Catégories
Produits et activités Segments de clientèles

Pour une vie culturelle accessible à tous!

Différentes fonctions du corps et de l’esprit peuvent être atteintes par de nombreux types de handicaps ou de déficiences. Il peut donc s’avérer laborieux d’assurer l’accessibilité à tous les publics. C’est pourtant le pari qu’a fait l’équipe de la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris, celle du musée londonien Victoria and Albert ainsi que le regroupement montréalais des installations scientifiques Espace pour la vie, en intégrant à leurs responsabilités sociales l’accessibilité à tous les publics.

La Cité des sciences et de l’industrie, Paris

Madame Hoëlle Corvest a présenté l’approche d’Universcience, qui chapeaute la Cité des sciences et de l’industrie et le Palais de la découverte. Parmi les politiques de l’organisme figure l’accès pour tous les public. Le défi du design universel ou inclusif est quotidien et relève de tous les corps de métiers de l’institution. Une dizaine d’employés sont attitrés aux besoins liés à l’accessibilité, mais les designers graphiques, muséologues, responsables du marketing et surtout les employés de première ligne doivent acquérir la culture de l’accessibilité. Les visites peuvent être organisées et guidées, en groupe à l’aide d’un employé, ou réalisées de façon individuelle et autonome puisque tout est mis en place pour que chacun y trouve son compte, et ce, dans un seul et même espace.

Dans le cas de la Cité des sciences et de l’industrie, les lieux sont entièrement aménagés pour accueillir des personnes en fauteuil roulant. Au bénéfice des visiteurs atteints d’une déficience auditive, les films sont systématiquement sous-titrés, et on trouve de fréquentes incrustations en langue des signes. Le public ayant une déficience visuelle découvrira les expositions par de nombreux moyens:

  • Pertinence sonore, audiodescription de films, théâtralisation;
  • Objets sonores;
  • Complément tactile aux films ou aux animations multimédia;
  • Approche tactile – objets à toucher;
  • Approche tactile – inscription du corps dans l’objet (se glisser derrière une demi-armure de guerrier gaulois pour en ressentir les contours);
  • Recours au braille, lorsque c’est possible;
  • Usage du dessin technique et tactile.

Bien que le site Web soit en refonte pour offrir un meilleur accès aux visiteurs selon leur type de handicap, il détaille déjà l’expérience pouvant être vécue selon les limitations des usagers. Il met également en lien des personnes-ressources pour chaque problème de santé.

CB_vie_culturelle_accessible_image1

Source: Ma cité accessible

Victoria and Albert Museum, Londres

Il y a une dizaine d’années, le musée d’art et de design Victoria and Albert s’est doté d’un plan d’action stratégique pour accueillir adéquatement les personnes aux prises avec un handicap. Tel que l’expliquait Barry Ginley, un budget de 100 000 £ (+/- 180 000 dollars canadiens) a été prévu à cette fin. Aujourd’hui, le musée est entièrement accessible aux gens en fauteuil roulant. On invite les visiteurs à toucher certaines œuvres, parfois avec des gants.

CB_vie_culturelle_accessible_image2

Source: Victoria and Albert Museum

Des explications en braille, des guides imprimés avec de grands caractères et des images tactiles, des logiciels spécialisés et d’autres technologies de communication sont utilisés pour transmettre l’expérience culturelle aux visiteurs atteints de troubles de la vue. Les malentendants peuvent également compter sur des ressources telles que des appareils pour amplifier les sons, des vidéos sous-titrées et des guides qui s’expriment dans la langue des signes. Des programmes particuliers et des outils ont également été développés pour les clientèles ayant des difficultés d’apprentissage ou souffrant de dyslexie. Un artiste résident atteint d’un handicap travaille sur des projets de design inclusif.

La formation du personnel compte pour une grande part de la stratégie. Faire tomber les barrières et les idées préconçues, démystifier les handicaps, faire visiter le musée en fauteuil roulant ou les yeux bandés, côtoyer des employés handicapés; le personnel sensibilisé et bien formé joue un rôle majeur dans la qualité de l’expérience de tout visiteur. Aussi, quelque 6% de la main-d’œuvre est composée de personnes ayant un handicap. Afin d’assurer la sécurité des employés et des visiteurs malentendants, le musée s’est doté d’un système d’alerte de feu par radiomessagerie (pager).

Espace pour la vie

Les institutions du regroupement Espaces pour la vie sont aussi très dynamiques. Le Biodôme, épaulé par l’organisme Kéroul, a adapté son sentier pour accueillir les fauteuils roulants et a conçu le programme PAVÉ pour recevoir les enfants avec une déficience intellectuelle ou physique. Une employée peut aussi s’exprimer en langue des signes. Les animateurs de l’lnsectarium offrent aux visiteurs de toucher aux insectes vivants pour mieux les apprivoiser. Le Planétarium a prévu des places de choix dans ses salles pour les personnes à mobilité réduite.

Le Jardin botanique a notamment aménagé la Cour des sens avec l’aide de partenaires œuvrant auprès de personnes ayant une déficience visuelle. Un sentier universel, traversant les sites les plus populaires du Jardin, a aussi été conçu en fonction de l’accessibilité pour tous en faisant appel aux cinq sens.

L’accès à l’information et l’attitude du personnel

Selon l’expert en accessibilité Marcus Weisen, une stratégie pour l’accessibilité culturelle devrait inclure, minimalement, les éléments suivants:

  • Une plateforme unique facile à trouver et à consulter pour tous, regroupant l’offre culturelle accessible;
  • Des informations fiables, concises, mais complètes pour permettre au visiteur de faire des choix éclairés sans devoir effectuer de nombreux coups de fil;
  • Une offre culturelle abondante;
  • L’accès à des expériences culturelles significatives riches en contenu;
  • La possibilité de visiter l’établissement de façon autonome;
  • Le soutien aux endroits nécessaires.

Madame Johanne Landry d’Espace pour la vie, comme tous les intervenants présents au Sommet, a souligné l’importance de l’attitude du personnel envers la clientèle vivant avec un handicap. Des employés intimidés ou mal formés nuiront à l’expérience du visiteur, même si tous les aménagements physiques ont été prévus. Une formation adéquate et continue s’avère un des gages de succès de cette campagne pour l’accessibilité.

 

Image à la une : © Cité des Sciences et de l’Industrie

Catégories
Segments de clientèles

Des destinations accessibles à tous

Le premier Sommet mondial Destinations pour tous, qui se déroulait à Montréal du 19 au 22 octobre 2014 à l’initiative de l’organisme Kéroul, a présenté aux participants plusieurs exemples de destinations accessibles. En voici quelques-uns.

