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Enjeux Marketing Tourisme durable

Si le climat vous intéresse!

Un peu comme un échantillon que l’on reçoit par la poste, le Québec a eu l’occasion d’expérimenter le produit très médiatisé «facteurs climatiques». Comble de malchance, l’essai s’est effectué durant la période des Fêtes, moment faste pour la pratique des sports d’hiver. Pas de panique à bord, ce n’est qu’un échantillon! Les experts le confirment: les conditions météo qui ont prévalu jusqu’au début de janvier ne sont pas la nouvelle norme, mais plutôt un avant-goût de ce qui nous attend dans quelques décennies. Même si la neige s’est enfin décidée à tomber, cette expérience nous force à réfléchir sérieusement.

Action – réaction!

Pour garder l’intérêt des skieurs au moment où la neige se faisait rare, la station de ski américaine Jay Peak a lancé une offensive promotionnelle invitant les adeptes à consulter le site Jay2pour1.com. Les prochains centimètres de neige tombés détermineront le rabais auquel les skieurs inscrits auront droit sur les remontées mécaniques, l’hébergement, le Passeport Jay Peak, etc.

Tourisme Outaouais a modifié sa campagne publicitaire «Et si on partait en Outaouais» en y ajoutant «Avec ou sans neige».

Certitudes et incertitudes

Il faut tout de même habiter une autre planète pour ne pas être au courant du branle-bas autour des changements climatiques et de leurs conséquences. Oui, mais… on en parlait pour dans 30, 40 ou 50 ans!

Une certitude: l’ordre mondial climatique est bouleversé. Une autre certitude: les météorologues soulignent que les conditions connues jusqu’au début de janvier ne seront pas la norme à court terme et qu’il y aura encore des hivers au Québec.

Le bouleversement du climat entraînera principalement l’augmentation des températures, la hausse du niveau des océans et la fréquence accrue des dérèglements climatiques (inondation, sécheresse, ouragan, pluie diluvienne, canicule, etc.).

Après le terrorisme, un autre impondérable avec lequel il faudra composer maintenant: le climat. Mais il est encore difficile de prévoir où, quand et comment il frappera, de même que l’ampleur de ses effets. Pour l’instant, le ski et le golf ne font pas encore bon ménage en décembre.

Le ski et le golf au Québec sous la loupe des chercheurs

Au Québec, le consortium Ouranos a pour mission de surveiller les changements climatiques et leurs impacts afin d’informer et de conseiller les décideurs sur l’évolution du climat et d’élaborer des stratégies d’adaptation locales et régionales. Ce groupe a déjà réalisé une imposante étude pour l’industrie touristique: «Impacts et adaptations aux changements climatiques pour les activités de ski et de golf et l’industrie touristique: le cas du Québec».

Des hivers plus doux et des saisons de ski plus courtes s’annoncent. On souligne, entre autres, l’enjeu crucial que constitue la capacité d’investir dans la fabrication de la neige pour les stations de ski au cours des prochaines années. Effet contraire pour le golf, alors que les saisons s’allongeront. Toutefois, des journées très chaudes et une hausse des précipitations perturberont la pratique.

Le tourisme, à la fois coupable et victime

Même si l’industrie touristique subit les frasques de la météo, il faut aussi souligner qu’elle est pointée du doigt dans les dérèglements de dame Nature, le transport étant le principal secteur au banc des accusés. (Lire aussi: Vers un bilan «carbone neutre» – Le voyage prend le virage écologique.)

Si le virage du développement durable n’est pas amorcé par l’industrie touristique, les facteurs climatiques pourraient l’imposer et peut-être de façon peu élégante. Des actions à court, moyen et long terme s’imposent.

1- Comprendre le phénomène et enrayer les facteurs qui perturbent le climat

À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale du tourisme tape sur ce clou depuis quelques années. De sa première «Conférence internationale sur le changement climatique et le tourisme» en Tunisie en avril 2003 est issue La Déclaration de Djerba sur le tourisme et le changement climatique. Cette déclaration devrait constituer les premières pistes d’actions (adhésion au Protocole de Kyoto, études des effets réciproques du tourisme et du changement climatique, application de mesures d’adaptation et d’atténuation pour contrecarrer les effets négatifs, etc.).

Bien qu’il soit difficile de renverser la vapeur, adopter un comportement responsable devient le mot d’ordre pour, à tout le moins, ne pas aggraver la situation.

  • Utiliser des moyens de transport moins polluants et énergivores.
  • Évaluer les retombées de toutes nouvelles infrastructures sur l’environnement.
  • Sensibiliser les touristes à adopter un comportement responsable.
  • Promouvoir les entreprises qui agissent de façon responsable.
  • Encourager le développement de produits respectant les prémisses du développement durable.

2- Saisir les impacts sur l’industrie touristique

Même si les études qui traitent des impacts du climat sur le tourisme ne sont pas légion, certaines perturbations sont à prévoir.

  • Transformation radicale de la nature selon les endroits (absence de neige, érosion des berges, assèchement de plans d’eau, détérioration de la végétation, etc.).
  • Perturbation des activités extérieures.
  • Modification du rythme saisonnier des voyages – les grandes chaleurs estivales déplaceront l’exercice de certaines activités vers le printemps et l’automne (visite de centres urbains, golf, etc.).
  • Changement des flux touristiques – le jeu de la concurrence entre les destinations sera modifié et le déplacement de la demande s’effectuera du Sud vers le Nord. Les chaleurs estivales pourraient faire fuir les touristes des grands centres urbains situés plus au sud. Le temps doux hivernal, compromettant les conditions d’enneigement pour certaines stations de ski, pourrait donner un nouvel essor à d’autres stations bénéficiant de meilleures conditions et ce, malgré une saison hivernale écourtée. En hiver, les destinations du Sud pourraient présenter moins d’attrait en raison des risques de maladies tropicales accrus, de la chaleur accablante, de l’érosion des rives et de la pression sur les ressources naturelles et les écosystèmes.

3- Envisager des mesures alternatives et des activités de remplacement

Si un horizon de vingt ou trente ans peut paraître loin, envisager des solutions de rechange impliquera sûrement des changements majeurs et des investissements financiers importants. Dans cette optique, c’est maintenant qu’il faut y réfléchir.

  • Opter pour des activités de remplacement – ex. quad (véhicule tout-terrain) en remplacement de la motoneige.
  • Diversifier les activités – ex. vélo de montagne quand les conditions ne se prêtent pas au ski alpin.
  • Construire des installations artificielles – ex. patinoire intérieure; domaine skiable intérieur (skidôme).
  • Développer de nouveaux produits – ex. mountainboarding.
  • Modifier le produit – ex. plongée d’exploration d’épaves plutôt que d’observation des coraux.
  • Se tourner vers un autre marché – ex. randonneurs plutôt que skieurs; pour une destination soleil, voyage de noces plutôt que plongeurs.
  • Adopter une nouvelle stratégie promotionnelle – ex. mettre en valeur l’offre des intersaisons (printemps et automne); créer des événements dans les saisons intermédiaires.

Ce qui pourrait aussi arriver

L’effet météo sur les touristes ne date pas d’hier. Il conditionne les déplacements et, immanquablement, un été pluvieux au Québec exerce un effet désastreux sur les retombées touristiques. Quelles conséquences dame Nature pourrait-elle avoir sur le touriste?

  • Décisions de dernière minute – elles pourraient être accentuées par ce phénomène.
  • Coûts supplémentaires – facteur polluant, le transport pourrait écoper de surtaxes et entraîner une hausse significative des coûts de déplacement.
  • Diminution des déplacements – dans le but de minimiser les impacts négatifs liés aux transports, les gens se déplaceraient moins souvent, mais peut-être pour plus longtemps. Les voyageurs d’affaires pourraient rationaliser leurs déplacements et se tourner résolument vers des solutions de rechange comme la vidéoconférence et d’autres moyens de télécommunication.

Voici, en complément d’information, certains textes qui ont été publiés par le Réseau de veille en tourisme sur le sujet :

Sources:
– Consortium Ouranos. «Impacts et adaptations aux changements climatiques pour les activités de ski et de golf et l’industrie touristique: le cas du Québec», mai 2006, [www.ouranos.ca/doc/produit_f.html].
– Journal of Sustainable Tourism. «Special Issue – Tourism and its Interactions with Climate Change», vol. 14, no 4, 2006.
– Organisation mondiale du tourisme. «Changement climatique et tourisme», Actes de la 1re Conférence internationale sur le changement climatique et le tourisme, Djerba, Tunisie, 9-11 avril 2003.
– Yeoman, Ian et Una MacMahon-Beattie. «Understanding the Impact of Climate Change on Scottish Tourism», Journal of Vacation Marketing, vol. 12, no 4, 2006, p. 371-379.

