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Marketing Tourisme durable

Des entreprises prennent position

Une remise en question de notre façon de consommer a mené au développement du concept de la responsabilité sociale des entreprises (RSE). Les organisations qui adoptent des mesures volontaires en matière de développement durable, que ce soit sur le plan social, environnemental ou économique, s’inscrivent dans ce courant.

La pression des consommateurs et des groupes de protection incite les entreprises à adopter des changements. Certaines initiatives sont audacieuses, d’autres sont essentielles à la survie de l’organisation. La promotion de ces actions est délicate. Elle doit être judicieuse et démontrer une volonté sincère, car les consommateurs ne sont pas dupes. Voici des exemples de coups d’éclat inspirants.

Choisir le plein air plutôt que le magasinage

Devenu célèbre depuis déjà plusieurs années, le Black Friday ou vendredi fou, a pris une ampleur démesurée aux États-Unis. Cette journée de soldes qui se déroule le lendemain de l’Action de grâce, lance la période de magasinage de fin d’année et attire des foules dans les grandes surfaces commerciales.

En réaction à cet événement qui incite à la surconsommation, la chaîne de magasins de plein air REI annonçait en 2015 qu’elle fermerait ses portes (plus de 140 magasins) lors de cette journée et qu’elle paierait ses employés. REI invite ses clients à choisir de pratiquer le plein air plutôt que d’aller dans les magasins pour le Black Friday. Choisir le plein air, ou #OptOutside, est devenu un véritable mouvement dont le mot-clic fut utilisé bien au-delà de cette seule journée. La vidéo suivante illustre bien la portée de #OptOutside.

 

Une campagne qui fait des petits

Pour l’édition 2016, la campagne ratisse encore plus large. Pour faciliter l’accès au plein air en cette journée du Black Friday comme en tout temps, REI a notamment élaboré des outils de planification en ligne. Quelque 275 organisations se sont aussi jointes à REI pour sensibiliser les gens à opter pour un mode de vie plus sain.

Le fabricant automobile Subaru met une flotte de véhicules à la disposition des New Yorkais qui veulent emmener leur chien (ou celui d’un refuge pour animaux) en milieu naturel. Google collabore avec REI pour soutenir des projets liés au plein air à Seattle et à Austin. Le National Park Service ainsi qu’un grand nombre d’agences gouvernementales, d’organismes à but non lucratif, mais aussi des entreprises privées œuvrant dans l’industrie du plein air sont partenaires de la campagne. Enfin, le pari de REI était risqué, mais le jeu en a valu la chandelle; pour la visibilité de la campagne, l’image de marque qui y est associée, mais aussi pour les nouveaux adeptes du plein air qui iront s’équiper le surlendemain de l’Action de grâce.

responsabilite sociale black friday rei

Source : REI

Quand la pression est trop forte

Sea World Entertainment, dont le produit vedette était le spectacle des orques, a récemment mis fin à son programme de dressage de ces cétacés pour se positionner comme un défenseur et un protecteur des mammifères marins. En fait, les parcs d’Orlando et de San Diego enregistraient des baisses de fréquentation et une forte pression de l’opinion publique, surtout depuis la diffusion du documentaire Blackfish. Ce dernier dénonce notamment le traitement accordé par SeaWorld aux orques. Cette atteinte à l’image de l’entreprise nécessitait un virage à 180 degrés et une importante campagne de relations publiques.

L’entreprise s’est ainsi engagée à traiter avec grand soin la dernière génération d’orques toujours présente dans ses parcs. Les visiteurs peuvent désormais les observer dans de nouveaux bassins inspirés de leur habitat naturel. La mission renouvelée de SeaWorld met davantage l’accent sur l’éducation et la conservation (voir la vidéo ci-dessous). L’entreprise s’est associée à l’organisme de protection des animaux The Humane Society of the United States (HSUS) qui l’appuie et la conseille dans son engagement. Ce partenariat donne la crédibilité nécessaire à SeaWorld pour convaincre la population de sa sincérité.

Transformer une industrie

Des chaînes de restauration rapide comme Harvey’s, McDonald’s et East Side Mario’s se sont engagées à s’approvisionner, d’ici quelques années, d’œufs provenant exclusivement de poules « en liberté » ou qui ne sont pas confinées à de minuscules cages. Disney compte faire de même prochainement pour les restaurants de ses parcs thématiques et de ses bateaux de croisière.

Le mouvement est tel que selon un représentant de Mercy for Animals, la production industrielle d’œufs de poules en cage en est à ses derniers miles. En regard de ce mouvement, les Producteurs d’œufs du Canada ont annoncé l’adoption d’un « plan de transition » afin de changer graduellement leur façon de procéder.

Répondre aux attentes de la clientèle

Les groupes de pression et les consommateurs, surtout les milléniaux, ont provoqué ce type de transformations. Ils prennent en considération des aspects tels que les pratiques de travail et la main-d’œuvre, l’origine des produits, le traitement des animaux, la transparence lorsqu’ils choisissent une marque. Les entreprises seront de plus en plus scrutées à la loupe. Elles réalisent peu à peu qu’il est possible de faire des choix éthiques tout en étant profitable. Sans nécessairement être spectaculaires, ces actions doivent néanmoins être connues du public. Elles contribuent à l’image de marque et démontrent la volonté des dirigeants de soutenir un développement plus durable et responsable.

 

Image à la une : © REI

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Produits et activités

La reconquête touristique des berges fluviales

Pour de nombreuses municipalités, les berges des fleuves deviennent un élément supplémentaire d’attractivité et un lieu de pratique d’activités nautiques et terrestres. Au Québec, les accès publics au fleuve sont principalement à vocation récréative et sportive et leurs aménagements se multiplient, tout comme dans d’autres pays, notamment la France.

Des activités qui relient le territoire au fleuve

En France, le terme offre fluvestre est utilisé pour rassembler les activités terrestres, réalisées au bord des fleuves, et fluviales, pratiquées sur les fleuves : loisirs nautiques, baignade, vélo, randonnée, événements, visite de sites remarquables, observation de la faune et de la flore, etc. Le développement du tourisme fluvestre permet d’utiliser un territoire sous-exploité. Il a pour effet d’encourager les passagers à s’arrêter en escale et à dépenser, et d’inciter les visiteurs et les résidents à effectuer des activités au bord de l’eau.

Le développement du tourisme fluvestre permet d’utiliser un territoire sous-exploité.

Afin de développer ce type de tourisme, les berges sont aménagées, développées et valorisées. Selon la firme de consultation Horwath HTL, les principales initiatives peuvent se catégoriser comme telles :

  • Création d’espaces naturels au bord de la voie d’eau, notamment en zone périurbaine;
  • Conception de nouveaux espaces publics en lien direct avec les berges;
  • Création de bases de loisirs nautiques ou reconfiguration des installations existantes;
  • Création de voies vertes le long de la voie d’eau;
  • Développement d’équipements saisonniers ou éphémères (par exemple la Plage de l’Horloge à Montréal).

