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15 tendances touristiques pour 2015

Le 21 janvier se déroulait la 1re édition 2015 des Gueuletons touristiques de la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM. Pierre Bellerose (Vice-président, Relations publiques, Recherche et Développement du produit) de Tourisme Montréal et Paul Arseneault (Professeur en gestion des entreprises et des organisations touristiques) de l’ESG UQAM ont poursuivi la tradition pour une 3e année consécutive en y présentant les tendances touristiques qui teinteront l’année 2015.

 

1.     L’ère de l’image de soi

Les autoportraits (selfie), les courtes vidéos, Instagram… On like, on texte, on répond par des émoticônes, on illustre et on s’illustre! La destination choisie par le visiteur importe, mais la mise en scène élaborée par celui-ci pour partager son expérience prend le dessus. Se mettre en valeur constitue un mouvement de fond selon les deux experts. Le prêt de caméras de type Go Pro que portent les aventuriers pour filmer leurs exploits et les bornes à selfie préidentifiées devant des hauts-lieux touristiques démontrent bien l’exploitation de ce courant.

2.     La force retrouvée du marché américain

Avec une économie américaine sortie de la récession, des Américains qui dépensent plus en divertissements, un indice de confiance à la hausse, un taux de change favorable, la chute du prix de l’essence; les planètes sont bien alignées pour un retour chez nous de nos voisins du Sud. Déjà observée en 2014, la tendance à la hausse de leurs visites devrait se poursuivre. 

3.     Internet des objets

Les objets connectés à Internet (téléphones, montres, bracelets, etc.) génèrent de nouvelles façons de recevoir et de consommer les données. Les entreprises en seront submergées. Bien gérées et choisies de façon judicieuses, ces informations permettront de personnaliser davantage l’offre, et ce, de façon instantanée.

4.     Le début de la fin de l’histoire?

Tout doit se dérouler rapidement, surtout avec la génération Z (née après 1995). La popularité des médias sociaux tel que Vine (vidéos de 8 secondes) auprès de ces jeunes sous-entend un passage du storytelling au storymaking. À cet égard, la marque doit être un facilitateur plutôt qu’un créateur d’histoire. La campagne de Tourisme Montréal #MTLMOMENTS, où les gens étaient invités à partager sur les médias sociaux des photos de moments forts dans la métropole, s’inscrit tout à fait dans cette tendance.

5.     2015: année de la saturation pour les OTA

Les agences de voyages en ligne (OTA) ont essuyé beaucoup de critiques en 2014. Ce ne sera guère mieux en 2015. Les acteurs traditionnels continueront de dénoncer certaines de leurs pratiques. De plus, l’offre des OTA atteint une certaine limite. D’abord, le nombre d’entreprises ayant souscrit avec ces agences atteint un plateau. Aussi, elles n’accèderont pas aux inventaires des plateformes de location entre particuliers (économie collaborative), comme Airbnb.

6.     Du défi et de la complexité d’être restaurateur

Le nombre de restaurants est élevé et le taux de roulement aussi. Les blogueurs et les leaders du milieu moussent beaucoup les nouveautés. Dans un tel contexte, il est difficile de durer. Pour favoriser leur survie, certaines entreprises mettront en place des procédures limitant les inconvénients en cas de no show, comme une pénalité sous forme d’amende pour un client qui n’honore pas sa réservation. Se renouveler et se regrouper feront aussi partie des initiatives des restaurateurs avertis.

7.     Les hôtels travailleront fort pour notre confort

Le bien-être du client est au cœur des préoccupations de l’hôtelier avisé. Cela passe notamment par une bonne nuit de sommeil: offrir des matelas et des oreillers de grande qualité, des chambres insonorisées et un contrôle de la température et de la luminosité. La technologie joue également un rôle dans cette quête du bien-être. Par exemple, des hôteliers proposent une bande passante efficace pour une connexion Internet rapide, un service de conciergerie numérique, etc. La chambre se transforme en un cocon de confort.

8.     L’automne devient l’été: changements climatiques appliqués

La planète se réchauffe, les automnes ont des allures d’été, les hivers des apparences d’automne. Les entreprises observent déjà des changements et adaptent leurs produits, leurs horaires, leur modèle d’affaires. Cette adaptation s’avère essentielle dès maintenant.

9.     Gouvernance renouvelée du tourisme québécois

La gouvernance en tourisme pose de nombreux défis, et ce, partout dans le monde. Celle du Québec est plus que jamais remise en question. Le tourisme québécois est analysé sous toutes ses coutures. De nouvelles voies seront-elles tracées en 2015 afin de favoriser une croissance qui se compare à celle du tourisme mondial? Les Assises du tourisme 2015 devraient livrer le modèle d’affaires repensé issu de ce processus de réflexion.

10.  Les aéroports nous accueillent et nous facilitent la vie

La croissance du tourisme incite les aéroports à investir pour améliorer l’expérience des voyageurs. La technologie est mise à profit afin de mieux guider le visiteur et de faciliter son enregistrement. Les balises iBeacon permettent d’offrir la bonne information au bon passager et au bon moment.

11.  Les OGD, agents de développement économique

On attend plus des organismes de gestion de la destination (OGD). Ils doivent démontrer leur performance en tant que promoteurs du tourisme, mais aussi faire la preuve de leur impact dans le développement économique local. Pour faire face à cette pression, les OGD devront accroître leur influence sur différents plans, tel que le développement urbain, l’amélioration de la qualité de vie ou encore s’impliquer dans le marketing du territoire dans sa globalité.

12.  Tourisme collaboratif, la suite

Les plateformes de location d’hébergement et probablement aussi celles de transport entre particuliers poursuivront leur croissance en 2015. Ces joueurs de l’économie collaborative seront toujours confrontés à des enjeux liés à la règlementation. Les tentatives concernant d’autres secteurs comme les repas chez l’habitant ou les tours guidés et activités demeureront très marginales.

13.  La Chine, opérateur touristique d’envergure

Les Chinois s’imposent de plus en plus dans l’industrie, comme voyageurs, mais aussi comme opérateurs. Des partenariats entre des entreprises touristiques d’envergure en Asie-Pacifique et l’acquisition d’organisations occidentales par des intérêts chinois comme le Club Med et le Château Montebello démontrent bien leur dynamisme. En 2015, la Chine deviendra le plus grand marché de voyageurs d’affaires internationaux, dépassant ainsi les États-Unis.

14.  La convergence du commerce physique et du commerce virtuel

Le tourisme est lié au bouleversement de la trame commerciale, le magasinage étant une activité majeure.  Les expériences réelles et virtuelles sont désormais intimement liées et doivent être cohérentes entre les différentes interfaces que sont le mobile, les points de vente et les interactions en ligne. Les commerces ayant pignon sur rue devront plus que jamais interpeler les travailleurs mais aussi les touristes pour leur survie. Les livraisons à domicile seront en demande.

15.  La fin du marketing de masse en tourisme

Des changements profonds se sont opérés au fil des dernières années en ce qui a trait au marketing. La transformation des comportements du client et des supports technologiques, la multiplication des canaux et l’hyperpersonnalisation poussent le marketing de masse vers la sortie. Nous sommes à l’ère du marketing de créneau hyperpersonnalisé. Chaque personne devient une niche! Plusieurs des tendances mentionnées précédemment expliquent cette transition qui est amorcée depuis déjà bien des années, mais qui rencontre encore de la réticence chez certains joueurs.

Les conférenciers ont fait la démonstration que les 15 tendances de l’industrie touristique sont autant d’éléments à considérer par les acteurs de l’industrie. Ils ont suscité la réflexion, invité les participants à penser différemment et à remettre en question leurs façons de faire en tenant compte de ces courants.

 

Pour connaître tous les détails de ces 15 tendances, visionnez la vidéo.

Merci à nos conférenciers:

– Pierre Bellerose (@pierrebellerose), vice-président – Relations publiques, accueil, recherche et développement du produit à Tourisme Montréal;

– Paul Arseneault (@paularseneault), professeur, Département d’études urbaines et touristiques de l’ESG UQAM

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Tourisme durable

Nouveau départ: des villes qui se réinventent

Lorsqu’une municipalité se développe autour d’une industrie et que celle-ci bascule, c’est toute la communauté qui chavire. Les catastrophes naturelles forcent aussi des collectivités à se prendre en main. Voici des exemples de villes qui ont reconstruit ou réaménagé les lieux afin de stimuler le renouveau et la fierté des résidents, et de mieux se positionner sur le plan touristique.

