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Gestion Tourisme durable

Comment mesurer ses pratiques sociales?

Lors du Rendez-vous des festivals, événements et attractions touristiques qui s’est tenu le 9 avril dernier, la SATQ-FEQ a annoncé l’actualisation et la bonification du Modèle d’évaluation des pratiques sociales des festivals et événements (MEPS).

Cet outil standardisé d’autoévaluation, de valorisation et d’amélioration des pratiques sociales se base sur des indices de performance. Ceux-ci se calculent automatiquement autour de douze enjeux relatifs aux pratiques sociales des festivals et des attractions.

 

Les voici :

  1. Gestion responsable ;
  2. Gouvernance participative ;
  3. Épanouissement et qualité de vie du personnel (RH) ;
  4. Qualité de vie de la population et du milieu ;
  5. Épanouissement des visiteurs ;
  6. Participation sociale et reconnaissance du milieu ;
  7. Engagement de l’organisation auprès de sa communauté ;
  8. Accessibilité ;
  9. Identité et mise en valeur culturelle du milieu ;
  10. Promotion de la diversité ;
  11. Créativité et innovation ;
  12. Consommation responsable.

 

La version bonifiée propose plusieurs changements, dont l’ajout et la segmentation de certains indicateurs de performance.

Ce modèle d’évaluation permet l’amélioration continue des entreprises afin de valoriser et de créer des retombées positives dans leur milieu. En prenant conscience des actions déjà en place et des enjeux sociaux, les festivals et les attractions peuvent se donner de nouveaux objectifs et établir des stratégies plus performantes tout en développant des pratiques plus durables.

Les festivals, événements et attraits intéressés par le MEPS peuvent le commander en ligne sur le site de la SATQ-FEQ.

Source de l’image à la une : Pixabay

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Tourisme durable

Quand tout le monde gagne à s’impliquer

Que ce soit les hôtels, les festivals, les musées, les parcs naturels ou les parcs d’attractions, les entreprises touristiques s’impliquent dans leur communauté et deviennent des acteurs socioéconomiques majeurs dans leur région. Au Québec, plusieurs membres de l’industrie s’illustrent par leurs actions. Au-delà des gestes, il s’avère intéressant de s’interroger sur l’origine et les raisons de leur implication. Y a-t-il des défis à surmonter ? Quels sont les impacts ? Le Réseau de veille a discuté avec trois acteurs de l’industrie touristique pour connaître leur expérience sur le sujet.

Le parc régional Montagne du Diable

Le parc régional Montagne du Diable, dans les Laurentides, développe plusieurs projets avec sa communauté. Madame Andréanne Charbonneau, responsable des communications, du marketing et des événements, explique que le parc collabore activement avec deux organismes sociaux de la région, Zone Emploi et Mesures Alternatives. Aussi, le parc travaille avec la commission scolaire et les terrains de jeux des municipalités environnantes pour promouvoir l’accès à la nature et les bonnes habitudes de vie chez les jeunes. Pour son implication, l’organisation a remporté le prix Rayonnement régional lors de la remise des Prix Excellence Plein air 2018 de l’AEQ.

L’engagement : une seconde nature

L’engagement communautaire s’avère bénéfique à tous, tant à l’entreprise qu’à la population. Comme l’explique madame Charbonneau, en collaborant avec Zone Emploi et Mesures Alternatives, le parc accède à une main-d’œuvre pouvant accomplir certaines tâches d’entretien ou de réparation. En retour, plusieurs participants ont réussi à retourner à l’école ou sur le marché du travail.

D’un autre côté, l’organisme sentait le besoin d’éduquer les utilisateurs du parc. En étant sensibilisés à l’environnement et aux bonnes habitudes de vie, les jeunes deviennent des ambassadeurs hors pair pour le parc. Les projets permettent également de répondre à la demande des écoles et des parents pour qu’ils puissent accéder à la nature. Grâce à ses projets, Mme Charbonneau affirme que les jeunes de la région bougent davantage et que plusieurs reviennent au parc avec leurs familles.

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Source : Parc régional Montagne du Diable

 

Les projets amènent certains défis. D’une part, la recherche de financement demande des efforts constants. D’autre part, le parc doit s’adapter aux besoins et à la capacité de cohabitation des divers types de visiteurs et de bénéficiaires des programmes. Toutefois, la réussite motive grandement les employés du parc. Le succès des projets amène également l’entreprise à être davantage reconnue dans la communauté, lui offrant ainsi le support souhaité lors de la création de nouveaux projets.

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Le festival Festivoix

Le Festivoix de Trois-Rivières s’implique de plusieurs façons dans sa communauté. Comme l’explique monsieur Thomas Grégoire, directeur général, l’organisation favorise l’accessibilité à la culture et à la musique. Par exemple, elle propose des concerts gratuits dans cinq centres d’hébergement et de soins de longue durée (voir la photo). Elle se démarque aussi en ce qui a trait à la gestion de ses bénévoles. Grâce à ses projets et à de nombreux autres, l’organisation fut récompensée à de multiples reprises, en recevant notamment un Prix excellence tourisme en 2017 et plusieurs prix Vivats du Conseil québécois des événements écoresponsables .

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Source : Cynic – Festivoix                   

 

Quand la communauté rythme les actions

Travailler avec et pour la communauté, c’est ce qui inspire et guide les actions du Festivoix. C’est un événement qui permet à la population d’assouvir sa soif de culture et son besoin de se regrouper pour vivre quelque chose de positif. En outre, les visiteurs désirent donner de plus en plus un sens à leurs choix d’activités : participer à un festival socialement responsable constitue un aspect qu’ils recherchent davantage.

Pour M. Grégoire, le principal défi consiste à garder en tête les origines du festival et ceux qui bénéficient de leurs actions. L’engagement communautaire requiert du temps afin de bien l’intégrer dans toutes les sphères d’activité de l’organisation. Bien que certains projets amènent des défis logistiques, ces derniers s’oublient rapidement lorsque les yeux des participants s’illuminent.

