Catégories
Marketing

Quand la culture devient une marque

 

Sous ses formes multiples, la culture ne manque pas d’atouts pour attirer les visiteurs. Pourtant, la concurrence avec les autres produits touristiques est rude et, pour se démarquer, les acteurs culturels doivent utiliser les mêmes outils marketing que leurs concurrents. La notion de marque entre progressivement dans leur stratégie et transforme l’offre en symbole reconnaissable par tous.

 

Culture et marketing territorial

Sur le marché international, les villes bataillent ferme pour attirer aussi bien les touristes que les investisseurs. Pour se démarquer, mégalopoles et agglomérations plus modestes optent pour une stratégie de communication qui reprend le code du développement de marque: symbolique forte, identification immédiate, logos soignés, présence sur les réseaux sociaux et dans les salons internationaux, partenariats étudiés, etc.

Pour être percutant, le message doit véhiculer l’image d’une bonne qualité de vie et présenter la ville comme un pôle de culture et d’innovations, tout en incorporant ses caractéristiques historiques et actuelles. En 2009, Trois-Rivières a lancé la campagne T-RÈS Trois-Rivières, articulée autour des différentes expériences de visite offertes: TRÈS culturel, TRÈS mémorable, TRÈS gourmand, etc. À grand renfort d’affichages, de vidéos créées par de jeunes réalisateurs et de présence sur les réseaux sociaux, la marque a gagné l’adhésion de la population locale et a réussi à transformer positivement la perception des touristes sur la destination.

CD_culture_devient_marque_image1

Source: Tourisme Trois-Rivières

Parallèlement à une campagne globale, certaines villes ont choisi de miser sur l’attrait culturel de quartiers emblématiques. Le nom de Broadway évoque à lui seul le foisonnement des théâtres qui accueillent les pièces à succès et les comédies musicales du moment. Le site Internet Broadway.com se présente comme un véritable outil de découverte de destination avec ses suggestions d’hôtels, sa liste de restaurants, sa boutique, sa plateforme de réservations et son espace dédié aux groupes.

À Montréal, le Quartier des spectacles constitue un fort pôle d’attraction touristique. Avec son slogan «1 km2 d’émotions» et son logo représentant une lumière de projecteur rouge, référence à l’ancien Red Light, le secteur dégage une image de fourmillement culturel et d’expériences touristiques diverses.

CD_culture_devient_marque_image2

Source: Quartier des spectacles

Transformer la communication de la ville en image de marque nécessite une concertation avec le public, les organes décisionnels, les associations, les acteurs économiques et les gestionnaires d’infrastructures (aéroport, salles de spectacles, etc.)

Vendre les marques muséales

Développer une stratégie globale

Pour Mark Walhimer, consultant en planification muséale, la construction d’une marque dépasse la simple élaboration d’un slogan et d’un logo. Selon lui, la marque constitue la structure même du musée et doit englober les aspects suivants:

  • La façon de mobiliser, d’engager sa communauté et d’interagir avec elle;
  • Le contenu des collections;
  • La recherche;
  • Les volets éducatifs;
  • L’évaluation des expositions;
  • Le marketing et la communication;
  • Les expositions.

L’internationalisation des institutions

Depuis quelques années, les grands musées ont unanimement adopté une stratégie d’internationalisation. Le Guggenheim a ouvert une succursale à Bilbao, le Louvre s’est implanté à Abu Dhabi, les collections de l’Hermitage de Saint-Pétersbourg circulent dans ses antennes de Londres et d’Amsterdam, et le Centre Pompidou ouvrira en 2015 un musée provisoire à Malaga, en Espagne. Cette stratégie permet d’accroître la visibilité des expositions à l’international, mais aussi et surtout celle de l’établissement culturel. Le public se déplace avant tout pour voir les œuvres de ces musées mythiques sans avoir à se rendre à destination. L’initiative génère également des profits: la ville de Malaga versera au Centre Pompidou une redevance d’un million d’euros par année, plus le gain provenant de la vente des billets d’entrée. La ville hôte bénéficie quant à elle de cette stratégie de diversification en attirant plus de touristes, surtout dans le cas d’événements éphémères comme celui de Malaga.

Des campagnes soignées

Applications, bandes-annonces d’expositions, affichage audacieux; les musées mobilisent toutes leurs forces créatives pour faire parler d’eux. Plus que les expositions, ce qui est mis de l’avant, c’est l’inventivité du musée, sa marque de fabrique.

Dans un centre commercial d’Amsterdam, le Rijksmuseum a organisé une performance proche du happening artistique: des acteurs ont reconstitué le tableau La Ronde de nuit de Rembrandt, une des pièces maîtresses du musée. La vidéo de la prestation, visionnée plus de 5 millions de fois sur YouTube, est devenue un phénomène viral à l’échelle mondiale.

Source: YouTube

En lien avec la thématique de l’exposition «The Way of the Shovel: Art as Archeology», la campagne du Museum of Contemporary Art de Chicago se basait sur le principe des jeux à gratter et permettait aux passants de se glisser dans la peau d’archéologues. La surface des affiches publicitaires pouvait être grattée, révélant des œuvres de l’exposition.

CD_culture_devient_marque_image3

Source: Clic France

Les festivals, nouveaux produits marketing

Les festivals cèdent également à la tentation de l’internationalisation. Après les États-Unis, le festival belge Tomorrowland décline son concept au Brésil. Unis sous le fameux logo en forme de papillons, les trois événements véhiculent la même ambiance avec leurs scènes monumentales et leurs artistes de musique électronique de renommée internationale..

CD_culture_devient_marque_image4

Source: Tomorrowland

À l’image de Coachella ou du Burning Man, plusieurs festivals proposent dorénavant bien plus que des spectacles de plein air: campings originaux, espaces de jeux, expositions d’art, hamacs et spas viennent compléter l’offre et transforment ces événements en véritables lieux de divertissement pour adultes.

L’identité des festivals de musique qui ciblent la génération Y devient tellement forte qu’elle est associée à une façon de s’habiller. Les vedettes du cinéma, de la chanson et de la mode sont parrainées par les maisons de couture pour porter leurs vêtements, et la garde-robe des festivaliers ne sera pas la même s’ils participent au festival de Glastonbury ou au festival Osheaga.

CD_culture_devient_marque_image6

Source: Vogue

Pour prolonger leur existence et multiplier les occasions de faire parler d’eux, certains festivals choisissent de mener des actions en marge de leur événement principal. C’est le cas du OFF Festival de Sherbrooke. Produit par la Corporation du Printemps musical de Sherbrooke, la manifestation se déroule parallèlement au Festival des harmonies et orchestres symphoniques du Québec et vise un public plus large avec ses concerts gratuits et ses ateliers de musique.

Bien que les puristes regardent d’un œil méfiant l’entrée massive de la stratégie de marque dans le monde de la culture, il s’agit peut-être du nouveau moyen à mettre en œuvre pour devenir (ou rester) un incontournable des destinations touristiques.

 

Image à la une: lg2 boutique

Analyse réalisée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

Catégories
Hébergement

Révolution fitness dans les hôtels

 

Les consommateurs devenant plus attentifs à leur santé, un nombre croissant de voyageurs désirent s’entraîner pendant leur séjour ou réaliser des vacances actives. Selon un sondage réalisé pour Roomkey auprès de 1 023 Américains en juin 2014, près de la moitié des répondants planifiaient leur voyage selon les activités sportives offertes à destination. D’autre part, 57% rapportaient qu’ils favoriseraient un hôtel plus qu’un autre en fonction des équipements et des services de mise en forme disponibles ou selon les activités de plein air particulières situées à proximité de l’établissement.

