxième vie) et pour les communications (internes, externes, designs graphiques et impressions).

Quels sont les gestes écoresponsables de votre musée?

 

Source de l’image à la une : Pexels

Catégories
Technologies

L’enjeu de la cybersécurité pour les PME

À la fin du mois de novembre 2018, la chaîne hôtelière Marriott International dévoilait être victime de piratage. Pas moins de 500 millions de comptes clients ont été affectés. Cet exemple rappelle qu’aucune entreprise n’est à l’abri de ce genre de problème. Au Québec, plus du tiers d’entre elles affirment avoir été touchées par une cyberattaque, d’après une nouvelle étude du groupe spécialisé en solutions informatiques Novipro, réalisée en collaboration avec la firme Léger. 

 

Aucune entreprise n’est à l’abri 

Bien que plusieurs attaques touchent les grandes compagnies, les petites et moyennes entreprises (PME) ne sont pas nécessairement à l’abri des risques de piratage. Beaucoup d’entre elles n’investissent pas dans la surveillance et la sécurité pour certaines raisons telles que la méconnaissance du sujet ou le manque de moyens financiers. De plus, plusieurs PME sous-estiment leur attractivité pour les pirates informatiques. Elles se sentent à l’abri et négligent alors leur cybersécurité. Pourquoi viserait-on une PME ?

Plusieurs PME sous-estiment leur attractivité pour les pirates informatiques.

Selon le ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec, les PME constituent des passerelles de choix pour les cyberpirates qui cherchent à atteindre les plus grands joueurs. Les grosses compagnies donnent accès à leurs données aux petites entreprises qu’elles utilisent en tant que vendeurs ou fournisseurs. Par exemple, en 2019, des agences de voyages ont été les cibles d’attaques et ont servi de passerelles à des malfaiteurs pour acheter des billets d’avion par l’entremise de la plateforme Amadeus.

Les PME disposent d’une moins bonne protection informatique et seraient également plus enclines que les grandes entreprises à payer des rançons. À long terme, il devient donc plus avantageux pour les cyberpirates de s’en prendre aux petites compagnies. Or, en plus de faire perdre temps et argent, être victime d’une attaque affecte la réputation et la relation avec les clients.

cyberpirate_cybersecurite_tourisme

Source : Pexels

Selon le gouvernement du Canada, les cyberpirates recherchent particulièrement les informations suivantes :

  • Numéros de carte de crédit ;
  • Listes de contacts ;
  • Dossiers de clients (ce qui inclut les mots de passe, l’historique des ventes et les coordonnées) ;
  • Renseignements sur les employés ;
  • Informations bancaires de l’entreprise.

Le saviez-vous ?

Les entreprises canadiennes sont désormais obligées d’aviser leurs clients en cas de brèche informatique depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques, en novembre 2018.

Les employés : acteurs de la cybersécurité

Éduquer le personnel et créer une culture de la sécurité en entreprise s’avèrent très important pour prévenir les cyberattaques.

Malgré tous les investissements technologiques en cybersécurité, éduquer le personnel et créer une culture de la sécurité en entreprise s’avèrent très important pour prévenir les cyberattaques. Comme le souligne la Banque de développement du Canada, bien que leurs actes ne soient pas délibérés, les membres du personnel constituent souvent le maillon faible de la sécurité des compagnies. Pourtant, selon l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet, en 2018 : « Seules 54 % des petites entreprises offraient une formation sur la cybersécurité à leurs employés, même si la forme la plus courante de logiciels malveillants constatée par les répondants, l’attaque par hameçonnage (42 %), exploite directement les employés comme point de faiblesse. » Le spécialiste en TI ne doit pas être la seule personne formée.

500_cybersecurite_employes_tourisme

Source : Pexels 

Comment faire ?

Une meilleure compréhension des menaces prévient beaucoup de problèmes. N’hésitez pas à mettre sur pied un programme de sensibilisation pour former et garder informés vos employés sur les risques et les bonnes pratiques. D’après le Centre canadien pour la cybersécurité, les entreprises doivent effectuer des activités sur une base régulière. Il est également recommandé de souvent mettre à jour les documents, tout en les laissant à la disposition des travailleurs.