La Catalogne pour tous

Depuis 2007, le gouvernement de Catalogne exprime sa volonté de positionner la région comme une destination touristique accessible. L’objectif principal était non seulement de générer une liste de produits accessibles, mais aussi d’inclure l’accessibilité comme étant partie intégrante d’un produit ou d’un service touristique. Pour ce faire, l’Office de tourisme catalan a entrepris:

  • l’identification et l’accréditation des destinations touristiques accessibles (DTA) de la région. Celles-ci doivent dorénavant répondre aux normes techniques exigées par la loi actuelle concernant l’accessibilité et l’élimination des barrières architecturales, et ce, dans les domaines du transport, des attraits touristiques (culturels et naturels), de l’hébergement, de la restauration, de la santé et des soins personnels (centres médicaux, aides à la mobilité, équipement, etc.);
  • la promotion du tourisme accessible;
  • la sensibilisation de l’industrie touristique au concept d’accessibilité.

CN_Destinations_accessibles_image1

Source: Turisme de Catalunya

Selon Jordi Secall, de l’Office de tourisme catalan, l’engagement des autorités dans le processus a porté ses fruits. Ainsi, depuis 2007, la Catalogne a connu une augmentation considérable du nombre d’établissements et de DTA certifiés, qui est passé de 617 à 1190 dans le premier cas et de 21 à 27 dans le second. Ces destinations et établissements accessibles sont publicisés sur un site Web dédié; on y trouve aussi une vidéo promotionnelle présentant l’offre touristique régionale. Cette dernière est sous-titrée et signée (voir la vidéo).  

La Flandre, en route vers l’accessibilité

Depuis quelques années, le centenaire de la Première Guerre mondiale attire l’attention du monde entier sur la Flandre, en Belgique. Selon Pieter Ghijsels, conseiller en politiques de Visit Flanders, la région des champs de bataille devrait accueillir environ deux millions de visiteurs internationaux entre 2014 et 2018; c’est pour eux qu’elle veut devenir une destination de vacances accessible.

Visit Flanders, la province de Flandre occidentale et le consultant en accessibilité Westkans ont donc uni leurs forces pour juger hébergements, musées, monuments, bâtiments historiques, événements, restaurants et pubs de la région, alors que l’évaluation des infrastructures publiques a été effectuée par la province. Ces installations ont été examinées par des chercheurs professionnels, et les composantes problématiques ont été déterminées et améliorées sous la supervision des architectes spécialisés. Les résultats sont publiés:

CN_Destinations_accessibles_image2

Source: Flanders.be

En terminant, M. Ghijsels a soulignéait l’importance de sensibiliser les fournisseurs de services, puisqu’ils jouent un rôle clé dans la perception de l’accessibilité de la destination. Visit Flanders organise donc des sessions de formation pour leurs employés, les guides touristiques et les autres acteurs de l’industrie touristique.

Handistrict, l’accessibilité pour tous, partout et en un clic

Hervé Guillon, de l’Office du tourisme et des congrès de Paris, et Marie Yahiel, du Comité régional du tourisme Paris Île-de-France, ont présenté Handistrict, un outil qui répertorie les sites et les attractions accessibles selon des critères prédéfinis par les usagers. Il est aussi disponible en version mobile.

CN_Destinations_accessibles_image3

Source: Handistrict

L’Office du tourisme et des congrès de Paris propose aussi un atelier par an portant sur l’accessibilité des hébergements touristiques, alors que la région Paris Île-de-France offre trois formations:

  • accueillir des personnes handicapées sur les lieux touristiques;
  • rendre son entreprise accessible;
  • promouvoir son offre accessible.

L’Angleterre accessible ou quand le paralympisme propulse la destination

Dans la foulée des jeux paralympiques d’été de 2012 qui se sont déroulés à Londres, VisitEngland a choisi de positionner l’Angleterre comme destination de premier plan pour les personnes ayant des besoins particuliers en matière d’accessibilité.

CN_Destinations_accessibles_image4L’Office national du tourisme a travaillé avec quatre destinations différentes et Disabled Persons Railcard pour développer divers guides locaux portant sur les expériences touristiques accessibles à Bath, Brighton, Leicestershire et Newcastle Gateshead. Les établissements d’hébergement et les attractions majeures de chaque destination ont donc dû adhérer à un programme d’accessibilité pour tous, développé par VisitEngland. Celui-ci a été soigneusement construit en tenant compte des trois piliers du tourisme accessible que sont l’information, le service à la clientèle et les installations. Parmi les points essentiels, M. Ross Calladine de VisitEngland mentionnait:

  • l’audit d’accessibilité;
  • le plan d’amélioration;
  • la formation du personnel;
  • l’accès à l’information.

Conjointement à la publication des guides touristiques, VisitEngland a conçu une campagne nationale de marketing qui s’est déroulée pendant les jeux paralympiques d’hiver de Sochi et qui mettait en vedette des athlètes paralympiques locaux. VisitEngland a également développé un site Web répertoriant toute l’information concernant les hébergements et les attraits accessibles. Une deuxième phase de développement et de promotion de l’accessibilité s’échelonnera d’octobre 2014 à la fin de mars 2016 et inclura sept nouvelles destinations, ainsi que 56 entreprises touristiques.

La Barbade entièrement accessible, une passerelle vers les Caraïbes

CN_Destinations_accessibles_image5Roseanna Tudor, du Conseil barbadien pour les handicapés, a fièrement présenté le programme d’accréditation Fully Accessible Barbados (FAB), qui a été conçu pour remédier au manque d’intégration des personnes handicapées vivant à la Barbade ou la visitant. Il s’agit du premier et du seul programme de ce genre dans les Caraïbes. Il vise à évaluer les propriétés et leur niveau d’accessibilité pour diverses personnes handicapées à partir de normes internationales d’accessibilité et de design universel. De plus, pour obtenir l’accréditation officielle, le personnel des établissements engagés dans la démarche FAB doit suivre une formation. Une fois toutes les étapes franchies, les entreprises sont repertoriées sur le site Web et la page Facebook de la destination. Autre bonne nouvelle, des amendements récents apportés à l’Importation of Animal Act ont permis d’accueillir Dylan, premier chien guide à visiter la destination avec son maître afin de promouvoir l’accès à la destination aux personnes malvoyantes ou aveugles.

Tout comme le Québec, ces destinations se sont engagées sur la route du tourisme accessible au profit des personnes handicapées, mais aussi pour le mieux-être de tous les voyageurs. Continuons sur cette route accessible…

 

Image à la Une: Handiscript.com

Catégories
Tendances

Les 14 tendances touristiques pour 2014

À la suite de la conférence sur les 13 tendances touristiques de 2013, Paul Arseneault, de la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, et Pierre Bellerose, de Tourisme Montréal, récidivent pour une seconde année dans le cadre des Gueuletons touristiques, cette fois-ci accompagnés de deux intervenants français, Jean-Luc Boulin et Pierre Eloy, rédacteurs du blogue etourisme.info. Grâce à leur sens de l’observation affûté et à leur expérience sur le terrain, ces 4 conférenciers ont identifié 14 tendances touristiques qui marqueront l’année 2014.

