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Le virage durable des aéroports

Un virage nécessaire vers la durabilité

Depuis 1970, le nombre de vols augmente exponentiellement dans l’espace aérien international. Selon la Banque mondiale, la totalité des voyageurs transportés par voie aérienne chaque année est passée d’environ 300 millions à près de 4 milliards en 2017. Une croissance qui représente environ 1 230 % en moins de cinquante ans.

D’après Milan Janic, auteur du livre Greening Airports : advanced technology and Operations, les aéroports n’ont d’autres choix que d’améliorer leur capacité d’accueil, notamment par des projets d’agrandissement. Le développement durable devient ainsi un enjeu important pour ces entreprises dont les impacts sociaux et environnementaux passent difficilement inaperçus.

Cinq dimensions

Dans l’article Benchmarking airports based on a sustainability ranking index, les auteurs ont déterminé cinq domaines en matière de développement durable sur lesquels les gestionnaires d’aéroports peuvent exercer une influence. Il s’agit :

  • des activités d’exploitation ;
  • de l’utilisation de l’énergie,
  • des émissions de CO2 ;
  • de la gestion de l’eau et des déchets ;
  • de la qualité de l’air de du bruit.

Selon cet outil de mesure, les aéroports les plus performants au monde en 2016 étaient ceux d’Amsterdam (Schiphol), de Francfort (Francfort-sur-le-Main) et de Munich (Franz-Josef-Strauss), en Allemagne. Ces lieux ont entre autres atteint la carboneutralité, c’est-à-dire qu’ils compensent suffisamment leurs émissions pour neutraliser le CO2 émis. Ils créent également des impacts positifs sur leurs parties prenantes, grâce à des programmes pour la qualité de vie des communautés et des employés.

Outre ces aéroports exemplaires, que font les autres géants de l’industrie aérienne pour composer avec ce double défi : s’adapter à une croissance rapide tout en adoptant des pratiques responsables ?

Suivant les cinq dimensions citées précédemment, voici quelques initiatives récentes à travers le monde.

Activités d’exploitation

Singapour se démarque par son investissement dans la communauté. En 2014, l’aéroport international a fondé un programme philanthropique d’éducation pour les jeunes locaux. Il offre également des occasions de bénévolats aux employés afin de participer à des projets de charité dans les villes avoisinantes.

Utilisation de l’énergie

L’aéroport de Dubaï a annoncé au printemps 2018 un investissement dans une technologie d’analyse de données et d’infrastructure intelligente. Les gestionnaires visent une réduction de la consommation d’énergie de 20 %. Plus précisément, elle épargnera près de 25 000 tonnes d’émission de CO2, 21 millions de gallons d’eau et 50 GWh en électricité au bout de sept ans.

Plus près de la réalité québécoise, l’aéroport d’Oslo stocke la neige l’hiver afin de climatiser ses établissements l’été. Cette initiative lui a valu une mention excellence pour l’économie d’énergie.

Émissions de CO2

En Finlande, l’aéroport d’Helsinki arrive au premier rang en matière de gestion des atterrissages. Selon une étude, le temps d’attente moyen pour poser les roues sur la plupart des pistes du continent tourne autour de neuf minutes, alors qu’Helsinki, grâce à une méthode « d’atterrissage continu », accueille tous les avions pas plus d’une minute après leur entrée dans la zone. Cette efficience a permis de réduire les émissions de CO2 de 10 à 30 % au cours des dix dernières années.

Gestion de l’eau et des déchets

Encore une fois, l’aéroport d’Helsinki se démarque par ses infrastructures vertes. Ses sous-sols seront désormais occupés par un système de traitement des eaux usées. Ce réseau déversera un flot propre dans les ruisseaux et les rivières environnants. Il s’agit de la seule installation de la sorte dans tout le pays.

L’aéroport de Changi, à Singapour, réutilise l’eau condensée à travers ses opérations (ex : arrosage des plantes) et liquéfie les déchets alimentaires pour éviter l’incinération. L’entreprise est inspirante pour sa vision systémique, centrée sur le voyageur, dans la gestion durable de ses établissements. Elle repense l’ensemble du trajet du client, du design d’équipements qui capturent le carbone dans les aires d’attente jusqu’à l’installation d’affiches sensibilisatrices et de bacs de gestion des déchets dans les restaurants et les magasins.

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Source : Changi Airport Singapour

Sans oublier l’aéroport des îles Galapagos, qui a reçu du US Green Building Council, la plus haute certification écologique Ses installations incluent une usine de désalinisation ainsi qu’un centre de traitement des eaux usées.

Qualité de l’air et gestion du bruit

La plupart des aéroports se préoccupent de la gestion sonore, un facteur important pour leur acceptabilité sociale. Vancouver (YVR) rayonne toutefois pour son plan stratégique, qui comprend l’installation d’un capteur en temps réel.

L’aéroport de Zurich impose de son côté une taxe de bruit et un programme de compensation des coûts reliés à la baisse du niveau sonore auprès des lignes aériennes.

Schipol, a usé de dame nature pour diminuer ses décibels. Un immense terrain vert de plus de 80 acres permet de réduire le volume des 1 600 avions journaliers grâce à des pyramides qui piègent les longueurs d’onde.

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Source : Smithsonian

Et au Québec ?

L’aéroport de Montréal connaît également une forte croissance. Il a reçu en 2018 près de 19,5 millions de passagers, soit environ 25 % de plus qu’en 2015.

En ce qui concerne ses pratiques durables, il est accrédité au niveau 3 Optimisation, par Airports Carbon Accreditation. L’étape d’Optimisation signifie que l’aéroport concerné calcule ses émissions de gaz à effet de serre (GES), vise sérieusement à les réduire, et en plus, engage ses parties prenantes à en faire de même (principalement les compagnies aériennes partenaires). Charles de Gaulle, à Paris, est également à cet échelon. Il est possible d’atteindre le niveau 5 une fois la carboneutralité réussie.

Bien qu’il soit de taille moyenne seulement, l’aéroport de Montréal s’est doté d’une plateforme spécialement dédiée à ses actions en développement durable. Le site Web présente les projets et les réalisations en ce qui concerne les trois piliers (économie, social, et environnement). Il adopte des pratiques plus modestes que les exemples cités précédemment, mais qui demeurent préalables à des tours de force de plus grande envergure. Il utilise entre autres des capteurs sonores en temps réel, réduit chaque année ses émissions de GES, installe des compteurs d’eau potable, et fait preuve d’engagement social avec les employés auprès de huit causes sociales et environnementales.