Conjointement à la mise sur pied d’un programme de sensibilisation, élaborer une politique et des normes encadre et oriente la conduite des employés. Selon le site du gouvernement canadien Pensez cybersécurité, de tels documents s’avèrent indispensables pour aider les travailleurs à connaître leurs rôles et responsabilités en matière de sécurité informatique en entreprise. Il est possible d’y intégrer des lignes directrices sur l’utilisation d’Internet, des courriels, des médias sociaux, etc.

Les technologies transforment le quotidien et le visage du tourisme. Elles apportent de nombreux avantages tant aux entreprises qu’aux clients. Cela amène également les dirigeants à être proactifs en matière de cybersécurité. S’informer et se référer à des professionnels peut s’avérer une bonne solution. Plusieurs outils et documents sont disponibles pour les PME, tels que le Carrefour de l’apprentissage et de l’innovation et le guide de la Chambre de commerce internationale.

De nouvelles occasions de croissance et d’innovation se présentent désormais à l’industrie. D’ailleurs, l’Entente de développement numérique des entreprises touristiques (EDNET) du ministère du Tourisme permet aux associations touristiques régionales d’accompagner les entreprises de leur milieu dans le virage numérique. L’adoption des technologies va de pair avec une réflexion et une stratégie en matière de cybersécurité des données, de même qu’avec une saine gestion de son réseau informatique.

Quelles sont vos bonnes pratiques pour la cybersécurité de votre entreprise ?

 

Source de l’image à la une : Unsplash

Catégories
Technologies

L’industrie 4.0 : les enjeux du monde numérique

Les solutions numériques sont très employées dans l’industrie touristique, tant par les clients que par les entreprises. Les assistants vocaux, les chatbots, les modes de paiement électronique, l’internet des objets, la réalité virtuelle, l’intelligence artificielle et le big data sont des sujets abordés de plus en plus fréquemment dans les médias. Ils transforment le quotidien et le visage du tourisme.

Ils s’inscrivent dans un contexte plus global : la 4e révolution industrielle. Bien que certains secteurs aient déjà entamé une profonde réflexion à ce sujet et s’adaptent en conséquence, l’industrie touristique commence tout juste à l’effleurer. Le Réseau de veille en tourisme propose un survol de certains concepts et enjeux de cette révolution.

Une nouvelle révolution ?

Selon la Banque du développement du Canada, le concept de la 4e révolution industrielle ou de l’industrie 4.0 se définit comme étant « le recours aux technologies numériques qui permettra à l’entreprise de réagir plus rapidement aux changements du marché, d’offrir des produits plus personnalisés et d’accroître son efficacité opérationnelle ». Cette révolution suit les précédents bouleversements industriels qui ont marqué l’histoire (voir l’image suivante).

les_revolutions_industrielles

D’après la firme Deloitte, l’industrie 4.0 va bien au-delà de la simple production et de l’utilisation des technologies de pointe. Il s’agit de la manière dont les entreprises les combineront et les exploiteront pour optimiser leurs activités et leur croissance. Pour le secteur touristique, cette révolution offre de nouvelles occasions de développement et d’innovation à toutes les étapes du parcours du voyageur.

Quels sont les enjeux ?

L’industrie 4.0 devient une nouvelle réalité numérique qui amène des modifications en ce qui a trait à l’exploitation, à la main-d’œuvre et à la société. Dans ce contexte, plusieurs enjeux et défis touchent les entreprises.

L’offre et la demande

L’industrie 4.0 devient une nouvelle réalité numérique qui amène des modifications en ce qui a trait à l’exploitation, à la main-d’œuvre et à la société.

Selon Klaus Schwab, président exécutif du Forum économique mondial (FEM), la 4e révolution a un impact majeur sur l’offre et la demande. Du côté de l’offre, les nouvelles technologies répondent à des besoins en bouleversant l’industrie. Certaines entreprises misant sur le numérique, comme de nombreuses start-ups, créent des ruptures avec les façons de faire conventionnelles et bousculent plusieurs domaines, y compris ceux de la vente et de la distribution.

Concernant la demande, les entreprises doivent adapter leur façon de concevoir, de commercialiser et d’offrir leurs services en fonction des nouvelles attentes des consommateurs. Ces derniers demandent une plus grande transparence et une plus forte personnalisation. Leurs modes de consommation et leur engagement changent également.