Les nouveaux standards

Prêt de vêtements

Plusieurs chaînes proposent désormais le prêt de vêtements athlétiques, de souliers de course et d’autres accessoires. Par exemple, les hôtels Morgans préparent des «kits de sport d’urgence» qui comprennent une tenue de sport, des chaussettes, une bouteille d’eau et même un endroit secret pour ranger ses objets de valeur et ses clés, ainsi qu’un service de blanchisserie gratuit.

MLV_Fitness_hotels_image1

Source: Condé Nast Traveler

Entraînement à la chambre

Les hôtels s’associent avec des experts de la mise en forme pour concevoir des programmes disponibles en ligne ou sur demande sur la télévision de la chambre. Le groupe Sheraton Hotels & Resort s’est associé à Core Performance, un spécialiste en performance athlétique, pour créer une plateforme Web encourageant les voyageurs à se maintenir en forme avec des programmes d’entraînement et des conseils nutritionnels. Ces hôtels offrent aussi le kit «Gym-in-a-Bag», qui contient tout ce qu’il faut pour effectuer une séance de fitness dans la chambre ou à l’extérieur.

Pour leur part, les chaînes hôtelières Tryp, Hilton et Westin offrent des chambres munies d’un appareil pour effectuer de l’entraînement cardiovasculaire.

 MLV_Fitness_hotels_image2

Sources: Tryp by Wyndham et Westin Oaks Houston

Une philosophie santé

L’exercice n’est qu’une des composantes du bien-être qu’il est conseillé de combiner avec une bonne hygiène de sommeil, une nutrition saine, un ressourcement et une gestion du stress dans une approche holistique de la santé préventive.

De plus en plus d’hôtels adoptent une philosophie réunissant toutes ces facettes. Celle-ci se traduit par des programmes intégrant une variété de prestations, comme l’initiative Well-Being Movement de Westin. Le volet Move Well regroupe les services liés à l’exercice physique dont un programme de jogging comprenant un concierge de course, offert dans les établissements participants, ainsi que des vidéos disponibles en ligne.

MLV_Fitness_hotels_image3

Source: Westin well being movement

La nouvelle marque du groupe InterContinental, EVEN Hotels, est un concept ancré dans cette tendance, avec sa devise «Keep Active, Rest Easy, Eat Well, Accomplish More.» Les commodités de l’hôtel sont orientées vers ces valeurs. Les chambres offrent tout ce qu’il faut pour s’entraîner: ballon de stabilité, tapis de yoga, 19 chaînes télévisées qui enchaînent des routines de fitness et un livre proposant encore plus d’options d’exercices.

Le trio des classiques

Itinéraires de jogging

Allier la course à pied à la visite guidée est en vogue depuis quelques années, particulièrement dans les destinations urbaines. Les hôtels intègrent cette tendance de multiples façons:

  • Les hôtels Affinia offrent des iPod contenant des itinéraires et des listes d’écoute préalablement téléchargés pour faire découvrir les villes de New York et Washington.
  • Au Fairmont Le Reine Elizabeth à Montréal, ce sont les employés qui dirigent le groupe de joggeurs.
  • L’hôtel The James à Miami présente deux tours guidés thématiques: « Deco-Run», pour explorer le quartier Art déco, et «Run of the Rich and Famous» pour visiter les zones résidentielles où vivent des célébrités. 
  • Le Westin à Ottawa propose un parcours interprovincial qui fait l’aller-retour entre la capitale et Gatineau.

Vélo

Le prêt de vélos est une autre pratique qui se répand davantage dans les hôtels, encourageant des déplacements plus actifs et plus verts. Les chaînes Fairmont, Kimpton et Morgans, entre autres, détiennent une flotte de bicyclettes réservées à leurs clients.

MLV_Fitness_hotels_image5

Source: Hotel Chatter

Yoga

Pratiqué avec douceur ou de façon plus intense, le yoga sous toutes ses formes jouit d’une popularité croissante. Voici quelques exemples d’approches originales proposées par des hôtels:

  • Yoga sur le toit au lever du soleil (Z Hotel, New York);
  • Yoga aérien (Fairmont Scottsdale, Arizona);
  • Aqua yoga dans une piscine (Hotel Wilshire, Los Angeles);
  • Yoga sur une planche à pagaie, communément appelé SUP pour stand-up paddleboard (Fairmont Orchid, Hawaii).

MLV_Fitness_hotels_image6

Sources (en ordre: haut, bas de gauche à droite): Hotel Chatter, Z Hotel New-York (crédit photo: Jennifer Altman), Traveller

Pour leur part, les hôtels W ont lancé la campagne «Fit with Tara Stiles», en collaboration avec cette instructrice de yoga bien connue aux États-Unis. Le programme est unique en son genre, car quatre séquences de mouvements ont été conçues sur mesure pour répondre aux besoins d’une clientèle jet-set et fêtarde.

MLV_Fitness_hotels_image7

Source: W Hotel – Tara Stiles

Les routines peuvent être visionnées à l’écran, et des cartes laissées dans les chambres servent d’aide-mémoire (voir l’image ci-dessous).

MLV_Fitness_hotels_image8

Source: W Hotel – Tara Stiles

Dehors!

L’entraînement sort des murs de l’hôtel afin d’intégrer l’environnement et les paysages de la destination à l’expérience. Les cours normalement offerts à l’intérieur se pratiquent désormais à l’extérieur pour profiter des bienfaits de la nature ou apprécier le dynamisme urbain. Des cours d’aérobie dansée aux fameux bootcamps, en passant par les randonnées en montagne et les tours de vélo, l’effort physique s’accomplit mieux dans un décor aux charmes uniques.

Une offre qui ne cesse de se développer

Les programmes de fitness des hôtels sont devenus une façon pour les marques de se différencier et de s’aligner sur les valeurs d’un mode de vie plus sain et une vision proactive par rapport à la santé. Certains établissements urbains cherchent à devenir une véritable destination de bien-être en proposant entre autres une gamme élargie d’activités ou des forfaits axés sur la remise en forme et la santé physique. D’autres multiplient les partenariats avec des prestataires locaux, comme des studios de yoga ou de spinning, afin de bonifier leur offre. De leur côté, les établissements de luxe misent sur la personnalisation de ces services.

 

Image à la une: Hôtel de la Paix Genève

Catégories
Segments de clientèles

En route vers l’accessibilité pour tous

 

Cet événement international, qui se déroulait du 19 au 22 octobre 2014 à Montréal, a couvert de nombreuses questions liées à l’accès inclusif. La formation, le transport, l’hébergement, les attraits, les activités, la législation, la certification et l’information en sont quelques exemples. Certains constats et enjeux ont été soulignés par plusieurs présentateurs. En voici un aperçu.

 

Un monde de handicaps

Saviez-vous que 70% de tous les handicaps sont invisibles?

On estime à un milliard le nombre de personnes handicapées dans le monde entier, dont 60 millions en Europe et autant en Amérique du Nord. Ce segment constitue 15% de la population — 20% dans le cas des États-Unis. Cette proportion devrait progresser, notamment en raison du vieillissement de la population.

