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La ville intelligente grâce à l’Internet des objets

Un pan important de l’Internet des objets découle des innovations liées aux capteurs sans fil. Ces dispositifs sont capables de détecter des données environnementales, comme la température, le bruit, la pression atmosphérique, ainsi que certaines composantes chimiques et ensuite, de transmettre ces informations en temps réel.

La compagnie Intel et la Ville de Dublin ont récemment annoncé leur intention d’utiliser l’Internet des objets pour le projet Smart City. Environ 200 lieux seront dotés de capteurs et surveilleront les conditions environnementales. Les données relatives à celles-ci seront accessibles à tous (open data) afin de favoriser la création d’applications utilisant l’information en temps réel pour les résidents. Par exemple, les cyclistes ou les sportifs pourront trouver les trajets les plus «sains» et la Ville pourra réagir en ajustant le trafic ou en plantant plus d’arbres dans certaines zones.

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Marketing Tourisme durable

L’entrée de votre ville est-elle accueillante?

Soigner sa vitrine

Parfois, il suffit de peu pour améliorer l’image et offrir un meilleur accueil, donner aux gens l’envie d’être attentifs à ce qui s’y trouve et de s’y arrêter.

ces entrées ont le potentiel de refléter les contextes économique, culturel et historique, et permettent aux municipalités d’affirmer leur signature paysagère

Comme le suggère le Comité du patrimoine paysager estrien dans son manuel de bonnes pratiques, les entrées de villes et de villages représentent des occasions de mettre en place une démarche d’amélioration du paysage. Le Comité estime que ces entrées ont le potentiel de refléter les contextes économique, culturel et historique, et permettent aux municipalités d’affirmer leur signature paysagère. Limiter l’affichage commercial, structurer un boulevard à l’aide de végétation et intégrer une signalisation claire et élégante, voilà déjà un premier pas vers un embellissement de la ville. Voici un exemple d’aménagement simple, mais efficace, d’une entrée de ville.

 Illustration 1: Entrée de ville typique

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Illustration 2: Entrée de ville améliorée par simulation – aménagements à l’aide de végétaux et d’une signalisation claire

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Illustrations 1 et 2: Fauteux et associés, architectes paysagistes – Source: Comité du patrimoine paysager estrien.

Embellir et rendre plus sécuritaire

Les règlements d’urbanisme encadrent le développement des entrées de villes et de villages, et contribuent au contrôle du développement de ces secteurs. Ils déterminent notamment le zonage précisant les fonctions permises, les marges de recul et les limites d’affichage.

Un paysage d’entrée accueillant exerce de l’attrait tant sur les visiteurs que sur les entrepreneurs et les résidents potentiels. Voici quelques exemples d’initiatives régionales et municipales.

Les 2 Alpes

Un effort considérable a été fait dans la station de montagne française des 2 Alpes pour aménager l’entrée de la station et les abords des points d’information. On note, entre autres, un élargissement des zones piétonnes, la plantation de végétaux et la valorisation de l’entrée de la station.

Les aménagements réalisés sur les différents sites avaient plusieurs objectifs:

  • Valoriser l’image de la station;
  • Restructurer l’espace urbain;
  • Inciter au ralentissement (réduction de la largeur des voies);
  • Élargir et sécuriser les voies piétonnes;
  • Ponctuer l’avenue et les voies transversales par des végétaux issus de la région.

 Illustration 3: Aménagement de l’avenue de la Muzelle et de ses voies annexes

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 Source: AVP21

Atelier signalétique et entrées de ville

À Aubagne, toujours en France, s’est déroulé un atelier de réflexion pour imaginer de nouvelles façons d’accueillir les visiteurs dans le centre historique. Impliquant des citoyens, des experts (urbanistes, architectes paysagistes, etc.) et des élus, ce programme comprenait notamment une promenade dans le centre afin que les différents intervenants posent un regard critique sur la signalétique et les entrées de ville (voir la vidéo ci-dessous). L’atelier avait notamment pour buts:

  • d’évaluer l’aménagement de l’ensemble des entrées de la ville;
  • d’analyser et de mettre en œuvre une signalétique globale de la ville et de ses entrées;
  • de donner une identité à la signalétique;
  • d’améliorer l’accueil, l’esthétique générale, la sécurité et le lien progressif avec le centre-ville.

L’engagement des commerçants

De nombreuses municipalités québécoises ont profité de l’expertise de la Fondation Rues principales. Cet organisme à but non lucratif offre son soutien pour la revitalisation socioéconomique et le développement durable des villes et villages du Québec et d’ailleurs au Canada. Pour certaines municipalités, il s’agit de projets de longue haleine initiés par les instances publiques.

C’est le cas de Saint-Jean-de-Dieu, un village du Bas-Saint-Laurent qui a profité des travaux d’infrastructures (réfection du système d’eau potable et d’égout) de ses rues principales pour s’engager dans un programme de revitalisation. La municipalité s’est dotée de nouveaux trottoirs sur plusieurs kilomètres, d’îlots paysagers aux abords des routes et de mobilier urbain. Les gens d’affaires du village ont ensuite pris le relais avec des projets de revitalisation des commerces soutenus par des programmes d’aide financière. Une dizaine d’esquisses ont été réalisées, et trois importants projets de rénovations ont jusqu’à maintenant été menés à terme pour ce petit village de 1 600 habitants. Ce renouveau apporte un vent de fraîcheur dans la communauté, améliore la qualité de vie et entraîne la fierté de ses résidents.

Illustration 4: Saint-Jean-de-Dieu avant les travaux

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Source: Philippe Veilleux, SADC des Basques

 Illustration 5: Saint-Jean-de-Dieu après les travaux

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   Source: Philippe Veilleux, SADC des Basques

Selon la Fondation Rues principales, l’aménagement routier des villages et centres urbains doit se faire en privilégiant l’artère principale. Cette dernière doit concilier circulation, sécurité, protection du patrimoine et environnement. Lors d’un projet de revitalisation, il faut penser:

  • aux voies de circulation et à la place du stationnement de rue;
  • aux intersections, qui devraient permettre une bonne lisibilité par les différents usagers;
  • aux aménagements piétonniers;
  • aux matériaux − on peut, par exemple, recourir à des matériaux différents ou à des marquages au sol pour délimiter les zones selon le mode de transport;
  • à l’éclairage pour qu’il structure l’espace, crée des ambiances et assure la sécurité des usagers;
  • aux aménagements cyclables;
  • à la végétation et au mobilier urbain afin de viser l’intégration et la sauvegarde de végétaux, d’harmoniser la signature visuelle et de favoriser un sentiment de calme et de repos.

La Fondation offre plusieurs fiches-conseils, disponibles en ligne gratuitement, traitant notamment de l’amélioration des façades, de la rénovation commerciale et résidentielle, de l’aménagement des municipalités et de la revitalisation.

Tout le monde y gagne

La revitalisation des entrées et des centres de villages contribuent à l’essor économique de ces derniers. Lorsqu’elle est réalisée adéquatement, avec le soutien des gens d’affaires et la volonté des citoyens, elle dynamise les lieux, attire les investisseurs et les touristes, et devient la fierté de ses résidents.

 

Analyse réalisée en collaboration avec Caroline Lévesque

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Initiatives paysagères inspirantes

Les Urbainculteurs

L’agriculture urbaine se développe sous de multiples formes. L’organisme de Québec les Urbainculteurs aménage des potagers pour les entreprises et à l’occasion d’événements. Par souci environnemental et pour favoriser la consommation de produits frais sans ingrédient chimique, les Urbainculteurs trouvent des solutions pour cultiver en ville. Des hôtels, des restaurants, des festivals, des centres de congrès et même le parlement ont eu recours à leurs services. Dans certains cas, ces potagers fournissent les cuisines de ces organisations en légumes et en fines herbes tout en réduisant notamment l’approvisionnement en aliments ayant parcouru de longues distances.