L’aéroport de Montréal semble en marche pour rejoindre les grands joueurs mondiaux en développement durable. À première vue, la plateforme à elle seule paraît exemplaire en matière de vulgarisation de données extra financières, démontrant un système de surveillance à point ainsi qu’un souci de transparence et de sensibilisation.

Une transition durable dans un contexte de croissance touristique est un défi qui touche l’ensemble de l’industrie. Ces exemples vous donnent-ils un souffle d’inspiration ?

Commentaires de Martin Massé

Vice-président, Affaires publiques

En tant que gestionnaire aéroportuaire, ADM fait face à de nombreux défis et est engagée à les relever dans le respect des principes du développement durable. Dans les dernières années, plusieurs actions visant la protection de l’environnement ont été implantées à YUL, premier aéroport canadien certifié Airport Carbon Accréditation pour ses efforts dans la maîtrise et la réduction des émissions de carbone. Notamment, ADM offre à sa clientèle un service de recharge des véhicules électriques dans ses stationnements. En 2019, des bornes de recharges additionnelles ont été installées pour véhicules électriques dans les stationnements publics et les stationnements des employés, pour un total de 56 bornes offertes. YUL possède également 6 véhicules légers électriques, un camion F150 converti à l’électricité, un autobus e.Cobus pour le transport des passagers, 4 véhicules hybrides rechargeables et s’est engagée à faire passer à 100 % la proportion de ses véhicules légers électriques d’ici 2030 en joignant l’initiative d’envergure internationale EV100.

 

 

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Tendances

De l’égoportrait à la bienveillance

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les sept tendances qui continueront de rythmer l’activité touristique pour les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leurs réflexions afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.  

Le tourisme bienveillant englobe au départ la notion de respect de l’environnement naturel, puis celle du bien-être des sociétés visitées et, enfin, celle de la participation au développement de l’économie locale. C’est une forme de tourisme qui protège chaque type de voyage avec le vernis de l’indulgence, de la compréhension et d’une certaine forme d’altruisme envers un individu, un groupe, une communauté.

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Source : TIME

Moi et mon bien-être

La première apparition du mot selfie (égoportrait) date de 2002. En 2013, le phénomène devient assez répandu pour que selfie soit consacré Word of the Year (mot de l’année) par l’Oxford English Dictionary. Rapidement, il est toutefois perçu comme une preuve du narcissisme d’une nouvelle génération obsédée par sa propre personne.

Sa diffusion massive, associée à l’utilisation des réseaux sociaux, impose toutefois l’égoportrait comme une forme d’expression contemporaine incontournable. Et l’industrie du voyage ne tarde d’ailleurs pas à en mesurer tout le potentiel promotionnel. Des cadres géants sont placés à des endroits stratégiques pour inciter les voyageurs à se fondre dans le décor de la destination et à publier la nouvelle : « Je suis ICI! »

Durant ces mêmes années, les notions de bien-être et de santé globale prend de l’ampleur et se démocratise, alors que le stress vécu dans la vie tant professionnelle que personnelle atteint des niveaux alarmants. Maux de dos, hypertension, insomnie, fatigue chronique, tous ces maux modernes expliquent la recherche d’un meilleur équilibre entre la santé du corps et la paix de l’esprit. Entraînements personnalisés, massages, visites au spa, séances de yoga, nouvelles pratiques alimentaires, méditation sont devenus autant de moyens de s’évader, de se vider la tête, de se ressourcer, d’aspirer au bonheur. 

Le voyageur et le bien-être

Brexit, attentats terroristes, crise des réfugiés, inondations records au Québec, histoire navrante d’une enfant maltraitée à Granby, il est difficile d’atteindre la paix et l’harmonie lorsque le malheur frappe quotidiennement nos écrans. Si l’anxiété est une réaction physiologique compréhensible à cette avalanche de mauvaises nouvelles, une réponse se trouve de plus en plus dans la manifestation active d’empathie et de bienveillance pour son entourage, sa communauté et la planète.

Le voyage devient l’occasion de prolonger et d’approfondir cette quête ou à tout le moins de maintenir ses saines habitudes de vie en période de vacances. L‘industrie touristique l’a, encore ici, rapidement compris en offrant de nouvelles expériences directement associées à la santé et au bien-être.

Cette tendance est telle que les activités autrefois liées au tourisme de bien-être s’intègrent maintenant dans l’offre d’une foule d’acteurs de l’industrie, de l’hébergement au tourisme nature, en passant par la restauration et les attractions. Spas en forêt, pauses de yoga à l’hôtel, thé matcha au menu du café du musée, il est de plus en plus difficile de départager l’offre de bien-être du bien-être infusé dans l’offre touristique.

Un bel exemple de cette fusion des genres est celui du Monastère des Augustines de Québec, qui se présente comme un « havre de culture et de mieux-être ».

 

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Source photo : Monastère des Augustines

Certaines destinations réorientent même leur positionnement lorsque des joueurs majeurs de l’industrie investissent massivement dans cette tendance. Il en est ainsi de la Ville d’Austin, au Texas, qui appuie les investissements privés par la construction d’infrastructures publiques destinées à faire admirer le paysage jusqu’aux lieux de méditation, aménagés en bordure de l’eau. Le slogan d’Austin est ainsi passé de « Keep Austin Weird » à « Keep Austin Well ».

Des destinations bienveillantes?

C’est du moins le pari d’Auvergne Rhône-Alpes Tourisme qui, tout en maintenant son ambition de devenir une destination européenne de premier plan, mise sur un tourisme plus équitable, plus conscient et respectueux des collectivités et des écosystèmes, sur un tourisme plus lent et plus inclusif. Pour y arriver, cinq leviers ont été mis en place, notamment le Manifeste pour un tourisme bienveillant et un fonds de dotation qui vise à soutenir des initiatives telles que la sensibilisation à l’environnement et l’accessibilité aux publics handicapés. 

En résumé…

 Le voyage offre de plus en plus d’occasions de satisfaire les besoins de l’âme et de mettre les voyageurs en contact avec l’autre.

Après la prise en compte des dimensions physiques, sociales et économiques des sociétés visitées, vient celle de l’ouverture à la différence et à la marginalité. Dans un monde étourdissant et anxiogène, les valeurs actuelles d’altruisme et de bienveillance font tranquillement leur chemin et viennent colorer de plus en plus le secteur du voyage.

Pour connaître l’ensemble des tendances et trouver du contenu supplémentaire, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations en cliquant ici.