L’European Network for Accessible Tourism estime que le marché potentiel du tourisme accessible s’élève à 130 millions de personnes en Europe et génère des dépenses de 68 milliards d’euros (près de 100 milliards de dollars). En plus des personnes ayant un handicap — moteur, auditif, visuel ou intellectuel —, ce marché se compose de personnes âgées, de femmes enceintes, de familles avec de jeunes enfants et de gens souffrant de maladies chroniques (diabète, maladies cardiovasculaires, allergies, etc.) ou d’incapacités temporaires. Tous ces individus et ceux qui voyagent avec eux ont besoin d’un tourisme accessible.

Informer, informer, informer

Par des anecdotes ou à travers leur présentation, les participants ont témoigné de la méconnaissance des besoins des personnes handicapées. Voici des citations révélatrices de cette réalité parmi les propos rapportés:

  • «L’accessibilité pour tous est une utopie.»
  • «Les gens s’adaptent.»
  • «L’accompagnateur va s’occuper de tout.»
  • «Oui, nous avons une chambre accessible, il n’y a que trois marches à monter pour y accéder.»
  • «La douche est accessible, le rebord ne fait que 8 cm.»

En général, les gens ont une conception floue de l’accessibilité. L’information concernant les besoins réels des personnes handicapées doit circuler. Pour bien cibler leurs besoins et ainsi favoriser leur autonomie, il faut consulter et impliquer les principaux intéressés. En outre, il faut voir à faire respecter les normes. Les nouvelles entreprises, ou celles qui effectuent des rénovations, ont tout intérêt à intégrer les adaptations nécessaires dans leurs travaux, et ce, de manière harmonieuse, plutôt que de vérifier après coup si leurs installations conviennent aux personnes handicapées. De toute manière, toutes les clientèles, qu’elles soient handicapées ou non, bénéficieront de ces améliorations.

La formation, la clé de la réussite

Au cours du Sommet, de nombreux intervenants ont cité l’importance de développer les compétences en matière d’accueil et de service à la clientèle du personnel de l’industrie touristique. Toutefois, comme le mentionnait Scott Rains, consultant américain favorisant les voyages indépendants et l’accessibilité, les programmes de formation ne font pas encore partie de la culture des entreprises.

Toutefois, cet état des choses est appelé à changer grâce à des programmes comme celui de M. Pierre-Margot Cattin, de l’Université des Sciences appliquées de Suisse occidentale, qui offre le cours «Développement du tourisme pour tous» destiné aux étudiants en tourisme. Depuis 2010, il présente entre autres un catalogue des besoins spécifiques des personnes vivant avec un handicap de même que des exemples de bonnes pratiques en matière de tourisme pour tous. Tout comme la Suisse, la France, par l’entremise de l’Association Tourisme et Handicaps, offre un cours de sensibilisation au handicap à 3000 jeunes des programmes de BTS Tourisme par année, de même qu’une formation aux enseignants en tourisme. Inspirée par ces présentations, Mme Martine Lizotte, directrice de l’École internationale d’hôtellerie et du tourisme du Collège LaSalle et animatrice d’un atelier sur la formation à l’occasion du Sommet, a annoncé avec beaucoup d’enthousiasme que dès cette année, tous les étudiants des programmes de DEC de son École recevraient la formation Service Complice offerte par Kéroul.

Vers des villes accessibles

Depuis 2004, toutes les municipalités québécoises de 15 000 habitants et plus sont tenues, selon la loi, de produire annuellement un plan d’action pour éliminer les obstacles à l’intégration des personnes handicapées. Les Villes de Victoriaville et de Gatineau ont initié des rencontres provinciales annuelles sur le sujet. Les travaux de ces entretiens ont permis de produire des documents d’accompagnement tel que le Cahier des bons coups municipaux, qui répertorie des initiatives inspirantes. Patrick Paulin, de la Ville de Victoriaville, est venu présenter le dynamisme de son milieu et estime qu’en regard de ce qui se développe au Québec en ce moment:

  • la bonne volonté existe;
  • les obligations légales sont connues;
  • les coûts sont rarement un obstacle insurmontable;
  • la mise en œuvre partielle des engagements est souvent due à une vision trop étroite de l’accessibilité qui est limitée au cadre bâti.

Le transport local pour les personnes en fauteuil roulant

Une destination accessible pour tous doit offrir des moyens de déplacement appropriés et les promouvoir. Londres fait beaucoup d’efforts pour faciliter la mobilité aux gens en fauteuil roulant et l’organisme Visit London en fait la promotion auprès des visiteurs potentiels. La Société de transport de Montréal a mis en place un plan de développement d’accessibilité universelle et consulte le milieu associatif pour connaître les besoins des personnes en situation de handicap. Des améliorations ont déjà été apportées au réseau du métro.

Des villes comme New York et Toronto ont des objectifs ambitieux en matière de taxis accessibles. La Grosse Pomme vise 50% de sa flotte pour 2020, alors que Toronto ne promet rien de moins qu’une accessibilité totale (100%) de ses taxis pour 2024.

Une déclaration rassembleuse

À la clôture du Sommet, les 300 participants des 30 pays présents ont adopté la déclaration Un monde pour tous. Cette dernière énumère 40 mesures précises qui visent la mise en œuvre des recommandations de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) en faveur d’un tourisme accessible à tous. Ces recommandations s’adressent aux exploitants et aux intermédiaires du tourisme, du voyage et du transport ainsi qu’aux autorités locales, nationales et internationales.

 

Analyse rédigée en collaboration avec Chantal Neault, analyste au Réseau de veille.

 

Image à la une: Sommet mondial Destinations pour tous 2014

Catégories
Segments de clientèles

Un concours récompense les villes les plus accessibles

Pour la 5e année consécutive, les villes de plus de 50 000 habitants de tous les États membres de l’Union européenne sont invitées à soumettre leur candidature à l’Access City Award, un prix décerné aux municipalités qui améliorent leur accessibilité aux personnes handicapées et âgées. Le processus de sélection se déroule en deux temps: d’abord à l’échelle nationale, puis à l’échelle européenne. Les efforts d’inclusion des villes lauréates et de celles ayant reçu une mention spéciale sont promus dans une brochure qui constitue de fait un guide de bonnes pratiques en matière d’accessibilité et une source d’inspiration pour toutes les villes du monde!

Catégories
Transport

Le transport par taxi arrive à une intersection

Comme d’autres jeunes entreprises Internet (start-up), Uber a trouvé l’adéquation entre le Web, la mobilité, les communautés sociales et la géolocalisation pour offrir un nouveau mode de consommation répondant à des besoins exprimés par des individus ou des voyageurs. Airbnb en est l’exemple classique. Ces services se heurtent parfois aux législations, mais leur popularité prend généralement le dessus.

 

 

ML_Taxi_image_1

 

La plateforme Uber, fondée à San Francisco et présente dans 150 villes dans le monde dont Montréal, permet de repérer les taxis situés aux alentours et de les héler à l’aide de son téléphone intelligent. Des milliers de chauffeurs se rendent ainsi disponibles, discrètement, sans nécessairement le dévoiler à la société qui les emploie. Uber prélève une commission, mais fournit un iPhone aux chauffeurs. Limousines, voitures de luxe et véhicules utilitaires sport (VUS) font également partie de l’offre répertoriée. Parallèlement, UberX fait appel aux particuliers, qui peuvent offrir du transport à bord de leur propre véhicule, faisant ainsi directement concurrence aux chauffeurs professionnels. Ce service est encore peu développé. Lyft et Sidecar proposent un concept semblable.