L’Hôtel du Vieux-Québec

Le toit de l’Hôtel du Vieux-Québec est bien garni. Les Urbainculteurs y ont aménagé et entretiennent un potager auquel ils ont ajouté, en 2011, deux ruches. En plus de produire de belles récoltes, partagées entre le directeur, les employés et un restaurant partenaire, le toit vert permet de conserver la fraîcheur du bâtiment en été et de capter les eaux de pluie.

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© Urbainculteurs

L’Auberge Place d’Armes de Québec

Donnant sur un petit toit plat, deux chambres de l’Auberge Place d’Armes, dans le Vieux-Québec, offrent désormais à ses occupants une vue sur un jardin fleuri. Quelques plantes bien choisies pour pousser à l’ombre donnent de l’attrait à ces chambres.

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© Urbainculteurs

Les Francofolies et le Festival International de Jazz de Montréal 

Certains kiosques de l’édition 2013 des Francofolies et du Festival International de Jazz de Montréal comportaient des aménagements de plantes comestibles, même des arbres fruitiers! Des fines herbes, des plants de laitue, de poireau ou encore des fleurs comestibles ont remplacé les traditionnelles boîtes fleuries. L’un des objectifs de ce changement était de sensibiliser les festivaliers au jardinage et à l’agriculture urbaine.

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© Urbainculteurs

Sortir l’art des musées

Le festival Art souterrain, à Montréal, a pour mission de démocratiser l’art contemporain en l’unissant au patrimoine culturel souterrain. En mars 2014, le Montréal souterrain a accueilli 93 projets d’art, créant ainsi un circuit accessible gratuitement, intégré au quotidien des gens et offrant une vitrine élargie aux artistes. De plus, cet événement anime un réseau piétonnier aux nombreuses ramifications où défile un très grand nombre de personnes. Le paysage du Montréal souterrain offre de belles possibilités aux artistes.

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© SAMLERENARD MMXIII

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© Érick Duhagon

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© SAMLERENARD MMXIII

Créer des espaces rassembleurs

L’entreprise Design par Judith Portier propose des aménagements événementiels hors de l’ordinaire. La création, l’innovation et l’esprit de communauté sont au cœur des designs de cette firme.

Le Conteneur des sucres

Le Conteneur des sucres, une cabane à sucre urbaine située dans le quartier Verdun, à Montréal, propose non seulement des produits de l’érable, mais aussi des spécialités gourmandes du quartier, le temps de deux week-ends du mois de mars. Lorsque le conteneur ouvre ses portes et déploie ses nappes et ses coussins à carreaux sur les marches de l’église, la fête commence. La vidéo ci-dessous donne un aperçu de l’événement.

 

Le quartier de Noël

Dans la même veine, l’entreprise crée depuis deux ans le quartier de Noël, toujours à Verdun. C’est à l’aide de trois conteneurs judicieusement aménagés – vente de sapins, emballage de cadeaux et atelier du père Noël – que la magie opère. L’arrivée des conteneurs, avant même leur ouverture, provoque une frénésie dans le secteur.

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© Design par Judith Portier

Recycler le patrimoine industriel

L’architecte paysagiste et urbaniste Tilman Latz a pris part à plusieurs projets de requalification de sites industriels. Le Parco Dora, à Turin, une réalisation de la firme Latz + Partner, est un bon exemple de recyclage d’un tel site. Toujours présentes, les structures sont désormais multifonctionnelles. Le mélange de l’acier et de la végétation crée une ambiance urbaine tout en rappelant le passé industriel de la ville. Ce parc est aujourd’hui très fréquenté et les anciennes installations accueillent des événements très variés, qu’il s’agisse de spectacles rock ou de célébrations religieuses. Comme le souligne M. Latz, plutôt que de tout raser et de créer un parc de toutes pièces, les projets de requalification et de recyclage du patrimoine s’avèrent souvent plus significatifs pour les résidents et peuvent devenir des attraits touristiques.

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©  Heidemarie Niemann et ©  Andrea Serra

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© La Stampa

Un projet porteur: Plan paysage de la route 138

Mettre en valeur les paysages nécessite l’engagement et la persévérance de la communauté et des autorités locales. Les MRC de la Côte-de-Beaupré, de Charlevoix et de Charlevoix-Est se sont unies en 2009 pour créer la Table de concertation sur les paysages. Parmi les travaux de ce regroupement, on compte le Plan paysage de la route 138, qui consiste notamment à établir un concept de signature artistique, à donner des pistes de design et des paramètres d’aménagement pour orienter les interventions futures. Ce concept est celui de l’«éloge de la lenteur».  

Le plan, réalisé par le Groupe IBI/DAA, cible neuf secteurs pour lesquels on compte mettre en valeur le paysage. Par exemple, dans le secteur Clermont-La-Malbaie, on suggère d’améliorer la signalétique urbaine, d’aménager une halte à Clermont, de planter une bande d’arbustes dans le secteur commercial et industriel et de reconfigurer le pont de la rivière Malbaie afin de mieux intégrer la circulation des piétons et des cyclistes. Le Plan rassemble beaucoup d’informations concrètes qui pourraient certainement contribuer à faire de la route 138, dans Charlevoix, un parcours touristique enrichi, où les visiteurs auront envie de s’arrêter.

Une image identitaire

Comme l’indiquait Michel Zins de la firme Zins Beauchesnes et associés lors du congrès de l’AAPQ, l’idée n’est pas de créer un environnement esthétique qui est déconnecté de son contexte, mais plutôt des lieux caractéristiques de la destination. Le voyageur cherche des paysages uniques, identitaires, des images distinctives qui forgeront ses souvenirs.

 

Image à la une : © Urbainculteurs

 

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Gestion Produits et activités

Festivals et municipalités: un mariage de raison

 

Situation amoureuse: en couple

Pour Luce Proulx, de SATQ-FEQ, les liens entre les festivals et les municipalités du Québec peuvent être abordés comme une relation de couple. Dans le cas d’une relation en harmonie:

  • le milieu municipal est impliqué et participe à la tenue de l’événement;
  • les citoyens s’investissent et développent un sentiment d’appartenance vis-à-vis du festival;
  • la communauté locale bénéficie de retombées économiques et sociales directes.

À l’inverse, si la relation est tumultueuse:

  • les organes municipaux sont désengagés;
  • les citoyens tentent de freiner la tenue de l’événement;
  • les organisateurs peinent à recruter des bénévoles;
  • les impacts locaux sont plus négatifs que positifs (nuisances, problèmes de sécurité, etc.).

Le soutien que les villes manifestent aux festivals est généralement circonscrit dans une politique ou un programme déterminés, et peut prendre différentes formes: aide financière, appui technique, prêt de matériel ou de locaux, contribution en services (police, signalisation, etc.). À titre d’exemple, en 2011, les municipalités du Québec ont dépensé en moyenne 220 000$ pour les foires et les expositions, les investissements variant de 24$ à 18,2 millions de dollars en fonction de l’agglomération.

Si les élus s’investissent dans une relation avec les festivals, c’est qu’en échange, leur contribution au bien-être des individus et des communautés locales est significative. Un sondage de SATQ-FEQ souligne ce constat:

  • 60% des Québécois ont assisté à au moins un événement de leur région entre 2010 et 2012;
  • 62% des événements sont impliqués dans des instances de développement économique locales;
  • 79% favorisent concrètement la participation et l’interaction sociale;
  • 79% sensibilisent les participants aux saines habitudes de vie;
  • 83% font appel à des fournisseurs locaux;
  • 33% utilisent un programme d’employabilité pour le recrutement.