Les ressources humaines

L’industrie 4.0 impose plusieurs défis de gestion des ressources humaines. Selon l’organisme de recherche et d’innovation CEFRIO, la maîtrise des technologies demande une expertise qui se trouve rarement au sein même d’une entreprise. L’embauche d’employés ou la formation des ressources déjà sur place « sera un enjeu incontournable de cette nouvelle ère », affirme l’organisme. De cet enjeu découle un constat important. Comme le rappelle M. Schwab, du FEM, même si la technologie permet de créer de nouveaux postes d’employés qualifiés, elle peut aussi remplacer d’autres catégories de travailleurs. Cela peut engendrer un sentiment de mécontentement et des préoccupations quant aux inégalités du marché du travail.

Cette révolution fait aussi apparaître une nouvelle génération de travailleurs, très à l’aise avec la culture numérique. La plupart d’entre eux s’avèrent déjà habitués aux technologies et désirent les utiliser dans leur milieu de travail. D’ailleurs, ces nouveaux outils peuvent s’avérer une bonne occasion d’améliorer et de faciliter les tâches des employés, notamment lors de la gestion d’un projet ou pour le télétravail.

La cybersécurité

À la fin du mois de novembre 2018, la chaîne hôtelière Marriott International dévoilait être victime de piratage. Pas moins de 500 millions de comptes clients ont été affectés. Cet exemple rappelle qu’aucune entreprise n’est à l’abri de ce genre de problème. L’importance de protéger les données de l’entreprise et des consommateurs est au cœur de l’industrie 4.0. L’adoption des technologies numériques va de pair avec une réflexion et une stratégie en matière de cybersécurité, de même qu’avec une saine gestion de son réseau informatique.

600_cybersecurite

Source : Pixabay

Bien que plusieurs attaques touchent les grandes compagnies, les PME ne sont pas nécessairement à l’abri des risques de piratage. Selon le ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec, les petites et moyennes entreprises constituent des passerelles de choix pour les cyberpirates qui cherchent à accéder aux plus grands joueurs. Plusieurs outils permettent de se renseigner à ce sujet. Le gouvernement du Canada offre un guide à l’intention des PME.

Au Québec

L’Entente de développement numérique des entreprises touristiques (EDNET) du ministère du Tourisme permet aux associations touristiques régionales d’accompagner les entreprises de leur région dans le virage numérique. Les associations proposent de nombreux outils, notamment un guide du promoteur, pour préparer une demande. D’autres documents pour bien évaluer ses besoins numériques et établir un plan d’action en fonction de son modèle d’affaires sont également disponibles. Il s’agit des premières étapes vers la réussite.

La vitesse de l’innovation et les bouleversements sont parfois difficiles à comprendre et à anticiper pour les entreprises. Pourtant, le monde de la technologie et du numérique transforme notre quotidien. La révolution est en marche, le voyez-vous ?

 

Source de l’image à la une : Pexels

Catégories
Produits et activités Tendances

Tendances et enjeux du tourisme hivernal

Le Réseau de veille en tourisme collabore depuis plusieurs années avec le ministère du Tourisme du Québec afin de produire le bulletin de veille sur le tourisme hivernal. Son objectif consiste à informer les intervenants de l’industrie sur un des produits prioritaires de la Stratégie de mise en valeur du tourisme hivernal au Québec et sur les marchés concurrents. Voici trois grandes tendances observées dans ce secteur d’activité.

 

L’acquisition de nouvelles clientèles

La plupart des destinations hivernales internationales font face aux mêmes défis : inciter la relève à pratiquer des sports d’hiver et attirer des touristes et des excursionnistes qui se tournent parfois vers des territoires offrant une situation climatique moins aléatoire.

Au Québec, le taux de pratique des principaux sports d’hiver peine à atteindre 20 % (voir le graphique 1). Selon les données du sondage administré par Vividata, le patin s’avère l’activité la plus populaire, tous groupes d’âge confondus. Les jeunes Québécois de 14 à 34 ans pratiquent davantage la planche à neige que la moyenne de la population, mais pour ce qui est des autres activités considérées par le sondage, les résultats affichent peu d’écarts entre chaque segment.

sport_quebecois_hiver_tendance

 

Les jeunes, une relève essentielle

On utilise l’expression « déficit nature » pour parler, notamment, des jeunes qui passent peu de temps en milieu naturel. Or, pratiquer des activités en plein air l’hiver est souvent une question d’habitude et de mode de vie ; plus on le fait tôt (enfance et adolescence), plus on augmente les chances de conserver cette propension une fois adulte (lire aussi : Inciter les Y à pratiquer les sports d’hiver).