1- La croissance s’accélère pour le tourisme urbain

L’épicentre touristique devient urbain. La croissance touristique des grandes villes s’explique avant tout par une meilleure accessibilité, en raison des investissements massifs réalisés dans les aéroports au cours des dernières années. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, ce phénomène est visible depuis cinq ans et va s’accélérer en 2014. De cette tendance découle la possibilité pour les régions de profiter de ces flux touristiques; les grandes villes créent des alliances commerciales entre elles afin de maximiser les retombées et deviennent même des plaques tournantes (hubs) pour les territoires environnants.

2- Concentration/fusion/alliance – le mot d’ordre pour les attraits et événements

La Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal et la fusion des musées McCord et Stewart illustrent la tendance à la concentration, plutôt qu’à la multiplication. Centraliser la gestion d’événements ou d’attraits sous une entité commune est une stratégie qui permet de gagner en puissance, mais aussi en pertinence pour le visiteur. C’est une nouvelle façon de voir l’avenir des attraits et des événements.

3- Retailtainment (commerce et divertissement)

Devant la croissance exponentielle du commerce en ligne, les centres commerciaux traditionnels perdent en attractivité. En effet, ils n’apportent plus autant de valeur ajoutée pour le consommateur, qui peut se faire livrer à domicile après avoir passé une commande en ligne. Ils doivent dès lors se réinventer, faire vivre une expérience au visiteur et le divertir. Aux États-Unis, certains centres se rapprochent de plus en plus du milieu touristique; en ajoutant une offre de divertissements, ils deviennent ainsi des lieux de loisirs. On voit même des marques de textile comme Urban Outfitters et Quicksilver développer des enseignes hôtelières, afin de jumeler magasinage et séjour touristique.

4- Les habitants, promoteurs de leur communauté

Les organismes de gestion de la destination (OGD) s’appuient de plus en plus sur les habitants pour promouvoir leur destination. On retrouve ce mouvement de fond dans le crowdfunding, le crowdsourcing et le crowdlearning. Ce dernier concept se transpose dans le tourisme par les habitants qui font visiter leur milieu de vie aux visiteurs, par exemple la communauté des greeters. Le mélange de tous ces concepts laisse entrevoir une nouvelle forme d’organisation touristique, le crowdtourism, où les interactions entre les membres de la communauté et les visiteurs sont omniprésentes. Ainsi, les OGD et les entreprises touristiques auront un rôle de médiation et d’organisation de cette rencontre.

5- Le caractère imprévisible du tourisme américain

Appréciation prévue du dollar américain en 2014, reprise de l’économie aux États-Unis, baisse du coût du transport aérien pour l’ensemble de l’Amérique du Nord, en raison de la fusion entre American Airlines et US Airways… voilà autant de mouvements et de signaux macroéconomiques qui annonceraient un retour des Américains au Canada et au Québec pour 2014. Cela sera-t-il suffisant pour renverser la tendance?

6- Le tourisme LGBT, de moins en moins gai et de moins en moins gay…

Aujourd’hui, les comportements de la clientèle LGBT se rapprochent de plus en plus de ceux de la moyenne des voyageurs. Elle délaisse quelque peu les quartiers et attraits spécifiquement «gays» et est ouverte à sortir des grandes villes. En 2014, les mouvements de ces touristes seront de plus en plus complexes à analyser et à interpréter. Les professionnels du tourisme ne doivent toutefois pas les perdre de vue, car il s’agit d’une clientèle aux retombées touristiques importantes.

7- 2014: année de l’impatience

Les entreprises ne peuvent plus se contenter d’être réactives, elles doivent à présent jouer la carte de l’instantanéité, ce qui est plus difficile à gérer. Le client ne veut plus perdre son temps et s’attend à être servi rapidement et efficacement. Le numérique, à l’origine de ces attentes, est aussi la solution pour y répondre. Les grandes entreprises sont en train de faire évoluer leurs outils de conversation instantanée sur les médias sociaux en remplaçant leur automatisation par de vraies personnes. Elles comprennent l’importance d’humaniser les relations avec leurs clientèles.

8- Migrations nouvelles

Ce phénomène vient de la fusion de deux tendances: la mobilité et la redéfinition du touriste. On ne raisonnera plus simplement en apparentant le tourisme à un voyage lointain, mais en le considérant aussi comme un loisir de proximité, ou tourisme «d’hyperproximité». Faut-il donc toujours travailler en silo et séparer les touristes des visiteurs et de ceux qui pratiquent des loisirs? Une évolution est nécessaire de la part de l’industrie.

9- Connecter les compétences

L’ère du multitâches et des généralistes est finie. Les entreprises touristiques doivent à la fois s’entourer de spécialistes (formés par exemple pour le Web ou les médias sociaux) et décloisonner les fonctions de marketing, de recherche, de ventes et de développement afin que tous les employés puissent participer aux projets. De plus, on constate l’importance de la formation en tourisme et de la professionnalisation de ces métiers. En France, certains nouveaux emplois voient le jour, l’animateur numérique de territoire et le reporter de territoire, par exemple.

10- Choc entre mondialisation et produits locaux dans la restauration

La demande croissante en tourisme responsable touche aussi le secteur de la restauration. Outre la qualité de la nourriture, les consommateurs exigent une garantie sur l’origine des produits et souhaitent consommer «local». Ce constat est un véritable enjeu pour une destination, qui doit se démarquer tout en répondant à des standards de qualité recherchés par une clientèle internationale.

11- Des nouveaux défis d’être hôtelier

Le comportement du client a changé: il est devenu autonome, réserve sa chambre sur une agence de voyages en ligne et peut se passer des services de l’hôtelier; ce qu’il recherche avant tout, c’est une chambre. La solution réside peut-être dans l’hyperpersonnalisation du produit. Les chaînes Best Western et Carlson Rezidor Hotel exploitent ce filon en affichant les vues à 360 degrés de chacune de leurs chambres sur Google Street View. Dans certains hôtels Accor, le décor de la réception s’individualise, c’est la standardisation de la différenciation.