 

Source de l’image à la une : Unsplash 

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Votre serment de l’année 2020

La Chaire de tourisme Transat propose à l’industrie touristique de prendre une résolution inspirée des tendances 2020 présentées par Paul Arseneault, titulaire de la Chaire de tourisme Transat et Pierre Bellerose, Vice-président de Tourisme Montréal lors de la 7e conférence annuelle sur les tendances touristiques, qui s’est tenue le 21 janvier 2020.

Le devoir de responsabiliser les touristes quant à leurs impacts a suscité la créativité dans les dernières années. Les destinations comme l’Islande, la Finlande et les îles de Palau demandent aux visiteurs de signer un serment leur faisant promettre d’adopter un comportement écologique durant leur voyage. Tantôt humoristiques, tantôt touchants, ces textes sous forme de poèmes plaisent par leur originalité et leur efficacité.

Inspirée par cet élan créatif mondial, l’équipe de la Chaire de tourisme Transat a composé un serment pour les entreprises touristiques du Québec dans lequel elle leur propose de s’engager à suivre les tendances 2020 présentées lors de la conférence.

Source: Chaire de tourisme Transat

Pour connaître l’ensemble des tendances et trouver du contenu supplémentaire, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations en cliquant ici

Source de l’image à la une: Réseau de veille en tourisme

 

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Tendances

Ces phénomènes qui nous inquiètent

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les septs tendances qui rythmeront l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie. Cette première analyse présente le contexte mondial dans lequel évoluera l’industrie touristique et dans lequel les grandes tendances ont pris forme.

 

Des voyageurs plus nombreux dans les airs et sur les mers

Le nombre d’arrivées internationales est passé de 920 millions en 2007 à plus de 1,34 milliard en 2017, soit une augmentation de 46 % en une décennie. Toutefois, les destinations n’ont pas toutes profité également de cette croissance. La région de l’Asie-Pacifique sort grande gagnante avec une augmentation de 70 %, alors que l’Europe et l’Amérique du Nord cèdent chaque jour plus de terrain. 

Cette augmentation est liée, entre autres, à celle de la démographie mondiale, mais aussi à l’accroissement de la richesse et des classes moyennes dans les économies émergentes, à l’amélioration globale de la mobilité, à l’arrivée massive de nouvelles générations de voyageurs et à l’évolution des technologies qui incitent, facilitent et guident nos décisions de voyage.

Source : KPMG

 

Plus d’anxiété et de questionnements sur notre façon de voyager

Parallèlement à ces réalités économiques et de croissances, d’autres phénomènes sont devenus des sources d’inquiétude et d’anxiété qui influencent déjà la façon dont les gens perçoivent le voyage.

L’écoanxiété et ses effets sur le tourisme

Le 26 novembre 2019, l’ONU a publié son Rapport 2019 sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions. Celui-ci a eu pour effet de hausser d’un cran le niveau d’alarme concernant l’urgence d’agir afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le succès des marches mondiales pour le climat, menées par la jeune activiste de 16 ans Greta Thunberg, démontre l’importance de cet enjeu pour des millions de personnes partout dans le monde.

Cette lutte contre les GES a occasionné et entraînera des répercussions sur notre perception du coût écologique de voyager, comme le montre l’ampleur du mouvement Flight Shaming (honte de prendre l’avion), amorcé en Suède. Cette initiative exhorte la population à diminuer la fréquence de ses vols.

Source: Pexels

 

La vie rêvée

La population en général et plus spécifiquement les jeunes générations souffrent d’anxiété généralisée à un niveau élevé.

Une étude menée au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et au Département de psychiatrie et d’addictologie de l’Université de Montréal tend à démontrer un lien entre le temps passé devant les écrans (médias sociaux, ordinateurs, télévision) et l’observation de symptômes d’anxiété et de dépression. L’expression fear of missing out (syndrôme fomo ou la peur de manquer quelque chose) décrit bien l’anxiété liée à la perception que l’on pourrait passer à côté d’un événement que les amis vivent sans nous et, ainsi, se marginaliser, d’où la nécessité de rester connecté en quasi-permanence. Malheureusement, une multitude d’images, d’articles et de blogues d’influenceurs adulés offrent une vision de styles de vie excitants et idéalisés qui favorisent les émotions négatives, l’ennui et la solitude de ceux qui les regardent.

Source: Pexels

La cybersécurité

Les derniers mois de 2019 ont été marqués par des événements majeurs de piratage de données personnelles. Pensons seulement à celui qui a affecté les 4,2 millions de clients de Desjardins ou encore au vol de données financières de ceux de British Airways.

Et l’année 2020 s’annonce fertile en cybermenaces, selon de nombreux experts en sécurité des systèmes. Ces derniers constatent que le recours à l’intelligence artificielle ne semble pas la solution la plus rassurante, puisque 69 % des consommateurs déclarent avoir peur d’être écoutés par les assistants vocaux ou même de suivre leurs recommandations.

Autre source d’inquiétude, la reconnaissance faciale de plus en plus utilisée pour assurer la sécurité dans les rues de Beijing ou de Londres, ou même à l’aéroport. En effet, son utilisation dans ces villes, devenue presque systématique, et dans les espaces publics en général, en l’absence de lois pour l’encadrer est très contestée.

 

Plus d’informations fallacieuses (infox) et de méfiance chez les voyageurs

Erronées en tout ou en partie, les informations fallacieuses (fake news) – maintenant appelées aussi « infox » – se propagent à une vitesse folle et s’avèrent de plus en plus difficiles à contrer.

Source: Pexels

Les producteurs de fausses nouvelles savent profiter de notre vulnérabilité en misant sur nos biais naturels comme notre tendance à croire que notre perception est la seule correcte et que l’information confirmant notre vision est la vérité. La concurrence toujours plus forte entre les médias incite même les journalistes à publier la nouvelle qui obtiendra un maximum de visibilité, sans nécessairement vérifier la crédibilité des sources. Ainsi, un journaliste a récemment associé le phénomène d’acqua alta (marées hautes exceptionnelles), à Venise, à la présence de touristes trop nombreux, alors que cet événement météorologique bien connu est plutôt accentué par les changements climatiques et l’enfoncement de la ville dans un sol fragile.

Dans un contexte touristique, l’abondance d’informations vraies et fausses incite les consommateurs à ne faire confiance qu’aux autres voyageurs. L’évaluation par la clientèle est ainsi devenue le deuxième critère considéré dans la décision d’achat d’un hébergement, après le prix du séjour, selon la firme TrustYou. Pourtant, beaucoup de faux avis circulent. On comprend qu’en 2019, TripAdvisor ait senti le besoin de publier son premier rapport sur les avis frauduleux observés en 2018, après qu’un journaliste a créé de toutes pièces un faux restaurant qui a été reconnu comme le meilleur de Londres, en 2017. 