Globalement, la nature des retombées d’un festival dépend des pratiques et des valeurs qui constituent le fondement de la relation entre les organisateurs et la municipalité.

Le point de vue d’un festival…

Pendant l’atelier, Malika Bajjaje et Jean-Charles Doyon, respectivement présidente et directeur général du Festival des traditions du monde de Sherbrooke, partageaient leur vision sur les partenariats à établir avec sa municipalité.

Prenant place dans la troisième ville accueillant le plus d’immigrants au Québec, le Festival des traditions de monde de Sherbrooke tend à dresser un tableau vivant des réalités vécues par la population à travers trois dimensions:

  • culturelle, par l’intégration et l’implication des différentes communautés à la programmation;
  • sociale, grâce à la gratuité d’accès au site et à la participation des minorités (conseil d’administration, bénévolat, emplois);
  • économique, en faisant appel à des artistes, des commerçants, des artisans et des chefs locaux.

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Source: Festival des traditions du monde de Sherbrooke

De fait, en reflétant l’identité de la communauté locale, le festival participe au rayonnement de Sherbrooke, favorise le dynamisme social et entraîne le développement d’un sentiment d’appartenance chez les habitants. Les retombées constatées ajoutent une dimension politique à l’événement, ce qui favorise l’établissement d’ententes avec la municipalité.

Voici quelques conseils pour optimiser la relation avec les instances politiques locales:

  • Faire connaître son événement aux élus: Il est essentiel de leur présenter le festival, d’expliquer l’objectif des organisateurs et de délimiter le public visé. Cette entrée en matière permet de tisser des liens dans une optique de prise de décisions communes.
  • Faire preuve de bonne volonté: Les organisateurs doivent lancer une campagne de séduction auprès des élus en se montrant coopérants et transparents (présentation du rapport annuel, des résultats, des partenaires, etc.).
  • Se positionner comme une occasion de visibilité: En laissant une tribune aux instances municipales pendant les conférences de presse et les diverses activités de l’événement, les organisateurs facilitent l’appropriation et le sentiment d’appartenance des élus envers la manifestation.
  • Établir une relation pérenne: Après la tenue du festival, il est important d’assurer un suivi avec la municipalité en remerciant les autorités qui se sont impliquées, en réfléchissant conjointement aux possibilités de croissance du festival et en veillant à formaliser les liens établis pour assurer leur longévité.                          

Finalement, une collaboration saine entre un festival et une municipalité permet aux deux parties d’avancer ensemble au service de la population, de véhiculer un message de cohésion et de créer une synergie favorable au rayonnement du territoire.

… et d’une municipalité

Si les festivals doivent justifier leur pertinence par rapport aux objectifs de développement municipaux, les villes cherchent à démontrer que leur intervention est essentielle pour optimiser les effets positifs d’un événement. Éric Boily, de la Ville de Gatineau, présentait son approche en tant que chef de la division Fêtes et festivals.

La mission de la Ville de Gatineau consiste à se positionner comme chef de file dans le domaine des fêtes, festivals et événements en favorisant le développement de partenariats et en offrant un soutien de nature financière, technique ou professionnelle aux manifestations locales, qu’elles soient en démarrage ou déjà bien établies.

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Source: Ville de Gatineau

Les critères d’évaluation mis en place pour la sélection des dossiers admissibles sont révélateurs des attentes municipales. Les candidats doivent montrer que leur événement:

  • permet de développer une nouvelle clientèle (10%);
  • bénéficie d’un rayonnement et peut en faire profiter la ville (20%);
  • engendre des retombées touristiques et économiques (20%);
  • démontre du professionnalisme et soigne la qualité de son offre globale (20%);
  • favorise une synergie avec le milieu (10%);
  • réalise des actions en faveur du développement durable (10%);
  • maintient une certaine autonomie par rapport au soutien financier municipal (10%).

Les attentes municipales relèvent des champs social et économique. En effet, les élus cherchent à développer une forte culture du partenariat et à maintenir le dynamisme engendré par un festival au-delà de la durée de l’événement, afin de modeler l’image de la ville, tant pour les touristes que pour les résidents.

Si le chemin d’un partenariat entre les municipalités et les festivals peut paraître ardu, il est néanmoins nécessaire pour qui veut s’assurer de la pérennité d’un projet événementiel et favoriser l’adhésion de la population.

 

Image à la une: © Ville de Gatineau

 

Commentaires d’Éric Boily

Les municipalités reconnaissent généralement l’importance des festivals et événements, qui constituent un secteur dynamique de leur économie locale tout en ayant une indéniable incidence sur la qualité de vie de leurs citoyens.

Voilà selon nous une bonne nouvelle, car si un projet, quel qu’il soit, n’est pas accueilli dans un terreau fertile localement, un promoteur a bien peu de chances de voir son initiative prendre racine et encore moins d’en assurer la pérennité.

Les municipalités ont par ailleurs tout intérêt à développer des relations porteuses avec les organisateurs d’événements. Ce faisant, elles favorisent en effet l’activité événementielle, laquelle constitue une vitrine extraordinaire pour le dynamisme et l’identité d’un milieu. C’est un outil de rayonnement de la culture qui consolide le sentiment de fierté et d’appartenance des citoyens tout en contribuant à façonner la perception que l’on aura d’une ville.

Les plus grands événements ont des effets structurants sur leur milieu, notamment grâce à la création d’entreprises et au développement d’un savoir-faire permettant une professionnalisation du milieu événementiel. Mais plus encore, des événements de tout type et de toute taille – soit une offre festive forte, diversifiée et de qualité – favorisent l’identification et l’adhésion du citoyen à son milieu. Cette offre répond à son besoin d’assister à des manifestations culturelles et événementielles signifiantes, en plus de faire d’une ville une destination conviviale pour les visiteurs. Les festivals et événements donnent un sens à une ville, la rendent attrayante et permettent à la population de se l’approprier autrement, par des spectacles accessibles, à tarification modulée, et avec des infrastructures adaptées.

À notre avis, le rôle de la municipalité dans son partenariat avec les intervenants du milieu est de stimuler le paysage événementiel en favorisant le partage d’expertises, en soutenant la création et le développement de créneaux déterminés dans lesquels elle souhaite se démarquer de façon concrète par rapport aux autres régions et marchés du Québec et du pays, selon les réalités régionales qui la caractérisent.

La concertation avec les acteurs du développement, notamment, sur les plans touristique et économique, le Centre local de développement (CLD), l’Association touristique régionale (ATR), la Chambre de commerce et la Conférence des élus (CRÉ), permet une meilleure planification et une plus grande cohérence du développement et du soutien aux événements.

La concertation et le partenariat sont deux éléments essentiels favorisant une démarche commune et complémentaire des partenaires associatifs et corporatifs dans leur soutien aux festivals et événements. Une approche proactive participe à l’élargissement des frontières, facilite la réalisation de partenariats novateurs, et aide à diversifier la base du financement pour la consolidation et le développement d’événements majeurs sur le territoire d’une ville.

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L’art de la rue dynamise les destinations touristiques

Les particularités de l’art urbain

L’art de la rue (street art) caractérise les œuvres produites par un artiste qui cherche à se réapproprier l’environnement urbain en lui donnant une nouvelle signification. Souvent politisés et chargés en revendications, les messages s’exposent sur des espaces choisis en fonction de ce qu’ils représentent dans leur contexte original et après transformation artistique. L’artiste pose un geste illégal autant que gratuit. On note ici la différence avec l’art public, qui résulte d’une entente passée entre l’artiste et une partie prenante (municipalité, entreprise, etc.). La démarche devient alors légale, rémunérée et doit répondre à la demande du commanditaire.

