Le groupe Oceania Hotels, propriétaire des hôtels Nomad en France, encourage ses clients à mieux gérer leur consommation d’énergie en fournissant dans chaque chambre une tablette numérique qui leur permet de tenir à l’œil leur consommation d’eau. Pour les récompenser de leurs efforts, on leur propose de diminuer leur facture : limiter la consommation d’eau, ne pas faire changer les serviettes ni les draps tous les jours ou ne pas faire faire le ménage quotidiennement réduira l’addition de 8 euros (12 dollars canadiens) par jour, alors que ne pas faire fonctionner la climatisation fera économiser 1 euro (1,5 dollar canadien) supplémentaire.
Les deux établissements NOMAD du groupe Oceania Hotels jouent la carte de l’écoresponsabilité en réduisant au maximum leur impact écologique : réduction de la consommation en eau potable, récupération et traitement des eaux pluviales, centrale de traitement d’air à récupérateur d’énergie, panneaux solaires assurant la production d’eau chaude, bois certifié Pan European Forest Certification, moquette en filets de pêche recyclés, etc. Résultat : la moitié des besoins énergétiques du NOMAD Paris CDG sont comblés par des énergies renouvelables!
La Chaire de tourisme Transat ESG UQAM, en collaboration avec Tourisme Montréal, dévoilait le 20 janvier 2016 les 10 grandes tendances qui marqueront l’industrie du tourisme d’ici la fin de la décennie. Les conférenciers, Paul Arseneault et Pierre Bellerose, ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises touristiques à appréhender l’avenir à moyen terme, soit d’ici la fin de la décennie. Voici deux de ces tendances sous forme d’extraits vidéo.
Le tourisme à l’aube de 2020…
… deviendra le lieu de nouvelles saturations et du refus du tourisme
L’évolution rapide du tourisme depuis les 60 dernières années ne s’est pas faite sans heurt. Pour contrer les effets pervers d’ordre économique, environnemental ou social, des destinations tentent de restreindre, d’adapter, d’ajuster, de réguler le tourisme par un développement plus durable. Les changements climatiques amplifient ces effets indésirables et incitent même certaines destinations à refuser le tourisme.
… reposera sur l’innovation ouverte et la cocréation
Les entreprises impliquent désormais le client dans le processus de création, que ce soit en le consultant pour mettre sur pied de nouveaux produits, pour en faire l’essai ou encore pour le publiciser. Le financement participatif s’inscrit aussi dans cette mouvance. Donner ainsi davantage de pouvoir au client résulte en de nouveaux modèles de production et de consommation.
Consultez les autres extraits vidéo de cette conférence.
Devant la montée des eaux et les multiples autres préoccupations environnementales, une offre touristique de niche fait surface : l’hébergement flottant. Présentes depuis quelques années en milieu naturel mais aussi en zone urbaine, ces structures ont pour vocation de valoriser des étendues d’eau tout en ayant une empreinte écologique moindre. Voici des exemples de projets menés à bien ou en cours de réalisation.
Au cœur d’une offre de plein air
Les centres de villégiature du Village Toue du Domaine des Demoiselles, au bord de la Loire, et du Village Flottant de Pressac, proche de la rivière de la Vienne, en France, proposent des hébergements sur des étangs. Les bateaux traditionnels appelés les Toues cabanées du Village Toue (voir vidéo ci-dessous), les cabanes flottantes et les restaurants-cabanes du Village Flottant sont accessibles soit par barque, soit par une passerelle reliée à la berge.
Sur place, diverses activités et installations sont proposées : canot, kayak, pêche, cueillette de légumes du potager, croisières-excursions, parcours pédestre pédagogique, piste cyclable, etc. De plus, le Village Toue organise des circuits touristiques d’une journée dans la région.
L’initiateur du projet du Village Toue est la société française de location de bateaux de plaisance Les Canalous. Elle y a investi deux millions d’euros et compte développer une franchise. Elle souhaite reproduire ce modèle dans des zones protégées et établir une charte qui respecterait un mode de tourisme durable. Quant au Village Flottant de Pressac, le projet s’élève à 2,3 millions d’euros, dont un million à la charge de la mairie, à l’origine de l’idée.
Sur la côte nord de la Colombie-Britannique, le King Pacific Lodge, un hôtel flottant amarré à une île au pied des montagnes, est accessible uniquement par avion ou par bateau. Fréquenté par les amateurs de pêche au saumon, ce lodge de luxe propose des forfaits incluant l’aller-retour en avion de Vancouver et l’accompagnement d’un guide de pêche. La clientèle paye une taxe de conservation qui est ensuite investie en crédits compensatoires de carbone et dans la protection de la faune et de la flore.
L’hôtel flottant Salt & Sill, situé dans un archipel près de Göteborg en Suède, est quant à lui constitué de six maisons de deux étages bâties sur des pontons. La clientèle a accès au solarium sur le toit ainsi qu’au « bateau sauna » et au « bateau restaurant », amarrés à côté de l’hôtel, où l’on organise des conférences et des événements.
