Catégories
Tourisme durable

Environnement et musée : protéger le passé et le futur

Depuis déjà plusieurs années, de nombreux secteurs de l’industrie touristique prennent un virage vert. Que ce soit l’hôtellerie, les festivals ou les stations de ski, leurs initiatives sont davantage connues des consommateurs et deviennent parfois des outils marketing. Mais qu’en est-il des musées ?

Les musées ont la possibilité de devenir des acteurs clés dans la lutte contre les changements climatiques et pour la protection de l’environnement. D’après le Conseil international des musées (ICOM), ils « peuvent améliorer la prise en compte du développement durable et contribuer à l’éducation sur les questions des changements climatiques en travaillant avec les communautés et en leur donnant les moyens de provoquer des changements pour garantir une planète habitable, la justice sociale et des échanges économiques équitables à long terme ». Voici quelques exemples de mobilisation du milieu muséal et des méthodes d’intégration de pratiques durables dans les organisations.

Avant que tout ne tombe à l’eau

Le Strawbery Banke Museum de Portsmouth, au New Hampshire, met en place des actions afin de prévenir la détérioration des fondations et du contenu de ses maisons patrimoniales, causée par des crues des eaux de plus en plus fréquentes. Depuis près de 10 ans, le musée, qui regroupe 8 jardins et 32 bâtiments historiques, collabore avec la Ville et l’Université du New Hampshire pour étudier l’impact de l’élévation du niveau de la mer dans le secteur. Le musée participe également au comité consultatif pour l’évaluation de la vulnérabilité liée aux changements climatiques dans le quartier historique de Portsmouth. La vidéo suivante présente l’état des lieux lors d’une crue majeure en 2017.

Source : YouTube

À la suite de nombreuses démarches, les responsables proposent maintenant plusieurs activités de sensibilisation et des conférences pour partager leur expérience avec différents membres de leur communauté. Par exemple, ils ont organisé un sommet en 2018 avec 12 autres organisations de l’État pour échanger des idées et des recherches sur les changements climatiques. Ils participent également à des ateliers sur le patrimoine bâti en apportant leur expertise pour la préservation des maisons historiques menacées par l’eau.

L’art au service de l’énergie durable

La Woodstock Art Gallery, en Ontario, a rapidement été conscientisée sur l’énergie durable. Une collaboration s’est établie entre elle et son fournisseur d’électricité, qui est aussi son voisin, pour sensibiliser la communauté et interagir avec elle sur la question des problèmes environnementaux, grâce à leur expertise respective. Par exemple, la galerie offre des programmes scolaires aux élèves de la région pour les initier à l’art et discuter des changements climatiques et du développement durable pendant leur visite.

L’union fait la force

Conscient de ses rôles et responsabilités, le milieu muséal s’organise afin de réduire son impact et de préserver la planète pour les générations futures. Voici quelques regroupements ou groupes de travail œuvrant pour la protection de l’environnement. Ils fournissent une panoplie de ressources et d’exemples de bonnes pratiques.

  • ICOM: groupe de travail sur le développement durable; aide les membres à contribuer à l’atteinte des objectifs de développement durable ainsi qu’à s’adapter aux changements climatiques. Le groupe de travail présentera ses recommandations lors de sa 25e conférence qui se tiendra à Kyoto, au Japon, en 2019.

Avant tout, mettre des efforts à l’interne

Un musée peut effectuer de nombreuses actions durables au sein même de son organisation. Cet aspect s’avère d’autant plus important dans un contexte de sensibilisation du public. Le message diffusé sur les changements climatiques risque d’être beaucoup plus crédible si le musée montre l’exemple en adoptant lui-même des actions concrètes pour la protection de l’environnement.

Le message diffusé sur les changements climatiques risque d’être beaucoup plus crédible si le musée montre l’exemple en adoptant lui-même des actions concrètes pour la protection de l’environnement.

Plusieurs institutions de la région Rhône-Alpes font des déplacements groupés et rassemblent leurs œuvres dans des réserves mutualisées afin de diminuer la fréquence des transports et réaliser des économies. Le Field Museum, à Chicago, a réduit son impact sur l’environnement et augmenté la qualité de l’air des lieux en remplaçant les nettoyants chimiques par de l’eau ionisée pour laver les vitrines d’exposition et les fenêtres du bâtiment.

Par où commencer ? 

Sarah Sutton, coauteure du livre The Green Museum: A Primer on Environmental Practice, estime que la première étape des institutions muséales pour protéger l’environnement consiste à faire un bilan carbone qui permettra de repérer les sources potentielles d’économie d’énergie. Elles peuvent visiter, par exemple, le site Carbonfund.org pour calculer l’empreinte carbone de leur organisation.

La Société des musées du Québec propose un guide sur l’écoresponsabilité. Il est possible d’y trouver des conseils pour la gestion des installations et des ressources humaines (efficacité énergétique, matières résiduelles, approvisionnement responsable, santé et sécurité, etc.), pour les expositions (conception, fabrication et chantier, démontage et deuxième vie) et pour les communications (internes, externes, designs graphiques et impressions).

Quels sont les gestes écoresponsables de votre musée?

 

Source de l’image à la une : Pexels

Catégories
Tourisme durable Transport

Accéder à la nature en transport collectif

Le Québec est un véritable terrain de jeu pour les Québécois, ainsi que pour les visiteurs internationaux qui sont de plus en plus nombreux à vouloir y faire du plein air.

Reconnu pour ses attraits naturels, le Québec est un véritable terrain de jeu pour les Québécois, ainsi que pour les visiteurs internationaux qui sont de plus en plus nombreux à vouloir y faire du plein air, tel que le montre une étude de la Chaire de tourisme Transat.