L’engagement social du festival a un impact direct sur sa notoriété et sa visibilité. La collectivité développe un attachement et un sentiment de fierté se crée autour de l’événement. D’ailleurs, de 70 % à 80 % des bénévoles ainsi que plusieurs commanditaires reviennent chaque année. De plus, la réputation de l’organisation l’amène à participer à d’autres projets dans la région. Cet engagement mobilise énormément son équipe. La réaction des personnes donne un sens aux actions. Comme le rapporte M. Grégoire : « Partager la musique avec des gens qui y ont moins accès, c’est irremplaçable. »

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Village Aventuria

L’engagement communautaire est au cœur de l’ADN du parc thématique Village Aventuria. L’organisme responsable de sa gestion est le Club Parentaide de Beauce-Centre. Cette ressource pour les familles de la région, qui bénéficient de nombreux programmes d’entraide, est menée par son équipe permanente et ses nombreux bénévoles (voir photo). En plus de l’argent reçu par des partenaires et des donateurs, le Village Aventuria fournit une grande partie du financement de l’organisme. Il se démarque par son programme de développement du leadership chez les adolescents. Aventuria a remporté de nombreuses récompenses, notamment les prix Leadership et Coup de cœur du public des Semaines de l’économie sociale, en 2018.

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Source : Village Aventuria

Quand le communautaire et le tourisme font la paire

Avec son programme pour les adolescents, le Village Aventuria a répondu à une demande très forte des écoles de la région. Le directeur général, monsieur Éric Poulin, explique que celles-ci cherchaient des lieux plus proches pour tenir des activités aidant à développer le leadership et l’estime de soi chez les adolescents.

Le principal défi concerne le financement. Les coûts fixes de l’entreprise génèrent une certaine pression sur l’organisme. L’équipe du Village Aventuria a néanmoins réussi à créer un réseau de partenaires, à diversifier ses activités et à développer une visibilité auprès des touristes pour s’assurer une stabilité financière.

Le succès des projets communautaires amène une plus grande motivation dans l’ensemble de l’équipe. Les employés, tant permanents que saisonniers, sont beaucoup plus fidèles et engagés. Comme l’explique M. Poulin : « Les jeunes sont très motivés par les projets, le développement et le rayonnement. » La municipalité en tire également plusieurs bénéfices. En plus d’offrir du soutien aux citoyens de la région, Village Aventuria attire beaucoup de visiteurs, apportant ainsi une nouvelle clientèle aux entreprises locales. De nombreux témoignages des jeunes du secondaire permettent de constater une amélioration de leur estime de soi, une plus grande motivation et une confiance en eux.

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Vous désirez vous impliquer davantage dans votre communauté, mais vous ne savez pas par où commencer. Parmi les intervenants, il y a un conseil qui fait consensus : soyez à l’écoute ! Il est primordial d’interagir avec la communauté et d’être attentif à ses demandes.

Êtes-vous prêt ?

 

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Segments de clientèles

Connaissez-vous les Hirondelles ?

Lors du Congrès excellence tourisme — attractions et événements, qui s’est tenu à Québec les 5 et 6 novembre dernier, Alain Simoneau, directeur adjoint à la sécurité et à la protection des actifs au Groupe CH, a présenté le projet des Hirondelles.

En juin 2017, le Conseil des Montréalaises a déposé un rapport contenant une liste de dix recommandations sur la sécurité des femmes et des jeunes femmes cisgenres et transgenres lors des événements extérieurs, à Montréal.

Avec la collaboration de l’Équipe Spectra, une nouvelle initiative baptisée Hirondelles fut créée. Sa mission : « Sensibiliser, prévenir et agir face aux diverses formes d’agressions et de harcèlement qui peuvent survenir auprès des femmes et des personnes qui auraient besoin d’aide lors de festivals et événements publics. »

Pendant les festivals, des intervenantes spécialisées, notamment en sexologie, accueillent les personnes en situation de vulnérabilité dans un espace non mixte et parcourent le site. Elles reçoivent également une formation du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel de l’Ouest-de-l’Île.

Le premier événement où les intervenantes furent présentes est le Festival international de Jazz. Plusieurs autres ont suivi, notamment les FrancoFolies, Heavy Montréal, Osheaga et ÎleSoniq. La Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal s’est également jointe au projet.

Il s’agit d’une belle initiative pour rendre les villes et les événements publics plus sécuritaires pour les femmes. Qu’en pensez-vous ?

 

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Produits et activités Tendances

Grandes tendances du secteur événementiel

Le Réseau de veille en tourisme collabore depuis plusieurs années avec le ministère du Tourisme du Québec afin de produire le bulletin de veille touristique sur les festivals et événements. Son objectif consiste à informer les intervenants de l’industrie au sujet d’un des produits prioritaires de la Stratégie de mise en valeur du tourisme événementiel au Québec et sur les marchés concurrents. Voici deux grands courants observés dans ce secteur d’activité.

 

L’omniprésence technologique

L’apport des technologies à l’industrie événementielle ne cesse de s’amplifier. Des outils existent pour simplifier des processus de gestion et de communication, mais aussi pour améliorer l’expérience globale du public, avant, pendant et après le festival. Quelles sont les grandes tendances qui ont été observées ces dernières années et qui devraient continuer à évoluer ?

Une plus grande utilisation de l’intelligence artificielle 

Le déploiement de solutions faisant l’usage de l’intelligence artificielle poursuit sa lancée. Les données colligées par divers supports numériques sont désormais sciemment mises à profit.

La connaissance accrue des visiteurs contribue à proposer des offres toujours plus personnalisées. Dans le secteur du divertissement, Netflix et Amazon sont reconnus pour leurs recommandations individualisées de produits. Cette pratique se voit également dans l’événementiel. Par exemple, en considérant ce que les amateurs de musique écoutent, il est possible de leur suggérer des spectacles et des festivals susceptibles de les intéresser. Plusieurs applications basent leur fonctionnement sur des algorithmes qui établissent des ponts avec des bibliothèques musicales numériques, telles que Spotify, et qui ensuite effectuent des recommandations en tenant compte des préférences et de la géolocalisation des utilisateurs, telles que Wyker (lire aussi : Coup d’œil sur la personnalisation). En plus de faciliter la personnalisation, cette modélisation des données permet de mieux connaître les tendances du marché.

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Source : Wyker

L’usage de l’intelligence artificielle contribue également à augmenter l’efficacité de certaines tâches ou fonctions. Par exemple, les agents conversationnels (chatbots) améliorent le service à la clientèle en fournissant une assistance en tout temps et en offrant une expérience fluide aux utilisateurs. En plus de répondre à des demandes simples et courantes, ils sont utiles pour automatiser la gestion des inscriptions et des réservations, guider les participants avant, pendant et après les activités, ainsi que questionner et interagir avec les festivaliers. Bien qu’il leur soit impossible de résoudre des problèmes complexes, les agents conversationnels libèrent les employés des tâches répétitives, ce qui leur donne plus de temps pour en effectuer d’autres qui nécessitent une interaction humaine (lire aussi : Créer un chatbot en 5 étapes).