Pourquoi ça roule bien?

Le succès de ce concept repose sur la réponse à des besoins émis et à la simplification du processus.

  • ML_Taxi_image_2Trouver un moyen de transport est plus facile que jamais. On peut contacter un taxi ou un particulier qui est tout près de nous et suivre son approche. C’est l’utilisation optimale des téléphones intelligents. L’application est même intégrée à TripAdvisor, et on peut réserver un transport directement sur les pages d’attractions ou de lieux touristiques et dans la version mobile de Google Maps.   
  • Payer est plus facile que jamais. Plus besoin d’avoir d’argent comptant ou de gérer un lecteur de cartes de crédit. Tout se fait par l’application.
  • Éviter les intermédiaires. Uber prélève une commission considérable sur le coût du trajet (variable entre 15 et 25%), mais les conducteurs jouissent de latitude et de contrôle comme ils n’en ont jamais eu.  
  • Réduire les dépenses de transport. Pour les voyageurs d’affaires entre autres, cette plateforme permet de diminuer les coûts relatifs à leurs déplacements, d’autant plus depuis que des partenariats ont été conclus avec des spécialistes du voyage d’affaires tels Concur (une entreprise de gestion des déplacements professionnels, utilisée par plus de 25 millions de personnes), American Express et TripCase de Sabre.
  • Qualifier le service. Le système de commentaires réciproques peut discréditer les mauvais utilisateurs, qu’ils soient conducteurs ou passagers.

Notons qu’en plus de TripAdvisor et Google Maps, Uber permet à plusieurs autres entreprises d’intégrer son API telles que Expensify, Hyatt Hotels & Resorts, OpenTable, Starbucks et United Airlines.

Un parcours accidenté

… Uber ou une autre entreprise se fraiera un chemin si le service offert répond à un besoin exprimé par la population.

Uber fait face à diverses poursuites ou interdictions dans plusieurs pays. L’entreprise fera appel de cette décision. Elle change d’ailleurs d’attitude progressivement pour mieux travailler avec les autorités en place, notamment à New York. Elle se débat toujours avec les réglementations européennes et avec la concurrence en Asie. Des milliers de chauffeurs de taxi ont manifesté le 11 juin dernier dans quelques villes européennes pour dénoncer cette concurrence jugée déloyale. De nombreux soubresauts sont certainement encore à prévoir, mais en fin de compte, Uber ou une autre entreprise se fraiera un chemin si le service offert répond à un besoin exprimé par la population.

De plus, Uber a les reins solides. Ce dernier est soutenu par des investisseurs majeurs tels que Google Ventures, Amazon et Goldman Sachs, portant sa valorisation à plus de 18 milliards de dollars américains, ce qui représente davantage que Hertz et Avis réunis et le place devant Airbnb et Dropbox.

La corde sensible de la sécurité

Taxicab, Limousine & Paratransit Association, qui représente 1100 compagnies de taxis, soulève l’enjeu de la sécurité avec la campagne Who’s Driving You, qui vise la sensibilisation de la population aux dangers de faire confiance aux conducteurs lorsqu’il ne s’agit pas de chauffeurs de taxi. Le site invite les utilisateurs à dénoncer des situations fâcheuses qu’ils ont déjà vécues. Uber tente de rassurer sa clientèle avec un programme d’assurances.

ML_Taxi_image_3

D’autres voies

La réglementation de Las Vegas ne permet pas encore à Uber d’y être présent. Une nouvelle application approuvée par les autorités, Ride Genie, permet néanmoins de héler virtuellement une limousine, une voiture de luxe et bientôt un taxi.

Hailo, une entreprise anglaise qui offre depuis novembre 2013 une application similaire à Montréal, a collaboré avec les responsables du transport par taxi et a obtenu un permis d’exploitation en bonne et due forme. La rude concurrence sur le marché nord-américain l’a cependant amenée à plier bagage. 

Autre service intéressant, Bandwagon permet de partager des taxis. Cette application lancée en juillet vise à regrouper les passagers se rendant à des destinations similaires ou rapprochées. Le tarif par personne est moins élevé que si le passager avait été seul, mais le revenu total pour le chauffeur de taxi est plus élevé. En plus d’une application, une borne est installée à l’aéroport La Guardia de New York.

ML_Taxi_image_4

Source: Shareable

Bref, les entreprises mettant en relation chauffeurs de taxi et passagers qui travaillent avec les répartiteurs officiels semblent trouver un terrain d’entente. Les choses se corsent lorsque les centrales sont évitées ou, ce qui est encore plus controversé, lorsque des particuliers sont invités à offrir leurs services. Un petit coup d’œil dans le rétroviseur laisse cependant croire que si d’autres organisations perdurent et chamboulent les modèles établis en hébergement et en restauration, par exemple, pourquoi cela n’arriverait-il pas dans l’univers des transports urbains?

Quand la ville prend les devants

La ville de Montréal lançait en août dernier sa Politique montréalaise sur l’industrie du taxi, qui vise à faciliter son autofinancement et à prendre les virages technologique et écologique. Cette réorganisation est tout à fait louable, mais ces géants de l’économie collaborative s’implantent, qu’on approuve ou non, et bouleversent les structures en place. Saura-t-on trouver un terrain d’entente?

Catégories
Produits et activités

Valorisation du patrimoine fluvial et maritime

Le fleuve Saint-Laurent et les rivières figurent au cœur de l’histoire du Québec et font partie de son patrimoine culturel. Cet héritage doit être préservé et mis en valeur pour ne pas être voué à la disparition. À travers des exemples venant d’ici et d’Europe, voici des conversions du patrimoine maritime et fluvial en attraits touristiques.

Les bateaux

En France, les bateaux traditionnels retrouvent une seconde vie. Ils sont devenus les icônes d’événements et de festivités maritimes, et de nombreuses villes du littoral possèdent leur bateau emblématique, souvent une réplique de l’original. C’est le cas de la goélette La Recouvrance, ambassadrice de la ville de Brest en Bretagne.

AL_patrimoine_maritime_image1

Source: La Recouvrance

La Fondation du patrimoine maritime et fluvial a attribué le label bateau d’intérêt patrimonial à plus de 700 bateaux maritimes et fluviaux français. Consciente de l’importance de cette reconnaissance, la Fédération des ports de plaisance soutient et valorise la présence de ces bateaux dans ses ports, et encourage leur accueil et leur regroupement.

Au mois de juillet, la goélette Lois McClure, appartenant au Musée maritime du lac Champlain, a pu être visitée au Vieux-Port de Montréal et au canal de Lachine. Cette réplique des navires de commerce qui naviguaient à l’intérieur du Canada et des États-Unis au XIXe siècle n’offre pas d’excursions, mais les visiteurs peuvent l’explorer à quai lors de ses nombreuses tournées dans les deux pays.

La yole de Bantry, un canot d’état-major du XVIIe siècle, est utilisée par l’organisme le Défi international des jeunes marins, situé à Québec. Des sorties sur le fleuve sont offertes gratuitement aux jeunes de 15 à 35 ans dans le but de les sensibiliser au patrimoine maritime et fluvial.