12- TripAdvisor, Airbnb et les agences de voyages en ligne se réinventent

La force des grandes entreprises de tourisme en ligne telles que TripAdvisor, Airbnb et Expedia consiste à se réinventer continuellement. Ils privilégient et font évoluer l’expérience client en ligne grâce à une écoute, à une agilité et à une adaptabilité exemplaires. Il est très difficile de concurrencer ces géants du Web, mais il demeure possible de les utiliser à son avantage…

13- Le côté sombre de l’instantanéité et de la transparence

Malgré tous les avantages des médias sociaux en matière de relation client, ceux-ci peuvent se retourner contre l’entreprise. On découvre le côté sombre de la transparence et une forme de terrorisme numérique identifiée par le terme «Far Web». La possibilité de nuire est accessible à tous. Le prestataire se doit donc d’être de plus en plus un veilleur de sa réputation en ligne. Il ne lui faut cependant pas tomber dans le piège d’accorder plus d’attention aux avis négatifs qu’aux avis positifs.

14- L’économie collaborative fera partie intégrante de l’économie touristique

Tendance très importante en 2013, l’économie collaborative continuera d’exister en 2014. L’industrie touristique ne pourra pas la chasser, le client l’a adoptée, et il faut maintenant apprendre à vivre avec et à l’intégrer, voire adapter le modèle pour qu’il cohabite avec l’ensemble des acteurs.

 

Si un seul mot devait résumer les 14 tendances identifiées, ce serait «hyper»: hyperpersonnalisation; hyperconnexion sociale; hypermobilité et hyperhumatérialisation.

Merci à nos conférenciers:

– Pierre Bellerose (@pierrebellerose), vice-président – Relations publiques, recherche et développement du produit à Tourisme Montréal;

– Paul Arseneault (@paularseneault), titulaire de la Chaire de tourisme Transat;

– Pierre Eloy (@touristic), co-fondateur Agitateurs de Destinations Numériques et rédacteur du blogue etourisme.info;

– Jean-Luc Boulin (@JeanLucBoulin), directeur de la MOPA (Mission des Offices de Tourisme et Pays Touristiques d’Aquitaine) et rédacteur en chef du blogue etourisme.info.

 

Pour connaître tous les détails de ces 14 tendances, visionnez les extraits de la conférence ou parcourez la présentation.

 

Image à la une Stef & Stef Photographie

Catégories
Ressources humaines

Une campagne socialement responsable

Le message: «Tous les jours, nous accueillons des personnes très différentes. Depuis toujours, nous les recrutons». Le discours est clair: l’embauche ou l’acceptation d’une personne, quelles que soient ses différences, est inscrite dans notre ADN. Le handicap ne nous fait pas peur, seules les capacités professionnelles nous intéressent. La campagne s’inscrit dans la politique d’emploi des personnes handicapées qui existe chez Accor depuis 1992. Un bel exemple d’engagement et de responsabilité sociale!

CN_Consommation_responsable_image1

Source: Hospitality-on

Catégories
Enjeux Marchés géographiques

Un guide pour mieux connaître nos touristes

La Chambre de commerce et d’industrie de région Paris Ile-de-France et le Comité Régional du Tourisme Paris Ile-de-France lancent une campagne de sensibilisation auprès des professionnels du tourisme afin de mieux connaître et accueillir les voyageurs étrangers. Pour cela, le site Do you speak touriste? apporte de l’information et des conseils aux commerçants, aux restaurateurs, aux hôteliers et aux taxis de la région.

Les profils des onze nationalités de voyageurs les plus présentes à Paris et en Ile-de-France sont analysés à la loupe: caractéristiques de leurs séjours, préférences, attentes, etc. Ainsi, on y apprend que les Anglais aiment être appelés par leur prénom, que les Américains s’attendent à ce que leurs besoins soient pris en compte à chaque étape de leur séjour, ou encore que les Italiens sont très touchés par une petite attention faite à leurs enfants.

AL_doyouspeaktouriste_image_1

 Source: Do you speak touriste?

Le site Web propose aussi des exemples de conversations traduites en huit langues et adaptées au contexte du professionnel. En voici une, entre un hôtelier et un client:

AL_doyouspeaktouriste_image_2

Source: Do you speak touriste?

à travers des capsules vidéo, les professionnels partagent leurs bonnes pratiques en matière d’adaptation aux besoins et aux attentes des touristes étrangers

Enfin, à travers des capsules vidéo, les professionnels partagent leurs bonnes pratiques en matière d’adaptation aux besoins et aux attentes des touristes étrangers. Un guide papier reprenant le contenu du site Web est également disponible.

Voilà une très bonne initiative répondant à un enjeu de fond de l’industrie touristique, qui est de mieux connaître la clientèle étrangère pour lui fournir un accueil personnalisé.

Catégories
Ressources humaines

Mon mentor, ce héros

Les programmes de mentorat en entreprise connaissent un engouement de plus en plus marqué au Québec. Un mentorat efficace aura de nombreux bienfaits, depuis la mise en commun des expériences personnelles et professionnelles jusqu’à la création d’une relève dynamique et confiante, en passant par l’amélioration des relations intergénérationnelles et l’augmentation de l’efficacité au travail.

 

Le mentorat: un accompagnement professionnel

Le concept de mentorat se fonde sur l’accompagnement d’un individu dans son développement et son apprentissage professionnel. Basé sur une relation interpersonnelle de soutien et d’échanges, il consiste à jumeler une personne qui possède une solide expérience et souhaite la partager avec une autre, généralement en transition, qui cherche à acquérir des compétences et à atteindre des objectifs professionnels.

Le mentorat se distingue du métier de conseiller ou de psychologue et se rapproche des formes d’accompagnement professionnel telles que le coaching, le parrainage, le conseil en développement de carrière, la supervision ou le tutorat. Le mentor n’est pas rémunéré et ne vise habituellement pas un résultat précis, mais s’applique à épauler et à soutenir son protégé de façon beaucoup plus large. On est davantage dans les notions de savoir-être et de savoir-devenir que dans le savoir-faire.

ND_Mon_mentor_heros_tableau_1

Une relation gagnant-gagnant

ND_Mon_mentor_heros_photo_1Le mentorat revêt plusieurs formes. Il peut être non officiel, se caractérisant par une relation libre et volontaire entre les personnes concernées. Dans ce cas, c’est le mentoré qui est à l’initiative des rencontres, souvent dans un lieu neutre et convivial comme un café. Le mentorat officiel est un processus plus structuré qui découle d’une démarche de l’organisation. Il en existe plusieurs déclinaisons: traditionnel (un aîné guide un plus jeune), entre pairs, en groupe, inversé (les jeunes aident les plus anciens) ou en ligne (mentorat virtuel). Cette forme table généralement sur le fort désir des employés plus expérimentés de transmettre leur savoir et l’héritage culturel organisationnel, mais aussi sur la volonté des plus jeunes à apprendre. Inévitablement, les niveaux d’engagement et de motivation de tous les membres d’une organisation s’en trouvent durablement renforcés.