Une expérience d’achat et de paiement toujours plus fluide

La dématérialisation des devises (cashless payment) gagne aussi du terrain. Certains festivals, tels que Lollapalooza, Coachella Valley Music and Arts Festival et Firefly music festival, l’ont même entièrement adoptée ces dernières années. Les bracelets RFID et le paiement mobile réduisent les sources de stress liées à la perte ou au vol d’argent comptant. Ils permettent aussi aux festivaliers d’attendre moins longtemps en file (lire aussi :
L’avenir du paiement électronique ecashless_festival_rfidn tourisme). Cette méthode de paiement s’avère également avantageuse pour les organisateurs, qui obtiennent des données précieuses sur les achats effectués (combien, quoi, quand, où) et peuvent ainsi améliorer l’expérience commerciale globale. Au Royaume-Uni, les promoteurs du festival Cocoon in the park ont affirmé voir leurs revenus croître de 39 % sur une période de deux ans, entre autres grâce à cette technologie et aux données acquises qui leur ont permis de mieux élaborer leur stratégie de vente.    

 

Source : Festival Insights

L’innovation pour séduire les clientèles et répondre à leurs besoins

Créer des « effets wow », rendre l’ordinaire extraordinaire et se distinguer de la concurrence constituent des objectifs pour de nombreux organisateurs. Les festivaliers sont expérimentés. Ils s’informent et trouvent des idées sur le Web, particulièrement sur les médias sociaux. Ils voyagent sur leurs écrans, mais aussi physiquement, car ils sont bien conscients qu’une expérience ne se télécharge pas (lire aussi : Comment créer une expérience).

Le visiteur au centre de l’expérience

Connaître et bien comprendre les préférences de son public, ses besoins et ses motivations sont essentiels à l’innovation (lire aussi : Innover ou disparaître). Selon le type d’événement et sa situation géographique, la clientèle variera. Voici donc une série d’analyses (veuillez cliquer sur le thème pour lire le contenu) qui présentent : des tendances chez les consommateurs, les voyageurs culturels du Québec, de l’Ontario et des provinces atlantiques, les familles québécoises, les voyageurs LGBTQ, les spécificités des générations Y et Z, les habitudes de voyage des milléniaux, de la génération X et des baby-boomers. Une veille sur ses clientèles est donc essentielle afin de créer une expérience globale qui répondra aux attentes ou les surpassera.

Des festivaliers gourmets et sensibles à l’environnement

Ces deux tendances ne peuvent plus être prises à la légère. L’intégration d’une offre culinaire diversifiée, saine, locale, fraîche et comprenant des solutions de rechange pour les personnes exprimant des besoins spécifiques n’est plus une option. Bien manger s’inscrit parmi les attentes des visiteurs. On assiste aujourd’hui à un éclatement de propositions qui mettent en valeur la gastronomie sous toutes ses formes, au grand plaisir des consommateurs (lire aussi : L’expérience gastronomique dans les festivals).

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Source : We are Waterloo

La conscientisation du public face aux enjeux environnementaux s’intensifie. Sensibilisé depuis plusieurs années, il souhaite aujourd’hui être informé des actions concrètement effectuées par les organisations et savoir de quelle manière il peut, lui aussi, collaborer à la réduction de son empreinte écologique. Bien des festivals répondent à l’appel. C’est le cas du festival les Eurockéennes de Belfort qui, en plus d’être certifié ISO 20121 depuis juillet 2017, a créé son propre label, « Eurocks Solidaires ». Ce dernier constitue un gage de mobilisation sur quatre enjeux sociétaux : la citoyenneté, la culture pour tous, l’environnement et la prévention. Un site Web lui est spécialement consacré afin de promouvoir les initiatives réalisées, d’offrir de l’information pertinente sur les enjeux et de présenter des campagnes de sensibilisation.

Vidéo : Youtube

Une présence accrue de startups dans le paysage événementiel

Des laboratoires d’innovation ainsi que des accélérateurs et incubateurs d’entreprises continuent de voir le jour. Leur présence facilite l’essor et le rayonnement de nombreuses startups qui se spécialisent notamment dans le tourisme et l’événementiel. L’agilité des jeunes pousses est favorable à l’innovation et permet de concevoir des solutions pratiques qui répondent aux besoins des organisations et des consommateurs. Par exemple, dans la cohorte 2018-2019 du MT Lab, Payzpot a développé un système intégré de gestion de files d’attente et de service client. Travailler de pair avec des startups ou même mettre sur pied un programme interne stimulant l’innovation est une avenue de plus en plus convoitée.

Ces tendances témoignent du dynamisme de l’industrie des festivals et des grands événements. Pour demeurer à l’affût de la veille effectuée sur ce thème, le RVT vous encourage à vous abonner aux bulletins du ministère du Tourisme.

 

Source image à la une : Pexels.com

 

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Marketing

3 étapes clés pour créer son programme de commandite

Mais tout d’abord, qu’est-ce que la commandite ? Il s’agit d’une source de financement pour toutes sortes d’événements qui reçoivent une certaine somme d’argent ou d’incitations d’une organisation en échange d’une visibilité. Le mot clé ici est visibilité. Pour le commanditaire, c’est un outil de marketing efficace et puissant pour accroître et renforcer la notoriété de sa marque sur des marchés de niche ciblés. Plus encore, c’est l’occasion de créer des liens profonds et durables avec les participants. Voilà pourquoi de nos jours, on parle plus de partenariat que de commandite. Ce petit guide sans prétention présente les principales étapes pour parvenir à ses fins.

1. Connaître ses participants

La première étape du processus consiste à collecter suffisamment de renseignements sur vos participants.

La première étape du processus de recherche de commanditaires consiste à collecter suffisamment de renseignements sur vos participants : leur nombre, leur titre professionnel, le nom de leur entreprise, leurs profils démographique et même psychographique (loisirs, habitudes d’achat, destinations de voyage, etc.). La liste des délégués constitue souvent la première chose que le commanditaire regarde lors de l’évaluation d’une possibilité de commandite pour un congrès ou une conférence. S’il est convaincu d’être en mesure d’atteindre son public cible, il sera plus enclin à parrainer l’événement.

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Source : Wendy Wei, Pexels 

Plus vous segmentez votre public, mieux vous serez préparé à gagner le cœur des commanditaires.

Google Analytics permet de recueillir facilement des données démographiques de base. Vous pouvez ensuite combiner ces renseignements à ceux de votre système de billetterie et d’enregistrement à l’aide d’une plateforme de gestion de données. Pour raffiner votre connaissance et compléter cette première analyse, la meilleure méthode consiste à réaliser un sondage. Lorsque vous aurez amassé un nombre substantiel de données sur chacun de vos participants, tentez de découvrir des traits communs et des caractéristiques qu’ils partagent (au moins trois ou quatre). Les commanditaires segmentent leur clientèle, ils attendent le même niveau de détail de votre part. 