Après les chantiers navals, la culture

Bombardée durant la deuxième guerre mondiale puis mal rénovée, Nantes a été meurtrie au cours de son histoire. Dans les années 1980, elle perd sa principale industrie, les chantiers navals. Les friches industrielles ont orné le territoire jusqu’à récemment. L’élection d’un nouveau maire, en 1989, amène un nouveau dynamisme, une vision: miser sur la culture pour raviver l’esprit de cette ville, pour l’animer à nouveau. Des interventions pour concrétiser ce projet sont alors mises en branle. En voici quelques unes:

  • L’ancienne usine des biscuits LU est recyclée en centre d’art atypique. Le lieu unique abrite des salles de spectacle et d’exposition, et également un bar, un restaurant, une garderie et une boutique, entre autres.
  • On rénove le château des ducs de Bretagne en musée d’histoire.
  • La troupe de théâtre de rue de renommée mondiale, Royal de Luxe, anime le centre-ville par de nombreuses manifestations artistiques.
  • Des artistes créent des œuvres sur les anciens chantiers navals: Les Machines de l’île.
  • Un festival nocturne alternatif est mis sur pied, le Festival des Allumées (1990-1995).
  • On réalise un parcours d’art contemporain en plein air sur les berges de la Loire dans le cadre de la biennale d’art contemporain appelée l’Estuaire; des œuvres temporaires et pérennes y figurent.

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Source: Les machines de l’Ile Nantes – Photo: Jean-Dominique Billaud

En 2007, l’organisme Le voyage à Nantes est créé dans le but de développer le tourisme culturel. Il élabore notamment un parcours dans la ville à suivre grâce à un marquage au sol, pour faire découvrir l’offre culturelle et patrimoniale aux visiteurs. Nantes développe au fil des années une image culturelle très forte, en France ainsi qu’en Europe. Toutes ces initiatives portent leurs fruits, puisque non seulement elles améliorent la qualité de vie des citoyens, mais elles attirent des touristes.

Todmorden mise sur l’agriculture urbaine

La petite ville anglaise de Todmorden, qui compte quelque 15 000 habitants, peinait à surmonter la récente crise économique. Les commerces fermaient les uns après les autres, la valeur des maisons déclinait et de plus en plus de résidents devaient sortir de la région pour se chercher du travail. Le climat général était plutôt morose. Lassés d’attendre une aide gouvernementale pour relancer l’économie, des citoyens ont développé un projet expérimental au potentiel rassembleur, puisque basé sur un besoin commun à tous: la nourriture.

Aujourd’hui, la rue principale regorge de potagers. Les écoles ont les leurs; le poste de police, la bibliothèque, l’hôpital et l’hôtel de ville aussi. L’école secondaire aura son centre aquaponique, qui combine la culture de légumes et l’élevage de poissons. Les aînés offrent des formations aux plus jeunes sur la fabrication de confitures et de conserves. Des amitiés se créent et les échanges de connaissances vont au-delà de la nourriture. Un dynamisme nouveau anime désormais la petite communauté.

Le mouvement Incredible Edible, qui fait des petits ailleurs dans le monde, permet de rassembler la communauté autour d’un langage universel, mais aussi de relancer l’économie locale

Le mouvement Incredible Edible, qui fait des petits ailleurs dans le monde, permet de rassembler la communauté autour d’un langage universel, mais aussi de relancer l’économie locale. Des artisans de Todmorden créent de nouveaux produits qui se distinguent à l’échelle internationale, comme des fromages et de la saucisse de haute qualité. Les restaurateurs et les commerçants affirment qu’ils bénéficient eux aussi du phénomène. L’objectif ultime du programme Incredible Edible est de rendre Todmorden autosuffisante en matière d’alimentation d’ici 2018. La vidéo ci-dessous (en anglais) explique le concept et illustre le virage entrepris par cette petite ville du nord de l’Angleterre.

Source: Vimeo

Ce mouvement est bien en phase avec les préoccupations actuelles. Les touristes s’intéressent à ces initiatives et sont interpellés par la découverte de milieux de vie novateurs et empreints d’une vision. L’office de tourisme propose d’ailleurs de découvrir Todmorden par la route verte (Green-Route – voir l’image ci-dessous), un circuit balisé qui relie les sites de production locale.

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Source: Incredible Todmorden

Greensburg reconstruit «LEED»

On y trouve aujourd’hui le plus grand nombre de bâtiments certifiés LEED par habitant au monde!

En mai 2007, une petite ville (moins de 800 habitants) du Kansas est démolie à 95% par l’une des tornades les plus dévastatrices qu’ont connues les États-Unis. Après la tempête, la communauté prend la décision de reconstruire de façon durable. On y trouve aujourd’hui le plus grand nombre de bâtiments certifiés LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) par habitant au monde! Le virage vers un développement plus durable a eu un effet d’entraînement sur l’ensemble de la collectivité. Les bâtiments municipaux, des industries, des commerces et même des résidences sont certifiés selon la norme environnementale LEED.

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Greensburg, 12 jours après le passage de la tornade – Source: FEMA

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La reconstruction – Source: Greensburgks

Des touristes viennent spécifiquement visiter Greensburg pour découvrir ses installations vertes. L’office de tourisme et d’autres organismes locaux ont d’ailleurs développé des outils pour ces visiteurs, tels qu’un guide de la ville qui met de l’avant les efforts en développement durable réalisés à la suite de la tornade. Le GreenTour, une initiative de l’organisme Greensburg GreenTown, présente chacun des principaux bâtiments et leurs particularités durables à l’aide de symboles, illustrés ci-dessous.

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Source: Greensburg Green Town

De beaux projets au Québec

Les inondations de 2007 en Gaspésie ont rudement éprouvé la petite communauté de Rivière-au-Renard. De plus, la «Capitale des pêches» du Québec souffre aujourd’hui de la décroissance des activités de pêche commerciale. La municipalité compte néanmoins miser sur cette appellation pour se positionner sur le plan touristique et se refaire une beauté. Dans cette optique, le Groupe IBI/DAA a soumis un projet d’aménagement à la Corporation de développement de Rivière-au-Renard, un plan qui a d’ailleurs remporté un prix d’excellence de l’Association des architectes paysagistes du Canada (voir l’image ci-dessous). La Ville de Gaspé, dont fait partie Rivière-au-Renard, doit maintenant trouver le financement de 16 millions de dollars pour réaliser ce plan.

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Source: AAPC CSLA

Le centre-ville de Lac-Mégantic doit être reconstruit à la suite de la catastrophe ferroviaire de juillet 2013. Des projets sont en développement et l’attractivité touristique semble figurer parmi les objectifs. Souhaitons que ce renouvellement se réalise autour d’une vision rassembleuse qui permettra de panser les profondes blessures tout en offrant un nouveau départ.

Image à la une: © Arthur Edwards pour Incredible Edible Todmorden

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Produits et activités

Petites et moyennes stations de montagne: vers l’aventure durable

Défis de développement du tourisme hivernal propres aux régions

Le développement du tourisme hivernal est source de nombreux défis pour les communautés rurales et les gestionnaires de petites et moyennes stations de montagne. Voici quatre de leurs principaux enjeux et possibilités:

1)    La diversification de l’économie locale, l’étalement de la saison touristique et la revitalisation de la région

Plusieurs destinations rurales, en raison d’une forte saisonnalité, cherchent à étaler leur saison touristique par la mise en valeur du tourisme hivernal. Cela peut engendrer des résultats tangibles pour les entreprises et les communautés locales: optimisation des infrastructures de service, création d’entreprises et d’emplois, prolongation de la période de travail, etc.

2)    Un développement des domaines skiables qui prend en compte les conséquences des changements climatiques sur le milieu montagneux

Avec l’accentuation des changements climatiques et la fragilité des écosystèmes montagneux, certains gestionnaires de stations de montagne cherchent à réduire la coupe d’arbres, les pratiques d’excavation et les nouvelles constructions. Ceux-ci peuvent également choisir de limiter le nombre de visiteurs par groupe de même que l’accès à certaines zones plus sensibles, réduisant ainsi la pression touristique sur le territoire.

3)    L’adaptation à une clientèle de montagne changeante par le développement de créneaux prometteurs

Les touristes sont de plus en plus sensibles aux questions environnementales, recherchent constamment de nouveaux défis et accordent une importance particulière à l’authenticité des lieux fréquentés. Comme l’achalandage des stations québécoises a diminué de 5% depuis 2000 (voir le graphique 1) et d’autres activités de montagne gagnent en popularité (raquette, ski hors-piste, ski de fond, etc.), les petites et moyennes stations complètent leur offre par des produits de niche à fort potentiel.

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4)    La mobilisation des acteurs autour d’une vision commune du tourisme hivernal

Inscrire les projets de développement dans le cadre d’une réflexion globale, durable et mobilisatrice des acteurs sectoriels et gouvernementaux est un excellent moyen de faciliter leur mise en œuvre et d’assurer un positionnement efficace de la destination. Selon le plan de développement des activités hivernales de la Coopérative de solidarité et de développement récréotouristique des Chic-Chocs (ou COOP Accès Chic-Chocs), les principaux enjeux devant être traités sont:

  • l’accessibilité au territoire;
  • les autorisations et partenariats d’affaires;
  • le soutien et la coordination de la mise en marché;
  • le financement des investissements;
  • l’accompagnement et la formation des promoteurs;
  • la coordination du transport des clientèles;
  • la sensibilisation des intervenants publics au développement du secteur privé.

La France constitue un bon exemple dans ce sens. L’espace valléen du Beaufortain-Val d’Arly a instauré une convention de stations durables afin d’avoir une vision à long terme du développement touristique des stations et massifs de montagne. Pour sa part, le département de l’Isère propose aux stations de signer et de cofinancer des contrats pour la mise en place d’activités touristiques autres que le ski traditionnel.