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Faits et chiffres Produits et activités

Qu’est-ce qui influence les habitudes de loisir?

Pour mieux apprendre à connaître notre clientèle, il est parfois utile de l’analyser sous de nouveaux angles. Nous avons cette fois-ci isolé deux variables particulières, l’occupation professionnelle et la taille de la communauté de résidence afin d’évaluer quelle incidence elles pouvaient exercer sur certains éléments relatifs aux loisirs et aux voyages des Canadiens.

Les Canadiens sous la loupe

Selon les données obtenues par le Print Measurement Bureau (PMB) 2006, les opportunités et les traditions familiales diffèrent radicalement selon que l’on habite dans une agglomération de moindre taille (moins de 100 000 âmes), dans une ville d’envergure (plus de 1 million d’habitants) ou dans une municipalité canadienne de catégorie intermédiaire dont la taille oscille de 100 000 à 1 million d’individus. La population canadienne se répartit de façon à peu près égale entre les trois segments.

Plus tôt dans l’année, le Réseau de veille en tourisme avait fait la lumière sur les façons dont les Québécois passaient leur temps libre, à savoir notamment quelles activités bénéficiaient de la plus forte intensité de pratique. (Lire aussi: Comment les Québécois utilisent-ils leur temps libre?) Cette fois, nous laissons de côté les volumes de participation en utilisant essentiellement des indices de propension à la réalisation d’une activité, d’un voyage ou autre. Ces indices fonctionnent sur la base où un résultat de 100 équivaut à la moyenne canadienne. Par exemple, si un segment de population obtient un indice de 150 pour la pratique du curling, cela signifie que ce groupe d’individus s’avère 50% plus susceptible d’être adepte de cette activité que la moyenne canadienne.

Participation aux activités de loisir

Le premier cas étudié concerne la propension des Canadiens à participer à certaines activités, selon la taille de leur communauté (graphique 1). Par exemple, celles de moins de 100 000 habitants s’adonnent beaucoup plus régulièrement aux activités en lien direct avec la grande nature telles que la chasse, la pêche, la motoneige et le bateau à moteur, alors que celles des villes intermédiaires ont une plus forte propension à pratiquer le golf, le ski de randonnée et la voile. Quand aux résidants des métropoles, on remarque qu’ils se tournent davantage vers le ski alpin et le vélo. Fait intéressant, ces derniers s’avèrent nombreux à s’évader de la ville pour s’adonner à la voile.

Nous avons aussi analysé les types d’activités correspondant à divers profils d’emploi. Fait important à noter, plus du tiers (36%) des Canadiens n’appartiennent à aucune catégorie d’emploi puiqu’ils sont retraités ou sans emploi notamment. Les différentes occupations professionnelles ainsi que la proportion de la population canadienne correpondant à chacune d’entre elles sont les suivantes:

  • professionnels (6%),
  • cadres supérieurs, propriétaires (3%),
  • cadres intermédiaires (13%),
  • cols blancs, techniciens, enseignants (9%),
  • commis, secrétaires (8%),
  • métiers spécialisés (25%),
  • autres (36%).

Évidemment, il existe une forte corrélation entre le niveau salarial, donc la catégorie de profession et le type d’activités pratiquées. Mais, au-delà de ce constat, on obtient d’autres renseignements intéressants, sans compter que des emplois appartenant par exemple à la catégorie des métiers spécialisés s’avèrent souvent aussi rémunérateurs que des professions de type cadre intermédiaire.

Certaines activités plaisent de façon à peu près égale à tous les Canadiens, peu importe leur corps de métiers. C’est le cas notamment de la pratique du camping et du vélo (graphique 2). Les professionnels enregistrent un intérêt marqué pour la voile, le ski de randonnée et le ski alpin, alors que les cadres supérieurs et les propriétaires favorisent davantage le golf, le bateau à moteur et la motoneige. On remarque que les gens oeuvrant dans le domaine des métiers spécialisés ont un profil nettement différent, leurs activités de prédilection étant la chasse, la pêche, la motoneige et la planche à neige.

Destinations de vacances

Nous avons mis en lumière les taux d’incidence des choix de vacances des Canadiens en regard de la taille de leur communauté (graphique 3). Malheureusement dans ce cas-ci, la variable de la proximité géographique vient un peu mêler les cartes puisqu’il est difficile de savoir, par exemple, si le comportement des gens d’une ville québécoise de moindre taille voyageant au Québec est le même que celui des habitants d’une autre ville canadienne d’envergure similaire qui choisit le Québec comme lieu de vacances. Au-delà de cette mise en garde, voici quelques constats intéressants :

  • Les voyages des Canadiens au Canada sont répartis de manière assez égale entre les diverses communautés.
  • Les Canadiens habitant dans les grands centres ont une plus forte propension à voyager au Québec.
  • Les voyages internationaux sont surtout l’apanage des résidants des grandes villes, particulièrement dans le cas des séjours en France.
  • Ce sont les Canadiens des villes intermédiaires qui sont les plus susceptibles de se rendre au Mexique.
  • Les Canadiens des petites communautés ont une moins forte propension que les autres à voyager en général dans ces destinations.

En ce qui concerne le jumelage des destinations avec le profil d’emploi (graphique 4), voici quelques constats:

  • Ce sont les professionnels qui affichent la plus forte propension à voyager pour toutes les destinations étudiées, sauf dans le cas des destinations «soleil», soit le Mexique et la Floride.
  • Le groupe des cols blancs, des techniciens et des enseignants est friand des vacances en France, au Mexique et au Royaume-Uni/Irlande, de même qu’en Floride et au Québec.
  • Les cadres supérieurs et les propriétaires sont ceux qui optent le plus souvent pour des vacances vers le Sud.
  • Les Canadiens oeuvrant dans des métiers spécialisés voyagent nettement moins que les autres travailleurs.

Sélection du mode d’hébergement

La taille de la communauté des résidants canadiens semble également exercer une influence sur le choix du type d’hébergement durant leurs vacances au Canada (graphique 5). On remarque notamment des taux d’incidence élevés chez les habitants des grandes villes à opter pour les gîtes du passant et les centres de villégiature. Les Canadiens des municipalités de taille moyenne affichent une plus grande propension à privilégier des vacances au chalet (commercial ou privé) et chez des parents et amis. Quant aux voyageurs des petites agglomérations, ils optent davantage pour les terrains de camping et les motels.

Par ailleurs, lorsqu’on met en parallèle l’hébergement privilégié avec les occupations professionnelles des Canadiens, un élément ressort clairement du lot (graphique 6): les travailleurs professionnels s’avèrent particulièrement friands des gîtes du passant. De leur côté, les cadres supérieurs et les propriétaires, de même que les cadres intermédiaires, affichent une propension plus élevée à choisir les centres de villégiature.

Activités pratiquées lors des vacances

Sur le plan des activités pratiquées au cours de vacances au Canada selon la taille de la communauté d’origine des Canadiens, on peut dégager d’intéressantes observations (graphique 7). Les résidants de municipalités de moindre taille affichent une forte propension à pratiquer la chasse et la pêche, de même qu’à assister à des conférences. Ce dernier constat s’explique par le fait que les réunions se déroulent habituellement dans les plus grands centres, d’où la nécessité, pour les gens habitant de petites communautés, de se déplacer.

On remarque également la tendance très urbaine du ski alpin/planche à neige, alors que ce sont les Canadiens des métropoles qui s’y adonnent davantage. Par ailleurs, le golf semble très populaire du côté des villes intermédiaires, possiblement en raison de l’accès à un grand nombre de parcours à proximité.

En terminant, on constate que les cadres supérieurs/propriétaires assistent régulièrement à des conférences et jouent souvent au golf lors d’un voyage au Canada (graphique 8). Ils affichent aussi une forte propension à pratiquer le ski alpin/planche à neige. Les professionnels, quant à eux, présentent des taux d’incidence nettement supérieurs à la moyenne canadienne pour à peu près toutes les catégories. On remarque aussi une certaine affinité entre les Canadiens qui occupent des postes de commis/secrétaires et les activités liées aux parcs thématiques/zoos et aux événements sportifs.

Source:
– Print Measurement Bureau 2006.

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Segments de clientèles Tendances

«Gap Year Travel», peut-on mieux exploiter ce créneau?

