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Faits et chiffres Produits et activités

Les loisirs des Québécois

Connaître les loisirs des Québécois, c’est aussi savoir quelles activités ils sont susceptibles de pratiquer lors d’un voyage. Qu’aiment-ils faire et qu’est-ce qui pourrait faire partie de l’offre touristique d’une destination, d’un hôtel ou d’un centre de villégiature? 47 activités, sports et loisirs sont ici soupesés.

Dans cette analyse, les taux de pratique d’activités de loisirs et de sports sont tirés des données de Print Measurement Bureau (PMB). Les graphiques présentent tous le taux de pratique par rapport au total de la population de 12 ans et plus pour 2003, 2006 et 2009 ainsi que le nombre d’adeptes en 2009. Notez qu’il s’agit d’activités de loisirs et que celles-ci ne sont pas nécessairement pratiquées lors d’un voyage. Les loisirs ont été regroupés en diverses catégories afin de faciliter la lecture.

De plus en plus sportifs ces Québécois!

À l’exception du hockey et de la natation, la pratique (au moins une fois au cours de la dernière année) de tous les autres sports est en hausse. De 2003 à 2009, on observe des augmentations de 174% pour le yoga (de 2% à 6% de la population), de 79% pour la fréquentation des centres sportifs, de 58% pour le jogging et de 56% pour le soccer. Or, par rapport à la population canadienne, les taux de pratique sont souvent inférieurs. Malgré une hausse considérable, le yoga obtient un indice de 70, la natation, de 72, et le jogging, de 73 (un indice de 100 représente la moyenne de l’ensemble de la population canadienne). Le soccer (112) et le volleyball (108) sont légèrement plus pratiqués au Québec.

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Le plein air manque-t-il d’air?

Plus de 40% de la population ont fait de la marche ou de la randonnée au cours des 12 derniers mois précédant le sondage de PMB 2009. Cependant, l’indice du Québec n’est que de 88, comparativement à l’ensemble du Canada, qui est de 100. Or, le cyclisme est non seulement populaire et en croissance mais, dans ce cas, l’indice du Québec est de 148, soit fortement au-dessus de la moyenne canadienne. Des 36% de la population ayant fait du vélo, près de 16% en ont fait 10 fois ou plus. Certaines activités sont en baisse par rapport à 2006 ou à 2003 comme le camping, la pêche, le golf, le bateau à moteur, le patin à roues alignées, l’observation d’oiseaux et le vélo de montagne. Concernant le patin à roues alignées, les Québécois sont les champions canadiens, obtenant un indice de 170.

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À l’exception de la planche à neige, les activités hivernales ne sont pas non plus en croissance, enregistrant une baisse de 26% pour la motoneige, de 22% pour le ski alpin et de 12% pour le ski de fond de 2003 à 2009. C’est le patinage qui regroupe le plus d’adeptes (17%). Néanmoins, pour toutes ces activités sauf la planche à neige, le Québec obtient un indice au-dessus de 100 (ski de fond, 124; motoneige, 120).

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Rendez-vous culturels

La fréquentation de certains types d’attraits ou d’événements culturels se révèle à la hausse pour tous ceux observés à l’exception des concerts de musique classique et de l’opéra. Plus d’un Québécois sur cinq est allé au théâtre au moins une fois selon le sondage de 2009; une hausse de 17% par rapport à celui de 2003. Les musées et les galeries d’art ont également connu une croissance (20% et 36% respectivement). Les autres types de concert sont en hausse de popularité (concert populaire, 35%; rock, 39%; jazz, 41%). Ces activités demeurent occasionnelles. En effet, la majorité des amateurs de culture n’ont fréquenté ces attraits qu’une ou deux fois (musée, 71%; galerie d’art, 72%) ou ont assisté seulement une ou deux fois à des événements culturels (opéra, 81%; concert jazz, 70%; classique, 70%; rock, 72%; populaire, 68% théâtre`, 66%) au cours des 12 mois précédant le sondage. L’indice 100 nous apprend que les Québécois sont beaucoup plus intéressés par les concerts de musique populaire (159) et de jazz (140) que la moyenne canadienne. En revanche, l’opéra (70) et les concerts de musique rock (70) sont moins populaires ici.

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110%!

L’assistance à des événements sportifs, quoique l’on parle pour la plupart de petits pourcentages de la population, est en croissance pour tous les types de sports à l’exception du baseball. Le déménagement des Expos en 2005 n’y est certainement pas étranger. Le hockey est bel et bien le sport national des Québécois. Parmi les fortes hausses, il y a les événements de golf (183%), de football (108%) et de soccer (102%), où l’on devine l’effet d’équipes comme les Alouettes, l’Impact et le Rouge et Or. Par rapport à l’ensemble du Canada, la course automobile est particulièrement populaire au Québec (indice de 140), grâce notamment à la formule 1. Cette course qui attire certainement une part considérable des 359 000 Québécois ayant assisté à ce type d’événement reviendra-t-elle à Montréal?

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Catégorie méli-mélo

Parmi les autres attraits fréquentés et les loisirs pratiqués, il y a la croissance exponentielle des spas. Le nombre de Québécois ayant visité un spa au moins une fois est passé de 213 000 à 703 000, une hausse de 230%. Les parcs d’attractions semblent un peu moins populaires que les zoos ou aquariums. Ces derniers ont d’ailleurs vu leur nombre d’adeptes augmenter de 39% de 2003 à 2009. Les indices de ces activités sont tous en deçà de 100, particulièrement le casino (68) et les parcs d’attractions (76). Cela dit, le cinéma maintient plus ou moins sa popularité (59% de la population) ainsi que le nightlife (18%) et la photographie (17%).

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Quelles sont vos observations quant aux loisirs en général? Ces résultats de sondage sont-ils fidèles à la réalité selon vous? Plus précisément dans votre gestion touristique, cette analyse vous donne-t-elle des idées pour diversifier ou modifier votre offre?

Source:
– Print Measurement Bureau, 2003, 2006 et 2009.

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Ailleurs dans le monde Tendances

La consécration de l’Europe de l’Est sur l’échiquier touristique

CP_2008-09_EU_Est_img1Saviez-vous que les trois capitales des pays baltes font partie du patrimoine mondial del’Organisationdes Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO)? Que plus de la moitié du territoire de la Bulgarie abrite des montagnes dont certains sommets avoisinent les 3000 mètres, où les domaines skiables abondent? Que la Roumanie dispose de plus du tiers des spas naturels de l’Europe et de milliers de centres de santé? On parle souvent d’une concurrence internationale qui s’intensifie, voici un regard sur une région du monde qui connaît l’une des plus fortes progressions touristiques: l’Europe de l’Est.

Tous progressent fortement sauf la Hongrie

En 2007, si on enlève la piètre performance de la Hongrie, on constate une progression de plus de 25% du nombre de touristes étrangers dans l’ensemble des pays de l’Europe de l’Est par rapport à l’année 2003. En termes de volumes, cela représente 7,3 millions de touristes additionnels (4,5 en incluant la Hongrie). Pour mesurer l’ampleur de ces gains, mentionnons que le Québec a accueilli en 2007 environ 3,2 millions de touristes, dont 1,1 million en provenance d’outre-mer.

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Les pays baltes

Anciens États de l’ex-URSS, les petits pays baltes, composés de la Lituanie, de l’Estonie et de la Lettonie, ont connu une véritable éclosion sur le plan touristique au cours de la dernière décennie. C’est d’abord la richesse culturelle de cette région du nord-est de l’Europe qui séduit les touristes.

Les trois capitales baltes (Vilnius, Tallinn et Riga) font partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. À elle seule, la Lituanie abrite un impressionnant total de cinq sites de l’UNESCO. En dépit d’un territoire limité, ce pays est aussi reconnu pour la préservation de ses milieux naturels composés de cinq parcs nationaux et de 30 parcs régionaux. Elle obtiendra une reconnaissance supplémentaire lorsque Vilnius sera désignée comme l’une des deux capitales culturelles de l’Europe en 2009.

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Du côté de l’Estonie, la capitale Tallinn commercialise activement les city breaks qui sont particulièrement populaires auprès des Finlandais et des Britanniques. La carte culturelle est aussi au programme avec le centre historique et des sites importants tels que le Musée de l’occupation et la National Opera House. C’est toutefois à l’extérieur de la ville que se situent les meilleurs attraits touristiques et l’Estonie se positionne comme une destination «naturelle», avec son slogan marketing: «A Cool Country with a Warm Heart». L’hiver y est rigoureux et 40% du territoire est couvert d’une forêt naturelle abritant une riche faune (élans, ours, sangliers, etc.)

La Lettonie mise également sur son riche passé alors que Riga fut, aux 14e et 15e siècles, une place d’affaires majeure avec le deuxième port en importance de l’empire russe. Plusieurs édifices témoignent de cette époque et en font une destination de grand intérêt sur le plan du patrimoine architectural. On y trouve également plusieurs plages parsemées le long de la côte baltique.