Le ski hors-piste guidé: une approche durable de la montagne

SnowSports Industries America souligne que 20% des skieurs et planchistes américains sont allés sur des parcours hors-piste en 2012/2013

Bien qu’il comporte certains risques, le ski hors-piste guidé combine à la fois le respect de l’environnement montagneux, la formation et l’éducation des adeptes ainsi qu’une expérience unique mettant en valeur les panoramas d’un territoire. SnowSports Industries America souligne que 20% des skieurs et planchistes américains sont allés sur des parcours hors-piste en 2012/2013 (soit plus de 5 millions de personnes), et les fabricants d’équipements de ski notent une croissance rapide de ce segment lors des cinq dernières années (voir la vidéo ci-dessous). Ce créneau tend aussi à se démocratiser avec le développement d’une variété d’offres répondant aux besoins de différents niveaux d’expertise.

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Source: ESPN Video

Quatre entreprises de la Haute-Gaspésie (Vallée Taconique, Ski Chic-Chocs, Vertigo Aventures et Chic-Chac) misent exclusivement sur la pratique du ski hors-piste guidé dans des domaines exclusifs. La coopérative de solidarité et de développement récréotouristique des Chic-Chocs les accompagne d’ailleurs dans l’aménagement durable et sécuritaire de leurs activités. En plus de limiter le nombre de visiteurs par jour sur le site, ces stations contribuent à la dynamisation et à la vitalité de la région, principalement par la création d’entreprises, l’embauche de guides locaux ainsi que l’éducation et la formation des adeptes sur les risques de cette pratique.

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Source: Chic-Chac

Le ski de randonnée et le ski-raquette: des pratiques écotouristiques

la vente de peaux d’ascension a plus que triplé dans les sept dernières années.

Le ski de randonnée avec peaux adhésives et le ski-raquette (ski Hok) sont deux activités hybrides qui permettent à leurs adeptes d’alterner ascension et descente de la montagne. Puisque la montée se fait à l’aide de peaux de phoque fixées sous les skis, ces deux pratiques écotouristiques permettent aux stations ou domaines de minimiser la construction de nouvelles infrastructures ou l’utilisation de véhicules à essence. Aux États-Unis, où la vente de peaux d’ascension a plus que triplé dans les sept dernières années (voir le graphique 2), de plus en plus de destinations développent des politiques et des procédures afin d’accommoder les Uphillers (Arapahoe Basin, Crested Butte, Sugarloaf Mountain Resort).

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Le Parc régional de Val-d’Irène, en Gaspésie, est en train de mettre en place un secteur entièrement consacré à cette clientèle. Lauréate du grand prix du concours des Dragons du Ski pour le projet le plus novateur, durable, rentable, faisable, viable et rayonnant pour sa région, l’entreprise veut ainsi diversifier sa clientèle, en plus d’augmenter considérablement l’offre de services de la montagne (passant de 60 à plus de 120 jours de disponibilité). Le parc travaille aussi en étroite collaboration avec le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, l’Association des stations de ski du Québec ainsi que d’autres acteurs clés pour la réalisation de ce projet.

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Source: Val-d’Irène

L’approche durable des activités de montagne prend de l’ampleur chez les gestionnaires de stations. Malgré les défis auxquels ils doivent faire face, cette tendance ne semble pas vouloir s’essouffler!

 

Cette analyse a été produite pour alimenter le site Web EspaceTourismeDurable.com, destiné aux acteurs touristiques de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

Visionnez la vidéo réalisée par l’organisme:

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Gestion

Des destinations touristiques qui répondent au phénomène climatique

Parce qu’il faut atténuer mais aussi s’adapter

En 2013, la Commission européenne (CE) a mis en ligne un système d’indicateurs pour la gestion durable des destinations touristiques. Ce guide vise à soutenir et à orienter les destinations dans leur démarche vers un développement viable des ressources. L’atténuation, soit la réduction des gaz à effet de serre, demeure la clé de la durabilité économique, environnementale et sociale. Néanmoins, les critères liés à l’adaptation au climat (p. ex.: infrastructures touristiques en zone vulnérable, mise en place d’une stratégie) s’inscrivent maintenant dans le volet environnemental, signe que l’industrie subit ou profite déjà de certains impacts.

L’Australie, un leader

Les écosystèmes fragiles de l’Australie (les récifs, régions tropicales, parcs nationaux ou régions montagneuses) sont sensibles aux effets des changements climatiques. L’engagement des entreprises en adaptation figure dans la stratégie touristique nationale à long terme de l’Australie, intitulée Tourism 2020.

Dans la même optique, Sustainable Tourism Australia, une organisation appartenant à Ecotourism Australia, a mis sur pied une certification pour reconnaître les efforts mis de l’avant face au climat. Elle est accessible à l’ensemble des organisations touristiques publiques ou privées.

KG_DestinationAdapte_Climat_image1Le programme Climate Action Australia classe les organisations en trois niveaux:

  1.  Certifié business: l’entreprise a mis en place des actions de réduction de gaz à effet de serre et d’adaptation, mais ne mesure pas nécessairement son empreinte carbone.
  2.  Certifié innovator: l’entreprise a mis en place des actions de réduction de gaz à effet de serre et d’adaptation, évalue et mesure son empreinte carbone.
  3.  Certifié leader: l’entreprise a mis sur pied une stratégie intégrée sur les changements climatiques à tous les niveaux pertinents des activités et de la planification d’affaires.

Une mise à jour sera effectuée au même rythme que l’évolution des technologies, de la disponibilité de l’information et des changements législatifs. Voici quelques-uns des critères du programme:

  • éthique et responsabilité collective: considérer les options d’assurance pour se prémunir des dommages liés aux événements météorologiques extrêmes, travailler ensemble pour réduire les coûts;
  • clientèle: colliger de l’information sur les répercussions sociales du changement climatique (décision d’achat, comportement de voyage) pour adapter son produit, son service et son marketing, assurer le confort du visiteur, communiquer les risques liés à la santé et à la sécurité;
  • choix de fournisseurs responsables.

Investir dans la sauvegarde du patrimoine naturel

Dans la région de Devon, située au sud-ouest de l’Angleterre, l’offre touristique est composée de parcs nationaux, de sports extrêmes, de plages, de plaisirs gastronomiques, de villages et de villes rustiques. L’organisation de gestion de la destination, Visit Devon, engage autant les habitants et entreprises de la région que les touristes dans une démarche durable et collective pour la conservation de l’héritage naturel, la façon qu’elle a choisie pour combattre les impacts du réchauffement. L’objectif est que la région devienne la plus «verte» d’Angleterre.

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Source: Visit Devon

Le site destiné aux professionnels, Devon Tourism Advice, propose des ressources aux entrepreneurs actuels et futurs pour le développement durable. Plusieurs outils sont mis à leur disposition, notamment:

  • un réseau de «champions» formé d’entrepreneurs prêts à aider les autres dans leur processus de gestion responsable;
  • des suggestions pour partager la responsabilité de conservation avec les clients (projet Visitor Gifting). Par exemple, les entreprises peuvent collecter de l’argent lors d’événements spéciaux ou ajouter un supplément sur des produits locaux;
  • le guide Green Tourism Marketing Toolkit;
  • plusieurs certifications et récompenses régionales (p. ex.: Dartmoor first, Devon Environmental Business Initiative Awards) et nationales (p. ex.: Green Tourism Business Scheme) axées sur la durabilité (environnementale, sociale, économique et locale).

La promotion du site Climateprepared, un site Web qui aide les gestionnaires à agir maintenant face aux inondations, aux sécheresses, à l’érosion côtière et aux périodes de canicule. 

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 Source: Climateprepared

Miser sur l’excellence

La destination de ski Åre en Suède a participé au programme de recherche international Clim-ATIC de 2009 à 2011 pour s’adapter aujourd’hui au changement potentiel dans les habitudes de voyage dû aux changements climatiques. La destination vise à diversifier l’offre et répartir les risques d’affaires sur un plus grand éventail d’activités de même qu’à réduire sa dépendance à l’égard des combustibles fossiles, par le développement d’un réseau de transport écologique alternatif et l’économie énergétique. La destination de ski a opté pour une stratégie environnementale nourrie par des alliances entre les autorités locales et le secteur privé (110 entreprises). Elle compte assurer le leadership européen en matière d’adaptation et développer les sports (hiver et été) en misant sur l’excellence et la recherche.

Des solutions adaptées

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Source: Facebook. The North Face Ultra-Trail du Mont-Blanc.

Après trois ans de mauvaises surprises météorologiques, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (France, Suisse et Italie) propose un format de course garanti pour 2013 en cas de mauvais temps. Les organisateurs ont prévu des parcours de rechange avec des caractéristiques semblables à ceux d’origine, ce qui assurera la sécurité des coureurs et des bénévoles.

Dans un autre ordre d’idées, certains se proclament anticaniculaires. Par exemple, France Montagnes, un organisme de promotion des sports de montagne, profite des vagues de chaleur pour attirer la clientèle dans ses «zones de fraîcheur».