Une promenade le long des berges

Ancienne zone industrialisée, la promenade Samuel-De Champlain de la Ville de Québec est aujourd’hui un parc aménagé le long du fleuve Saint-Laurent qui a nécessité des investissements de près de 70 millions de dollars. Des sentiers et une piste cyclable donnent accès à trois stations, sur près de 2,5 km :

  • La Station des Cageux, où se trouvent un marais, une tour d’observation d’une hauteur de 25 mètres et une descente à l’eau;
  • La Station des Sports, dédiée aux activités sportives (terrains de soccer, aire de jeux gazonnée).
  • La Station des Quais, constituée de quatre jardins thématiques inspirés de l’environnement et de l’histoire du fleuve : le Quai-des-Brumes, le Quai-des-Flots, le Quai-des-Hommes, le Quai-des-Vents.

Selon la Commission de la capitale nationale du Québec, 313 000 visiteurs ont fréquenté les lieux en moyenne 9,5 fois pour un total de 3 millions de visites en 2015. Cela représente une augmentation de fréquentation de 15 % par rapport à 2013. Les travaux de la dernière phase du développement commenceront en 2017 et comporteront la création de points d’observation, de parcs et de belvédères. Au final, 24 km de littoral seront accessibles aux visiteurs.

promenade Samuel-De Champlain

Quais des Hommes; source : Flickr/CCNQ

À Paris, un ancien axe routier longeant la Seine a été reconverti en 2013 en un espace de loisirs, d’animations et de culture. Le projet les Berges est composé de 3 aménagements étendus sur 4,5 hectares le long de la Seine :

  • Au port de Solférino, un immense escalier fait office d’amphithéâtre pour des projections sur le fleuve. Plusieurs autres installations ont été mises en place : un parcours sportif, un espace de jeux pour enfants couvert en hiver et les « Zzzz », des conteneurs vitrés à louer.
  • Au port des Invalides, les visiteurs profitent d’une plage, de restaurants avec terrasse ouverts à partir du printemps et de péniches amarrées au quai proposant une offre de restauration, des spectacles et des croisières.
  • Au port du Gros Caillou, un espace nature permet d’observer la faune et la flore sur les jardins flottants de cinq îlots, ainsi que dans le verger.

Les Berges de Paris

Port de Solférino; sources : Architecture urbanisme FR et MY TF1 News

Plus de quatre millions de visiteurs ont fréquenté les Berges en 18 mois et les émissions de dioxyde d’azote (NO2) ont diminué en moyenne de 15 % sur le site. 

Développement récréotouristique dans une escale nautique

Le projet récréotouristique Écomonde du lac Saint-Pierre situé à Sorel-Tracy, sur la voie maritime du Saint-Laurent, devrait voir le jour en 2017. Situé sur un quai bordé d’une plage, d’une piste cyclable et d’un parc, le complexe comprendra, entre autres, un établissement d’hébergement, un lieu de congrès et réunions, une salle multifonctionnelle et un amphithéâtre extérieur. Une programmation artistique ainsi que des circuits écotouristiques seront proposés. Le Regroupement indépendant pour la relance économique de la région de Sorel-Tracy (RIRÉRST), le promoteur, a invité des firmes de création dont Moment Factory à définir un concept touristique. Le budget prévu pour ces travaux s’élève à 19,7 millions de dollars et les retombées économiques sont évaluées à 6 millions de dollars, pour un potentiel de 240 000 visiteurs par année.

La mise en réseau des sites d’accès au fleuve

La mise en réseau des accès publics au fleuve garantit le succès d’un développement concerté et cohérent mené à l’échelle d’un territoire administré par plusieurs collectivités.

La mise en réseau des accès publics au fleuve garantit le succès d’un développement concerté et cohérent

Le réseau des Haltes du Saint-Laurent est le résultat d’un travail de concertation entre cinq municipalités de la MRC de Portneuf (Deschambault-Grondines, Portneuf, Cap-Santé, Donnacona et Neuville) et divers acteurs locaux. Chacune a aménagé un site au bord des berges du Saint-Laurent afin d’offrir un accès libre et gratuit pour pratiquer des activités nautiques, d’interprétation, d’observation et la baignade. Le projet fut inauguré en 2013 et les cinq sites sont identifiés par une sculpture symbolisant à la fois une voilure et un vol d’oiseau.

Haltes du Saint-Laurent

Source : Cameleoh!

Une initiative similaire a été entreprise par cinq municipalités de la MRC de Kamouraska. Depuis juillet dernier, sept sites d’accès au fleuve Saint-Laurent sont clairement identifiés par des panneaux « Fleuve & détente » et par le symbole d’une chaise de plage sur la carte vélo du guide touristique.

Ces projets innovants permettent de révéler les multiples usages d’un fleuve et de ses rives. L’aménagement des berges du Saint-Laurent permettra d’atteindre les objectifs fixés dans la Stratégie de mise en valeur du Saint-Laurent touristique, en haussant l’attractivité des dix pôles du Saint-Laurent et de leurs produits prioritaires.

 

Source de l’image à la une : ©QuébecOriginal/Jean-François Hamelin

 

 

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Gestion

L’enjeu de l’accès public au fleuve Saint-Laurent

L’accès au fleuve, un enjeu reconnu

L’accessibilité aux rives fut un enjeu identifié lors de la quatrième phase (2005-2010) de l’Entente Canada-Québec sur le Saint-Laurent. Depuis, l’accès limité au Saint-Laurent pour les citoyens et les visiteurs a été reconnu comme une faiblesse lors de l’élaboration, en 2014, de la Stratégie de mise en valeur du Saint-Laurent touristique par le ministère du Tourisme. Pour y remédier, le plan d’action 2014-2017 prévoit l’amélioration de l’offre de produits et de services à proximité des berges.

Partant du constat que l’accès aux rives du Saint-Laurent dépend grandement des initiatives municipales, l’Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent (GLSL Cities) a réalisé une étude en 2014 auprès de 22 municipalités québécoises riveraines, de Salaberry-de-Valleyfield à l’Ouest jusqu’à Chandler à l’Est. Des sources complémentaires ont été utilisées pour approfondir les résultats. L’objectif était de dresser un portrait des accès publics au fleuve (APF) et d’identifier des pistes de solutions pour les conserver et en accroître le nombre.

La vocation des accès publics au fleuve

L’étude a permis de constater que les accès publics au fleuve sont principalement à vocation récréative et sportive.