En marge de l’art traditionnel, l’art urbain s’affiche dans la sphère publique, mais se veut l’expression d’une culture bien particulière. Sa forme originale lui confère certaines spécificités: le détournement des constructions urbaines, l’instantanéité, le caractère illégal de la démarche et l’aspect éphémère de l’œuvre achevée. De plus, il s’adresse et s’impose à tous: inutile de pousser la porte d’un musée ou d’une galerie pour admirer la production d’un artiste de la rue.

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Source: Vimeo

À qui appartient l’œuvre? L’artiste en possède les droits d’auteurs, mais l’espace sur lequel il s’est exprimé n’est pas le sien. Son propriétaire peut décider d’effacer ce qui reste considéré comme du vandalisme. Dans le cas d’une mise en tourisme de l’art de la rue, la question des droits d’auteur ne doit pas être oubliée. Bien que les graffiteurs posent un geste gratuit, faut-il pour autant les ignorer en cas de réutilisation de leurs œuvres à des fins commerciales?

Poser un nouveau regard sur les destinations touristiques

l’art de la rue révèle ce qui anime les populations

De par ses racines, son format et les messages qu’il porte, l’art de la rue révèle ce qui anime les populations (revendications sociales, références culturelles, opinions politiques, etc.). Les artistes urbains permettent aux touristes d’aborder la culture visitée de façon immersive et authentique.

Égrainant leurs œuvres des centres historiques aux périphéries, les artistes de la rue étendent leur terrain de jeu sur l’ensemble du territoire urbain. À Lille, une visite de l’art mural à vélo permet la découverte de nouveaux secteurs, tout en assurant une meilleure répartition des revenus.

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Source: Ville de Lille

l’art de la rue met en lumière des destinations ignorées du tourisme traditionnel

À plus large échelle, l’art de la rue met en lumière des destinations ignorées du tourisme traditionnel. Vitry-sur-Seine, au sud de Paris, est devenue l’une des villes vedettes de la culture urbaine, où plane une ambiance de modernité, de poésie et d’ouverture d’esprit. Grâce à la tolérance de la mairie, les façades moroses ont accueilli des artistes du monde entier, ce qui dynamise la ville et attire des curieux dans cette localité jusque-là boudée par les touristes.

Les municipalités adoptent différentes attitudes par rapport à l’art urbain, tantôt répressives, tantôt complices avec les graffiteurs. Depuis 30 ans, Philadelphie, la ville aux 3 000 fresques, valorise l’art de la rue par des programmes structurants pour les artistes et par des tours guidés.

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Crédits photo: Gary Lawrence

De son côté, le maire de New York a lancé une guerre ouverte à l’artiste Banksy qui, depuis octobre, s’est établi dans la ville et dévoile chaque jour une nouvelle œuvre. En revanche, la Ville a permis à JR d’installer son projet Inside Out NYC à Times Square. L’artiste invitait la population et les touristes à se prendre en photo avant d’exposer les portraits sur le sol, offrant ainsi une expérience inoubliable aux participants.

Exemples d’ouvertures réussies à la clientèle touristique

Bien que l’art de la rue soit l’expression d’une culture marginale, sa valorisation grâce aux modes de diffusion traditionnels est possible. Le MUU Street Art Museum de Zagreb se veut un musée à ciel ouvert qui répertorie et met en évidence les fresques de la capitale croate. À Montréal, la galerie Fresh Paint! héberge des œuvres d’artistes locaux et internationaux. Initiative du même collectif, le festival Under Pressure cherche à démystifier l’art de la rue en présentant à la population la démarche sous-jacente à cette culture.

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Source: Adrien Fumex, Fresh Paint!

Le projet Tour Paris 13, plus grande exposition d’art urbain au monde, a accueilli plusieurs dizaines de milliers de personnes. Sa particularité? Les curieux ont eu uniquement le mois d’octobre pour la visiter, la destruction du bâtiment ayant été prévue pour le mois suivant. Les œuvres ont cependant été figées numériquement sur le site Web de la manifestation artistique.

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Source: Rue89

Pour apprécier pleinement une réalisation d’art urbain, il faut comprendre la démarche des artistes. Un partenariat entre les intervenants touristiques et le milieu favorise l’immersion du touriste et répond à l’enjeu de la propriété intellectuelle. Les guides de Street Art London Tours sont issus de la culture urbaine; les revenus tirés sont réinvestis dans de nouveaux projets artistiques et aident au référencement ainsi qu’à la conservation numérique des œuvres londoniennes.

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Source: Street Art London Tours

L’utilisation des nouvelles technologies permet de valoriser et de conserver les traces d’une démarche qui se veut éphémère. À New York, la Free Art Society ajoute des codes QR à ses réalisations pour créer une chasse au trésor, chaque œuvre menant à la suivante.

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Source: PSFK

Lors de l’événement Art Basel à Miami, la réalité augmentée donnait vie aux fresques, en créant une œuvre dans une œuvre.

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Source: Vimeo

Les applications mobiles aussi se laissent séduire par l’art de la rue. Urbacolors permet à l’utilisateur de repérer les œuvres situées à proximité, de les photographier et de les partager avec ses amis sur les réseaux sociaux. Des points sont accumulés quand une photo est partagée ou lorsqu’un membre de la communauté l’ajoute à sa collection personnelle. Dans la même veine, la Ville de Paris a lancé l’application My Paris Street Art, qui localise les productions d’art urbain, fournit des explications et permet à celui qui la consulte de participer à l’enrichissement de la base de données existante.

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Source: Urbacolors

La mise en tourisme de l’art de la rue doit rester une démarche sincère, proche du milieu et conserver la saveur marginale typique de la culture urbaine. Les artistes de la rue proposent une expérience artistique unique qu’il serait dommage de transformer en produit touristique de masse.

 

Image à la une: Nuxuno Xän

 

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

 

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Tendances

Les 14 tendances touristiques pour 2014

À la suite de la conférence sur les 13 tendances touristiques de 2013, Paul Arseneault, de la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, et Pierre Bellerose, de Tourisme Montréal, récidivent pour une seconde année dans le cadre des Gueuletons touristiques, cette fois-ci accompagnés de deux intervenants français, Jean-Luc Boulin et Pierre Eloy, rédacteurs du blogue etourisme.info. Grâce à leur sens de l’observation affûté et à leur expérience sur le terrain, ces 4 conférenciers ont identifié 14 tendances touristiques qui marqueront l’année 2014.

1- La croissance s’accélère pour le tourisme urbain

L’épicentre touristique devient urbain. La croissance touristique des grandes villes s’explique avant tout par une meilleure accessibilité, en raison des investissements massifs réalisés dans les aéroports au cours des dernières années. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, ce phénomène est visible depuis cinq ans et va s’accélérer en 2014. De cette tendance découle la possibilité pour les régions de profiter de ces flux touristiques; les grandes villes créent des alliances commerciales entre elles afin de maximiser les retombées et deviennent même des plaques tournantes (hubs) pour les territoires environnants.

2- Concentration/fusion/alliance – le mot d’ordre pour les attraits et événements

La Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal et la fusion des musées McCord et Stewart illustrent la tendance à la concentration, plutôt qu’à la multiplication. Centraliser la gestion d’événements ou d’attraits sous une entité commune est une stratégie qui permet de gagner en puissance, mais aussi en pertinence pour le visiteur. C’est une nouvelle façon de voir l’avenir des attraits et des événements.