Cependant, l’accès au territoire, plus précisément aux sentiers et aux lieux de pratique, représente un défi majeur. Selon les données du sondage de Vividata 2018, plus du quart (26,6 %) des résidents de l’île de Montréal n’ont pas de véhicule. C’est également le cas de 11 % de la population de la région de Québec. Voici quelques solutions d’ici et d’ailleurs qui facilitent le transport vers la nature en partant des centres urbains.

Différentes navettes, différentes offres de services

Une escale en Islande

En Islande, les navettes Destination Blue Lagoon ont été mises en place afin d’offrir la possibilité aux voyageurs de se rendre directement au Lagon bleu à partir de l’aéroport de Keflavik ou encore de la ville de Reykjavik. Cette option permet aux passagers en escale de visiter un attrait du pays qui aurait été autrement inaccessible. Une belle façon de faire découvrir sa destination grâce à une courte escapade et de semer l’envie d’y retourner.

Blue_Lagoon_Islande_Jeff_sheldon

Source : Jeff Sheldon, Unsplash

Nana au service des Montréalais 

En fonction depuis juin 2016, Nana une start-up montréalaise de la cohorte des entreprises « incubées » 2018-2019 du MT Lab, a été créée dans le but de faciliter l’accès à la nature pour les touristes. Un service de navettes s’adressant aux voyageurs et aux résidents est offert depuis Montréal jusqu’à l’entrée des parcs et réserves sélectionnés. 

Partenaire de Nana, le réseau d’autobus Parkbus, fondé en 2010, propose une offre complémentaire ailleurs au Canada. Desservant à ses débuts la ville de Toronto, cette entreprise fournit aujourd’hui ses services à Vancouver, à Halifax et à Ottawa. Elle travaille actuellement sur un projet favorisant l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.

nana_navette_nature

 Source : Nana, la navette nature

Préservation de l’environnement : un incontournable pour la pérennité des activités 

Les entreprises et les organisations spécialisées dans le secteur du plein air sont de plus en plus nombreuses à sensibiliser leur clientèle à son impact sur l’environnement et à mettre en place des programmes assurant une saine gestion des ressources naturelles.

Détour Nature, excursions et sensibilisation 

Détour Nature est une entreprise québécoise qui organise des excursions guidées d’une journée ainsi que de courts voyages au Québec, au Canada et dans quelques États américains. Depuis 2008, elle collabore avec Planetair afin de compenser les gaz à effet de serre qu’elle produit. Elle mise également sur la philosophie de Sans trace Canada et, à chaque sortie, sensibilise sa clientèle à l’importance de ne rien laisser sur son passage.

bus-nature-quebec

Source : Fanny Beaulieu Cormier

Un système de navettes multiarrêts 

 Fervente défenseuse de la préservation des richesses naturelles de la vallée de la Bow, Banff a été la toute première municipalité du Canada à introduire un réseau d’autobus entièrement hybrides et électriques. Le service de navettes Roam propose différents arrêts tout au long de la journée, afin de faciliter la découverte des destinations avoisinantes telles que le lac Minnewanka, la ville de Canmore, le mont Tunnel et le mont Sulphur. Ces autobus sont accessibles aux personnes à mobilité réduite et en fauteuil roulant. Il est aussi possible d’y transporter son vélo, ses skis, etc.

ROAM public transit-38

Source : Roam Public Transit

Des stations de ski favorisent le transport en commun

Selon le rapport de la National Ski Areas Association, chaque année en Amérique du Nord, des millions de personnes visitent les stations de ski. Soucieuses de continuer à offrir des expériences de qualité, les stations de ski n’ont pas d’autre choix que d’instaurer des solutions pour préserver leur principal attrait : la nature.

En janvier 2019, la station suisse SkiArena Andermatt-Sedrun, en partenariat avec Protect Our Winters, a organisé une fin de semaine sans auto dans le but de sensibiliser sa clientèle à son empreinte écologique. Les personnes qui s’y rendaient en transport en commun bénéficiaient d’un rabais de 50 % sur leur billet de train et leur accès journalier.

En Utah, le programme Reducing Individual Driving for the Environment (R.I.D.E.) est un système de covoiturage créé par la station de ski Snowbird dans le but de réduire les émissions de carbone et la congestion routière. Depuis le début de l’année 2019, l’application du même nom est offerte. Cette dernière permet de cumuler des points à chaque déplacement enregistré et de profiter ainsi de divers privilèges. Ayant comme objectif de conscientiser et de responsabiliser, l’application indique à ses utilisateurs leurs économies de CO2, en direct sur leur téléphone intelligent. En 2018, ce programme a évité l’émission de 381 000 kilogrammes de CO2.

Les citoyens s’organisent 

Les citoyens s’engagent eux aussi et mettent sur pied diverses initiatives telles que le covoiturage et l’optimisation de l’utilisation du transport en commun.

Covoiturage Plein air Montréal est un groupe Facebook dont les membres peuvent proposer des sorties ou encore se joindre à des personnes possédant un véhicule pour une escapade. Fonctionnant sur le même principe, la plateforme québécoise Ski Covoiturage s’adresse plus particulièrement aux adeptes de sports alpins.

Aux États-Unis, OffMetro a été conçu par et pour des citadins souhaitant s’évader de la ville sans voiture. Son site Web regroupe des idées d’activités facilement accessibles en modes de transports alternatifs comme le vélo, l’autobus, le bateau, etc.

****

L’accès à la nature est un incontournable pour plusieurs Québécois et touristes désirant profiter des paysages de la belle province. Proposez-vous un service de transport en commun qui facilite l’accès à votre attrait ? Avez-vous pensé à élaborer un système de points dans le but d’inciter votre clientèle à réduire son empreinte carbone ? N’hésitez pas à vous inspirer des différentes solutions d’ici et d’ailleurs afin d’améliorer votre offre.