… les accès publics au fleuve sont principalement à vocation récréative et sportive

Les activités commerciales (transport, pêche) sont peu présentes et les espaces riverains réservés à la protection et à la préservation sont rares. Les types d’accès publics au fleuve sur le territoire des municipalités interrogées sont : 

  • des parcs, des promenades et des pistes cyclables (100 %);
  • des quais et des jetées (82 %);
  • des marinas et des ports de plaisance (77 %);
  • des rampes de mise à l’eau (bateaux de plaisance et autres petites embarcations; 77 %);
  • des plages et d’autres lieux de baignade aménagés (36 %);
  • des campings et des centres de villégiatures riverains (36 %);
  • des traversiers (exploitation annuelle; 27 %).

L’évolution des accès publics au fleuve

L’étude dresse un portrait de l’évolution du nombre d’APF par type d’accès en se basant sur des données comparatives, dont certaines datant de plus de trente ans (voir le tableau 1). Les types d’accès qui augmentent en nombre sont les parcs, les promenades et les pistes cyclables, les rampes de mise à l’eau, ainsi que les plages et les autres lieux de baignade. La consolidation des acteurs, l’aménagement du territoire riverain, l’amélioration de la qualité de l’eau et l’émergence de nouvelles pratiques nautiques ont permis un meilleur accès au fleuve.

evolution nombre dacces publics au fleuve

Les APF, un défi pour les municipalités

Disposer d’un accès direct au fleuve sans l’emploi d’une embarcation est une demande urgente des citoyens. En dehors des huit plages recensées, seuls 16 % des 101 parcs et promenades offrent un contact direct et aménagé au fleuve.

De plus, malgré un état satisfaisant de la majorité des accès au fleuve, plusieurs infrastructures telles les quais, les jetées et les rampes nécessiteraient d’importantes réparations. Seuls 23 % des répondants réalisent un travail de protection, de restauration et de valorisation spécifique aux APF et 77 % déplorent un manque de capacité pour en assurer une gestion optimale et développer leur plein potentiel.

Les autres contraintes entourant l’accroissement et l’agrandissement des APF sont la densification urbaine, les transformations environnementales (par ex. : érosion des berges) et les fluctuations économiques.

Les possibilités de développement des APF

Les municipalités accordent une grande importance aux accès publics au fleuve puisqu’elles considèrent qu’ils contribuent au sentiment d’appartenance (100 %), à la qualité de vie des résidents (92 %), au développement économique (83 %) et représentent un attrait touristique (75 %). Les APF ont donc le potentiel de devenir des attraits régionaux et les possibilités de développement d’activités récréotouristiques sont nombreuses (voir le tableau 2).

Les APF ont donc le potentiel de devenir des attraits régionaux et les possibilités de développement d’activités récréotouristiques sont nombreuses.

Cependant, la baisse de popularité de certaines pratiques récréatives (pêche et nautisme) doit être prise en compte, tout comme le retour d’autres activités telles que la baignade, le canot, le kayak et l’arrivée de nouvelles pratiques comme la planche aérotractée (kitesurfing).

L’action municipale est déterminante pour accroître le niveau d’accessibilité aux rives, que ce soit par la planification urbaine ou encore par la concertation régionale ou métropolitaine.

possibilites developpement acces publics fleuve

 

Dans le cadre de sa nouvelle Stratégie maritime, le gouvernement du Québec s’est engagé à investir 30 millions de dollars sur trois ans pour créer des projets touristiques le long des rives du Saint-Laurent; de quoi soutenir les municipalités dans leurs démarches.

Une seconde analyse présentera des initiatives québécoises qui ont fait l’objet de bonnes pratiques dans l’étude, ainsi que d’autres exemples d’ailleurs.

Source de l’image à la une : ©QuébecOriginal/André Quennneville

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Tourisme durable

Les clients d’hôtels sont-ils verts?

Le recyclage, l’économie d’énergie, l’achat de produits locaux, et même biologiques, font maintenant partie des habitudes d’une part grandissante de la population. Mais lorsque ces mêmes gens voyagent, en exigent-ils autant de leur hôtel? Trois études publiées récemment révèlent des informations précieuses sur les attentes et le comportement écoresponsable des voyageurs en matière d’hébergement.

 

Des gestes intégrés au quotidien

L’étude d’AccorHotels, réalisée auprès de 7 000 clients dans sept pays, présente les attentes et les comportements des voyageurs d’affaires et d’agrément choisissant des bannières de classe économique comme de grand luxe.

Deux tiers des clients sont d’avis que si rien n’est fait aujourd’hui pour protéger la planète, les générations futures sont menacées. Ils démontrent d’ailleurs un haut taux d’adoption de certaines pratiques écoresponsables dans leur quotidien :

  • Plus de 80 % trient leurs déchets et font des efforts pour minimiser le gaspillage alimentaire à la maison.
  • La plupart (81 %) choisissent des appareils électriques écoénergétiques.
  • Les trois quarts ont l’habitude d’acheter des produits locaux ou fabriqués au pays.
  • Plus du tiers consomment des aliments biologiques, même si leur prix est plus élevé que celui des aliments conventionnels.

L’enquête révèle que les femmes et les jeunes de 18 à 29 ans se sentent davantage concernés que la moyenne par tous les aspects liés au développement durable.

Des actions qui se poursuivent en voyage… si possible

Seulement 13 % des voyageurs considèrent toujours l’engagement de l’hôtel dans le développement durable comme critère de choix lorsqu’ils réservent une chambre. Pourtant, la plupart des clients sondés affirment qu’ils se sentent aussi concernés par le développement durable lorsqu’ils séjournent à l’hôtel que chez eux.

Seulement 13 % des voyageurs considèrent toujours l’engagement de l’hôtel dans le développement durable comme critère de choix lorsqu’ils réservent une chambre.

Ils soulignent d’ailleurs qu’ils souhaitent poursuivre leurs bonnes habitudes écoresponsables en voyage. Ils s’attendent à ce que l’établissement d’hébergement leur permette de trier leurs déchets, de consommer l’énergie de manière efficiente, d’avoir accès à des produits santé, locaux, etc.  

Aussi, une certaine part des clients sondés sont prêts à adopter, lors de séjours à l’hôtel, des comportements conséquents comme :

  • recevoir la facture uniquement par courriel (64 %);
  • trier les déchets dans la chambre et dans le lobby (61 %);
  • obtenir un service de ménage limité (32 %);
  • manger de plus petites portions pour éviter le gaspillage alimentaire (31 %);
  • offrir la monnaie de la devise locale à un OBNL au moment de partir (30 %).

Prêts à faire des sacrifices?

Bien qu’ils fassent preuve d’une bonne volonté à s’impliquer dans un développement plus responsable, plus de la moitié des clients (57 %) n’accepteraient pas de séjourner dans un établissement écoresponsable qui, en contrepartie, est moins bien situé qu’un autre. Aussi, 59 % sont en désaccord avec l’idée de compromettre le confort pour une plus grande responsabilité environnementale.