3- Retailtainment (commerce et divertissement)

Devant la croissance exponentielle du commerce en ligne, les centres commerciaux traditionnels perdent en attractivité. En effet, ils n’apportent plus autant de valeur ajoutée pour le consommateur, qui peut se faire livrer à domicile après avoir passé une commande en ligne. Ils doivent dès lors se réinventer, faire vivre une expérience au visiteur et le divertir. Aux États-Unis, certains centres se rapprochent de plus en plus du milieu touristique; en ajoutant une offre de divertissements, ils deviennent ainsi des lieux de loisirs. On voit même des marques de textile comme Urban Outfitters et Quicksilver développer des enseignes hôtelières, afin de jumeler magasinage et séjour touristique.

4- Les habitants, promoteurs de leur communauté

Les organismes de gestion de la destination (OGD) s’appuient de plus en plus sur les habitants pour promouvoir leur destination. On retrouve ce mouvement de fond dans le crowdfunding, le crowdsourcing et le crowdlearning. Ce dernier concept se transpose dans le tourisme par les habitants qui font visiter leur milieu de vie aux visiteurs, par exemple la communauté des greeters. Le mélange de tous ces concepts laisse entrevoir une nouvelle forme d’organisation touristique, le crowdtourism, où les interactions entre les membres de la communauté et les visiteurs sont omniprésentes. Ainsi, les OGD et les entreprises touristiques auront un rôle de médiation et d’organisation de cette rencontre.

5- Le caractère imprévisible du tourisme américain

Appréciation prévue du dollar américain en 2014, reprise de l’économie aux États-Unis, baisse du coût du transport aérien pour l’ensemble de l’Amérique du Nord, en raison de la fusion entre American Airlines et US Airways… voilà autant de mouvements et de signaux macroéconomiques qui annonceraient un retour des Américains au Canada et au Québec pour 2014. Cela sera-t-il suffisant pour renverser la tendance?

6- Le tourisme LGBT, de moins en moins gai et de moins en moins gay…

Aujourd’hui, les comportements de la clientèle LGBT se rapprochent de plus en plus de ceux de la moyenne des voyageurs. Elle délaisse quelque peu les quartiers et attraits spécifiquement «gays» et est ouverte à sortir des grandes villes. En 2014, les mouvements de ces touristes seront de plus en plus complexes à analyser et à interpréter. Les professionnels du tourisme ne doivent toutefois pas les perdre de vue, car il s’agit d’une clientèle aux retombées touristiques importantes.

7- 2014: année de l’impatience

Les entreprises ne peuvent plus se contenter d’être réactives, elles doivent à présent jouer la carte de l’instantanéité, ce qui est plus difficile à gérer. Le client ne veut plus perdre son temps et s’attend à être servi rapidement et efficacement. Le numérique, à l’origine de ces attentes, est aussi la solution pour y répondre. Les grandes entreprises sont en train de faire évoluer leurs outils de conversation instantanée sur les médias sociaux en remplaçant leur automatisation par de vraies personnes. Elles comprennent l’importance d’humaniser les relations avec leurs clientèles.

8- Migrations nouvelles

Ce phénomène vient de la fusion de deux tendances: la mobilité et la redéfinition du touriste. On ne raisonnera plus simplement en apparentant le tourisme à un voyage lointain, mais en le considérant aussi comme un loisir de proximité, ou tourisme «d’hyperproximité». Faut-il donc toujours travailler en silo et séparer les touristes des visiteurs et de ceux qui pratiquent des loisirs? Une évolution est nécessaire de la part de l’industrie.

9- Connecter les compétences

L’ère du multitâches et des généralistes est finie. Les entreprises touristiques doivent à la fois s’entourer de spécialistes (formés par exemple pour le Web ou les médias sociaux) et décloisonner les fonctions de marketing, de recherche, de ventes et de développement afin que tous les employés puissent participer aux projets. De plus, on constate l’importance de la formation en tourisme et de la professionnalisation de ces métiers. En France, certains nouveaux emplois voient le jour, l’animateur numérique de territoire et le reporter de territoire, par exemple.

10- Choc entre mondialisation et produits locaux dans la restauration

La demande croissante en tourisme responsable touche aussi le secteur de la restauration. Outre la qualité de la nourriture, les consommateurs exigent une garantie sur l’origine des produits et souhaitent consommer «local». Ce constat est un véritable enjeu pour une destination, qui doit se démarquer tout en répondant à des standards de qualité recherchés par une clientèle internationale.

11- Des nouveaux défis d’être hôtelier

Le comportement du client a changé: il est devenu autonome, réserve sa chambre sur une agence de voyages en ligne et peut se passer des services de l’hôtelier; ce qu’il recherche avant tout, c’est une chambre. La solution réside peut-être dans l’hyperpersonnalisation du produit. Les chaînes Best Western et Carlson Rezidor Hotel exploitent ce filon en affichant les vues à 360 degrés de chacune de leurs chambres sur Google Street View. Dans certains hôtels Accor, le décor de la réception s’individualise, c’est la standardisation de la différenciation.

12- TripAdvisor, Airbnb et les agences de voyages en ligne se réinventent

La force des grandes entreprises de tourisme en ligne telles que TripAdvisor, Airbnb et Expedia consiste à se réinventer continuellement. Ils privilégient et font évoluer l’expérience client en ligne grâce à une écoute, à une agilité et à une adaptabilité exemplaires. Il est très difficile de concurrencer ces géants du Web, mais il demeure possible de les utiliser à son avantage…

13- Le côté sombre de l’instantanéité et de la transparence

Malgré tous les avantages des médias sociaux en matière de relation client, ceux-ci peuvent se retourner contre l’entreprise. On découvre le côté sombre de la transparence et une forme de terrorisme numérique identifiée par le terme «Far Web». La possibilité de nuire est accessible à tous. Le prestataire se doit donc d’être de plus en plus un veilleur de sa réputation en ligne. Il ne lui faut cependant pas tomber dans le piège d’accorder plus d’attention aux avis négatifs qu’aux avis positifs.

14- L’économie collaborative fera partie intégrante de l’économie touristique

Tendance très importante en 2013, l’économie collaborative continuera d’exister en 2014. L’industrie touristique ne pourra pas la chasser, le client l’a adoptée, et il faut maintenant apprendre à vivre avec et à l’intégrer, voire adapter le modèle pour qu’il cohabite avec l’ensemble des acteurs.

 

Si un seul mot devait résumer les 14 tendances identifiées, ce serait «hyper»: hyperpersonnalisation; hyperconnexion sociale; hypermobilité et hyperhumatérialisation.

Merci à nos conférenciers:

– Pierre Bellerose (@pierrebellerose), vice-président – Relations publiques, recherche et développement du produit à Tourisme Montréal;

– Paul Arseneault (@paularseneault), titulaire de la Chaire de tourisme Transat;

– Pierre Eloy (@touristic), co-fondateur Agitateurs de Destinations Numériques et rédacteur du blogue etourisme.info;

– Jean-Luc Boulin (@JeanLucBoulin), directeur de la MOPA (Mission des Offices de Tourisme et Pays Touristiques d’Aquitaine) et rédacteur en chef du blogue etourisme.info.

 

Pour connaître tous les détails de ces 14 tendances, visionnez les extraits de la conférence ou parcourez la présentation.

 

Image à la une Stef & Stef Photographie

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Produits et activités

Aménagement d’un marché de Noël: inspirations de Strasbourg et de Nuremberg

Pour qui a eu la chance de les visiter, ce sont d’abord les maisonnettes de bois, le scintillement des lumières et l’odeur des noix grillées qui viennent à l’esprit. Puis, il y a ces mains que l’on réchauffe autour d’une tasse de vin chaud, la diversité des produits des artisans locaux, la chaleur des chorales et le son des orchestres de cuivres. Si bien que, lorsque les flocons se mettent à danser, le temps se fige et les sourires s’illuminent.