Source image à la une : Roam Transit

Catégories
Tourisme durable

Fermé aux touristes… ouvert aux « volontouristes »

Les Îles Féroé, un archipel du Danemark situé dans l’océan Atlantique Nord, gagnent en popularité auprès des touristes depuis quelques années. Ce territoire de près de 50 000 habitants et de 80 000 moutons connaît une croissance annuelle de fréquentation de 10 % depuis cinq ans ; il accueillait environ 100 000 visiteurs l’année dernière.

Les paysages spectaculaires et la nature intacte constituent les principaux attraits de cette destination. Pour préserver ces richesses et passer un message clair aux futurs voyageurs, l’organisme de marketing de la destination Visit Faroe Islands lance la campagne Closed for maintenance, open for voluntourism. Ainsi, l’accès aux îles sera interdit aux touristes lors du week-end du 26 au 28 avril, à l’exception des 100 voyageurs qui se seront inscrits à l’avance pour les travaux d’entretien. Le projet consiste à rassembler touristes et résidents pour créer et entretenir des sentiers, améliorer l’accès à certains lieux, installer des panneaux signalétiques, etc. En échange, les visiteurs seront logés et nourris. La vidéo suivante présente la campagne.

Source : Youtube

Lancée le 20 février, l’invitation n’a pas tardé à être entendue. Une brigade de 100 volontaires provenant des quatre coins de la planète s’est formée en quelques heures. Étant donné l’enthousiasme généré par ce projet sur les réseaux sociaux, Visit Faroe Islands annonce que l’initiative sera renouvelée l’année prochaine.

Voilà une campagne qui marque bien le positionnement des Îles Féroé comme destination touristique responsable, faisant appel du même coup à des voyageurs sensibilisés et adhérant aux valeurs qui animent un tourisme plus durable.

 

Image à la une : Visit Feroe Islands

Catégories
Gestion Tendances

Connaître les mégatendances pour innover

Euromonitor International, un des leaders mondiaux des études de marché stratégiques, s’est penché sur les mégatendances qui façonneront le monde et l’industrie touristique au cours des prochaines années. Mais, qu’entend-on par mégatendance ?

Il s’agit d’une modification fondamentale de comportement ou d’attitude, observable à l’échelle mondiale et touchant la plupart des secteurs d’activité. Elle ne constitue pas une mode à court terme, mais s’inscrit plutôt dans la longévité. En effet, pour être considéré comme une mégatendance, le changement doit durer de dix à quinze ans.

Une mégatendance constitue un changement de comportement ou d’attitude, observable à l’échelle mondiale et touchant plusieurs industries.

Une mégatendance constitue un changement de comportement ou d’attitude, observable à l’échelle mondiale et touchant plusieurs industries.

Pourquoi s’intéresser aux mégatendances ?

Pour prospérer sur un marché en évolution rapide, faire face aux perturbations et rester à l’affût des modifications de comportement des consommateurs, une entreprise doit intégrer l’analyse des mégatendances dans sa stratégie. Cela lui permettra d’observer ce qui se passe en dehors de son secteur d’activité et de ses marchés, de mieux comprendre les bouleversements qui auront un impact sur son avenir et, ainsi, de se donner une vision globale.L’analyse des mégatendances représente une partie importante de la première phase du processus d’innovation, de découverte et de génération d’idées. Mais elle ne se limite pas au développement de produits. Elle constitue un élément clé pour innover dans tous les domaines. Elle peut servir, par exemple :

  • à redéfinir la mission à long terme de l’entreprise ;
  • à mettre sur pied son plan d’affaires ;
  • à orienter les processus de recherche et de développement ;
  • à cibler de nouveaux segments de clientèle ;
  • à guider ses actions de marketing ;
  • à revoir ses besoins en ressources humaines ou matérielles ;
  • etc.

Comment procéder ?

Afin d’identifier les mégatendances, déterminez ce qui entraîne des modifications de comportement et d’attitude à long terme. Tentez de comprendre les forces sous-jacentes qui conduisent au changement et la façon dont elles façonneront le monde au cours des quinze prochaines années environ. Euromonitor en nomme cinq :

megatendances_tourisme

Source : Euromonitor International

  • Les forces économiques. Les pays émergents et en développement représenteront les deux tiers de la production mondiale d’ici 2030. Trois marchés émergents figureront au nombre des cinq plus grandes économies du monde;
  • La démographie. L’urbanisation, les migrations, l’augmentation de l’espérance de vie, la baisse du taux de natalité et la croissance de la population âgée ont un impact sur les modes de vie des consommateurs et leurs décisions d’achat;
  • La technologie. Du développement d’Internet mobile à l’impression 3D et à l’intelligence artificielle, les constantes innovations technologiques sont à l’origine de grandes tendances de consommation;
  • L’environnement. La pression sur les ressources naturelles s’est accrue parallèlement au PIB mondial, en partie à cause de la croissance démographique et de la demande provenant des marchés émergents. Cela a entraîné une hausse des besoins en électricité et des émissions de CO2;
  • Les valeurs. Les croyances évoluent constamment et redéfinissent les priorités, les perceptions, les attitudes et les motivations.

À partir de ces facteurs de changement, Euromonitor a recensé 20 mégatendances (voir l’image).