Concrètement, un mentor prodigue des conseils, partage son expérience et ouvre son carnet d’adresses à son protégé. Il l’aide à définir ses forces et ses faiblesses, ainsi qu’à prendre conscience de ses propres freins et de ses talents inexplorés pour faire les bons choix.

 ND_Mon_mentor_heros_tableau_2

Pourquoi cette formule?

D’après une étude menée en 2007 par le ministère des Petites entreprises et de l’Entrepreneuriat de l’Ontario, plus de 77% des entreprises ayant un programme officiel de mentorat ont vu leur taux de maintien des effectifs et leur productivité augmenter.

Les mentorés sont des personnes qui désirent progresser dans leur pratique professionnelle. Pour leur part, les mentors réaffirment leurs connaissances et reçoivent une rétroaction concernant leur contribution. Ils en retirent une gratification. Ces programmes sont reconnus comme étant efficaces pour le développement d’un sentiment d’appartenance, la facilitation de la transmission intergénérationnelle des savoirs et l’augmentation du taux de satisfaction au travail. En s’appuyant sur le développement des relations humaines, ils favorisent les collaborations et rehaussent la qualité du travail en équipe.

ND_Mon_mentor_heros_tableau_3

Implanter un programme dans son organisation

Les carrières linéaires, sans transition et sans mouvement, n’existent plus. La dynamique du projet professionnel a changé, d’autant plus dans l’industrie touristique, où les jeunes recherchent un environnement créatif et épanouissant. Les entreprises doivent maintenant se montrer plus flexibles, permettre le renouvellement des connaissances et des compétences, le développement d’habiletés (communication, leadership, etc.) et favoriser l’autonomie.

La conception d’un programme de mentorat nécessite que les besoins des employés soient connus et les objectifs déterminés. Il devrait être fidèle aux valeurs de l’entreprise et aborder les sujets suivants:

  • La vision à long terme, les objectifs;
  • L’analyse des besoins, l’analyse organisationnelle (RH), le contexte d’application, les ressources, etc.;
  • L’adhésion du milieu;
  • La conception et la planification des étapes d’implantation du programme;
  • Le choix des règles de fonctionnement et d’éthique;
  • La promotion du projet;
  • La formation des mentors et des mentorés: définition des rôles et des compétences;
  • La coordination du programme de mentorat: rôle et leadership;
  • L’évaluation du programme: répercussions, satisfaction des participants, retombées organisationnelles, etc.

Pour les entreprises qui sont en pleine réflexion quant à la fidélisation de leurs employés (lire aussi: Industrie touristique cherche employés pour relation à long terme) et à l’accroissement de la performance au travail, le mentorat apparaît comme un outil communicationnel puissant, dans la veine des formations destinées à stimuler son personnel et à pérenniser son activité.

Des exemples concrets

On retrouve ces programmes dans l’hôtellerie chez InterContinental Hotels Group, Rezidor Hotel Group, Hyatt ou Best Western par exemple, et on peut s’inspirer du conseil des ressources humaines en tourisme de Nouvelle-Écosse (NSTHRC), qui propose de mettre en relation des personnes d’un même secteur dans son Tourism 1 to 1 Business Mentorship Program, ou de l’Association TIME (Travel Industry Mentor Experience), en Australie.

Plus récemment, l’association des agents de voyages aux États-Unis (ASTA) créait le programme MYASTA (Mentoring Young ASTA) pour soutenir le développement de carrière de ses jeunes agents. Au Québec, l’ITHQ offre depuis 2012 un programme de soutien à l’entrepreneuriat spécialisé en hôtellerie et en restauration.

Ce type de mentorat d’affaires est plus connu, il consiste à accompagner un jeune entrepreneur (voir la vidéo).

Le mentorat à l’interne se présente comme une stratégie d’intervention originale et efficace, qui permet aux employés de vivre une expérience enrichissante grâce à une relation privilégiée avec un leader de son entreprise ou encore de sa communauté d’affaires. Véritable accélérateur de l’acquisition d’expérience, ce type de programme représente une occasion de formation professionnelle à haute valeur ajoutée. Pensez-y!

Catégories
Gestion Hébergement

Cadre aujourd’hui, préposé à la réception demain!

Hilton Worldwide lançait tout récemment un programme d’immersion conçu pour faire participer la plupart des cadres supérieurs de l’entreprise dans les activités quotidiennes de l’hôtel et pour favoriser leur engagement auprès des employés qu’ils dirigent. Ainsi, pendant trois jours, chaque directeur effectue les tâches liées aux divers services de l’hôtel aux côtés des membres du personnel permanent, notamment ceux affectés aux banquets, à la réception, à l’entretien ménager, au service des repas aux chambres, à la blanchisserie ou à la sécurité. Au cours des trois prochains mois, tous les cadres supérieurs auront l’occasion de se plonger dans les activités au jour le jour des hôtels Hilton du monde entier. Une expérience sûrement très constructive qui devrait en inspirer plus d’un.

Source:
– Hotelworldnetwork.com . «Hilton Worldwide starts « immersion » program for senior execs, 17 septembre 2010.

Catégories
Gestion Marketing

La «montée en gamme» ou comment générer des revenus supplémentaires tout en augmentant la satisfaction de la clientèle

Même si l’industrie touristique voit poindre des jours meilleurs, la plupart des intervenants pourraient bénéficier de sources de revenus supplémentaires, surtout s’ils sont générés avec relativement peu d’efforts et de coûts. La technique de vente de «montée en gamme», ou upselling, répond bien aux objectifs de croissance des gestionnaires, tout en favorisant la satisfaction des clients. Alors, si on s’y mettait?

Selon Wikipédia, «la montée en gamme est un processus économique et une technique de vente qui consistent à remplacer un produit par un autre similaire, mais qui offre des performances plus élevées, un service plus élaboré ou de meilleure qualité (haut de gamme)» et souvent plus coûteux.

Pourquoi offrir au client de «monter en gamme»?

Cela semble une évidence: pour augmenter les revenus et la marge bénéficiaire! Mais est-ce tout? Ne veut-on pas aussi accroître la satisfaction des clients et même leur offrir une expérience qui dépasse leurs attentes en leur proposant d’autres options auxquelles ils peuvent ne pas avoir pensé auparavant? Il ne faut pas négliger cet aspect lorsqu’on décide d’adopter une stratégie de «montée en gamme». En effet, si ce que l’on propose n’est pas perçu comme ayant de la valeur par le client, il est peu probable que la vente se réalise, et cela ne contribuera certainement pas à augmenter la confiance du consommateur ou à le fidéliser.

Comment préparer la «montée en gamme»?