En Europe, les marchés de Noël constituent une tradition vieille de plusieurs siècles. Accueillant chacune plus de deux millions de visiteurs annuellement, les villes de Strasbourg et de Nuremberg ont beaucoup à prévoir pour que leur marché soit un succès année après année. Comment ces villes sont-elles aménagées pour attirer autant de visiteurs et créer des marchés d’une si grande envergure?

Nuremberg, Allemagne: au cœur de la tradition

Le marché de Noël de Nuremberg, datant du XVIIe siècle, est un incontournable puisqu’il est le plus reconnu du pays qui a vu naître cette tradition. Il mise d’ailleurs sur cet héritage et les spécialités régionales – tels les fameuses saucisses Nuremberger, le vin chaud et le pain d’épices – pour attirer touristes et amoureux de la période de l’avent, et rassemble aujourd’hui près de 200 kiosques divisés en 3 marchés aux thématiques différentes. Tandis que le Christkindlesmarkt, plus traditionnel, trône sur la place du marché, le marché des enfants offre une atmosphère plus ludique. Celui des villes sœurs amène quant à lui un volet plus international, grâce à ses artisans venus des quatre coins du monde.

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© Olivier Legault

C’est la vente de cadeaux pour enfants qui a mené à la création du marché il y a déjà près de 400 ans. Depuis, sculpteurs de bois, confectionneurs de poupées et confiseurs se rassemblent sur la place centrale de Nuremberg. Ici, les traditions sont à la base du charme. On pense entre autres à la cérémonie d’ouverture inaugurée par la Christkind – une dame aux cheveux blonds et bouclés ayant l’heureuse tâche de distribuer les cadeaux aux enfants –, aux chorales, aux processions d’enfants et aux poupées de prune. Ces traditions font du marché de Nuremberg un événement arrêté dans le temps et foncièrement authentique.

Strasbourg, France: la capitale (autoproclamée) de Noël

Strasbourg offre une version moins traditionnelle, mais plus adaptée aux goûts du jour. Avec 11 sites de marchés disséminés à travers tout le centre-ville et plus de 300 kiosques, c’est la ville entière qui se retrouve illuminée et animée par des milliers de touristes venus de la région et d’ailleurs. S’étant autoproclamée «Capitale de Noël», Strasbourg combine les activités de promotion et s’impose comme la destination de Noël par excellence. Ici, le marché prend la forme d’un véritable parcours en plein cœur de la ville, reliant des petits marchés aux identités multiples grâce à la mise en lumière tant des grandes rues piétonnes que des ruelles médiévales.

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© Olivier Legault

Ce parcours rend possible la découverte des multiples facettes de Strasbourg et propose au visiteur une version inédite de la ville. Vous y trouverez la place Kléber, son gigantesque sapin et son spectacle d’animations lumineuses, puis un marché empruntant l’esthétique d’une fête foraine, un autre mettant en avant-plan les délices de l’Alsace ou les produits d’un pays invité, un marché où l’artisanat régional est mis en valeur et, partout, mais véritablement partout dans la ville, des kiosques de vin chaud, de biscuits de Noël, de gaufres, de choucroute et autres poêlées de spécialités locales impliquant de la crème et des lardons. Strasbourg, par l’exubérance de ses marchés, présente ainsi Noël sous plusieurs formes, tantôt au cœur de placettes coincées entre des maisons à colombages, tantôt dans la contemplation de sa cathédrale.

 

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© Olivier Legault

Bien que ces deux villes mettent fortement à profit le décor et les petites places qu’offre leur centre-ville aux allures médiévales, certains principes d’aménagement fondamentaux sont à considérer pour quiconque voudrait organiser un marché de Noël de grande envergure.

Principes d’aménagement des marchés de Nuremberg et de Strasbourg

Voici quelques principes d’aménagements qui expliquent le succès de ces événements et permettent leur adaptation à une autre situation géographique:

  • Un ensemble de marchés aux identités singulières – À Nuremberg comme à Strasbourg, on offre une diversité de marchés aux ambiances distinctes et aux produits variés. Pour l’adaptation au contexte québécois, profitez des marchés de Noël pour investir des lieux centraux et connectés aux flux de transport du quotidien, mais aussi d’autres, moins connus, à échelle humaine (ex.: bord d’une rivière, parvis de l’église, secteur patrimonial, placette donnant sur la rue principale).
  • La mise en réseau de ces marchés – Vous n’avez pas besoin d’avoir une grande place publique si vous disséminez les kiosques sur plusieurs lieux reliés entre eux. Ces liens de transition doivent être réservés aux piétons, ou du moins agréables pour ces derniers, peuvent prendre la forme d’un circuit défini par vos plus belles décorations lumineuses et intégrer les secteurs commerciaux du centre-ville. À Nuremberg comme à Strasbourg, le visiteur est pris en charge par ce réseau dès son arrivée à la gare, que ce soit par le départ du circuit lumineux ou par la disposition d’un marché sur la place de la gare. Les axes du parcours de Nuremberg sont également bordés de kiosques qui ne font pas partie des trois marchés officiels, ce qui participe à donner l’impression au visiteur que la ville est un marché de Noël.
  • Une programmation d’activités pour toutes les générations – Les activités proposées doivent toucher toutes les générations. Le marché des enfants, celui des produits fins, un bistro de vin chaud et les chorales de l’âge d’or sont tous de bons exemples. Le circuit peut aussi connecter différents lieux d’activités hivernales, comme les patinoires et les lieux de glissade.
  • Le charme d’un village, ou d’un quartier – Le site du marché doit être un village dans un village. Les cabanes qui se font face doivent être distancées de trois à cinq mètres, et la forme générale du marché doit inciter à la circulation tout en intégrant des aires de repos. Tous les milieux urbains du Québec ne sont pas nécessairement aptes à accueillir un marché de Noël de qualité. Les villages et quartiers collectionnant les zones piétonnes, les petites places publiques et les parcs ont une longueur d’avance. Sachez reconnaître les qualités de ces milieux et osez les mettre en valeur, pour en faire un pôle d’attraction régional au cours du temps des Fêtes et ainsi charger émotivement la perception générale de la population envers ces lieux.
  • À éviter – Des cabanes alignées de manière rectiligne sur un axe routier important, un marché de Noël qui s’apparente à un marché aux puces, des prix trop élevés pour la nourriture et les boissons chaudes.

Plus qu’un marché de Noël…

Il faut davantage penser à organiser son marché de Noël comme un lieu de rassemblement, de partage, de chaleur humaine, où l’achat de cadeaux sert à souligner l’amour qui nous entoure. L’esprit de Noël, c’est l’enchantement, mais c’est encore plus une tradition de rassemblement et de générosité.

Qui sait, si vous réussissez à créer une telle ambiance, votre marché de Noël pourrait bien servir de lancement à la programmation des festivités hivernales de votre coin de pays…

Joyeux Noël!

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Tendances

L’Asie et l’urbanisation façonnent le tourisme de demain

À l’occasion de la journée inaugurale, Euromonitor International a présenté son rapport annuel, qui fait état de la situation de l’industrie touristique. Les résultats sont basés sur un sondage effectué auprès de 1 277 intervenants participant au WTM, soit des organisations de marketing de la destination, des entreprises touristiques privées et des membres seniors du Buyers’ Club (un club exclusif d’acheteurs approuvés par le WTM).

Optimisme à l’horizon

L’économie mondiale se remet graduellement du récent ralentissement qu’elle a connu. Si l’année 2012 a marqué l’atteinte du cap d’un milliard de voyages internationaux, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) prévoit en 2013 une hausse de 4% des arrivées à l’échelle de la planète.