Plus vous segmentez votre public, mieux vous serez préparé à gagner le cœur des commanditaires.

2. Créer des occasions de commandites

La prochaine étape consiste à déterminer comment les commanditaires interagiront avec vos participants. Quelles actions leur offrent la visibilité souhaitée ? En voici quelques exemples :

  • installer une bannière ou un kiosque lors de l’événement ;
  • offrir de la publicité dans les documents imprimés tels que le programme et sur votre site Web ;
  • proposer une présence sur l’application mobile ;
  • promettre des laissez-passer, un accès prioritaire (VIP) aux réceptions, ou des entrevues exclusives ;
  • offrir la possibilité de prendre la parole lors d’une conférence ;
  • créer des animations ou des activités qui marqueront l’esprit du participant (activation de la marque) ;

Estimer la valeur de ses atouts

Réunissez votre équipe pour une séance de remue-méninges et jetez un coup d’œil sur la concurrence pour trouver des idées auxquelles vous n’aviez pas pensé. Au fur et à mesure que vous avancez dans cette étape, créez un tableau de bord dans lequel vous inscrirez une liste de vos atouts dans une colonne et leur attribuerez une valeur dans l’autre. Que croyez-vous qu’un commanditaire serait prêt à payer pour chacun des éléments de votre grille ? Rappelez-vous que vous êtes en concurrence avec d’autres méthodes publicitaires. Les commanditaires potentiels investissent quotidiennement dans la publicité et le marketing. Ils connaissent exactement la valeur d’un envoi de courriels ou d’un placement de logo. Est-il possible de promettre plus de valeur ? Oui. Par exemple, si vous savez que la majorité de vos participants sont des décideurs, votre proposition pourrait devenir plus attrayante. Ainsi, pour maximiser vos revenus de commandite, vous devez trouver la zone idéale entre le coût réel de chaque atout et sa valeur perçue par le parraineur. Bien sûr, celle-ci peut s’avérer difficile à évaluer, mais en analysant la concurrence, ce qu’elle offre et à quel prix, il est possible d’établir un montant initial.

Opter pour des forfaits personnalisés

La liste des atouts et leur évaluation constituent une base de travail pour rencontrer des commanditaires potentiels. À ce stade-ci, plusieurs entreprises sont tentées de regrouper les divers éléments de la grille en niveaux : or, argent ou platine, par exemple. La plupart des experts croient qu’il s’agit d’un bon point de départ, mais ils sont tous d’accord pour dire que les forfaits personnalisés sont indispensables. Il faut offrir la liberté aux parraineurs de choisir ce qui leur convient le mieux. Énumérez vos options par type — image de marque, visibilité sur les lieux, échantillons, etc. — pour aider les commanditaires à comprendre rapidement la valeur potentielle de chaque proposition.

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Source : Unsplash, Maxime Bhm

3. Sélectionner et contacter des commanditaires potentiels

Trouver les partenaires parfaits constitue une étape cruciale pour assurer une expérience mémorable à ses participants. Un programme de parrainage réussi commence par une liste de prospects bien documentée. Pour l’établir, vous pouvez visiter le site Web d’événements semblables aux vôtres pour y découvrir les entreprises qui les ont parrainés, ou mieux encore, y assister pour y rencontrer les commanditaires présents. C’est une excellente astuce pour dénicher des idées d’éléments à proposer aux commanditaires. Regardez aussi du côté de leurs concurrents. Peut-être souhaiteraient-ils parrainer votre événement ? En tant qu’organisateur, vous devez en apprendre autant que possible sur les organisations auxquelles vous désirez vous associer. Bien connaître leurs publics cibles et leurs valeurs, comprendre leur mission et leurs objectifs sont autant d’actions qui vous placent en bonne position pour leur offrir un partenariat qui corresponde à leurs intérêts. Après avoir identifié les meilleurs prospects, il importe de s’adresser aux décideurs pour leur présenter votre proposition de commandite et il vaut mieux le faire en personne.

À la fin de l’événement, communiquer les gains et les pertes à ses parraineurs constitue une partie essentielle de la relation, affirment les experts : statistiques de fréquentation, photos, mentions sur les médias sociaux, nombre d’impressions et engagement avec leur marque, etc. Si vos commanditaires sont satisfaits de leur partenariat, demandez-leur de renouveler leur participation pour la prochaine année (si votre événement est récurrent).

Vous avez d’autres idées ou façons de faire ? Partagez-les avec vos collègues de l’industrie.

 

Source de l’image à la Une : Pexels

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Segments de clientèles

Intérêt des voyageurs pour les activités culturelles

Le tourisme culturel regroupe une offre non seulement vaste et riche, mais aussi grandement diversifiée. Il est difficile de dresser un portrait de la clientèle puisque de nombreux secteurs sont impliqués. Le présent exercice expose des données qui dressent un portrait partiel, mais apportant néanmoins quelques lumières. Bonne nouvelle : les activités culturelles intéressent tous les segments d’âge, les hommes autant que les femmes ainsi que les communautés culturelles québécoises.

Les données analysées proviennent d’un sondage annuel administré mensuellement par Vividata. Le nombre total de répondants s’élève à plus de 9000 Québécois âgés de 12 ans et plus, 15 700 Ontariens et 3300 répondants des provinces atlantiques. Cette analyse présente les réponses liées à la fréquentation de lieux culturels en tant que loisir et la participation à certaines activités dans le cadre d’un voyage de vacances, toutes destinations confondues.

La culture en tant que loisir

Théâtre et musée se classent en premier : environ un Québécois sur cinq a fréquenté ces lieux 

Avant d’aborder la pratique d’activités lors de voyage, le graphique suivant illustre la proportion de la population du Québec, de l’Ontario et des provinces atlantiques ayant participé à l’une ou l’autre des activités culturelles suivantes. Théâtre et musée se classent en premier : environ un Québécois sur cinq a fréquenté ces lieux sur une période d’un an. L’opéra, le jazz et le ballet rejoignent des niches plus pointues de la population. Les Ontariens et les résidents des maritimes fréquentent le théâtre, les musées et les galeries d’art dans des proportions supérieures aux Québécois.