AL_patrimoine_maritime_image2

Sources: lcmm.org et Défi international des jeunes marins

Les ports

L’intérêt du public envers le patrimoine portuaire est en hausse, et son potentiel de développement touristique est bien présent. En 2013, le port d’Anvers, en Belgique, a remporté l’ESPO Award de l’Organisation des ports maritimes européens pour ses rénovations et reconversions d’anciennes installations portuaires, notamment:

  • les Archives Felix, un entrepôt du XIXe siècle abritant les archives de l’histoire de la ville et du port;
  • le Musée MAS, qui retrace entre autres l’histoire des échanges entre la ville, le fleuve Escaut et la mer du Nord. Le musée compte aussi la plus grande collection de grues portuaires du monde;

AL_patrimoine_maritime_image3

Sources: Port of Antwerp et MAS

  • le musée Red Star Line, qui se consacre à l’histoire des 2,6 millions d’immigrants vers le Nouveau Monde qui sont monté à bord des navires de la compagnie du même nom, au tournant du XIXe siècle. Il est établi dans les anciens hangars de la Red Star Line, classés monuments historiques.

En juin dernier, le Port de Québec a dévoilé le concept d’aménagement de la future promenade portuaire du Foulon, située dans un ancien secteur industrialo-portuaire. Il prévoit la mise en valeur de son histoire et de son patrimoine par des panneaux d’interprétation disséminés le long de la promenade.

Les phares

Depuis le départ des gardiens de phare, ces emblèmes de la mer accueillent de nombreux visiteurs, curieux de se livrer à l’expérience d’isolement vécue par ses anciens occupants. La plupart des phares ouverts au public sont érigés sur la terre ferme. En France, un seul phare situé en mer peut être visité; c’est le phare de Cordouan, sur la côte Atlantique. Plusieurs compagnies de croisières proposent la traversée, mais les passagers sont souvent contraints de finir les pieds dans l’eau selon les marées.

AL_patrimoine_maritime_image4Source: Phare de Cordouan

En 2008, le Canada a adopté la Loi sur la protection des phares patrimoniaux. Durant deux ans, chaque province a soumis des candidatures de phares afin qu’ils soient classés dans ce programme. Pour l’instant, des 27 monuments présentés par le Québec, seul celui de l’île aux Perroquets a été désigné en vertu de cette loi, en avril dernier. Néanmoins, plusieurs dizaines de phares sont inscrits au Registre du patrimoine culturel du Québec.

AL_patrimoine_maritime_image5

Source: Île aux perroquets

Les canaux et écluses

AL_patrimoine_maritime_image6Le canal du Midi en France est l’un des plus vieux canaux d’Europe, aujourd’hui entièrement dédié au tourisme. Parmi ses lieux les plus visités et les plus emblématiques, celui des neuf écluses de Fonseranes attire chaque année près de 200 000 personnes, en raison de son impressionnant dénivelé d’une vingtaine de mètres sur une distance de plus de 310 mètres. Le soir, les portes restent ouvertes pour permettre aux curieux d’admirer la vue.

 

 

Source: Petit patrimoine

Au Québec, cinq canaux sont classés lieux historiques nationaux par Parcs Canada. En 2002, le canal de Lachine a été revitalisé et a rouvert à la navigation de plaisance.

 AL_patrimoine_maritime_image7

Source: Parcs Canada

Les routes touristiques

L’association «la Route des Phéniciens», intégrée au programme des itinéraires culturels du Conseil de l’Europe, compte 17 pays participants. Elle mène à bien diverses initiatives afin de promouvoir le patrimoine maritime à travers la culture des Phéniciens:

  • parcours nautiques reliant plusieurs ports, sous une thématique commune (par ex. la Route du jasmin, la Route de l’argent);
  • itinéraires archéologiques sous-marins à la découverte d’artefacts;
  • excursions en mer sur des barques de pêcheurs;
  • parcours d’«archéotrekking» (randonnées guidées pour découvrir des sites archéologiques en bord de mer).

Le Québec compte deux routes thématiques axées sur le patrimoine fluvial et maritime. La Route des Navigateurs retrace l’histoire du fleuve à travers une centaine d’activités, d’attraits, d’événements et de points de vue. En parcourant la Route des Phares, qui en compte 45, le visiteur peut accéder à une vingtaine d’entre eux grâce à leur reconversion en auberge, en musée ou en lieu d’observation.

AL_patrimoine_maritime_image8

Source: Route des phares

Enfin, la Société des musées du Québec propose un itinéraire pour découvrir le fleuve Saint-Laurent à travers les 15 musées qui le longent et qui lui font honneur.

Les musées et centres d’interprétation

En France, on dénombre 59 musées autour de la voie d’eau (fleuve, rivière, canal). Le Musée de la batellerie de Conflans-Sainte-Honorine présente la plus importante collection du pays sur la navigation fluviale.

Les nombreux musées et centres d’interprétation maritimes au Québec mettent à l’honneur la population côtière, les marins, les pêcheurs, les colonisateurs, les ouvriers de chantiers, ainsi que tous les événements qui ont marqué l’histoire du fleuve: Musée maritime du Québec, Musée naval de Québec, Site historique du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac, Musée Empress of Ireland, etc. Néanmoins, aucun de ces attraits n’est présent à Montréal. L’association Héritage maritime Canada a donc entrepris d’y créer un musée maritime, qui serait aussi l’instigateur de rassemblements de bateaux et de fêtes nautiques.

Les événements

Outre les nombreuses fêtes maritimes mettant à l’honneur les anciens métiers de la mer, le patrimoine culinaire et musical ou encore les bateaux traditionnels, la France célèbre aussi l’histoire de ses fleuves et canaux. C’est le cas avec la Régate 1900, organisée au confluent de deux rivières dans la région des Pays de la Loire. C’est une régate réunissant diverses embarcations de rivière et de lac inspirées de la «Belle Époque». Ce rassemblement vise ainsi à faire revivre les loisirs et sports nautiques du début du XXe siècle.

AL_patrimoine_maritime_image9

Source: Voile et canotage d’Anjou

La plus importante célébration dédiée au patrimoine maritime au Québec se déroule tous les étés à Saint-Jean-Port-Joli, lors de la Fête des chants de marins. Elle s’est donné pour mission la mise en valeur de la culture maritime d’ici et d’ailleurs et la promotion des arts et des traditions populaires liés au fleuve. À Québec, les organisateurs des Fêtes de la Nouvelle-France auraient comme projet de recréer une bataille historique sur le fleuve.

La récente Stratégie de mise en valeur du fleuve Saint-Laurent touristique du ministère du Tourisme du Québec fait état de l’attractivité des sites patrimoniaux auprès des marchés de clientèle. C’est ainsi une autre pierre posée à l’édifice pour inciter les acteurs du tourisme à mettre en valeur le patrimoine culturel du Saint-Laurent.

 

Image à la une: © iStockphoto

Catégories
Tourisme durable

Nouveau départ: des villes qui se réinventent

Lorsqu’une municipalité se développe autour d’une industrie et que celle-ci bascule, c’est toute la communauté qui chavire. Les catastrophes naturelles forcent aussi des collectivités à se prendre en main. Voici des exemples de villes qui ont reconstruit ou réaménagé les lieux afin de stimuler le renouveau et la fierté des résidents, et de mieux se positionner sur le plan touristique.