Au Québec, les entreprises réagissent depuis longtemps à l’imprévisibilité des conditions météorologiques et communiquent de plus en plus efficacement avec leur clientèle. Le simple fait d’être proactives leur permet de mieux se préparer et de se prémunir contre des effets indésirables. À un autre niveau, un encadrement législatif et politique pour soutenir les entrepreneurs s’avèrent nécessaires pour l’élaboration de stratégies face aux effets des événements météorologiques en matière de ressources humaines, financières et matérielles de l’entreprise. 

Également, l’anticipation des changements de comportement de la clientèle assurera une plus grande résilience de l’industrie touristique et, par le fait même, un meilleur positionnement à long terme.

 

Cette analyse a été rédigée en collaboration avec Stéphanie Bleau.

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Gestion

L’heure juste sur les changements climatiques pour l’industrie touristique québécoise

Distinguer la météo du climat

Comme dirigeant d’entreprise, vous adaptez-vous à la météo, au climat ou aux deux? La distinction des deux définitions est importante pour bien comprendre le réchauffement thermique actuel (voir la vidéo ci-dessous).

 Source: Chaire de tourisme Transat, entrevue avec Alain Bourque, directeur général d’Ouranos, 2013.

Les changements climatiques, quant à eux, se résument à une variation significative de la moyenne statistique, de la variabilité de ses propriétés, ou encore de la fréquence, de l’intensité ou de la durée des événements extrêmes pendant une période prolongée (décennie ou plus).

Les impacts climatiques sur les activités touristiques au Québec

Les gestionnaires d’entreprises touristiques du Québec perçoivent déjà plusieurs phénomènes sur leur territoire:

  • l’imprévisibilité et la variabilité des conditions climatiques;
  • la diminution de la saison hivernale et de l’accumulation de neige au sol;
  • l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des vents;
  • la hausse des pluies;
  • l’allongement de la saison estivale.

Pour mieux comprendre les grandes tendances qui se dessinent à moyen et à long terme, Alain Bourque nous expose les impacts climatiques au fil de saisons (voir la vidéo ci-dessous).

 

Source: Chaire de tourisme Transat, entrevue avec Alain Bourque, directeur général d’Ouranos, 2013.

Statu quo ou adaptation?

Jusqu’ici, aucune planification stratégique ou presque n’a été réalisée quant à l’évolution future du tourisme à l’échelle du Québec dans un contexte de changements climatiques. Toutefois, plusieurs secteurs d’activités ou entreprises touristiques agissent pour s’adapter aux effets associés à la modification du climat. Ces derniers peuvent même se traduire par des occasions d’affaires pour certains. L’adaptation est-elle accessible à toutes les organisations, quelle que soit leur taille? Où se situe le Québec par rapport à ses voisins? La vidéo qui suit nous apporte quelques pistes de réflexion.

 

Source: Chaire de tourisme Transat, entrevue avec Alain Bourque, directeur général d’Ouranos, 2013.

Après avoir visionné ces vidéos, certains gestionnaires réalisent certainement qu’ils ont déjà fait un premier pas vers l’adaptation. Le partage d’information et la concertation constituent pour l’industrie touristique des éléments clés, pour en assurer sa pérennité. N’hésitez pas à partager vos initiatives dans la boîte de commentaires ci-dessous. 

Des vidéos supplémentaires pour en savoir plus sur le sujet:

Comprendre l’évolution du système climatique jusqu’à aujourd’hui

Comment fonctionnent les outils de prévision climatique?

Au cours des 3 dernières années, 300 intervenants du secteur récréotouristique ont pris part à la première étude sur l’analyse socioéconomique des impacts et de l’adaptation aux changements climatiques de l’industrie touristique au Québec. L’engagement des acteurs issus des secteurs privé et public a grandement contribué à l’avancement des connaissances dans ce domaine.

Ce projet a été réalisé par la Chaire de tourisme Transat, sous la gouverne du consortium Ouranos et en collaboration avec de nombreux partenaires. Les régions des Laurentides et des Cantons-de-l’Est ont été choisies comme terrain d’étude en raison de leur grande diversité d’activités en toutes saisons. Les résultats de cette recherche sont accessibles sur le site de la Chaire de tourisme Transat.

 

Capsules vidéo produites par la Chaire de tourisme Transat, 2013.

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Ailleurs dans le monde Tourisme durable

Mon beau sapin, roi des vélos!

Cette année, le sapin de Noël de la ville de Copenhague s’illuminera grâce aux muscles des Danois. L’énergie produite par les cyclistes des 15 vélos stationnés autour de l’arbre de 17 mètres allumera les 700 ampoules DEL qui le décorent. Chacun peut y aller de quelques coups de pédales: cyclistes professionnels, enfants et même politiciens!

Sapin-copenague

Source: inhabitat

L’arbre ainsi illuminé est à la fois un symbole du rêve de Copenhague de voir les villes du monde adopter des modes de transport écologique et de l’amour de la capitale pour le cyclisme.

Le sapin de Noël est l’un des éléments qui animeront City Hall Square. Celui-ci sera transformé en un espace culturel et soucieux de l’environnement, le Hopenhagen Live. Du 7 au 18 décembre, spectacles musicaux et expositions à travers la ville attirent l’attention sur la United Nations Climate Change Conference (COP15), qui se tiend durant la même période.

Source:
– Chen, Olivia. «Copenhagen’s Christmas Tree Will Be Pedal Powered!», Inhabitat, 2 décembre 2009.

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Tourisme durable

Qui est carbone neutre dans le secteur touristique québécois?

Durant leur séjour au Québec, les touristes locaux et étrangers émettent des gaz à effet de serre (GES), peu importe le moyen de transport qu’ils utilisent, la distance qu’ils parcourent ou l’activité qu’ils choisissent. Jusqu’à maintenant, aucune étude n’a permis d’évaluer les contributions de ces voyageurs ou du secteur touristique aux émissions de GES, ni les mesures d’atténuation prises au Québec, ni les comportements s’y rattachant. Les connaissances sont donc insuffisantes en matière de réductions nettes et de compensation des émissions de GES. Le but de cet article est de donner un bref aperçu de la carboneutralité dans le secteur touristique québécois.

Fournisseurs de crédits compensatoires

Sur le plan international, le nombre de fournisseurs continue d’augmenter, tandis que Carbon Catalog répertorie présentement 12 fournisseurs au Canada, dont les prix des crédits varient entre 12,50$ et 39,90$ par tonne de CO2e (1). Au Québec, les quatre principaux fournisseurs de crédits compensatoires sont: Planetair (2), Carbone boréal (3), ZéroGES (4) et ZÉRØCO2 (5).

(1) Planetair est un organisme à but non lucratif, toute comme le Centre international Unisféra qui le dirige(2). Planetair est le distributeur exclusif de Myclimate, qui est l’un des fournisseurs de crédits compensatoires les plus respectés au monde parce que ses projets se conforment au Mécanisme de développement propre (MDP*) du protocole de Kyoto et au «Gold Standard**». Il n’appuie que les projets portant sur l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique dans différents pays en voie de développement. Planetair prévoit offrir des projets canadiens selon les volumes de ventes.

(2) Carbone boréal (CB) est à la fois un programme et un projet de recherche de l’Université du Québec à Chicoutimi. Les crédits de CB servent à financer la plantation d’arbres sur des terrains déboisés du Québec et à soutenir la recherche. Les plantations sont vérifiées et dirigées selon la norme ISO 14064-3, et tout projet sera enregistré dans le Registre GES des ÉcoProjetsMD canadien (3).

(3) ZéroGES (ZeroGHG Inc.) est une société de conseil privée qui fournit des crédits dans le cadre de divers projets sur l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique. Ses services portent sur l’élaboration de stratégies de réduction des GES, la quantification des émissions et la vérification du rendement. Les projets ZéroGES se déroulent dans différents pays, et au moins 80 % d’entre eux doivent se conformer au MDP* et au «Gold Standard**» (4).

(4) ZÉRØCO2 est une entreprise privée qui vend des crédits compensatoires pour financer des projets de reboisement dans différentes communautés. Depuis 2006, ZÉRØCO2 a permis de reboiser plus de 20 hectares de terrains, créant ainsi des espaces verts équivalant en superficie à un peu plus de 40 terrains de football en plein cœur des collectivités (5).

Fournisseurs indirects de crédits compensatoires

Certaines entreprises touristiques se sont associées avec différents fournisseurs de compensations. Par exemple, depuis 2007, Air Canada (AC) incite ses clients à acheter des crédits de carbone par le biais de l’organisme à but non lucratif ZeroFootprint, qui investit dans un projet de reboisement en Colombie-Britannique. Jusqu’à maintenant, les clients d’AC ont acheté pour 187 612$ de crédits, ce qui correspond à 11 725 tonnes de CO2 (6). Pour sa part, Air Transat ne vend pas de crédits; elle invoque différentes raisons, dont le fait que ces projets ne permettent pas de résoudre les problèmes se rattachant aux changements climatiques (7).