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Cette fréquentation varie selon l’âge du répondant. Dans le graphique 2, la répartition de la population québécoise par groupe d’âge pour chacune des activités est comparée à celle de l’ensemble de la population (colonne de gauche). Les principales surreprésentations sont les suivantes :

  • Les 18 à 24 ans pour les concerts de rock
  • Le ballet rejoint une proportion assez importante de jeunes
  • L’opéra et les concerts de musique classique intéressent des clientèles plus âgées
  • Intérêt plus marqué des 50 à 64 ans pour toutes les activités

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Profil des touristes d’agrément ayant pratiqué une activité culturelle

Environ 22 à 23 % des Québécois ont participé à un événement culturel ou visité un musée ou une galerie d’art lors d’un voyage effectué dans les 12 mois précédant l’enquête. Il s’agit d’activités populaires, se classant juste après la plage, les visites touristiques et le magasinage. Ces proportions sont semblables pour les résidents des provinces atlantiques, alors que les Ontariens ont participé à des événements culturels dans une moindre mesure (18 %).

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Au Québec, tous les segments d’âge, sans variance importante, pratiquent ces deux activités. Notons néanmoins un intérêt plus marqué chez les voyageurs de 65 ans et plus, contrairement aux jeunes de 12 à 17 ans.

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Comparativement à l’ensemble des voyageurs masculins, une proportion un peu plus importante d’hommes québécois (49 % versus 46 % des répondants) pratique des activités culturelles lors de voyages. Chez les femmes, cet écart est inversé (51 % versus 54 %). L’intérêt pour ces activités ne semble pas influencé par le fait que l’on soit né au Canada ou à l’extérieur du pays.

Les voyageurs en solo présentent un intérêt plus marqué pour les activités culturelles et la visite de musée ou de galerie d’art. À l’inverse les ménages comptant trois personnes ou plus ou encore des enfants sont légèrement sous-représentés par rapport à l’ensemble des voyageurs. 

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Ne plus aborder le tourisme culturel comme un produit de niche est la première étape à franchir. Plusieurs l’ont bien compris. La suite consiste à intégrer efficacement les expériences dans l’offre globale de la destination, peu importe le segment de clientèle à laquelle on s’adresse.

 

Source de l’image à la une : Infographie du Réseau de veille à partir des données de Vividata

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Produits et activités

L’expérience gastronomique dans les festivals

Le volet culinaire des festivals et événements est maintenant reconnu comme une source de valeur ajoutée pour les visiteurs et une occasion d’augmenter les revenus. Il s’exprime sous différentes formes — restaurants éphémères, expériences gastronomiques, boissons artisanales, stations de dégustation — et s’arrime à plusieurs tendances. De leur côté, les festivaliers recherchent des expériences et de l’authenticité tout en étant toujours plus exigeants quant à leurs goûts et préférences.

 

Santé et bien-être

Les consommateurs d’aujourd’hui sont plus soucieux de leur santé, ils n’abandonnent pas leurs saines habitudes de vie le temps d’un voyage ou d’un festival. Plusieurs festivals tirent avantage de cette tendance ; le festival de musique Way Out West, à Göteborg en Suède propose uniquement des options végétariennes et biologiques depuis 2012. Ce choix a permis de réduire de 80% les émissions de CO2 liées à l’offre alimentaire du festival.

Au pied du Stade olympique, les installations estivales Les jardineries proposent un potager d’agriculture urbaine, un lieu de diffusion et un espace de restauration. Tout le menu est végétarien.

gastronomie_festival_pepiniere Source : La Pépinière – Espaces collectifs, crédit photo : Steven Porotto

L’activité physique contribue au bien-être. En France, la SlowUp de la Route des Vins d’Alsace consiste en une journée festive, sportive et gourmande. L’événement, qui combine élégamment cyclotourisme, œnologie et gastronomie locale, remporte un succès grandissant.

Vert, durable et éthique

Les consommateurs sont de plus en plus sensibles à une alimentation respectueuse de l’environnement, responsable et éthique. Ils sont vigilants quant à l’approvisionnement de proximité et la traçabilité des produits.

Les principes de développement durable font partie intégrante du Festival en chanson de Petite-Vallée, en Gaspésie. Cela se reflète dans son offre culinaire : il met les produits régionaux en valeur, a son propre potager, gère efficacement le gaspillage alimentaire, propose des repas équilibrés gratuitement aux personnes dans le besoin.

Le festival de Glastonbury, au Royaume-Uni, regroupe 135 000 participants sur un site de 900 acres et engage certaines actions environnementales en lien avec sa restauration : panneaux solaires pour alimenter les cafés et les kiosques, bouteilles de plastique interdites, vaisselle compostable, recyclage et compostage.

Chapeau également au Festibière de Gatineau qui a introduit la vaisselle lavable en 2016 pour les concessions alimentaires de son site.

Ethnique, locale ou originale

Les événements où la restauration se dédie aux spécialités régionales se multiplient et constituent une excellente occasion de faire découvrir les talents gastronomiques et les produits locaux.

Un des principaux attraits du Sapporo Snow Festival au Japon est le Hokkaido Food Plaza qui sert des mets typiques ainsi que des plats hors du commun. La cuisine de Chicago est à l’honneur à l’espace Chow Town du célèbre Lollapalooza qui se tient dans ladite ville.

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Source : Lollapalooza

Les grands classiques sont revisités et revampés. La poutine a son festival à Drummondville et sa semaine au Québec. À San Diego, les restaurants se livrent à une compétition du meilleur mac n’cheese.

D’un autre côté, les saveurs exotiques ajoutent une touche d’originalité et de dépaysement à l’offre culinaire. Tacos, cuisine chinoise, raclette, burritos péruviens, poutine au poulet tikka, ramen et plusieurs mets se dégustaient à l’édition 2017 du festival Coachella en Californie.

Le Stampede de Calgary mise plutôt sur l’originalité, comme l’illustre l’image ci-dessous.

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Source : Calgary Stampede

Apprentissage

Le festival de films Cuisine, Cinéma & Confidences se veut une ode à l’art culinaire et à ses artisans en offrant des projections jumelées à des repas gastronomiques. L’événement se tient à l’hôtel Le Germain de Charlevoix et inclut aussi un concours du meilleur sucre à la crème et des ateliers de cuisine avec des chefs.

La cuisine médiévale est à l’honneur au Festival du Château gourmand à Brest, en France. On y propose notamment des ateliers familiaux sur le pliage de serviette, la fabrication du pain, l’art de la table au moyen-âge et des cours de cuisine.

Technos et médias sociaux

Les gestionnaires événementiels utilisent de plus en plus des applications mobiles ou les médias sociaux pour mousser l’expérience culinaire. Dans plusieurs festivals, le paiement des boissons et de la nourriture se fait désormais par bracelet RFID. Comme d’autres, le festival de la bière de Borefts, dans la ville de Bodegraven aux Pays-Bas, propose une application qui fournit des informations générales, la liste des brasseurs, la liste de bières et la carte du site. Il est possible de l’utiliser hors-ligne.