Neuf cadres supérieurs sur dix interrogés par Euromonitor se disent optimistes quant aux perspectives de leur entreprise et de l’industrie en général en 2014 (voir le graphique 1). Sept de ces répondants sur dix ont également rapporté une croissance de la demande au cours des douze derniers mois.  

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Questionnés sur les obstacles auxquels fait face l’industrie, la moitié des dirigeants ont indiqué que ce sont les conflits nationaux et internationaux qui entraînent l’impact négatif le plus important (voir le graphique 2). Les taxes et les visas ont été identifiés comme deux autres sources principales préoccupantes pour le développement d’affaires.

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Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud constituent depuis quelque temps les nations émergentes qui représentent les puissances futures en tourisme. Malgré cela, un peu plus du quart des cadres seniors (28%) estiment qu’aucun de ces marchés émetteurs n’est d’importance pour leurs activités commerciales (voir le graphique 3). Pour la troisième année consécutive, c’est la Chine qui arrive en tête de ces marchés émergents, suivie de la Russie.

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la région de l’Asie du Sud-Est connaîtra la plus grande croissance des retombées touristiques sur le PIB dans les prochaines années, avec un taux de 6,7% en 2013.

Dans le top 30 des destinations identifiées par les répondants, neuf sont asiatiques: le Sri Lanka, l’Indonésie, la Malaisie, le Vietnam, le Myanmar, le Cambodge, les Philippines, la Thaïlande et la Chine. Ces constatations sont soutenues par les données du Conseil mondial du tourisme et des voyages (WTTC), qui prévoit que la région de l’Asie du Sud-Est connaîtra la plus grande croissance des retombées touristiques sur le PIB dans les prochaines années, avec un taux de 6,7% en 2013. L’OMT estime que cette région sera d’ici 2030 la seule à voir croître sa part du marché mondial, laquelle représentera alors 30% des arrivées internationales (soit 535 millions).

Le monde change!

Lors du sommet sur l’innovation en tourisme au WTM, le directeur du marketing et des technologies de Carlson Wagonlit Travel, William El Kaim, a partagé quelques chiffres qui dressent la toile de fond sur laquelle se dessinent les tendances en matière de voyages:

  • En 2013, le PIB combiné des pays «pauvres» dépasse celui des «riches».
  • En 2020, l’économie mondiale devrait avoir crû d’environ 80% par rapport à ce qu’elle était en 2000.
  • La population mondiale passera de 7 milliards à 8,3 milliards de personnes en 2030.
  • L’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine domineront la croissance démographique au cours des 20 prochaines années.
  • La classe moyenne devrait atteindre 5 milliards de personnes en 2031, comparativement à 2,1 milliards en 2011.
  • Le taux de croissance de l’urbanisation est estimé à 2% par an, ce qui représentera 60% de la population mondiale (5 milliards de personnes) en 2030.

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Source: Adapté de El Kaim, William , «The Digilution of Business Travel»

Pour le secteur touristique, et plus particulièrement les déplacements professionnels, cela signifie que: 

  • le tourisme d’affaires représentera 17% du tourisme international en 2020;
  • la région Asie-Pacifique connaîtra la plus grande croissance en matière de voyages d’affaires nationaux dans les prochaines années;
  • les estimations basées sur les arrivées de touristes d’affaires indiquent une stabilisation du taux de croissance à 4% par année pour ce type de séjour;
  • la région de l’Europe de l’Ouest demeure toujours en tête du tourisme d’affaires, avec 37% des arrivées internationales, mais l’Asie-Pacifique la rattrape rapidement, avec 29% de parts de marché.

Le règne des villes

Les constats précédents confirment le rôle crucial des villes comme puissante force motrice pour le développement du tourisme. Présentant quelques faits saillants de son dernier rapport intitulé «Cities on the Rise», Auliana Poon, directrice de Tourism Intelligence International, a déterminé que le talent, la technologie, la tolérance et le territoire composent les quatre éléments fondamentaux d’une ville compétitive, un concept qui s’inspire de la théorie de la classe créative de Richard Florida (voir l’illustration 1).

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«Le talent est le moteur de la compétitivité et la technologie favorise l’innovation, la productivité et les profits. Toutefois, la tolérance attire le talent.»

D’ailleurs, elle soutient qu’une ville peut renforcer sa performance grâce à une stratégie de TOLÉRANCE, un acronyme conçu spécifiquement pour cette étude:

T – Favoriser le talent et adopter la technologie

O – Être ouvert à la diversité

L – Être un leader en innovation

É – Cibler les marchés émergents

R – Bâtir un tourisme urbain responsable

A – Cultiver son attractivité, ses actifs et son accessibilité

N – Créer des réseaux (networks)

C – Utiliser la culture comme un avantage concurrentiel

E – Adopter l’e-marketing

Selon des données tirées des rapports Global Destination Cities Index de MasterCard et de l’OMT, le taux de croissance du tourisme urbain est plus élevé que celui du tourisme international. Toutefois, la concurrence s’accroît elle aussi, avec plusieurs villes de pays émergents désireuses de mieux se positionner sur l’échiquier mondial. Les métropoles performantes se dirigent de plus en plus vers un marketing axé sur la main-d’œuvre et le talent, plutôt que centré uniquement sur le tourisme. En effet, une ville attirante pour les visiteurs est d’abord un lieu où il fait bon vivre et travailler (lire aussi: Le tourisme face aux évolutions du marketing territorial, partie 1 et La destination touristique à travers le marketing territorial, partie 2).

L’essor international de l’urbanisation stimule la création de nouvelles industries qui, à leur tour, poussent dans certains pays le revenu moyen à des niveaux sans précédent. La croissance de la classe moyenne émergente représente un potentiel lucratif pour les entreprises et destinations touristiques, mais elle implique aussi certains enjeux. Cette hausse de la mobilité globale requiert des villes plus intelligentes et durables ainsi que des solutions intégrées qui permettront d’appliquer les technologies les plus avancées à la gestion des ressources dans tous les secteurs d’activités. 

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Ailleurs dans le monde Tendances

Pour des villes plus vertes et plus humaines

Les cyclistes et les piétons dépensent autant sinon plus que les automobilistes

Plusieurs études démontrent que les consommateurs qui se déplacent à pied, en vélo ou en transport en commun génèrent autant de revenus pour les commerces que ceux qui s’y rendent en voiture. Ces derniers achètent en plus grande quantité, mais les piétons et les cyclistes reviennent plus souvent.

Une étude réalisée à l’université d’État de Portland démontre même qu’ils dépensent davantage dans les bars et les restaurants, par mois, comparativement aux automobilistes. Enfin, une autre enquête du Department of Transportation (DOT) de New York révèle que les pistes cyclables en site propre aménagées sur les 8e et 9e avenues ont entraîné une croissance de 49% en ventes au détail dans les commerces qui y sont situés.

Retour aux sources

Nous sommes tous des piétons à la recherche d’opportunités. Il peut s’agir d’une vitrine, de détails architecturaux ou d’animations dans un café. D’instinct, certains aménagements nous rassurent. Le son apaisant que procure une fontaine nous rappelle l’importance de l’eau dans notre survie. Nous cherchons du confort, comme la possibilité de nous asseoir, de l’air frais et de la végétation. Les structures à échelle humaine nous mettent plus à l’aise. Mais surtout, nous voulons voir d’autres personnes, parce que l’humain est un être foncièrement social. Voilà quelques-uns des grands constats énoncés par l’architecte David Sim, de la renommée firme Gehl Architects, lors de la conférence qu’il donnait au printemps dernier en collaboration avec le Centre d’écologie urbaine de Montréal. Il a également présenté quelques exemples de villes inspirantes en matière de déplacements actifs et d’aménagements qui contribuent à l’animation urbaine.