Par ailleurs, des chercheurs de l’Oklahoma State University et de la University of Central Florida arrivent aussi à cette conclusion. Les résultats de leur enquête démontrent que les clients affichent une moins grande propension à adopter des comportements pro-environnementaux lorsque le confort est remis en question. À cet effet, on peut penser qu’il s’agit de renoncer à la climatisation, à certains services ou encore à devoir limiter le temps sous la douche (minuterie).

Les résultats de l’étude d’AccorHotels révèlent toutefois que les deux tiers des répondants sont disposés à payer un peu plus cher pour un établissement qui s’engage dans une démarche concrète de développement durable. L’image ci-dessous illustre ces résultats :

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Graphique tiré de : AccorHotels

Une question de perception

Une troisième étude, réalisée auprès de 1000 clients d’hôtels dans 20 pays, publiée par Booking.com, révèle que 68 % des voyageurs sondés affirment qu’ils seraient portés à choisir un établissement écoresponsable dans la mesure où cette information est communiquée. Près des deux tiers des voyageurs n’ont pas séjourné dans un tel hôtel ou ne le savent simplement pas.

L’étude de Booking.com fait notamment ressortir le scepticisme des voyageurs quant aux mesures pro-environnementales annoncées par les hôtels. En effet, parmi les arguments expliquant pourquoi ils n’envisagent pas de choisir un tel établissement, les répondants mentionnent le coût trop élevé (22 %), le fait qu’on ne puisse être sûr de la véracité de ces actions (13 %) ou encore l’impression que ces hôtels seraient moins luxueux (10 %). Soulignons que 39 % des répondants affirment qu’ils ne connaissaient même pas l’existence d’établissements ayant adopté des mesures en matière de développement durable.

Faire de l’écoresponsabilité un critère de choix déterminant

Le rapport à la consommation a évolué avec cette prise de conscience rattachée à la nécessité de se tourner vers un développement plus durable. Un nombre grandissant d’établissements d’hébergement adoptent des mesures pour réduire leur empreinte écologique et s’inscrire dans un mouvement plus responsable. Mais ces efforts doivent être diffusés et mis de l’avant pour être connus des consommateurs.

Une normalisation internationale permettrait certainement davantage de transparence et de crédibilité quant à ces mesures. Ces dernières devront représenter une base, un critère déterminant dans le choix de l’hébergement, afin de favoriser les comportements écoresponsables en voyage, comme à la maison.

 

Image à la une : pexels.com

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Produits et activités

Le Défi #BeeSustain ou comment verdir ses réunions

Lors de l’European Meetings & Events Conference, qui s’est tenue à Copenhague du 7 au 9 février dernier, les délégués ont pu participer au Défi #BeeSustain présenté par Ulrika Martensson de Wonderful Copenhagen, l’office de tourisme de la ville. L’objectif de cette expérience immersive est d’aider les professionnels de l’industrie à intégrer le développement durable dans la planification de leurs événements et réunions, à partager leurs meilleures pratiques et ainsi, à réduire leurs dépenses.

Le Défi #BeeSustain

Le Défi #BeeSustain est un jeu interactif qui intègre les quatre principes du concept danois de design de réunions, Meetovation, mais dont l’élément dominant est la « pensée responsable ». Lors de cet atelier, les participants étaient guidés vers diverses stations afin de rencontrer des experts locaux et internationaux en matière de durabilité et de responsabilité sociale des entreprises. Ce fut l’occasion pour les délégués de discuter et d’obtenir des conseils judicieux dans un certain nombre de domaines clés. Les exemples qui suivent ont retenu notre attention.Bee_Sustain_Challenge

Source:European Meetings & Events Conference

Comment accroître sa responsabilité

Oliver Maxwell, fondateur de Bybi et producteur de miel local, a expliqué comment les abeilles ont inspiré le mouvement #BeeSustain, et comment elles peuvent devenir une source d’inspiration pour les marques et les événements. « Les abeilles constituent le parfait exemple de travailleuses socialement responsables. Elles sont incroyablement productives, mais en même temps, elles enrichissent le monde qui les entoure en pollinisant les fleurs, les fruits et les légumes. Elles sont essentielles à l’humanité », a-t-il dit. « À Bybi, nous croyons que notre propre production devrait également enrichir notre société et l’environnement », a déclaré M. Maxwell. « Voilà pourquoi nous travaillons avec les organismes communautaires pour créer des opportunités dans l’apiculture et la production de miel pour les sans-abri et les chômeurs de longue date.

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Source:European Meetings & Events Conference

Comment éviter le gaspillage alimentaire

Rasmus Scheelke, cofondateur du restaurant à but non lucratif Rub & Stub, lutte contre le gaspillage alimentaire en utilisant de la nourriture donnée par des entreprises de Copenhague. Les aliments sont généralement des fruits et des légumes dont la taille bizarre, la forme ou la couleur ne correspondent pas aux standards de l’industrie — ou de la nourriture comestible rejetée en raison d’un emballage défectueux ou autre. De plus, « toute la nourriture qui entre dans la cuisine doit ressortir par la panse d’un client. Nous servons des portions plus petites que les restaurants traditionnels, mais nous laissons les clients revenir pour une seconde portion. En adaptant ainsi la taille de nos repas à l’appétit de nos clients, nous gaspillons moins de nourriture », mentionne M. Scheelke.

Il a également expliqué que l’adoption de ces principes pourrait non seulement améliorer la durabilité des événements, mais aussi fournir aux gestionnaires un moyen facile d’économiser de l’argent et d’accroître la satisfaction des clients. « Au lieu de présumer que les participants prendront tous leurs repas dans le cadre de la conférence, demandez-leur à l’avance de préciser ceux auxquels ils vont vraiment se joindre. Cette simple étape peut faire économiser 30 000 $ lors d’un événement de 1 500 personnes. Cet argent peut ensuite être utilisé pour améliorer la qualité de la nourriture et assurer une provenance locale », a-t-il dit.

Comment certifier son événement

Guy Bigwood, directeur du développement durable chez MCI, une firme de gestion d’événements et de réunions, a ensuite aidé les participants à démystifier la norme ISO 20121, et leur a expliqué comment le fait de certifier leurs équipes pouvait procurer des avantages substantiels à leur entreprise. 

En procurant des lignes directrices et de meilleures pratiques pour la gestion d’événements, la norme ISO 20121 aide à maîtriser l’impact social, économique et environnemental.

« L’élément principal de la norme ISO 20121 est qu’elle se concentre sur le développement durable dans sa globalité. Il ne s’agit pas d’une certification verte; on parle de gens, de la planète, de profits et de la façon dont vous pouvez mener votre entreprise vers une meilleure position sur ces trois plans », a mentionné M. Bigwoog. ISO 20121 aide les entreprises à structurer, à enregistrer et à affiner leurs efforts de développement durable. « Les PME ont tendance à ne pas documenter leurs pratiques commerciales; ce qui signifie que lorsque les employés partent, la connaissance est perdue, ce qui génère des frais de formation additionnels. Les certifications telles qu’ISO 20121 créent des normes faciles à conserver et permettent d’éviter ce genre de coûts », a souligné M. Bigwood.