Durant MTL à Table, les foodies pouvaient partager une photo d’un plat sur Instagram avec le mot clic de l’événement (#mtlatable) pour courir la chance de gagner un chèque cadeau.

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Source : Unsplash

Ceux qui en font une vocation

Lorsque la gastronomie est la thématique première d’un événement, il va sans dire que l’offre est riche et diversifiée. Voici quelques initiatives originales observées :

Au Westport Festival of Music and Food (Irlande) on propose des circuits dans les distilleries des alentours, des sorties pour pêcher son propre repas (partenariat d’un restaurant et d’une entreprise d’excursions de pêche), la cueillette de champignons et d’algues, etc.

Le Copehnagen Cooking Festival a un mode de gestion open source qui permet aux restaurants, aux professionnels de l’alimentation et aux autres parties intéressées de contribuer à l’événement. Un artiste culinaire et un artiste de l’art de la scène s’unissent pour élaborer un repas de 12 services interactifs liant la gastronomie et l’expérience théâtrale. L’événement inclut également une compétition culinaire pour les enfants, un restaurant pop up à l’aéroport dans le cadre du festival et une application mobile permettant de personnaliser l’expérience.

Au Melbourne Food and Wine Festival, cafés, bars à vin et restaurants ont installé la technologie des beacons afin d’envoyer des alertes personnalisées aux visiteurs selon leur géolocalisation. Ces derniers peuvent relever de petits défis pour gagner des expériences exclusives. Enfin, un livre compile une collection de recettes créées lors des 20 dernières éditions de ce festival.

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Source : Melbourne Food and Wine Festival

Vers une qualité exemplaire

L’offre alimentaire des festivals s’est bien développée au cours des dernières années, mais il reste encore beaucoup de place à l’amélioration. Voici cinq enjeux de valorisation dans une perspective touristique :

  1. Améliorer la qualité des produits et s’approvisionner davantage localement ;
  2. Intégrer les nouvelles tendances alimentaires (bio, sans gluten, végétarien, etc.) ;
  3. Proposer de nouvelles offres et expériences ;
  4. Développer des offres identitaires aptes à servir de vitrines pour l’événement ;
  5. Établir des partenariats en respect avec les valeurs de l’événement.

Source de l’image à la une : Pexels

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Gestion

L’offre culturelle peut-elle s’exporter ?

L’offre culturelle d’une ville participe à son attractivité touristique, qu’elle soit liée aux arts de la scène ou aux musées. Certains produits suscitent un tel engouement de la part des visiteurs et des résidents que les gestionnaires de ces attraits ou d’autres villes y voient un potentiel d’exportation. Ils tentent alors de reproduire le concept et espèrent remporter le même succès. Mais quels sont les facteurs de succès d’une telle opération ?

 

L’effet Bilbao

Cette démarche, ayant porté ses fruits à plusieurs reprises, aspire à créer « l’effet Bilbao » ou « l’effet Guggenheim », qui font référence au musée d’art contemporain Guggenheim construit il y a 20 ans dans cette ville espagnole. À l’époque, le gouvernement local qui s’était lancé dans une stratégie globale de revitalisation de la région avait convaincu la fondation américaine du même nom d’ouvrir un musée dans cette ville. Avec près d’un million de visiteurs chaque année, l’institution muséale a contribué à faire de Bilbao une véritable destination touristique.

Guggenheim-Bilbao Source : Guggenheim Bilbao

Ce phénomène suppose ainsi qu’une «  franchise  » d’une institution culturelle de renommée internationale peut apporter un dynamisme et une attractivité à la ville hôte. Mais la reproduction de modèles existants ne garantit pas que les résultats seront les mêmes. Plusieurs autres facteurs interviennent dans la réussite de ces projets.

Les limites des modèles dupliqués

Si l’ouverture d’une nouvelle version d’un musée renommé est alléchante pour une destination, reproduire un festival populaire l’est aussi. Le réputé festival belge Tomorrowland a étendu son concept à six destinations en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. Mais le succès n’était pas garanti, comme le démontre l’annulation de deux de ses répliques après seulement une édition ; celles d’Atlanta aux États-Unis et de Sao Paulo au Brésil. La première en raison d’une mauvaise organisation menant à la faillite de l’organisme responsable du festival, et la deuxième à cause du contexte économique du pays.

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Source : Tomorrowland

Interrogé à ce sujet, Paul Arseneault, directeur du Réseau de veille en tourisme, constate que les cas d’exportation de festivals qui fonctionnent sont rares ; ils n’atteignent que rarement la popularité du modèle original. Il mentionne les exemples de North by Northeast à Toronto, inspiré de South by Southwest au Texas ou encore de Luminato à Toronto, bâti sur le modèle de Montréal en Lumière.

South by Southwest, festival de musique, de cinéma et de médias interactifs, a acquis au cours de ses 23 années d’existence une notoriété planétaire, son impact économique est considérable pour la ville. Les autres localités qui ont reproduit le modèle ne sont jamais parvenues à un succès équivalent. Selon Euromonitor, cela s’explique par le fait que SXSW est unique à Austin, qu’il est devenu un exemple de réussite grâce à l’implication des gens du milieu et de leur vision à long terme.

Copier, non, adapter, oui !

« On ne doit pas exporter une pâle copie d’un produit qui fonctionne, mais plutôt l’adapter à la réalité de la ville hôte » 

Les gestionnaires des destinations doivent être conscients que de franchiser la culture et d’internationaliser un modèle unique peut nuire à la culture locale. Selon M. Arseneault, on ne doit pas exporter une pâle copie d’un produit qui fonctionne, mais plutôt l’adapter à la réalité de la ville hôte en y ajoutant une touche locale et en créant une mise en scène inspirée de l’histoire du lieu. C’est d’après lui l’une des raisons pour lesquelles les déclinaisons de Foresta Lumina à travers le Québec et la venue des Géants de la troupe française Royal de Luxe à Montréal, ont si bien fonctionné. Enfin, un projet doit se développer en étant à l’écoute du milieu pour faire en sorte que celui-ci y adhère et se l’approprie.

les-geants-mtl Source : Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal

Exporter le savoir faire québécois 

Des avenues telles que le partage d’une expertise propre à une entreprise ou à une destination peuvent être envisagées

Quoique « l’exportation de la culture » ait ses limites, des avenues telles que le partage d’une expertise propre à une entreprise ou à une destination peuvent être envisagées. Dans le domaine culturel, le Québec a développé un savoir-faire technique et artistique unique. C’est la raison pour laquelle Alexandre Taillefer, personnalité bien connue du monde des affaires au Québec, a créé en 2016 le collectif Mishmash. Ce regroupement d’entreprises des secteurs de la culture, des médias et du divertissement oeuvre à faire rayonner la créativité québécoise à l’échelle internationale. Avec un investissement de base se chiffrant entre 15 et 20 millions de dollars, Mishmash servira de levier pour ses membres qui souhaiteront mener des projets à l’étranger. Le collectif les accompagnera en leur offrant conseils et ressources en matière de financement, de marketing et d’exportation.

