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Tendances Tourisme durable

Le tourisme durable… enfin?

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les sept tendances qui continueront de rythmer l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.

Une demande en hausse

La demande pour des destinations et des pratiques durables est en hausse constante. Selon un sondage de la plateforme de réservation en ligne Booking.com, cette tendance s’observe chez les voyageurs (87 %), qui expriment leur désir de voyager de façon durable et qui mentionnent (72 %) qu’il faut agir maintenant, ce qui est particulièrement vrai pour ceux âgés de 46 à 55 ans et pour les millénariaux. Toujours selon cette étude, ceux qui s’engagent à voyager de façon durable le font non seulement par principe, mais aussi pour ajouter une expérience positive à leurs vacances. Parmi les activités privilégiées, on trouve :

  • Acheter des produits locaux (53 %);
  • Utiliser un transport collectif plutôt qu’un taxi (52 %);
  • Dénicher un restaurant qui n’utilise que des produits locaux (41 %);
  • Sortir des sentiers trop touristiques (40 %);
  • Choisir un hébergement unique et certifié écoresponsable (30 %).

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Source : Clouzote

Selon un sondage de la Chaire de tourisme Transat, 70 % des voyageurs québécois disent adopter des pratiques responsables durant leur voyage (recyclage, compostage, encouragement de l’économie locale), alors que trois voyageurs sur cinq considèrent qu’il est très important de compenser les émissions de dioxyde de carbone de leur voyage.

Le rôle des destinations touristiques

À ce jour, les plans d’action des organisations régionales et gouvernementales responsables du secteur touristique sont encore loin de jouer un rôle de leadership en développement durable auprès des intervenants touristiques. Souvent, leurs plans stratégiques en font à peine mention.

Pourtant, l’une des responsabilités des destinations touristiques est et sera de sensibiliser leur écosystème touristique à la question et de lui proposer des solutions durables pratico-pratiques. L’OGD devra, par le fait même, se montrer exemplaire en cette matière et proposer des circuits écoresponsables ou des choix verts.

Une autre responsabilité des destinations touristiques est d’informer le touriste et de lui proposer des prestations durables. Certaines destinations comme l’Islande, la Finlande et Palaos ont choisi d’inviter les voyageurs à signer un « serment écologique ». Celui de l’Islande se décline en huit principes essentiels, composés sur un ton humoristique.

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Source : Inspired by Iceland

Le rôle des entreprises touristiques

Outre la responsabilité environnementale qui prend de plus en plus d’importance, la responsabilité sociale et la solidarité économique sont aussi des champs d’intervention des organisations touristiques.

Il y a deux ans, Airbnb a lancé le Community Tourism Programme. Offert en Europe en partenariat avec des organismes locaux, ce programme appuie des projets innovants qui renforcent le développement de destinations peu connues, qui profitent à l’économie locale et qui animent des communautés (festivals et événements). L’appui offert à la localité de Matera, en Italie, pour la mise en place d’une série d’événements et d’activités culturels, dans le contexte de sa nomination à titre de capitale culturelle européenne pour 2019, en constitue un bon exemple.

Au Canada, G Adventures a développé, conjointement avec Planeterra Foundation, un indice d’impact économique (Ripple Score) qui mesure le pourcentage des dépenses réalisées localement et qui restent dans le milieu visité. Par exemple, un indice de 87 signifie que 87 % de l’argent dépensé (hébergements, transports, restaurants, guides, activités, etc.) demeure dans la communauté, puisque les fournisseurs choisis sont locaux. Plus de 640 des 800 circuits offerts par G Adventures affichent cet indice d’impact dans leur description.

On peut également croire que d’ici peu, une offre certifiée durable pourra devenir un critère de sélection plus largement utilisé par les voyageurs. Encore faudrait-il une certaine uniformité dans la façon d’agréer les destinations ou de certifier les entreprises qui se proclament durables. Actuellement, le Global Sustainable Tourism Council (GSTC) est responsable d’établir les critères de base permettant d’évaluer le caractère durable d’une organisation ou d’une destination touristique, mais la certification relève de plusieurs organismes différents.

De l’exception à la règle?

L’année 2020 pourrait bien marquer une transition phare vers un tourisme durable, transition exacerbée par une conscientisation à l’impact de l’empreinte carbone alors que l’écoanxiété, surtout chez les jeunes générations, s’exprimera par l’exigence de pratiques durables. Plus qu’une façon de se distinguer, celles-ci pourraient devenir une norme, un acquis pour les voyageurs.

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Source : Pexels

L’utilisation systématique, par une entreprise, de plastique à usage unique sera plus que jamais perçue comme la preuve d’un manque flagrant d’intérêt envers l’environnement et l’avenir de la planète. Des organismes comme Travel Without Plastic offrent depuis peu des conseils et des outils au secteur hôtelier pour éliminer ce fléau.

Alors que la demande sera de plus en plus forte pour que l’industrie touristique implante des pratiques durables en priorisant les mesures qui réduisent l’empreinte environnementale, le tourisme durable sera-t-il enfin une réalité en 2020? Peut-être pas, mais un mouvement, une accélération de la demande se font bel et bien sentir. Comment motiver les parties prenantes à saisir cette opportunité? Voici notre défi collectif.

Pour connaître l’ensemble des tendances et trouver du contenu supplémentaire, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations.

 

Source image à la une : Alena Koval, Pexels

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Ressources humaines

Les employés en tourisme sont « DES INOUBLIABLES »

Le positionnement RH tourisme permettra d’appuyer les entreprises dans leur démarche de valorisation, de recrutement et de fidélisation des employés. Le succès de cet ambitieux projet de valorisation repose en grande partie sur l’engagement de l’ensemble des intervenants et la pérennité des actions entreprises.