Comment verdir vos événements en quelques questions

L’atelier a aussi permis aux participants d’obtenir des conseils et des astuces pour rendre leurs événements durables, par l’entremise de « cartons-questions » portant sur des sujets tels que « Quoi demander à l’hôtelier ou au gestionnaire du lieu de réunion? » ou « Comment convaincre votre patron ou votre client? ». Voici des exemples de question à demander à l’hôtelier ou au gestionnaire du lieu de réunion pour s’assurer de leurs pratiques durables :

  • Est-ce que l’établissement est idéalement situé pour les transports en commun, à vélo ou à pied?
  • Vos délégués peuvent-ils emprunter ou louer des vélos?
  • Est-ce que votre établissement détient une certification environnementale?
  • Les enjeux environnementaux sont-ils pris en compte lors de l’achat d’équipement de salles de bain, d’appareils de cuisine électriques et de matériel de bureau afin de minimiser la consommation d’électricité et d’eau?
  • Utilisez-vous des lumières à basse énergie ou des ampoules à faible consommation d’énergie autant que possible?
  • L’eau est-elle fournie dans des pichets plutôt que dans des bouteilles?
  • Recueillez-vous l’eau de pluie, par exemple pour l’irrigation?
  • Contrôlez-vous le débit d’eau des douches, des robinets et des systèmes de chasse d’eau afin de le réduire au minimum?
  • La nourriture, le café et les boissons sont-ils produits localement ou issus du commerce équitable? Sont-ils biologiques, le cas échéant?
  • Avez-vous un programme de gestion des déchets alimentaires? Compostage? Recyclage?
  • Les aliments emballés individuellement sont-ils réduits au minimum?
  • Vos documents sont-ils imprimés sur du papier ou du carton recyclé?
  • Utilisez-vous des affiches, des bannières et des insignes réutilisables?
  • etc. 

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Source:European Meetings & Events Conference

Avant de quitter l’atelier, les participants ont été invités à indiquer dans quelle mesure ils avaient été inspirés par ce Défi #BeeSustain à mettre en œuvre des pratiques de développement durable dans leur travail : 77 % des gens ont été convaincus! L’êtes-vous?

 

Source de l’image à la une : pexels.com

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Tendances

Le reflet des tendances touristiques au Monastère des Augustines

Vous entendez souvent parler des tendances en tourisme et lisez régulièrement sur le sujet. Le Monastère des Augustines permet d’observer leur application concrète dans le contexte québécois d’un organisme à but non lucratif (OBNL) et de s’en inspirer.

Ouvert en août 2015, l’établissement se définit comme un havre patrimonial de culture et de mieux-être. Au sein des ailes anciennes du monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec, à l’origine du premier hôpital en Amérique au nord du Mexique, se trouvent un musée, de l’hébergement, dix salles locatives, un restaurant, une boutique et un centre d’archives. On y propose également une programmation variée d’activités en culture, en santé globale et mieux-être ainsi que des soins spécialisés. Voici comment le Monastère des Augustines intègre les tendances de l’heure.

La quête permanente du mieux-être

Tout le concept de l’établissement repose sur la poursuite de la mission des sœurs Augustines de soigner son prochain et de lui offrir un havre de paix propice au rétablissement. On retrouve cette philosophie à travers les soins de santé globale (de la massothérapie à la réflexologie), le concept de restauration bio et équilibré, les 65 chambres volontairement dépourvues de téléviseurs, la programmation d’activités telles que le yoga, la marche, la méditation et les ateliers d’apprentissage divers. La boutique s’inscrit dans cette veine avec la vente de tisanes signatures de l’établissement inspirées des recettes soignantes des Augustines, ainsi que plusieurs autres produits liés au mieux-être.

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Source: Monastère des Augustines

Hybridation des lieux et des fonctions

La volonté de transmettre le patrimoine des sœurs fondatrices se traduit par un concept hybride, à la fois attrait touristique (musée), lieu d’hébergement, centre de soins et lieu de réunions corporatives. Une partie du bâtiment est toujours lieu de vie pour moins d’une dizaine de sœurs qui habitent encore le monastère. Le chœur où elles se retrouvent pour se recueillir et chanter est au centre de l’établissement, au-dessus de l’accueil. Ces résidentes côtoient la clientèle et échangent avec elle.

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Source: Monastère des Augustines

Tourisme immersif et quête d’authenticité

L’énoncé de l’image de marque, « Une aventure en soi », reflète le caractère immersif et authentique de l’expérience d’un séjour dans l’univers et l’histoire des Augustines. Au cœur de leur lieu de vie depuis des siècles et entouré des meubles et objets de l’époque, on propose de vivre selon les valeurs qu’elles ont léguées. En effet, en plus des objets exposés dans le musée, les chambres, le restaurant et les salles de réunions comptent de nombreuses antiquités. La présence même des religieuses au sein de l’établissement ajoute beaucoup à l’authenticité du lieu. L’énoncé illustre également la volonté de faire vivre une aventure intérieure aux clients.

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Source: Monastère des Augustines

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Source: Monastère des Augustines

Un tourisme durable et responsable

La réhabilitation d’un monastère datant de 1639 ainsi que la conservation et la mise en valeur du patrimoine matériel et immatériel s’avèrent déjà des actions notables. S’y ajoutent une construction en géothermie, un éclairage DEL, l’isolation et des fenêtres haute performance et le choix de colles, solvants et peintures à faible émission. Le restaurant sert une nourriture principalement locale et bio. La politique d’approvisionnement responsable se traduit par des achats provenant majoritairement de fournisseurs locaux et régionaux. De plus, cet OBNL poursuit une mission sociale double, soit rendre le patrimoine des Augustines accessible à toute la population et offrir soutien et répit à ceux qui prennent soin des autres. À cet effet, on y accueille des proches aidants, des accompagnateurs de malades, des travailleurs et des bénévoles du milieu de la santé pour profiter de programmes d’hébergement et d’activités de ressourcement conçus à leur intention à faible coût.

Monastere_ausgustines_restaurant

Source: Monastère des Augustines

Autres tendances appliquées

  • L’expérience proposée rejoint la tendance du tourisme sensoriel par la création d’une ambiance apaisante, d’une philosophie alimentaire santé basée sur le plaisir et la diffusion d’une huile essentielle que l’on peut aussi se procurer en boutique.
  • Le tourisme urbain a été identifié comme une tendance à retenir d’ici 2020. Le Monastère des Augustines se situe dans le Vieux-Québec, au cœur de l’activité touristique.
  • On comprend le besoin de personnalisation de la clientèle touristique d’aujourd’hui. Des séjours thématiques sont offerts sous forme de forfaits, mais le client peut aussi choisir les activités à la carte.