Sur le toit de l’hôtel flottant Amstel Botel, à Amsterdam, des architectes et des designers d’intérieur ont conçu des chambres dans un ensemble représentant le nom de l’hôtel. Chaque lettre rouge mesure 6,5 m de haut, et la décoration des chambres est fortement inspirée des quais où le bateau-hôtel est amarré.
L’objectif est de favoriser la préservation de l’environnement dans les zones touristiques
Le studio de design serbe Salt & Water a conçu récemment les plans d’un hôtel flottant composé d’appartements sur des catamarans accostant une plateforme flottante qui inclut une réception, un restaurant et une salle pour la tenue d’événements. L’objectif est de favoriser la préservation de l’environnement dans les zones touristiques, tout en permettant aux touristes de profiter du milieu naturel des eaux intérieures. Avec ce projet, Salt & Water a reçu le Millennium Yacht Design Award pour sa capacité à promouvoir un tourisme durable.
Un hôtel en forme de flocon de neige devrait flotter sur les eaux norvégiennes du cercle arctique à compter de 2017. Le Krystall Hotel sera constitué de plafonds de verre permettant à la clientèle de contempler les aurores boréales. Conçu par Dutch Docklands, une entreprise spécialisée dans les infrastructures et les concepts flottants, l’hôtel aura un diamètre de 120 mètres et sera composé de 86 chambres, de salles de conférence ainsi que d’un espace bien-être. Il sera par ailleurs autosuffisant en matière d’énergie.
Kwanini The Manta Resort, au Zanzibar, propose une plateforme flottante sur trois étages à quelques minutes en bateau de l’hôtel. La chambre à coucher se trouve sous l’eau, de façon à permettre à ses occupants de contempler la faune dans une zone de conservation marine créée par l’hôtel.
L’omniprésence des étendues d’eau au Québec est propice au développement de ces structures d’hébergement flottantes. Elles s’inscrivent dans des créneaux touristiques déjà très présents dans la province, soit le tourisme d’aventure, le tourisme de plein air et le tourisme durable.
L’engouement des voyageurs envers les causes humanitaires pousse les entreprises des pays développés à proposer des activités de tourisme volontaire ou à lancer des initiatives de responsabilité sociale. PhoCusWright s’est intéressé aux Américains faisant acte de générosité en voyage afin de comprendre leurs motivations et leurs comportements. On pourrait penser que ce marché ne concerne pas le Québec. Mais offre-t-on seulement la possibilité de faire vibrer la fibre philanthropique des touristes?
En juin 2015, un sondage en ligne a été administré auprès de 2551 voyageurs d’agrément ayant un revenu de ménage annuel moyen d’au moins 50 000 $ américains, qui ont aussi fait du volontariat ou un don lors de leurs voyages. Parmi eux, 55 % se sont engagés auprès des communautés qu’ils ont visitées au cours des deux dernières années. Un échantillon de 507 répondants a ensuite été sélectionné pour répondre au reste du sondage; 35 % d’entre eux sont âgés de 18 à 34 ans, 44 % ont 35 à 54 ans et 20 % ont 55 ans ou plus.
Quels actes de philanthropie?
Près de neuf voyageurs américains philanthropes sur dix (86 %) se sont impliqués dans les communautés visitées
Près de neuf voyageurs américains philanthropes sur dix (86 %) se sont impliqués dans les communautés visitées au cours des deux dernières années en versant des dons ou en dépensant leur argent dans les destinations. Ces voyageurs ont aussi apporté des dons en nature (78 %) et ont réalisé des activités de volontariat (64 %).
La prévalence des dons en argent semble être corrélée au faible degré d’interaction entre ces voyageurs et les communautés locales, puisque 58 % d’entre eux ont eu très peu de contacts avec celles-ci. À l’inverse, 41 % ont effectué des visites ou du volontariat au sein des communautés. Parmi eux, seuls 7 % y ont vécu des expériences de longue durée.
Les répondants âgés de 18 à 34 ans sont plus nombreux à s’impliquer personnellement alors que ceux des autres tranches d’âge ont davantage tendance à fournir une aide financière (voir le tableau 1).
Les jeunes voyageurs sont plus généreux
Les voyageurs américains de 18 à 34 ans contribuent davantage au développement des destinations visitées que les plus âgés (voir le tableau 2). En moyenne, lors de leur voyage le plus marquant, ils ont donné 2,5 fois plus de leur temps, presque 3 fois plus d’argent et 4,5 fois plus de dons en nature (nourriture, vêtements, etc.) que ceux âgés de 55 ans et plus.
Les principales causes humanitaires qui bénéficient du soutien de ces voyageurs sont les besoins de base des résidents (42 %), l’éducation (27 %), le développement des communautés (25 %), la santé (20 %) et les services auprès des jeunes (18 %). Près de la moitié (48 %) des répondants aident directement les individus et les familles, alors que les organisations et les institutions sont moins sollicitées (entre 17 % et 33 %).