En ce qui concerne le transport ferroviaire, VIA Rail n’offre pas non plus de crédits à ses clients; elle les encourage plutôt à calculer la quantité de GES émis durant leur voyage sur le site d’Arbres Canada, un fournisseur de compensations d’Ottawa, en vue de les neutraliser. Depuis 1990, VIA Rail a réduit ses émissions de GES d’environ 15%, bien qu’elle ne soit responsable que de 0,03% des émissions totales. Par comparaison, 13% des GES émis au Canada proviennent des automobilistes (8). Pour les voyageurs qui louent des véhicules, de nombreuses entreprises de location, dont Alamo, Enterprise et National, offrent des crédits intégrés à leur formulaire de réservation en ligne (9).

Les entreprises touristiques qui achètent des crédits compensatoires

Au Québec, les touristes locaux et d’ailleurs achètent probablement des crédits de carbone. Cependant, au moment où cet article a été écrit, aucune des organisations nommées ci-dessus ne possédait de données sur le sujet. Il y a des entreprises touristiques qui achètent des crédits au Québec mais, jusqu’à maintenant, aucune étude n’a permis d’évaluer leur valeur transactionnelle.

Certains établissements hôteliers ont des politiques de carboneutralité. Par exemple, l’Hôtel Chicoutimi atténue sa consommation d’énergie de chauffage et d’électricité et incite sa clientèle à compenser les GES émis pendant son séjour par le biais de Carbone boréal (3). Depuis 2006, l’Hôtel des Seigneurs à Saint-Hyacinthe offre des forfaits «écolos» à ses clients et, en 2008, il s’est engagé à calculer la quantité de GES que ceux-ci émettent durant leurs déplacements, entre autres services écoresponsables (10). De plus, les émissions de GES des réunions et des événements ayant lieu dans cet établissement sont compensées par la plantation d’arbres. Parallèlement, dans un effort de carboneutralité, le Novotel Montréal plante des arbres pour chacune des réservations effectuées en ligne par ses clients (11).

Le voyagiste montréalais, Karavaniers du monde, prend l’atténuation des changements climatiques au sérieux; depuis janvier 2009, ses prix incluent le coût des crédits de carbone achetés auprès de Planetair (2, 12). Environ 97% des clients de cette entreprise sont québécois et, selon son propriétaire, ils ne se plaignent pas de l’augmentation des prix attribuable à l’achat de crédits compensatoires. Au contraire, les clients sont satisfaits des efforts déployés par l’entreprise en ce sens. Omnitour et Voyages Tour Étudiant offrent également des crédits compensatoires à leur clientèle(2). Au Saguenay, WeLa Aventure organise depuis 2006 des randonnées écoresponsables à pied ou à vélo (13). Elle a compensé les émissions de CO2 des déplacements de ses clients en soutenant la plantation d’arbres par ZIP Saguenay (14) et la Coop Quatre Temps (15).

De plus en plus, les festivals et les événements du Québec sont écoresponsables, et certains ont compensé leurs émissions de GES (16). Par exemple, depuis 2008, le Festival International de Jazz de Montréal est carboneutre (17). Les centres des congrès de Québec et de Montréal offrent à leurs clients des événements écoresponsables avec leurs partenaires (18, 19), ainsi que l’option d’acheter des crédits de carbone pour ces événements. Par exemple, en 2004, le Centre des congrès de Québec s’est engagé à réduire sa consommation d’énergie de 33% par m2 et ses émissions de GES totales de 50% (20). Depuis 2007, il a accueilli 32 événements écoresponsables dont 7 comprenaient des crédits compensatoires.

La politique de développement durable du Parc Jean-Drapeau (PJD) de Montréal intègre la réduction de GES et une stratégie de compensation pour les opérations et autres activités (environ 100 événements par an) organisées sur le territoire du parc (21). Le PJD a créé un Fonds Oxygène pour mettre en application cette politique. Les partenaires et fournisseurs seront invités à contribuer à ce fonds, qui financera les projets spécifiques d’amélioration environnementale (22). En plus, les automobilistes devront payer des frais supplémentaire de 1$ pour garer leur véhicule dans les stationnements du parc afin de compenser leurs émissions de GES avec CB.

Conclusion

Il ne fait aucun doute que les projets de compensation ne sont pas une solution définitive au problème des émissions de GES. Toutefois, l’achat de crédits pour des projets fiables permet de sensibiliser les citoyens et de fournir des fonds à des initiatives louables (23). Bien que l’achat de crédits pour la plantation d’arbres soit sujet à controverse dans certains cas, il peut se traduire par des améliorations écologiques nettes, tandis que l’achat de crédits pour des projets portant sur l’énergie renouvelable et le développement technologique permet de réduire la consommation de combustible fossile.

Ce résumé de la situation au Québec montre que la carboneutralité au sein du secteur touristique se compose d’efforts disparates. Cette analyse souligne également le besoin de mesurer les contributions nettes aux GES du secteur touristique afin de coordonner le processus permettant de se doter d’une méthode efficace d’atténuation de ces contributions.

* MDP certifie les réductions des émissions qui sont vendues sur le marché volontaire et il s’assure que les crédits de carbone de pays développés sont conformes aux règlements du protocole de Kyoto.
** Le «Gold Standard» est une organisation indépendante qui certifie des crédits de carbone vendus sur le marché volontaire. De tels crédits de carbone doivent répondre à des objectifs de développement durable. Cela signifie qu’un projet de carbone doit mener directement à une réduction des émissions du filet GES. Gold Standard ne certifie pas des projets de sylviculture.

Sources
(1) Carbon Catalog. Find a Carbon Offset Project: Canada. [http://www.carboncatalog.org/projects/canada/] (page consultée le 25 avril 2009).
(2) Planetair. Projets de compensation. [http://planetair.ca/] (page consultée le 2 avril 2009).
(3) Éco-Conseil. Plantations compensatoires de GES. [http://dsf.uqac.ca/eco-conseil/ges/frame_ges.html] (page consultée le 15 avril 2009).
(4) ZéroGES. [http://www.zeroghg.com/fr/index.html] (page consultée le 25 avril 2009).
(5) ZÉRØCO2. [http://zeroco2.com/welcome.php] (page consultée le 15 avril 2009).
(6) Air Canada. Programme de compensation des émissions de dioxyde de carbone. [http://www.aircanada.com/fr/travelinfo/traveller/zfp.html] (page consultée le 25 avril 2009).
(7) Transat A.T. (2009). Réduction des gaz à effet de serre et gestion du carburant. [http://www.transat.com/fr/responsabilite.sociale/reduction.gaz.aspx] (page consultée le 2 avril 2009).
(8) Via Rail Canada. Environment: Helping To Reduce Greenhouse Gas Emissions. [http://www.viarail.ca/corporate/en_environment/reducing_greenhouse_gas.html] (page consultée le 17 avril 2009).
(9) TerraPass Inc. (2009). «Rental Car Carbon Offset Program Proves Most Popular With Consumers». EarthTimes,  6 avril 2009. [http://www.earthtimes.org/articles/show/rental-car-carbon-offset-program-proves-most-popular-with-consumers,775734.shtm] (page consultée le 25 avril 2009).
(10) L’Hôtel des Seigneurs à Saint-Hyacinthe. [http://www.hoteldesseigneurs.com/decouvrez_environment.asp] (page consultée le 24 avril 2009).
(11) Novotel Montréal Centre. [http://www.novotelmontreal.com/home/novotel_news.shtm] (page consultée le 2 juin 2009).
(12) Karavaniers du monde. Destinations: Informations techniques. [http://www.karavaniers.com/voyages/calendrier/?voyage_depart=134] (page consultée le 3 avril 2009).
(13) WeLa Aventure. Horaire et parcours. Randonnées des cols du Fjord 2009. [http://www.welaaventure.com/] (page consultée le 25 avril 2009).
(14) ZIP Saguenay. Réalisations. [http://www.zipsaguenay.ca/zipsaguenay/index.php?option=com_content&task=category&sectionid=1&id=5&Itemid=12] (page consultée le 27 avril 2009).
(15) Coop Quatre Temps. Mission. [http://www.coop4temps.com/] (page consultée le 27 avril 2009).
(16) Réseau québécois des femmes en environnement. Événement écoresponsable. [http://www.evenementecoresponsable.com/] (page consultée le 2 avril 2009).
(17) Festival International de Jazz de Montréal. Une édition 2008 carboneutre. [http://www.montrealjazzfest.com/Fijm2008/planetAir_fr.aspx] (page consultée le 27 avril 2009).
(18) Centre des congrès de Québec. Développement durable. Événement écoresponsable.  [http://www.convention.qc.ca/tiki-index.php?page=devdurable_eve_resp] (page consultée le 27 avril 2009).
(19) Palais des congrès de Montréal. Environnement. [http://www.congresmtl.com/fr/visiteurs/environnement.aspx] (page consultée le 2 avril 2009).
(20) Centre des congrès de Québec. Lauréate du prix Stellaris: Efficacité énergétique. Communiqué de presse du 2 avril 2004. [http://www.convention.qc.ca/tiki-read_article.php?articleId=41] (page consultée le 2 avril 2009).
(21) Société du Parc Jean-Drapeau (2009). Politique de développement durable, Montréal, 8 p.
(22) Société du Parc Jean-Drapeau (2009). Fonds Oxygène.Le fonds de compensation de gaz à effet de serre, Montréal, 4 p.
(23) Broderick, J. (2008). Voluntary Carbon Offsets. A Contribution to Sustainable Tourism?, dans S. Gössling, C.M. Hall, et D.B. Weaver (dir.). Sustainable Tourism Futures. Perspectives on Systems, Restructuring and Innovations, Routledge, New York, p.169-197.