La première chose à faire est de déterminer quels sont les produits ou les services que l’on souhaite promouvoir; par exemple, ceux offrant une forte marge bénéficiaire. L’important est de proposer des produits similaires ou complémentaires au client.

Il faut ensuite s’assurer que notre structure de prix permet une «montée en gamme» à un coût «raisonnable». Prenons l’exemple d’un établissement dont la chambre régulière est louée 100$ et celle «de luxe», 125$. Le montant supplémentaire de 25$ semble acceptable. Toutefois, si le prix de base pour une clientèle corporative s’établit à 75$, la «montée en gamme» (50$) devient hors de portée. Certains experts s’entendent pour dire que le coût supplémentaire à débourser pour un produit ou un service «monté en gamme» ne devrait pas excéder 25%. Pour contourner ce problème, de nombreux gestionnaires établiront un «taux fixe» qui s’additionnera au taux de base lors de la «montée en gamme», par exemple 25$, et ce, indépendamment du tarif de base (100$ ou 75$).

La troisième étape, mais non la moindre, vise à convaincre les employés d’utiliser cette technique de vente. En effet, comme ils se basent souvent sur leurs propres perceptions, ils craignent d’importuner la clientèle en tentant de leur vendre autre chose que ce qu’ils ont demandé. Pourtant, selon une recherche réalisée par le Forum Corporation of North America, une firme spécialisée dans l’accompagnement de hauts dirigeants, 88% des consommateurs apprécient les conseils qu’on leur prodigue sur des produits ou des services qui permettront de mieux répondre à leurs attentes. En outre, 73% souhaitent entendre parler de nouveaux produits et services, et 42% se laissent persuader «parfois» ou «fréquemment» d’en acheter.

La formation des employés, un gage de succès

La «montée en gamme» nécessite tact et jugement de la part des employés. Voilà pourquoi la formation et l’entraînement sont si importants. Tout le personnel doit bien connaître l’établissement afin de conseiller la clientèle sur les produits et les services disponibles. Ensuite, il s’agit de lui enseigner la technique, soit:

  • poser des questions ouvertes afin de cerner les besoins du client;
  • écouter activement ses demandes ou ses préférences;
  • répondre aux demandes, faire des suggestions ou proposer des alternatives qui correspondent le mieux possible à ses besoins;
  • développer son propre dialogue. L’amener à décrire chacun des produits et des services dans ses propres mots de manière à ce que la conversation avec le client soit fluide et naturelle.

Tout cela nécessite un entraînement. Pourquoi pas un jeu de rôle? Une personne agit en tant que «vendeur», une autre est le client, et un tiers est observateur et effectue la rétroaction. Celle-ci portera sur l’utilisation des questions ouvertes, l’écoute et la qualité de la réponse aux besoins du «client».

Exercer cette technique prend du temps et nécessite des efforts supplémentaires. De ce fait, sa réussite sera directement reliée à la motivation des employés. Ainsi, offrir une compensation pour les efforts fournis est nécessaire. Il faudra s’assurer que chaque incitatif soit équitable et rapporter régulièrement les progrès accomplis.

Quand et comment utiliser la stratégie de montée en gamme?

Comme il est maintenant possible de planifier un voyage et d’en effectuer les réservations tout en demeurant confortablement assis dans son salon, les premières interactions de personne à personne entre le client et l’établissement ont souvent lieu à l’accueil ou à la réception. C’est alors le meilleur endroit pour appliquer la technique de vente de «montée en gamme». Voici quelques stratégies:

Lors de l’accueil à la réception d’un établissement hôtelier:

  • Confirmez la réservation et rassurez le client sur son choix. Évitez de lui faire sentir que l’option choisie est mauvaise; «Nous vous avons réservé la chambre X, que vous trouverez très confortable, mais…».
  • Cherchez à savoir si le client est au courant des possibilités de «montée en gamme» avec des déclarations telles que: «Puis-je vous demander si vous êtes familier avec nos suites?».
  • Présentez les possibilités de «montée en gamme» comme une occasion unique: «Certaines de nos suites sont disponibles ce soir…» ou «Nous offrons un tarif spécial pour permettre à nos nouveaux clients de se familiariser avec nos suites corporatives…».
  • Mentionnez des taux plus élevés comme point de référence pour introduire des prix plus bas comme étant une bonne valeur: «Ces chambres se louent généralement X$, mais compte tenu de (nommer une circonstance spéciale), je vous l’offre au prix spécial de Y$.»

Lors de la réservation:

  • Offrez toujours une liste d’options; du haut de gamme vers le bas ou l’inverse, selon les indications fournies par le client. Par exemple, à un consommateur qui demande d’entrée de jeu «Quel est le prix le plus bas?», on utilisera l’approche du bas vers le haut («Pour seulement 25$ de plus, nous vous offrons…») et inversement, pour un client qui semble plus sensible à l’urgence qu’au prix, s’il demande simplement: «Je veux faire une réservation.»
  • Démontrez la plus-value, en étant aussi précis que possible. Plutôt que de dire «L’étage exécutif comprend un salon», dites «En tant que client de cet étage, vous aurez accès à notre salon exécutif, qui comprend…».
  • Évitez de rendre les options plus bas de gamme moins désirables. Cela est particulièrement important lors de l’utilisation d’une approche du haut de gamme vers le bas. Assurez-vous de renforcer les aspects positifs des produits de plus basses gammes: «Bien que cette pièce soit un peu plus petite, elle compte tout de même…».
  • Utilisez des recommandations personnelles liées aux besoins exprimés. «Comme vous êtes en voyage d’affaires, je recommanderais les chambres de l’étage exécutif…».

La vente par «montée en gamme» n’est pas très difficile à effectuer pour qui sait s’y prendre. Mais surtout, il ne faut pas perdre de vue de satisfaire la demande initiale du client.

Sources:
– Cooper, Caroline. «How to get your staff Upselling», Hospitality Net, 28 avril 2010.
-Dwyer, Kevin. «Cross-sell to Provide Service in the Hospitality Industry», 4Hoteliers, 5 avril 2009.
– Kennedy, Doug. «Upselling creates additional revenue», Hotelworld Network, 31 août 2010.
–  Lanz, Leora H et Lacey Hagen. «Hotel: Up-selling at the Front Desk», Hotelier, 26 juillet 2010.
–  Lauderbaugh, JJ. «How to Win at Upselling and Cross-Selling», page consultée le 28 septembre 2010.
– Mowatt, Jeff. «30 Seconds to Significant Sales How to upsell without turning off your customer», Business Know-How, page consultée le 28 septembre 2010.