Dans ce contexte de fausses nouvelles et de tromperies, il devient légitime pour le consommateur de s’interroger. Les sources de confiance ont sans cesse évolué des médias aux experts, des experts aux influenceurs, avec un retour à la base plus récemment : le cercle privé.

Source: Freepik

Pour les organisations, une relation de confiance stable et forte avec la clientèle devient de plus en plus difficile à maintenir. Pour y arriver, de nouvelles stratégies devront voir le jour afin d’attirer et de convaincre des voyageurs plus jeunes, plus sensibles à l’environnement, plus indépendants, plus exigeants et, aussi, plus anxieux et méfiants que jamais. La connaissance fine des besoins, des valeurs et des attentes de ces clientèles sera essentielle tant pour le développement de produits et de services que pour la façon de les proposer.

Pour connaître l’ensemble des tendances et trouver du contenu supplémentaire, nous vous invitons à consulter le livre blanc Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations en cliquant ici.

 

Source de l’image à la une: Pexels

Sources:

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Tourisme durable

Le tourisme durable s’impose!

« Le tourisme durable n’est pas une destination, c’est un voyage. » Cette phrase a été répétée à maintes reprises lors du dernier colloque du Global Sustainable Tourism Council (GSTC), qui s’est tenu aux Açores du 4 au 7 décembre. L’industrie s’implique de plus en plus afin d’assurer la pérennité du milieu dans lequel elle évolue et collabore afin d’optimiser ses pratiques durables.

Ce texte présente une synthèse d’analyses du Réseau de veille en tourisme portant sur le tourisme durable, rédigées au cours des deux dernières années.

Réduire son empreinte environnementale

L’un des défis en tourisme est de réduire son empreinte environnementale, et ce, autant pour l’industrie que pour les touristes. Pour ce faire, diverses organisations ont mis sur pied des idées innovantes.

Transport et durabilité

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Source : Roam Public Transit

Karavaniers a été la première agence de voyages au Canada à inclure systématiquement dans le prix de ses forfaits un montant compensatoire pour les émissions de carbone. Elle donne également 1 % de ses profits à des associations œuvrant pour la protection et la préservation de l’environnement.

Détour Nature est une entreprise québécoise qui organise des excursions guidées d’une journée ainsi que de courts voyages au Québec, au Canada et dans quelques États américains. Cette entreprise collabore avec Planetair depuis 2008 afin de compenser les gaz à effet de serre qu’elle produit.

En janvier 2019, la station suisse SkiArena Andermatt-Sedrun, en partenariat avec Protect Our Winters, a organisé une fin de semaine sans auto dans le but de sensibiliser sa clientèle à son empreinte écologique. Un service de transport en commun était offert.

Hébergement et établissements

Nearly Zero Energy Hotels était un consortium européen créé dans le but d’aider les établissements hôteliers à réduire leur consommation énergétique et leur empreinte carbone. Le projet consistait, entre autres, à fournir des conseils personnalisés et des exemples de bonnes pratiques, notamment en matière de rénovation énergétique. Financée par la Commission européenne et l’Intelligent Energy Europe Programme pour une durée de trois ans (de 2013 à 2016), l’approche a permis des réductions de consommation énergétique allant jusqu’à 70 %.

Responsabilité sociale des entreprises

Il est impossible d’aborder le tourisme durable sans en considérer la contribution sociale, car lorsque celui-ci est bien géré, il engendre divers bénéfices pour les communautés locales.

En réponse aux diverses critiques qu’Airbnb a pu susciter, une nouvelle plateforme coopérative du nom de Fairbnb a été mise en place afin de travailler conjointement avec les acteurs locaux et de redistribuer une part des profits au sein de projets sociaux votés par les résidents. Une version test a été lancée au printemps 2019 dans cinq villes européennes, soit Amsterdam, Barcelone, Bologne, Valence et Venise.

À L’Isle-sur-la-Sorgue, en France, il existe un réseau d’entreprises dites positives, c’est-à-dire que leur économie est basée sur l’altruisme. Joël Gayet, fondateur de la Chaire Attractivité et Nouveau Marketing Territorial, à l’Institut de Management Public et Gouvernance Territoriale (Université d’Aix-Marseille), explique bien ce nouveau concept. L’idée est simple. Un montant minime, tel que 3 euros sur un total de 540 euros, est prélevé sur la facture des clients afin de financer des initiatives locales.

Dans le but de mesurer ses pratiques sociales, la Société des Attractions Touristiques du Québec et Festivals et Événements Québec SATQ-FEQ a annoncé l’actualisation et la bonification du Modèle d’évaluation des pratiques sociales des festivals et événements (MEPS). Cet outil standardisé de valorisation et d’amélioration des pratiques sociales se base sur des indices de performance comme la gestion responsable, la participation sociale et la reconnaissance du milieu. Il permet l’amélioration continue des entreprises afin de valoriser et de créer des retombées positives dans leur milieu. 

Collaborer pour mieux performer

Nous sommes dans une ère de collaboration, on parle même de coopétition. Travailler ensemble au sein d’une stratégie commune permet aux actions d’avoir un plus grand impact sur un plus grand territoire.

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Source : Jarina, EIP-AGRI Workshop

Dans cet esprit, l’Office de tourisme de Ljubljana, en Slovénie, a mis sur pied une chaîne d’approvisionnement verte sous la forme d’une plateforme Web. Par ce guichet unique, les hôteliers et les restaurateurs se sont vu offrir un accès simple et direct aux fermiers locaux et vice versa. L’initiative a connu un vif succès, s’étendant en 2017 à toute la région de la Slovénie du Centre et reliant la capitale à 25 municipalités.

Le Festibière de Gatineau est reconnu dans sa communauté pour faire preuve de leadership en matière de pratiques écoresponsables. Grâce à leur collaboration avec leurs nombreux partenaires, notamment la Ville de Gatineau et l’organisme Enviro Éduc-Action, les gestionnaires du festival ont développé une stratégie pour réduire la quantité de déchets produits et le gaspillage alimentaire.

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Source : Festibière de Gatineau

Communication et éducation pour favoriser l’adoption de pratiques durables

La communication est la clé pour faire adopter des pratiques respectueuses de l’environnement, selon les conférenciers du dernier colloque annuel sur le tourisme durable du GSTC. Cela permet d’inciter les touristes à être plus respectueux des milieux culturels et naturels dans lesquels ils s’immergent, et d’inspirer l’industrie à faire de même.  