En France, les villages et les stations de montagne d’Auvergne-Rhône-Alpes tentent de reconquérir les jeunes avec l’initiative Génération Montagne. Piloté par Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme et l’Association Nationale des Maires de Stations de Montagne, le projet appuie ses assises sur cinq leviers d’action concrets :

  • Développer et promouvoir des offres adaptées aux habitudes de consommation des jeunes ;
  • Soutenir les structures d’hébergement collectif ;
  • Proposer des conditions tarifaires adaptées ;
  • Numériser les offres ;
  • Faciliter l’accès aux stations.

La transformation des comportements et des habitudes de consommation des jeunes de la génération Z nécessite d’adapter son offre et de revoir ses stratégies de communication (lire aussi : L’entreprise qui murmurait à l’oreille des Z). Avec le projet Génération Montagne, on assiste à une mobilisation des intervenants du territoire afin de valoriser les atouts et l’attractivité de la montagne.

montagne_hiver_tendance_auvergne_rhone_alpe

Source : Génération Montagne

Diversification de l’offre

Le mode de vie nordique possède une unicité attrayante qui se décline en de nombreuses expériences. Mettre en valeur cette offre plurielle et authentique semble nécessaire, voire essentiel pour faire face à la concurrence internationale (lire aussi : Tourisme hivernal : 5 destinations qui se démarquent !).

Les destinations célèbrent l’hiver

La perception de la saison froide a évolué. Les incitatifs pour mettre le pied dehors se multiplient, si bien qu’en ville, en montagne et en région rurale, on cherche à embrasser l’hiver au lieu de le subir. Les festivals et événements de tous genres (culturels, gourmands, sportifs, etc.) occupent de plus en plus cette période de l’année, ce qui contribue à l’attractivité de la destination.

Dans le cadre de son 375e anniversaire, Montréal a créé Les Hivernales dans le but de célébrer la nordicité de la métropole. La programmation de cet événement proposait aux résidents et aux visiteurs des activités ludiques et festives, de janvier à mars 2017 :

  • Course à obstacles : Barbegazi ;
  • Festival de musique électronique : Igloofest ;
  • Tournoi de hockey en plein air : la Classique Montréalaise ;
  • Etc.

hivernales_montreal_hiver_tendance

Source : Ville.montreal.qc.ca

Les stations de ski continuent de se réinventer

Depuis plusieurs années, les stations ont compris que pour joindre un plus large public, il faut désormais diversifier son offre d’activités et placer le visiteur au cœur de ses réflexions (lire aussi : Diversification des activités hivernales dans les stations de ski). Cette tendance s’intensifie à un point tel qu’il semble incontournable de repenser la station d’aujourd’hui et de demain. 

En France, le Conseil départemental de l’Isère a mandaté Isère Tourisme pour réfléchir à la station du futur. Quels services, activités, animations, infrastructures et expériences globales répondront aux besoins et attentes de la clientèle en 2030 ?

  

Vidéo : Youtube

Avec l’apport de 75 experts (chefs d’entreprises, chercheurs, sociologues, start-up, etc.), Isère Tourisme a défini neuf thématiques majeures et proposé cinq positionnements :

  1. La station pleine énergie est orientée vers la santé et le bien-être ;
  2. La station douce rend hommage à un mode de vie responsable, en connexion avec la nature ;
  3. La station loisirs met en valeur l’envie de partager du temps en famille et entre amis en pratiquant des activités ensemble ;
  4. La station high-tech intègre l’innovation technologique afin de créer une expérience globale fluide ;
  5. La station hyper sport cherche à dépasser les limites de la pratique sportive intense.

station_future_isere_tendance_hiverSource : pro.isere-tourisme.com

Intensification de pratiques durables

L’hiver est-il encore synonyme de neige ? Oui, mais pour combien de temps ? Les changements climatiques sont un réel enjeu. L’irrégularité des conditions météorologiques fait en sorte que les amateurs d’activités hivernales planifient et réservent leurs séjours et leurs billets d’accès à la dernière minute. La vulnérabilité de l’industrie face au climat exige de revoir certaines façons de faire.