20_megatendances_tourisme_euromonitor

Source : Euromonitor International

Déterminez les mégatendances qui comptent le plus pour vous

Reconnaître l’importance d’une tendance par rapport à une autre est essentiel pour intégrer l’analyse des mégatendances à sa stratégie commerciale. Car l’importance attribuée à chacune d’entre elles variera en fonction de son secteur d’activité. Certaines, comme la personnalisation, s’avèrent pertinentes pour plusieurs industries, alors que d’autres peuvent sembler moins préoccupantes au premier abord. Appliquant ce raisonnement, Euromonitor a sélectionné huit mégatendances qui, selon l’organisme, auront un impact majeur sur l’ensemble des industries, y compris celle du tourisme ; les voici :

8_megatendances_tourisme

Source : Euromonitor International

  1. Plus d’expérience. L’accent est mis sur les expériences plutôt que sur les possessions. Cette tendance se concentre sur la manière dont les entreprises conçoivent des expériences multisensorielles et interactives pour engager les consommateurs sur un plan plus émotionnel. Les expériences positives créent des souvenirs impérissables et des relations plus profondes avec les clients;
  2. Montée en gamme. Les acheteurs recherchent des niveaux de service et de personnalisation plus élevés. L’authenticité, le luxe abordable et une relation émotionnelle durable constituent dorénavant des éléments essentiels à toute stratégie de montée en gamme;
  3. Évolution des frontières. À mesure que certaines régions du monde deviennent surexploitées ou atteignent leur plein potentiel, d’autres prennent de l’importance comme l’Asie, l’Afrique et même l’Arctique. De plus, la technologie ouvre un nouveau marché virtuel de jeunes acheteurs à travers le monde;
  4. Consommateurs connectés. Ceux-ci utilisent des ordinateurs, des téléphones intelligents, des tablettes, des outils de navigation, des lecteurs multimédias ou de livres numériques, des appareils d’imagerie et de jeu et d’autres dispositifs audio et visuels qui se connectent à Internet, afin de faire l’expérience du contenu numérique et d’interagir avec celui-ci;
  5. Mode de vie éthique. Les consommateurs et les entreprises accordent un intérêt croissant à l’éthique et aux valeurs morales. Cela se traduit par une plus grande attention portée aux autres (êtres humains, bien-être des animaux et environnement) dans ses choix de consommation. Les entreprises qui privilégient des pratiques commerciales éthiques apparaîtront plus authentiques;
  6. Mode de vie sain. Les consommateurs démontrent une approche plus holistique du bien-être, englobant ses aspects spirituel, mental et physique. Cette insistance sur la santé et le bien-être implique un changement de style de vie et une évolution des attitudes envers les soins de santé, la nutrition, la beauté, l’activité physique et l’amélioration de soi en général;
  7. Recul de la classe moyenne. Tandis que les classes moyennes sont en plein essor en Asie, celles des marchés développés peinent à maintenir leur position économique. Malgré cela, ces consommateurs constituent toujours une cible majeure pour les entreprises. Leurs décisions d’achat sont motivées par la recherche de la valeur, et pas seulement d’un prix « avantageux ». D’autres facteurs intangibles tels que la qualité, l’expérience, la commodité et l’authenticité s’avèrent importants;
  8. Magasinage réinventé. La manière dont nous achetons des biens et des services est en constante évolution, à mesure que les réalités économiques et technologiques se transforment. Les consommateurs d’aujourd’hui font leurs achats sur de multiples plateformes et les commerçants doivent être prêts à s’y engager à tout moment et en tout lieu. Le parcours client idéal intègre l’entreprise à toutes les étapes de l’expérience, en apportant une valeur ajoutée avant, pendant et après l’achat.

Ces huit mégatendances sont le point de départ de votre analyse. Lesquelles auront le plus d’impact sur votre entreprise et comment agiront-elles sur votre offre et votre organisation ?

 

Source image à la Une : Samuel Silitonga, Pexels

Catégories
Tourisme durable Transport

Les technologies au service de l’aviation et du voyageur

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), en 2018, il y a eu 1,4 milliard d’arrivées internationales, ce qui signifie une augmentation de 6 % par rapport à l’année précédente. L’OMT prévoit une hausse de 3 % à 4 % en 2019. Cette croissance des flux touristiques engendre une prise de conscience des compagnies aériennes quant à la nécessité de réduire leur empreinte carbone et de mieux gérer le passage des touristes à l’aéroport. Pour cela, celles-ci misent sur des technologies telles que la biométrie, l’intelligence artificielle et les avions connectés.

 La biométrie : moins d’attente, plus de sécurité

Qu’il s’agisse d’une carte d’embarquement numérique ou encore d’une identification par empreinte digitale ou reconnaissance faciale, le but de la biométrie est d’assurer une meilleure fluidité en limitant le temps d’attente, tout en augmentant la sécurité. Une fois identifié, il n’est plus nécessaire pour le voyageur de montrer ses papiers.

Cette nouvelle technologie a déjà été implantée dans divers aéroports. Le gouvernement fédéral du Mexique l’a mise en œuvre afin de mieux contrôler ses frontières. British Airways procède actuellement à des essais à Orlando, à Los Angeles, à Miami et à New York, alors que Swiss International Air Lines offre le service dans plusieurs aéroports des États-Unis.

L’intelligence artificielle en pleine expansion

Selon le PDG de Delta Airlines, Ed Bastian, l’utilité de l’intelligence artificielle est d’allier l’efficacité avec un meilleur service à la clientèle. Les robots et les assistants vocaux servent, par exemple, à envoyer des alertes en cas de modification de vols et à apporter un soutien pour la création d’itinéraires, pour la gestion des réservations, pour les recommandations quant aux visas, pour la transmission d’informations sur la destination, y compris la météo, etc.

technologie_assistants_vocaux

Source : Pexels

C’est en effet dans l’optique de mieux servir le voyageur que des robots ont été mis en place majoritairement en Asie, qui domine d’ailleurs ce secteur, notamment à New Delhi et à Séoul. À Rotterdam, ils sont plutôt utilisés pour la gestion des bagages, alors qu’à Munich, en collaboration avec Lufthansa, Josie Pepper guide les voyageurs.