Une vaste campagne de communication pour donner de l’élan

Dès le printemps 2020, une campagne publicitaire fera rayonner le positionnement RH tourisme à la grandeur du Québec. Plusieurs tactiques promotionnelles sont prévues : médias sociaux, affiches ainsi qu’un site web consacré à la question, monemploientourisme.com. Ce site s’adresse aux candidats potentiels et aux employeurs; il sera d’ailleurs complété par une boîte à outils de communication.

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Source : Alliance de l’industrie touristique du Québec

L’utilisation de la signature « LES INOUBLIABLES DU TOURISME » n’est pas imposée. L’industrie veut venir en appui aux entreprises, et ce, sans créer davantage de pression. Les entreprises et les différents intervenants sont invités à profiter de l’engouement qui sera créé par la campagne lors de leurs recrutements.

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Source : Alliance de l’industrie touristique du Québec

Le positionnement RH tourisme ne doit pas être utilisé pour créer une pression de performance auprès des employés. Par cette campagne, l’industrie veut célébrer ses travailleurs et valoriser leur expérience, elle ne cherche pas à créer de compétition. Le mot d’ordre : les employés en tourisme sont déjà « DES INOUBLIABLES ».

Mode d’emploi pour créer une expérience employé à la hauteur

S’il y a attraction de candidats sans effort de fidélisation, le travail sera perpétuellement à recommencer. Les entreprises sont donc invitées à rehausser l’expérience employé par le biais de bonnes pratiques de ressources humaines qui propulseront le positionnement RH.

Les employés du tourisme sont essentiels, ce sont eux qui créent des expériences clients inoubliables, mais pour bien jouer leur rôle, ils doivent tout d’abord vivre une expérience employé positive. Comment faire en sorte que les employés, les nouveaux comme les anciens, ressentent qu’ils sont « DES INOUBLIABLES »? Plusieurs bonnes pratiques RH peuvent contribuer à créer des moments « wow » et à fidéliser les employés.

Le parcours d’un employé est composé de différents moments de vérité comme le recrutement, l’accueil, l’intégration et l’évaluation du rendement. L’expérience employé est aussi teintée du style de gestion des dirigeants et de leur manière de communiquer, d’organiser la charge de travail et de faire participer les salariés aux prises de décision. Le défi est de faire vivre une expérience employé cohérente avec le positionnement RH et ses différents leviers que sont le climat de travail, les occasions d’apprentissage, la gestion humaine et les sentiments d’utilité et de fierté liés au travail.

Pour adapter les pratiques RH, la créativité des employeurs est sollicitée, il n’existe pas de recette toute faite. On pourrait, par exemple, amplifier le facteur « climat de travail » dans son entreprise en organisant le travail de manière à ce que les personnes puissent collaborer et s’entraider davantage ou encore en proposant davantage d’activités de socialisation. Un autre exemple : lors de l’entraînement à la tâche d’un nouvel employé, les sentiments d’utilité et de fierté pourraient être accentués en lui démontrant comment, concrètement, son rôle est important pour le séjour des visiteurs.

Les possibilités de mise en valeur des forces distinctives de notre industrie sont infinies. Les pratiques RH les plus prometteuses sont celles qui valoriseront l’impact des travailleurs et qui permettront de prendre conscience de leur rôle essentiel. 

S’outiller pour se démarquer

Parallèlement à cette démarche collective, les employeurs sont invités à se distinguer en travaillant leur propre positionnement employeur. Vous offrez de l’hébergement sur place à vos employés? Vous avez des horaires vraiment flexibles? Vous vous démarquez sur le plan des possibilités de formation continue? Définir son positionnement employeur consiste à déterminer ses propres forces, et ce, tout en étant cohérent avec le positionnement RH tourisme. Bref, l’objectif ultime : être reconnu comme un employeur distinctif dans un secteur d’emploi de choix.

Le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT) développe actuellement trois modules de formation en ligne qui visent spécifiquement à outiller les dirigeants et les gestionnaires afin qu’ils puissent définir leur positionnement employeur, développer leur attractivité et améliorer l’expérience employé dans leur organisation. Cette formation flexible et interactive est conçue sur mesure pour répondre aux défis actuellement rencontrés par les entreprises touristiques. 

Ce projet est développé grâce à une collaboration entre les quatre créneaux d’excellence en tourisme. Actuellement, une trentaine d’entreprises collaborent avec ces partenaires et participent à la phase de développement de la formation. Les modules seront disponibles pour les entreprises en 2020.

Ensemble, c’est tout

Par le biais d’ateliers d’appropriation diffusés par le CQRHT, les associations sectorielles et régionales sont invitées à relayer le positionnement auprès de leurs membres. Pour atteindre les objectifs et faire du tourisme un secteur d’emploi remarqué, les acteurs de l’industrie sont invités à devenir des ambassadeurs et à propulser le positionnement RH.

L’industrie touristique compte de nombreuses petites entreprises qui disposent souvent d’une visibilité limitée auprès du public. Avec cette stratégie de valorisation concertée, l’industrie profitera d’une plus grande synergie et, surtout, d’un plus grand impact.

 

Image à la une : Alliance de l’industrie touristique du Québec

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Tendances

Attractivité territoriale, plus que du marketing touristique

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, dévoilait le 21 janvier, les sept tendances qui continueront de rythmer l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers, Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leurs réflexions afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.

 

 

Le paradoxe du marketing territorial

Pour se faire connaître et attirer de nouvelles activités sur leur territoire, les régions et les municipalités utilisent souvent des techniques traditionnelles de mise en marché qui empruntent une approche de « push marketing » et reposent avant tout sur :

  • La création d’une image de marque pour représenter l’ensemble des forces vives du territoire et rayonner à l’intérieur et au-delà de leurs frontières ;
  • L’affichage de leurs atouts pour se démarquer, sortir du lot, attirer l’attention des entreprises, des investisseurs, des nouveaux résidents potentiels et des visiteurs.

Le paradoxe est que ces images de marque finissent toutes par se ressembler et que peu d’entre elles ressortent réellement du lot puisque tout le monde s’y met.