Pour les touristes…

L’éducation par le transfert de connaissances est au cœur de la stratégie adoptée par l’Islande, avec The Icelandic Pledge. Il s’agit d’un serment au ton humoristique qui se décline en huit principes essentiels. En 2016, l’Islande a aussi lancé une vidéo en ligne intitulée Iceland Academy, dans laquelle elle fait des recommandations sous forme de cours afin de mieux sensibiliser les vacanciers.

Source : Youtube, Iceland Academy

Le nudge vert consiste à jouer sur le regard des autres à l’aide de leviers décisionnels psychosociologiques, tels que les normes sociales, en utilisant la communication comme outil de transmission. Par exemple, dans un hôtel, un message stipulant que 75 % des clients de la chambre avaient réutilisé leur serviette a eu pour effet de diminuer l’utilisation de serviettes de près de 40 %.

Pour l’industrie…

Le Centre de congrès de Göteborg, en Suède, prend l’avenue éducative en accompagnant les organisateurs qui désirent réaliser un événement durable chez eux. C’est aussi le cas du Centre des congrès de Québec, qui aide les organisateurs répondant aux critères du niveau 1 de la norme 9700-253 – Gestion responsable d’événements, du Bureau de normalisation du Québec (BNQ), à réaliser des événements écoresponsables.

… et pour éviter l’écoblanchiment

 Mettre en place des pratiques durables au sein de son entreprise, c’est bien, mais communiquer son offre, c’est encore mieux. Comment faire connaître ses actions sans tomber dans l’écoblanchiment (greenwashing)?

Nicolas Cournoyer, l’un des quatre fondateurs de Piknic Électronik et d’Igloofest, mentionne qu’il est important de faire connaître ses actions écoresponsables en choisissant celles que l’on désire mettre de l’avant. Il ajoute qu’il faut adopter un discours authentique en assumant que l’organisation n’est pas parfaite, mais qu’elle prend les mesures nécessaires pour adopter des pratiques durables. Afin d’éviter de donner une fausse impression d’écoblanchiment, la transparence et la modestie sont donc les valeurs à retenir dans ses communications avec les clients.

Source : Youtube, Piknic Electronik

Le tourisme durable est en pleine croissance et son application se fait ressentir dans tous les secteurs. Dans le but de le faire rayonner à l’échelle mondiale et pour qu’il ne s’agisse plus uniquement d’une niche, mais bien d’une norme de l’industrie, les entreprises et les organisations ont tout intérêt à collaborer et à faire connaître leurs actions.

Source de l’image à la une : Roam Transit, Pexels et Pixabay

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Tourisme durable

Transition durable dans le secteur des réunions et des congrès

Au cours des dernières années, beaucoup d’efforts ont été effectués afin de réduire l’impact des réunions et des congrès sur l’environnement et sur les communautés qui les accueillent. Les intervenants de l’industrie conviennent de la nécessité d’intégrer des pratiques durables, se mobilisent autour d’objectifs précis et créent des outils pour les atteindre. L’idée que ce secteur d’activité devienne carboneutre d’ici 2050 a d’ailleurs été lancée lors du salon IMEX America, qui se tenait en septembre dernier.

Des conseils, des outils, des bonnes pratiques

Les préoccupations climatiques et l’urgence de poser des gestes concrets ont amené de nombreuses organisations à développer des outils pour accompagner l’industrie.

La société britannique BCD Meetings & Events a publié un livre blanc dans lequel se trouvent les étapes essentielles au lancement d’une démarche durable. Le document présente aussi des bonnes pratiques ainsi qu’une liste de questions clés à se poser dès le début du processus de planification. Par exemple, quels sont les problèmes les plus importants à aborder? Que pouvons-nous contrôler? Quelles sont les ressources existantes?

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Source : Centre de congrès de Göteborg

Le Centre de congrès de Göteborg, en Suède, prend aussi l’avenue éducative en accompagnant les organisateurs qui désirent réaliser un événement durable chez eux. Le site Web indique les éléments à considérer pour une telle démarche. En voici une liste partielle :

  1. Transport
    • Calculer et compenser les émissions de gaz à effet de serre
    • Utiliser les transports publics pour se rendre et se déplacer une fois sur place, et encourager les participants à faire de même
  2. Site de congrès et hébergement
    • Choisir un lieu qui détient une certification environnementale
    • Demander de l’aide auprès des fournisseurs pour l’atteinte des objectifs
  3. Nourriture et boisson
    • Servir plusieurs options végétariennes
    • Opter pour des produits locaux et de saison
  4. Accessibilité et ouverture à tous
    • Planifier l’événement en tenant compte de l’accessibilité universelle afin d’inclure les personnes en situation de handicap
    • S’assurer d’un maximum de parité des genres chez les personnes inscrites au programme
  5. Contribution à la communauté locale
    • Encourager les participants à s’impliquer auprès de la communauté locale
    • Demander aux responsables du lieu de l’événement de donner les surplus (matériels et alimentaires) à des organisations communautaires

Viser l’atteinte d’objectifs

La responsabilité de procéder à un virage durable repose sur l’ensemble des parties concernées. Pour mobiliser les troupes, il faut d’abord établir des objectifs clairs, puis développer des tactiques efficaces. Dans le cadre du salon IMEX de Francfort, qui s’est déroulé en mai 2019, les organisateurs ont invité les exposants à signer un pacte les engageant à effectuer au moins trois actions visant la réduction de leur empreinte environnementale. Pour inspirer et guider les exposants, ils ont créé un document qui présente des bonnes pratiques avant et pendant l’événement.

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Source : Imex-frankfurt.com

Pour sa part, The Global Association of the Exhibition Industry encourage les professionnels de l’industrie à répondre aux 17 objectifs de développement durable des Nations Unies. Pour les motiver et les accompagner, l’association a diffusé un répertoire en ligne qui rassemble des initiatives et des projets réalisés par des membres de l’industrie. Elle a également publié un rapport qui présente 20 cas exemplaires.