Le segment de marché relié au «gap year travel» demeure relativement nouveau et quelque peu méconnu. L’idée d’interrompre ses occupations régulières pour découvrir de nouveaux horizons ne date pourtant pas d’hier. Bien que les dépenses quotidiennes de ces voyageurs se révèlent relativement faibles, ils apportent une contribution substantielle à l’économie locale en raison de la durée de leur séjour. Cette pratique s’avère particulièrement populaire auprès du marché britannique. Plusieurs organisations opérant essentiellement à l’aide d’Internet se sont taillé une place en offrant des services qui vont de simples conseils de voyages à des agences de voyages spécialisées organisant le séjour.

Définition

Trouver une formulation francophone pour le gap year travel  n’est pas chose simple; nous conserverons ainsi l’expression anglophone d’origine afin de faciliter la compréhension. La notion de gap travel correspond à un voyage effectué par une personne qui a décidé d’interrompre ou de retarder, durant un certain laps de temps, ses études ou son emploi afin d’assouvir son désir de voyager.

Les origines du gap travel remontent à la fin des années 1940 alors que, dans la période de l’après-guerre, on voyait d’un bon oeil que les jeunes partent explorer la planète dans l’objectif de s’ouvrir aux différentes cultures et d’améliorer les chances de paix mondiale. Ce n’est toutefois qu’à la fin des années 1990 que l’idée de voyager à l’aube de l’entrée à l’université s’est répandue.

Trois segments distincts

Plus récemment, le concept du gap travel s’est étendu à d’autres groupes d’âge, à commencer par les individus au coeur de leur vie professionnelle. On observe en effet de nombreuses réorientations de carrière qui fournissent l’occasion à ces gens de prendre une pause entre deux emplois. De plus, il existe aujourd’hui une meilleure acceptation de la part des milieux éducatif et professionnel, ce qui contribue à créer un contexte favorable à ce type de voyages.  

On observe également un nombre croissant de personnes plus âgées qui profitent d’une bonne santé, tant financière que corporelle, pour partir à la découverte de nouvelles contrées. Plusieurs des voyageurs de cette catégorie sont des backpackers de la première heure et constituent une cohorte de voyageurs expérimentés.

Les trois catégories de gap travellers se résument comme suit:

  • Les jeunes à la porte de l’université qui voyagent une fois la période du secondaire ou du collégial complétée.
  • Les travailleurs qui décident de prendre une pause dans leur carrière professionnelle pour voyager.
  • Les retraités qui, souvent, ont terminé leur carrière principale avant l’âge obligatoire de la retraite et souhaitent voyager avant d’amorcer leurs activités post-retraite (petit boulot à temps partiel, bénévolat, etc.).

Taille et provenance du marché

Le marché du gap year travel est composé à plus de 90% de voyageurs indépendants qui organisent eux-mêmes leur périple. La firme de recherche britannique Mintel estime à plus de 10 milliards CAD les dépenses annuelles mondiales effectuées par les gap travellers. Ces derniers réalisent de 1 à 1,5 million de voyages annuellement. Le Royaume-Uni représente, et de loin, le marché le plus important, générant à lui seul des dépenses d’environ 5 milliards CAD.

En dépit du fait que les dépenses quotidiennes de ces voyageurs demeurent relativement faibles, la durée de leur séjour fait en sorte que la contribution économique de chaque voyageur s’avère très élevée. En moyenne, les gap travellers dépensent 10 000 CAD par voyage. Ce sont les voyageurs en pause de carrière professionnelle qui y allouent les plus importants budgets, environ 16 000 CAD par voyage. Les gap travellers en provenance du Royaume-Uni représentent seulement 1% des départs internationaux du marché britannique, mais environ 10% des dépenses.

Le marché des jeunes est dominé par la clientèle anglo-saxonne provenant principalement du Royaume-Uni, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l’Afrique du Sud. On estime à 230 000 le nombre d’étudiants britanniques âgés de 18 à 24 ans qui effectuent ce type de voyage. Les pays scandinaves, le Canada et l’Irlande constituent aussi des bassins de clientèle à considérer. On trouve aux États-Unis un segment de jeunes qui étudient au Royaume-Uni et qui effectuent quelques voyages à l’intérieur du Vieux Continent entre les sessions. Mais, contrairement à d’autres nationalités comme les Britanniques, le marché américain est moins porté à entreprendre des voyages autour du monde.

Quant aux gap travellers britanniques de mi-carrière, on en recense 90 000 comparativement à 200 000 en situation d’après-carrière.

Choix des destinations

L’Australie et la Nouvelle-Zélande constituent les deux pays par excellence pour ce type de projet, particulièrement auprès des Européens. Plusieurs critères influencent la popularité d’une destination auprès des «gap travellers», notamment la sécurité, les exigences de visas, le coût de la vie, les possibilités d’emploi. L’Australie exploite d’ailleurs son statut particulier de destination éloignée de rêve et renforce son avantage concurrentiel auprès de ce marché avec des campagnes promotionnelles soutenues (voir photo). En 2005, le gouvernement australien a alloué un budget de six millions CAD pour promouvoir à l’étranger les vertus de son offre de visa de travail-vacances, afin d’attirer les gap travellers et il a même étendu la période de séjour permise de un à deux ans.  

L’Asie est également prisée par ces voyageurs en raison de la richesse de l’expérience culturelle qu’elle procure et du faible coût de la vie qu’ils y trouvent. Les pays incontournables qu’ils explorent pour le plaisir sont l’Inde, la Thaïlande, la Malaisie, le Viêt Nam et l’Indonésie. Ils se tournent aussi vers le Japon, mais davantage pour y trouver du travail.

L’Amérique du Sud et le Pacifique Sud, avec le Brésil et Fidji en tête de liste, sont aussi de plus en plus populaires. Finalement, l’Afrique attire pour sa part un grand nombre de travailleurs humanitaires avec son concert d’organisations internationales spécialisées.  

Et le Québec?

Comme les règles d’accueil des visiteurs internationaux relèvent du palier fédéral, le gouvernement canadien joue un rôle primordial pour attirer ce créneau de voyageurs. Affaires étrangères et Commerce international Canada offrent le Programme vacances-travail. Ce dernier propose aux résidants de 13 pays admissibles (Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Corée du Sud, Finlande, France, Irlande, Japon, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni) de voyager au Canada tout en ayant la possibilité d’occuper un emploi pendant une courte période afin de gagner un peu d’argent supplémentaire pour assurer les frais de voyages. La période maximale de séjour en vertu de ce visa est de 12 mois. Malheureusement, les États-Unis ne font pas partie de cette entente.

Du côté des initiatives régionales, Tremblant constitue un bel exemple de réussite dans ce segment de marché. L’organisation Ski le Gap a été créée en 1994. Elle cible spécifiquement les skieurs britanniques qui recherchent une formation intensive de ski alpin ou de planche à neige (voir photo). On leur propose de vivre une expérience incomparable à l’occasion de leur gap year et d’acquérir plusieurs niveaux de certification. De plus, cela permet à la destination de ski de compter sur un bassin additionnel d’instructeurs qualifiés, enjeu important pour le secteur.

Il existe une multitude de déclinaisons à exploiter pour attirer cette catégorie de clientèle dont le comportement de voyage n’a certes rien d’habituel. De nouvelles facettes méritent peut-être d’être exploitées afin de favoriser d’autres rapprochements naturels à l’instar des jeunes skieurs britanniques à la recherche d’expériences de ski. Par exemple, la France ne pourrait-elle pas s’avérer un marché prometteur pour le Québec pour certains créneaux spécifiques? Les grands espaces demeurent toujours un élément de rêve qui peut facilement être jumelé à un contexte de vacances-travail, dans le tourisme de plein air et d’aventure notamment.

Cousins français, une année sabbatique au Québec ça vous dirait?

Voir aussi

Gap Australia
Ski le gap.com
Gap-year

Sources:
– e-tid. «Brazil «Develops as Gap Year Destination», 11 juillet 2006.
– Hide, Will et Tom Chesshyre. «The Trip of a Lifetime Starts Here», The Times [travel.timesonline.co.uk], 17 juin 2006.
– Hotel News Resource. «Gap Travel – Emerging Niche Market with 1 Million to 1.5 Million Trips Per Year», 21 février 2006.
– Mintel International Group. «Gap Year Travel International», Travel & Tourism Analyst, No. 12, juillet 2005.
– Wignall, Alice. «Time Out», The Guardian [travel.guardian.co.uk], 19 août 2004.