De la réflexion à l’action

Scientifiques, experts et professionnels sont unanimes quant au besoin d’adapter les modèles de gestion, de miser sur des pratiques durables, de soutenir l’innovation et de diversifier l’offre (lire aussi : Le climat change, et vous ?). Il est maintenant l’heure de passer à l’action !

Depuis 2008, la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ) travaille de pair avec la firme environnementale Nature-Action Québec afin d’étudier la question du développement durable et de créer un programme environnemental. En 2016, le programme de certification écoSentier a été lancé et suscite depuis l’intérêt de plusieurs clubs. Cette année, ils sont au nombre de 25 à avoir fait des demandes de certification, ce qui permet d’atteindre 1900 kilomètres de sentiers certifiés au Québec.

motoneigne_senties_ecosentier_hiver_tendance

Source : ecosentier.ca

Dans les stations de ski, le virage écoresponsable s’accentue et les actions sont nombreuses : adhésion à des programmes environnementaux, utilisation d’énergies renouvelables, protection des ressources naturelles, réduction d’émissions de carbone, investissement dans des équipements performants et moins énergivores, innovation visant la conservation de la neige, engagement des employés, mise en place de projets impliquant les visiteurs (lire aussi : Des stations de ski écoresponsables).

Ces grands enjeux et tendances témoignent de la fragilité de notre tourisme hivernal, mais aussi du dynamisme de notre industrie, qui multiplie les efforts pour protéger, adapter, développer l’hiver et le rendre accessible aux consommateurs d’aujourd’hui et de demain. Pour demeurer à l’affût de la veille effectuée sur ce thème, le RVT vous encourage à vous abonner aux bulletins du ministère du Tourisme.

 

Source image à la une : Pexels.com

Catégories
Destinations

Les OGD en temps de crise

Qu’elles soient causées par dame nature ou par la main de l’homme, les catastrophes font souvent la une dans les manchettes. Comment les organisations de la gestion de la destination (OGD) peuvent-elles soutenir leur milieu en temps de crise et aider à en redorer l’image ? 

Selon le dernier rapport de l’US Travel Association, les OGD prennent de plus grandes responsabilités pendant une crise et dans le processus de reconstruction. Avec leur présence sur les médias sociaux et leur implication auprès des résidents et des visiteurs, les élus et les services d’urgence utilisent leurs moyens de communication pour partager des renseignements importants. Elles peuvent fournir des conseils, des informations pratiques, des mises à jour sur les fermetures de routes et d’aéroports, etc. Après la crise, les OGD emploient des techniques de marketing pour aider à la relance de l’économie. En faisant la promotion de la destination et en incitant les visiteurs à revenir, il est possible de générer des revenus pour supporter la reconstruction.

Voici des exemples inspirants.

Faire face à la tempête

Les ouragans Irma et Harvey ont frappé durement les états de la Floride et du Texas en 2017. Leurs OGD respectives, Visit Florida et Texas Tourism, ont joué un rôle clé auprès des visiteurs et des entreprises de l’industrie touristique. Elles ont fourni les alertes météorologiques et les ressources nécessaires pour aider les touristes sur place. Pendant la durée des ouragans, les sites Web étaient mis à jour régulièrement pour informer le public des avis d’évacuation, des couvre-feux, de la circulation et des pannes de courant.

Plus spécifiquement, Texas Tourism s’est associé à d’autres organisations de l’état pour uniformiser les informations transmises aux visiteurs et aux résidents. Après l’ouragan, l’OGD et les villes ont développé un plan de redressement pour les zones les plus touchées par la tempête. Des sommes importantes furent investies dans la création de vidéos promotionnelles, de visites de médias et de nombreux voyages de familiarisation. Selon l’US Travel Association, les efforts ont permis à plusieurs destinations de la côte du Texas de bénéficier de recettes record au printemps 2018.

us_travel_association

Visit Florida a utilisé plusieurs canaux de communication et fait appel à ses partenaires, tels qu’Expedia et Airbnb, pour partager des informations en temps réel sur l’hébergement disponible pour les visiteurs et les résidents en situation précaire. L’OGD a également transformé quatre de ses bâtiments d’information touristiques en centre d’urgence. Les objectifs étaient de transmettre les renseignements les plus récents sur les avis d’évacuation, l’hébergement, et les fermetures de routes, ainsi que d’offrir un lieu de répit pour les voyageurs encore sur place.