Depuis le printemps 2019, le Palais des congrès de Montréal a adopté ces mêmes objectifs, qui forment un cadre de référence international, en adhérant au Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies. Sur son site Web, il est possible de prendre connaissance de toutes les actions effectuées par le Palais pour répondre aux objectifs du programme. En voici quelques-unes :

Objectif 2 – Faim « zéro »

  • Don du surplus de nourriture des événements à la Maison du Père par l’entremise du Groupe Capital
  • Participation au développement des technologies d’agriculture urbaine par l’entremise d’AU/LAB

Objectif 10 – Inégalités réduites

  • Installations accessibles aux personnes à mobilité réduite et possédant la cote d’accessibilité «Accès total » de Kéroul
  • Journée Coup de pouce pour la sensibilisation des employés à l’engagement communautaire par des activités de bénévolat auprès d’organismes venant en aide aux personnes vulnérables

Objectif 12 – Consommation et production responsables

  • Certification APEX/ASTM reconnaissant le Palais des congrès et Montréal comme destinations de congrès écoresponsables
  • Mise en place de projets visant la réduction des dépenses énergétiques (certification Energy Star, remplacement d’équipement de refroidissement, etc.)

Objectif 17 – Partenariat pour la réalisation des objectifs

  • Participation au comité environnemental de Tourisme Montréal
  • Soutien au plan de développement durable de la Ville de Montréal
  • Création du comité Innovation en développement durable, qui réunit les experts de dix établissements universitaires québécois

Source : Global Compact Network France

S’inspirer d’ailleurs sans oublier de regarder ici

Le secteur des réunions et des congrès se mobilise à l’échelle mondiale, mais aussi au Québec. Le Palais des congrès de Montréal en est un bon exemple, mais il n’est pas le seul. Le Centre des congrès de Québec respecte lui aussi de hauts standards en gestion environnementale. Tous les événements qui s’y déroulent sont écoresponsables et répondent aux critères du niveau 1 de la norme du Bureau de normalisation du Québec (BNQ) 9700-253 – Gestion responsable d’événements. La vidéo suivante explique la démarche qu’il a suivie.

Source de la vidéo : Youtube

S’outiller et s’inspirer n’a jamais été aussi aisé. Bien que changer des habitudes de gestion et adopter de nouvelles pratiques donnent parfois le tournis, il demeure qu’il est impératif de prendre part à cette transition durable.

 

Source de l’image à la une : abdul7amid alfadhly de Pexels

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Réseaux de distribution Tourisme durable

La responsabilité sociale et environnementale dans la création d’itinéraires de voyages

De plus en plus d’agences de voyages et de voyagistes tentent de réduire leur impact environnemental dans l’élaboration de leurs circuits. C’est le cas d’Intrepid Travel, une compagnie carboneutre depuis 2010 qui compense le CO2 qu’elle émet par sa participation à des projets de plantation d’arbres et de culture d’algues. Elle désire devenir la première agence à obtenir un bilan carbone négatif d’ici 2020. Ainsi, plus de carbone serait absorbé qu’elle n’en émet. Pour ce faire, elle veut implanter une initiative de permaculture marine afin de régénérer l’écosystème. Cette entreprise a récemment reçu le titre de la plus grande agence certifiée B Corps au monde, ce qui signifie qu’elle satisfait aux standards les plus élevés en ce qui a trait à sa performance environnementale et sociale.

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Source : Belle Co, Pexels

Les voyageurs sont de plus en plus conscientisés

Selon une récente étude menée par Booking.com auprès de 12 134 répondants des 5 continents, ayant fait au moins un voyage dans les 12 derniers mois ou prévoyant en faire un dans les 12 prochains mois :

  • 87 % d’entre eux ont mentionné désirer voyager de façon durable;
  • 39 % ont confirmé qu’ils le faisaient toujours ou sur une base régulière.

Réduire son empreinte environnementale (40 %) et vivre une expérience locale (34 %) représentent deux des principales sources de motivation des répondants ayant séjourné dans une habitation écoresponsable au moins une fois dans les 12 derniers mois.

Il y a donc une volonté de la part des voyageurs de vouloir adopter des pratiques plus durables en vacances. Les voyagistes et les agences de voyages pourraient en profiter pour créer des occasions de faciliter cette transition vers des séjours plus écoresponsables.

PRÉPARATION EN AMONT…

Global Sustainable Tourism Council (GSTC) est une organisation accompagnant les professionnels de l’industrie touristique dans leur transition vers des pratiques durables en leur fournissant, par exemple, une liste de critères à respecter selon leur secteur. Parmi les quatre principaux thèmes de la liste s’adressant aux voyagistes, on trouve la planification efficace de la durabilité. Une bonne préparation permet d’avoir un meilleur impact environnemental et social.

… dans le but d’améliorer les partenariats locaux

 En Afrique, l’association Kilimanjaro Porters Assistance Project (KPAP) incite les voyagistes à devenir partenaires afin de respecter différents critères éthiques visant à améliorer les conditions de travail des guides, des porteurs et des cuisiniers locaux. Par exemple, les porteurs transportent un maximum de 20 kg, doivent détenir de l’équipement d’ascension adapté et doivent avoir accès à une formation.

… afin de mieux s’intégrer dans les communautés locales

L’implication sociale organisée en amont permet de vivre une immersion dans la culture locale en travaillant directement avec les communautés. Les routes du monde, une agence de voyages québécoise qui crée ses propres circuits, engage des guides locaux afin d’accompagner ses clients et de les aider à mieux se familiariser avec les coutumes du pays. On peut même lire leur profil dans la section « Équipe » du site Web, avant le départ.

Source : YouTube, Les routes du monde

Sasane Sisterhood Trekking and Travel, une agence située au Népal, embauche des femmes ayant été victimes de trafic humain à titre de guides. Elle élabore également des circuits dans des régions moins nanties afin de développer de nouvelles sources de revenus pour les habitants et, ainsi, s’attaquer à l’une des principales causes de ce trafic, soit l’extrême pauvreté.

… pour compenser l’empreinte carbone 

Devenir une entreprise carboneutre n’est pas nouveau. En effet, Natural Habitat Adventures (NHA), dont le siège social se situe au Colorado, a affirmé en 2007 être le premier voyagiste carboneutre au monde. De nos jours, ce terme est de plus en plus repris par diverses organisations. L’agence française Kuoni propose à ses clients de payer une taxe carbone, alors que Karavaniers a été la première agence de voyages au Canada à inclure systématiquement un montant compensatoire pour les émissions de carbone dans le prix de ses forfaits. Elle donne également 1 % de ses profits à des associations œuvrant pour la protection et la préservation de l’environnement.

IMPLICATION UNE FOIS À DESTINATION

L’engagement durant le voyage est la continuité de ce qui a été pensé en amont afin de limiter son empreinte environnementale. Voici quelques exemples d’actions pouvant être réalisées, une fois les touristes arrivés.