Cela est d’autant plus vrai que diverses organisations d’un même territoire (développement économique, promotion touristique, parc industriel, etc.) peuvent présenter chacune une image de marque distincte pour rejoindre un public précis et que les moyens pour promouvoir cette image sont souvent insuffisants pour réellement ressortir dans l’espace public.

Et qu’en est-il de l’attractivité territoriale ?

 Si l’objectif final est le même que celui du marketing territorial, l’attractivité territoriale est une approche qui s’inspire plus du « pull marketing », c’est-à-dire plus centrée sur la satisfaction des utilisateurs du territoire, qu’ils soient résidents, entrepreneurs ou touristes. L’idée ici est de les fidéliser et de rejoindre de nouvelles clientèles par la diffusion de cette image positive via ces ambassadeurs.

Cette approche semble plus en phase avec le contexte actuel où les visiteurs recherchent des destinations authentiques et se réfèrent aux locaux pour mieux connaître et décider de l’achat de produits et de services offerts sur place.

L’attractivité territoriale commande toutefois de bien cerner les besoins et les attentes des clientèles que l’on désire intéresser, et surtout de bien se connaître pour faire valoir nos avantages les plus significatifs pour ces clientèles. La promotion de l’image de marque demeure importante, mais elle doit alors reposer sur des bases solides et authentiques pour créer l’attraction, puisque ce sont les utilisateurs actuels du territoire qui en seront en bonne partie les porte-paroles et la force de persuasion.

Savoir reconnaître l’ADN de son territoire

L’ADN constitue nos chromosomes et porte nos gènes, donc l’essence même de nos caractères héréditaires. Par association, l’ADN d’un territoire est composé des diverses filiations historiques et actuelles qui construisent sa personnalité. Sa population, son histoire, ses caractéristiques physiques, tous ces éléments participent à mieux connaître et reconnaître ce qui fait l’unicité de son territoire. Et de ce fait, à mieux le développer pour le rendre attractif.

À titre d’exemple, l’ADN du produit touristique montréalais se définit entre autres par le caractère latin, accueillant et festif de sa population, sa résilience face aux crises, sa géographie insulaire, son urbanisme à la fois européen et nord-américain et enfin par ses dualités. Toutes ses réalités expliquent que Montréal se définit comme une « ville de tensions positives » à l’intérieur de laquelle le tourisme se développe par zones et par pôles d’attraction.

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Source : Conférence Pierre Bellerose

En Abitibi-Témiscamingue, dans les Cantons-de-l’Est, dans Lanaudière et plusieurs autres régions du Québec, des démarches de marketing de territoire sont en cours. Comment éviter les erreurs ? Une approche d’attractivité territoriale présente des défis majeurs puisqu’il est difficile de séparer l’attractivité touristique de celle cherchant à attirer de nouveaux résidents pouvant combler les besoins de main-d’œuvre. D’où l’importance de développer son pouvoir attractif d’abord pour les citoyens et les entreprises actuels et futurs, pour ensuite mieux rejoindre les visiteurs.

Pour mener à bien un exercice d’attractivité territoriale, il semble donc essentiel de savoir au départ d’où l’on vient pour mieux comprendre qui l’on est et où l’on va. Il faut donc bien définir l’ADN de son territoire :

  • Le tout commence par bien comprendre les filiations historiques – petites et grandes, passées et plus récentes – du territoire. Cela aide à préciser les autres dimensions.
  • Qui sommes-nous ? Comment pouvons-nous nous définir ?
  • Qu’est-ce qui nous différencie ? D’où provient notre unicité, notre identité collective ?
  • Quelles sont nos caractéristiques géographiques, physiques et culturelles ?
  • Quelles sont nos valeurs communes ? Notre façon de vivre ?
  • De quoi sommes-nous fiers ?

Les réponses à ces questions permettent ensuite de mieux se faire connaître, de faire valoir nos acquis, de mieux faire comprendre et imaginer les expériences que l’on pourra vivre comme résident, travailleur ou visiteur en habitant ce territoire.

La mobilisation et l’innovation territoriale comme stratégie de revitalisation

Comment l’attractivité territoriale peut-elle aider à faire face à la dévitalisation des communautés ? Certaines municipalités s’engagent dans une démarche qui mise avant tout sur la mobilisation des citoyens afin de :

  • Mieux appréhender l’avenir, créer de l’optimisme ;
  • Rester compétitif malgré des travaux d’envergure ;
  • Améliorer la qualité de vie ;
  • Mettre fin aux guerres de clocher et ficeler des partenariats ville-région, région-région.

Un bel exemple de mobilisation d’un territoire est celui de la démarche participative Culturat « qui vise à faire de l’Abitibi-Témiscamingue un territoire créatif et accueillant, animé par une diversité de cultures et de talents ». L’enthousiasme de tous les milieux participants a transformé ce projet de tourisme culturel en projet de société qui fait la promotion d’une région par les arts, la culture et son identité. 

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Source : Culturat

« Les projets qui ne tiennent pas en compte les intérêts de la population mènent toujours à des désastres » – Phyllis Lambert (architecte montréalais)

D’autres peuvent s’inscrire dans une démarche à plus long terme d’attraction par l’innovation.

En tourisme, les experts proposent une formule qui comprend les cinq éléments suivants (voir infographie) :

  • Affronter la résistance au changement
  • Cerner les problématiques et les opportunités
  • Adopter une posture et une vision
  • Faire les premiers pas pour activer le tout
  • Se mobiliser autour de l’innovation.

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Source : Réseau de veille en tourisme

En résumé…

L’attractivité territoriale commande une implication citoyenne qui passe nécessairement par une adhésion politique.

Elle exige aussi de « penser hors de la boîte » et donc de se montrer créatif à tous les niveaux et éventuellement de sortir des carcans imposés par les structures institutionnelles.

Bien comprendre l’ADN, les caractéristiques ainsi que les contraintes de la destination est essentiel. Mais si poser un bon diagnostic est un défi réalisable, passer à l’action est plus complexe.