Un modèle d’affaires innovant

Sans parler d’un modèle d’affaires disruptif proprement dit, il s’agit certes d’une structure de gouvernance innovante. Les Augustines ont décidé d’organiser leur legs et de confier la sauvegarde de leur patrimoine culturel à la société québécoise en créant deux entités administrées et gérées par des laïques :

  • La Fiducie du patrimoine culturel des Augustines, gardienne du patrimoine et des intentions;
  • Le Monastère des Augustines (OBNL), chargé du développement et de la gestion du projet.

Ce nouveau modèle pourrait être reproduit pour d’autres projets de mise en valeur du patrimoine.

La réhabilitation du bâtiment a nécessité un investissement de 42 millions de dollars, impliquant les trois paliers gouvernementaux et incluant une contribution de 10 millions de la part de la communauté des Augustines. Ces dernières ont par ailleurs créé un fonds de dotation de 5 millions de dollars pour appuyer le démarrage du projet. L’OBNL vise l’autofinancement à moyen terme et travaille à créer un équilibre entre la demande pour des salles de réunions et l’hébergement.

 

Les grandes tendances vous semblent-elles maintenant plus concrètes? Cet exemple vous inspire-t-il des pistes d’action?

 

Retour sur les tendances à l’aube de 2020 :

Quête du mieux-être et immersion pour plus d’authenticité

Expérientiel et sensoriel, mais aussi très urbain

Modèles disruptifs et hybridation des lieux et des fonctions

Nouvelles saturations du tourisme et cocréation

Mobilité omniprésente et apogée de la personnalisation

 

Source de l’image à la une : Monastère des Augustines

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Tourisme durable

Sensibiliser le public lors de l’observation de la faune sauvage

Le premier gage de succès d’une organisation d’observation de la faune sauvage réside dans sa mission. Celle-ci doit promouvoir la conservation des milieux, mais aussi la sensibilisation auprès du public, afin de minimiser l’impact des activités de l’entreprise sur la biodiversité. Mais comment créer une expérience touristique attrayante, tout en respectant les principes rigoureux de préservation de la faune? Plusieurs entreprises d’observation de la faune sauvage se démarquent par leurs actions de sensibilisation et d’éducation auprès des visiteurs. En voici quelques-unes.

Promouvoir et sensibiliser grâce à un événement

festival_camargue

 

La Ville de Port-Saint-Louis-du-Rhône en France a créé le festival de la Camargue et du Delta du Rhône pour promouvoir et valoriser la faune et la flore de ce territoire et ses acteurs. Il coïncide avec l’arrivée des oiseaux migrateurs dans la région, afin que les visiteurs puissent observer un plus grand nombre d’oiseaux dans leur milieu naturel. Le festival regroupe 40 sites partenaires qui offrent des animations, des spectacles, des conférences, des films, des sorties en nature et des circuits-découvertes. Le « village des kids » propose différents ateliers qui répondent à l’un des principaux objectifs du festival : la sensibilisation des jeunes générations à l’environnement. Le village propose, entre autres :

  • une découverte de la migration des hirondelles par un jeu sur plateau et la construction d’un nid d’hirondelle;
  • une activité de fabrication d’un cerf-volant en forme d’oiseau durant laquelle les animateurs présentent du contenu pédagogique sur les oiseaux et l’environnement.

De plus, les festivaliers sont invités à partager le mot-clic #suivezloiseau sur les réseaux sociaux, contribuant ainsi au rayonnement de l’événement et de l’emblème de la destination.

Créer un parc animalier

Les visiteurs placent l’intérêt des animaux avant le leur, ce qui se rapproche d’une vision durable du tourisme

Selon le professeur Dirk Reiser de l’Université de Sciences appliquées de Rhin-Whaal en Allemagne, la principale mission des réserves et des parcs animaliers n’est pas de divertir le public, mais bien de l’éduquer sur la préservation des espèces dans leur milieu naturel. Lors d’une étude qu’il a menée auprès des visiteurs du parc animalier de Bonorong en Australie, il a pu prouver que leurs attentes étaient en cohésion avec les objectifs du parc. En effet, les répondants ont donné de l’importance aux éléments suivant :

  • l’apprentissage et l’éducation : l’information proposée est de qualité, les panneaux explicatifs sont situés à hauteur des yeux des enfants, des visites guidées sont proposées;
  • la protection des animaux : les visiteurs peuvent observer la vie sauvage sans détruire les habitats naturels et la conservation est un axe majeur du site;
  • la santé des animaux : les enclos reproduisent les habitats naturels.

Ainsi, les visiteurs placent l’intérêt des animaux avant le leur, ce qui se rapproche d’une vision durable du tourisme.

Le Centre de la Biodiversité du Québec énonce clairement sa mission, soit « sensibiliser et éduquer jeunes et adultes à l’existence et à la conservation des espèces biologiques du Québec, ainsi qu’au développement durable de notre belle planète ». Il présente, entre autres, une exposition permanente sur la biodiversité du fleuve Saint-Laurent. Les visiteurs ont accès à des sentiers pédestres qui traversent plusieurs écosystèmes forestiers et qui sont agrémentés de panneaux d’interprétation.

centre de la biodiversité du québecSource : Facebook

Mettre à contribution des bénévoles

Les terrils du Nord-Pas-de-Calais en France, ces collines créées par l’exploitation minière, ont été reconvertis en un lieu d’activités sportives et d’observation de la faune et de la flore. L’association responsable du site propose une formation gratuite de Naturaliste amateur afin de mieux identifier les espèces peuplant le site. L’objectif est de former les participants pour qu’ils puissent effectuer des inventaires naturalistes de façon autonome sur leur territoire, mais aussi de leur permettre de participer à ceux dirigés par l’association. Grâce à cette formation, une cinquantaine d’actions ont été menées en cinq ans, permettant de faire un suivi de l’impact des changements climatiques sur le comportement des espèces.

chaine des terrils

Source : Chaine des terrils

Réaliser un guide de pratiques écoresponsables

logo eco-baleineL’Alliance Éco-Baleine est un regroupement constitué d’entreprises québécoises d’excursions en mer, du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), de Parcs Québec et de Parcs Canada. Son objectif est de faire du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent un modèle d’observation responsable des baleines. Dans un travail de concertation, l’Alliance a élaboré le guide des pratiques écoresponsables pour les capitaines et les naturalistes en mer. Il présente les meilleurs comportements à adopter pour sensibiliser les visiteurs et pour la navigation, afin de favoriser la qualité des activités d’observation en mer et la protection des baleines. Différents exemples de discours sont suggérés selon l’étape de l’expérience (dès le départ, au cours de l’excursion, au retour). En voici un exemple :

guide pratiques écoresponsables

Source : Guide des pratiques écoresponsables

Cette concertation entre les milieux du tourisme et de la recherche se concrétise aussi par la création du Fonds Éco-Baleines. Il permet d’investir une partie des bénéfices des entreprises membres de l’Alliance dans des projets de recherche scientifique et d’éducation.