Importance de la responsabilité sociale des entreprises
Le coût est le principal critère (59 %) des voyageurs philanthropes lors du choix de leur séjour, suivi de la sélection d’options (48 %), puis des expériences passées (47 %). Plus du tiers d’entre eux (34 %) accordent de l’importance à la responsabilité sociale de l’entreprise touristique. Le quart des répondants considèrent celles qui intègrent le volontariat ou les actes de dons dans les voyages offerts et 23 % choisissent les entreprises qui sensibilisent leurs clients aux besoins des communautés visitées ou qui sont elles-mêmes engagées dans leur propre communauté.
Destinations préférées et planification du séjour
L’Europe et le Mexique sont les destinations internationales les plus populaires (22 %), suivis du Canada (16 %)
Les séjours les plus marquants en matière de volontariat et de dons de la part des voyageurs américains ont été principalement effectués à l’intérieur du pays (32 %); l’échantillon de répondants a été restreint à cette proportion afin de mieux étudier le comportement de ceux qui voyagent à l’étranger. L’Europe et le Mexique sont les destinations internationales les plus populaires (22 %), suivis du Canada (16 %), de l’Amérique centrale (12 %), de l’Asie et de l’Amérique du Sud (9 %).
Les États-Unis sont la destination la plus appréciée par les voyageurs philanthropes âgés de 35 ans et plus, alors que les milléniaux ont été séduits par l’Europe. Ces derniers voyagent davantage à l’étranger que les plus âgés (voir le graphique 1).
Lors de leur séjour le plus marquant, plus de la moitié des répondants ont organisé leur voyage seuls ou sont partis sans être accompagnés (voir le graphique 2). Plus du quart des jeunes de 18 à 34 ans ont effectué un voyage organisé avec un groupe, comparativement à 16 % des 35 à 54 ans et 17 % des 55 ans ou plus.
Incitatifs à la philanthropie
L’intérêt porté par ces voyageurs envers la philanthropie provient avant tout de la lecture ou du visionnement de nouvelles qui les ont interpellés (30 %) ou d’un événement vu ou vécu lors d’un voyage précédent (29 %). Les organismes qui travaillent avec les communautés locales jouent aussi un rôle important dans la sensibilisation. Enfin, un voyageur sur cinq agit en réponse à une catastrophe (voir le graphique 3).
Proposer des façons de donner
Un rapprochement avec les organismes à but non lucratif est une avenue à considérer pour toute entreprise touristique souhaitant ajouter le volontariat à son offre ou permettre à sa clientèle de faire des dons. Au Québec, l’exploration scientifique liée aux baleines du Saint-Laurent est déjà l’objet d’intérêt de la part des touristes. La station de recherche des Îles Mingan offre des sorties en zodiac et des stages de recherche au public afin d’aider les scientifiques.
Une autre bonne pratique à noter est celle de l’organisme de gestion de la destination de l’Oregon. Il a créé un fonds philanthropique afin d’appuyer le développement touristique durable de la région. Ses membres s’engagent à recueillir des dons auprès de leur clientèle, qui seront ensuite investis dans des projets environnementaux et éducatifs.
Pensez-vous que votre clientèle serait intéressée à participer à des activités de volontariat ou à verser des dons pour des causes humanitaires? Avez-vous déjà entrepris ce type d’initiatives?
À l’instar du ministère du Tourisme du Québec qui planche sur la révision de son modèle d’affaires et de gouvernance, les petites et moyennes entreprises peuvent réfléchir à l’échelle locale à des moyens d’augmenter leur performance. Les partenariats financiers se présentent comme une des solutions.
Atout France, l’Agence de développement touristique de la France, considère ces actions collectives comme des démarches de mutualisation. Elles peuvent être effectuées par des entreprises privées, des structures publiques ou bien par les deux réunies. Selon une étude réalisée par Atout France, la mutualisation représente un partage d’idées, de moyens, de ressources ou de compétences pour atteindre un objectif commun à un groupe. Les parties prenantes contribuent financièrement et doivent en retirer des bénéfices réciproques.
L’étude fait ressortir les intérêts de ces ententes pour les parties prenantes et détaille diverses initiatives dans l’industrie touristique; en voici quelques-unes.
La valeur ajoutée de la mutualisation
Dans le cadre d’un projet, la démarche de mutualisation présente de nombreux avantages :
partager les coûts (investissements, personnel, locaux, formation) et répartir les risques;
partager des compétences et des connaissances;
bénéficier des expériences mutuelles;
trouver de nouveaux clients ensemble;
résoudre des problèmes communs;
accroître la visibilité auprès des visiteurs.
Lorsque cette démarche rassemble des acteurs de différents secteurs économiques, d’autres avantages s’ajoutent :
créer un nouveau produit ou un service ensemble;
concevoir des offres originales et identitaires, sources d’innovation;
optimiser les ressources économiques sur le territoire.
L’intersectorialité apporte une valeur ajoutée aux partenariats financiers, tout comme la complémentarité des produits et des services
L’intersectorialité apporte une valeur ajoutée aux partenariats financiers, tout comme la complémentarité des produits et des services. En effet, les touristes souhaitent découvrir une destination dans son ensemble, de la manière la plus fluide possible. Ainsi, les initiatives qui rassemblent des produits et des services différents placent les clients au cœur du processus de mutualisation.