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Ailleurs dans le monde Hébergement Marketing Segments de clientèles Tendances

À crier sur tous les toits!

Quand on considère la valeur immobilière des espaces urbains qui ne cesse de grimper, force est de constater que les toits des centres-villes sont sérieusement sous-utilisés. C’est surtout vrai des hôtels, qui sont toujours à la recherche d’économies ou de nouvelles sources de revenus et de moyens inusités de se distinguer de la concurrence, particulièrement en période estivale. Voici quelques utilisations intelligentes et originales, question de stimuler la réflexion.

Soleil, soleil…

Vous avez de l’espace ensoleillé sur votre toit? Pensez à l’énergie solaire! De nouvelles technologies font en sorte que, même dans les pays nordiques, le soleil peut générer suffisamment d’énergie pour réaliser des économies sur la facture de chauffage de l’eau. Le Confederation Place Hotel de Kingston, en Ontario, a été le premier établissement commercial dans l’est du Canada à adopter cette technologie en fixant 20 capteurs solaires sur une partie de son toit. Le système permet à l’hôtel de chauffer l’eau utilisée pour la piscine, le bain à remous, les salles de bain des 94 chambres ainsi que la cuisine. Installé en 2005, le système a coûté 52 000$ et il permet maintenant des économies de 10 000$ par année.

Une couverture végétale

Les avantages environnementaux des toits verts sont nombreux: meilleure qualité de l’air, diminution de la chaleur dans les zones urbaines, absorption et filtration des eaux de pluie, etc. Au-delà de leurs bienfaits pour l’environnement, ces couvertures végétales, qu’elles soient extensives (mince épaisseur du sol et plantes à faible entretien) ou intensives (sol plus profond, irrigation importante et possibilité de cultiver plus de végétaux), peuvent également être bénéfiques à l’entreprise.

  • Amélioration des performances thermiques. Les toits verts aident à garder les bâtiments frais l’été et chauds l’hiver. Selon Environnement Canada, «une simple diminution de 1 °C de la température de surface supprime 5% de la demande en électricité pour la climatisation et la réfrigération».
  • Prolongation de la durée de vie du toit. On estime qu’une couverture végétale peut jusqu’à doubler l’espérance de vie d’un toit.
  • Amélioration de l’isolation acoustique. Il suffirait d’un terreau d’une douzaine de centimètres pour réduire les polluants sonores des machineries, des routes et du trafic aérien.
  • Production agricole urbaine. Tout comme le Fairmont Château Frontenac de Québec, qui fait pousser des fines herbes sur son toit, le Fairmont Waterfront de Vancouver cultive un jardin biologique: fines herbes, fleurs comestibles, fruits et légumes y poussent à l’année, ce qui, selon un porte-parole, permet d’économiser environ 15 000$ annuellement en achats pour la cuisine.

Quant à lui, l’hôtel Fairmont Royal York, de Toronto, a créé un véritable buzz en poussant l’idée encore plus loin. Pour encourager la pollinisation, l’hôtel a installé trois ruches sur son toit, ce qui lui permet d’utiliser son miel de production «supérieure» dans la confection des mets vedettes au menu du restaurant.

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Pourquoi même se limiter au toit quand les murs «végétalisés», conçus pour le climat québécois, feront bientôt leur apparition?

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Sur le toit du monde

Il va sans dire qu’un toit peut devenir un espace de tranquillité mis à la disposition d’une clientèle exclusive pour des événements spéciaux ou encore servir de toile de fond pour le réseautage, comme dans le cas d’un salon-bar à ciel ouvert. Il en va ainsi de la terrasse sur le toit de l’hôtel Shelburne Murray Hill de New York, dont les profits dépassent ceux générés par le restaurant du hall d’entrée bien qu’elle ne soit ouverte qu’en après-midi et en soirée, et ce, cinq mois par année. En effet, les consommateurs sont disposés à payer plus cher pour se retrouver dans un cadre magnifique.

Un toit qui fait son cinéma

Dans le but d’accroître l’achalandage sur les «toits-terrasses» de leurs établissements, certains hôtels se lancent dans le cinéma. Le Limes Hotel, en Australie, organise des projections de films populaires et de grands classiques, tandis que le Westin Bonaventure de Los Angeles présente une série de films et de vidéos d’artistes inspirés par la science-fiction.

Augmenter sa capacité… sur le toit

Les voyageurs partagent leurs expériences dans les forums de discussion sur Internet, et les exemples abondent. Du Maroc à Israël, certains hôtels permettent aux voyageurs à petits budgets de dormir sur leurs toits, à la belle étoile. Serait-ce là une façon d’accroître sa capacité en saison estivale?

À ses clients en quête d’aventure et d’une expérience hôtelière unique, l’hôtel huppé Grand Daddy de la ville du Cap, en Afrique du Sud, propose sept roulottes vintage Airstream rassemblées autour de la piscine sur son toit. Des artistes locaux y ont créé des ambiances insolites. L’après-midi, la terrasse est ouverte aux clients ainsi qu’aux curieux.

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Une clientèle à apprivoiser…

Les compétiteurs du dernier concours canin du prestigieux Westminster Kennel Club ont pu étirer leurs pattes, grignoter un pupcake et prendre l’air frais sur le toit de l’hôtel Affinia, en plein cœur de Manhattan, où est aménagé un parcours en gazon artificiel agrémenté de jouets et de fausses bornes-fontaines pour Fido. Avec la hausse du nombre de touristes qui voyagent avec leurs animaux de compagnie, c’est une niche à ne pas négliger! (À lire: Les animaux de compagnie, un créneau de «niche»)

Il va sans dire que les toits du parc hôtelier québécois sont sous-exploités. Utilisons ces espaces perdus et transformons ces étendues de goudron et de gravier. Les possibilités sont illimitées, et les avantages, tangibles. Qui sait, vous êtes peut-être assis sous une mine d’or!

Sources:

–    Chavich, Cinda. «Quand le toit de l’hôtel devient potager», Commission canadienne du tourisme, 30 octobre 2008.
–    Corwell, Chris. «Trendlines: Outdoor Spaces», Hotelworld Network, 13 janvier 2009.
–    Diotte, Simon. «Les murs végétalisés arrivent au Québec», La Presse, 24 mars 2009.
–    Gordon, Daphne. «Royal York Rooftop Garden a Hive for Bees», The Star, 5 juin 2008.
–    Grand Daddy Hotel’s Rooftop Airstream Trailer Park, [www.coolhunting.com/archives/2009/03/grand_daddy_hot.php]
–    Hasek, Glenn. «Future Looks Brighter for Solar Hot Water Heating Systems at Hotels», Green Lodging News, 18 mars 2009.
–    Mackenzie, Josiah. «Unusual Hotels of the World (And a Lesson for You)», [http://www.tipsfromthetlist.com/article9282.html]
–    Making Strange – Rooftop Sci-Fi Fillms @ The Westin Bonaventure, [http://www.downtownla.com/0_01_eventDetail.asp?EventID=434]
–    Reuters Newswire, «The Affinia Manhattan’s Rooftop Goes to the Dogs», 10 février 2009, [http://www.reuters.com/article/pressRelease/idUS219853+10-Feb-2009+PRN20090210]
–    Sanger, Elizabeth. «New York City Hotel Rooftops Surge in Popularity with their Bars, Pools, Bird’s Eye Views», Newsday, 2 août 2005.
–    Taylor, Jennifer. «Up on the Rooftop», Mother Nature Network, 26 novembre 2008.
–    Toits verts pour des villes en santé, [http://www.ec.gc.ca/pp/fr/storyoutput.cfm?storyid=93]

Sites Internet:
www.greenroofs.org
www.designstudio.whatiftheworld.com
www.confederationplace.com
www.limeshotel.com.au
www.granddaddy.co.za

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La revue de presse 2008 du Réseau de veille

C’est la fin de l’année, la période par excellence pour rédiger un bilan annuel. On ferme les livres tout en jetant un bref regard en arrière pour voir ce qui a marqué notre année, les bons comme les mauvais moments! C’est ce que vous propose l’équipe du Réseau de veille qui vous a préparé une courte revue de presse…

Un contexte peu favorable à l’industrie touristique

Tout au long de l’année, ces thèmes ont fait la une et hanté nos banquiers sidérés par une conjoncture économique, financière et politique peu reluisante:

  • Économie – Les déboires du marché immobilier américain et la crise économique qui y sévit se répercutent sur d’autres secteurs d’activité. Cette situation mine la confiance des consommateurs.
  • Taux de change – La force du huard et le déclin de la devise américaine ont certainement influencé les dépenses de vacances des Américains. Au Canada, la valeur élevée du dollar a favorisé la tendance aux voyages internationaux.
  • Prix du pétrole – Le prix du carburant au Canada et ailleurs dans le monde a battu des records historiques cette année. En juin, le prix moyen d’un litre d’essence ordinaire se détaillait à environ 1,43$ dans la région montréalaise. Malgré tout, les automobilistes canadiens n’ont pas modifié leurs comportements de consommation. Par contre, le ralentissement de l’économie américaine se fait durement sentir auprès des Américains. Ainsi, ceux-ci ont parcouru 4,7% moins de kilomètres en juin 2008 par rapport au même mois de l’année précédente.