Après les chantiers navals, la culture

Bombardée durant la deuxième guerre mondiale puis mal rénovée, Nantes a été meurtrie au cours de son histoire. Dans les années 1980, elle perd sa principale industrie, les chantiers navals. Les friches industrielles ont orné le territoire jusqu’à récemment. L’élection d’un nouveau maire, en 1989, amène un nouveau dynamisme, une vision: miser sur la culture pour raviver l’esprit de cette ville, pour l’animer à nouveau. Des interventions pour concrétiser ce projet sont alors mises en branle. En voici quelques unes:

  • L’ancienne usine des biscuits LU est recyclée en centre d’art atypique. Le lieu unique abrite des salles de spectacle et d’exposition, et également un bar, un restaurant, une garderie et une boutique, entre autres.
  • On rénove le château des ducs de Bretagne en musée d’histoire.
  • La troupe de théâtre de rue de renommée mondiale, Royal de Luxe, anime le centre-ville par de nombreuses manifestations artistiques.
  • Des artistes créent des œuvres sur les anciens chantiers navals: Les Machines de l’île.
  • Un festival nocturne alternatif est mis sur pied, le Festival des Allumées (1990-1995).
  • On réalise un parcours d’art contemporain en plein air sur les berges de la Loire dans le cadre de la biennale d’art contemporain appelée l’Estuaire; des œuvres temporaires et pérennes y figurent.

CB_Villes_se_reinventent_image1

Source: Les machines de l’Ile Nantes – Photo: Jean-Dominique Billaud

En 2007, l’organisme Le voyage à Nantes est créé dans le but de développer le tourisme culturel. Il élabore notamment un parcours dans la ville à suivre grâce à un marquage au sol, pour faire découvrir l’offre culturelle et patrimoniale aux visiteurs. Nantes développe au fil des années une image culturelle très forte, en France ainsi qu’en Europe. Toutes ces initiatives portent leurs fruits, puisque non seulement elles améliorent la qualité de vie des citoyens, mais elles attirent des touristes.

Todmorden mise sur l’agriculture urbaine

La petite ville anglaise de Todmorden, qui compte quelque 15 000 habitants, peinait à surmonter la récente crise économique. Les commerces fermaient les uns après les autres, la valeur des maisons déclinait et de plus en plus de résidents devaient sortir de la région pour se chercher du travail. Le climat général était plutôt morose. Lassés d’attendre une aide gouvernementale pour relancer l’économie, des citoyens ont développé un projet expérimental au potentiel rassembleur, puisque basé sur un besoin commun à tous: la nourriture.

Aujourd’hui, la rue principale regorge de potagers. Les écoles ont les leurs; le poste de police, la bibliothèque, l’hôpital et l’hôtel de ville aussi. L’école secondaire aura son centre aquaponique, qui combine la culture de légumes et l’élevage de poissons. Les aînés offrent des formations aux plus jeunes sur la fabrication de confitures et de conserves. Des amitiés se créent et les échanges de connaissances vont au-delà de la nourriture. Un dynamisme nouveau anime désormais la petite communauté.

Le mouvement Incredible Edible, qui fait des petits ailleurs dans le monde, permet de rassembler la communauté autour d’un langage universel, mais aussi de relancer l’économie locale

Le mouvement Incredible Edible, qui fait des petits ailleurs dans le monde, permet de rassembler la communauté autour d’un langage universel, mais aussi de relancer l’économie locale. Des artisans de Todmorden créent de nouveaux produits qui se distinguent à l’échelle internationale, comme des fromages et de la saucisse de haute qualité. Les restaurateurs et les commerçants affirment qu’ils bénéficient eux aussi du phénomène. L’objectif ultime du programme Incredible Edible est de rendre Todmorden autosuffisante en matière d’alimentation d’ici 2018. La vidéo ci-dessous (en anglais) explique le concept et illustre le virage entrepris par cette petite ville du nord de l’Angleterre.

Source: Vimeo

Ce mouvement est bien en phase avec les préoccupations actuelles. Les touristes s’intéressent à ces initiatives et sont interpellés par la découverte de milieux de vie novateurs et empreints d’une vision. L’office de tourisme propose d’ailleurs de découvrir Todmorden par la route verte (Green-Route – voir l’image ci-dessous), un circuit balisé qui relie les sites de production locale.

CB_Villes_se_reinventent_image2

Source: Incredible Todmorden

Greensburg reconstruit «LEED»

On y trouve aujourd’hui le plus grand nombre de bâtiments certifiés LEED par habitant au monde!

En mai 2007, une petite ville (moins de 800 habitants) du Kansas est démolie à 95% par l’une des tornades les plus dévastatrices qu’ont connues les États-Unis. Après la tempête, la communauté prend la décision de reconstruire de façon durable. On y trouve aujourd’hui le plus grand nombre de bâtiments certifiés LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) par habitant au monde! Le virage vers un développement plus durable a eu un effet d’entraînement sur l’ensemble de la collectivité. Les bâtiments municipaux, des industries, des commerces et même des résidences sont certifiés selon la norme environnementale LEED.

CB_Villes_se_reinventent_image3

Greensburg, 12 jours après le passage de la tornade – Source: FEMA

CB_Villes_se_reinventent_image4

La reconstruction – Source: Greensburgks

Des touristes viennent spécifiquement visiter Greensburg pour découvrir ses installations vertes. L’office de tourisme et d’autres organismes locaux ont d’ailleurs développé des outils pour ces visiteurs, tels qu’un guide de la ville qui met de l’avant les efforts en développement durable réalisés à la suite de la tornade. Le GreenTour, une initiative de l’organisme Greensburg GreenTown, présente chacun des principaux bâtiments et leurs particularités durables à l’aide de symboles, illustrés ci-dessous.

CB_Villes_se_reinventent_image5

Source: Greensburg Green Town

De beaux projets au Québec

Les inondations de 2007 en Gaspésie ont rudement éprouvé la petite communauté de Rivière-au-Renard. De plus, la «Capitale des pêches» du Québec souffre aujourd’hui de la décroissance des activités de pêche commerciale. La municipalité compte néanmoins miser sur cette appellation pour se positionner sur le plan touristique et se refaire une beauté. Dans cette optique, le Groupe IBI/DAA a soumis un projet d’aménagement à la Corporation de développement de Rivière-au-Renard, un plan qui a d’ailleurs remporté un prix d’excellence de l’Association des architectes paysagistes du Canada (voir l’image ci-dessous). La Ville de Gaspé, dont fait partie Rivière-au-Renard, doit maintenant trouver le financement de 16 millions de dollars pour réaliser ce plan.

CB_Villes_se_reinventent_image6

Source: AAPC CSLA

Le centre-ville de Lac-Mégantic doit être reconstruit à la suite de la catastrophe ferroviaire de juillet 2013. Des projets sont en développement et l’attractivité touristique semble figurer parmi les objectifs. Souhaitons que ce renouvellement se réalise autour d’une vision rassembleuse qui permettra de panser les profondes blessures tout en offrant un nouveau départ.

Image à la une: © Arthur Edwards pour Incredible Edible Todmorden

Catégories
Produits et activités Tendances

La Jeune Rue, nouveau concept urbain

La Jeune Rue regroupe 36 commerces de proximité (boucherie, marché couvert, restaurants, fromagerie, etc.), une galerie d’art et un cinéma. L’idée était de créer un espace inédit, où les citoyens et les visiteurs peuvent avoir accès à des produits biologiques tout en admirant une architecture unique.