Mutualisation des actions marketing
Dans l’industrie touristique, la mutualisation s’axe principalement autour d’actions marketing conjointes. Elles s’effectuent par la mise en commun de supports de communication (dépliants, achat de bannières publicitaires, etc.), de démarches commerciales (par ex. : participation à des salons), ou encore par des accords collectifs auprès de réseaux de distributeurs.
Plusieurs entreprises touristiques du nord de la France se sont regroupées au sein d’une association pour créer la Route 62. Le but est d’accroître leur visibilité et d’inciter les visiteurs à se rendre d’un site à l’autre. Elle propose la carte Avantages Route 62, qui permet de bénéficier de réductions et de privilèges dans chacun des attraits (prestataires de loisirs, hébergements, restaurants). L’association a créé un site Web et une brochure, participe à des salons et achète des encarts publicitaires dans des magazines. La mutualisation est animée et gérée par les membres, qui se partagent les actions à mener.
Mutualiser des ressources humaines et des compétences
De nombreuses démarches de mutualisation sont créées afin de professionnaliser les acteurs. Cela permet d’échanger des expériences et des bonnes pratiques, de partager la connaissance du territoire et des points de vue sur l’actualité du tourisme.
Le groupement d’employeurs RESO propose à ses membres d’embaucher des salariés en temps partagé
Le groupement d’employeurs RESO, issu d’une initiative d’hôteliers pour remédier aux aléas de l’emploi saisonnier dans l’industrie touristique, propose à ses membres d’embaucher des salariés en temps partagé. L’objectif est de créer des emplois à temps plein, de faciliter la gestion des ressources humaines et de fidéliser le personnel. De plus, les entreprises y adhérant, provenant de tous les secteurs de l’industrie touristique, sont aidées financièrement par les autres membres lorsqu’elles ont de la difficulté à payer un de ces salariés.
Le réseau Tistra, qui regroupe des entreprises du secteur du tourisme industriel, scientifique et technique au Rhône-Alpes, est une association qui a été créée par le gouvernement français et la région. Un de ses objectifs est de favoriser l’échange de bonnes pratiques entre ses membres. Les salariés peuvent ainsi visiter gratuitement les autres sites du réseau une fois par année. De plus, Tistra organise des formations destinées aux salariés de ses membres portant sur différentes thématiques.
Mutualiser des moyens
La mutualisation de moyens passe par la mise en commun d’espaces de travail, d’une centrale de réservations, d’outils d’observation de la fréquentation touristique, etc.
La coopérative De Rue et De Cirque rassemble des acteurs des arts du cirque, de la rue et de la ville dans la région Île-de-France, et leur apporte un accompagnement logistique et financier en échange du partage des recettes de leurs spectacles. De plus, elle favorise la mutualisation des moyens entre ses membres : prêt et échange de matériel, listes de diffusion, organisation et montage en commun de spectacles en tournée ou lors d’événements culturels.
Le réseau Actes if réunit des lieux artistiques et culturels indépendants. Un de ses axes est constitué de la mutualisation d’un fonds de solidarité financière afin de faciliter le fonctionnement quotidien des lieux. Chaque membre dépose des sommes d’argent, considérées comme des « cautions », dans un compte bancaire commun. En retour, l’organisme de crédit accorde des prêts à court terme à taux avantageux ou une marge de crédit à faible taux d’intérêt.
Mutualiser pour établir une démarche de qualité
Une démarche collective de qualité s’inscrit dans les objectifs de certaines initiatives de mutualisation, comme c’est le cas de l’association Cévennes écotourisme. Elle regroupe près d’une centaine de professionnels du tourisme situés dans le parc national des Cévennes. Financée par les cotisations des membres et des subventions publiques, l’association les accompagne et les assiste techniquement afin d’appliquer les principes de la Charte européenne du tourisme durable dans les espaces protégés.
Les acteurs de l’industrie touristique ont tendance à se regrouper entre prestataires d’un même secteur d’activité pour mener des démarches de mutualisation. Pourtant, les initiatives intersectorielles permettent de valoriser des complémentarités et de stimuler l’innovation.
Le mycotourisme est une activité du secteur de l’écotourisme ou du récréotourisme, qui repose sur l’exploitation de la ressource fongique forestière. Au cours des dix dernières années, un pas de géant a été franchi dans la mise en valeur des champignons forestiers comestibles. Il s’agit d’une tendance très forte en Europe; l’activité se révèle fort lucrative. En Espagne, dans la seule région de Castilla y Léon, la cueillette de champignons sauvages et le mycotourisme représentent une filière de plus de 60 millions d’euros annuellement. Aujourd’hui, 54 % des hébergements de la région affirment accueillir des mycotouristes, tandis que 52 % des restaurants des alentours mettent ce produit à l’honneur dans leurs menus.