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Enjeux Tourisme durable

Coup de raison: le tourisme durable (Compte rendu de conférence)

Qui n’a pas déjà entendu parler du tourisme durable? Mais comprenons-nous vraiment ce dont il s’agit? Il existe plusieurs idées préconçues autour du tourisme durable. Lors d’une conférence tenue aux Assises annuelles de l’industrie touristique 2006, Maurice Couture, consultant en tourisme, a remis les pendules à l’heure, tout en jetant un bon éclairage sur le concept, en citant des exemples de bonnes pratiques et en apportant des pistes d’intervention.

Diverses définitions où l’on retrouve des mots-clés

  • Conseil de l’Europe
    Le tourisme durable est en harmonie avec la population, l’environnement et la culture du lieu, de telle sorte que son développement se fait constamment à leur profit et non à leur détriment.
  • Danemark
    Créer un tourisme en équilibre avec la nature, qui est accepté par les communautés hôtes, qui procure aux touristes une expérience de la nature et de la culture danoises authentique et de grande qualité, et qui crée de l’emploi et des revenus pour la société locale.
  • Organisation mondiale du tourisme
    Les principes directeurs du développement durable sont applicables à toutes les formes de tourisme, dans tous les types de destinations, y compris au tourisme de masse et aux divers créneaux touristiques.Les principes de durabilité concernent les aspects environnemental, économique et socioculturel du développement du tourisme et le maintien d’un bon équilibre entre ces trois aspects.Le tourisme durable est un tourisme qui:
    – exploite de façon optimum les ressources de l’environnement,
    – respecte l’authenticité socioculturelle des communautés d’accueil,
    – offre à toutes les parties prenantes des avantages socioéconomiques.

Des idées préconçues qui se révèlent fausses

  • Le développement durable c’est l’affaire des autres secteurs, notamment des industries qui polluent
    FAUX! Le réchauffement de la planète et la pollution concernent directement le tourisme.Les changements climatiques ont un impact sur la modification des saisons et, notamment, sur les produits hivernaux. Les périodes de gel et de dégel détériorent les routes. La baisse du niveau des Grands Lacs se répercute sur le Saint-Laurent, sur le paysage québécois et sur l’industrie des croisières. La migration de certains insectes met en danger la forêt et altère les expériences touristiques dans ce milieu.En termes de pollution et de détérioration, le tourisme a aussi sa part de responsabilités en raison des millions de déplacements aériens et automobiles, de la consommation d’espaces et d’énergie et de la production de déchets. Il peut être aussi une source de nuisance sociale.Une ressource surexploitée = perte d’attrait = perte de clients.

    L’industrie touristique doit, elle aussi, changer ses façons de faire et ce, dans son propre intérêt, afin de préserver son caractère attractif et d’assurer la pérennité de ses composantes naturelles et culturelles.

  • Le tourisme durable est l’affaire des gouvernements
    FAUX!  C’est l’affaire de tout le monde:
    – des divers paliers gouvernementaux – réglementation, cadre favorable, incitatifs, protection des paysages, etc.;
    – des associations de tourisme – soutien aux entreprises, animation du milieu, pratique par l’exemple, etc.;
    – des entreprises – adoption de nouvelles pratiques, atteinte non seulement d’objectifs financiers, mais aussi environnementaux et sociaux (triple bottom line), etc.;
    – des employés – participation active aux changements, suggestion de nouvelles façons de faire, etc.;
    – des touristes – éthique, choix de transport respectueux de l’environnement, de destinations et d’entreprises prônant ces valeurs, etc.;
    – de la population locale visitée – hospitalité, éthique, participation à la préservation et à la mise en valeur du milieu, etc.;
    – de toutes les composantes de l’industrie touristique – destinations (peu importe la taille), tourisme d’affaires, tourisme urbain, sites culturels, aires naturelles, parcs d’attraction, événements, hébergement, etc.Il importe de changer les mentalités. Le «nouveau tourisme» s’engage à ne pas répéter les erreurs du passé. Le World Travel & Tourism Council (WTTC), qui regroupe des leaders touristiques internationaux du secteur privé, s’est engagé sur la voie du tourisme durable.
  • Le tourisme durable ne concerne que la préservation de l’environnement
    FAUX! C’est un défi sur les plans de la planification et de la gestion des impacts tant environnementaux que socioculturels.Qui dit développement dit impacts. Le développement durable implique la gestion de ces impacts. C’est une question d’équilibre et d’harmonie à réaliser dans une optique de prospérité à long terme.
  • Le tourisme durable est un produit qu’on peut vendre aux touristes
    FAUX! Le tourisme durable n’est pas un produit, c’est une façon de concevoir, de planifier et de gérer les activités touristiques. C’est aussi un changement dans le style de gestion, les comportements, les mentalités et les habitudes. TOUT UN DÉFI!Mais… les touristes étant de plus en plus sensibles aux questions environnementales, on peut promouvoir le fait que l’entreprise a adopté de bonnes pratiques de développement durable.
  • Le tourisme durable implique des coûts supplémentaires pour les entreprises
    FAUX! L’utilisation de technologies appropriées peut entraîner des économies substantielles pour les entreprises.Mais… le recours à des technologies vertes et à des produits écologiques peut engendrer des coûts supplémentaires.

    Par contre… l’utilisation rationnelle des ressources et la diminution de la pollution maintiennent l’attractivité d’une destination et l’image positive auprès de la clientèle et de la population locale. De plus, les bonnes pratiques environnementales et sociales de l’entreprise ont un effet mobilisateur auprès des employés et concourent à un sentiment de fierté et d’appartenance vis-à-vis de l’entreprise.

Des applications concrètes

Dans le secteur de l’hébergement, le développement durable se situe sur les plans de l’architecture et de la construction de l’établissement, de la gestion de la consommation d’énergie et d’eau, de la gestion des eaux usées, de la réduction des déchets et du recyclage.

Le Vancouver Hotel a remplacé le chlore dans la piscine par un mélange de sel et de soda, entraînant une économie de 1500$. Le Jasper Park Lodge fertilise son golf avec du compost. Le Banff Springs a diminué sa production de déchets de 85%. Le Punta Cana Resort and Club, en République dominicaine, a mis en place une coopérative pour que la communauté puisse vendre ses produits d’artisanat aux hôtels locaux. Le Mayfair InterContinental à Londres donne à des refuges pour les sans-abri ses tapis et ses rideaux, de même que ses bouteilles de shampoing et ses savons à moitié utilisés.

Le groupe Accor considère que la multiplication de gestes et de précautions simples au quotidien est tout aussi bénéfique pour l’environnement que la mise en place d’équipements importants. Ce groupe hôtelier a consigné un nombre de bonnes pratiques dans la «charte environnementale de l’hôtelier» appliquée dans plus de 1700 hôtels de la chaîne. S’ajoute à cela l’identification de ratios de référence permettant de comparer la performance d’un établissement et d’identifier ses progrès.

Dans le secteur des attractions, Disney recycle quotidiennement des millions de litres d’eau usée pour arroser les aménagements paysagers et irriguer ses terrains de golf.

L’Aspen Skiing Company (1,3 million de skieurs, 2 hôtels de luxe, 15 restaurants et 3400 employés) a mis sur pied une fondation pour l’environnement, en collaboration avec ses employés, ainsi que des programmes de diminution de produits dangereux, d’efficience énergétique et de motivation auprès du personnel pour l’adoption de pratiques environnementales. Cette compagnie a aussi adopté des techniques de construction «vertes» et utilise des remontées mécaniques qui fonctionnent avec de l’électricité achetée à des producteurs d’énergie éolienne. Par ces mesures, la station de ski obtient des retombées positives, et ce, à tous les niveaux: réputation, profitabilité, motivation du personnel, couverture médiatique, meilleures relations avec la communauté locale, environnement plus sain, conformité environnementale, durabilité à long terme de la station, destination prisée, sentiment que la clientèle effectue un choix judicieux.

Avec toutes les parties impliquées (municipalité, associations, commerces et résidants locaux), la station de Whistler en Colombie-Britannique a la ferme intention de devenir la première station touristique «durable» au monde. En plus de ses indicateurs économiques, elle a instauré des indicateurs de performance tant sur le plan social qu’environnemental.

Les autorités de Heathrow en Angleterre ont signé un contrat avec la communauté afin de travailler de concert avec celle-ci à l’agrandissement de l’aéroport.

À Montréal, Tohu/La Cité des arts du cirque est un exemple d’architecture verte et d’implication sociale dans la revitalisation d’un quartier.

Par ailleurs, en ce qui concerne la motoneige, il faut privilégier l’utilisation de technologies moins polluantes et plus silencieuses, comme les moteurs à quatre temps, et le développement d’un tracé de sentiers avec une vision à long terme qui minimise les impacts auprès des résidants et sur les milieux fragiles.