Éviter de pénaliser l’ensemble de la destination

En juillet 2017, un accident de forage a causé une panne de courant majeure pendant la haute saison estivale dans le secteur des Outer Banks, en Caroline du Nord. L’état d’urgence a été déclaré et plus de 50 000 personnes, résidents et visiteurs furent évacués. Alors que les médias nationaux et régionaux ont rapporté que l’incident rendait la destination complètement inaccessible, la panne ne touchait en réalité que deux des îles du secteur, soit 25 % de la région.

L’office de tourisme s’est rapidement mobilisé pour corriger la situation et informer les visiteurs que la panne était localisée et que la grande majorité de la destination demeurait accessible. Il a également collaboré avec les services d’urgence locaux et les sociétés d’électricité pour fournir des mises à jour régulières.

Profitant de sa notoriété et de ses outils de communications, l’office de tourisme des Outer Banks fut le premier à annoncer la réouverture des deux îles. Leur vidéo promotionnelle, « Hatteras is On », a été déterminante pour accueillir les visiteurs et soutenir l’industrie du tourisme les semaines suivant la panne.

Source : YouTube

Changer la perception après la crise 

Au lendemain des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles, Visit Brussels a mis en place une opération de marketing de rue (street marketing) intitulée #callbrussels. L’organisation a installé des cabines téléphoniques sur trois sites névralgiques de la ville : Mont des Arts, Place Flagey et Place Communale. Grâce à un numéro sans frais, des personnes à travers le monde ont pu discuter avec les citoyens. L’objectif était de convaincre les touristes que la ville demeurait une destination de choix malgré les évènements tragiques. Cinq jours plus tard, plus de 12 500 appels téléphoniques provenant de 154 pays ont été enregistrés.

Voici une vidéo présentant le projet.

 

Source : YouTube

Le comité régional du tourisme de la Côte d’Azur a lancé en août 2016, une campagne de communication pour relancer le tourisme, à la suite des attentats survenus à Nice le 14 juillet de la même année. La stratégie comprenait la création d’un mot-clé #CotedAzurNow ainsi que d’un site Web reprenant les photos partagées sur les réseaux sociaux à travers le monde. Des affiches et des annonces télévisées ont également servi à la promotion de la région. Le but consistait à valoriser la destination en diffusant une image positive de celle-ci auprès des voyageurs internationaux afin de les inciter à revenir.

instagram_OGD

Source : Instagram

La gestion de crise au Québec : le cas de Lac-Mégantic* 

Le 6 juillet 2013, un accident ferroviaire frappe de plein fouet la ville de Lac-Mégantic dans les Cantons-de-l’Est, faisant plusieurs victimes et détruisant une partie du centre-ville. Les responsables du tourisme ont joué un rôle clé dans la gestion de cette tragédie tant sur le plan des communications que sur celui de la concertation des acteurs du milieu.

Les communications : rétablir les faits et la fréquentation touristique

Dans les jours suivant la tragédie, la région a connu une vague considérable d’annulations. En pleine saison estivale et à l’aube des vacances de la construction, cela représentait un enjeu économique crucial. L’équipe de l’OGD est donc intervenue dans les médias pour promouvoir l’offre, puisque la très grande majorité des attraits ou des services demeuraient ouverts.

Dans les semaines et les mois subséquents, un important travail a été effectué pour rassurer les touristes et leur fournir des renseignements pertinents. Le bureau d’accueil qui se trouvait dans la zone sinistrée a été rapidement relocalisé et des lieux temporaires ont été mis en place pour intercepter les visiteurs aux entrées et aux points stratégiques de la région (dépanneurs, stations-service, etc.). Les commerçants et leurs employés furent également formés pour bien communiquer l’information aux voyageurs.

La collaboration avec les partenaires : entre concertation et reconstruction

L’OGD a rencontré de nombreux partenaires, notamment l’ATR et le gouvernement, pour s’assurer de leur soutien pour les mois et les années à venir. Grâce à leurs efforts, la région de Mégantic n’a jamais été aussi visible que pendant les deux années suivant la catastrophe.