Pologne

Dès son émergence de l’ère communiste, les Allemands et les Britanniques ont rapidement entrepris de découvrir la Pologne. Plus récemment, ce sont les touristes italiens, français et néerlandais qui débarquent en grand nombre dans cette région.

En 2006, la capitale Varsovie a bénéficié d’investissements de l’Union européenne et du secteur privé dépassant les 10 milliards USD pour améliorer son infrastructure touristique. De plus, comme Varsovie sera l’une des deux villes hôtes de l’Euro 2012 de soccer, le pays recevra beaucoup d’attention médiatique. Parmi les principaux attraits, mentionnons Cracovie, patrimoine mondial de l’UNESCO, et Zakopane, un resort qui se positionne comme une alternative beaucoup moins coûteuse que les autres centres de ski européens.

Roumanie

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Voilà une destination qui est encore loin de son plein potentiel touristique avec à peine plus de un million de touristes, principalement des Italiens, des Allemands et des Français. C’est d’abord la Transylvanie, pays du comte Dracula, qui vient à l’esprit quand on pense à la Roumanie. Cette région abrite plusieurs cités médiévales, dont Sibiu, élue capitale culturelle de l’Europe en 2007.

Le gouvernement roumain a entrepris de moderniser la capitale, Bucarest, qui compte maintenant quatre hôtels cinq étoiles. Le pays bénéficie aussi d’une longue tradition de thermalisme avec des milliers de centres de santé alimentés de sources d’eau minérale destinés d’abord à la population locale. Des plans sont mis en œuvre pour amener un plus grand nombre de spas à un calibre international.

Bulgarie

Même si elles sonnent identiques, la Bulgarie et la Roumanie sont loin d’être jumelles. La Bulgarie connaît un essor phénoménal grâce à ses deux principaux pôles touristiques: la villégiature de montagne et la plage. Plus de 70% des touristes internationaux en Bulgarie choisissent un resort le long du littoral de sable de 400 kilomètres bordant la mer Noire, attirés notamment par un chaud soleil et des prix très bas. La Bulgarie est en voie de devenir une sérieuse alternative à d’autres destinations plus coûteuses comme celles situées en Méditerranée.

La Bulgarie s’inscrit aussi comme une destination hivernale à fort potentiel. Plus de la moitié de son territoire est montagneux avec des sommets enneigés de près de 3000 mètres. Le plus réputé, Bansko, offre un centre de ski moderne muni d’infrastructures et d’équipements de pointe. On y trouve plus de 65 kilomètres de pistes entretenues, une trentaine d’hôtels et une centaine de restaurants et de bars.

Les autorités touristiques souhaitent maintenant diversifier la clientèle et développer davantage le tourisme haut de gamme.

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Les Canadiens vers l’Europe élargie

Nous passons rapidement sur les autres pays du bloc de l’Est qui ont néanmoins aussi beaucoup à offrir aux touristes avides de nouveautés; que ce soit la République tchèque pour Prague la magnifique, son héritage musical, ses spas ou ses vignes, la Hongrie pour son orchestre symphonique et son fameux lac Balaton ou la Slovaquie pour ses villages royaux, sa route gothique et ses neuf parcs nationaux.

Les Canadiens et les Québécois ne sont pas différents des autres touristes quant à la volonté de découvrir de nouvelles destinations (graphique 1). Ils effectuent de plus en plus de voyages vers des pays européens autres que le Royaume-Uni, la France et l’Italie. L’émergence de l’Europe de l’Est est en partie responsable de cette tendance. Selon le Print Measurement Bureau 2008, près de 1,3 million de Canadiens (dont 273 000 Québécois) ont déclaré avoir voyagé par agrément dans un «autre*» pays européen au cours des deux dernières années, soit une augmentation de 38% par rapport à 2001.

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Difficile pour une destination établie de concurrencer l’attrait de l’exotisme sans parvenir à renouveler son offre. Les positionnements stratégiques et les messages marketing revampés ont leurs limites. Pour séduire ces touristes qui carburent aux expériences inspirantes, il en faut davantage. L’industrie a besoin de nouveaux produits, de projets novateurs… et, surtout, mobilisateurs.

Sources:
– Al Hilal Publishing & Marketing Group. «Europe Benefits from Diaspora Tourism», Travel & Tourism News Middle East Eastern [www.ttnworldwide.com], vol. 26, no 8, août 2008.
– Mintel. «Emergence of Central & Eastern European Travel», Travel & Tourism Analyst, no 4 mars 2008.
– Print Measurement Bureau (PMB). «Two-Year Readership Database», 2001-2008.
– Pucci, Carol. «Lower Prices Luring Tourists to Eastern Europe», The Seattle Times, 14 mai 2007.
– TVNZ. «Eastern Europe Entices Aus Tourists», One News [www.tvnz.co.nz], 5 mai 2008.
– Harpaz, Beth. «Travel Trends for 2008», The Times-Picayune [blog.nola.com/millieball], 6 janvier 2008.

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Enjeux Tendances

Le monde en 2030

Le monde change et il change vite. Skierons-nous encore sur de la vraie neige? Cohabiterons-nous avec des robots? Vivrons-nous jusqu’à 125 ans? Restera-t-il du pétrole pour faire voler nos avions? Beaucoup plus de questions que de réponses donc et les hypothèses sur notre avenir sont aussi nombreuses que contradictoires. Difficile de s’y retrouver dans tout le discours des futurologues, mais amusons-nous à suivre quelques pistes de réflexion. Peut-être celles-ci auront-elles un effet inéluctable sur l’industrie touristique?

La population mondiale

Nous sommes près de 7 milliards de personnes en 2008 et nous serons plus de 8 milliards en 2030. Il faudra donner à manger et à boire à tout ce monde et combler ses besoins en énergie! Vivrons-nous une pénurie de ressources?

Cette croissance démographique proviendra de certaines régions du monde, dont l’Asie et l’Afrique. La déjà si populeuse Chine devrait être dépassée par l’Inde en 2030. En effet, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Inde sera le pays le plus peuplé du monde en 2030, soit cinq ans plus tôt que prévu lors des précédentes estimations. C’est la natalité nettement plus élevée dans le sous-continent qu’en Chine qui explique ce résultat.

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En plus de croître, la population change de profil. En 2006, environ une personne sur 13 avait plus de 65 ans. Cette proportion pourrait passer à une personne sur 8, soit 1 milliard de personnes en 2030. Et ces ratios sont beaucoup plus élevés dans les pays développés. Une forte immigration des pays moins développés vers les plus riches, l’aide robotisée ainsi que la technologie s’occuperont de cette cohorte vieillissante. Qui se prépare à recevoir une clientèle touristique du 3e et même du 4e âge?

Le réchauffement de la planète

Selon un rapport produit par le Benfield-UCL Hazard Research Center, intitulé Holiday 2030, la température globale devrait augmenter de un à deux degré d’ici 2030. Ce changement pourrait avoir des répercussions importantes sur les destinations touristiques. Certaines destinations soleil souffriront d’une chaleur trop extrême; l’Espagne en été par exemple. La hausse du niveau de l’eau contribuera à l’érosion des côtes. L’augmentation des risques d’ouragan, la dégradation des récifs coralliens sont quelques autres conséquences possibles.

Les destinations hivernales seront également touchées. Un récent slogan de la station Aspen au Colorado qui dit «La neige est une espèce en danger» annoncerait-il donc un réel déclin des sports d’hiver? Selon une étude prospective de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le nombre de stations de ski européennes devrait fondre. Au Québec aussi, la saison de ski sera plus courte et reposera de plus en plus sur l’enneigement artificiel (difficile à croire en date d’aujourd’hui!). Mais, dans un contexte d’économie des ressources, les canons à neige gourmands en eau et en énergie auront-ils libre jeu? Et quel sera le prix d’un billet de remontée?

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Lire aussi: Si le climat vous intéresse!

Les enjeux liés aux transports

Nous approchons du moment où le pétrole sera trop dispendieux pour une consommation massive comme maintenant. D’autant plus que, avec une hausse de la population et de la classe moyenne, les besoins énergétiques doubleront dans les 25 prochaines années, malgré une préoccupation grandissante pour l’environnement.

L’époque où la technologie automobile était au service de la vitesse et de la performance achève. Les efforts sont mis à développer des modes de propulsion innovants et bien moins polluants. L’hydrogène ou l’électricité? Les véhicules hybrides se répandent, mais la technologie a encore du chemin à parcourir en matière d’autonomie. En utilisant uniquement sa batterie électrique, la Prius de Toyota ne peut rouler que sur une distance de 2 kilomètres.

On comptait 24 millions de passagers aériens en 1950 et 2,1 milliards en 2006. L’Association internationale du transport aérien (IATA) en prédit 2,75 milliards en 2011… alors combien en 2030? Voici quelques réflexions sur les impacts de cette situation:

  • Le pétrole de plus en plus cher amène les recherches actuelles à réfléchir à des avions qui consommeraient moins et transporteraient encore plus d’individus. Airbus s’est engagé à réduire de 50 % les émissions de dioxyde de carbone de ses avions d’ici à 2020. On parle aussi «d’ailes volantes», c’est-à-dire des machines très plates et triangulaires qui accueilleraient des passagers dans leurs ailes. On fait également des essais pour remettre les dirigeables en service. Près de 80 ans après leur disparition, ils volent à nouveau en 3D sur les écrans d’ordinateur. Ils consommeraient quatre fois moins que les avions et sont envisagés dans le domaine du fret. Leur taille gigantesque demeure un handicap; il faut toujours un mètre cube d’hélium par kilo de charge.
  • Pour que l’essor se poursuive, il faudrait multiplier les aéroports et ce, dans un contexte où les enjeux environnementaux s’accentuent.
  • Comment éviter un encombrement du ciel? En poursuivant le passage des actuelles routes aériennes (marquées au sol par des phares électromagnétiques) vers des routes totalement virtuelles où les avions utilisent les satellites GPS.
  • La question du contrôle aérien demeure. Le système actuel est «humain», donc limité par le nombre d’avions qu’un contrôleur peut diriger à un moment donné. Le monde de l’aviation espère toujours créer des avions totalement indépendants, qui auraient à leur bord les instruments nécessaires pour leur permettre d’éviter les collisions.

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L’avenir du tourisme de masse

Selon une étude du Groupe Cendant, le simple forfait avion-plage ne sera plus au goût du jour en 2020. Les individus préféreront les voyages excitants, ludiques, riches en expériences et en découvertes culturelles. L’industrie touristique devra relever le défi de conjuguer tourisme de masse et authenticité. Il y a cependant un décalage entre les attentes des voyageurs des pays émergents et celles des pays qui ont de l’expérience en matière de voyage. Les exigences des Chinois et des Indiens, par exemple, sont celles d’un Européen des années 1970 ou d’un Japonais d’il y a 10 ans.

La famille nouvelle

Les trente dernières années ont vu la famille se métamorphoser drastiquement. Les tendances actuelles – les différents modes de cohabitation, un nombre élevé de divorces, des naissances hors mariage et des parents célibataires – seront encore plus prononcées en 2020. Les chercheurs s’entendent pour dire que nous pourrons très difficilement parler de «familles typiques» et que ce concept fera place à des familles de tous types et de toutes tailles. De plus, avec la combinaison des dettes étudiantes et de l’augmentation du coût des propriétés, les enfants resteront avec leurs parents plus longtemps!

L’offre touristique devra donc être créative et flexible pour répondre aux intérêts de toute la famille, des grands-parents aux petits-enfants. Chacun aura ses intérêts particuliers, mais ils devront aussi pouvoir se retrouver tous ensemble.

Cependant, tous ne vivront pas en famille, aussi éclatée soit-elle, et la société de demain comptera encore plus de célibataires et de personnes seules. Il faudra leur permettre de se joindre à des groupes qui ont les mêmes centres d’intérêt qu’eux.

Et ce n’est pas tout!

La société comporte combien d’autres facettes qui seront différentes demain. Pensons à la révolution médicale, déjà bien entamée, qui devrait prolonger notre espérance de vie et nous permettre encore plus simplement de subir des retouches esthétiques. Imaginons un monde ou l’Internet sans fil est omniprésent et permet des formules de travail ultra-flexibles, mais aussi une surveillance technologique et un partage de l’information personnelle à grande échelle. Réfléchissons à la présence de robots dans tous les aspects de notre vie quotidienne; cette vision futuriste est certes à nos portes. Spéculons sur l’avenir des grandes villes, toujours plus audacieuses… Mais, surtout, soyons à l’affût de ce qui nous attend, préparons-nous et essayons de préserver ce monde aux mille facettes, qui offre tant à découvrir.

Sources:

– Dugain, Marc. «Le futur, enfin! – Vivre en 2020», Le Monde hors série, 2007.
– Ihaddadène, Luc. «Vous pensiez aller au ski en 2050? – Vivre en 2020», Le Monde hors série, mars 2007.
– Lauer, Stéphane. «Auto: Adieu la frime – Vivre en 2020», Le Monde hors série, octobre 2006.
– Garot, Jean-Marc. Entrevue «La Planète en overbooking – Vivre en 2020», Le Monde hors série, novembre 2005.
– Hopquin, Benoit. «Revoilà le dirigeable! – Vivre en 2020», Le Monde hors série, avril 2007.
– Agence France-Presse. «Le tourisme a encore de beaux jours devant lui jusqu’en 2030», Journal de Montréal, 1er décembre 2007.
– Robertet, Éric. Entrevue «Tourisme – En 2020, « bronzer idiot » ne suffira plus», [LCI.fr], 31 mars 2008.
– Hammond, Ray. «The World in 2030», Plastics Europe, novembre 2007.
– Guardian Special. «The World in 2020», [www.guardian.co.uk], 2004.
– McGuire, Bill, Benfield-UCL Hazard Research Centre. Holiday 2030, Halifax Travel Insurance, 2006.

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Ailleurs dans le monde Marketing Produits et activités

Liftopia, un modèle à cogiter!

De nombreux sites Web facilitent depuis plusieurs années la recherche de billets d’avion et de forfaits de voyage. Ce mode de distribution est avantageux non seulement pour le client, mais également pour le fournisseur, qui écoule ainsi son inventaire. Mais pourquoi ne pas l’appliquer à d’autres secteurs? Le ski, par exemple?

Liftopia.com est conçu pour les amateurs de ski et permet aux stations de montagne de vendre des billets au rabais. Le client y inscrit des dates et une région et il choisit ensuite dans la liste des promotions offertes. Notons qu’il est plus facile pour les stations de réduire leur tarif dans le cas de billets vendus à l’avance et que ceux-ci ne sont pas remboursables.

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Du côté des voyageurs, les promotions influenceront le choix d’une station lors d’un séjour de ski dans une région donnée. Pour faciliter leur recherche, ils peuvent obtenir les résultats à partir de quelques grandes villes sélectionnées. Des liens directs existent vers la météo de la station choisie ainsi que vers la carte des pistes. Outre les voyageurs qui planifient leur séjour à l’avance, le site est également susceptible d’intéresser ceux qui cherchent un projet de dernière minute et qui disposent d’un «petit budget». Le site regroupe actuellement de nombreuses stations de ski américaines ainsi que plusieurs de l’Ouest canadien.

Par ailleurs, le site www.billetdeski.com propose des billets de ski au rabais pour douze stations du Québec ainsi que pour Jay Peak, au Vermont. Mentionnons que Tremblant, le Mont-Sainte-Anne et Le Massif sont absents de ce site.

Le modèle de Liftopia est particulièrement intéressant parce qu’il est applicable à d’autres marchés (auberges, restaurants, croisières-excursion, golf, spa, etc.), pas nécessairement dans son intégralité puisque chaque secteur a ses spécificités. Mais il n’est pas utopique de rassembler un groupe d’entreprises qui offrent un produit comparable et de créer une interface Web simple et conviviale! Voyez-vous les opportunités…?

Sources:
– McMahon, Bill. «Ski Lift Tickets at a Discount», Springwise, 17 janvier 2008.
www.liftopia.com
www.billetdeski.com

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Midwest segmenté: Ohio et Wisconsin

La couverture des clientèles américaines en provenance de la zone géographique du Midwest se poursuit. Les analyses précédentes ont dressé un portrait des deux marchés les plus connus, soit ceux de Chicago et de Détroit. Nous nous attaquons maintenant à deux États moins familiers, mais tout aussi importants en termes de bassin de population: l’Ohio et le Wisconsin. Saviez-vous qu’on y retrouve quatre métropoles dont la population oscille pour chacune entre 1,6 et 3 millions d’habitants?

L’Ohio la populeuse

Dans la même veine que nos deux premières analyses sur le Midwest, notre principale région d’intérêt demeure lEast North Central qui abrite le Michigan, l’Ohio, l’Illinois, le Wisconsin et l’Indiana (voir carte 1). Nous décortiquerons cette fois deux portions importantes de ce territoire, soit l’Ohio et le Wisconsin.

L’Ohio fait partie des huit États américains dont la population surpasse les 10 millions (11,5 M), comprenant quelques marchés d’importance, soit Cleveland (3 M), Cincinnati (1,7 M) et Columbus (1,6 M).