Dans l’esprit du développement durable, les labels prolifèrent, par exemple: BEST (Business Entreprises for Sustainable Practices), TOSI (Tour Operators Sustainable Initiative), Hotel Environment Initiative, Green Globe 21, Destination 21, Green Key (Danemark), Green Leaf (Canada), ECOTEL, etc.

Des pistes d’intervention en tourisme durable

  • Se donner un plan d’action en partenariat avec des acteurs clés et impliquer des leaders de l’industrie.
  • Démystifier, vulgariser et communiquer.
  • Développer des outils à l’intention de l’industrie.
  • Intégrer le développement durable comme facteur de valorisation de l’industrie touristique et miser sur les liens étroits entre qualité et tourisme durable.
  • Préparer l’avenir en intégrant le développement durable dans la formation des futurs gestionnaires.
  • Reconnaître et promouvoir les cas de succès.
  • Éduquer les touristes afin qu’ils fassent des choix éclairés.

Merci à Maurice Couture, consultant en tourisme, GPS Tourisme inc.

Source:
– Couture, Maurice. «Le Tourisme durable: Une application du concept à des cas pratiques», Assises de l’industrie touristique, Montréal, 26 mai 2006.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Développer une culture sportive pour assurer le renouvellement des clientèles: le cas de la Norvège

En Norvège, la popularité du ski de fond existe depuis longtemps et repose sur de vieilles traditions. Quoiqu’il en soit, ce pays s’est doté des moyens nécessaires pour entretenir l’intérêt envers cette activité et, surtout, pour s’approprier son hiver, grâce au développement d’une culture sportive qui débute dès les premiers pas des enfants. Et si cette approche inspirante se voulait une solution pour stimuler le renouvellement des clientèles de loisir et de tourisme et freiner le phénomène de sédentarisation qui sévit de plus en plus dans notre société contemporaine?

Un milieu urbain dédié au ski de fond

Les résidants d’Oslo et des 20 municipalités environnantes bénéficient d’un réseau de pistes de ski de fond très élaboré. On y trouve 2600 kilomètres de pistes tracées, dont 2000 sont entretenus mécaniquement. Puisqu’en Scandinavie la noirceur tombe dès 15 heures pendant une bonne partie de l’hiver, la capitale norvégienne s’est également dotée de plus de 200 kilomètres de sentiers éclairés pour permettre les sorties de fin de journée.

Les terres utilisées pour l’ensemble du réseau appartiennent à plus de 2000 propriétaires différents. L’Association de ski de fond obtient les droits d’accès auprès de chacun de ceux-ci. Il n’existe aucune forme de compensation pour ce type de consentement. L’entretien des pistes est assuré par l’Association qui obtient son financement de ses quelque 50 000 membres. Les résidants ont le choix de s’enregistrer pour la saison ou… pour la vie. Les municipalités complètent le financement pour couvrir les frais d’entretien du réseau.

Former la relève dans les écoles

La clé du succès d’un tel réseau de pistes de ski de fond dans la grande région d’Oslo repose sur le maintien de la tradition nationale de cette activité. Depuis les années 1980, c’est-à-dire depuis le début de l’entretien mécanique des pistes, le nombre annuel de membres demeure relativement stable, ne fluctuant qu’en fonction de la qualité des hivers.

 

Mais d’où vient cette culture de la pratique des sports d’hiver et comment a-t-elle été entretenue?

Pour trouver une explication, il faut regarder du côté des programmes scolaires. Chaque année, plus de 10 000 enfants participent à l’école de ski de l’Association, par l’entremise des programmes des garderies et des écoles. Dès l’âge de 3 ans, les enfants sont initiés à cette activité. Cette école contribue ainsi à perpétuer le cycle de la tradition du ski de fond.

Par ailleurs, on constate que les enfants, qu’ils aient fréquenté l’école de ski de fond ou non, ont tendance à abandonner la pratique lorsqu’ils atteignent l’adolescence afin d’expérimenter la planche à neige ou le ski alpin. Néanmoins, lorsqu’ils fondent eux-mêmes leur famille, ils reviennent au ski de fond, deviennent membres de l’Association et inscrivent leurs propres enfants à l’école de ski. Rappelons que la Norvège est un pays qui abrite environ 4,5 millions d’âmes, dont un peu plus de un demi-million habitent la région d’Oslo.

Un engagement bien senti du secteur privé

Il n’y a pas que les individus qui se sentent interpellés par les loisirs d’hiver, la communauté des affaires l’est également. Plusieurs entreprises oeuvrant dans les sports d’hiver proposent aux membres de l’Association d’intéressants rabais sur une sélection de produits et services. Certaines, même, soucieuses de  démontrer leur engagement social, s’associent aux activités de plein air et apportent un soutien financier à l’Association.

Dans la même foulée, la culture sportive du pays se transpose également par la tenue de plusieurs compétitions internationales de ski de fond qui réunissent tant les professionnels que les amateurs. Les deux événements les plus courus après les Coupes du monde sont le Holmenkollen Ski Marathon (photo) et la Birkebeiner Rennet, où 11 000 personnes participent annuellement à cette épreuve de 56 kilomètres.

Source d’inspiration pour le Québec?

Dans le dernier budget Harper, le gouvernement reconnaissait que l’activité régulière comporte de nombreux effets positifs chez les enfants. En même temps, l’accroissement des coûts attribuables à la pratique d’activités sportives devient source de préoccupation pour de nombreux parents. Déjà le gouvernement s’est engagé à mettre sur pied un groupe d’experts en santé et en condition physique chargé de fournir des conseils sur les programmes d’activité physique qui deviendront admissibles au crédit d’impôt. Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec y va également de son effort, ayant déposé le 10 mai dernier un projet de loi instituant le Fonds pour le développement du sport et de l’activité physique.

L’occasion pourrait être propice pour introduire certaines activités de loisir traditionnellement moins accessibles, ou simplement moins populaires, auprès des enfants en bas âge.

Une conférence pancanadienne tenue à Magog en mars 2001 s’est d’ailleurs penchée sur la question. L’une des trois principales recommandations issues du sommet sur les enjeux de la participation sportive au Canada était la suivante:

    «Favoriser la pratique du sport et de l’activité physique à l’école grâce à un cadre de pratique sportive structuré (dès le primaire), à la mise en place d’incitatifs divers, et à l’accessibilité des installations sportives pour les jeunes.»

Une initiative québécoise à saluer

Dans le même esprit que l’exemple norvégien sur le ski de fond, l’Association des stations de ski du Québec offre depuis 1987 un programme pour faciliter l’enseignement du ski et de la planche à neige aux jeunes enfants et pour développer une culture de sports d’hiver. Ce programme, intitulé Iniski/Inisurf à l’école, vise à initier directement dans leur cour d’école les jeunes de la maternelle et du primaire à cette activité. Le matériel fourni aux commissions scolaires comprend non seulement les skis, les bottines, les casques de sécurité et les planches à neige, mais aussi un devis technique pour construire une butte de neige dans la cour d’école ainsi qu’un cahier scolaire avec dessins, énigmes et jeux pour préparer les enfants à l’activité extérieure. Plus de 13 000 initiations ont ainsi été réalisées durant la saison 2004-2005.

Il existe au Québec un consensus général sur l’importance d’augmenter le temps consacré à la pratique du sport et de l’activité physique à tous les stades du cheminement éducatif, particulièrement à l’école primaire, où les élèves sont initiés aux sports. Il s’agit de véhiculer une image positive du sport dans le milieu scolaire et de mettre l’accent sur le plaisir et l’accessibilité pour tous, plutôt qu’uniquement sur la performance. Un enfant actif, c’est aussi un voyageur de demain qui aura le goût de participer aux diverses activités touristiques.

Devant une anticipation du rôle accru des écoles dans le développement d’une culture sportive, le moment est peut-être venu pour les divers regroupements sectoriels de se positionner judicieusement à cet égard. Pour plusieurs secteurs d’activité tels que le golf et le ski, l’avenir repose sur le renouvellement des clientèles qui, nécessairement, passe par le maintien d’une relève.

Avec la collaboration de Stéphanie Chrétien

Sources:
– Bégin, Jean-François. «Pour faire bouger le Québec», La Presse, 11 mai 2006.
– Chrétien, Stéphanie. «Le tourisme hivernal en Scandinavie», Réseau de veille en tourisme, 20 mars 2006.
– Ministère des Finances Canada. «Le budget de 2006, cibler les priorités», [www.fin.gc.ca], 2 mai 2006.
– Sport Canada. «Rapport de la Conférence régionale du Québec», Conférence régionale du Québec sur le sport tenue à Magog [www.patrimoinecanadien.gc.ca], 13 mars 2001.