Conscient que des visiteurs voudraient se rendre sur le site de la tragédie, les responsables du tourisme ont suggéré aux autorités municipales de créer un lieu de commémoration. L’objectif consistait à rendre hommage aux victimes et à offrir de l’information pertinente aux touristes afin qu’ils puissent explorer l’endroit sans importuner les citoyens et les commerçants. Il s’agissait d’un aspect important pour s’assurer que leur venue ne soit pas perçue comme du tourisme noir, mais bien comme du tourisme de mémoire.

L’OGD s’est également impliquée dans le processus de concertation pour la reconstruction du centre-ville. Elle a géré et animé la table dédiée au tourisme pendant plus d’un an. Les résultats de ces réflexions furent ensuite présentés à la population. D’ailleurs, un nouveau projet de complexe hôtelier devrait bientôt voir le jour.

Quelques conseils

Dans un contexte de crise, s’entourer de personnes compétentes constitue un élément clé. De plus, il ne faut pas hésiter à contacter son réseau, ses partenaires et son milieu afin de solliciter de l’aide et d’obtenir des ressources supplémentaires.

Apprendre à gérer les demandes et les suggestions s’avère essentiel, car chacun possède sa propre vision de la situation et sa manière d’y faire face. Même si le contexte exige de réagir rapidement, il importe de prendre le temps de réfléchir afin d’intervenir de façon pertinente et durable.

Les actions menées par Tourisme Mégantic et ses partenaires ont amélioré la fréquentation touristique dans la région. Les effets sont encore perceptibles aujourd’hui : le tourisme dans le secteur n’a jamais été aussi fleurissant et performant.

Par où commencer ?

Plusieurs ressources existent pour soutenir les entreprises et les OGD. L’organisation mondiale du tourisme propose une boîte à outils pour développer un plan de communication en temps de crise. Le document fournit une multitude de renseignements, notamment une description des meilleures pratiques, des conseils pour l’utilisation des médias sociaux, des protocoles et des méthodes pour mesurer l’efficacité du plan de communication.

Êtes-vous prêts à affronter une crise ?

* Les informations obtenues proviennent d’une entrevue avec M. Nil Longpré, commissaire au tourisme à la MRC du Granit à l’époque de l’accident.

 

Source de l’image à la une : Unsplash

Catégories
Tourisme durable

Le développement durable préoccupe les entreprises touristiques

Le regard des organisations sur l’impact social, environnemental et économique de leurs activités n’est pas une nouveauté au Québec. Le développement durable est sur les lèvres des gestionnaires québécois depuis les années 70. Mais il représente aujourd’hui un enjeu important aux yeux des entreprises touristiques.

 

. . .

. . .

. . .

Selon les derniers résultats d’un sondage auprès de l’industrie mené par la maison de sondage SOM en janvier 2018 pour le compte du Ministère, cet enjeu préoccupe 987 des 1004 répondants, soit 62 % des entreprises québécoises en tourisme.

D’après le sondage, le secteur de divertissement et loisir (notamment les établissements qui offrent des activités extérieures) se soucient davantage de cet enjeu.

enjeux_tourisme_durable

 

Et vous, le développement durable vous préoccupe-t-il ?

Catégories
Tourisme durable

Changements climatiques : prêt, pas prêt !

La Chaire de tourisme Transat a réalisé en 2017 une enquête auprès des organisations touristiques québécoises à propos de leur perception de l’impact des changements climatiques, qu’ils soient positifs ou négatifs, ainsi que leur sentiment d’être informées et préparées. Cet article présente les résultats. Nous invitons les lecteurs à faire l’exercice et à se poser ces mêmes questions. On ne peut nier l’évolution de la température de la surface de la Terre au cours des dernières années. Les travaux du consortium de recherche Ouranos permettent de prévoir un réchauffement des températures moyennes au Québec, des hausses hivernales et printanières, des cumuls de précipitations et la diminution de la longueur de la saison de gel (relisez cet article sur les impacts et les adaptations).

Un mot sur la méthodologie

L’enquête a été effectuée auprès des contacts de la base de données ouverte du site de Québec Original et quelque 471 questionnaires ont été validés. Les répondants devaient commenter une série d’énoncés sur une échelle de 1 à 10, selon le niveau d’impact ressenti, d’optimisme, d’information et de préparation. Les résultats sont présentés sous la forme de moyennes.