Il existe de multiples activités d’observation de la faune sauvage qui conjuguent découverte, plaisir et sensibilisation. La valorisation de la biodiversité d’une destination assure la qualité de ses offres et contribue à son attractivité écotouristique.

Pensez-vous que la sensibilisation du public s’intègre facilement à une offre touristique de nature?

 

Image à la une : ©Québec Original/Cécile Benoit

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Produits et activités

Repenser le design des conférences et réunions avec Meetovation

Vous êtes-vous déjà senti glisser dans les bras de Morphée au cours d’une journée de conférences, particulièrement après un repas trop lourd? Vous arrive-t-il d’être tenté de consulter vos courriels ou d’envoyer des textos, plutôt que de vous concentrer sur les propos du conférencier? Si la réponse est oui, c’est que les événements auxquels vous assistez n’intègrent pas les principes de Meetovation.

Un concept unique

Lors du plus récent événement de l’association Meeting Professionals International (MPI) qui s’est tenu à Copenhague du 7 au 9 février dernier, les concepteurs de réunion chevronnés Ann Hansen et Bo Kruger, ont fait vivre aux participants l’expérience « Meetovation ». Ce concept de design de réunion qui rompt avec les façons de faire traditionnelles repose sur quatre piliers qui, ensemble, créent de meilleures conditions d’apprentissage et augmentent dès lors la rentabilité de l’investissement :

  • la participation active des délégués;
  • l’utilisation créative de l’environnement physique;
  • la pensée durable et responsable;
  • l’inspiration authentique et locale.

Participation active des délégués

Les délégués d’aujourd’hui ne sont plus intéressés par une communication à sens unique. Ils souhaitent partager leurs idées plutôt qu’écouter passivement. Pour ce faire, les événements basés sur le concept danois proposent des miniconférences, de dix à quinze minutes et des séances de travail en groupes restreints, propices au partage des connaissances et des compétences, le tout entrecoupé d’activités de groupe pour dynamiser les troupes.

Lors de l’European Meetings & Events Conference, entre autres, les participants ont pu assister à des EduLabs aux formats plutôt spéciaux. Pick-a-brain, par exemple, mettait sur la sellette un panel de délégués volontaires qui avait accepté de répondre aux questions d’un animateur et des autres participants, afin de partager leur expertise en conception d’événements. D’autres personnes ont joué aux blocs Lego et ont construit des tours avec des spaghettis lors d’ateliers de formation, avant de se lancer dans des discussions soutenues, entremêlées de présentations d’experts-conférenciers.

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Source : citmagazine.com

La participation active n’est pas l’apanage des groupes restreints comme l’ont démontré les animateurs de l’EMEC. En effet, ils ont réussi à faire bouger plus de 250 invités à la fois en lançant des ballons de plage dans la foule, en organisant une bataille « boules de neige » en papier froissé — nous sommes au Danemark après tout! — et en invitant les participants à une partie de devinettes, le tout dans le but avoué de redonner de l’énergie aux participants et de les aider à briser la glace pour mieux travailler ensemble par la suite. Et ça fonctionne très bien!

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Sources : themiceblog.com et citmagazine.com

Environnement créatif 

Meetovation utilise les installations de manière à soutenir l’objectif global de la réunion et à créer un environnement stimulant; une ambiance propice aux interactions entre les participants (meubles confortables, lumière colorée ou tamisée, musique, etc.). La configuration de la salle principale de l’EMEC n’avait rien de conventionnel : canapés, bancs recouverts de peaux de mouton, chaises pivotantes, poufs disposés sous un éclairage rouge et musique invitant à la rencontre et à la discussion. Derrière les présentateurs et conférenciers, une bibliothèque garnie d’objets à l’image de la destination, où chacun des orateurs était invité à laisser un élément déterminant de sa présentation : un bon moyen de se remémorer les moments marquants de la conférence.

salle

Source : Bureau des congrès de Copenhague       

Inspiration locale 

Selon les principes de Meetovation, les conférences et réunions doivent s’inspirer de l’environnement local et authentique pour ouvrir les esprits et rendre l’événement mémorable. La conférence d’ouverture d’EMEC a certainement marqué les esprits des participants : la petite sirène, personnage emblématique de la ville inspiré du conte de l’écrivain danois Hans Christian Andersen, a présenté l’animatrice de l’événement, qui à son tour a traversé la salle sur sa bicyclette; Copenhague n’est-elle pas la capitale mondiale du vélo? Le ton était donné.

L’événement entier fut baigné dans cette atmosphère hygge typique du Danemark, que l’on pourrait traduire par une ambiance intimiste et chaleureuse : lumière rouge tamisée, musique inspirante, peaux de mouton, fauteuils confortables. Les participants ont aussi pu goûter à la nourriture locale pendant les pauses et lors du dîner d’ouverture en se rendant au Copenhagen Street Food qui offre plus de 35 kiosques, dont la majorité mettent l’accent sur l’alimentation biologique.

Pensée responsable 

De nos jours, être écologique et respectueux du climat est important. Et puisque le Danemark est considéré comme l’un des pays les plus « verts » au monde, il va sans dire que le concept Meetovation inclut un guide pour les réunions écologiques et respectueuses de l’environnement. Ce dernier intègre des aliments sains et énergisants et des solutions durables : choisir des fournisseurs locaux ou recycler, par exemple. Pendant EMEC, les participants ont pu assister à des séances de formation sur la réduction des déchets alimentaires; des verres et des pichets ont remplacé les bouteilles en plastique, les fourchettes et les couteaux jetables étaient fabriqués en bois durable et même les crayons de couleur en bois remis aux participants avaient une extrémité remplie de graines pouvant être plantées dans le sol pour voir s’éclore de belles pousses de thym, de sauge ou de romarin; un souvenir simple et durable de l’événement!

Une mention spéciale au comité organisateur de la conférence qui avait demandé aux délégués de remettre à la Croix-Rouge danoise, des gants et des foulards destinés aux gens dans le besoin. C’est aussi cela avoir une pensée responsable!

Tous ces principes, admirablement intégrés par leurs concepteurs danois, ont fait de l’European Meetings & Events un événement inoubliable. Comme le dit si bien l’adage, l’essayer, c’est l’adopter! Alors, qu’attendez-vous pour vous lancer dans l’aventure Meetovation?

 

Source de l’image à la une: visitdenmark.com

 

 

 

 

 

 

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Tourisme durable

Un motel passe à l’énergie solaire

 

Situé à Franconia, dans le New Hampshire, le motel s’est doté d’un système de 52 panneaux installés sur le toit du bâtiment principal et conçus pour produire 13,5 kW d’électricité par heure, soit 15 220 kW par année. 