Dans le but de personnaliser davantage la relation client, il n’est pas rare qu’ils soient munis de noms humains tels qu’Alexa, l’assistante vocale d’Amazon, utilisée par l’aéroport britannique Heathrow, de même que par Air Canada, easyJet et Virgin Australia. Qu’il s’agisse d’un assistant vocal ou d’un robot, tous deux ont la capacité de parfaire continuellement leurs apprentissages afin de mieux répondre aux besoins du consommateur.

 Vers une meilleure gestion de l’empreinte carbone, l’avion connecté

La facilité de communiquer grâce à l’interconnexion entre les systèmes de commande du sol et ceux de l’avion caractérise l’avion connecté. Parmi ces systèmes de communication, on trouve le Li-Fi. Il s’agit d’une technologie permettant la transmission de données grâce à une connexion sans fil et à l’aide d’ampoules DEL. Contrairement au Wi-Fi, qui utilise des ondes pouvant créer de l’interférence, les données sont transmises par la lumière. Son usage évite l’installation de plusieurs tonnes de câbles, ce qui réduit le poids de l’avion et permet une économie de carburant.

technologie_aviation

Source : Pexels

Selon l’OMT, le tourisme est responsable de 5 % des émissions de CO2 produites mondialement. L’aviation correspond à 40 % du total des émissions de carbone causées par le secteur touristique. Grâce aux divers outils de communication des avions connectés, il est possible de mieux prévoir le temps réel d’une trajectoire et de gérer efficacement le trafic aérien. Selon un rapport de la London School of Economics and Political Science, l’avion connecté pourrait réduire de 2,5 % à 5 % la consommation actuelle de carburant, ce qui représente annuellement des économies de 3,25 milliards de dollars ainsi qu’une réduction de 8,5 milliards de litres d’essence et de 21,3 milliards de tonnes de CO2.

Que ce soit pour élaborer des processus axés sur le développement durable afin d’aider les entreprises à économiser de l’argent en réduisant leurs émissions de CO2 ou pour mettre le client au centre des priorités en améliorant son expérience, la technologie s’impose de plus en plus dans le secteur de l’aviation et évolue rapidement.

Et vous, comment pensez-vous intégrer la technologie pour améliorer l’expérience des touristes ou encore pour réduire votre empreinte écologique ?

Source image à la une : Pexels

Catégories
Ailleurs dans le monde

Une malle pour la découverte des paysages

L’Association Citémômes et le Réseau des Grands sites de France ont créé un outil pédagogique pour mettre en valeur les paysages dans une perspective de développement durable : la Malle vagabonde.

 

 

 

 

 

 

 

Celle-ci respecte valeurs des Grands Sites de France :

  • respect de l’esprit du lieu ;
  • analyse sensible du paysage en vue de construire un projet de territoire ;
  • participation des acteurs locaux.

Ce coffret regroupe des activités interactives et sensorielles permettant aux participants de tout âge de découvrir et de comprendre la beauté du paysage, ce qui le constitue et le rend unique. Il suffit d’ouvrir la malle pour y trouver, par exemple, une activité stimulant les cinq sens, un jeu de cartes pour aider à la lecture du paysage et un autre qui présente les divers acteurs habitant et travaillant sur le territoire.

En plus d’être simple, peu coûteuse et faite de matériaux écoresponsables, la malle a été conçue par une équipe multidisciplinaire regroupant des gestionnaires de sites, des illustrateurs, des paysagistes, des médiateurs, etc. Le projet a remporté la Palme du tourisme durable dans la catégorie « Loisir » en 2018 pour son caractère innovant et unique.

La Malle vagabonde constitue un projet original et créatif. Dans le contexte où les visiteurs recherchent de plus en plus des expériences stimulant les sens, l’interprétation de paysages de manière dynamique et immersive permet de leur faire vivre de véritables émotions et de développer un attachement à la destination.

 

Source de l’image à la une : Pixabay

Catégories
Destinations

Capitales européennes du tourisme intelligent

Selon la Commission européenne, une destination touristique intelligente « facilite l’accès à des produits, services, espaces et expériences touristiques et d’accueil grâce à des pratiques respectueuses de l’environnement, des outils innovants et mettant en valeur le capital social et humain de la ville ». Les métropoles gagnantes reçoivent un encadrement par un groupe d’experts pendant un an. Ce soutien se concentre sur l’image de marque et la communication; des activités sont prévues pour faire rayonner les deux capitales au sein de l’Union européenne au moyen de diverses actions promotionnelles.

Bonnes pratiques des deux finalistes

Chaque ville a été évaluée selon quatre catégories. Voici quelques exemples de bonnes pratiques en lien avec l’accessibilité et le développement durable. Pour voir celles concernant les deux autres catégories, vous pouvez visionner les vidéos ci-dessous :

Accessibilité 

  • La carte Lyon City Card fait office de laissez-passer dans les principaux attraits de la métropole, mais également dans des institutions situées un peu plus à l’écart. Elle est aussi utilisée à titre de billet d’accès dans les transports publics, incluant la navette aéroportuaire.
  • En rendant Helsinki attrayante d’abord pour ses résidents, la Ville croit qu’elle suscitera ensuite l’intérêt des voyageurs. Pour soutenir cette idée, le projet Smart Tourism Roadmap implique les communautés locales pour mieux répondre aux besoins en matière de ville intelligente.