Site internet:
–  Wikipédia

Catégories
Ressources humaines

Ressources humaines – Le marché du travail en pleine mutation (récapitulatif 2000-2010)

Les avancées technologiques, les départs à la retraite d’une main-d’œuvre vieillissante et l’arrivée des générations Y et C sur le marché du travail entraînent une véritable révolution dans les milieux de travail: pénurie de main-d’œuvre, équipes de travail multigénérationnelles, multiculturelles et même virtuelles, recrutement sur le Web, impact des réseaux sociaux, automatisation des tâches, créations de nouvelles fonctions, innovation dans les modes de gestion, mise à niveau de la formation…

Des mondes en constante ébullition

  • Cinq générations au travail, dont l’arrivée des Y et des C sur le marché de l’emploi. Ces jeunes de moins de 30 ans envahissent le marché du travail et remplacent les têtes grisonnantes qui se dirigent massivement vers la sortie. Par contre, certains baby-boomers et même des seniors reviennent peu à peu au travail afin d’obtenir un revenu d’appoint ou tout simplement pour mettre leur expérience à profit.
  • Vieillissement de la main-d’œuvre. Malgré le poids des jeunes (30% des travailleurs de l’industrie sont âgés de 15 à 24 ans), la proportion d’employés de 55 ans et plus a augmenté de 50%, passant de 8,2% à 12,1%, tandis que celle des travailleurs de 25 à 34 ans a diminué, passant de 23,2% à 18,8%, de 1996 à 2006.
  • Départs massifs à la retraite, d’où une diminution importante d’un bassin de savoir-faire et d’expertise.
  • Dans le jeu de l’offre et de la demande, les rôles se sont inversés. C’est maintenant le travailleur qui a l’embarras du choix et non plus l’employeur.
  • Il est révolu le temps où changer d’emploi était preuve d’instabilité; la loyauté des travailleurs envers l’entreprise s’est grandement amenuisée.
  • Vive concurrence avec d’autres secteurs d’activité pour attirer la main-d’œuvre.
  • Pénurie de main-d’œuvre annoncée depuis plusieurs années. Or, on commence à peine à s’y préparer.
  • Taux de roulement élevé qui nuit à la compétitivité du secteur. En 2004, il se situe autour de 30%, toutes catégories d’emploi confondues. Quant à la catégorie hébergement et services de la restauration, son taux de roulement s’est accru d’année en année, passant de 44% en 2005 à 57% en 2008.
  • Calendrier scolaire et saison touristique. Les jeunes travaillent de plus en plus pendant leurs études (49,2% en 1997 contre 64,2% en 2008) et sont de moins en moins disponibles pour pourvoir les emplois en période de vacances estivales. Rappelons que les emplois saisonniers comptent pour 29,1% des emplois de l’industrie touristique.

Des bouleversements dus au développement de la technologie

Bienvenue dans le marché de l’emploi 2.0!
On assiste à une explosion des outils de communication sur le Web. Ce phénomène veut dire plus d’endroits et de façons de livrer des messages aux employés potentiels. Les candidats ne se bousculent plus aux portes de l’employeur. Les petites annonces d’emplois des quotidiens n’ont plus la cote. Le CV classique sous format papier fait figure de dinosaure. Le recrutement 2.0 s’est installé dans les entreprises pour y rester. Un nombre grandissant d’entre elles inscrivent les postes à pourvoir sur divers portails d’emploi et se servent des réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter. Les candidats utilisent eux aussi les réseaux sociaux pour connaître les employeurs ou pour divulguer une appréciation à leur égard. C’est pourquoi les entreprises doivent soigner leur «cyberimage»! Comme tout va très vite dans le cyberespace, les sites et les outils de tous les types vont essaimer, se multiplier, évoluer, se muter… on ne saura plus où donner de la tête!

L’automatisation se répand à toutes les sphères d’activité
L’automatisation a progressé de façon inégale au gré des besoins et de l’évolution de la technologie en transformant certains emplois, en supprimant des tâches répétitives et en en modifiant d’autres. Aujourd’hui, ce phénomène irréversible a envahi l’ensemble des secteurs d’activité et des milieux de vie.

Ainsi, au cours de la dernière décennie, nous avons assisté à diverses formes d’automatisation dans de multiples domaines: accueil (p. ex. les bornes interactives), gestion (p. ex. les logiciels spécialisés), service (p. ex. les écrans tactiles), vente (p. ex. les sites Web), surveillance (p. ex. les caméras), sécurité (p. ex. les cartes magnétiques), contrôle des infrastructures (p. ex. les dispositifs de gestion du chauffage et de l’éclairage) et entretien (p. ex. les appareils électroménagers). Et l’accélération du développement technologique ne semble pas montrer des signes d’essoufflement.

Certains gestionnaires dans l’industrie touristique se demandent s’ils devraient privilégier cette avenue pour:

  • pallier le manque de main-d’œuvre et de travailleurs qualifiés;
  • remédier à la hausse du niveau de scolarité qui, par conséquent, réduit le nombre de personnes effectuant des tâches routinières ou exigeant peu de qualification;
  • supprimer les tâches fastidieuses, assurer une meilleure qualité de vie au travail et permettre la requalification des employés.

Des emplois nouveau genre
L’agent Web infiltre Internet et son monde conversationnel en utilisant des réseaux sociaux (Facebook, LinkedIn), des blogues, le microblogage (Twitter), des téléphones intelligents, des messages SMS, de la génération de contenu (wiki, YouTube, FlickR), des fils RSS, des forums de discussion, des gadgets logiciels (widgets) et d’autres outils pour faire connaître l’entreprise et gérer sa réputation, mais surtout pour interagir et développer une relation avec le consommateur.

Nécessité de former les employés
Le décalage entre les connaissances acquises dans les institutions d’enseignement et les besoins de l’entreprise oblige les entreprises à fournir une formation supplémentaire aux employés. De plus, le rythme des développements technologiques et Internet bousculent les façons de faire dans toutes les sphères de l’industrie. Le monde de la formation prend de nouvelles formes et devient de plus en plus accessible : mentorat, accompagnement individuel en entreprise (coaching), formation à distance, formation en ligne, travail-études, école-entreprise, formation sur mesure, formation en entreprise, etc.

L’organisation du travail

L’arrivée des générations Y et C sur le marché du travail entraîne une véritable révolution dans les milieux de travail. Fini le 9 à 5 et le cubicule. Qualité de vie avant tout, carrière stimulante et plaisir définissent leur vision du travail. Le jeune travailleur souhaite œuvrer pour une entreprise dont les valeurs et la culture organisationnelle sont compatibles avec sa vision, ses valeurs, ses façons de concevoir le monde du travail dans lequel il veut évoluer. Rémunération et avantages sociaux à la carte, cheminement personnalisé et télétravail sont le credo de la nouvelle génération. Il faudra s’y adapter.