Durant les périodes où l’énergie produite excède la demande, le surplus pourra être accumulé et utilisé lorsque les besoins sont supérieurs à l’énergie produite (périodes nuageuses ou en soirée). Cette initiative a nécessité un investissement de 40 000 dollars américains, et a été financée en partie grâce à un crédit de taxe fédéral et un rabais du New Hampshire Public Utilities Commission Sustainable Energy Division.

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Source : Gale River Motel

Le Gale River Motel est un chef de file dans l’utilisation de technologies environnementales depuis plusieurs années ; il a d’ailleurs reçu plusieurs distinctions. L’installation d’un chauffe-eau solaire et de portes et fenêtres énergiquement efficientes a grandement contribué à réduire les coûts de chauffage et de climatisation au cours des dernières années.

En passant à l’énergie solaire, le motel gère astucieusement ses coûts d’énergie tout en réduisant son empreinte de carbone d’environ 227 tonnes durant le cycle de vie des panneaux. Cet exemple démontre que cette technologie et les avantages qui en découlent sont accessibles à des entreprises de petite taille.

Source de l’image à la une : Freeimages.com/ Michael & Christa Richert

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Tourisme durable

S’adapter aux changements climatiques : le faites-vous?

À l’occasion de l’événement Faire face aux changements climatiques, présenté dans le cadre des tables rondes du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec, en collaboration avec la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, des représentants d’organisations touristiques ont partagé leur expérience à propos des changements climatiques.

Tendances climatiques

Kate Germain, co-coordonnatrice du programme Tourisme et changements climatiques rappelle quelques-uns des constats sur l’évolution climatique au Québec, tels que la hausse des températures moyennes enregistrées ou encore la baisse des précipitations neigeuses dans les régions du sud du Québec. Le tableau 1 rassemble ces tendances.

Evolution_climatique_tableau

Pour les entreprises touristiques, ces tendances s’ajoutent aux divers phénomènes météorologiques qui engendrent de nombreux impacts comme une baisse de l’attractivité des lieux, des difficultés à prévoir les besoins en main-d’œuvre ou encore un changement de comportement de la part de la clientèle.

Le ski de fond : fabriquer de la neige et diversifier les activités

Madame Manon René de Cotret, directrice générale du Regroupement ski de fond Laurentides démontre que depuis cinq ans :

  • l’ouverture de la saison est un moment critique qui a lieu de plus en plus tard, souvent après la période des fêtes;
  • le nombre de jours où l’on peut pratiquer le ski est globalement en baisse;
  • le nombre de jours fermés à la pratique durant la saison est en hausse;
  • la saison se prolonge parfois jusqu’en avril.

Sur plus de 124 lieux de pratique répertoriés au Québec, un seul possède un système d’enneigement, celui de la Forêt Montmorency, dans la région de Québec. L’équipement nécessaire à la fabrication de neige et à l’entretien est coûteux, et les fonds publics sont difficiles à obtenir. Parmi les pistes de solutions envisagées, Mme de Cotret mentionne :

  • la mobilisation des intervenants tels que les gestionnaires de réseaux, les fabricants et les détaillants d’articles de ski de fond, la fédération de ski de fond, les adeptes et les hôteliers pour une mise à niveau des infrastructures;
  • un partenariat public-privé pour un investissement en équipements de fabrication de neige et d’entretien des pistes;
  • la diversification des activités en sentier (vélo hivernal ou Fatbike, raquette, marche avec animation ludique, etc.)

Fatbike_Ski_de_fond_laurentides

Terrain de golf : des adaptations techniques

Monsieur Dany Beauséjour, directeur général du Golf Le Sélect à Mirabel, précise que la météo constitue une préoccupation de chaque instant. Elle implique la mise en place de stratégies quotidiennes et d’interventions qui permettront une meilleure gestion à moyen et à long terme. Il faut savoir s’adapter, mais aussi tirer profit des changements climatiques. À titre d’exemple, depuis quelques années, la saison de golf s’étire. Elle débute beaucoup plus tôt, en mars, et se termine en novembre. M. Beauséjour indique que les golfeurs ne sont cependant pas toujours au rendez-vous lors des ouvertures hâtives. Il faut créer l’habitude, le réflexe chez les adeptes. Pour l’instant, il s’agit d’un investissement en entretien, main-d’œuvre, etc.

Les pluies abondantes qui se succèdent depuis quelques années ont causé bien des dommages sur les terrains de golf. Les accumulations d’eau posent de sérieux problèmes et impliquent parfois la fermeture des parcours. Pour réduire sa vulnérabilité aux intempéries, le Golf Sélect a notamment :

  • agrandi son réservoir d’irrigation;
  • installé des tuyaux de drainage plus volumineux;
  • créé des bandes riveraines plus larges;
  • mis en place une procédure pour briser systématiquement la glace sur le terrain en hiver.

M. Beauséjour souligne l’importance de penser à rentabiliser chacune de ces dépenses. Par exemple, à la suite d’une micro rafale qui a fauché des centaines d’arbres, le Club de golf a récupéré le bois pour son système de chauffage à la biomasse.

Enfin, la diversification des activités figure aussi parmi les stratégies du Golf Le Sélect, notamment avec la mise en place d’un parcours de Footgolf, où l’on troque la balle pour un ballon de soccer et le bâton pour le pied. Ce parcours est situé sur une partie surélevée du terrain qui est donc mieux drainé.

Adapter l’hébergement, les activités et les infrastructures

Madame Julie Zeitlinger, propriétaire de la station de plein air Au Diable Vert, a bonifié et adapté son offre, afin de résoudre certains problèmes générés par des conditions météorologiques défavorables aux structures et activités existantes.

L’entreprise a ainsi réduit le nombre d’emplacements de camping pour tentes, afin d’offrir davantage de cabanes rustiques 4 saisons. La politique de réservation est aussi plus stricte : annulation non remboursable dans les 13 jours précédant la date du séjour.

Changements_climatiques_Au_Diable_vert

Le drainage a été amélioré grâce au recours au gravier, à des ponceaux dans les sentiers, à l’installation de passerelles, à l’aménagement d’un quai à hauteur variable, et en surélevant au-dessus du sol certaines structures comme les toilettes sèches et les refuges. Des activités de plein air guidées de plus courte durée, ainsi que de l’équipement en location comme des crampons et des raquettes sont également proposés.

Avoir une vision à long terme

Les prévisions scientifiques sont sans équivoque : ces changements sont bien enclenchés. Ils présentent des risques et des opportunités pour les secteurs de l’industrie touristique. Les organisations proactives, qui s’adaptaient hier à la météo, tentent aujourd’hui de s’ajuster à la météo ET au réchauffement climatique.

 

Image à la une : splitshire.com