Pour retrouver l’ensemble des tendances, nous vous invitons à consulter le livre blanc « Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations » en cliquant ici.  

 

Source image à la Une : Vincent Gollain Overblog

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Tendances

Le surtourisme : amplification médiatique, mais enjeux réels

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les sept tendances qui rythmeront l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.

Certains problèmes associés à une trop forte concentration de visiteurs dans un espace et un temps précis font la une des médias. Les prévisions en hausse du tourisme international, en plus des budgets imposants en marketing des organisations de gestion de la destination (OGD), laissent envisager d’autres situations conflictuelles.

Le terme surtourisme (overtourism) — apparu dans les médias en 2015 — est souvent utilisé de manière alarmiste et associé à des phénomènes négatifs, mais est-il possible de reprocher aux touristes d’être présents si une destination les invite?

Comment expliquer le phénomène?

Le surtourisme s’applique sur un territoire lorsque les flux touristiques excèdent la capacité de charge sociophysique d’un espace dans un contexte précis et que cette situation provoque des réactions chez les populations résidentes.

Source: Unsplash

Il s’agit d’un phénomène plutôt rare et complexe, aux causes multiples et variant d’une destination à l’autre. Certaines études permettent désormais de mieux comprendre le surtourisme. Voici les principaux facteurs qui l’expliquent :

  • La croissance du tourisme et des flux touristiques (massification), souvent directement alimentée par le marketing de la destination;
  • La trop forte concentration en certains lieux précis, sans égard à leur capacité de charge, souvent imputable à la sous-gestion des grands flux de visiteurs, pourtant prévisibles;
  • Les enjeux de développement et de gouvernance des destinations, associés au manque de planification de l’activité touristique et sous-estimés dans les plans d’urbanisme et les schémas d’aménagement régionaux.

Ces facteurs devraient inciter les OGD à adopter de meilleures pratiques.

Les paradoxes du surtourisme

Le tourisme peut jouer un rôle positif dans la revitalisation de certains milieux. Ainsi, le développement touristique permet des investissements majeurs dans la revitalisation d’artères commerciales désuètes, dans la mise en valeur de bâtiments patrimoniaux ou dans la diffusion de traditions et de savoir-faire locaux. Mais le tourisme peut aussi être perçu comme une menace à la qualité de vie, même là où il constitue l’une des principales activités économiques. Cette perception négative provient souvent de l’observation de nuisances diverses telles que les comportements inappropriés, la pollution, la congestion, etc.

Y a-t-il des solutions?

Différentes mesures de prévention ou de mitigation peuvent être mises en place afin de mieux gérer une affluence problématique.

Miser sur la qualité des expériences offertes plutôt que sur le nombre de visiteurs

Il s’agit d’un enjeu majeur d’après divers dirigeants d’OGD. Pour y parvenir, le profil et les comportements des touristes doivent être pris en compte selon leur contexte d’accueil, afin d’encourager la rencontre harmonieuse et d’éviter la confrontation. Savoir optimiser les retombées pour les résidents tout en accueillant moins de visiteurs, voilà le défi à relever dans les prochaines années.

Mieux comprendre les préoccupations citoyennes et assurer des retombées positives

Cette démarche mise sur l’écoute et une plus grande participation des communautés résidentes. La coopération entre les parties prenantes doit permettre une réflexion approfondie sur les politiques et les pratiques locales à mettre en place afin d’assurer une meilleure distribution des flux touristiques. Ainsi, les impacts négatifs diminueront au profit d’effets positifs.

Source: Unsplash

Améliorer les pratiques de planification et de gestion locales de l’activité touristique

Les responsables du développement de l’offre, de la mise en marché et de l’accueil doivent travailler davantage en amont avec les professionnels participant à l’aménagement et à la gestion du territoire de la destination : urbanistes, aménagistes, gestionnaires de parcs, responsables des transports, etc.

Diverses stratégies permettent d’intégrer de manière plus harmonieuse les flux touristiques à la dynamique locale, afin de réduire la pression sur les milieux fragiles. En voici quelques-unes :

  1. Des actions réfléchies en marketing : limiter l’augmentation de la demande dans certains lieux, à des périodes précises, en cessant toute forme de promotion.
  2. La mise en place de certaines mesures contraignantes : limiter la demande en imposant des tarifications, des règles ou des conditions limitatives.
  3. L’étalement de la demande : promouvoir les destinations moins connues ou promouvoir seulement en basse saison pour répartir les flux dans le temps et l’espace.
  4. L’amélioration des infrastructures et des services : fournir des structures, des services à l’accueil de visiteurs afin de réduire l’impact sur la vie quotidienne des résidents.
  5. L’éducation : informer les voyageurs des coutumes locales et des comportements à adopter, en plus de créer un sentiment de bienveillance qui participe à rassurer les citoyens.

Pour d’autres suggestions et idées inspirantes concernant la gestion des flux touristiques, il est possible de consulter le rapport publié en 2018 par l’Organisation mondiale du tourisme à l’intention des destinations urbaines, comme le mentionne une précédente analyse.

Bien qu’il soit amplifié par une forte couverture médiatique des cas problèmes les plus connus, comme ceux de Barcelone ou de Venise, le phénomène du surtourisme traduit une réelle sensibilité des populations d’accueil lors d’une trop forte concentration de visiteurs.

Les solutions exigent une action proactive et concertée des responsables du tourisme et de la gestion urbaine des destinations, afin que le voyage soit une occasion de rencontres entre résidents et visiteurs, et non pas une fatalité.

Pour connaître l’ensemble des tendances et trouver du contenu supplémentaire, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations en cliquant ici.