Éliminer les bouteilles d’eau jetables 

 Jad Haddad, de l’agence québécoise Terres d’aventure, mentionne qu’il est important de consulter ses collaborateurs locaux pour la gestion des déchets. Ceux-ci peuvent fournir, dès l’arrivée des touristes, des bouteilles d’eau réutilisables, tout en mettant à leur disposition des stations de purification d’eau. C’est le cas de Nomad Tanzania, en Tanzanie, de Pugdundee Safaris, en Inde, de Cottar’s Safaris, au Kenya, ainsi que de Galapagos Safari Camp, en Équateur. S’il n’est pas possible d’avoir à sa disposition des stations d’eau, des pailles munies d’un filtre intégré, de marques telles que Grayl et LifeStraw peuvent constituer des solutions de rechange.

Source : YouTube, Pugdundee Safaris

Offrir des hébergements temporaires 

Une expression bien connue du mouvement « sans trace », « ne prend que des photos, ne laisse que tes empreintes », doit être applicable plus particulièrement lors de voyages organisés en milieu naturel. Upscape, une agence établie au Chili, offre des campements provisoires dans des coins reculés tels que la Patagonie, afin de miser sur une déconnexion totale et une immersion complète en milieu naturel. Polyvalents, ces camps pop-up peuvent être installés n’importe où, que ce soit en Tanzanie, au Groenland ou encore dans l’Arctique canadien, comme le fait l’agence NHA. Une fois le séjour terminé, rien n’est laissé sur place!

Source : Upscape, YouTube

FAIRE CONNAÎTRE SES ACTIONS

Bien communiquer ses actions à ses employés, à ses partenaires et à ses clients est souvent la clé de la réussite d’un projet.

Afficher son offre en tourisme durable

Avoir une offre en tourisme durable, c’est bien, la mettre en évidence sur le site Web, c’est encore mieux. Quelque 40 % des répondants au sondage de Booking.com ont mentionné qu’un filtre sur le site Web pourrait les aider à trouver facilement ce produit et, ainsi, les inciter davantage à opter pour ce type de voyage. 

Être transparent envers ses clients

Nicolas Cournoyer, l’un des quatre fondateurs de Piknic Électronik et d’Igloofest, mentionne qu’il est important de faire connaître ses actions écoresponsables en choisissant celles que l’on désire mettre de l’avant. Il ajoute qu’il faut adopter un discours authentique en assumant que l’organisation n’est pas parfaite, mais qu’elle prend les mesures nécessaires pour adopter des pratiques durables. Afin d’éviter de donner une fausse impression d’écoblanchiment (greenwashing), la transparence et la modestie sont donc les valeurs à retenir dans ses communications avec les clients.

Accompagner ses employés dans cette transition écologique et sociale

Faire de ses employés une composante centrale de sa politique écoresponsable permet d’assurer la réussite de ses actions. L’agence de voyages Pugdundee Safaris, située en Inde, consulte son personnel avant de réaliser un changement. L’équipe devient ainsi fière de participer activement à cette transition écologique et est heureuse de proposer une offre durable à ses clients. Une liste de produits à ne pas acheter afin de respecter la politique de développement durable est aussi mise à la disposition des gestionnaires.

***

Que vous soyez une entreprise écoresponsable depuis plusieurs années ou que vous débutiez dans le domaine, il faut vous rappeler d’y aller une étape à la fois. Intégrer une politique de responsabilité sociale et environnementale au sein de vos activités vous permettra d’avoir un réel impact positif sur la pérennité de la faune et de la flore ainsi que sur les communautés locales, en plus d’offrir à vos clients des expériences uniques.

Quelles actions pourriez-vous mettre en place dès maintenant?

Collaborez-vous avec les communautés locales?

 

Source image à la une : Clouzote

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Gestion Tourisme durable

La force des partenariats pour un festival écoresponsable

De plus en plus d’organisateurs de festivals s’engagent dans la protection de l’environnement. Ils mettent en place de nombreuses initiatives écoresponsables tant pour transporter les participants que pour contrer le gaspillage alimentaire. La réussite de ses mesures repose souvent sur la force des partenariats avec des organismes publics ou privés qui proposent des outils, du soutien et de l’expertise en la matière. 

 

Avant tout, connaître ses besoins  

La mise en place d’actions écoresponsables doit s’inscrire dans une démarche globale préalablement réfléchie. Pour cela, il s’avère essentiel de se poser les bonnes questions. Quels sont mes objectifs, mes besoins et mon budget? Qui s’occupera de gérer ce dossier? D’après madame Caroline Voyer, directrice générale du Conseil québécois des événements écoresponsables (CQEER), une meilleure connaissance de ses forces et de ses faiblesses permet de mieux analyser sa situation et d’établir des objectifs réalistes.  

Pour y parvenir, les gestionnaires ont accès à plusieurs outils et guides en ligne. Le CQEER propose une panoplie de ressources pour les festivals telles que des calculateurs pour les gaz à effet de serre générés par le transport et la gestion des matières résiduelles.  

La Société des Attractions Touristiques du Québec et Festivals et Événements Québec mettent à la disposition des organisations le Modèle d’évaluation des pratiques sociales des festivals et événements (MEPS). Il s’agit d’un outil d’autoévaluation basé sur des indicateurs de performance calculés automatiquement autour de 12 enjeux relatifs aux pratiques sociales.

L’union fait la force  

Les organisateurs de festivals ne possèdent pas tous le savoir-faire nécessaire pour rendre leurs événements écoresponsables. D’après les intervenants rencontrés, les principaux bénéfices des partenariats sont :

  • L’expertise : apport de connaissances, service de formation, soutien à la gestion des pratiques;
  • La prise en charge: délégation de la gestion des actions, dans un contexte où l’organisateur de festival n’a personne à l’interne ayant les compétences et/ou le temps de s’en occuper.   

La collaboration entre des festivals et des organismes privés ou publics peut prendre plusieurs formes et toucher plusieurs volets des événements. En voici un aperçu. 

Volet « matières résiduelles » 

Le Festibière de Gatineau est reconnu dans sa communauté pour faire preuve de leadership en matière de pratiques écoresponsables. Grâce à la collaboration avec ses nombreux partenaires, notamment la Ville de Gatineau et l’organisme Enviro Éduc-Action, les gestionnaires du festival ont développé une stratégie pour réduire la quantité de déchets produits et le gaspillage alimentaire. En plus d’interdire les pailles à usage unique et d’avoir un système de tri à trois voies, l’événement favorise l’utilisation de la vaisselle réutilisable. Une équipe de bénévoles nettoie et redistribue le matériel aux concessionnaires. Lors de l’édition de 2018, les organisateurs ont réussi à détourner plus de 70 % des matières résiduelles des sites d’enfouissement.