Copenhague

À Copenhague, la circulation automobile a en 1962 été interdite de façon permanente sur la rue Stroget, qui est ainsi devenue la première rue piétonne d’Europe. Le nouveau port – Nyhavn – s’est aussi vu retirer 60 places de stationnement, ce qui permet à quelque 600 piétons d’apprécier le canal. Ces initiatives controversées, surtout pour l’époque, ont mené à la création de deux lieux vibrants qui sont aujourd’hui des icônes du Danemark. La ville est reconnue pour son avant-gardisme en matière de mobilité active et de dynamisation de la vie urbaine.

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Nyhavn – Source: Trekking the Planet

Mentionnons, d’abord, les aménagements et une véritable culture du vélo, qui pousse 36% de la population à pédaler pour ses déplacements quotidiens, une proportion qui pourrait monter jusqu’à 50% en 2015. La vidéo suivante, publiée sur le site Visit Copenhagen, illustre, de façon amusante, la place qu’occupe le vélo au Danemark.

 

 Source : Youtube

Des initiatives diverses incitent les gens à sortir, à vivre dehors (voir les images ci-dessous).

  • Le port comprend 4 piscines extérieures.

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Source: AirLiners

  • Des restaurants fournissent des couvertures aux clients de leur terrasse.

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Source: Eve Anderson

  • On pédale, été comme hiver; les pistes cyclables sont déneigées.

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Source: Copenhagenize

Melbourne

En Australie, Melbourne a fait l’objet d’un important programme de revitalisation auquel la firme Gehl Architects a participé. Le rapport Places for People, réalisé en 2004, révèle que la ville est passée d’un lieu sous-utilisé et inhospitalier à un endroit animé et charmant 24 heures durant. Des travaux d’aménagement majeurs se déroulent depuis le milieu des années 1990, afin de rehausser la qualité de vie et de rendre la ville plus attrayante, en offrant notamment à la population davantage d’occasions de socialiser. Entre 2001 et 2011, le nombre de visiteurs internationaux y a crû de 60%, comparativement à 20% pour l’ensemble de l’Australie. L’étude démontre que Melbourne a connu une croissance de:

  • 71% en espaces publics sur les rues et dans les squares de 1994 à 2004;
  • 275% du nombre de cafés et de restaurants entre 1993 et 2004.

L’image ci-dessous résume les grands thèmes d’améliorations apportées dans la ville.

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Source: Places for People

Parmi les actions prioritaires menées à Melbourne, soulignons:

  • la transformation d’un réseau de ruelles en corridors commerciaux attrayants et sécuritaires;

CB_Villes_plus_vertes_plus_humaines_image_6Source: Places for People

  • le réaménagement des rues avec de larges trottoirs bordés d’arbres, de végétaux et de mobilier urbain.

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Source: Places for People

New York

En 2007, le maire Bloomberg déclare vouloir faire de New York une ville plus durable. L’un des défis est le développement d’un environnement urbain où les rues et places publiques sont transformées en lieux conviviaux pour tous. Pour convaincre la population et surtout les commerçants des bienfaits de la piétonnisation de certains lieux et des aménagements favorisant la mobilité active, le DOT de New York met sur pied de nombreuses initiatives, temporaires et permanentes, dont:

  • Summer Streets: Pendant trois samedis consécutifs, quelque 11 km de rues sont mis à la disposition de tous afin de jouer, de courir, de marcher ou de pédaler (voir la vidéo ci-dessous);

 

Source: Youtube

  • Public Plazas: Création de places publiques piétonnes (23 réelles et 26 à venir) à partir d’espaces sous-utilisés. Le projet pilote d’espace temporaire à l’usage des piétons créé en 2009 à Times Square prendra la forme d’un aménagement permanent;

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Source: Project for Public Spaces

  • Street Seats: Ce programme offre un espace public temporaire équipé de quelques places assises, conçu avec un souci du design pour les lieux où aucun mobilier n’est disponible pour s’asseoir. Ces aménagements peuvent occuper des espaces de stationnement.

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Source: DOT de New York

Des milieux urbains en santé

Depuis plusieurs années déjà, les tendances urbaines favorisent les aménagements à taille humaine, la mobilité active, les projets collectifs où le citoyen s’implique, ou encore les initiatives qui rehaussent la qualité de vie et resserrent les liens entre les gens d’un même quartier. L’agriculture urbaine, la planification collective (lire aussi: 12 tendances urbaines), la multiplication des offres de vélo et de voiture en libre-service (lire aussi: Les offres de vélopartage courtisent les touristes urbains), la création de places publiques et de zones piétonnes, voilà autant d’illustrations de cette propension à rendre les villes plus humaines, plus vertes et plus saines.

Analyse réalisée grâce à un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme urbain durable.

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Tourisme durable Transport

Capsule – Amateurs de culture, covoiturez!

Le projet Covoiturage Pour Sortir, mis sur pied en partenariat avec l’Opéra de Lyon, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) et la Région Rhône-Alpes, est une plateforme de covoiturage événementiel qui gagne en popularité. Après avoir introduit le concept des trajets domicile-travail avec le site covoiturage-grandlyon.com, le Grand Lyon encourage ses résidents et les gens des environs à opter pour le covoiturage lorsqu’ils assistent à un spectacle.

Les amateurs de culture qui se rendent à une représentation et ont des places libres dans leur véhicule peuvent les offrir à d’autres. Depuis 2012, grâce à un partenariat avec Sitra et l’Office du Tourisme et des Congrès du Grand Lyon, le site répertorie au-delà de 500 événements, et plus de 1200 personnes sont inscrites à ce jour.

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Source: Covoiturage pour sortir

Un mode d’emploi simple

Les usagers n’ont qu’à consulter le site Web ou encore l’application mobile pour chercher le spectacle auquel ils prévoient assister. Ils ont alors accès aux différentes offres et demandes de covoiturage déposées par les autres participants, et sont ensuite avisés gratuitement par messagerie texte lorsqu’une nouvelle possibilité correspondant à leurs critères s’offre à eux!

 

Source : Le covoiturage pour sortir

Les organisateurs d’événements peuvent quant à eux y annoncer leurs manifestations, si elles se déroulent sur le territoire du Grand Lyon, à condition de promouvoir ce service de covoiturage. Un mode d’emploi à leur intention est d’ailleurs disponible en ligne.

Dans le même ordre d’idées, l’Automobile Club d’Aix-en-Provence et du Pays d’Aix, qui est partenaire de Marseille-Provence 2013, Capitale européenne de la culture, propose un service de covoiturage pour se rendre aux différentes manifestations culturelles. Des espaces de stationnement situés à proximité du lieu où elles se déroulent sont également prévus pour inciter les participants à se prévaloir de ce service. En avril 2013, plus de 17 000 personnes étaient inscrites.

Au Québec, des initiatives en matière d’écomobilité ont déjà vu le jour, notamment pour favoriser l’accès aux espaces naturels et aux régions rurales (lire aussi: (Éco)Mobilité vers les espaces naturels et les régions rurales). De nombreux sites de covoiturage existent, et certains d’entre eux, dont covoiturage.ca, offrent également un volet pour les organisateurs d’événements: congrès, réunions de grande envergure, salons, galas, etc. Les festivals montréalais Pouzza Fest et MUTEK ont recours aux services d’AmigoExpress. Selon le Baromètre 2012 de la consommation responsable au Québec, près d’un Québécois sur trois (31,2%) a partagé sa voiture avec d’autres personnes au cours de la dernière année. Une ouverture d’esprit qui donne lieu à de belles initiatives liées au développement durable!