 

Source de l’image à la une : Unsplash

 

Sources :

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Destinations Marketing

Quand Noël devient un argument de découverte

L’organisation de gestion de la destination (OGD) Visit Finland a conçu un calendrier de l’avent qui permet de tester les connaissances des internautes à propos de la Finlande. Chaque date correspond ainsi à une question sur différents aspects géographiques du pays, sur les habitudes des Finlandais, sur certaines coutumes ou encore sur les caractéristiques distinctives des lieux ou du peuple. 

Publié sur la page d’accueil de l’OGD, le calendrier prend la forme d’une fresque d’art naïf représentant les festivités de Noël sur laquelle sont parsemés les chiffres de 1 à 24. En cliquant sur la date du jour, l’internaute peut lire la question puis choisir parmi trois options. Qu’il obtienne ou non la bonne réponse, Visit Finland l’invitera à remplir un court formulaire afin qu’il soit admissible au tirage quotidien. En tout, ce sont 23 sacs de friandises finlandaises et deux bons d’achat de 1000 euros chacun du transporteur aérien Finnair qui seront distribués aux gagnants.

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Source : Visit Finland

Voilà une façon amusante de susciter la curiosité et d’instruire les voyageurs potentiels à propos de la destination. De plus, la fête de Noël constitue un symbole emblématique de la Finlande, notamment par la présence du village thématique en Laponie qui s’autoproclame résidence officielle du père Noël.

 

Image à la une : Visit Finland

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Marketing

Idées marketing inspirantes d’ici et d’ailleurs

Le marketing touristique emprunte des voies très diversifiées en cette ère où les fausses nouvelles font rage, où le sentiment d’urgence envers l’environnement est palpable et où le consommateur cherche à donner un sens à ses voyages, à se plonger dans un univers dans le but de vivre des moments mémorables. Voici une synthèse d’analyses du Réseau de veille qui illustrent ces courants, rédigées au cours des deux dernières années.

 

Marketing de responsabilisation

L’urgence d’agir face au réchauffement climatique, aux impacts négatifs entraînés par la fréquentation intense de certains lieux fragilisés ou encore devant la trop grande consommation de produits à usage unique pousse les destinations à provoquer des changements. Par exemple, pour inciter les visiteurs à limiter leur consommation de bouteilles de plastique, l’Islande crée une image de luxe associée à son eau courante. L’organisme de promotion Inspired by Iceland lance ainsi la marque Kranavatn (qui signifie « eau du robinet » en islandais). En voici la vidéo promotionnelle.

Source : YouTube

Promouvoir le volontariat

Pour préserver ses richesses et lancer un message clair aux futurs voyageurs, l’organisme de marketing de la destination Visit Faroe Islands a lancé la campagne Closed for maintenance, open for voluntourism. Ainsi, l’accès aux îles Faroe fut interdit aux touristes lors du week-end du 26 au 28 avril 2019, à l’exception des 100 voyageurs qui s’étaient inscrits à l’avance pour les travaux d’entretien. La vidéo suivante présente les résultats de cette initiative.

Source : Vimeo

Le géant de l’hébergement entre particuliers, Airbnb, fait aussi dans le volontariat. Dans le but de revigorer le village de Grottole, dans le sud de l’Italie, Airbnb et l’organisation Wonder Grottole ont choisi cinq candidats pour y vivre et pour travailler sur le développement d’une offre touristique distincte. Les participants ont été choisis parmi plus de 280 000 aspirants.

L’attention médiatique accordée à l’abondance des déchets nuisibles trouve un écho dans l’industrie du volontourisme. Des organisations à travers le monde offrent des activités de collecte de rebuts. Des plongeurs aux randonneurs, les grands nettoyages séduisent plusieurs marchés et attirent les millénariaux.

 

Microinfluenceur

Le métier d’influenceur a fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières années. Certaines personnes qui revendiquent ce titre ont été critiquées pour leurs propos et leurs agissements. Leur réelle utilité en marketing a été remise en question. Pourtant, il existe plusieurs bénéfices à travailler avec un influenceur. Dans le but d’optimiser le rendement de l’investissement, il est suggéré de faire appel à des micro-influenceurs. Ceux-ci exercent un ascendant non négligeable dans les milieux qu’ils représentent.

C’est le cas dans le secteur du plein air. En effet, cette industrie véhicule encore trop souvent une image très restrictive de son type d’adeptes : des personnes jeunes, blanches, hétérosexuelles et souvent très expérimentées. Des influenceurs passent alors le mot, réussissent à briser ce moule et sensibilisent de grandes entreprises à l’importance de mieux représenter la diversité dans leurs actions marketing.

Source : YouTube

Le démarketing : allez voir ailleurs!

Face à la croissance constante du tourisme, les principes de la publicité de dissuasion sont de plus en plus utilisés par les destinations pour limiter les impacts sur la population locale. L’idée consiste à limiter l’augmentation de la demande plutôt que de l’encourager. Dans le contexte touristique actuel, de plus en plus de gestionnaires réfléchissent à cette notion.

La géolocalisation des attraits rend maintenant les trésors naturels les mieux gardés accessibles à tous. Cependant, cette pratique engendre des conséquences sur l’environnement, puisque certains sites, qui seraient autrement restés peu connus, deviennent rapidement très fréquentés. En réponse à ce phénomène, l’OGD de Jackson Hole, au Wyoming, a lancé une campagne invitant les visiteurs à géolocaliser leur photo de façon responsable, en utilisant des coordonnées génériques d’un site plutôt que celles de l’endroit exact où elle a été prise. La vidéo suivante explique cette mesure.

Source : YouTube

Stimuler les sens

Le voyageur s’attend désormais à vivre des émotions qui stimuleront tous ses sens. Les entreprises et les organismes de l’industrie touristique ont avantage à offrir des expériences significatives et créatrices d’émotions, car celles-ci favoriseront le développement d’une relation durable avec leur clientèle.