De la balade épicurienne à l’assiette : le vrai goût du terroir
Il s’agit d’une tendance très forte en Europe; l’activité se révèle fort lucrative
Cette activité champêtre par excellence se décline en d’aussi simples plaisirs que ceux d’être en forêt, d’identifier les champignons, mais aussi les arbres et les fleurs, de les toucher puis de les sentir. Ces nouvelles découvertes favorisent la convivialité et la bonne entente entre les participants, et la fierté d’avoir cueilli ses propres champignons pour les déguster le soir même semble émaner de chaque sortie. « Luxe, calme et volupté » illustrent d’ailleurs parfaitement l’expérience haut de gamme que le Four Seasons Resort à Vail, dans le Colorado, propose à ses clients lors de cette sortie sensorielle tout-terrain. La balade est guidée par un expert en mycologie; la pause casse-croûte prend la forme d’un vin, fromage et prosciutto, et la journée se termine par un cours de cuisine avant de se rendre au restaurant gastronomique de l’hôtel.
Produits à la fois populaires mais surtout très raffinés depuis quelques années, les champignons sont en vogue dans les plus grands restaurants. Les touristes à la recherche d’une activité éducative et de plaisirs gourmands trouveront leur bonheur à l’Hotel Palazzo Di Valli à Sienne, au Long Beach Lodge Resort à Tofino ou encore au restaurant étoilé Xesc Fonda dans les Pyrénées espagnoles (voir la vidéo du chef Francesc Rovira, ainsi que les photos ci-dessous).
Une activité à fort potentiel pour les zones rurales
La promotion de la cueillette locale de champignons comestibles s’avère prometteuse pour les retombées économiques et la valorisation du territoire. D’ailleurs, le tourisme mycologique est maintenant considéré comme une source incontournable de revenu et d’emploi dans le milieu rural espagnol. Un portail Web est même entièrement dédié aux amateurs. N’en déplaise aux passionnés qui gardent souvent jalousement leurs informations, ici tout est public : lieux de bonnes récoltes, espèces, conditions météorologiques des derniers jours, restaurants et hébergements recommandés, marchés locaux, etc.
Chaque municipalité est à même d’offrir un produit unique en fonction de ses atouts. Que cette activité soit gastronomique, d’interprétation, d’éducation ou de découverte, celle-ci peut bonifier l’offre existante et stimuler l’achalandage touristique. Kamouraska, au Québec, s’est inscrit dans cette optique de valorisation de la ressource mycologique.
De belles randonnées en forêt, dégustation à la clé, sont offertes au public, et un premier festival a même été organisé du 4 au 6 septembre dernier (voir vidéo).
À quelles clientèles s’adresser?
La cueillette de champignons peut être jumelée à d’autres activités de plein air telles que le camping, la randonnée ou le vélo. Elle est pratiquée en famille, en groupe ou en solitaire, avec ou sans guide et s’adresse aux visiteurs de courte ou de longue durée, de même qu’à la population locale.
En s’appuyant sur des infrastructures locales existantes comme des restaurants et des lieux d’hébergement, des excursions peuvent être organisées et s’intégrer à une offre de forfait incluant le coucher, la cueillette et la dégustation. Si l’activité exige peu de matériel, elle nécessite en revanche d’être encadrée par un spécialiste qui apprendra aux clients à reconnaître les espèces comestibles.
Les destinations comme le Grand Domaine Bagnoles de l’Orne, la Lozère ou l’Ontario offrent différentes expériences dans un même forfait. L’Ontario combine par exemple l’observation des étoiles, la chasse aux champignons, des découvertes pittoresques et une descente nocturne en tyrolienne.
Pour les férus de mycologie, l’entreprise mycoTours offre des expéditions sur mesure dans les Rocheuses du Colorado, tandis que l’agence de voyages On The Road Experience propose de parcourir en une semaine la région du Yunnan, en Chine.
Québec : des trésors dans nos forêts
le Québec prend doucement conscience de son eldorado et de son potentiel touristique
Activité aussi naturelle que pêcher ou chasser en Amérique du Nord, ramasser des champignons sauvages fait partie des habitudes ancrées dans la culture comme en Russie, en Chine ou en France. Avec un territoire aussi grand, le Québec prend doucement conscience de son eldorado et de son potentiel touristique. André Fortin, mycologue, prédit que « d’ici une dizaine d’années, l’impact économique des champignons forestiers pourrait atteindre 100 millions de dollars au Québec, avec toutes les retombées qui découlent de l’industrie du tourisme et de la restauration ». Marie-France Gévry, spécialiste en foresterie, estime de son côté que « faire une cueillette de champignons avec 20 personnes qui paient chacune 50 $ pour vivre cette expérience peut être beaucoup plus payant que les champignons eux-mêmes ». Un créneau que certains ont flairé depuis longtemps comme MycoSylva, la Seigneurie du Triton, la Mycoboutique et le parc régional Massif du Sud, alors que la Mauricie en fait depuis peu la promotion.
Chanterelle, morille, champignon homard, pied-de-mouton, bolet, armillaire ventrue, marasme des oréades, retenez bien ces noms, ils attirent beaucoup les Européens, sans oublier le matsutake, dont la clientèle asiatique raffole. Il y a un immense potentiel à développer, alors exit la mycophobie, et place au mycotourisme!