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Source : Mishmash

Ce type d’initiative est encouragé par le gouvernement québécois qui, dans le cadre de la Stratégie québécoise de l’exportation 2016-2020, favorise et soutient le déploiement international de l’industrie culturelle québécoise.

 

Le concept de modèle unique reproductible semble utopique. Il suffit de constater les limites de l’hôtellerie standardisée. Il est essentiel de donner une empreinte locale aux répliques pour ainsi offrir une expérience qui reflète l’image de la destination hôte.

Source de l’image à la une : © Guggenheim Bilbao

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Produits et activités

Dynamiser les territoires ruraux grâce aux festivals culturels

Sur le site de Québec Original, parmi les festivals et les événements répertoriés, seuls 26 % se tiennent dans les régions éloignées. Pourtant, ils deviennent souvent des vecteurs de développement économique et social pour ces villes et ces régions rurales. Voici trois exemples de festivals en France et au Québec qui ont fait rayonner leur communauté en mettant la culture à l’honneur.

 

 

 

Transformer une petite municipalité en un festival

La Gacilly est une municipalité de 4000 habitants située en Bretagne, en France. La ville a célèbré cette année la 14e édition du Festival Photo La Gacilly, qui est devenu au fil des ans le plus grand festival de photo en plein air du pays. Entre juin et septembre, près de 400 000 visiteurs étaient attendus pour contempler le travail de photographes internationaux de renom, issus du monde de l’art et du photojournalisme. Chaque année, une région du monde est sous le feu des projecteurs et représentée sous un angle humaniste et écologique. Les œuvres sont mises en scène dans les rues, sur les maisons, sur les bâtiments et dans les boisés de la ville.

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Source : © Festival Photo La Gacilly

L’implication des résidents est indissociable de la réussite de l’événement

L’événement géré par une association financée par des organismes publics et des entreprises privées locales offre une programmation entièrement gratuite. Cette année, il s’étend à deux autres communes où se sont tenues deux expositions. La durée et l’omniprésence dans la ville du festival exigent l’implication des résidents puisqu’ils sont indissociables de la réussite de l’événement. Les commerçants et les restaurateurs sont mis à contribution pour la logistique, et cette année des artistes locaux ont créé des œuvres pour l’occasion, dont une exposition photo mettant en vedette les habitants (voir les deux photos ci-dessous).

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Source : © Ed Alcock – CDT 56/Agence Myop pour Le Festival Photo La Gacilly 2017

Selon Auguste Coudray, président du festival, les résidents veulent de plus en plus s’impliquer et mettre à profit leur savoir-faire. Il est également ravi de constater que cet événement culturel crée des emplois saisonniers et contribue au rayonnement du territoire. L’impact touristique dépasse les frontières de la région puisque selon une étude de 2012, un tiers des visiteurs provient de l’extérieur de la Bretagne et un autre tiers de l’étranger.

Créer des liens entre villages de montagne

Le principe d’itinérance permet à des villages plus isolés d’être les hôtes de cet événement

L’Espace culturel de Chaillol en France organise depuis plus de 20 ans le festival de Chaillol dans une trentaine de municipalités de moins de 10 000 habitants des Hautes-Alpes. Le principe d’itinérance permet à des villages plus isolés d’être les hôtes de cet événement dédié à la musique et d’attirer des visiteurs. Au fil des années, plusieurs villes ont démontré leur intérêt à y participer, permettant ainsi à l’événement d’étaler sa présence sur le territoire. Ce festival se tient un mois durant l’été et valorise le patrimoine puisque les concerts, les rencontres, les débats et les cafés littéraires ont lieu dans des églises, des chapelles et des châteaux.

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Source : Facebook/Festival de Chaillol © Alexandre Chevillard

Le festival et les petites municipalités, qui ont parfois moins de compétences et de capacité financière pour créer une offre culturelle de qualité, mutualisent leurs moyens. Diverses parties prenantes de chaque ville participante prêtent main-forte à l’Espace culturel. Les collectivités territoriales et diverses associations collaborent à l’organisation et à la programmation, et les entreprises de la région commanditent l’événement. Afin de soutenir sa démarche écoresponsable, le festival priorise l’achat local, que ce soit pour la restauration des artistes et des organisateurs, pour les cadeaux des artistes ou pour les boissons offertes aux participants.

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Source : Festival de Chaillol

En 2016, 57 concerts avec 87 artistes dans 32 municipalités ont eu lieu, attirant près de 7000 spectateurs. Cette édition a nécessité un budget de 410 000 euros (l’équivalent de 595 000 dollars canadiens). Depuis 2009, le concept du festival s’est étendu au-delà de la saison estivale avec les Week-ends musicaux. De janvier à juin, quatre concerts sont présentés dans quatre municipalités de quatre vallées de la région, pendant quatre jours à la fin de chaque mois. La singularité du festival de Chaillot tient à son nomadisme et à sa capacité de dynamiser et de rallier un large territoire rural. « Aller à la rencontre plutôt que faire venir », voilà l’objectif des organisateurs.

Transmettre des valeurs ancestrales dans le cadre d’un festival

Mashteuiatsh, la seule communauté innue du Saguenay–Lac-Saint-Jean, a créé le Festival de contes et légendes Atalukan en 2011. Depuis, sept autres localités se sont ralliées à l’événement et accueillent des activités durant une semaine au mois d’août. Les conteurs invités et locaux transmettent les croyances de ce peuple des Premières Nations dans plusieurs lieux, essentiellement au camping Plage Robertson de Mashteuiatsh, mais aussi dans une microbrasserie, un musée, un couvent, un café et une place publique. L’année dernière, le coup d’envoi du festival fut donné par une balade contée en canot sur le lac Saint-Jean, activité qui a attiré les journalistes de la région, garantissant des retombées médiatiques non négligeables.