L’odorat

Encore sous-estimée, la stimulation de l’odorat fait tranquillement sa place dans le milieu touristique. En septembre 2018, Tourisme Montréal se trouvait au Lyon Street Food Festival pour présenter la gastronomie montréalaise aux Lyonnais. L’entreprise Stimulation Déjà Vu a élaboré un coffret avec huit thèmes olfactifs représentant les quartiers, le patrimoine et le quotidien de Montréal.

L’ouïe

Bien que les images occupent une place importante, le son est la véritable vedette de la stratégie marketing de l’OGD de Terre-Neuve-et-Labrador. Celle-ci repose sur l’idée que les bruits représentent le miroir des paysages et de la culture qui les génèrent. La stratégie se décline en quelques actions, notamment par une vidéo promotionnelle qui transporte l’auditoire au pays du vent, des vagues s’écrasant sur les rochers, des cornes de brume, du souffle des baleines et des oiseaux marins.

Source : YouTube

Le sens critique…

Lassé de voir les attraits de sa ville dénigrés sans raison, le Vienna Tourist Board a décidé de mettre l’incohérence des avis négatifs des touristes au cœur de sa plus récente campagne publicitaire. La campagne Unrating Vienna, lancée en juin dernier et déployée dans plusieurs villes européennes, encourage les visiteurs à faire preuve de discernement lorsqu’ils consultent les avis en ligne. Les panneaux mettent en contraste des commentaires réels de touristes à l’égard de certains attraits de la destination et des images évocatrices des lieux. 

Source : Vienna Tourist Board, Wien Nord, Paul Bauer

Des histoires et du bonheur

Le storytelling est toujours à l’honneur. La baladodiffusion sert bien cet engouement pour les récits. Le Festival en chanson de Petite-Vallée a récemment mis en ligne une série de baladodiffusions portant sur son événement. Les huit épisodes racontent des histoires d’artistes, de membres de l’équipe et de festivaliers dont le festival a changé la vie.

La vidéo est également un excellent moyen de transmission des histoires. De nombreuses destinations ainsi que des secteurs d’activité s’y mettent. Les stories d’Instagram deviennent aussi des outils de communication efficaces pour les destinations et les entreprises touristiques qui ciblent les générations Y et Z.

Enfin, l’éternelle quête du bonheur constitue certainement une thématique promotionnelle gagnante. La Finlande y va d’un retour aux sources : l’art de ne rien faire, la connexion avec la nature, etc. En tant que pays qui figure au premier rang du palmarès du bonheur, publié dans le World Happiness Report, elle dévoile même sa recette pour y accéder.

Le Réseau de veille demeure à l’affût des campagnes et des actions marketing innovantes. Suivez-le et soyez inspiré!

 

Image à la une :

MEC
Vienna Tourist Board, Wien Nord, Paul Bauer
Visit Faroe Islands
Visit Jackson Hole Travel & Tourism Board

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Produits et activités

Les eSports : le tourisme est-il de la partie?

League of Legends, Fortnite, Overwatch ou Counter-Strike vous sont-ils des termes familiers? Il s’agit de jeux vidéo très populaires et de nombreux tournois à travers le monde y sont consacrés. D’ailleurs, l’équipe ayant remporté la finale de Dota 2, en août 2019 à Shanghai, a gagné plus de 15 millions de dollars devant des milliers de partisans.

L’univers des sports électroniques (eSports) est un secteur en pleine effervescence. Selon PwC, il s’agit des sports ayant le plus grand potentiel de croissance dans les prochaines années, devançant le soccer et le basketball. D’ici 2022, les revenus devraient dépasser le cap du milliard de dollars, d’après la firme spécialisée Newzoo. Est-ce que l’industrie touristique saura profiter de cet engouement?

Les eSports, plus complexes qu’il n’y paraît

Les sports électroniques sont des compétitions de jeux vidéo. Les joueurs affrontent seuls ou en équipe d’autres personnes sur une console ou un ordinateur. Ils se déclinent en plusieurs catégories : arènes de combat (League of Legends), stratégie en temps réel (Starcraft), etc. Si plusieurs individus participent à un niveau amateur, certains sont considérés comme des joueurs professionnels. Ceux-ci signent des contrats et s’entraînent de nombreuses heures par semaine. Des entraîneurs et des médecins veillent à leur performance. Les grandes compétitions se déroulent en public et des millions de partisans les suivent en ligne. L’audience est telle que les tournois se multiplient ainsi que la valeur des prix pour les gagnants.

Pour comprendre le phénomène des eSports, il existe plusieurs éléments à considérer, notamment :

Les partisans : majoritairement des millénariaux d’après la firme Deloitte, ils s’avèrent très actifs et réactifs sur les réseaux sociaux. Beaucoup de spectateurs des tournois ou des vidéos en direct sont également des joueurs. Selon une étude Vivintel, 4,4 millions de Canadiens ont suivi ce type de sport au moins une fois au cours de l’année 2018.

La diffusion : la retransmission en direct en ligne sur des plateformes telles que Twitch et YouTube fait partie du quotidien des eSports. Que ce soit pour regarder une seule partie ou un tournoi, cela touche une large audience à travers le monde. Voyant l’engouement pour les sports électroniques, de grandes chaînes comme ESPN et RDS y consacrent désormais une section de leur contenu.

Les compétitions : les développeurs de jeux lancent constamment des ligues et des tournois. Parfois, certains s’arrêtent et d’autres fusionnent pour créer de nouvelles compétitions. Plus de 737 événements majeurs ont été organisés en 2018, générant plus de 54 millions de dollars américains selon la firme Newzoo. De grands arénas tels que Staples Center, à Los Angeles, ou le Madison Square Garden, à New York, accueillent des événements. L’un des plus populaires est celui de League of Legends. Voici la vidéo de la cérémonie d’ouverture du championnat de 2019, à Paris.

Source : YouTube

Une occasion à saisir

Pour une marque ou une destination, il s’agit d’une nouvelle voie de distribution permettant de joindre les gens de la génération du millénaire, qui boudent de plus en plus les médias traditionnels. Les équipes et les ligues sportives l’ont bien compris. La NBA 2K League, au basketball, la FIFA eWorld Cup et la eMLS, au soccer, et le Canadien de Montréal, avec le jeu NHL, organisent des tournois. En plus, c’est une occasion de développer un nouveau type de spectacle de compétition.

Les eSports deviennent également une occasion d’affaires pour le secteur de l’événementiel. Le nombre de tournois augmente et les promoteurs recherchent des lieux pour les accueillir. Certains tournois se déroulent parfois sur quelques jours et même dans plusieurs villes. D’autres y jumellent des festivals, des foires, des ateliers, etc. Toutefois, ce secteur doit s’adapter à la manière dont les participants engagent les discussions en ligne. L’utilisation de différents canaux de communication et une interaction efficace seront les clés du succès pour maintenir de leur part un engagement solide envers un événement.

Rob Brown, vice-président mondial et directeur général d’Online Business Group, chez Travelport, estime qu’il est nécessaire pour l’industrie touristique de s’intéresser davantage aux partisans et de mieux connaître les eSports afin de développer une offre personnalisée et de profiter de l’engouement pour ce phénomène.

Entrez dans la compétition

Que ce soit des villes, des entreprises ou même des pays, plusieurs tentent de percer dans l’univers des eSports. Voici quelques exemples.

Le développement d’infrastructures

De nombreuses villes consacrent désormais des espaces aux jeux électroniques. L’hôtel Luxor, à Las Vegas, propose une arène de plus 2700 m2, avec une centaine de stations de jeux et des aires pour les tournois (voir la vidéo). Montréal n’est pas en reste avec le plus grand centre au Canada, le Esports Central, qui a ouvert ses portes en juin 2019.

Source : YouTube

Les équipes commanditées

L’organisation responsable des congrès et événements à Washington, Events DC, a décidé de cibler de nouveaux segments de marché, tels que les partisans des eSports, et de faire de la région une destination de choix pour les joueurs. Parmi ses initiatives, l’organisation commanditera la nouvelle équipe professionnelle de jeux électroniques de la ville.

La compagnie ferroviaire française OUI.sncf a créé Team Loco, en 2017. Les responsables expliquent qu’il était naturel de développer des liens avec le monde des eSports, puisque l’entreprise est très impliquée sur le plan des technologies et de l’innovation. Avec une équipe se composant uniquement de travailleurs de l’entreprise, OUI.sncf en profite pour prolonger ses efforts dans le développement du personnel.

Développer une stratégie nationale

Certains pays commencent à se positionner comme une destination pour les jeux électroniques. En France, le ministère du Sport et le secrétariat d’État chargé du numérique ont dévoilé la nouvelle stratégie nationale eSports 2020-2025, qui vise à faire du pays le leader européen de ce secteur d’ici 2025. L’un des objectifs est de mettre en valeur les attraits de la France, de ses territoires et de son écosystème eSports.

 

Bien que plusieurs remettent en question le côté sportif des eSports, personne ne peut nier le potentiel touristique de ce type d’activité.

 

Êtes-vous prêt à vous lancer dans l’arène?

 

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Destinations Marketing

Un séjour de volontariat pour promouvoir son village

Depuis peu, ce géant de l’hébergement collaboratif met sur pied des séjours de volontariat offrant des occasions de voyages uniques à quiconque veut s’y inscrire. À vocation sociale ou environnementale, ceux-ci réunissent des volontaires afin de répondre à un objectif précis. Ils peuvent s’échelonner sur une durée d’un à trois mois.

À la suite de l’exode des populations des régions vers les grandes villes, divers villages à travers le monde ont été délaissés. Dans le but de revigorer le village de Grottole, dans le sud de l’Italie, Airbnb et l’organisation Wonder Grottole ont choisi cinq candidats pour y vivre et pour travailler sur le développement d’une offre touristique distincte, comprenant l’apiculture.

Cette collaboration avec un organisme local a permis à Airbnb de bien comprendre les besoins de la population et de mieux y répondre. Les diverses compétences des volontaires ont pu également être mises à profit, afin d’optimiser les résultats. Par exemple, Remo, un professeur d’anglais, a donné quelques leçons aux villageois afin qu’ils puissent mieux communiquer avec les touristes.

Les participants ont été choisis parmi plus de 280 000 candidats. Cette initiative a donc pu répondre au second objectif, soit attirer l’attention des différents médias et du public sur ce village pittoresque, et ce, avant même qu’elle ne débute. Durant le séjour, les journaux ont également souligné l’offre touristique que Grottole a à offrir. Le maire de la Ville a même mentionné que s’il avait investi 100 000 euros en marketing, ce village n’aurait pas pu obtenir autant de visibilité qu’avec ce projet de volontariat.

Il s’agit d’une expérience unique pour les participants qui, le temps de leur séjour, ont vécu comme les résidents, ainsi que pour ces derniers qui sont désormais prêts à accueillir des touristes en quête d’authenticité.

Avez-vous déjà pensé à créer un programme de volontariat afin de redonner vie à votre village en impliquant des touristes?

Comment pourriez-vous faire participer les touristes à la promotion de votre ville?

 

Source de l’image à la une : Kai, Pexels

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Marketing

Le démarketing à la rescousse de la destination

Le secteur du tourisme génère de plus en plus de visiteurs et l’OMT estime que d’ici 2030, 4 millions de touristes s’ajouteront aux 1,4 milliard de personnes qui voyagent déjà. Pour de nombreuses destinations, gérer cet essor représente un défi important. Plusieurs d’entre elles se retrouvent victimes de leur propre succès, alors que leurs infrastructures n’avaient pas été prévues pour soutenir une telle augmentation. Le démarketing offre quelques pistes de solution en réponse à ces enjeux.

Le démarketing, vraiment?