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Ailleurs dans le monde Gestion

Mesurer la qualité en temps réel, l’exemple de la Norvège

Dans le but d’améliorer la qualité de leurs infrastructures et le service à la clientèle, les propriétaires des 12 plus grandes stations de ski en Norvège ont adopté un outil innovateur d’évaluation comparative. Grâce à des téléphones cellulaires reliés à des satellites, les gestionnaires obtiennent l’opinion de leurs usagers en temps réel, ce qui leur permet de s’adapter rapidement aux résultats. Une telle solution s’avère facilement applicable à d’autres domaines d’activité.

Afin de comparer les façons de faire dans le développement et la mise en marché du tourisme hivernal, le Réseau de veille était présent en Scandinavie pour étudier certains exemples de succès. Voici une première analyse des meilleures pratiques touristiques observées.

La technologie au service du benchmarking

Le concept n’est pas nouveau. Les enquêtes sur la qualité de produits et services par des interviews réalisées sur un échantillon aléatoire constituent une démarche de recherche répandue. Tout comme l’exercice de comparer les résultats obtenus avec ses principaux compétiteurs. Par contre, ce qui diffère ici, c’est la possibilité de consulter les résultats en temps réel. On peut ainsi effectuer les ajustements nécessaires dès que l’on remarque le début d’une tendance négative. Cette approche de benchmarking a été développée par Kaizen, une entreprise locale de consultation.

On a d’abord transformé les questionnaires traditionnels en une version électronique afin de les saisir à l’aide de téléphones cellulaires. Les réponses aux questions à choix multiples sont entrées par les intervieweurs et sont automatiquement envoyées, par satellite, à un site Internet où elles sont compilées à l’aide d’un logiciel norvégien utilisant comme plateforme de traitement de données le logiciel statistique SPSS. Le gestionnaire peut ainsi consulter la performance de la station de ski en temps réel et la comparer à la moyenne des 11 autres stations de ski participantes.

Pour des usages variés

Les stations de ski peuvent ajouter, modifier ou enlever des questions, selon leurs besoins. Elles s’intéressent à l’opinion des usagers sur la qualité de préparation des pistes, les heures d’ouverture, le temps d’attente, les aires de service, etc. Un profil de chaque répondant est également dressé. Il inclut généralement des données sur la provenance de la clientèle, le type de sport pratiqué (ski, télémark, planche à neige), la durée du séjour, les dépenses effectuées, etc. Certaines stations recherchent des renseignements très spécifiques, tel le port du casque.

Les stations de ski sont invitées à investir temps et argent pour maximiser le succès d’une telle pratique. En général, on assigne à des employés la tâche d’effectuer les entrevues, généralement dans la file d’attente des télésièges ou bien durant la remontée. Certaines stations offrent même une passe de saison gratuite à quelques étudiants en marketing en échange d’un nombre déterminé d’entrevues qu’ils doivent compléter par semaine.

Le gouvernement partenaire

Dans le but de financer le développement de ce projet, l’Association des infrastructures alpines (Alpinanleggenes Landsforeningen), qui représente les stations de ski membres, a obtenu une subvention du gouvernement d’environ 70 000$ (400 000 NOK). De plus, conjointement avec la compagnie informatique SPSS, Kaizen a travaillé un nombre considérable d’heures non facturées.

Depuis que le projet a été mis en place, ce sont les 12 stations de ski participantes qui assument les frais d’exploitation. L’entreprise Kaizen exige environ 2600$ (15 000 NOK) des stations dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à  1,75 million $ (10 millions NOK) et 3800$ (22 000 NOK) des stations dont les revenus sont supérieurs à 10 millions NOK. À titre indicatif, précisons que la Norvège a enregistré 5,4 millions de jours-ski pour la saison 2004-2005, ce qui est comparable à la performance du Québec qui comptait 7,2 millions de jours-ski au cours de la même période. Kaizen endosse les frais liés à la collecte de données et remet aux stations un rapport détaillé à la fin de la saison.

Par ailleurs, une entente conclue avec Nokia permet aux stations de ski d’acheter les téléphones nécessaires à la prise de données, à raison d’environ 515$ (3000 NOK) l’unité. Ces appareils se distinguent notamment par le fait qu’ils sont imperméables et comportent des touches suffisamment élargies pour être pressées avec des gants de ski.

Un modèle exportable

On attribue le succès de ce projet à la qualité de la relation entre l’entreprise Kaizen et l’Association des infrastructures alpines. Les efforts soutenus de collaboration entre ces deux organisations au cours des quatre dernières années, ainsi que la motivation qu’ils ont su transmettre aux gestionnaires des stations sont responsables de l’amélioration continue du système de mesure de la qualité. Le défi consistait à sensibiliser les dirigeants des stations au fait que l’investissement dans le maintien de la qualité peut être aussi important que celui dans de nouveaux équipements, notamment l’achat de remontées mécaniques.

L’intérêt d’un tel outil réside dans le fait qu’il soit facilement exportable et adaptable à d’autres domaines d’activité. Citons par exemple les secteurs des événements, des parcs à thèmes, des aéroports, où l’utilisation d’une telle technologie pourrait s’avérer pertinente. Il s’agit d’une avenue fort intéressante dans un contexte où la prise de décision d’un gestionnaire, basée sur une information précise et en temps réel, s’avère assurément mieux éclairée.

Avec la collaboration de Stéphanie Chrétien
 
Source:
– Chrétien, Stéphanie. «Le tourisme hivernal en Scandinavie», Réseau de veille en tourisme, 20 mars 2006.

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Faits et chiffres Produits et activités

Comment les Québécois utilisent-ils leur temps libre?

Il existe un dénominateur commun aux vacances, aux activités de loisir et aux autres passe-temps: il s’agit du temps libre. L’industrie touristique livre bataille à d’autres types d’occupation pour accaparer le temps disponible des consommateurs, principalement celui des Québécois. Comment se divise ce précieux temps discrétionnaire? Quelles sont les activités qui bénéficient de la plus forte intensité de pratique? Adoptons-nous les mêmes comportements lorsque nous sommes en vacances?

Distinction entre quantité et intensité

Il est intéressant de constater que certains adeptes consacrent énormément de temps à leur loisir de prédilection. Pour ce faire, nous avons d’abord segmenté les loisirs en deux grandes familles: les activités de plein air et celles de divertissement. Pour différencier les activités de loisirs de plein air et celles liées au divertissement, soulignons que ces dernières comprennent davantage d’activités intérieures ou réalisées dans des espaces extérieurs plus restreints (ex.: jardin zoologique). Pour chacun de ces segments, nous avons divisé l’intensité de la pratique en trois catégories: les amateurs (une ou deux fois par année), les réguliers (3 à 9 fois par année) et les mordus (10 fois ou plus par année).

Planchistes et golfeurs: des avides

D’après les données du Print Measurement Bureau (PMB), la pêche s’avère l’une des activités les plus populaires des Québécois en termes du nombre total d’adeptes: plus de 954 000 personnes s’y adonnent, dont quelque 232 000 mordus (graphique 1). On remarque que le golf arrive non loin derrière, avec ses 755 000 adeptes, mais qu’il se classe bon premier en matière de participation avec ses 236 000 golfeurs «mordus». Les sports de glisse comptent également une grande proportion de passionnés alors que 152 000 skieurs alpins (26%) appartiennent à cette catégorie. C’est encore plus vrai pour les planchistes car c’est la seule activité qui compte plus de mordus (111 000) que de réguliers (65 000) ou d’amateurs (91 000).

Théâtres et clubs de nuit à l’avant-scène du divertissement

Sur le plan du divertissement, les sorties au théâtre (1,32 million de personnes) et dans les clubs de nuit ou les bars (1,29 million de personnes) occupent une grande partie du temps libre des Québécois (graphique 2). La majorité des activités sont pratiquées une à deux fois annuellement, à l’exception des sorties dans les clubs de nuit et les bars où plus du tiers des adeptes (441 000) sont des mordus. On remarque la place importante qu’occupent les activités culturelles différentes dans la vie des gens. 

Temps libre en vacances

Les vacances occupent une grande partie de nos temps libres de loisirs. Au cours des douze derniers mois, plus de 2,85 millions de Québécois ont effectué un voyage de vacances à l’intérieur du Canada (y compris au Québec) et 1,4 million à l’extérieur du pays, selon le Print Measurement Bureau. Précisons qu’il s’agit ici d’individus et non de voyages personnes.