Développement durable 

  • Le Festival des lumières de Lyon se distingue par tous les efforts effectués afin de réduire son empreinte écologique, notamment grâce à l’utilisation de la technologie DEL.
  • Le label « Lyon, Ville Équitable et Durable» aide les consommateurs à mieux repérer les entreprises, commerces, artisans, lieux et événements qui offrent des produits ou services locaux, durables et responsables.
  • Helsinki vise à neutraliser ses émissions de carbone d’ici 2035. Avec sa Smart Tourism Roadmap, la Ville souhaite encourager les visiteurs à sortir des zones plus achalandées et à encourager les entreprises locales. Cette stratégie vise entre autres à harmoniser la relation entre les touristes et les habitants.

Vidéo : Youtube

Vidéo : Youtube

En plus de ces deux « capitales », quatre autres villes ont reçu des honneurs en se démarquant dans l’un des domaines priorisés par l’initiative :

  1. Accessibilité : Málaga (Espagne);
  2. Développement durable : Ljubljana (Slovénie);
  3. Numérisation : Copenhague (Danemark);
  4. Patrimoine culturel et créativité : Linz (Autriche).

Encourager le développement de solutions innovantes et partager de bonnes pratiques contribuent à améliorer la compétitivité des destinations.

 

Source image à la une : Youtube, Lyon Tourisme et Helsingin Kaupunki

Catégories
Produits et activités Tendances

Tendances et enjeux du tourisme hivernal

Le Réseau de veille en tourisme collabore depuis plusieurs années avec le ministère du Tourisme du Québec afin de produire le bulletin de veille sur le tourisme hivernal. Son objectif consiste à informer les intervenants de l’industrie sur un des produits prioritaires de la Stratégie de mise en valeur du tourisme hivernal au Québec et sur les marchés concurrents. Voici trois grandes tendances observées dans ce secteur d’activité.

 

L’acquisition de nouvelles clientèles

La plupart des destinations hivernales internationales font face aux mêmes défis : inciter la relève à pratiquer des sports d’hiver et attirer des touristes et des excursionnistes qui se tournent parfois vers des territoires offrant une situation climatique moins aléatoire.

Au Québec, le taux de pratique des principaux sports d’hiver peine à atteindre 20 % (voir le graphique 1). Selon les données du sondage administré par Vividata, le patin s’avère l’activité la plus populaire, tous groupes d’âge confondus. Les jeunes Québécois de 14 à 34 ans pratiquent davantage la planche à neige que la moyenne de la population, mais pour ce qui est des autres activités considérées par le sondage, les résultats affichent peu d’écarts entre chaque segment.

sport_quebecois_hiver_tendance

 

Les jeunes, une relève essentielle

On utilise l’expression « déficit nature » pour parler, notamment, des jeunes qui passent peu de temps en milieu naturel. Or, pratiquer des activités en plein air l’hiver est souvent une question d’habitude et de mode de vie ; plus on le fait tôt (enfance et adolescence), plus on augmente les chances de conserver cette propension une fois adulte (lire aussi : Inciter les Y à pratiquer les sports d’hiver).

En France, les villages et les stations de montagne d’Auvergne-Rhône-Alpes tentent de reconquérir les jeunes avec l’initiative Génération Montagne. Piloté par Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme et l’Association Nationale des Maires de Stations de Montagne, le projet appuie ses assises sur cinq leviers d’action concrets :

  • Développer et promouvoir des offres adaptées aux habitudes de consommation des jeunes ;
  • Soutenir les structures d’hébergement collectif ;
  • Proposer des conditions tarifaires adaptées ;
  • Numériser les offres ;
  • Faciliter l’accès aux stations.

La transformation des comportements et des habitudes de consommation des jeunes de la génération Z nécessite d’adapter son offre et de revoir ses stratégies de communication (lire aussi : L’entreprise qui murmurait à l’oreille des Z). Avec le projet Génération Montagne, on assiste à une mobilisation des intervenants du territoire afin de valoriser les atouts et l’attractivité de la montagne.

montagne_hiver_tendance_auvergne_rhone_alpe

Source : Génération Montagne

Diversification de l’offre

Le mode de vie nordique possède une unicité attrayante qui se décline en de nombreuses expériences. Mettre en valeur cette offre plurielle et authentique semble nécessaire, voire essentiel pour faire face à la concurrence internationale (lire aussi : Tourisme hivernal : 5 destinations qui se démarquent !).

Les destinations célèbrent l’hiver

La perception de la saison froide a évolué. Les incitatifs pour mettre le pied dehors se multiplient, si bien qu’en ville, en montagne et en région rurale, on cherche à embrasser l’hiver au lieu de le subir. Les festivals et événements de tous genres (culturels, gourmands, sportifs, etc.) occupent de plus en plus cette période de l’année, ce qui contribue à l’attractivité de la destination.

Dans le cadre de son 375e anniversaire, Montréal a créé Les Hivernales dans le but de célébrer la nordicité de la métropole. La programmation de cet événement proposait aux résidents et aux visiteurs des activités ludiques et festives, de janvier à mars 2017 :

  • Course à obstacles : Barbegazi ;
  • Festival de musique électronique : Igloofest ;
  • Tournoi de hockey en plein air : la Classique Montréalaise ;
  • Etc.

hivernales_montreal_hiver_tendance

Source : Ville.montreal.qc.ca

Les stations de ski continuent de se réinventer

Depuis plusieurs années, les stations ont compris que pour joindre un plus large public, il faut désormais diversifier son offre d’activités et placer le visiteur au cœur de ses réflexions (lire aussi : Diversification des activités hivernales dans les stations de ski). Cette tendance s’intensifie à un point tel qu’il semble incontournable de repenser la station d’aujourd’hui et de demain. 

En France, le Conseil départemental de l’Isère a mandaté Isère Tourisme pour réfléchir à la station du futur. Quels services, activités, animations, infrastructures et expériences globales répondront aux besoins et attentes de la clientèle en 2030 ?