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Source : Festibière de Gatineau

Pour l’ensemble de ses initiatives liées à la gestion des matières résiduelles, le festival a été récompensé en 2017 d’un prix Vivats, dans la catégorie « Prévention-Réduction à la source ». 

Volet « transport » 

Les festivals nécessitent le déplacement de beaucoup de personnes, participants, artistes et bénévoles. En plus de créer des partenariats avec les sociétés de transport de sa région, il existe plusieurs moyens de réduire les gaz à effet de serre. Plusieurs festivals du Royaume-Uni collaborent avec Energy Revolution, un organisme qui prélève un pourcentage de la vente des billets d’entrée ou de stationnement pour le réinvestir dans des projets d’énergie durable de la communauté. En 2018, Solar For Schools, qui vise à installer des panneaux solaires sur les toits des écoles du Royaume-Uni, a reçu l’ensemble des dons. La vidéo suivante présente le concept d’Energy Revolution

Source : YouTube 

Au Québec, l’Igloofest et le Piknic Électronik accueillent chaque année plusieurs DJ internationaux reconnus. Afin de compenser les gaz à effet de serre émis par leurs déplacements, un partenariat avec Give a Seat a été mis sur pied. Cet organisme vend des billets au rabais, puis donne l’argent amassé à une cause caritative choisie par l’événement. En 2017, les fonds récoltés ont permis à Arbre-Évolution de planter 333 arbres pour compenser son empreinte carbone des trois années précédentes. Ce printemps, 800 arbres seront mis en terre, ce qui va bien au-delà des émissions de gaz à effet de serre associées au transport des artistes, en 2018 et 2019.  

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Source : Charles Prot, Piknic Electronik 2019

Volet « sensibilisation des festivaliers »

Des escouades vertes lors des événements facilitent, quant à elles, la tâche des employés et des participants dans la gestion des matières résiduelles. La Coupe Rogers, en partenariat avec RECYC-QUÉBEC, a recruté plusieurs bénévoles dont le rôle est de sensibiliser les festivaliers au bon geste de trier l’ensemble de leurs matières, qu’elles soient compostables, recyclables ou jetables. Cette escouade fait aussi la promotion de l’application Ça va où?, conçue par RECYC-QUÉBEC afin d’aider les citoyens à continuer de poser de bons gestes de tri au quotidien. 

Au-delà des partenaires  : agir pour son festival et sa communauté 

Les partenariats constituent un élément clé dans la mise en place d’une stratégie pour l’implantation d’actions durables au sein d’un festival. Qui plus est, la protection de l’environnement s’avère un enjeu auquel tous les événements font face. Tel que le mentionne Nicolas Cournoyer, cofondateur de l’Igloofest et du Piknic Électronik, afin d’assurer la pérennité d’un festival, adopter des pratiques écoresponsables n’est plus un choix, mais une nécessité.  

Afin d’assurer la pérennité d’un festival, adopter des pratiques écoresponsables n’est plus un choix, mais une nécessité.  

Entourez-vous de partenaires et de commanditaires qui partagent vos valeurs. Impliquez les employés et les festivaliers dans le processus et tenez-les informés afin qu’ils adhèrent à votre projet. Soyez créatif et persévérez malgré les défis qui peuvent se présenter. Au bout du compte, tout le monde y gagne. 

Quelles pratiques durables adoptez-vous au sein de votre festival? 

 

Source de l’image à la une : Pixabay 

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Tourisme durable

L’Islande fait la promotion de son eau… du robinet

Près des deux tiers des voyageurs consomment plus d’eau dans des contenants de plastique à usage unique lors de leurs séjours comparativement à la maison. Seulement un peu plus du quart apportent en voyage une bouteille réutilisable, tel que le révèle une enquête réalisée auprès de 16 000 touristes à travers onze marchés d’Europe et d’Amérique du Nord. La crainte de boire une eau potentiellement risquée pour la santé est la principale raison pour laquelle ces voyageurs achètent de l’eau embouteillée.

L’organisme de promotion de l’Islande, Inspired by Iceland, lance la première marque d’eau courante : Kranavatn (qui signifie eau du robinet en islandais). Les grandes lignes de cette campagne au ton humoristique s’articulent comme suit : cette eau est d’excellente qualité, on en trouve en abondance au bout de chaque robinet dans le pays et elle est offerte gratuitement en tout temps. Voici la vidéo promotionnelle.

Vidéo : YouTube

L’organisme de promotion Inspired by Iceland et The Environment Agency of Iceland invitent aussi les visiteurs à relever le Kranavatn Challenge qui engage le signataire à consommer l’eau courante plutôt que d’acheter des bouteilles à usage unique lors d’un séjour en Islande.

Voilà une façon originale et amusante de favoriser l’adoption de comportements responsables.

 

Image à la une : Inspired by Iceland

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Gestion Tourisme durable

Comment mesurer ses pratiques sociales?

Lors du Rendez-vous des festivals, événements et attractions touristiques qui s’est tenu le 9 avril dernier, la SATQ-FEQ a annoncé l’actualisation et la bonification du Modèle d’évaluation des pratiques sociales des festivals et événements (MEPS).

Cet outil standardisé d’autoévaluation, de valorisation et d’amélioration des pratiques sociales se base sur des indices de performance. Ceux-ci se calculent automatiquement autour de douze enjeux relatifs aux pratiques sociales des festivals et des attractions.

 

Les voici :

  1. Gestion responsable ;
  2. Gouvernance participative ;
  3. Épanouissement et qualité de vie du personnel (RH) ;
  4. Qualité de vie de la population et du milieu ;
  5. Épanouissement des visiteurs ;
  6. Participation sociale et reconnaissance du milieu ;
  7. Engagement de l’organisation auprès de sa communauté ;
  8. Accessibilité ;
  9. Identité et mise en valeur culturelle du milieu ;
  10. Promotion de la diversité ;
  11. Créativité et innovation ;
  12. Consommation responsable.

 

La version bonifiée propose plusieurs changements, dont l’ajout et la segmentation de certains indicateurs de performance.

Ce modèle d’évaluation permet l’amélioration continue des entreprises afin de valoriser et de créer des retombées positives dans leur milieu. En prenant conscience des actions déjà en place et des enjeux sociaux, les festivals et les attractions peuvent se donner de nouveaux objectifs et établir des stratégies plus performantes tout en développant des pratiques plus durables.

Les festivals, événements et attraits intéressés par le MEPS peuvent le commander en ligne sur le site de la SATQ-FEQ.

Source de l’image à la une : Pixabay