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Source : Facebook/Festival de contes et légendes Atalukan

Ce festival permet l’échange et le partage de traditions orales d’une communauté culturelle

Ouvert tant aux autochtones qu’aux visiteurs d’ailleurs, le festival a accueilli près de 2500 personnes en 2016, soit le double de l’année précédente. Les commanditaires de l’événement sont avant tout des organisations locales, telles que le Conseil de bande de la Première Nation et la caisse populaire Desjardins du Pekuakami, le camping Plage Robertson, mais il compte aussi sur l’aide financière du Conseil des arts du Canada. Ce festival permet l’échange et le partage de traditions orales d’une communauté culturelle en situation minoritaire, tout en facilitant sa mise en valeur et son rayonnement.

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Source : Facebook/Festival de contes et légendes Atalukan

Principal facteur de réussite

Ces festivals sont nés sous l’impulsion de la communauté locale et doivent leur succès à la collaboration entre les municipalités, les associations, les commerces, les entreprises, les attraits touristiques et les citoyens. Tous bénéficient des retombées de ces événements qui permettent de faire rayonner leur territoire, tout en valorisant la culture.

 

Source de l’image à la une : © Dominique Rolland — Festival Photo La Gacilly

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Produits et activités

Profil des touristes culinaires

World Food Travel Association (WFTA) a mené une enquête de février à avril 2016 auprès de 2527 voyageurs d’agrément résidant dans dix pays différents pour mieux comprendre le paysage du tourisme culinaire et le profil de ses adhérents. Ces pays sont l’Australie, la Chine, la France, l’Allemagne, l’Inde, l’Irlande, le Mexique, l’Espagne, le Royaume-Uni et les États-Unis. Les résultats permettent de tirer plusieurs observations, mais ne sont néanmoins pas représentatifs de la population mondiale (voir la note méthodologique au bas de cette analyse).

La WFTA définit les touristes culinaires ainsi : des touristes d’agrément ayant d’une part participé à des expériences uniques et mémorables liées à la nourriture ou aux boissons lors d’un récent voyage et pour qui d’autre part, ces activités sont une motivation principale dans le choix d’une destination. Quelque 49 % des répondants sondés correspondent à cette définition.

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Bien que la plupart des voyageurs d’agrément participent à des activités gourmandes, les touristes culinaires se distinguent également par les caractéristiques suivantes :

  • Plus enclins à dépenser pour des activités culinaires ;
  • Participent à une plus grande variété d’activités en général, notamment le magasinage, la vie nocturne, les festivals et les événements sportifs ;
  • Réalisent plus de voyages ;
  • Les touristes culinaires américains dépensent quotidiennement 123 dollars américains, en comparaison à 80 dollars pour les autres répondants. Ces gourmets déboursent environ 48 % de plus par voyage que les autres voyageurs d’agrément.
  • La génération X et les milléniaux peuvent être définis comme des touristes culinaires dans une plus grande proportion que les baby-boomers (52 % versus 42 %) et sont davantage « engagés  » : ils participent à plus d’activités gourmandes et estiment que la gastronomie est particulièrement importante lors de leurs voyages.

Activités culinaires : multiples et répétées

Les sorties mémorables au restaurant représentent les principales activités culinaires pratiquées. Souvent en milieu urbain, les camions de cuisine de rue ou les kiosques sont aussi populaires, particulièrement auprès des touristes culinaires. Il est cependant intéressant de noter que les activités plutôt rurales, telles que la visite de marchés fermiers, de foires agricoles, de fermes ou de vergers ainsi que de vignobles ou routes des vins sont aussi des activités prisées.

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Le nombre moyen de types d’activités culinaires auxquelles les répondants ont participé est de 3,8. Celles-ci peuvent avoir été pratiquées plus d’une fois. Quelque 44 % des touristes culinaires ont pratiqué cinq activités ou plus au cours des deux dernières années.

Autres informations concernant les activités :

  • Près des trois quarts (71 %) des touristes d’agrément ont fréquenté un restaurant servant une cuisine locale ou régionale ;
  • Pendant leurs voyages, 70 % des voyageurs ont acheté des produits culinaires ou des boissons qu’ils ont rapportés chez eux.

Facteurs de motivation

Les activités culinaires les plus susceptibles de motiver un voyage sont les dégustations de produits locaux, la visite d’un restaurant célèbre, la participation à un festival culinaire, de bière ou de vin ou encore à un tour guidé.

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Outre ces activités, les sources d’information ayant le plus contribué à motiver la visite d’une destination, d’un restaurant ou d’une attraction culinaire sont les amis (71 %), les sites de commentaires (51 %), les émissions télévisées sur la gastronomie (46 %), les magazines ou journaux (46 %) et les partages à propos de nourriture ou de boissons sur les médias sociaux (43 %).

Engagés et informés

Les touristes culinaires sont plus « engagés  » sur les médias sociaux et enclins à partager leurs expériences.

  • Les trois quarts (74 %) d’entre eux prennent des photos de plats et de nourriture, durant au moins la moitié de leur voyage (60 % pour l’ensemble des répondants) ;
  • La même proportion (74 %) partage ses expériences de voyages sur les médias sociaux pour au moins la moitié de leur voyage (voyageurs d’agrément, 61 %).

Les touristes culinaires s’informent et cherchent des recommandations dans des proportions plus importantes que l’ensemble des répondants.

  • Consultation de sites de commentaires (78 % versus 67 %);
  • Information auprès des concierges et des employés d’hôtel (76 % versus 66 %);
  • Recommandations d’amis, de la famille ou de collègues (89 % versus 81 %).

Un intérêt qui prend de l’ampleur

La culture du tourisme culinaire grandit. Chez l’ensemble des répondants (tous les touristes d’agrément), 59 % affirment que la nourriture et les boissons sont plus importantes lors de voyages qu’il y a cinq ans. Cette proportion est de 73 % pour le segment des voyageurs gourmands. À cette question, on note des écarts significatifs selon le pays d’origine : 90 % des répondants chinois, 80 % des Indiens et 74 % des Mexicains considèrent les activités culinaires plus importantes qu’il y a cinq ans.

Les expériences gourmandes sont également importantes lors de voyages d’affaires pour 60 % de l’ensemble des répondants et 75 % des voyageurs culinaires. Les Chinois, les Indiens, les Mexicains, les Espagnols et les Américains y accordent une importance plus grande que les autres marchés de l’étude.

Le tourisme gourmand n’est plus une niche au Québec non plus (lire : Le tourisme gourmand au Québec prend du galon) et l’avenir semble très prometteur. Votre table est-elle mise pour bien les attirer et les satisfaire ?

note_methodologique_tourisme_culinaireSource de l’image à la une : Pexels.com