Ce nouveau projet permet de répondre à une volonté de mieux vivre en ville. Pour les concepteurs, l’urbanité ne devrait pas être un rempart à la rencontre sociale ou à la consommation raisonnée. Ainsi, la démarche ne se limite pas à un retour à une consommation plus traditionnelle; La Jeune Rue apporte une réponse à plusieurs problématiques d’actualité: valorisation du terroir, sauvegarde des savoir-faire ancestraux, liens entre la ville et les champs, soutien des paysans soucieux de l’environnement, maintien d’une vie de quartier, etc. Bref, La Jeune Rue bouleverse l’idée d’un espace urbain statique, difficilement transformable, et laisse rêveur quant aux possibilités de bonification des villes…

 

Image à la une : UrbaNews.fr

Catégories
Marketing

Vous êtes ici! L’abc d’une signalétique efficace

Tous les sites d’exposition, les aéroports, les centres de congrès, les parcs thématiques et autres installations de grande taille doivent orienter leurs visiteurs à l’aide d’affiches, de plans ou de panneaux directionnels. Pour faciliter les déplacements à pied, les villes s’y mettent aussi. Les systèmes bien intégrés et efficaces passent souvent inaperçus tout en contribuant largement à la qualité de l’expérience. Toutefois, une signalétique mal planifiée génère des frustrations qui influenceront la visite, parfois jusqu’à la gâcher.

Lorsque la signalétique est réussie, elle donne un sens au lieu. Les visiteurs se sentent plus à l’aise d’explorer, d’y passer plus de temps et de s’arrêter à différents endroits le long du trajet. Elle doit être intuitive et facile à consulter. Le recours aux symboles, lorsque c’est possible, permet de communiquer rapidement, peu importe la langue. Un système de signalétique efficace devrait indiquer:

  • où l’on se trouve;
  • où l’on souhaite aller;
  • comment s’y rendre.

La vidéo suivante (en anglais) offre une bonne introduction à l’importance de la signalétique (wayfinding).

Le bon message, au bon endroit et au bon moment

La firme néerlandaise Designworkplan se spécialise dans la signalétique qui sert à orienter les piétons dans un espace donné. Selon ses experts, certaines caractéristiques influencent la façon dont on interprète l’environnement et doivent être considérées dans l’élaboration de la signalétique:

  • Repères: Ils sont nécessaires pour s’orienter. Il peut s’agir d’édifices connus, d’œuvres d’art ou d’éléments saisissants du paysage. En proposant des repères, l’organisation ou la ville crée une imagerie dans l’esprit humain tout en choisissant les objets identitaires qui façonneront l’endroit.
  • Orientation: Le plan demeure la meilleure façon de s’orienter dans l’espace. Le visiteur doit pouvoir facilement se situer sur la carte et identifier rapidement la ou les destinations qu’il compte rejoindre.
  • Guide: Les visiteurs peuvent se guider à l’aide des panneaux directionnels sur lesquels sont inscrits la destination, la distance et même, parfois, le temps nécessaire pour s’y rendre. Ils doivent être positionnés à des endroits stratégiques le long des parcours.

L’exemple de New York

À l’été 2013, la Ville de New York lançait WalkNYC, le nouveau programme de signalisation pour les piétons. Le Département des transports de la Ville a engagé plusieurs types d’intervenants dans le processus de développement afin d’identifier les destinations populaires, les parcours les plus empruntés par les piétons et les endroits les plus susceptibles à la prise de décision directionnelle. Les partenaires ont aussi fait ressortir les lieux où il semble plus difficile de s’orienter, et ce, pour chacun des quatre quartiers concernés.

Cette recherche a permis de dresser un portrait détaillé des quartiers, qui a été utile pour déployer stratégiquement les installations à travers le territoire. Afin de favoriser la marche, les panneaux directionnels indiquent non seulement la distance, mais aussi le temps nécessaire pour se rendre à pied à destination. Plusieurs villes procèdent d’ailleurs ainsi désormais.

CB_ABC_signaletique_image_1

Types de signalétique employés pour le programme WalkNYC – Source: Pentagram

la technologie mobile est fort utile, mais […] la signalétique est beaucoup plus démocratique

Michael Bierut, designer chez Pentagram, la firme engagée dans le programme, estime que la technologie mobile est fort utile, mais que la signalétique est beaucoup plus démocratique. Elle ne nécessite pas de posséder un téléphone intelligent et d’avoir téléchargé l’application au préalable pour éviter le recours au téléchargement de données en itinérance. L’information est là, prête à être consultée. Néanmoins, la technologie GPS a créé des réflexes chez les utilisateurs: lorsqu’ils consultent une carte sur un panneau, ils s’attendent à ce que le haut du plan corresponde à la direction se trouvant devant eux. C’est ce qu’ils retrouvent avec les panneaux de WalkNYC.

Une signature

Intégration, qualité visuelle et cohérence sont les mots qui caractérisent une signalétique efficace

La signalétique, c’est aussi orienter le visiteur à l’intérieur d’un grand bâtiment. Non seulement cette communication doit être claire et l’inciter à découvrir les différents volets d’une attraction, mais elle constitue aussi une signature visuelle de la marque. Intégration, qualité visuelle et cohérence sont les mots qui caractérisent une signalétique efficace selon Julie Margot, qui a collaboré au projet du planétarium de Montréal. Comme le mentionne Gabriel Tourangeau, designer chez Ædifica: «Par un juste équilibre entre le contenu et la présentation, le designer graphique développe des messages articulés autour d’un concept, pour créer une synergie entre la fonctionnalité de l’information et l’identité de l’espace.» À cet égard, voici quelques exemples de signalétiques identitaires.

Bota Bota, Montréal (Canada)

La signalétique est contemporaine, avec un aspect industriel qui colle bien au design urbain de ce spa flottant.

CB_ABC_signaletique_image_2

Source : Sid Lee Architecture

Buenos Aires (Argentine)

On retrouve des bornes d’informations contemporaines, très simples, mais qui orientent le visiteur selon plusieurs thèmes d’activités de la ville (gastronomie, parcs, musées, bibliothèques, etc.). Malgré la multiplicité des types d’affichage, on reconnaît la signature par le design.

CB_ABC_signaletique_image_3

Source: Bando

Chicago Design Museum (États-Unis)

La signalétique de ce musée doit respecter deux thèmes: transparence et simplicité. L’usage du plexiglas convient bien.

CB_ABC_signaletique_image_4

Source: Pouya Ahmadi

Lohas Park, Hong Kong (Chine)

Les panneaux sont faits de bambou et de granit, en harmonie avec l’environnement qu’ils présentent.

CB_ABC_signaletique_image_5

Source: Follow me! – Wayfinding & Signage system

Bernaqua, complexe aquatique et spa (Suisse)

La construction de l’architecte Daniel Libeskind exigeait qu’une attention particulière soit portée au design de la signalétique. Les flèches en trois dimensions et le recours aux symboles s’intègrent bien au style des installations.

CB_ABC_signaletique_image_6

 Source: Follow me! – Wayfinding & Signage system

 À faire et à éviter

Les experts d’une autre firme de design des Pays-Bas proposent quelques astuces lorsqu’on développe un système de signalétique. En voici quelques-unes:

  • Utiliser les repères existants.
  • Ne pas sous-estimer l’importance d’une information claire et fonctionnelle.
  • Éviter de donner trop d’informations directionnelles au même endroit.
  • Bien séparer les pictogrammes les uns des autres pour éviter la confusion.
  • Retirer les objets ou le mobilier qui pourraient réduire la visibilité de la signalétique.