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Un recensement des liaisons aériennes auprès du site d’Aéroports de Montréal fait état de 14 vols par semaine vers Cincinnati et de 19 en direction de Cleveland, mais aucun lien dans le cas de Columbus. On trouve certains vols directs, notamment avec Continental Airlines dont l’une des trois plaques-tournantes se situe à Cleveland. Par ailleurs, c’est dans la ville de Columbus que s’est établi le nouveau transporteur à très bas prix, Skybus.

La carte 2 illustre le découpage géographique de l’Ohio basé sur les marchés de télévision. Tout comme dans les deux premiers textes sur le Midwest, l’attribution des indices provient du rapport «The Lifestyle Market Analyst» publié annuellement par la firme SRDS. Toutefois, les variables concernant la propension aux voyages d’agrément et d’affaires ayant été retirées de l’édition 2007, ces indices spécifiques proviennent du volume de 2005. Rappelons que les variables sont calculées à partir d’un indice 100 qui reflète la moyenne nationale des États-Unis.

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Le marché de Cleveland

Contrairement à ce que l’on observe à Chicago, le marché de Cleveland (zone vert olive dans la carte 2) est fortement constitué de gens de race blanche (81%) dune population vieillissante. La concentration de ménages dont les revenus sont supérieurs à 100 000 USD est plus faible qu’ailleurs avec un indice de 88. Le profil type du résidant correspond à celui dun «col bleu» avec une scolarité de niveau secondaire.

Il s’agit d’un marché qui se situe dans la moyenne américaine pour les voyages à l’étranger (100) et légèrement plus porteur pour les voyages dagrément (102) et daffaires (106) (graphique 1). Au volet des intérêts, les indices les plus élevés sont associés au golf (123) et au casino (115).

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Le marché de Cincinnati

Le marché de Cincinnati (zone orangée dans la carte 2) abrite également une forte concentration de cols bleus et de nombreux travailleurs de la construction. L’homogénéité ethnique est encore plus marquée avec une proportion de 85% d’Américains de race blanche (128). La population est plus jeune, le segment des 18-24 ans obtenant l’indice le plus haut (108). On y trouve un grand nombre de jeunes familles avec des enfants de moins de 13 ans (115).

À l’opposé du marché de Cleveland, celui de Cincinnati affiche des indices inférieurs quant à l’aspect des voyages à l’étranger (84), par agrément (93) et par affaires (94), alors que les gens ont tendance à prendre l’avion plus fréquemment (109) (graphique 2). Quant aux indices de participation aux activités retenues, les résidants de Cincinnati obtiennent un indice supérieur à 100 dans les seuls cas de la pratique du golf (119) et du camping/randonnée (101).

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Le marché de Columbus

La région métropolitaine de Columbus se caractérise par une forte présence d’étudiants. Le profil type du travailleur correspond à un jeune âgé de 18 à 34 ans, marié, col bleu, détenant un diplôme du secondaire et dont le revenu de ménage se situe entre 50 000 et 75 000 USD.

À première vue, les indicateurs relatifs aux voyages ne semblent pas très prometteurs (graphique 3). Les quatre grandes variables touristiques présentent des indices inférieurs à 90, dont le plus important est celui des voyages à l’étranger (80). Du côté des différentes sphères d’intérêt, seuls le golf (116) et le camping/randonnée (102) présentent des taux de participation au-dessus de la moyenne américaine.

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La banlieue de l’Ohio: une région à oublier!

Rien ne sert de s’attarder trop longtemps sur le marché de la banlieue de l’Ohio. Le potentiel touristique de cette région n’est tout simplement pas au rendez-vous, puisque les indices reliés au voyage sont parmi les plus bas que l’on puisse trouver (graphique 4). En d’autres mots, si vous souhaitez conquérir de nouveaux marchés, mieux vaut regarder ailleurs pour entamer vos démarches auprès de régions plus propices.

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Les résidants de la banlieue de l’Ohio ne sont guère plus participatifs sur le plan des loisirs (graphique 5). Le golf suscite lintérêt le plus marqué et, à l’opposé, le ski engendre un taux de pratique très bas. La région de Youngstown se démarque avec un indice élevé en ce qui concerne les casinos (128).

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Un topo du Wisconsin

Le Wisconsin compte 5,5 millions d’habitants. Les principaux marchés sont ceux de Milwaukee (1,7 M), de Green Bay (800 000) et de Madison (700 000). Aucun vol direct vers Montréal n’est offert à partir de ces marchés. De nombreux Allemands et Scandinaves étant venus s’y installer au XXe siècle, on y remarque une importante influence européenne. Aujourd’hui, 43% de la population du Wisconsin est d’origine allemande. La carte 3 illustre le découpage géographique du Wisconsin, toujours basé sur les marchés de télévision.

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Un marché de voyageurs?

Les variables relatives aux voyages des résidants du Wisconsin affichent des indices intéressants pour les voyages d’agrément (106) et pour les voyages à l’étranger (98), notamment dans la région de Madison (graphique 6). Environ 90% de la population de cette région est de race blanche (134), dont un important contingent de jeunes âgés de 18 à 24 ans (142). On remarque aussi une propension élevée (111) à réaliser des voyages d’affaires du côté des résidants de Duluth.

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Wisconsin Loves Nature

Avis aux pourvoiries, les mordus de pêche sont nombreux au Wisconsin où deux régions (Wausau-Rhinelander et Duluth) affichent des indices supérieurs à 160 (graphique 7). En fait, c’est le Wisconsin dans son ensemble qui présente des valeurs en symbiose avec la nature et l’environnement alors que toutes les régions recueillent des indices supérieurs à 100 pour cet aspect. Cela se reflète aussi sur le désir de pratiquer le camping/randonnée avec des indices supérieurs à 120 pour cinq des six régions. Fait intéressant, on remarque un comportement diamétralement opposé à celui des résidants de l’Ohio par rapport à la pratique du ski. La pratique du ski est particulièrement populaire dans la région de Duluth, avec un impressionnant indice de 176. En terminant, Duluth (130), Milwaukee (128) et Wausau-Rhinelander (123) se démarquent également pour l’intérêt des gens pour les casinos.

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Source:
– SRDS. «The Lifestyle Market Analyst», Market Profiles, 2005 et 2007.

Lire aussi:
Peut-on dompter le marché de Chicago?
Le marché de Détroit, au-delà des préjugés

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Le marché de Détroit, au-delà des préjugés

Bien qu’il ne soit situé qu’à deux heures de vol, le marché de Détroit demeure méconnu. Avons-nous été trop timides avec celui-ci sur le plan touristique? Cette deuxième analyse d’une série de trois sur le marché du Midwest américain dresse un profil régionalisé en fonction des habitudes de voyages et de loisirs des Américains en provenance du Michigan et plus particulièrement du grand Détroit.

Topo du Michigan

Tel que nous l’expliquions dans notre première analyse sur le Midwest américain, notre principale région d’intérêt concerne l’East North Central, qui regroupe le Michigan, l’Ohio, l’Illinois, le Wisconsin et l’Indiana (voir carte 1).

Le Michigan fait partie des huit États américains dont la population dépasse les 10 millions. On y trouve un marché urbain de première importance, celui de Détroit avec ses 3,8 millions d’habitants.

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On associe souvent le marché de Détroit au tourisme de proximité qui relie la ville de l’automobile à la région de Windsor en Ontario. Au cours des dernières années, ce tourisme d’excursionnistes a connu une baisse spectaculaire et les comportements de voyages des Américains ont continué d’évoluer. Le site Aéroports de Montréal fait état de 27 départs par semaine de Montréal-Trudeau vers Détroit. La plupart de ces liaisons sont assurées par le transporteur Northwest Airlines, dont l’une des plaques tournantes se situe à Détroit.

La carte 2 illustre le découpage géographique du Michigan basé sur les marchés de télévision (Designated Market Areas<class= »msonormal »> – DMA). L’attribution des indices provient de «The Lifestyle Market Analyst 2007», rapport que publie annuellement la firme SRDS. Toutefois, comme quelques variables intéressantes ont été retirées de l’édition 2007, certains indices utilisés proviennent du volume de 2005. Rappelons que les variables sont calculées à partir d’un indice 100 qui reflète la moyenne nationale des États-Unis. Plus l’indice surpasse 100, plus la propension illustrée par la variable est élevée.

Carte 2
Marchés géographiques de l’État du Michigan

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Même si certaines régions DMA chevauchent deux États, elles seront traitées une seule fois. C’est le cas des zones de Duluth, de Green Bay-Appleton et de Toledo qui seront intégrés à la prochaine analyse sur les États du Wisconsin et de l’Ohio.

Détroit, la participative

Le marché de Détroit compte 3,8 millions d’âmes, dont la plus forte concentration (le centre-ville) est représentée par le comté de Wayne (1,5 M). Séparée de Windsor, en Ontario, par une simple rivière, cette ville américaine constitue un bassin important d’excursionnistes au Canada (voir carte 3). Ce segment des courts séjours a toutefois affiché une baisse importante au cours des dernières années, notamment en raison du renforcement des mesures de sécurité aux frontières terrestres. Le Québec pourrait-il mieux performer vis-à-vis ce marché par le biais de ses liaisons aériennes?

Carte 3
Marchés géographiques de la région de Détroit
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Cette métropole abrite une grande proportion de «cols bleus» (114). On y trouve également une forte densité de gens de race noire (176), mais très peu de résidants d’origine latine (23). Comme dans la plupart des grandes villes, le revenu moyen d’un ménage est assez élevé (57 000 USD) et un grand nombre de ceux-ci rapportent des revenus supérieurs à 100 000 USD (132). Mentionnons aussi la densité significative du segment âgé de 35 à 44 ans, dont les revenus sont supérieurs à 75 000 USD (131).

Détroit regroupe plusieurs comtés qui affichent des résultats élevés parmi les différentes variables étudiées. Bien desservi par son aéroport, le grand Détroit obtient un indice meilleur que la moyenne américaine (118) en ce qui a trait aux gens qui prennent souvent l’avion (voir graphique 1). Deux comtés (Oakland et Washtenaw) se distinguent particulièrement pour les quatre variables associées aux voyages, avec des chiffres qui surpassent même l’indice 160 dans le cas des habitués des vols en avion.

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Le marché de Détroit peut certes être considéré très participatif sur le plan des activités de loisirs (graphique 2). Les indices les plus élevés sont associés au golf et au ski, soit respectivement 178 et 149 pour Livingston et 156 et 146 pour Oakland. Concernant les activités de camping/randonnée (143) et de pêche (128), le comté de Lapeer s’illustre avec les plus hauts résultats.

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Des amoureux de la culture

Trois autres familles d’activités ont été retenues: les activités culturelles, le casino et l’intérêt pour la nature et l’environnement (graphique 3). Qui a dit qu’une ville étiquetée «industrielle» ne s’intéressait pas à la culture? Le comté de Washtenaw se démarque nettement avec un indice très élevé (143) au volet des activités culturelles, suivi de près par Oakland (134). Comme la région est bien nantie en casinos, on trouve aussi une grande quantité d’amateurs, avec trois régions affichant des indices supérieurs à 120, soit Macomb (133), Lapper (124) et Monroe (123). Finalement, la région de Lapeer (136) dispose du plus grand capital de sympathie pour la nature et l’environnement.

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Peu de voyages à l’étranger pour les régions

Conformément à ce que l’on observe ailleurs, les habitants des régions sont moins susceptibles de voyager que ceux qui résident dans les métropoles (graphique 4). La région de Lansing, limitrophe au grand Détroit (voir carte 2), est celle qui présente les meilleurs indices relatifs aux voyages. Toutefois, aucune des sept régions du Michigan n’affiche des indices supérieurs à la moyenne en ce qui concerne les voyages à l’étranger.

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Mon pays c’est l’hiver

Le nord du Michigan, souvent identifié comme The Upper Peninsula – Marquette et Traverse City-Cadillac –, constitue un endroit très propice aux activités hivernales et est même réputé comme étant le paradis des motoneigistes. Marquette et Traverse City-Cadillac présentent de très fortes incidences pour la pêche (152 et 155), le camping/randonnée (158 et 151) et surtout le ski (215 et 174). En raison d’un climat similaire à celui que l’on trouve au Québec, on peut supposer que la perspective d’une offre touristique hivernale pourrait intéresser les résidants du nord du Michigan.

On remarque également que le golf et l’intérêt pour la nature et l’environnement obtiennent partout des scores supérieurs à la moyenne nationale de 100. C’est tout le contraire du côté de la participation à des activités culturelles où, pour toutes les régions sauf celle de Lansing (93), les indices sont inférieurs à 90. Finalement, on note qu’en ce qui concerne la propension à se rendre au casino, deux endroits obtiennent des indices supérieurs à 130, soit Flint Saginaw-Bay City (133) et Alpena (140).

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Peut-on réussir le pari de Détroit et du Michigan?

Il faut commencer par poser la question: «Est-ce que le Québec a fait le plein du marché de Détroit?» Serait-il envisageable d’améliorer notre performance et de capitaliser davantage sur cette région qui n’est qu’à deux heures de vol de Montréal et qui bénéficie déjà de plusieurs liaisons directes? À l’heure où le tourisme de proximité est le plus durement touché en raison des irritants aux frontières et du prix élevé de l’essence, le temps est peut-être venu d’investir davantage sur certains marchés américains un peu plus éloignés. (Lire aussi: Provenance géographique des Américains au Québec, selon leur mode de transport).

On sait maintenant que les Américains sont avides de découvrir de nouvelles destinations. Pourquoi de notre côté n’irions-nous pas justement cibler de nouveaux marchés? Dans la logique d’un corridor commercial Québec-Windsor, Détroit constitue un marché naturel. Et, contrairement à Toronto, Montréal peut très bien jouer la carte de l’exotisme et s’imposer comme nouvelle destination à découvrir.

Dans le prochain Globe-Veilleur: les marchés de l’Ohio et du Wisconsin.

Lire aussi:
Peut-on dompter le marché de Chicago?
Provenance géographique des Américains au Québec, selon leur mode de transport

Source:
– SRDS. «The Lifestyle Market Analyst», Market Profiles, 2005 et 2007.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Peut-on dompter le marché de Chicago?

Pour l’industrie touristique du Québec, le marché américain du Midwest suscite depuis longtemps fascination et envie, en raison notamment de son imposant bassin de population. Pourtant, malgré de nombreuses offensives marketing, les résultats ont très souvent été décevants pour le Québec. Ce territoire est loin d’être homogène et certaines de ses régions s’avèrent beaucoup plus prometteuses. Le moment est peut-être venu de raffiner davantage nos stratégies. Cette première analyse d’une série de trois s’intéresse spécifiquement à la grande région métropolitaine de Chicago et à ses banlieues en Illinois.

Définition du Midwest

Le traditionnel Midwest couvre les 12 États suivants: Dakota du Sud, Dakota du Nord, Illinois, Indiana, Iowa, Kansas, Michigan, Minnesota, Missouri, Nebraska, Ohio et Wisconsin. La région qui nous intéresse principalement est celle qui appartient au East North Central, qui comprend les cinq États à la périphérie du lac Michigan (voir carte 1) avec un imposant total de 46 millions d’habitants. Des analyses subséquentes traiteront des autres grands centres urbains tels Détroit, Cincinnati, Columbus, Cleveland et Milwaukee.

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Chicago, la brute indomptable

Le grand Chicago qui s’étend principalement en Illinois, mais déborde aussi du côté de l’Indiana, compte plus de sept millions de résidants. C’est le troisième marché en importance après New York et Los Angeles. L’aéroport de Chicago constitue la deuxième plaque-tournante aux États-Unis, après Atlanta. Les vols en partance de Montréal sont fréquents, à hauteur de 90 par semaine (dont plusieurs vols directs), soit un volume sensiblement identique aux départs vers New York. Il est vrai que la majorité des passagers sont en transit, mais cela signifie tout de même que le Québec peut s’appuyer sur un service de transport de qualité pour mieux développer ce marché. Nous avons analysé en détail les habitudes de voyages et les profils d’intérêts des résidants des 12 comtés du grand Chicago (voir carte 2). Les variables illustrées dans les graphiques sont calculées à partir d’un indice 100 qui reflète la moyenne nationale des États-Unis. Plus l’indice surpasse 100, plus la propension illustrée par cette variable est élevée. La segmentation des régions géographiques est basée sur les marchés de télévision et l’attribution des indices provient du rapport The Lifestyle Market Analyst publié annuellement par la firme SRDS.

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Les grands voyageurs

L’analyse par comté démontre que les habitants de certaines régions semblent beaucoup plus susceptibles de voyager que d’autres (graphique 1). Le marché de Chicago paraît particulièrement porteur pour le segment des affaires, ce qui se traduit aussi par des indices élevés associés aux déplacements en avion.

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Les comtés de Lake (Illinois), de Cook et de Du Page sont ceux qui présentent les indices les plus élevés en ce qui concerne les voyages à l’étranger (en bleu), les voyages d’affaires (orange) et les voyages en avion (vert). On remarque par contre que plusieurs régions affichent des résultats beaucoup plus faibles que la moyenne au volet propension à voyager, notamment les comtés de Kankakee, de Grundy et de Lake (Indiana).

Le pays des golfeurs

Nous avons analysé différents types d’activités de loisir compatibles avec la consommation touristique afin de savoir où précisément se situaient les plus fortes densités d’adeptes. Le grand Chicago abrite une vaste quantité de golfeurs. À l’exception du comté de Cook, tous les autres affichent un taux de pratique supérieur à la moyenne nationale (graphique 2). C’est à McHenry qu’on observe l’indice le plus élevé (153), mais trois autres comtés affichent aussi un indice très fort (supérieur à 140), soit Lake (Illinois), Du Page et Kendall.

Chicago possède un important contingent de skieurs (alpins, de fond ou planchistes) et ce sont les régions de Lake (Illinois) et de McHenry qui renferment les plus fortes concentrations. Quant à la propension à pratiquer la pêche, elle est relativement faible, mais le comté de Grundy se démarque avec un indice de 118. En ce qui a trait au camping et à la randonnée, c’est la région de Dekalb qui arrive en tête.

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La troisième série de données évalue l’intérêt pour des activités culturelles, pour le casino ainsi que pour la nature et l’environnement (graphique 3). Le centre-ville de Chicago représenté par le comté de Cook affichel’intérêt le plus significatif (128) pour les activités culturelles. Celui de Lake (Indiana) se démarque (112) pour son goût pour les sorties au casino. Enfin, le plus fort capital de sympathie pour la nature et l’environnement provient de McHenry (105) et de Dekalb (104).

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D’autres variables permettent de mieux comprendre le marché de Chicago. Voici quelques caractéristiques du profil sociodémographique de ses résidants (indices entre parenthèses):

  • fortement éduqué (117)
  • haute concentration de Noirs (146), d’Hispaniques (128) et d’Asiatiques (112)
  • segment dominant de gens travaillant dans la vente/marketing (118)
  • grand nombre de jeunes célibataires de 35-44 ans (116)
  • forte présence de ménages à haut revenu – 100 000$+ (136)
  • plusieurs professionnels jeunes (18-34 ans) et aisés (75 000 $+) (140)

La banlieue préfère le golf aux voyages à l’étranger

La banlieue de Chicago couvre quatre grandes régions, principalement localisées en Illinois.La carte 3 illustre le rayonnement approximatif de chacun de ces marchés. Ces derniers sont basés sur les zones de couverture de la télévision et rejoignent au total environ 2,2 millions d’Américains.

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Les habitants des autres régions de l’Illinois sont intéressés par des activités orientées vers la nature, telles que la pêche et le golf. De plus, les indices liés au tourisme, particulièrement les voyages à l’étranger, par affaires et en avion, présentent un taux de participation très faible; c’est la même chose pour le ski.

Un nouveau regard sur le profil régional du marché de Chicago permet de mieux cerner les différentes occasions de poser des actions plus précises. Une promotion visant l’ensemble du marché, par le biais par exemple des grands quotidiens, coûte très cher. Des interventions mieux ciblées par l’entremise de canaux marketing régionaux secondaires pourraient avoir un meilleur rapport prix/rendement.

Dans le prochain Globe-Veilleur: le marché du Michigan et plus particulièrement de Détroit.

Source:
– SRDS. «The Lifestyle Market Analyst», Market Profiles, 2005-2007.

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Enjeux Tourisme durable

Changements climatiques: les saisons touristiques se modifient, bon gré mal gré (Compte rendu de conférence)

Les Assises de l’industrie touristique québécoise 2007 ont réuni deux experts et deux dirigeants d’entreprise touristique québécoise afin de discuter des changements climatiques, de leurs impacts, des adaptations possibles ainsi que de la situation ailleurs dans le monde.

Mettre la table!

Rappelant le dernier hiver marqué par une absence de neige au cours de la période des Fêtes, une semaine de relâche extrêmement froide, une apparence de printemps à la fin mars suivie d’une tempête de neige en avril et d’une température supérieure à 20 degrés à peine 10 jours plus tard, Michel Archambault, titulaire de la Chaire de tourisme Transat et animateur de l’atelier, souligne que les effets des changements climatiques semblent déjà se faire sentir au Québec.

Il est donc légitime de se demander si le produit touristique hivernal québécois pourra encore reposer sur le froid et la neige. Par ailleurs, d’un point de vue estival, le réchauffement peut sembler une nouvelle agréable et une promesse d’un allongement de la saison touristique. Toutefois, cette réalité a aussi certains aspects plus sombres: canicule, smog, augmentation des précipitations, etc.

M. Archambault soulève également la question suivante: un climat plus incertain affectera-t-il les habitudes de planification, de réservation et de consommation des touristes? Il rappelle que de 2002 à 2005 le nombre de Québécois qui ont voyagé vers la région de la Caraïbe au 3e trimestre (juillet-août-septembre) est passé de 10 000 à 60 000. Le tourisme québécois doit-il d’ores et déjà se demander comment il attirera une clientèle à qui il ne pourra plus promettre le soleil en été ou la neige en hiver?

Vulnérabilité de l’industrie du tourisme face aux changements climatiques: le contexte québécois

Tout en rappelant que le tourisme contribue indéniablement à l’augmentation des gaz à effet de serre (GES), principalement le secteur du transport qui est responsable de 90% des GES émis par les entreprises touristiques, Bhawan Singh, climatologue et professeur titulaire à l’Université de Montréal, énonce que l’industrie touristique est affectée de trois façons par les changements climatiques:

  1. Les effets directs des changements climatiques: plus grande variabilité météorologique, changements au niveau des précipitations (neige), etc.
  2. Les effets indirects liés aux changements de la nature: transformation de la faune et de la flore, modification des paysages côtiers, hausse du niveau de la mer, difficulté d’approvisionnement en eau, etc.
  3. Les effets tertiaires découlant de politiques de contrôle des GES: possible instauration de mesures restrictives telles qu’une surtaxe sur le carburant ou des limitations sur l’utilisation de l’eau.

Pour le Québec, si la tendance actuelle se maintient, les prévisions laissent entrevoir, d’ici 2080, une croissance de la température de 6 degrés et une hausse des précipitations de plus de 25%. Un tel scénario entraînerait nécessairement une mutation de la réalité touristique du Québec.

Afin d’illustrer l’impact de tels changements sur le tourisme québécois, M. Singh rappelle qu’une récente étude du consortium Ouranos révélait que, malgré les progrès technologiques permettant la production de neige artificielle à une température de -2 degrés Celsius (comparé à 5 actuellement), la saison de ski au Québec sera significativement affectée, surtout dans les Cantons de l’Est.

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 Par ailleurs, cette même étude révélait que la haute saison de golf s’allongerait d’environ 3 semaines au Québec.

Toutefois, selon M. Singh, l’impact le plus immédiat des changements climatiques demeure l’accroissement des précipitations et la plus grande variabilité de la météo.

Le réchauffement climatique et ses effets sur l’industrie du ski

Charles Désourdy, président de SkiBromont.com, rappelle que la variabilité et les caprices de la météo sont déjà le lot des stations de ski québécoises et ce, depuis de nombreuses années. À titre d’exemple, il rappelle la terrible saison 1979-1980, alors que la station n’avait ouvert ses portes que le 22 février, pour seulement 22 jours, et avait accueilli uniquement 22 000 clients (contre 600 000 lors de la saison 2006-2007).

Face à cette variabilité et à la courte durée de la saison, la production de neige artificielle est désormais une stratégie incontournable pour assurer le succès et la rentabilité d’une station de ski. Le principal défi est d’assurer une capacité massive de production afin de permettre le début rapide des activités (au plus tard le 26 décembre) et un recouvrement suffisamment épais pour absorber les pluies qui surviennent pendant les périodes de redoux. M. Désourdy souligne que la capacité d’enneigement de Bromont permettrait d’offrir du ski jusqu’au début du mois de juillet, mais que, dès avril, les clients perdent tout intérêt (à Bromont, la fréquentation après le 1er avril ne représente que 1,5% de l’achalandage annuel).

Il reconnaît que l’incertitude liée au climat entraîne aussi des changements dans les comportements des amateurs. Il mentionne par exemple les difficultés vécues sur le plan de l’hébergement de courte durée, la nécessité de revoir la tarification des abonnements annuels en fonction de l’évolution des habitudes des consommateurs ainsi qu’un certain engouement pour les voyages de ski dans l’ouest canadien et américain.

Les investissements nécessaires pour la production de neige étant très significatifs, M. Désourdy estime que plusieurs stations fermeront leurs portes au cours des prochaines années. Le Québec a déjà compté 125 stations, il y en a actuellement 83 actives et il estime qu’il y en aura 50 d’ici dix ans.

Par ailleurs, malgré un certain réchauffement climatique, la saison estivale ne représente pas une réelle opportunité pour les exploitants de stations de ski. Pour le parc aquatique SkiBromont, l’accroissement d’un degré a peu d’incidence sur l’achalandage, d’autant plus que, contrairement au skieur, l’amateur de ce genre de parc ne fait habituellement qu’une seule visite par saison.

Impacts des changements climatiques sur les opérations des croisières-excursions

Yan Hamel, président-directeur général de Croisières AML, souligne que la variabilité du climat représente un important enjeu pour un opérateur de croisières-excursions. Cette variabilité, jumelée à la médiatisation des prévisions météorologiques et à l’accès accru à l’information météo, contribue à l’accroissement des réservations et des annulations de dernière minute, particulièrement pour la clientèle individuelle qui génère un segment très important du chiffre d’affaires.

Afin de minimiser les effets du climat sur les opérations, AML a déployé trois stratégies:

  1. Améliorer les navires afin de proposer une expérience de qualité en garantissant le confort des clients malgré la pluie, le froid ou la chaleur.
  2. Diversifier la clientèle. AML devait diminuer sa dépendance envers la clientèle individuelle en augmentant la clientèle provenant des marchés corporatifs, des voyagistes et des autres groupes.
  3. Assouplir la mise en marché. La météo étant une variable incontournable de la décision de la clientèle individuelle, procéder à des ajustements hebdomadaires de ses actions marketing en fonction des prévisions de la météo, des objectifs et des réservations reçues.

M. Hamel souligne aussi que le réchauffement climatique favorise l’allongement de la saison qui peut désormais débuter plus tôt (dès avril) et se terminer plus tard (jusqu’en octobre). Il souligne toutefois que des problématiques en matière de ressources humaines ne permettent pas d’en profiter pleinement. Le calendrier scolaire prive les entreprises d’étudiants de niveau collégial dès la troisième semaine du mois d’août (désormais le mois le plus achalandé de l’été) alors que le chômage devient un concurrent indirect en assurant des prestations suffisamment alléchantes, ce qui décourage certains employés saisonniers d’amorcer la saison d’exploitation à temps partiel dès le mois d’avril.

Il termine en précisant que le réchauffement climatique permet le développement d’offres que l’on n’aurait jamais cru possibles! En décembre dernier, pour la première fois de son histoire, AML a organisé des soirées corporatives de Noël sur un de ses navires!

Changements climatiques et tourisme: situation actuelle en Europe

Pour conclure, Walter De Schepper, de la firme Neybergh Consulting, a présenté un survol de la situation européenne. Il a souligné que, sur le Vieux-Continent, le réchauffement climatique représente un enjeu qui va au-delà de l’absence de neige. Pour de nombreuses destinations, la hausse des températures est annonciatrice de canicules sévères, de pénuries d’eau et d’une hausse du niveau des océans qui mettront en danger de nombreuses régions côtières. Il cite en exemple les îles Canaries, la Crête (Grèce) et la Côte d’Amalfi et la Toscane en Italie.

L’accroissement des vagues de chaleur dans les pays du sud de l’Europe risque d’entraîner une modification notable des habitudes de vacances et des flux de voyage. En été, les destinations plus nordiques devraient connaître un regain d’intérêt alors que les destinations soleil traditionnelles qui seront délaissées pendant la période chaude deviendront des destinations de printemps et d’automne.

Curieusement, la politique de l’Union européenne (UE) sur les changements climatiques ne comporte aucune mesure spécifique relativement au lien entre ces changements et le tourisme et ce, même si le transport et la protection des zones côtières font partie des principales préoccupations. Toutefois, le secteur aérien est actuellement identifié comme cible dans le contexte de l’élargissement des mesures de contrôle des émissions de GES. Les émissions de l’industrie internationale de l’aviation ont augmenté de 70% de 1990 à 2002 tandis qu’au cours de la même période les émissions totales de l’UE baissaient de 3%.

À l’heure où la planète n’a jamais été aussi accessible, autant physiquement que financièrement (low-cost), et à l’heure où les voyageurs rêvent de tous les exotismes, M. De Schepper indique que le tourisme fait face à un paradoxe important. Pour assurer sa survie globale, l’industrie touristique devra envisager de s’impliquer pour faire changer cette nouvelle culture du voyage. Est-il utopique de croire que les prestataires du tourisme souhaiteront éventuellement que les gens voyagent mieux ou moins? Probablement!

Mais il y a fort à parier que, tôt ou tard, les destinations ou peut-être les touristes eux-mêmes modifieront leurs comportements devant l’ampleur du défi environnemental.

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Ailleurs dans le monde Tourisme durable

Lorsque le touriste dit: Oui, je le veux!

Même si certaines entreprises ne se sont pas encore engagées de façon concrète dans le mouvement du tourisme durable, toutes en ont certainement entendu parler. Mais il n’y a pas que l’entreprise qui doive faire sa part, le touriste aussi! Alors comment interpeller celui-ci de façon à ce qu’il adopte une attitude responsable? Voici quelques initiatives qui incitent le touriste à s’impliquer chez vous.

Comme citoyen, le touriste entend parler des mesures pour protéger l’environnement, pour réduire les gaz à effet de serre, pour devenir un individu «responsable». Il existe aussi des façons de susciter son engagement lorsqu’il voyage.

Une belle invitation de la région des Alpes de Haute-Provence

En s’engageant dans une démarche de tourisme durable, le département des Alpes de Haute-Provence souhaite améliorer l’accueil du touriste. Aussi, l’Agence de Développement Touristique de cette région propose-t-elle à ce dernier de partager ce privilège et cette responsabilité et l’invite à devenir Citoyen des Alpes de Haute-Provence par le biais de la «Charte de l’accueil partagé».

Le futur visiteur peut consulter le dépliant de la Charte ainsi que la liste des entreprises touristiques qui ont adhéré à la démarche. En y souscrivant lui-même, il démontre la volonté de s’impliquer dans cette communauté et de la respecter. Il obtient alors une carte Tourisme Citoyen des Alpes de Haute-Provence, un carnet de route pour les échanges et les expériences lors de son séjour et un autocollant «Vivons ensemble les Alpes de Haute-Provence».

Cette approche constitue une façon intéressante de renforcer les liens entre le voyageur, la population et la région visitée.

Diverses initiatives de centres de villégiature et de stations de ski

Plusieurs centres de villégiature et stations de ski aux États-Unis sollicitent de différentes façons la participation des visiteurs à des programmes environnementaux.

Vingt-cinq resorts effectuent une levée de fonds à raison de 1$ par nuitée ou à l’achat d’un billet de remontée mécanique au profit de la National Forest Foundation. Cette dernière s’engage à investir 1,50$ pour chaque dollar reçu dans des projets de conservation soumis par les régions où sont situés les centres participants. Cette initiative est généralement bien reçue des skieurs lorsqu’on leur explique cette surcharge. Bien qu’ils aient toujours la possibilité de la refuser, très peu le font.

Comme suite à son adhésion à un programme d’énergie éolienne, la station Crystal Mountain au Michigan encourage les skieurs et les employés à l’imiter en offrant un billet de remontée gratuit à ceux qui souscrivent à ce type de programme.

Pour contrer les émissions de carbone générées par l’exploitation du centre de villégiature, le Ski Cool Program de Smugglers’ Notch au Vermont invite les skieurs à verser 10$ additionnels lors de l’achat d’une passe de saison ou 0,50$ à chaque visite. Pour chaque dollar amassé, la station ajoute 0,25$. Les sommes recueillies l’an dernier (environ 1780$) ont été versées au Schrack Family Farm Methane Project à Loganton en Pennsylvanie.

Développé par Bonneville Environmental Foundation, le programme SkiGreen s’adresse aux centres de sports d’hiver dont 14 y ont déjà adhéré. En se procurant un autocollant «mini green tag» (équivalent au 1/10 du «full green tag») au coût de 2$, les clients supportent des projets d’énergie éolienne en Amérique du Nord. La saison dernière, les skieurs ont acheté l’équivalent de 2000 mégawattheures, ce qui représente la puissance énergétique annuelle de 166 résidences ou la réduction de 2,8 millions de livres de gaz à effet de serre.

Un partenariat entre Jackson Hole (Washington) et American Forests a vu le jour en 2003, lequel a permis aux skieurs de financer, pour la somme de 10$, le reboisement de bandes de terre dans les forêts nationales. Cette saison, ils ont ajouté la vente d’un bracelet vert (Releaf Fund) au coût de 2$.

Le programme «Leave no trace» pour les adeptes de plein air

Le programme «Leave no trace – Sans trace» vise à éviter ou à réduire au minimum les impacts sur les milieux naturels tout en assurant une expérience positive aux adeptes du plein air.

Aventure Écotourisme Québec (AÉQ), en partenariat avec le Leave No Trace Center for Outdoor Ethics (LNT), a formé depuis septembre 2004 près de 250 instructeurs, lesquels pourront refiler leurs connaissances aux visiteurs de sites naturels.