Quand la météo s’en mêle: pour le bonheur des uns et le malheur des autres

Les conséquences d’un hiver enneigé ont été plutôt positives pour l’industrie touristique, tout en réjouissant les adeptes de sports d’hiver. Dès le début de janvier 2008, le nombre de journées skiables enregistrées dans les stations de ski s’élevait déjà à près du tiers de celui des années antérieures. Les 80 stations ont affiché une croissance de l’achalandage de 11,1 % cet hiver par rapport à la saison 2006-2007.

Par contre, les entreprises touristiques qui comptent sur un été ensoleillé pour augmenter leur achalandage et assurer leur rentabilité – particulièrement celles liées au plein air – ont été moins choyées. Par exemple, le taux d’occupation d’un camping de la région de l’Outaouais atteignait 25% les deux premières semaines d’août comparativement à 98% à la même période l’année dernière. Même en ville, la pluie a apporté son lot d’effets négatifs, entre autres, pour les restaurants ayant une terrasse. En juin, la ville de Québec a connu 22 jours de pluie, ce qui en fait un des mois de juin les plus pluvieux depuis plus d’un demi-siècle selon Environnement Canada.

«Vert» des gestes de plus en plus responsables

En 2008, l’Association des hôteliers du Québec (AHQ) a poursuivi l’implantation du programme de reconnaissance en développement durable (PRDD) et certifié une vingtaine d’établissements à travers le Québec. Quant à la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ), elle a modifié ses critères d’évaluation pour permettre l’obtention de points supplémentaires à la suite, par exemple, de l’achat d’appareils écoénergétiques.

Tourisme Laval s’est offert un tournoi de golf écoresponsable où près de 50% de ses participants ont adopté le covoiturage pour se rendre sur les lieux. De plus, le taux de récupération des matières résiduelles a atteint 92%. Tourisme Laval s’est aussi engagé à planter 90 arbres pour compenser ses émissions de gaz à effet de serre.

Dans la même optique, Tourisme Montréal a coordonné la création d’un comité vert de l’industrie touristique montréalaise afin de mettre en place un plan d’action vert dans le milieu. Celui-ci inclut par exemple une clause d’écoresponsabilité pour les fournisseurs.

Ailleurs, la démarche d’Action concertée de coopération régionale de développement (ACCORD) de la région des Laurentides comprend des initiatives de reboisement et de lutte aux algues bleues (cyanobactéries) ainsi que le développement de voies de contournement pour les sentiers de motoneige et de quad de manière à protéger les paysages et les zones de plein air.

Pour inciter le respect de certaines normes de qualité et de développement durable, les Cantons-de-l’Est sont devenus la troisième destination mondiale à conclure une entente de partenariat avec le Centre mondial d’excellence des destinations.

Même Transat a adopté un nouveau programme de soutien au tourisme durable. La compagnie, à travers ces 120 projets au Québec et ailleurs, collabore avec des partenaires comme le Fonds mondial pour la nature Canada afin de préserver et mettre en valeur le patrimoine naturel et culturel tout en aidant les communautés à bénéficier des retombées économiques du tourisme.

Les Fêtes du 400e de QuébecCN_2008-12_revuepresse_img2

L’année 2008 aura été celle du 400e de Québec. Après un départ plutôt difficile – plusieurs démissions à la Société du 400e minent la crédibilité de l’organisation – les festivités connaissent un succès populaire inespéré. Sur l’ensemble de l’année 2008,plus de 290 activités ont attiré huit millions de visiteurs. Le Moulin à images de Robert Lepage, l’Espace 400e, Paul McCartney, Céline Dion, Le Louvre à Québec, le Championnat mondial de hockey, le Chemin qui marche, Rencontres, le spectacle commémoratif, le Cirque du Soleil et plusieurs autres ont contribué à créer une masse critique d’événements d’envergure et à favoriser une couverture médiatique extrêmement positive. Québec a aussi été le lieu de rassemblements nationaux et internationaux qui ont généré d’importantes retombées économiques.

Aéroport de La Macaza – Mont-Tremblant et nouveau casino

En avril 2008, Loto-Québec et le gouvernement du Québec annonçaient une entente qui permettra à la station de ski Mont-Tremblant d’établir un nouveau casino sur le Versant Soleil de la montagne. Attendu pour l’été 2009, cet établissement a été bien accueilli par le milieu, notamment parce qu’il s’agit d’un attrait touristique qui sera dédié à une clientèle composée majoritairement de villégiateurs, de congressistes et de vacanciers. On anticipe un achalandage de quelque 700 000 visites et des revenus annuels de l’ordre de 50 millions de dollars, générés notamment par une importante section réservée aux clients «hautes mises».

Soulignons que le projet du nouveau casino s’insère à l’intérieur d’une vision élargie de développement et de commercialisation de la région. Les partenaires du consortium économique Tourisme aérien Laurentides ont jusqu’à maintenant obtenu des résultats favorables à la suite de la création de nouvelles liaisons aériennes à partir de marchés ciblés à destination de l’aéroport international de La Macaza – Mont-Tremblant. En septembre 2008, on annonçait le renouvellement de l’entente avec la compagnie Continental Airlines visant à reprendre, à l’hiver 2008-2009, les vols en provenance de la ville de New York. Cette liaison s’ajoutera aux vols du transporteur Porter Airlines qui dessert le centre-ville de Toronto.

Développement des croisières internationales

En mai 2008, les deux paliers de gouvernement ont annoncé un investissement de plus de 100 millions de dollars, échelonné sur cinq ans, afin de développer un réseau d’escales portuaires visant à accueillir davantage de croisières internationales. Pour la première fois, le Québec bénéficiera d’une réelle «Stratégie de développement durable et de promotion des croisières internationales». Ce sera l’occasion d’améliorer les infrastructures d’accueil de même que l’offre touristique en périphérie, et ce, pour les villes de Saguenay, Sept-Îles, Baie-Comeau, Gaspé, Havre-Saint-Pierre ainsi que pour les Îles-de-la-Madeleine. Les visées de Croisières du Saint-Laurent sont ambitieuses alors que l’on souhaite quadrupler le nombre de passagers par escale pour atteindre 400 000 passagers par escale en 2014 et tripler les revenus annuels, qui totaliseraient plus de 270 millions de dollars.

Passez Go et réclamez… toute une visibilité!

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Au terme d’un grand suffrage, plus de 5 millions de votes, la ville de Montréal a décroché la case la plus dispendieuse de la nouvelle version mondiale du jeu Monopoly. L’impressionnante mobilisation des Montréalais a permis de devancer les Paris, Londres et Shanghai de ce monde. Il s’agit d’une promotion inestimable pour la ville qui se trouve au cœur de bons moments de milliers de foyers. Aucune autre ville du jeu ne sera autant convoitée que Montréal. Quelle agréable façon de se positionner dans l’imaginaire des futurs touristes!

Toronto et Vancouver seront aussi sur la planchette, ce qui fait du Canada l’un des deux seuls pays à avoir trois de ses villes représentées dans le Monopoly Monde. Depuis sa création en 1935, le Monopoly s’est vendu à plus de 250 millions de copies, offertes en 37 langues dans 103 pays à travers le monde.

Montréal a perdu son Grand Prix de Formule 1

Depuis, le débat est lancé. Plusieurs se demandent comment remplacer cet événement et quelles actions mettre en œuvre pour soutenir l’économie, le tourisme et l’emploi tout en offrant une vitrine internationale exceptionnelle pour Montréal et le Québec. Chacun y va de son grain de sel:

  • le maire de Montréal souhaite créer un fonds de développement conjointement avec le milieu des affaires;
  • Tourisme Montréal a mis sur pied un comité-conseil pour cibler des événements et des promoteurs;
  • l’Institut économique de Montréal (IEDM) a imaginé dix chantiers; le Journal de Montréal, cinq projets;
  • tout cela, sans compter les idées suggérées par la population du Québec à travers des lettres ouvertes, des blogues, des émissions radiophoniques, etc.

Les défis de l’entreprise en ressources humaines s’intensifient

Sur le plan des ressources humaines, il faut souligner d’une part la ronde de grèves qui a perturbé le secteur hôtelier cet été au Québec. Les syndicats de plus d’une quarantaine d’hôtels affiliés à la CSN négociaient le renouvellement de leurs conventions collectives qui expiraient le 30 juin.

D’autre part, mentionnons que le projet pilote de la région des Cantons-de-l’Est qui visait à recruter des baby-boomers pour des postes dans les kiosques d’informations touristiques de la région a été concluant. Le nombre de postulants a surpassé les attentes et la satisfaction était au rendez-vous. Voilà un bon exemple pour contrer la raréfaction de la main-d’œuvre!

Bref, une année mouvementée pour l’industrie touristique québécoise…

 

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Le monde en 2030

Le monde change et il change vite. Skierons-nous encore sur de la vraie neige? Cohabiterons-nous avec des robots? Vivrons-nous jusqu’à 125 ans? Restera-t-il du pétrole pour faire voler nos avions? Beaucoup plus de questions que de réponses donc et les hypothèses sur notre avenir sont aussi nombreuses que contradictoires. Difficile de s’y retrouver dans tout le discours des futurologues, mais amusons-nous à suivre quelques pistes de réflexion. Peut-être celles-ci auront-elles un effet inéluctable sur l’industrie touristique?

La population mondiale

Nous sommes près de 7 milliards de personnes en 2008 et nous serons plus de 8 milliards en 2030. Il faudra donner à manger et à boire à tout ce monde et combler ses besoins en énergie! Vivrons-nous une pénurie de ressources?

Cette croissance démographique proviendra de certaines régions du monde, dont l’Asie et l’Afrique. La déjà si populeuse Chine devrait être dépassée par l’Inde en 2030. En effet, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Inde sera le pays le plus peuplé du monde en 2030, soit cinq ans plus tôt que prévu lors des précédentes estimations. C’est la natalité nettement plus élevée dans le sous-continent qu’en Chine qui explique ce résultat.

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En plus de croître, la population change de profil. En 2006, environ une personne sur 13 avait plus de 65 ans. Cette proportion pourrait passer à une personne sur 8, soit 1 milliard de personnes en 2030. Et ces ratios sont beaucoup plus élevés dans les pays développés. Une forte immigration des pays moins développés vers les plus riches, l’aide robotisée ainsi que la technologie s’occuperont de cette cohorte vieillissante. Qui se prépare à recevoir une clientèle touristique du 3e et même du 4e âge?

Le réchauffement de la planète

Selon un rapport produit par le Benfield-UCL Hazard Research Center, intitulé Holiday 2030, la température globale devrait augmenter de un à deux degré d’ici 2030. Ce changement pourrait avoir des répercussions importantes sur les destinations touristiques. Certaines destinations soleil souffriront d’une chaleur trop extrême; l’Espagne en été par exemple. La hausse du niveau de l’eau contribuera à l’érosion des côtes. L’augmentation des risques d’ouragan, la dégradation des récifs coralliens sont quelques autres conséquences possibles.

Les destinations hivernales seront également touchées. Un récent slogan de la station Aspen au Colorado qui dit «La neige est une espèce en danger» annoncerait-il donc un réel déclin des sports d’hiver? Selon une étude prospective de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le nombre de stations de ski européennes devrait fondre. Au Québec aussi, la saison de ski sera plus courte et reposera de plus en plus sur l’enneigement artificiel (difficile à croire en date d’aujourd’hui!). Mais, dans un contexte d’économie des ressources, les canons à neige gourmands en eau et en énergie auront-ils libre jeu? Et quel sera le prix d’un billet de remontée?

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Lire aussi: Si le climat vous intéresse!

Les enjeux liés aux transports

Nous approchons du moment où le pétrole sera trop dispendieux pour une consommation massive comme maintenant. D’autant plus que, avec une hausse de la population et de la classe moyenne, les besoins énergétiques doubleront dans les 25 prochaines années, malgré une préoccupation grandissante pour l’environnement.

L’époque où la technologie automobile était au service de la vitesse et de la performance achève. Les efforts sont mis à développer des modes de propulsion innovants et bien moins polluants. L’hydrogène ou l’électricité? Les véhicules hybrides se répandent, mais la technologie a encore du chemin à parcourir en matière d’autonomie. En utilisant uniquement sa batterie électrique, la Prius de Toyota ne peut rouler que sur une distance de 2 kilomètres.

On comptait 24 millions de passagers aériens en 1950 et 2,1 milliards en 2006. L’Association internationale du transport aérien (IATA) en prédit 2,75 milliards en 2011… alors combien en 2030? Voici quelques réflexions sur les impacts de cette situation:

  • Le pétrole de plus en plus cher amène les recherches actuelles à réfléchir à des avions qui consommeraient moins et transporteraient encore plus d’individus. Airbus s’est engagé à réduire de 50 % les émissions de dioxyde de carbone de ses avions d’ici à 2020. On parle aussi «d’ailes volantes», c’est-à-dire des machines très plates et triangulaires qui accueilleraient des passagers dans leurs ailes. On fait également des essais pour remettre les dirigeables en service. Près de 80 ans après leur disparition, ils volent à nouveau en 3D sur les écrans d’ordinateur. Ils consommeraient quatre fois moins que les avions et sont envisagés dans le domaine du fret. Leur taille gigantesque demeure un handicap; il faut toujours un mètre cube d’hélium par kilo de charge.
  • Pour que l’essor se poursuive, il faudrait multiplier les aéroports et ce, dans un contexte où les enjeux environnementaux s’accentuent.
  • Comment éviter un encombrement du ciel? En poursuivant le passage des actuelles routes aériennes (marquées au sol par des phares électromagnétiques) vers des routes totalement virtuelles où les avions utilisent les satellites GPS.
  • La question du contrôle aérien demeure. Le système actuel est «humain», donc limité par le nombre d’avions qu’un contrôleur peut diriger à un moment donné. Le monde de l’aviation espère toujours créer des avions totalement indépendants, qui auraient à leur bord les instruments nécessaires pour leur permettre d’éviter les collisions.

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L’avenir du tourisme de masse

Selon une étude du Groupe Cendant, le simple forfait avion-plage ne sera plus au goût du jour en 2020. Les individus préféreront les voyages excitants, ludiques, riches en expériences et en découvertes culturelles. L’industrie touristique devra relever le défi de conjuguer tourisme de masse et authenticité. Il y a cependant un décalage entre les attentes des voyageurs des pays émergents et celles des pays qui ont de l’expérience en matière de voyage. Les exigences des Chinois et des Indiens, par exemple, sont celles d’un Européen des années 1970 ou d’un Japonais d’il y a 10 ans.

La famille nouvelle

Les trente dernières années ont vu la famille se métamorphoser drastiquement. Les tendances actuelles – les différents modes de cohabitation, un nombre élevé de divorces, des naissances hors mariage et des parents célibataires – seront encore plus prononcées en 2020. Les chercheurs s’entendent pour dire que nous pourrons très difficilement parler de «familles typiques» et que ce concept fera place à des familles de tous types et de toutes tailles. De plus, avec la combinaison des dettes étudiantes et de l’augmentation du coût des propriétés, les enfants resteront avec leurs parents plus longtemps!

L’offre touristique devra donc être créative et flexible pour répondre aux intérêts de toute la famille, des grands-parents aux petits-enfants. Chacun aura ses intérêts particuliers, mais ils devront aussi pouvoir se retrouver tous ensemble.

Cependant, tous ne vivront pas en famille, aussi éclatée soit-elle, et la société de demain comptera encore plus de célibataires et de personnes seules. Il faudra leur permettre de se joindre à des groupes qui ont les mêmes centres d’intérêt qu’eux.

Et ce n’est pas tout!

La société comporte combien d’autres facettes qui seront différentes demain. Pensons à la révolution médicale, déjà bien entamée, qui devrait prolonger notre espérance de vie et nous permettre encore plus simplement de subir des retouches esthétiques. Imaginons un monde ou l’Internet sans fil est omniprésent et permet des formules de travail ultra-flexibles, mais aussi une surveillance technologique et un partage de l’information personnelle à grande échelle. Réfléchissons à la présence de robots dans tous les aspects de notre vie quotidienne; cette vision futuriste est certes à nos portes. Spéculons sur l’avenir des grandes villes, toujours plus audacieuses… Mais, surtout, soyons à l’affût de ce qui nous attend, préparons-nous et essayons de préserver ce monde aux mille facettes, qui offre tant à découvrir.

Sources:

– Dugain, Marc. «Le futur, enfin! – Vivre en 2020», Le Monde hors série, 2007.
– Ihaddadène, Luc. «Vous pensiez aller au ski en 2050? – Vivre en 2020», Le Monde hors série, mars 2007.
– Lauer, Stéphane. «Auto: Adieu la frime – Vivre en 2020», Le Monde hors série, octobre 2006.
– Garot, Jean-Marc. Entrevue «La Planète en overbooking – Vivre en 2020», Le Monde hors série, novembre 2005.
– Hopquin, Benoit. «Revoilà le dirigeable! – Vivre en 2020», Le Monde hors série, avril 2007.
– Agence France-Presse. «Le tourisme a encore de beaux jours devant lui jusqu’en 2030», Journal de Montréal, 1er décembre 2007.
– Robertet, Éric. Entrevue «Tourisme – En 2020, « bronzer idiot » ne suffira plus», [LCI.fr], 31 mars 2008.
– Hammond, Ray. «The World in 2030», Plastics Europe, novembre 2007.
– Guardian Special. «The World in 2020», [www.guardian.co.uk], 2004.
– McGuire, Bill, Benfield-UCL Hazard Research Centre. Holiday 2030, Halifax Travel Insurance, 2006.