  

Vidéo : Youtube

Avec l’apport de 75 experts (chefs d’entreprises, chercheurs, sociologues, start-up, etc.), Isère Tourisme a défini neuf thématiques majeures et proposé cinq positionnements :

  1. La station pleine énergie est orientée vers la santé et le bien-être ;
  2. La station douce rend hommage à un mode de vie responsable, en connexion avec la nature ;
  3. La station loisirs met en valeur l’envie de partager du temps en famille et entre amis en pratiquant des activités ensemble ;
  4. La station high-tech intègre l’innovation technologique afin de créer une expérience globale fluide ;
  5. La station hyper sport cherche à dépasser les limites de la pratique sportive intense.

station_future_isere_tendance_hiverSource : pro.isere-tourisme.com

Intensification de pratiques durables

L’hiver est-il encore synonyme de neige ? Oui, mais pour combien de temps ? Les changements climatiques sont un réel enjeu. L’irrégularité des conditions météorologiques fait en sorte que les amateurs d’activités hivernales planifient et réservent leurs séjours et leurs billets d’accès à la dernière minute. La vulnérabilité de l’industrie face au climat exige de revoir certaines façons de faire.

De la réflexion à l’action

Scientifiques, experts et professionnels sont unanimes quant au besoin d’adapter les modèles de gestion, de miser sur des pratiques durables, de soutenir l’innovation et de diversifier l’offre (lire aussi : Le climat change, et vous ?). Il est maintenant l’heure de passer à l’action !

Depuis 2008, la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ) travaille de pair avec la firme environnementale Nature-Action Québec afin d’étudier la question du développement durable et de créer un programme environnemental. En 2016, le programme de certification écoSentier a été lancé et suscite depuis l’intérêt de plusieurs clubs. Cette année, ils sont au nombre de 25 à avoir fait des demandes de certification, ce qui permet d’atteindre 1900 kilomètres de sentiers certifiés au Québec.

motoneigne_senties_ecosentier_hiver_tendance

Source : ecosentier.ca

Dans les stations de ski, le virage écoresponsable s’accentue et les actions sont nombreuses : adhésion à des programmes environnementaux, utilisation d’énergies renouvelables, protection des ressources naturelles, réduction d’émissions de carbone, investissement dans des équipements performants et moins énergivores, innovation visant la conservation de la neige, engagement des employés, mise en place de projets impliquant les visiteurs (lire aussi : Des stations de ski écoresponsables).

Ces grands enjeux et tendances témoignent de la fragilité de notre tourisme hivernal, mais aussi du dynamisme de notre industrie, qui multiplie les efforts pour protéger, adapter, développer l’hiver et le rendre accessible aux consommateurs d’aujourd’hui et de demain. Pour demeurer à l’affût de la veille effectuée sur ce thème, le RVT vous encourage à vous abonner aux bulletins du ministère du Tourisme.

 

Source image à la une : Pexels.com

Catégories
Ailleurs dans le monde Tourisme durable

Un programme pour la rénovation énergétique des hôtels

Nearly Zero Energy Hotels est un consortium européen créé dans le but d’aider les établissements hôteliers à réduire leur consommation énergétique et leur empreinte carbone. Le projet fournissait aux gestionnaires hôteliers une aide comprenant des conseils personnalisés et des exemples de bonnes pratiques, notamment en matière de rénovation énergétique. Le consortium prodiguait également de la formation pratique sur mesure en plus d’offrir en ligne la boîte à outils gratuite neZEH, permettant de trouver rapidement la solution énergétique la plus efficace selon la situation.  

Financée par la Commission européenne et l’Intelligent Energy Europe Programme (IEE) pour une durée de trois ans (de 2013 à 2016), l’approche a permis des réductions de consommation énergétique allant jusqu’à 70 %.

Cette initiative s’inscrivait dans la volonté de contribuer à l’atteinte des cibles de l’Union européenne pour 2020 et 2050 et des objectifs d’efficacité énergétique dans la lutte contre les changements climatiques. On trouve parmi ces engagements celui de la transformation progressive du parc immobilier européen en édifices à consommation énergétique presque nulle (Nearly Zero Energy Buildings).

nearly_zero_energy_hotels

Le bilan de l’expérience fait tout même ressortir le défi de parvenir à modifier les comportements de la clientèle et des employés afin de maximiser les mesures d’économie énergétique mises en place. De plus, les programmes d’aide financière doivent être adaptés afin de prendre en compte la réalité des plus petits établissements, qui doivent supporter un investissement initial majeur pour profiter d’une rénovation énergétique ambitieuse.

Vidéo : Youtube

 

Source de l’image à la une : www.nezeh.eu

Catégories
Tourisme durable

Le climat change, et vous ?

Alors que les variations climatiques se manifestent plus nettement saison après saison, scientifiques et professionnels du tourisme tirent la sonnette d’alarme et prônent un changement radical des pratiques. Si les gestionnaires sont globalement sensibles à la question, ils sont encore nombreux à se sentir déroutés face aux mesures à adopter. Concrètement, comment s’y prendre ? Voici quelques exemples d’adaptation réussie.

 

Repenser les modèles

L’augmentation des précipitations, la diminution de la couverture nivale ou la variation de la durée des saisons rendent les activités extérieures particulièrement vulnérables aux changements climatiques. Afin de faire face aux températures nouvelles, les exploitants remettent en question la pertinence des modèles traditionnels. Ainsi, la saison hivernale est condensée et plus d’événements et d’activités connexes sont proposés sur une plus courte période. La tarification est également repensée. Un billet unique peut donner accès à une variété d’expériences et si l’équipement le permet, les visiteurs peuvent même changer d’activité au milieu de leur journée.