Les sorties à la plage sont particulièrement prisées par les Québécois, puisque 714 000 personnes s’y sont adonnées lors d’un voyage au Canada et 740 000 lors d’un séjour à l’extérieur du pays (graphique 3). Les randonnées pédestres et la visite de parcs nationaux/provinciaux figurent également parmi les activités les plus populaires.

Si l’on examine les taux d’incidence (tableau 1), on constate que 25% des Québécois qui voyagent au Canada se sont rendus à la plage, comparativement à 53% de ceux qui voyagent à l’extérieur du Canada.

Évolution des dépenses de loisirs

Lorsqu’on traduit certains des temps libres en dépenses des ménages, on constate que les spectacles occupent une part de plus en plus importante du portefeuille (graphique 4). En 2004, les ménages québécois ont dépensé en moyenne 605$ pour cette activité. C’est plus que les voyages à forfait qui génèrent des dépenses moyennes de 374$. À ce chapitre, la catégorie des «véhicules de loisirs et moteurs hors-bord» est celle qui affiche les plus forts taux de croissance depuis 1997, alors que ce type d’achat a plus que triplé au cours de cette période.

Même si cela ne se traduit pas toujours en journées de vacances, il est clair que la société est de plus en plus orientée vers les loisirs. Mais il est vrai aussi que nos temps libres s’entremêlent souvent avec nos occupations professionnelles. Il est de plus en plus difficile par exemple de résister à la prise des courriels le week-end. Nos temps libres sont aussi souvent fragmentés et se limitent de plus en plus à de courts séjours. Chose certaine, rien n’empêche l’industrie touristique de se tailler la part du lion dans cette tarte du loisir qui ne cesse de grandir.

Sources:
– Print Measurement Bureau, 2005.
– Statistique Canada, base de données CANSIM, 1997-2004.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Le cas Revelstoke, une expérience inédite

Partout dans le monde, les projets de centres de villégiature quatre-saisons foisonnent. Un regard sur les expériences d’autres destinations nous a permis d’en découvrir un particulièrement intéressant, celui de Revelstoke en Colombie-Britannique.

Cette petite municipalité, coincée entre le mont Mackenzie et le parc national du Canada Mont-Revelstoke, a choisi de se positionner comme la «porte d’entrée» des escapades d’aventure en montagne et des parcs nationaux de la région. Un plan de développement fera du mont Mackenzie et de la région de Revelstoke une destination quatre-saisons de calibre international.

Voici ce que propose Revelstoke:  

Une destination alpine de haut calibre

  • Positionnement de la ville de Revelstoke: «The Gateway to Mountain Adventure and National Parks».
  • Village situé au pied du mont Mackenzie, domaine skiable de 1945 mètres d’altitude offrant la quatrième plus importante dénivellation au monde (Whistler, avec ses 1524 mètres, se situe au 19e rang).
  • Précipitations annuelles de plus de 12 m de neige au mont Mackenzie.
  • Vision: «Small, low density, high quality and service oriented, nature-based destination resort as an integral part of a remote and diverse mountain town.
  • Investissement de départ de 270 millions $, auquel s’ajouteront environ 800 millions de ventes provenant de l’immobilier.

L’infrastructure et les activités

  • Capacité maximale actuelle de 4000 visiteurs par jour en été et de 2500 en hiver, soit 1355 unités d’hébergement et 978 sites de camping; ajout de 16 000 chambres pour le projet.
  • Principales activités hivernales: ski alpin, héli-ski, motoneige, ski de fond et snowcat skiing*.
  • Principales activités estivales: vélo, randonnée, nautisme, équitation, observation de la faune, escalade et golf.
  • Des cabanes de bois dispersées sur le territoire – accessibles en randonnée l’été et en hélicoptère l’hiver – pour une expérience en hébergement de montagne.
  • Organisation par le parc national du Canada Mont-Revelstoke d’une randonnée annuelle de ski au clair de lune.

Pôle nature/éducation

  • Proximité du parc national du Canada Mont-Revelstoke, ce qui confère un important pôle nature/éducation à la destination.
  • Organisation de cours de découverte de l’histoire et de l’écologie du secteur, dispensés par l’organisme «les Amis des parcs nationaux du Mont-Revelstoke et des Glaciers».
  • Tenue sur place d’ateliers de perfectionnement professionnel et de conférences sur tout un éventail de sujets touchant au secteur nord de la chaîne Columbia (ex.: écologie du grizzli, survie du caribou dans la région, utilité des échantillons d’ADN pour la recherche sur la faune, etc.) organisés par le Columbia Mountains Institute of Applied Ecology.
  • Instauration du programme «Revelstoke EdVentures» offert par l’Okanagan University College et qui propose des voyages d’apprentissage dans la région de Revelstoke.

En plus de présenter un produit de haut calibre, Revelstoke nous apparaît également comme un cas de bonne pratique pour plusieurs raisons:

  • Le développement du mont Mackenzie se réalisera en symbiose avec la vision de la municipalité, laquelle se positionne comme la porte d’entrée des parcs nationaux de la région.
  • Afin de respecter les espaces protégés environnants, les autorités souhaitent que le mont Mackenzie devienne une destination qui privilégie avant tout le développement de faible densité, la qualité des services et des infrastructures, et la préservation du milieu naturel.
  • Enfin, le maillage avec le parc national limitrophe lui confère un pôle nature/éducation qui lui permet de jouer la carte écotouristique.

* Transport des skieurs à l’aide d’autobus à chenilles dans des endroits difficilement accessibles.

Voir aussi

Revelstoke Mountain Resort

Sources:
– Brent Harley and Associates Inc. et The Resort Planning Group. «Socio-Economic and Land Use Assesment of Potential Impacts of the Proposed Mount Mackenzie Expansion Plan», City of Revelstoke and Columbia Shuswap Regional District, août 2004.
– Government of British Columbia. «British Columbia Resort Strategy and Action Plan», Ministry of Sustainable Resource Management, 2004.
– Enkon Environmental Limited. «Mount Mackenzie Resort Expansion», Land and Water British Columbia, décembre 2003.
– Minister of State for Resort Development Land and Water British Columbia Inc. «$270 Million All Season Resort For Revelstoke [www.cityofrevelstoke.com], 7 décembre 2004.

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Enjeux Produits et activités

La tentation quatre-saisons des stations de ski

Au cours des dernières années, le tourisme de villégiature quatre-saisons a connu un essor considérable au Québec, surtout grâce au développement de Tremblant. D’autres projets majeurs sont en gestation, notamment ceux du Massif de Petite-Rivière-Saint-François et de la Station touristique Mont-Orford. La mise en oeuvre de tels chantiers interpelle de nombreux intervenants et suscite d’importants débats.

Développement tous azimuts

On assiste à travers le monde à une multiplication des projets de centres de villégiature au sein de stations de ski, projets conçus pour diversifier l’offre et créer une «destination en soi». Dans la majorité des cas, le sport de glisse constitue la composante centrale, à laquelle s’ajoutent de nouveaux services et activités.

Dans le cas de la Station touristique Mont-Orford, la direction a déposé un ambitieux plan de développement visant à créer un véritable centre de villégiature, dont les volets immobilier et récréatif seraient étroitement intégrés pour constituer un produit quatre-saisons.

Pour les stations de ski de plus grande envergure, l’heure est souvent aux choix et l’absence de décision peut se traduire par des baisses d’achalandage, une diminution des marges de profit, des difficultés de renouvellement de la clientèle, etc. Des experts ont réfléchi à l’avenir des resorts de ski et aux changements à surveiller. Voici quelques-unes de leurs observations:

  • Les stations de ski se réinventeront pour se transformer de plus en plus en centres de villégiature quatre-saisons.
  • Les stations qui persistent à miser sur la clientèle traditionnelle, soit les baby-boomers vieillissants, rencontreront davantage de difficultés pour maintenir leur achalandage.
  • Celles qui miseront sur les jeunes planchistes (surfers des neiges) obtiendront du succès.
  • Les nouvelles installations intégreront autant des composantes extérieures qu’intérieures (ex.: pistes aménagées pour les planchistes, stations de ski «intérieures», parcs de planches et patins à roulettes quatre-saisons, terrains de jeu de waveboard, etc.).
  • Les centres devront diversifier leurs activités hivernales (ex.: traîneau à chiens, luge, motoneige, balades en carriole, parapente, escalade de glace, ski en hélicoptère, courses d’orientation, etc.) afin de rejoindre tous les groupes d’âge.
  • Ceux qui parviendront à générer des revenus durant les saisons intermédiaires en ajoutant une panoplie d’activités estivales (vélo de montagne, parcours de golf, murs d’escalade, équitation, randonnée pédestre, pêche, activités éducatives, etc.) remporteront le plus de succès. 
  • Plusieurs propriétaires considéreront l’ajout de parcs aquatiques intérieurs afin de stabiliser les entrées financières toute l’année.
  • Pour plaire à la clientèle qui se contente de moins de cinq heures de glisse par jour et qui recherche davantage une expérience touristique globale, les stations bénéficieraient de la présence de services ou d’activités complémentaires sur les lieux (ex.: un spa ou une bonne table).  
  • La construction de condotels comme nouvelle forme de levier financier attirera un nombre de plus en plus grand d’investisseurs.
  • Dans leurs efforts de devenir une destination quatre-saisons, les centres qui se dotent d’installations pour accueillir des conférences attireront davantage les voyageurs d’affaires (et leur famille) durant les mois d’automne et du printemps.