Covoiture-Art, actif dans plusieurs régions de France, offre des trajets vers des musées, des châteaux, des festivals, des spectacles et des ateliers d’artistes. Plus de 1050 lieux sont proposés sur son site Web. Selon le désir des covoitureurs, il est possible de partager le trajet, mais également la visite. Pour les touristes, ce peut être l’occasion de découvrir un attrait en compagnie d’un résident avec qui ils ont certaines affinités culturelles.
Le procédé consiste à créer un compte, puis à suggérer un trajet ou à en choisir un. Il est possible de consulter en ligne toutes les offres, de connaître le coût de chacune et d’obtenir quelques détails sur la personne qui propose le déplacement. Les membres peuvent écrire des commentaires à propos des autres covoitureurs afin de partager leur expérience.
Pour faire rayonner ses services, Covoiture-Art a conclu plusieurs partenariats avec des lieux culturels, des institutions et des entreprises. Ces ententes offrent parfois des avantages aux membres qui visitent ces sites. Par exemple, en juillet 2015, le festival OFF d’Avignon offrait un rabais aux covoitureurs qui présentaient une preuve de leur réservation de trajet.
Ces six segments sont définis selon des traits de personnalité, des valeurs, des attitudes, des centres d’intérêt et des modes de vie. Dans une analyse précédente, nous vous présentions les trois premières tribus de la firme Amadeus, soit le chercheur d’aisance (simplicity searcher), le puriste culturel (cultural purist) et l’assoiffé de capital social (social capital seeker). Pour compléter le portrait, voici les trois suivantes.
Chasseur de récompense (reward hunter)
Il vit généralement seul dans une grande métropole internationale. Dépendant, voire même accro aux technologies, il cherche à être toujours plus performant. Il travaille beaucoup, souvent trop, et ressent le besoin de se récompenser pour tous les efforts qu’il effectue quotidiennement. Les voyages et les activités qui sortent de l’ordinaire lui offrent un bon retour sur l’investissement que représentent ses longues heures passées au bureau.
Les voyages et les activités qui sortent de l’ordinaire lui offrent un bon retour sur l’investissement que représentent ses longues heures passées au bureau.
Le chasseur de récompense cherche à vivre des moments qui lui permettront de le stimuler mentalement, de se sentir bien physiquement, et qui lui offriront les plus hauts standards de qualité. Pressé par le temps, il apprécie l’aide d’un service de conciergerie personnalisé qui lui dénichera des expériences raffinées, uniques et parfois même totalement inusitées. Amateur de traitements VIP, il opte pour la première classe, préfère les enregistrements prioritaires, aime se loger dans des lieux luxueux et stylisés et cherche à vivre des moments inoubliables.
Leur relation complexe avec les technologies fait en sorte que certaines personnes de ce segment sont enclines à se déconnecter totalement une fois en vacances. La désintoxication numérique fait alors partie d’une démarche pour réduire le stress et vivre l’instant présent. À l’opposé, on trouve d’autres voyageurs de ce groupe qui préfèrent retirer un maximum des applications, objets connectés et appareils mobiles.
Visiteur par obligation (obligation meeter)
Bien qu’il voyage dans un but précis, le visiteur par obligation profite de son déplacement pour apprécier et découvrir la destination dans laquelle il se trouve. Le périple dure alors un peu plus longtemps que nécessaire.
Le voyageur d’affaires est aujourd’hui bien équipé pour travailler, où qu’il soit dans le monde. Après des rendez-vous, des conférences ou des présentations auprès de clients, il aime prolonger son séjour pour explorer l’endroit où il se trouve, parfois même accompagné de son conjoint et de ses enfants. Pour plusieurs, les vacances de type travail-loisir (bleisure) permettent de concilier la vie professionnelle et la vie familiale.
Les événements créent pour certains des occasions de se rendre dans des destinations qu’ils n’auraient pas nécessairement choisies autrement. Par exemple, les invités d’un mariage, les partisans d’un athlète amateur ou les accompagnateurs d’un patient hospitalisé.
Les festivals, spectacles culturels et événements sportifs professionnels attirent également les visiteurs par obligation, qui profiteront d’un contexte festif pour faire une escapade de quelques jours.
Le premier volet de leur séjour est davantage organisé que le reste du périple, qu’ils improviseront une fois sur place.
Ce segment de clientèle recherche la flexibilité lors de la réservation et de la facturation. Les besoins spécifiques de ces personnes nécessitent des conseils personnalisés sortant parfois du cadre touristique. Le premier volet de leur séjour est davantage organisé que le reste du périple, qu’ils improviseront une fois sur place.
Voyageur éthique (ethical traveller)
Il accorde beaucoup d’importance à l’impact qu’aura son voyage sur l’environnement et sur les communautés visitées. Planifier ses vacances est un processus complexe, car il aime s’informer sur divers aspects tels que la situation politique de la destination, la responsabilité sociale des entreprises avec lesquelles il transige et les particularités culturelles locales. Pour gagner du temps, il lui arrive de demander conseil aux agences de voyages spécialisées en tourisme durable.
Le voyageur éthique est conscient des répercussions économiques qu’engendre le tourisme et tente de maximiser son apport financier auprès des communautés locales.