Catégories
Produits et activités

Tourisme d’aventure, des idées en rafale

Plusieurs idées ont émergé de l’Adventure Travel World Summit qui s’est déroulé dans Charlevoix en octobre dernier. Dans cet article, vous saurez pourquoi il ne faut pas négliger l’apport d’une bonne histoire dans l’expérience du visiteur, pourquoi il faut absolument prévoir le transfert de la connaissance, particulièrement au sein d’une PME d’aventure, et comment il faut adopter un programme d’entreprise socialement responsable… et surtout très concret.

L’effet des histoires sur l’expérience

Edward Watchman et Sheree Johnson ont discuté de l’importance des histoires dans l’expérience touristique. Cette forme de communication humaine depuis toujours plaît à tout le monde. Les histoires jouissent d’un fort pouvoir de persuasion et elles influent sur le choix rationnel des consommateurs.

histoires

Parmi les avantages que procurent les histoires, en voici quelques-uns:

  • tisser des liens entre les gens;
  • donner un sens, apporter une signification;
  • inciter à l’action;
  • être mémorables (on oublie rapidement des faits et chiffres, mais on se souvient des histoires);
  • transcender les cultures, lier les gens à leurs croyances.

L’industrie du voyage dépend des choix du consommateur. Or, les décisions rationnelles des touristes sont d’abord conditionnées par des émotions. Les histoires influencent justement le choix rationnel des voyageurs. Citées à titre d’exemple de réussite, les entreprises Nike et Apple sont parvenues à rejoindre efficacement leur clientèle à l’aide d’histoires.

Il ne faut pas négliger l’apport d’une bonne histoire au sein de votre entreprise. C’est l’occasion de rendre votre produit encore plus vivant. Cela peut même faire en sorte que vous soyez choisi avant la concurrence.

Le transfert de la connaissance en entreprise d’aventure

L’auteur Steve Trautman a parlé de l’importance pour les gestionnaires de tourisme d’aventure de préserver l’inestimable capital de la connaissance en entreprise. On ne peut pas remplacer les années d’expérience et l’acquisition du savoir au fil des ans, mais on peut assurément réduire le temps nécessaire à la relève afin qu’elle puisse acquérir le discernement souhaité.

Steve Trautman soutient qu’il est important que les piliers d’une entreprise enseignent les notions, transmettent les connaissances qu’ils détiennent à leurs employés. Voici quelques exemples concrets.

  • Fixer les prix pour la nouvelle saison
  • Donner les consignes de sécurité à un groupe de clients
  • Choisir l’option d’hébergement pour une nouvelle destination
  • Prévoir un budget pour un forfait de groupe sur plusieurs jours
  • Mettre à jour les nouveaux produits sur le système de réservation
  • Utiliser les techniques de la vente incitative (up selling) et des services additionnels auprès des clients
  • Planifier les horaires pour le personnel à temps partiel
  • Gérer la clientèle insatisfaite

Les gestionnaires de tourisme d’aventure sont instinctifs et passionnés, mais ils doivent penser à cet enjeu du transfert des connaissances.

Une responsabilité sociale payante pour tous

Chris Noble de la compagnie d’assurances de voyages WorldNomads.com a expliqué pourquoi il peut s’avérer avantageux de s’associer à des causes de tourisme responsable. Il a donné l’exemple de son entreprise qui a établi un partenariat avec l’organisme Footprint Network. L’objectif de ce dernier consiste à faire une différence concrète dans les milieux défavorisés à l’aide de projets voués au développement durable. En achetant un produit d’assurance chez WorldNomads.com, les gens peuvent faire un don qui servira à une cause bien précise.Footprint

Jusqu’à maintenant, le programme Footprint associé à WorldNomads.com a permis de recueillir 284 000 dons ayant mené à la réalisation de 51 projets. Chris Noble a expliqué pourquoi cette initiative a fonctionné pour son entreprise.

  • C’est tangible aux yeux du client
  • C’est facile et s’applique à de petits projets
  • Tout l’argent versé est consacré aux projets
  • On fait preuve de transparence grâce à des rapports de suivi pour démontrer l’évolution des accomplissements
  • Ça fonctionne 24h sur 24 sur Internet

Participer à ce programme de développement durable entraîne plusieurs répercussions positives pour WorldNomads.com.

  • Apporte une personnalité d’authenticité à la marque
  • Arrime les valeurs associées à la marque et celles de la clientèle
  • Accroît la portée et la visibilité de la marque
  • Crée de nouveaux partenariats et des occasions de marketing
  • Augmente considérablement les revenus
  • Agit à titre de programme d’entreprise en matière de responsabilité sociale

La coquille technologie développée par WorldNomads.com permettant de recueillir facilement des dons par Internet est maintenant utilisée par d’autres entreprises souhaitant à leur tour s’associer à Footprint. L’approche semble extrêmement populaire. Par exemple, dans le secteur aérien, 86% des clients ont choisi d’effectuer un don. Plus de 3,2 millions de dollars par mois sont actuellement versés à ce programme.

Quelques bribes en rafale

Aid to Artisans (www.aidtoartisans.org) est un bon exemple de pratique en matière de tourisme responsable. Il s’agit d’un organisme sans but lucratif qui met en contact des artisans de différents pays en développement avec des marchés touristiques à la recherche de souvenirs qui ont une signification et qui sont novateurs. L’objectif consiste à créer des occasions d’affaires pour des artisans dans le besoin et à répondre à la demande d’entreprises touristiques souhaitant offrir à leur clientèle des produits originaux, mais surtout socialement responsables.

aidtoartisans

Les résultats du prochain sommet de Copenhague seront déterminants. Selon Hubert Reeves, il faudra en arriver à réduire de 70% les émissions de CO2, seulement pour stabiliser la planète.

Selon Jeff Dossett d’AdventureLink, le tourisme d’aventure est fondamentalement social. C’est pourquoi il recommande fortement aux entreprises d’utiliser les médias sociaux pour donner la chance à la clientèle de s’exprimer, de raconter ses récits. Le tourisme d’aventure est le créneau par excellence pour les gens désireux de créer un impact positif sur la société à partir de leur voyage. C’est l’occasion d’inspirer les autres.

Une présentation de l’Alpine Tourist Commission (www.alpseurope.com) a démontré la pertinence de s’associer en faisant fi des frontières géographiques. L’organisme The Alps assure la promotion du territoire alpin de cinq pays, soit l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la France et l’Italie. La vidéo promotionnelle conjointe présentée lors de la conférence faisait ressortir de façon éloquente la synergie des destinations à vendre l’expérience alpine et non un pays ou un territoire en particulier.

Alpes

Source:
– Adventure Travel World Summit, conférence qui s’est déroulée dans Charlevoix, du 19 au 22 octobre 2009.