Bien conscients que la variabilité de l’enneigement menace la qualité de l’offre hivernale, la station de ski Prat Peyrot du massif de l’Aigoual, en France, a entrepris de se reconvertir en écostation multisaisons. Issu d’un échange entre les élus locaux et les professionnels, le processus se veut participatif et intègre les considérations des experts, des citoyens, des organes gouvernementaux, des visiteurs et de l’industrie touristique. D’ici 2020, l’ensemble du territoire devrait être multiactivités et accueillir une voie de découverte de 5 km, mais aussi des sentiers de vélo de montagne, de randonnée et de raquette, des circuits d’interprétation et une course d’orientation.

station_de_ski_multisaisons

Source : ademe.fr

Dans un contexte où chaque action de l’industrie peut avoir des répercussions sur les milieux hôtes, la vocation même des activités peut être élargie. Ainsi, si le camping est, certes, associé à un moment de détente, l’association Camping Québec, y voit une occasion de sensibiliser les visiteurs au développement durable. En s’associant à l’OBNL Sans Trace Canada, Camping Canada a mis en place un code de conduite pour minimiser l’impact de l’activité sur l’environnement et initier les campeurs au tourisme responsable. Le programme s’articule autour de sept grands principes :

 

  Les 7 principes Sans Trace 

  Préparez-vous et prévoyez

  Utilisez les surfaces durables

  Gérez adéquatement les déchets

  Laissez intact ce que vous trouvez

  Minimisez l’impact des feux

  Respectez la vie sauvage

  Respectez les autres usagers 

Source : Sans Trace Canada


Proposer une offre alternative

Les bouleversements climatiques menacent la relative stabilité de la météo, laquelle est nécessaire à toute planification stratégique. Pour contrer cette réalité et assurer une satisfaction des visiteurs, peu importe les températures, le Domaine Enchanteur, en Mauricie, propose une large variété d’activités. Alors que l’offre initiale se composait d’un réseau de sentiers glacés dans les bois, difficile à entretenir en cas de redoux, le domaine propose maintenant des expériences moins vulnérables aux caprices de mère Nature : de la raquette, un parc animalier, un parcours d’hébertisme, un labyrinthe suspendu ou encore, une balade en petit train.

 domaine_lenchanteur_agrotourisme

Source : Domaine Enchanteur

L’agrotourisme aussi a recours à la diversification de l’offre pour compenser le raccourcissement des saisons touristiques. Le Domaine Labranche, une érablière de la Montérégie récipiendaire de nombreuses distinctions, possède également un verger et produit du vin et différents alcools. Les propriétaires ont décliné le concept de la cabane à sucre pour proposer des expériences de restauration connexes : la « Cabane à pommes » et la « Cabane en fêtes ». En adoptant cette stratégie, le domaine peut désormais accueillir les visiteurs sur trois saisons (hiver, printemps et automne).

 domainelabranche_erabliere

Source : Domaine Labranche

Dans le même ordre d’idée, la station de ski Bromont, qui a adopté la nouvelle appellation Bromont, montagne d’expériences, propose des activités tout au long de l’année afin d’assurer une présence constante des visiteurs sur la montagne. Ski en hiver, vélo de montagne à l’année et parc aquatique en été, la station mise également sur les événements pour montrer son dynamisme et se positionner comme la référence en matière de plein air.

Appuyer l’innovation

Issu d’un partenariat entre différents experts de l’industrie touristique et de la recherche sur les changements climatiques, le Living Lab Laurentides est géré par Tourisme Laurentides. L’objectif est d’appuyer des projets qui proposent des mesures pour atténuer les conséquences du changement climatique et minimiser l’émission de gaz à effet de serre, mais également d’explorer des options proactives entraînant une transformation des pratiques d’affaires de l’ensemble des acteurs de l’industrie. À ce jour, trois projets ont déjà intégré le Living Lab Laurentides.

Parc linéaire Le P’tit Train du Nord

Le Living Lab soutient les gestionnaires du P’tit Train du Nord pour effectuer une recherche sur différentes options de revêtement de sol pour piste cyclable. En s’inspirant des bonnes pratiques internationales, l’analyse devrait aboutir à l’utilisation de matériaux recyclés ou végétaux pour un sentier cyclable qui tolère mieux les épisodes de chaleur et les pluies abondantes. Tout au long du processus, des experts, mais également les usagers, seront consultés.

Source : Tourisme Laurentides

Ville de Saint-Sauveur

Pendant les périodes de pics touristiques, de nombreux visiteurs affluent en véhicules motorisés dans le centre-ville de Saint-Sauveur. Tout en augmentant sensiblement les émissions de gaz à effet de serre, cette situation menace la qualité de vie des résidents aussi bien que l’expérience des voyageurs. Le Living Lab accompagne la Ville de Saint-Sauveur pour la mise en place d’un système gratuit de navette en autobus électrique. Les visiteurs et les résidents sont invités à stationner leur véhicule en périphérie du centre-ville et à utiliser ce mode de transport plus responsable.

Adaptation des sentiers

Alors que la Station Mont-Tremblant, la Ville de Mont-Tremblant et le Parc régional de la Montagne du Diable voyaient simultanément la qualité de leurs sentiers de randonnée menacée par les nouvelles réalités climatiques, le Living Lab les a réunis sous un même projet. L’objectif est d’identifier des options d’aménagement afin de lutter contre l’érosion des pistes et des infrastructures due aux fortes pluies, mais aussi de renforcer la sécurité des usagers et la protection de l’environnement.

Ces initiatives inspirantes atténuent l’aspect inéluctable des changements climatiques en misant sur la proactivité, le partenariat, l’adaptation et l’innovation. Et vous, quelles actions avez-vous déjà mises en place ?

 

Source de l’image à la Une : Pexels