Loin d’être nouveau, ce concept, proposé en 1971 par Philip Kotler et Sidney Levy, repose sur l’idée que les surplus peuvent être aussi problématiques que les pénuries. Les auteurs, respectivement économiste et spécialiste du marketing, définissent le démarketing comme étant l’aspect du marketing qui vise à décourager la clientèle (ou un segment en particulier) sur une base temporaire ou permanente. Ce type de stratégie est déjà largement employé dans certains secteurs, notamment en santé publique. Pensons aux publicités sur les paquets de cigarettes ou encore à celles qui invitent la population à consommer alcools et jeux de façon modérée.

L’idée est donc de limiter l’augmentation de la demande plutôt que de l’encourager, puisqu’une croissance aurait des répercussions négatives sur la société. Dans le contexte touristique actuel, de plus en plus de gestionnaires doivent réfléchir à cette notion. Doit-on à tout prix attirer un maximum de visiteurs au nom du développement économique?

Des stratégies inusitées

Comment développer une approche de démarketing? Les stratégies à adopter se basent sur les mêmes principes que ceux du marketing traditionnel, c’est-à-dire les 4P (promotion, place, produit, prix). À l’aide de quelques exemples, voyons comment s’articulent ces stratégies dans un contexte de démarketing touristique.

Promotion

Lorsqu’un territoire touristique n’arrive plus à gérer les flux de visiteurs qu’il attire et que les attraits et les infrastructures sont sursaturés, l’une des solutions possibles consiste à cesser toute forme de promotion. C’est ce qu’a récemment fait l’organisation de gestion de la destination (OGD) des Pays-Bas en annonçant qu’elle consacrerait maintenant son énergie à gérer la destination plutôt qu’à la promouvoir. Seules les régions méconnues feront l’objet d’une campagne à l’international. Cette mesure vient en dernier recours, après avoir fait la promotion des entre-saisons, relocalisé les fameuses lettres « I amsterdam » et sensibilisé les touristes aux comportements inappropriés.

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Source de l’image : Koen Smilde sur iamsterdam.com

Place

La notion de place fait souvent référence à l’emplacement d’un service ou d’un commerce. La géolocalisation des attraits rend maintenant les trésors les mieux gardés accessibles à tous. Cependant, cette pratique engendre des conséquences sur l’environnement, puisque certains sites, qui seraient autrement restés méconnus, deviennent rapidement très fréquentés. En réponse à ce phénomène, l’OGD de Jackson Hole, au Wyoming, a lancé une campagne invitant les visiteurs à géolocaliser leur photo de façon responsable, en utilisant des coordonnées génériques d’un site plutôt que l’endroit exact où celle-ci a été prise.

Source de la vidéo : YouTube

De façon similaire, le site du patrimoine mondial de Puerto Princesa, aux Philippines, a voulu limiter la fréquentation de certains sites fragiles en retirant tout simplement ceux-ci des cartes touristiques qu’il produit.

Produit

Les caractéristiques du produit influencent directement la demande pour celui-ci. Ainsi, dans une stratégie de démarketing, le produit sera rendu volontairement moins attrayant. Dans le cas d’une destination, on peut penser à des méthodes de gestion des flux touristiques comme l’imposition de quotas ou l’introduction de plages horaires limitées.

Le parc national de la Péninsule-Bruce, en Ontario, a déjà instauré ce genre de mesure. Les visiteurs doivent réserver un créneau de quatre heures pour découvrir le secteur le plus achalandé du parc.

Prix

L’augmentation des tarifs d’accès est la quatrième stratégie dont il est question dans cet article. Il s’agit d’une pratique que la Ville de Venise explore. Reporté plusieurs fois, un de ses projets a pour but d’instaurer une taxe fixe à tous les visiteurs ne séjournant pas au moins une nuitée dans la ville ou qui ne disposent pas de la carte Venezia Unica.

Il faut noter que ce genre d’initiative peut être plus controversé, particulièrement dans un contexte de destination, particulièrement de sites naturels ou patrimoniaux, puisque cela engendre un enjeu d’équité et favorise les personnes qui ont la capacité de payer.

Mieux vaut prévenir que guérir!

Le démarketing peut donc s’avérer utile pour gérer les flux grandissants de touristes. Toutefois, avant d’en arriver là, il n’y a rien de tel qu’une bonne planification territoriale en amont. Et vous, quelles sont vos stratégies pour faire face à la croissance touristique?

Image à la une : © Anne-Julie Dubois

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Une route pour devenir la destination de l’automne

Ayant un territoire reconnu pour sa symphonie de couleurs, avec plus de 20 millions d’arbres de différentes essences, l’Association touristique de la vallée de la Wye et de la forêt de Dean souhaite devenir la capitale de l’observation du feuillage automnal. Elle compte y parvenir avec la mise en place d’une stratégie comprenant une route thématique, un site Web ainsi qu’un guide. Les responsables ont collaboré avec un arboriculteur et conseiller forestier pour orienter les visiteurs vers les meilleurs endroits où admirer le paysage, le long d’un trajet de 80 km.

En plus de détailler les points de vue, le guide et le site Web proposent des activités pour profiter du feuillage automnal, telles que des promenades et des animations pour les familles, ainsi que des conseils pour la prise de photos.

Les entreprises se situant le long du parcours participent également au projet. Elles ont développé de nombreuses idées en lien avec la thématique de la route pour accueillir les visiteurs et animer leur territoire. Par exemple, les propriétaires de Wharton Lodge ont renommé leur hébergement « Leaf Peepers Cottages » pour la saison. Chez Eastnor Pottery, ils organisent des ateliers de modelage de l’argile sur le thème des feuilles. Une thérapeute propose des séances de relaxation en forêt pour améliorer le bien-être du corps et de l’esprit.

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Source : Association touristique de la vallée de la Wye et de la forêt de Dean

 

Bien que le Québec n’ait pas à rougir d’envie pour ses couleurs automnales, il s’agit d’une bonne idée pour valoriser les paysages et attirer davantage de visiteurs pendant cette saison.

 

Source de l’image à la une : Unsplash