Les 7 principes du programme Sans trace sont :

1. Prévoir et planifier à l’avance
2. Voyager et camper sur des surfaces durables
3. Gérer adéquatement les déchets
4. Laisser intact ce qu’on trouve
5. Minimiser l’impact des feux
6. Respecter la vie sauvage
7. Respecter les autres usagers

Le code d’éthique de l’Organisation mondiale du tourisme


Bien malin le touriste qui connaît le Code mondial d’éthique du tourisme proposé par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Même si ce code s’adresse aussi aux voyageurs, il sert plus souvent d’orientations générales aux pouvoirs publics et aux professionnels du tourisme. Alors, il est de leur responsabilité de mettre en application ces règles et de les promouvoir auprès du voyageur.

Sources:
– Aventure Écotourisme Québec – Sans trace, [www.aventure-ecotourisme.qc.ca].
– Agence de Développement Touristique des Alpes de Haute-Provence – Charte de l’accueil partagé, [www.alpes-haute-provence.com/soleil/index.php].
– Darrow, April. «Programs Help Guests Go Green», National Ski Areas Association – NSAA Journal, février/mars 2007, p. 31-33.
– Organisation mondiale du tourisme. «Code mondial d’éthique du tourisme», [www.world-tourism.org].

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Les glissades sur tube ont la cote

Les sports de glisse ne se limitent plus au ski alpin et à la planche à neige. Les glissades sur tube gagnent de nombreux adeptes et quantité de stations de ski et d’autres parcs spécialisés ont investi massivement au cours des dernières années afin de se doter d’installations qui permettent la pratique de la glissade sur tube. Déjà offerte par la moitié des domaines skiables américains, cette activité, qui génère déjà en moyenne quelque 22 000 visites annuellement par station, est en voie de devenir un produit vedette.

Une activité universelle

L’une des raisons expliquant l’intérêt pour la glissade sur tube est son accessibilité à tous. Les gens qui n’affichent pas une bonne forme physique peuvent utiliser un remonte-pente ou un tapis roulant pour la remontée et de s’asseoir sur une chambre à air pour glisser. Même les personnes à capacité physique très restreinte (ex.: paraplégiques) peuvent s’y adonner. Selon un sondage américain réalisé par Kottke, l’âge de la clientèle se répartit comme suit:

  • 31% d’enfants de 12 ans et moins,
  • 35% de jeunes de 13 à 17 ans,
  • 34% d’adultes.

D’un simple couloir pour la descente sur chambre à air à de larges bandes de plus de huit mètres de largeur qui permettent de faire descendre simultanément une vingtaine de tubes, la conception des installations se diversifie. Les bateaux pneumatiques de type rafting s’ajoutent aux produits disponibles. La longueur et l’inclinaison varient aussi beaucoup, certaines pistes permettant d’atteindre des vitesses de plus de 60 km/h.

De l’argent neuf pour les stations de ski

Il y a 15 ans, l’attrait pour la planche à neige a donné un second souffle à l’industrie du ski et a permis de renouveler significativement le bassin de clientèles. La même histoire est en train de se répéter avec la popularité grandissante des glissades sur tube.

Pour plusieurs centres de ski, l’ajout d’équipements de glissade sur tube a diversifié les sources de revenus et ajouté à la rentabilité de l’entreprise. Beaucoup plus que de modestes collines, les pentes dédiées à ces glissades sont aménagées, à l’image des autres sports de glisse, sur de nouveaux flancs de montagnes à forte inclinaison. Les corridors de glisse peuvent atteindre plus de 400 mètres de long.

Dans bien des cas, la portion de la montagne où l’on trouve les glissades est dotée de son propre chalet, d’une entrée et d’un stationnement indépendants. L’équipement de fabrication de la neige est souvent la seule infrastructure partagée.

Cela permet aux stations de ski qui prennent la décision d’investir dans ce type d’installations d’offrir à leur clientèle un excellent complément. Les skieurs et les planchistes emmènent souvent des adeptes de la glissade avec eux. Sans compter que plusieurs skieurs désirent pratiquer les deux activités. Les sessions de glisse se vendent habituellement par bloc de 60 minutes ou de 120 minutes.

L’autre avantage pour les centres de ski vient du fait que la clientèle des tubes n’a souvent pas l’intention de skier. Sauf que la vision d’une montagne bien enneigée peut devenir un stimulant pour revenir pratiquer d’autres activités de glisse. La clientèle de la glissade constitue donc un terreau fertile de futurs skieurs.

La fièvre américaine

Les dirigeants de plusieurs stations de ski aux États-Unis sont enthousiasmés de l’engouement généré par l’introduction d’équipements dédiés à la glissade sur tube, d’autant plus que ces investissements se traduisent dans la majorité des cas par une rentabilité bien sentie sur le plan de l’exploitation.

Environ la moitié des stations de ski américaines offrent désormais la glissade sur tube. Celle-ci est d’ailleurs considérée comme l’une des activités hivernales qui affichent la plus forte croissance aux États-Unis. Dans un contexte où la neige se fait de plus en plus rare dans la cour arrière des résidences, de tels parcs enneigés continueront d’avoir la cote.


Prenons par exemple le cas du Massanutten Resort, un centre de villégiature quatre-saisons situé dans l’État de la Virginie. En 1998, l’entreprise a ajouté à ses installations un parc à tubes comprenant cinq corridors de glisse de 300 mètres de long. Devant l’immense popularité de l’activité, neuf autres tracés ont été aménagés et un tapis roulant a aussi été ajouté. En dépit d’une plus grande capacité d’accueil, l’établissement enregistre annuellement de 35 à 40 jours d’exploitation à pleine capacité, et le parc à tubes, plus de 65 000 visites annuellement, soit le tiers de l’achalandage généré par la montagne en hiver.

Du côté de la station Perfect North Slopes, située en banlieue de Cincinnati, le succès de l’inauguration des glissades sur tube s’est fait sentir dès la première année de service (2001) avec 35 000 visites. Grâce à de nouveaux investissements qui ont fait passer le nombre de pistes à 25, les dirigeants s’attendent à recevoir cette année plus de 100 000 visites.

Quelques chiffres aux États-Unis

La répartition des parcs à tubes est très inégale chez nos voisins du Sud. Présents marginalement dans certains resorts, ils occupent une place prépondérante de l’activité hivernale dans d’autres. L’étude de la National Ski Areas Association présente un portrait de l’évolution de l’achalandage moyen dans les parcs à tubes des stations de ski (graphique 1). C’est dans le Sud-Est que les stations affichent en moyenne le plus grand nombre de visites pour les glissades sur tube annuellement, soit 35 000. Les régions du Centre (Midwest) et des Rocheuses sont celles qui ont connu des hausses au cours des dernières années. Évidemment, cela n’indique pas la progression du nombre total de visites puisque nous ne connaissons pas l’évolution de l’ensemble de l’offre.


C’est dans la région du Centre que l’apport de la glissade sur tube est la plus importante, comparativement au ski, alors qu’elle a compté pour un ratio de 25% par rapport au total des jours/ski de la saison 2005-2006. Dans l’ensemble du pays, la proportion de cette contribution se chiffre à 6,2%.

Encore loin du potentiel?

Au Québec, les données contenues dans l’Étude économique et financière des stations de ski du Québec indiquent que le potentiel de la glissade sur tube semble loin d’être atteint. Une trentaine de stations offrent actuellement la glissade sur tube, soit des revenus totaux de plus d’un million de dollars. L’apport de cette activité demeure ainsi encore très marginal pour l’industrie du ski au Québec, représentant moins de 1% des revenus de l’ensemble des stations de ski.

À première vue, si l’on compare ces données avec celles des États-Unis où le nombre de visites de glissade compte pour plus de 6% du total national des jours-ski, cela permet d’envisager un potentiel de croissance. Il s’avère toutefois difficile de quantifier l’achalandage global à l’échelle du Québec, puisque plusieurs régions se sont dotées d’installations qui ne figurent pas parmi les opérations d’un centre de ski.

On peut toutefois supposer que la part du lion revient très certainement aux parcs spécialisés dans la glissade. Une importante partie de l’achalandage est généré par trois joueurs majeurs qui ont beaucoup investi dans ce créneau de marché: le Village Vacances Valcartier, la Pente des Pays d’en Haut et les Super Glissades de Saint-Jean-de-Matha.

Voir aussi

Massanutten
Perfect North Slopes
Valcartier
Glissade
Glissade St-Jean-de-Matha

Sources:
– ASSQ, Michel Archambault, Kate Germain et Jean Morin. Étude économique et financière des stations de ski du Québec – Saison 2005-2006, novembre 2006.
– Lomax, Becky. Tubin’ USA, NSAA Journal, février-mars 2007.
– RRC Associates. Kottke National End of Season Survey 2005/06, National Ski Areas Association, mai 2006.
– Wolleson, Nate. Snow Trails to Add New Tubing Park, Snow Trails [www.snowtrails.com], août 2006