Il tente de minimiser son empreinte écologique et n’hésite pas à restreindre ses options pour être cohérent avec ses valeurs. Certains iront jusqu’à éviter de prendre l’avion, alors que d’autres opteront pour des programmes de compensation des gaz à effet de serre. Altruiste, ce type de voyageur s’adonne parfois au bénévolat, selon les besoins de la destination qu’il visite.
Le voyageur éthique est conscient des répercussions économiques qu’engendre le tourisme et tente de maximiser son apport financier auprès des communautés locales.
Comme précisé dans l’analyse précédente, un individu peut se trouver dans plus d’un segment, selon les motifs de son voyage et l’étape de vie dans laquelle il se situe. Bien que les tribus d’Amadeus ne dressent pas un portrait exhaustif des voyageurs de demain, elles ont été choisies parce qu’elles mettent en valeur la diversité des besoins des touristes et pourraient aider des entreprises touristiques à identifier des occasions d’affaires.
Il va sans dire que l’industrie du voyage et du tourisme doit être plus durable. Entre 2012 et 2030, le nombre des touristes internationaux devrait connaître une augmentation moyenne de 43 millions par année, pour atteindre 1,8 milliard (Organisation mondiale du tourisme, 2014). Cette croissance comporte son lot de répercussions néfastes. En effet, si l’on se penche seulement sur le secteur des croisières, on constate de multiples impacts négatifs. Selon la Lighthouse Foundation (2014), un navire de croisière dans les Caraïbes produit environ 50 tonnes de déchets solides, 800 000 litres d’eaux usées et 130 000 litres d’eaux grises en une semaine.
La demande en matière de durabilité
De nombreuses études effectuées au cours des dernières années par de multiples fournisseurs de voyages ont montré que les voyageurs sont prêts à dépenser plus pour du tourisme durable. Un rapport établi en 2012 par The Travel Foundation et Forum for the Future a permis de constater que 75 % des clients désiraient des vacances responsables. Une autre étude de 2012, menée par TripAdvisor, affirmait que 71 % des sondés feraient des choix écologiques au cours de cette même année. En 2011, une analyse de CondeNast Traveler a conclu que 58 % des choix d’hôtel des voyageurs étaient influencés par le soutien qu’offre l’hôtel à la communauté locale. Selon une étude faite par Kuoni, toujours en 2011, 22 % des répondants plaçaient la durabilité parmi les trois facteurs principaux ayant une incidence sur leur choix de vacances (www.sustainabletourism.net). Bien que les consommateurs disent vouloir davantage d’options de durabilité, choisissent-ils réellement ces options et qui sont ces consommateurs?
Le comportement véritable des voyageurs
Afin de déterminer si les touristes avaient bel et bien payé pour du tourisme durable, l’Université Ryerson (Kwan, Liu et Mak, 2014) a entrepris un sondage pour connaître leurs dépenses. Les résultats de cette enquête ont montré que 73 % d’entre eux comprenaient le sens du tourisme durable et pouvaient nommer des pratiques qui, à leur avis, étaient durables (faire un don à des organismes voués à l’écologie, séjourner dans un hôtel vert, etc.). Un peu plus du tiers (35%) des voyageurs avaient opté pour un hôtel vert au cours des 12 mois précédents; cependant, plus de la moitié des répondants demeuraient incertains, ce qui illustre bien le fait que la marque verte ou durable constitue un élément important dans la prise de décision des consommateurs.
Parmi les touristes aux comportements durables, 39 % achetaient souvent ou toujours des aliments locaux en voyage. Un pourcentage beaucoup moins élevé (10 %) des voyageurs avait acheté des crédits de carbone et 2 % d’entre eux avaient fait un don à un projet de durabilité pendant leurs vacances.
Dans leur ensemble, les résultats de l’enquête ont permis de conclure que 37 % des voyageurs avaient dépensé plus d’argent pour obtenir des options liées au tourisme durable. Quant à savoir combien, seulement 6 % de ces gens disaient avoir payé 10 % ou plus du montant habituel.
Du point de vue démographique, ce sont les répondants les moins âgés qui se sentaient davantage préoccupés. Les 18-24 (22 %) ans et les 25-34 (26 %) ans étaient prêts à payer plus que leurs aînés. En outre, les femmes se souciaient plus de l’environnement que les hommes.
Conclusion
L’étude révèle clairement que le comportement des voyageurs est en train de changer, mais que ce n’est pas chose courante. Elle dit également que le coût des options de tourisme durable ne doit pas dépasser celui des autres alternatives, étant donné le nombre restreint de consommateurs prêts à payer des sommes importantes.
Par ailleurs, malgré le fait qu’ils connaissent l’appellation et le sens du terme tourisme durable, les consommateurs ne savent pas nécessairement repérer les options ou les produits écologiques au moment de leur achat. Les gens sont conscients de la durabilité, mais ils préfèrent les options les plus simples et les plus abordables. Pour inciter les consommateurs à choisir davantage les offres écologiques, l’industrie doit leur présenter ces caractéristiques de façon plus claire.