Un mot sur les répondants

Les répondants se divisent en trois catégories d’acteurs, c’est-à-dire des représentants :

  • d’attraits (attractions, activités, festivals), soit 32 % des répondants ;
  • de lieux d’hébergement (54 %) ;
  • d’organisations associatives (associations touristiques régionales ou sectorielles et offices de tourisme) comptant pour 14 % des répondants.

La moitié d’entre eux (52 %) œuvrent dans des organisations qui opèrent notamment en hiver. L’été est cependant la période la plus achalandée pour les trois quarts des répondants. Ils détiennent en moyenne 12,5 ans d’expérience dans l’industrie touristique. Les entreprises et organisations concernées sont de taille modeste ; 53 % comptent d’un à quatre employés et 27 %, de 5 à 19 employés.

Ce qui est ressenti face aux changements climatiques

Trois variables ont été mesurées, chacune à l’aide de trois énoncés. Les gestionnaires touristiques perçoivent clairement l’impact des changements climatiques, avec une moyenne de 8,1 sur 10 (voir le tableau 1). La moyenne est légèrement plus faible pour les hébergements que pour les associations. Les trois énoncés mesurant l’optimisme des répondants quant aux répercussions des changements climatiques se situent autour de 3,7 sur 10. Enfin, avec une moyenne de 5,5, on constate que les gestionnaires ne se sentent pas bien informés.

 tableau 1 changements climatiques
 

Ce pour quoi l’on se sent préparé

Les répondants étaient invités à indiquer leur niveau de préparation (selon leur perception) face à diverses répercussions prévues, dans le cas où elles s’appliquent à la réalité de leur organisation. Si l’on estime qu’une bonne préparation se situerait entre 8 et 10 (sur une échelle de 10), le tableau 2 indique que peu de répondants se sentent prêts. Globalement, les entreprises privées (attraits et hébergements) témoignent d’une impression de préparation plus élevée que les représentants d’associations. 

tableau 2 chamgements climatiques

Les opportunités découlant des changements climatiques pour les entreprises touristiques québécoises sont principalement liées à deux énoncés :

  • L’hiver globalement moins froid. Parmi les répondants à cet énoncé, un plus grand nombre se disent peu préparés (réponses 1 à 5 sur 10) que très préparés (réponses 8 à 10) à ce changement. Cet écart est particulièrement marqué pour les répondants provenant d’associations.
  • Le prolongement de la saison estivale. La répartition est ici inversée ; une part considérablement plus grande de répondants se dit très préparée. Le prolongement de l’été semble causer moins de souci aux organisations qu’un hiver plus doux. 

Ce qui a une incidence — ou pas — sur le degré de préparation

Des croisements entre différentes variables permettent d’observer une incidence sur le degré de préparation perçu des répondants pour s’adapter aux changements climatiques et profiter des occasions.

En d’autres mots, se sentent mieux préparés :

  • les acteurs qui comptent le moins de jours d’exploitation ;
  • les répondants provenant d’organisations touristiques de plus petite taille, leur agilité leur étant probablement utile ;
  • les représentants d’attraits et d’hébergements, davantage que ceux des associations ;
  • les professionnels ayant l’impression d’être bien informés.

Ce dernier point est particulièrement important et démontre la nécessité de réaliser une veille sur le sujet et d’avoir accès à de l’information valide et pertinente. 

D’autres éléments n’influencent pas le degré de préparation. Ne sont pas mieux préparés — ni moins — que les autres :

  • les acteurs qui perçoivent déjà des effets des changements climatiques (la perception d’impact mentionnée dans le tableau 1) ;
  • ceux qui estiment que les effets seront positifs ;
  • les répondants qui se disent fortement dépendants du climat.

Les années d’expérience n’influencent pas non plus le degré de préparation.

À la clé : l’information  

Les auteurs de cette recherche concluent sur l’importance de développer des outils de communication pour informer les acteurs touristiques sur les risques et les opportunités des changements climatiques. L’accompagnement des PME, mais aussi des grandes entreprises qui se sentent moins bien préparées, est susceptible d’avoir un réel impact sur leur adaptation et leur capacité à saisir les occasions qui se présentent.

 

Source de l’image à la une : Pexels

 

fondsvertCette étude a été réalisée avec la contribution du Fonds vert dans le cadre du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques du gouvernement du Québec.