Le développement ne plaît pas à tous

Les projets de développement des lieux de villégiature sont souvent accueillis avec beaucoup d’enthousiasme par l’industrie touristique, mais pas toujours par les organismes environnementaux et les coalitions représentant les intérêts des citoyens. Si l’on prend le cas du projet de développement du Mont-Orford, la proposition du promoteur a soulevé de nombreuses réactions, notamment en raison de sa situation géographique. Plusieurs s’y opposent, arguant que le parc national du Mont-Orford devrait rester exempt de tout développement immobilier.

Pourtant, l’établissement d’un mariage équilibré entre la protection de l’environnement et un développement touristique durable et intelligent présente des avantages indéniables. Plusieurs centres de villégiature jouent efficacement cette carte. Dans de tels cas, c’est toute la philosophie de gestion de l’organisation qui emprunte cette voie du tourisme vert et responsable.

À suivre dans la prochaine édition du Globe-Veilleur: Le cas Revelstoke, une expérience inédite.

Source:

– Coy, Jeff et Bill Haralson. «12 Predictions On the Future of Ski Resorts», Hotel Online [www.hotel-online.com], janvier 2005.

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Produits et activités

Ski en Chine: des investissements majeurs risquent de changer la donne

Actuellement, il est possible de skier en Chine, principalement dans la province de Heilongjiang où se situent la majorité des stations du pays. Celles-ci sont en général peu ou mal équipées et les températures peuvent être extrêmement rigoureuses. Mais la donne risque de changer fortement dans les prochaines années sous la poussée considérable des investisseurs et la demande croissante de la clientèle.

En Chine, il existe près de 200 stations de ski, dont une, entièrement couverte, à Shanghai. Adaptés à toutes les tranches d’âge, les sports de glace et de neige y sont diversifiés, allant du ski alpin au patinage, en passant par la luge, mais aussi la natation hivernale, les courses de voitures sur glace et le football sur neige. Parmi ces centres, on retrouve:

  • Yabuli, dans la province de Heilongjiang, la principale station de ski du pays. Avec 2255 hectares de superficie, située à plus de 1370 m au-dessus du niveau de la mer, elle offre une saison de ski d’une durée moyenne de 170 jours (la saison de neige étant de 120 jours). Chacune des onze pistes de descente excède 1 km, dont une en particulier qui s’étend sur 5 km, la plus longue d’Asie;
  • Saibei, Hebei, à 265 km de Beijing, qui propose, de décembre à mars, 10 pistes pour 120 jours d’enneigement et une capacité d’hébergement de 350 lits;
  • Nanshan: à 60 km au nord-ouest de Beijing, ce centre propose un «parc à neige» et une demi-lune (half-pipe). Le Nanshan Ski Village est rapidement devenu la station la plus en vogue en Chine pour les nouveaux riches. Il est également possible d’y pratiquer le ski sur l’herbe durant l’été.

Des investissements majeurs et surtout… durables

Mais la donne risque de changer dans un avenir plus ou moins proche, car de nombreux investisseurs ont jeté leur dévolu sur la Chine afin de profiter de la vague de croissance fulgurante qu’elle vit actuellement.

En effet, Intrawest, cette entreprise canadienne oeuvrant dans le secteur des stations-destinations et du tourisme d’aventure qui exploite le mont Tremblant, a entamé des pourparlers afin de développer six stations de ski en Chine. À la recherche de nouveaux investissements hors du continent américain, Intrawest désire promouvoir les sports d’hiver dans le pays le plus populeux de la planète.

Pour sa part, l’entreprise torontoise Cimco Refrigeration, filiale des Industries Toromont et spécialiste de la conception de patinoires artificielles, construira bientôt à Beijing une piste de ski intérieure. Ce contrat d’une valeur de 3,2 millions $CA est le premier d’une série à venir au cours des prochaines années. En effet, Cimco Refrigeration possède une entente exclusive portant sur un total de dix projets dans autant de villes chinoises.

Le dernier centre de villégiature à voir le jour est le Shennongjia Ski Resort, qui a ouvert ses portes en décembre 2004 dans la province de Hubei, dans le sud du pays. Situé dans un parc national, il peut accueillir jusqu’à 3000 personnes et propose des activités de ski, de motoneige, de luge, des promenades en traîneau et du vélo sur neige. Shennongjia est membre d’un programme de l’ONU pour la protection de la biosphère et de l’écosystème subtropical.

De plus, l’entreprise française Ski Rossignol, fabricant international d’équipements pour les sports d’hiver, désire, elle aussi, en partenariat avec le Comité régional de tourisme de Rhône-Alpes et France Neige, participer ardemment au développement des stations de ski en Chine. Rossignol y implante dès aujourd’hui ses premiers points de vente.

Selon certains experts, la concurrence et l’arrivée de ces nouveaux investisseurs risquent de remanier considérablement le paysage des stations de ski.

Le gouvernement chinois est ouvert aux investissements et aux développements touristiques, mais seulement dans la mesure, très stricte, où les projets proposés respecteront des normes environnementales élevées. D’ailleurs, il élaborera des réglementations à cet effet.

Une clientèle de plus en plus en demande 

En Chine, la demande pour ce type de destination hivernale est en hausse, notamment au sein de la nouvelle classe moyenne qui représente pas moins de 100 millions de personnes. L’élévation notoire du niveau de vie et de la consommation de cette partie de la population, alliée à un renforcement de leur conscience sur la nécessité de vivre en bonne santé, font en sorte que les sports d’hiver connaissent un développement sans précédent.

Quelques chiffres en vrac:

  • environ 1,5 million de Chinois s’initient au ski chaque année, selon Skipressworld.com;
  • selon les statistiques de la China Skiing Association, les quelque
    200 stations de ski du pays ont attiré, en 2004, plus de deux millions de skieurs;
  • du 21 décembre 2003 au 2 janvier 2004, la province de Heilongjiang a accueilli pas moins de 500 000 skieurs, soit une augmentation de 30% par rapport à l’année précédente;
  • selon le Beijing Tourism Bureau, l’hiver dernier, les 12 stations de sports d’hiver que compte la ville ont accueilli près de 800 000 visiteurs et on prévoit une augmentation de 10% cette année.

Cette mode se prolonge également après le mois de février, avec le ski de printemps qui attire de nombreux touristes venus des quatre coins du pays.

De plus, autre phénomène marqué depuis 2003, le nombre de Chinois millionnaires a crû de 12% (Millionnaires, qui actuellement partent skier dans les Rocheuses).

Alors, pour satisfaire cette demande croissante, bon nombre de patinoires et de stations de ski voient progressivement le jour un peu partout en Chine.

Voir aussi

Ski Rossignol
Saibei Ski
Nashan Ski
Intrawest
Cimco Refrigeration

Sources:
– Poly-Chine 2005. «Intrawest veut promouvoir le ski en Chine», Bloomberg, 30 décembre 2004.
– China Broadcast. «Ski en saison printanière dans le nord-est de la Chine», 4 mars 2004.
– Business in Asia. «Skiing the Dragon’s Back? A look at Skiing in China» (sans date).
– Yu, Jie et Xu, Jing. «Glace, neige et volcans au menu touristique du Heilongjiang», China Today, avril 2004.
– Gorrell, Mike. «Top 3 ski-resort operators struggle in stagnant industry», Knight Ridder Tribune Business News, 11 décembre 2004.
– Bloom, Richard. «Intrawest planning to build six resorts in China», The Globe and Mail, 11 décembre 2004.
– Le Monde. «La Chine a connu une explosion du tourisme en 2004», 9 janvier 2005.
– Paquet, Stéphane. «Du ski au centre-ville de Pékin», La Presse, 29 juin 2004.