Enfin, si l’industrie souhaite vraiment protéger ses atouts touristiques, les options de durabilité offertes aux touristes devront devenir la norme plutôt que l’exception.
Le concept du développement durable ratisse large et peut décourager des petites municipalités qui sont confrontées, comme les grandes sinon plus, à des défis financiers et humains. Faces à ces multiples enjeux, les petites collectivités doivent choisir leurs axes de travail : certaines d’entre elles favorisent l’aménagement durable. Même si sa vocation première n’est pas d’être touristique, l’aménagement durable peut améliorer l’expérience des visiteurs et générer une image positive de la ville, quand il ne devient pas une attraction en soi.
Encourager la mobilité douce
Selon un classement réalisé par l’International City/County Management Association (ICMA) en 2012, les sentiers cyclables et pédestres constituaient les éléments les plus fréquemment adoptés dans le cadre d’une politique de développement durable dans les villes de moins de moins 25 000 habitants aux États-Unis, derrière le recyclage.
En Virginie, Ranson, une municipalité de 4000 habitants, a franchi un grand pas vers la durabilité, notamment en créant des corridors verts, tandis que Rosemary Beach, en Floride, a effectué une reconversion complète de son espace urbain et littoral en zone piétonne et cyclable.
Certaines villes se démarquent grâce à des projets innovants. Aux Pays-Bas, Nuenen a créé une piste cyclable phosphorescente qui s’illumine la nuit grâce à l’énergie solaire emmagasinée pendant la journée. En plus d’être écologique, cette infrastructure devient un clin d’œil à l’œuvre La nuit étoilée de l’artiste Vincent Van Gogh, natif de la région.
Pour sa part, la ville chinoise de Liupanshui a entrepris une large opération de mise en valeur des berges de la rivière Shuicheng. Des sentiers piétons spectaculaires ont été aménagés et des espaces verts ont été créés afin de régénérer les écosystèmes. En plus de réduire les problèmes liés à la pollution et aux inondations, ce projet s’inscrivait dans une reconquête de l’espace périurbain.
Le verdissement contribue à réduire les îlots de chaleur et à rendre la ville plus agréable à vivre. À Saint-Égrève, dans les Alpes françaises, on a limité la pollution visuelle et harmonisé l’environnement paysager par la mise en place d’un toit vert sur le centre artistique communautaire. À Normal, dans l’Illinois, l’Uptown Circle, un rond point vert, vise à récupérer les eaux de pluie, réduire des problèmes liés au trafic; il est également devenu un lieu de rassemblement.
Il ne s’agit pas tant de créer de nouvelles infrastructures, mais plutôt de tirer profit des ressources déjà existantes.
Des villes font ainsi appel à l’imagination de créateurs pour rentabiliser certains espaces qui ne sont pas utilisés ou dont le potentiel est sous-exploité. C’est le cas en Suisse, où l’on a expérimenté la culture d’algues le long d’un réseau routier. Les algues produites dans des tubes grâce à l’énergie solaire servent ensuite à produire du biocarburant ou des cosmétiques. Cet aménagement, initié par le groupe The Cloud Collective dans le cadre du festival Genève, villes et champs, a créé la surprise auprès des visiteurs.
Les coûts de rénovation trop élevés de la piscine de Lenggries, en Allemagne, ont incité la commune à aménager une baignade écologique à partir de l’ancien bassin. Ce dernier a été équipé d’une zone de régénération, d’un filtre à plantes, de passerelles en bois et d’un plongeoir. Depuis les transformations, le nombre de visiteurs de la piscine a largement augmenté.
Uzerche, une commune française du Limousin, a prévu de garder un espace naturel préservé près du centre-ville, dans le but d’observer des animaux sauvages.
Un projet accepté et acceptable!
Des outils existent pour orienter les démarches et se fixer des objectifs. Au Québec, la précédente stratégie gouvernementale de développement durable a récemment été actualisée pour laisser place à celle de 2015-2020, tandis que des outils comme l’Agenda 21 local accompagnent aussi les municipalités dans leur cheminement vers la durabilité.
Comme pour bon nombre de projets, l’aménagement durable urbain connaît le succès en partie grâce à la cohésion communautaire et à de solides partenariats avec les services, les entreprises, les organisations à but non lucratif, les institutions éducatives et les citoyens. La concertation et la mutualisation des moyens permettent une cohérence et une efficacité accrues. L’implication et le consentement de la population locale assurent l’intégration physique et sociale du projet au sein du paysage de la ville. La création d’une identité autour d’un aménagement peut même lui permettre de devenir un attrait touristique.
Effectuer une transition progressive.
Prendre un virage durable demande du temps et de l’énergie. Il est donc préférable d’effectuer une transition progressive.
Commencer par des améliorations visibles peut permettre de légitimer, d’encourager et de pérenniser les efforts. Par ailleurs, des programmes adaptés peuvent récompenser les petites villes et accroître leur visibilité. La commission européenne a lancé en 2015 le European Green Leaf, un concours qui reconnaît les meilleures pratiques en développement durable dans les villes de moindre envergure.