La signalétique est un art qui se crée en équipe pluridisciplinaire. Chaque lieu est unique et nécessite l’apport de plusieurs intervenants de diverses disciplines pour prendre en compte, notamment, les aspects architecturaux, le comportement des visiteurs et la dynamique qui anime les lieux.   

 

Image à la une: © Bando

Catégories
Produits et activités

Ces pirates à l’abordage de la ville!

Afin de se frayer un chemin dans la jungle urbaine encadrée par un système de gouvernance complexe et peu réactive aux nouveaux besoins des citadins, les artistes investissent l’espace public pour améliorer l’expérience des résidents et des touristes.

Une pratique ancrée dans la tendance

Si les artistes qui s’adonnent au détournement du mobilier urbain se qualifient de hackers ou de pirates, c’est que leur démarche est proche de celle de leurs cousins informaticiens. En effet, l’idée est de rentrer dans un système établi, d’y trouver une faille et d’en modifier la forme pour changer son utilité première. Dans le Dictionnaire urbain, le hacking urbain «consiste à détourner la ville de ses fonctions premières (habiter, consommer, travailler, circuler…)».

Le bricolage de l’environnement urbain fait appel à la réutilisation des objets publics, à la maximisation des usages, à l’action citoyenne, au divertissement et à la recherche d’esthétisme. Cette pratique s’inscrit également dans la tendance du Do It Yourself, qui permet à ses adeptes de développer leur créativité tout en s’affranchissant du système de consommation traditionnel. L’idée est de répondre à des besoins que les différents acteurs de la gouvernance municipale ne peuvent prendre en compte.

Apparenté à la pratique illégale et marginale de l’art de la rue, le piratage urbain reprend également les caractéristiques de l’économie collaborative. Les artistes posent un geste gratuit afin d’améliorer l’expérience quotidienne des citoyens et des touristes. L’intention se veut désintéressée, tournée vers l’autre, facilitante pour la rencontre humaine, valorisante pour la culture locale et en marge du système établi.

À l’assaut de la notion de propriété publique

Si le mobilier urbain appartient à tous, chacun ne pourrait-il pas en user comme bon lui semble? De même, quand un espace est loué, quelles sont les limites de son utilisation? C’est dans cet esprit que les adeptes du détournement transforment temporairement les espaces de stationnement à l’occasion du Park(ing) Day qui, depuis 2005, a lieu le troisième samedi de septembre. Durant le temps qui leur est alloué par la location de leur place de stationnement, les citoyens de plus de 35 pays cherchent à sensibiliser les autorités municipales sur la nécessité de multiplier les espaces verts et les lieux de rencontre sociale en ville.

CD_Pirates_abordage_ville_image1

Source: © BY NC EURIST e.V.                           Source: © BY NC Boenau

À New York, les citadins sans cour arrière peuvent louer le Timeshare Backyard, un espace situé entre deux bâtiments de l’East Village. Pour 100$ de l’heure, il est ainsi possible de profiter du gazon, du barbecue et de la table de pique-nique et d’admirer les graffitis sur les murs.

CD_Pirates_abordage_ville_image2

Source: © BY SA NC Matt Green

Branle-bas de combat pour améliorer la ville

En utilisant l’infrastructure existante, les hackers enrichissent la ville et la rendent plus efficiente. En avril 2014, le projet new-yorkais Rotten Apple mettait en lumière l’utilisation multiple du mobilier urbain en 23 détournements dont voici quelques exemples:

CD_Pirates_abordage_ville_image3

Source: Rotten Apple

CD_Pirates_abordage_ville_image4

Source: Rotten Apple

CD_Pirates_abordage_ville_image5

Source: Rotten Apple

CD_Pirates_abordage_ville_image6

Source: Rotten Apple

Le collectif Fabrique-Hacktion propose quant à lui une intervention simple, mais efficace pour favoriser la mobilité urbaine. Des autocollants représentant un Vélib’, le système de vélo en libre-service de Paris, sont appliqués sur les panneaux d’indications dans le métro afin de montrer l’emplacement de la borne la plus proche et de créer un lien clair entre ces deux moyens de transport.

CD_Pirates_abordage_ville_image7

Source: Fabrique-Hacktion

Le bricolage urbain permet également de maximiser l’utilisation d’espaces désuets, mal conçus ou sous-utilisés. C’est le cas d’un stationnement peu fréquenté à Amsterdam qui s’est vu transformé temporairement en terrain de minigolf.

CD_Pirates_abordage_ville_image8

Source: Pop-Up City

Avec la généralisation des téléphones portables, un grand nombre de cabines téléphoniques ont perdu de leur utilité, mais leur présence marque encore le paysage urbain. En les transformant, entre autres, en bibliothèque ou en aquarium, les pirates redoublent de créativité pour leur donner une seconde vie.

CD_Pirates_abordage_ville_image9

Source: Graphisme & interactivité

CD_Pirates_abordage_ville_image10

Source: Graphisme & interactivité

Source: YouTube

Cap vers une nouvelle expérience urbaine

Le cercle des hackers ne se limite pas à un nombre restreint d’artistes ou de designers. Au contraire, le mouvement cherche à mobiliser l’ensemble de la communauté urbaine afin qu’elle prenne elle-même l’initiative de redéfinir l’espace dont elle a besoin. En posant un regard neuf sur le mobilier public, les pirates participent à la création d’une nouvelle expérience urbaine, où la ville ne se réduit pas à un lieu encadré et pourvu d’équipements uniquement utilitaires. L’environnement urbain peut également être propice aux interactions sociales, aux réflexions militantes ou à l’expression esthétique.

À Toronto, des pirates ont transformé des panneaux d’informations touristiques installés par la Ville. Par ce geste, ils dénonçaient le fait que des stationnements de vélos et des espaces verts aient été sacrifiés pour des structures affichant en réalité beaucoup de publicités et peu d’informations touristiques. Sous forme de cartes artistiques, d’affiches transmettant un message ou de tableaux noirs, les panneaux transformés devenaient une invitation au divertissement, à l’expression et à la participation.

CD_Pirates_abordage_ville_image11

Source: The Pop-Up City

CD_Pirates_abordage_ville_image12

Source: The Pop-Up City

Par leur Opération Échangeur TRICOT, les Ville-Laines cherchaient à embellir l’espace particulièrement peu attrayant de l’échangeur Turcot à Montréal, mais également à exprimer leur «découragement face au projet de reconstruction annoncé». 

CD_Pirates_abordage_ville_image13

Crédit: Colin Earp-Lavergne 2013

L’action du Clan du néon est un autre bel exemple d’implication citoyenne: sans dégradation ni violence, de petits groupes éteignent les enseignes extrêmement énergivores qui restent allumées toute la nuit et qui privent les citadins d’une obscurité apaisante.

Source: YouTube

À travers leurs interventions, les hackers anticipent les besoins des citoyens et adaptent la ville plus rapidement que les urbanistes. De plus, avec la popularité grandissante de l’open data (données ouvertes), les informations détenues par une municipalité sont désormais accessibles à tous. Le recensement des services et des équipements urbains permet aux pirates de cibler directement les espaces à améliorer et facilite leur démarche. Ces exemples vous inspirent-ils pour passer à l’action?

 

Image à la une: Street Art Utopia/Facebook

 

Analyse réalisée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel