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Produits et activités Tourisme durable

L’agrotourisme des mers

L’agrotourisme au Québec est en pleine croissance. L’engouement envers ce secteur a un fort potentiel d’exploitation et devient un produit d’appel pour plusieurs régions. Il permet aux agriculteurs de diversifier leur revenu, de contribuer au développement territorial, de répondre à une attente des visiteurs ; soit les rapprocher du producteur.

Est-il possible d’exporter le concept sur l’eau et de diversifier ce faisant les activités reliant la pêche et le tourisme ?

Le pescatourisme : l’agrotourisme de la mer 

Développé depuis quelques années à l’échelle mondiale, le pescatourisme est une forme de tourisme qui unit la découverte de la mer, le métier de la pêche et le savoir-faire des pêcheurs.

Cette activité donne la possibilité à des pêcheurs professionnels d’accueillir à bord de leur embarcation un certain nombre de personnes (outre les membres de l’équipage) auxquelles ils expliquent leur activité quotidienne. La participation des visiteurs peut varier d’un pays à l’autre selon la règlementation en vigueur et les exigences des assureurs. Dans la majorité des cas, le touriste agit en tant que spectateur. L’objectif du pêcheur est de partager ses connaissances sur le milieu marin, son métier, ses produits afin de valoriser sa production.

Le pescatourisme permet de créer un lien de proximité entre le pêcheur et le touriste qui est souvent peu au fait des réalités de la profession. Cela est d’autant plus important pour la valorisation du métier et de l’image des pêcheurs auprès de l’opinion publique, à une époque qui accorde une grande importance à la protection des ressources et du milieu marin.

Ohé du bateau !

En France 

Dans le secteur de la ville côtière de Guilvinec, Tourisme Bretagne a développé un projet de pescatourisme pour faire vivre une expérience typiquement bretonne. Les visiteurs peuvent réserver en ligne et devenir pêcheurs d’un jour en accompagnant des professionnels dans leur routine quotidienne (voir la vidéo).

Source : YouTube

Toujours à Guilnivec, certains pêcheurs se sont associés à Haliotika — La Cité de la pêche. Ce centre offre une panoplie d’activités liées au monde marin. En plus de pouvoir assister à des cours de cuisine et visiter des criées (lieux de vente aux enchères des poissons), le touriste peut réserver en ligne sa visite sur un chalutier. Les intéressés quittent le port entre 2 h et 5 h du matin, selon la température, et passent la journée à échanger avec l’équipage.

Le pescatourisme est aussi présent dans la région du bassin d’Arcachon près de Bordeaux. Environ 10 pêcheurs et 18 ostréiculteurs professionnels proposent d’embarquer des visiteurs. Selon eux, cet accès privilégié permet une meilleure compréhension de la valeur du produit et du travail. De plus, les visiteurs réalisent que le bassin d’Arcachon est bien plus qu’un site touristique.

Source : YouTube

Le secteur de la Méditerranée n’est pas en reste en ce qui a trait à cette activité jumelant la pêche et le tourisme. Les organisations professionnelles, avec l’appui des populations locales dans les régions des Bouches-du-Rhône et du Var (entre Marseille et Cannes), ont mis en place une action collective de pescatourisme. Plus de dix ports offrent des sorties en mer de trois à six heures pour découvrir les différentes espèces de poissons et les techniques de pêche. Dans l’Hérault (près de Montpellier), 28 pêcheurs proposent des activités pescatouristiques.

Conscients du potentiel de cette activité touristique, plusieurs pêcheurs de la Corse sont regroupés sous le projet « Pescaturisimu ». Développé par le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins, il est financé par les Fonds européens pour la Pêche avec l’Office de l’Environnement de la Corse. L’Agence du Tourisme de la Corse est aussi l’un des partenaires du projet. Pour connaître la démarche et les motivations des pêcheurs en Corse pour le pescatourisme, un petit documentaire a été produit par le regroupement.

Au Québec 

Peu connu sous le terme pescatourisme, ce type d’activité s’implante quelque peu au Québec. Par exemple, l’entreprise Les cultures du large, aux Îles-de-la-Madeleine, propose aux touristes de suivre des mariculteurs pour connaître le processus d’élevage des moules et des huîtres. En Gaspésie, l’entreprise En mer avec les pêcheurs côtiers pratique la pêche commerciale de certaines espèces, notamment le homard et le crabe. D’avril à septembre, les lève-tôt (le départ se fait à 4 h du matin) peuvent suivre l’équipage dans ses tâches quotidiennes. Il est aussi possible pour les clients de passer la nuit chez l’un des capitaines pour vivre une expérience complète de la vie d’un pêcheur. Des visites d’un atelier de fabrication de bijoux confectionnés à partir des produits de la mer sont également proposées.

Les bénéfices

Marie Lesueur, de l’équipe de la Cellule d’Études et Transfert du Pôle halieutique en France, explique que le développement de la synergie entre la pêche et le tourisme entraîne des bénéfices à trois niveaux.

  1. Pour un territoire, il s’agit de promouvoir le secteur par ses produits et ses activités, d’augmenter son attractivité, de maintenir sa vitalité économique et de créer de nouveaux partenariats.
  2. Pour la pêche, cette synergie favorise l’obtention de revenus complémentaires, la création de marchés et l’élargissement de la clientèle pour mieux valoriser la ressource.
  3. Pour le tourisme, elle permet de renouveler ses activités, de diversifier l’offre et de répondre à de nouvelles demandes.

Tout comme dans les pays européens, les pêcheurs côtiers canadiens sont soumis à une règlementation stricte pour le transport et la sécurité des passagers. Toutefois, cet « agrotourisme des mers » est une façon originale de participer à la pêche côtière tout en valorisant la ressource et le métier du pêcheur.

Que pensez-vous  de cette tendance ?

 

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Tourisme durable

Qui sont les écotouristes ?

Vers une définition

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), « l’écotourisme rassemble toutes les formes de tourisme axé sur la nature et dans lesquelles la principale motivation du touriste est d’observer et d’apprécier la nature ainsi que les cultures traditionnelles. Il favorise la protection des zones naturelles et veille au bien-être des populations ». Le bureau de normalisation du Québec ajoute qu’il « comprend une activité d’interprétation des composantes naturelles ou culturelles du milieu (volet éducatif), qui favorise une attitude de respect envers l’environnement, qui repose sur des notions de développement durable et qui entraîne des bénéfices socioéconomiques pour les communautés locales et régionales ».

Au Québec, ce n’est pas l’entreprise comme telle qui détient la norme écotouristique, mais plutôt l’activité ou l’expérience

Au Québec, ce n’est pas l’entreprise comme telle qui détient la norme écotouristique, mais plutôt l’activité ou l’expérience, comme le souligne Antoine Stab dans le magazine Espaces en rapportant les propos de Pierre Gaudreault, président d’Aventure écotourisme Québec. Sur les­ 125 entreprises en tourisme d’aventure membres d’Aventure Écotourisme Québec (AEQ), seulement 14 (11 %) bénéficient d’une accréditation « Écotourisme » pour une ou plusieurs de leurs activités de plein air, mentionne M. Gaudreault. Selon l’AEQ, la randonnée (l’été comme l’hiver, en raquettes) et certaines activités aquatiques comme le kayak de mer, sont les principaux produits écotouristiques du Québec.

Les nouveaux visages des écotouristes

Les écotouristes d’aujourd’hui sont animés d’un très fort désir de transmettre ou de partager leurs connaissances avec leurs proches. Cela se manifeste surtout par une hausse des vacances en famille et des séjours multigénérationnels. Parmi les raisons invoquées pour effectuer ce genre de séjour, passer ensemble du temps de qualité et partager une expérience commune figurent en tête de liste.

Les écotouristes d’aujourd’hui sont animés d’un très fort désir de transmettre ou de partager leurs connaissances avec leurs proches

Les flashpackers démontrent, eux aussi, un intérêt pour l’écotourisme. Ces nouveaux routards appartiennent à des groupes d’âge variés et ne voyagent pas nécessairement pour de longues périodes. Cependant, ils sont bien nantis, voyagent avec leurs appareils mobiles (tablettes, téléphones intelligents et ordinateurs portables) et optent pour des vacances qui offrent un certain degré de sophistication, mais surtout d’aventure et de liberté. Voilà pourquoi ces flashpackers s’intéressent à l’écotourisme.

Un essai de segmentation

Des chercheurs de l’Observatoire de la consommation responsable, une unité de recherche reconnue par l’ESG UQAM, liée à l’Équipe de recherche en consommation responsable, a tenté une typologie des différents écotouristes en s’appuyant sur plusieurs études. Ils ont effectué leur classement (voir l’image) en fonction du degré d’engagement des écotouristes envers l’environnement et du type d’activités touristiques pratiquées, allant des plus conventionnelles (pas nécessairement respectueuses de l’environnement) à celles conçues entièrement autour du respect de la nature et de la limitation des impacts négatifs.

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Source : Observatoire de la consommation responsable

Les mordus verts 

Les mordus verts font preuve d’un fort engagement envers l’environnement et la conservation de la nature. Ils se considèrent comme conscientisés à l’environnement et accordent une grande importance à la société, au détriment de leurs propres biens matériels. Les mordus verts préfèrent les activités de nature écotouristique, comme la randonnée, la visite de parcs nationaux, l’observation de la faune ou des oiseaux pour le calme et la tranquillité du cadre naturel. L’apprentissage et la découverte de la communauté et de l’environnement constituent leurs principales motivations à pratiquer l’écotourisme.

 Les occasionnels 

Quoique portés vers les activités sportives en lien avec la nature comme l’observation des baleines ou les sentiers aériens en forêt, les occasionnels sont peu sensibles aux considérations « écosociales ». Ainsi, la rencontre avec les populations locales les intéresse peu. Pour eux, l’écotourisme constitue un prétexte pour pratiquer leurs activités préférées ; leurs besoins et leur confort passent avant leurs soucis environnementaux.

Les conscientisés non pratiquants

Les conscientisés non pratiquants sont lucides en ce qui a trait aux enjeux environnementaux liés au tourisme. Ils considèrent l’écotourisme comme important sans toutefois le pratiquer. Ils ne sont pas prêts à modifier leurs habitudes d’activités touristiques. Les conscientisés non pratiquants sont aventuriers et recherchent la découverte de cultures et les rencontres, mais ils ne choisiraient pas une destination par souci de protéger l’environnement.

Les conventionnels

Les conventionnels favorisent la détente et le dépaysement. De façon générale, les préoccupations environnementales ne sont pas importantes pour eux. Ils ne veulent pas, eux non plus, renoncer à leur confort pour minimiser l’impact de leurs actions sur l’environnement. Les conventionnels s’estiment peu informés en ce qui concerne l’environnement et pensent que leurs actions individuelles ne contribuent pas à son amélioration. Ils ont une préférence marquée pour les activités touristiques organisées, les tout-inclus et les activités touristiques de groupe entre amis.

Le Québec possède des atouts indéniables pour la croissance de l’écotourisme : ses grands espaces vierges, un réseau d’aires protégées, des communautés locales engagées. Le tourisme expérientiel ou d’apprentissage n’a jamais été aussi populaire. Les gens sont de plus en plus conscientisés à la protection de l’environnement. L’écotourisme constitue une réponse aux voyageurs préoccupés par l’avenir de la planète et devrait continuer de croître.

 

Source de l’image à la une: Unsplash

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Tourisme durable

Développement durable : les entreprises touristiques s’engagent !

Les Nations Unies ont proclamé 2017 l’année internationale du tourisme durable pour le développement. L’occasion pour les organisations touristiques d’accentuer leurs efforts favorisant leur durabilité économique, sociale et environnementale. Pour maximiser l’impact global de l’industrie, le partage de connaissances et de bonnes pratiques est essentiel.

 

 

 

Guide de bonnes pratiques pour l’industrie

L’Organisation mondiale du tourisme et le réseau espagnol du Pacte mondial des Nations Unies mènent en commun un projet intitulé « Le tourisme responsable, un engagement mondial ».

Il est possible de contribuer à la réalisation des 17 Objectifs de développement durable (ODD) fixés par les Nations Unies

Il implique 13 organisations touristiques espagnoles qui promeuvent de manière tangible le tourisme durable à travers leurs activités de responsabilité sociale. Le projet, présenté dans ce document, démontre qu’il est possible de contribuer à la réalisation des 17 Objectifs de développement durable (ODD) fixés par les Nations Unies dans le cadre de leur programme pour le développement (le PNUD).

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Source : Programme des Nations Unies pour le développement

Le guide, à la fois boîte à outils et recueil d’études de cas, regroupe les témoignages des organisations espagnoles à propos de leurs actions durables en lien avec les ODD. En voici une sélection.

Intégration des personnes en situation de handicap

Inegalites-reduitesIlunion Hotels poursuit l’objectif d’être rentable à long terme tout en intégrant des personnes en situation de handicap au sein de ses effectifs. L’hôtel Ilunion Suites Madrid est le premier centre d’emploi spécial du groupe : 70 % du personnel est touché par un handicap. Dans l’ensemble de la chaîne hôtelière, ce chiffre est de 40 %, en incluant les entreprises sous-traitantes.

Ce modèle d’intégration professionnelle a connu un tel succès qu’il a été reproduit dans trois autres établissements à Valence et à Barcelone. Le principal objectif est d’améliorer l’employabilité de ces personnes en situation de handicap, qui bien souvent occupent des postes qui ne leur sont pas familiers. Les candidats étant recrutés pour leur professionnalisme et bien entendu leur capacité à accomplir les tâches, le processus de sélection contribue de ce fait même à la réussite de ce projet. La mise en place d’un environnement de travail adapté à leur condition est autre facteur de réussite.

La communication comme axe majeur des actions durables

Consommation-et-production-responsablesL’agence de voyages Tarannà Viajes con Sentido a intégré plusieurs pratiques de responsabilité sociale des entreprises (RSE) à sa gestion quotidienne. Toutes ses actions de développement durable : code d’éthique, engagements, projets et rapports d’activités de RSE (voir l’infographie ci-dessous présentée dans le rapport 2015) sont détaillés sur son site Web. Un calculateur d’émission de CO2 est disponible afin que le visiteur mesure son impact selon la durée de son vol. Il peut ensuite faire un don équivalent à son empreinte carbone.

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Source : Tarannà

Pour une entreprise ne possédant que deux agences avec pignon sur rue, cette initiative est exemplaire et démontre que s’engager pour le développement durable est accessible à toute organisation, peu importe sa taille.

Un site collaboratif pour le partage de connaissances

Partenariats-pour-la-realisation-dobjectifsMinube est un site Web de commentaires de voyageurs. Son fondateur, Raúl Jimenez, a créé Minube School, une plateforme d’apprentissage collaboratif, afin que les acteurs de l’industrie touristique et les voyageurs partagent leurs pratiques durables et responsables. Les rencontres se tiennent à la fois en ligne et hors ligne. Minube School est présente à de nombreux événements où elle organise des causeries et des conférences. Son but est de responsabiliser les parties prenantes, d’améliorer leurs pratiques, de mieux les aligner sur les ODD des Nations Unies et de cocréer des destinations durables. L’organisation souhaite encourager la collaboration entre entreprises, entre les secteurs privé et public, ainsi 

qu’entre les universités et les entreprises. Plus de 1,6 million de visiteurs à travers le monde se sont enregistrés sur la plateforme. Un livre blanc sur le tourisme durable et responsable incluant des conseils et des cas de bonnes pratiques a été publié en 2016.

Prendre à cœur la santé des employés

PortAventuraBonne-sante-et-bien-etre, le plus grand parc d’attractions d’Europe du Sud, a développé plusieurs projets afin d’améliorer la santé globale de ses employés. L’organisation propose notamment le programme 50-50, créé par la Fondation SHE, pour ceux qui souhaitent corriger leurs habitudes de vie et réduire les principaux facteurs de risques de maladies cardiovasculaires. Les participants assistent à dix heures d’ateliers de formation et de motivation sur la gestion du stress, l’alimentation saine, l’exercice physique, etc. Un suivi est effectué un an après pour les sensibiliser à l’épanouissement personnel et au développement des compétences. Le projet s’accompagne d’une évaluation scientifique des résultats et du niveau de satisfaction des participants. Outre une meilleure santé des employés, d’autres impacts positifs ont été notés : réduction du taux d’absentéisme et d’accidents, hausse du sentiment d’appartenance à l’entreprise, amélioration de son image de marque, etc.

Création du tableau de bord du tourisme durable

En mars dernier, les Universités Griffith en Australie et de Surrey au Royaume-Uni, en partenariat notamment avec EarthCheck et le World Travel & Tourism Council, ont mis en ligne le « Tableau de bord du tourisme durable », un site regroupant une multitude de données sur le développement durable dans l’industrie touristique. Encore une fois, les ODD des Nations Unies ont été utilisées pour le choix des indicateurs et des thèmes abordés. Une infographie résume les principales statistiques.

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Source : Global Sustainable Tourism Dashboard

Le but de ces plateformes de partage de connaissances et de bonnes pratiques est de sensibiliser et d’appeler à l’action toutes les parties prenantes de l’industrie touristique.

Et vous, comment intégrez-vous le développement durable à vos activités ?

 

Source de l’image à la une : Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)

Analyse rédigée en collaboration avec Julie Payeur.

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Produits et activités

Accroître la popularité des sports nautiques

Au Québec, les sports nautiques font partie des activités identifiées dans la Stratégie touristique du Saint-Laurent. Le nautisme est en effet l’un des produits prioritaires, car il représente un avantage concurrentiel et il répond à la demande des marchés cibles hors Québec. En développant les sports nautiques moins connus, le Québec peut consolider ce positionnement et se différencier des marchés concurrents. Voici des projets favorisant l’accessibilité et l’attractivité des sports nautiques méconnus des touristes.

Le surf, un produit d’appel même pour les débutants

L’industrie du surf se taille une place au Québec. Selon PMB 2015, 102 000 Québécois possèdent ou louent une planche à voile ou de surf, soit une hausse de 120 % en cinq ans. Il existe de nombreux lieux de pratique en eau vive, sur les rivières et le fleuve. À Montréal, les populaires vagues à surf de l’Habitat 67 et de la « vague à Guy » du Parc-des-Rapides attirent chaque année entre 18 000 et 25 000 surfeurs, selon la Fédération québécoise de canoë-kayak d’eau vive (qui s’occupe aussi du surf).

Pour faire découvrir cette activité aux novices, deux centres de surf intérieur ont ouvert au Québec dans les dernières années. Il s’agit de Maeva Surf à Laval, et Oasis Surf à Brossard (voir vidéo ci-dessous). Ce dernier, qui abrite un bar-restaurant et organise des événements corporatifs, a attiré 50 000 clients en 2015.

Il existe aussi des parcs à surf dans des bassins extérieurs, comme le NLand Surf Park au Texas et le Surf Snowdonia Adventure Parc au Pays de Galles (voir photos ci-desssous). Ce dernier est un lagon artificiel équipé de la technologie Wavegarden permettant de créer les plus longues vagues artificielles au monde (300 mètres). Le site propose de multiples activités d’aventure aquatiques, des hébergements en pods, un bar, un café et un restaurant, ce qui en fait un véritable produit touristique. De plus, des forfaits de consolidation d’équipes sont proposés pour les groupes.

surf snowdonia adventure parc au pays de galles

Sources : Contemporist et Instagram

Le surf en eau froide, produit à développer au Québec?

Le surf se pratique en hiver dans des régions éloignées du Québec telles que la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine et la Côte-Nord, où les sportifs affrontent les vagues glacées du Saint-Laurent et de son golfe. La province a de nombreux atouts pour devenir une destination prisée pour le surf en eau froide, à l’instar d’autres régions éloignées du globe telles que les îles Lofoten en Norvège.

La province a de nombreux atouts pour devenir une destination prisée pour le surf en eau froide

Pour éviter que cette activité ne reste réservée à une poignée d’aventuriers, la Norvège a mis en place une offre touristique. Le complexe Unstad Arctic Surf, au bord de la mer arctique, est une école de surf ouverte à l’année. Elle dispose d’un camping, de chalets et d’un spa, organise des camps de trois jours et propose plusieurs types de forfaits, même en hiver. Certains incluent les transferts de l’aéroport, le transport aux différents lieux de surf, l’hébergement, les repas et l’équipement.

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Source : Unstad Arctic Surf

Le kayak de mer, une offre complémentaire et originale

Certains acteurs offrent une expérience de kayak de mer distinctive en tirant profit d’autres attraits, installations ou tout simplement des éléments naturels. Observer les baleines en kayak dans la région de Tadoussac est un produit populaire dans le Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent et est proposé par plusieurs entreprises touristiques et inclus dans des forfaits de voyagistes. Mais il y a un potentiel de développement pour ce produit de niche. Par exemple, l’école KSF, basée à Montréal, organise des sorties de groupe en été pour assister aux feux d’artifice Loto-Québec ou encore admirer la pleine lune.

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Source : KSF

L’entreprise d’activités d’aventure Katabatik située dans la région de Charlevoix propose un forfait d’une demi-journée de kayak hivernal. Organisée à la fin de l’hiver, l’excursion permet de s’approcher de la banquise, des phoques, et de contempler les falaises glacées.

kayak hivernal charlevois katabatik

Source : Katabatik

Pour attirer les visiteurs, l’accessibilité d’un produit va de pair avec son attractivité. À Minneapolis, un projet pilote a vu le jour afin d’encourager les touristes urbains, mais aussi les résidents, à pratiquer le kayak. Mississippi River Paddle Share est le premier service de partage de kayaks situé dans un parc national. Une trentaine de bateaux sont mis à disposition dans quatre stations prévues à cet effet aux abords du fleuve Mississippi et de la ville. Les réservations se font sur le site Web où l’utilisateur choisit un jour et une plage horaire et reçoit un code d’accès qui lui permet d’ouvrir un casier contenant le kayak, la rame et le gilet de sauvetage. Il peut se rendre d’un point de chute à l’autre et continuer son excursion grâce aux stations de vélos en libre-service de la ville, situées à proximité.

service de partage kayak mississippi river paddle share

Source : Mississippi River Paddle Share

Promouvoir les sports nautiques par les festivals

La pratique de la planche à pagaie (SUP) est en forte hausse. Selon l’organisme Outdoor Foundation, le nombre de participants aux États-Unis est passé de 1,1 million en 2010 à 2,8 millions en 2014. Le Paddlefest O’Soleil est un nouvel événement nautique qui a lieu chaque été au lac Saint-Jean, sur le site de la Coopérative O’Soleil, un café-bistro qui organise des activités de planche à pagaie (SUP) et de kite surf sur le lac. Le but de l’événement est de promouvoir la pratique de ces sports moins connus par des courses et des démonstrations.

kitesurf et planche a pagaie paddlefest osoleil

Source : Facebook

Une voie à poursuivre pour le Québec

Au Québec, plusieurs facteurs favorisent le développement de l’offre touristique autour des sports nautiques émergents : les nombreux centres de location d’équipement, le développement du Sentier maritime du Saint-Laurent, les projets de création de vagues à surf artificielles, l’omniprésence des voies d’eau et la structuration grandissante du secteur nautique grâce au programme Québec Stations Nautiques de l’Association Maritime du Québec.

Avez-vous d’autres idées pour développer ces pratiques ?

 

Source de l’image à la une : © Jean-François Hamelin/QuébecOriginal

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Tourisme durable

Portrait du touriste responsable

Quelque 105,3 millions de touristes américains, soit 60 % de tous les voyageurs d’agrément, affirment se sentir concernés par l’impact de leurs voyages sur l’économie locale et l’environnement et se décrivent comme des voyageurs « responsables », selon une étude de Mandala Research. La firme a interrogé en ligne près de 2300 adultes américains ayant réalisé au moins un voyage à plus de 80 kilomètres de la maison, incluant une nuitée au cours des 12 derniers mois.

 

Les voyageurs responsables dépensent davantage

Les voyageurs responsables relèvent de toutes les générations et de toutes les classes de revenus. Un peu moins de la moitié (46 %) appartiennent à la génération du millénaire (âgés de 25 à 34 ans), mais près du tiers sont des baby-boomers (55 ans et plus). Leur revenu moyen est légèrement supérieur à celui de l’ensemble des voyageurs d’agrément, 71 000 dollars comparativement à 67 000 dollars. Ils dépensent aussi davantage lors de leur séjour, soit 600 $ de plus en moyenne que leurs concitoyens « non responsables », et ce, tant pour l’hébergement et le transport aérien que pour la restauration et le magasinage, etc. (voir le tableau 1).

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La plupart des voyageurs responsables ont séjourné dans des hôtels au cours de la dernière année et ils ont effectué 3,3 voyages d’agrément en moyenne, comparativement à 3,0 pour tous les autres voyageurs. Leur durée de séjour est deux fois plus longue, soit 7 jours.

Choix de la destination

Le bouche à oreille constitue la principale source d’information pour tous les voyageurs (25 %), mais encore plus pour les touristes responsables (33 %). Les sites Web de destinations (excluant ceux des DMO) et les recherches générales sur Internet sont les autres sources de renseignement les plus courantes (voir le graphique 1).

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Une fois bien renseignés, les visiteurs responsables sont beaucoup plus susceptibles que les autres voyageurs d’agrément de prendre en considération les initiatives de développement durable dans la destination avant de sélectionner définitivement le lieu où ils séjourneront. Au cours des trois dernières années, 28 % d’entre eux ont choisi un endroit principalement pour ses pratiques durables et 25 % affirment que celles-ci les ont aidés à effectuer un choix entre diverses destinations potentielles comparativement à 4 % pour les autres types de voyageurs (voir le graphique 2).

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En ce qui a trait aux entreprises touristiques (hôtels, compagnies aériennes, restaurants, opérateurs de tours, exploitants d’attraits, etc.), les voyageurs responsables privilégieront, entre autres, celles :

  • qui offrent des expériences qui reflètent le caractère unique de la destination;
  • qui ont mis en place des initiatives visant la conservation des ressources naturelles locales;
  • qui achètent leurs produits chez les agriculteurs et les producteurs locaux;
  • qui réinvestissent une partie de leurs revenus pour aider les communautés locales.

L’importance de montrer patte « verte »

Plusieurs entreprises touristiques vantent leurs réalisations durables et investissent beaucoup d’argent dans ce domaine, mais tous les voyageurs n’y croient pas nécessairement. En effet, plus des deux tiers des touristes américains (68 %) sont sceptiques par rapport aux revendications « vertes » des organisations, alors que 21 % les croient entièrement. Il importe donc d’être honnête, de raconter des faits vérifiables et authentiques et de proscrire le greenwashing de ses pratiques.

Les voyageurs responsables sont de 38 % à 57 % plus susceptibles de réserver leur voyage auprès d’entreprises qui ont des pratiques durables comparativement à 11 à 21 % dans le cas des autres voyageurs. Ils associent la durabilité principalement à la conservation et à la protection des ressources naturelles de même qu’au respect des cultures locales. Les entreprises et les destinations peuvent donc gagner des parts de marché en répondant aux besoins de la communauté d’accueil et en promouvant la culture locale. Mais le tourisme durable signifie aussi beaucoup plus que ça pour les voyageurs, comme le montre le tableau 2.

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Au Québec, le tourisme durable fait partie du cadre de la politique touristique générale depuis 2005. La plupart des sous-secteurs touristiques se sont fixé des objectifs globaux basés sur les principes de développement durable et certains exploitants touristiques comme le Zoo de Granby et Transat A.T ont même adopté une stratégie transparente en matière de responsabilité sociale. Et vous, où vous situez-vous dans cet univers durable? Qu’avez-vous mis en place pour satisfaire cette manne de consommateurs responsables?

 

Source de l’image à la une : Pexels

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Tourisme durable

Les clients d’hôtels sont-ils verts?

Le recyclage, l’économie d’énergie, l’achat de produits locaux, et même biologiques, font maintenant partie des habitudes d’une part grandissante de la population. Mais lorsque ces mêmes gens voyagent, en exigent-ils autant de leur hôtel? Trois études publiées récemment révèlent des informations précieuses sur les attentes et le comportement écoresponsable des voyageurs en matière d’hébergement.

 

Des gestes intégrés au quotidien

L’étude d’AccorHotels, réalisée auprès de 7 000 clients dans sept pays, présente les attentes et les comportements des voyageurs d’affaires et d’agrément choisissant des bannières de classe économique comme de grand luxe.

Deux tiers des clients sont d’avis que si rien n’est fait aujourd’hui pour protéger la planète, les générations futures sont menacées. Ils démontrent d’ailleurs un haut taux d’adoption de certaines pratiques écoresponsables dans leur quotidien :

  • Plus de 80 % trient leurs déchets et font des efforts pour minimiser le gaspillage alimentaire à la maison.
  • La plupart (81 %) choisissent des appareils électriques écoénergétiques.
  • Les trois quarts ont l’habitude d’acheter des produits locaux ou fabriqués au pays.
  • Plus du tiers consomment des aliments biologiques, même si leur prix est plus élevé que celui des aliments conventionnels.

L’enquête révèle que les femmes et les jeunes de 18 à 29 ans se sentent davantage concernés que la moyenne par tous les aspects liés au développement durable.

Des actions qui se poursuivent en voyage… si possible

Seulement 13 % des voyageurs considèrent toujours l’engagement de l’hôtel dans le développement durable comme critère de choix lorsqu’ils réservent une chambre. Pourtant, la plupart des clients sondés affirment qu’ils se sentent aussi concernés par le développement durable lorsqu’ils séjournent à l’hôtel que chez eux.

Seulement 13 % des voyageurs considèrent toujours l’engagement de l’hôtel dans le développement durable comme critère de choix lorsqu’ils réservent une chambre.

Ils soulignent d’ailleurs qu’ils souhaitent poursuivre leurs bonnes habitudes écoresponsables en voyage. Ils s’attendent à ce que l’établissement d’hébergement leur permette de trier leurs déchets, de consommer l’énergie de manière efficiente, d’avoir accès à des produits santé, locaux, etc.  

Aussi, une certaine part des clients sondés sont prêts à adopter, lors de séjours à l’hôtel, des comportements conséquents comme :

  • recevoir la facture uniquement par courriel (64 %);
  • trier les déchets dans la chambre et dans le lobby (61 %);
  • obtenir un service de ménage limité (32 %);
  • manger de plus petites portions pour éviter le gaspillage alimentaire (31 %);
  • offrir la monnaie de la devise locale à un OBNL au moment de partir (30 %).

Prêts à faire des sacrifices?

Bien qu’ils fassent preuve d’une bonne volonté à s’impliquer dans un développement plus responsable, plus de la moitié des clients (57 %) n’accepteraient pas de séjourner dans un établissement écoresponsable qui, en contrepartie, est moins bien situé qu’un autre. Aussi, 59 % sont en désaccord avec l’idée de compromettre le confort pour une plus grande responsabilité environnementale.

Par ailleurs, des chercheurs de l’Oklahoma State University et de la University of Central Florida arrivent aussi à cette conclusion. Les résultats de leur enquête démontrent que les clients affichent une moins grande propension à adopter des comportements pro-environnementaux lorsque le confort est remis en question. À cet effet, on peut penser qu’il s’agit de renoncer à la climatisation, à certains services ou encore à devoir limiter le temps sous la douche (minuterie).

Les résultats de l’étude d’AccorHotels révèlent toutefois que les deux tiers des répondants sont disposés à payer un peu plus cher pour un établissement qui s’engage dans une démarche concrète de développement durable. L’image ci-dessous illustre ces résultats :

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Graphique tiré de : AccorHotels

Une question de perception

Une troisième étude, réalisée auprès de 1000 clients d’hôtels dans 20 pays, publiée par Booking.com, révèle que 68 % des voyageurs sondés affirment qu’ils seraient portés à choisir un établissement écoresponsable dans la mesure où cette information est communiquée. Près des deux tiers des voyageurs n’ont pas séjourné dans un tel hôtel ou ne le savent simplement pas.

L’étude de Booking.com fait notamment ressortir le scepticisme des voyageurs quant aux mesures pro-environnementales annoncées par les hôtels. En effet, parmi les arguments expliquant pourquoi ils n’envisagent pas de choisir un tel établissement, les répondants mentionnent le coût trop élevé (22 %), le fait qu’on ne puisse être sûr de la véracité de ces actions (13 %) ou encore l’impression que ces hôtels seraient moins luxueux (10 %). Soulignons que 39 % des répondants affirment qu’ils ne connaissaient même pas l’existence d’établissements ayant adopté des mesures en matière de développement durable.

Faire de l’écoresponsabilité un critère de choix déterminant

Le rapport à la consommation a évolué avec cette prise de conscience rattachée à la nécessité de se tourner vers un développement plus durable. Un nombre grandissant d’établissements d’hébergement adoptent des mesures pour réduire leur empreinte écologique et s’inscrire dans un mouvement plus responsable. Mais ces efforts doivent être diffusés et mis de l’avant pour être connus des consommateurs.

Une normalisation internationale permettrait certainement davantage de transparence et de crédibilité quant à ces mesures. Ces dernières devront représenter une base, un critère déterminant dans le choix de l’hébergement, afin de favoriser les comportements écoresponsables en voyage, comme à la maison.

 

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Découvrir la destination à la pagaie

Le Print Measurement Bureau 2014 estime que 673 000 Québécois ont fait du canot à au moins une occasion au cours de la dernière année. C’est sensiblement le même nombre et la même proportion, soit plus ou moins 10% des Québécois de 12 ans et plus, depuis 5 ans. Bien que les statistiques sur la pratique du kayak et de la planche à pagaie (stand-up paddling, SUP) – planche individuelle sur laquelle on pagaie debout – ne soient pas disponibles, nous pouvons affirmer qu’il s’agit de deux activités en vogue depuis quelques années.

Le kayak au premier rang

Le kayak s’avère le sport de pagaie le plus populaire; le nombre de gens le pratiquant a augmenté de 20% de 2010 à 2012

L’organisme Outdoor Foundation publiait récemment un rapport sur la pratique des activités de pagaie par les Américains. L’étude révèle que plus de 19 millions d’individus (6,7% de la population de 6 ans et plus) se sont adonnés au canot, au kayak, à la planche à pagaie ou au rafting en 2012. Le kayak s’avère le sport de pagaie le plus populaire; le nombre de gens le pratiquant a augmenté de 20% de 2010 à 2012, et c’est en Nouvelle-Angleterre que son taux de pratique est le plus élevé (8,2% de la population). Le canot arrive en seconde place tous groupes d’âge confondus, mais il est le sport de pagaie le plus populaire parmi les jeunes de 6 à 17 ans. La fréquence de pratique du canot est plus élevée que pour les autres activités de pagaie, mais son nombre d’adeptes a diminué au cours des dernières années.

Le rafting récolte 1,3% de participants auprès de la population américaine. La plupart (68%) en ont fait moins de 3 fois au cours de l’année. Cette activité est surtout pratiquée par des garçons de 13 à 17 ans. Le rafting est aussi en perte de vitesse. La planche à pagaie est une activité nautique en pleine émergence, dont la croissance de 2010 à 2012 a été de 36%. Elle rejoint pour l’instant 1,5 million d’Américains, soit 0,5% de la population. La planche à pagaie séduit principalement les adultes de 18 à 44 ans. Le tableau suivant rassemble les faits saillants de l’étude de l’Outdoor Foundation et de Coleman.

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Faciliter la pratique et initier les jeunes

Les organismes comme Pagaie Canada et la Fédération québécoise du canot et du kayak rassemblent des programmes de formation pour apprendre aux gens à pratiquer ces sports. Aux États-Unis, le National Water Trail System (NWTS), une initiative gouvernementale, fait appel aux coopératives ainsi qu’aux organismes locaux et d’États qui gèrent les différents cours d’eau afin de regrouper les parcours canotables des États-Unis. Le NWTS a ainsi pour but de protéger et de restaurer les rivières, les lacs et leurs berges, tout en y favorisant l’accès aux loisirs de plein air. L’utilisateur peut se rendre sur le site Web de la NWTS pour consulter les parcours canotables, ainsi que les caractéristiques et les cartes utiles pour y naviguer. Les adeptes peuvent y partager leurs histoires de descente de rivières.

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Source: National Water Trails System

L’organisme américain Outdoor Nation, dont le but est d’inciter les jeunes – surtout ceux de la génération Y – à faire des activités de plein air, mise d’abord sur les sports de pagaie pour y arriver. En collaboration avec le U.S. National Park Service, entre autres, Outdoor Nation lance la troisième édition de Paddle Nation Grant, un programme de bourses pour les instigateurs de projets qui poussent les jeunes à pagayer. Chacun des 16 projets novateurs gagnants recevra une bourse de 2500 dollars américains.          

Sortir des sentiers battus… et se régaler!

Les adeptes de sports de pagaie s’organisent pour pratiquer leur activité de façon autonome ou avec des groupes d’initiés. Mais pour inciter les néophytes à le faire, le producteur doit offrir le service complet qui comprend une courte formation, l’équipement et l’activité guidée. Plusieurs petites entreprises québécoises le font. Certaines vont au-delà de l’offre traditionnelle avec des sorties en mer en plein hiver. C’est le cas de Katabatik, qui propose des sorties hivernales en kayak sur le fleuve dans la région de Charlevoix. L’activité n’est pas plus difficile à pratiquer qu’en été, selon le propriétaire. Lorsque l’on est bien habillé, il s’agit d’une expérience unique et mémorable.

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Source: Katabatik

D’autres entreprises misent aussi sur l’aspect épicurien des voyageurs, comme Fjord en Kayak, au Saguenay, qui propose un menu gourmand. En Colombie-Britannique, Edible Canada et Sealegs Kayaking ont créé les Gourmet Kayaking Weekend. Ces séjours combinent la découverte des Gulf Islands en kayak, des nuitées sous la tente et des repas conçus par des chefs à l’aide de produits locaux et de vins de la région. La vidéo suivante donne un aperçu d’un séjour type.

Jouer la carte de la nouveauté

L’effet de nouveauté de la planche à pagaie se fait toujours sentir. Sa polyvalence en fait une activité qui peut se conjuguer de multiples façons, que ce soit en lac, en rivière, que l’on soit jeune ou moins jeune, sur un cours d’eau agité ou calme. D’ailleurs, le SUP Yoga est pratiqué autant en ville qu’en milieu de villégiature. Méditer en plein lac tout en cherchant l’équilibre sur sa planche se prête bien aux objectifs du yoga. Les retraites de SUP yoga se multiplient. Juna Yoga offre notamment à Mont-Tremblant une retraite yoga + SUP + écologie. Le forfait comprend aussi des activités de plein air et des ateliers de cuisine biologique.

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Source: Juna Yoga

Un moyen de découverte et de sensibilisation

Pour le Québec et le Canada, les sports de pagaie représentent tout un pan de l’histoire et s’inscrivent dans le patrimoine. Autrefois un moyen de déplacement, ce type d’activité pourrait contribuer à l’interprétation des lieux et à la découverte de milieux naturels et d’espaces spectaculaires, parfois même inaccessibles autrement que par voie d’eau. Les sports de pagaie, qui incitent à la contemplation, permettent de se rapprocher de la nature et de sensibiliser l’utilisateur à sa protection, pour un tourisme plus durable.

 

 Image à la une ©istockphoto

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Le tourisme géologique en pleine expansion

Le géoparc comme outil de développement touristique du territoire

chaque géoparc doit être formé d’un patrimoine géologique exceptionnel du point de vue scientifique, esthétique ou éducatif

Le géoparc permet la structuration de l’offre touristique autour d’un thème central: le géotourisme. Créé en 2004 grâce à l’appui de l’UNESCO, le Réseau mondial des géoparcs nationaux, qui compte actuellement 100 sites répartis dans 29 pays, vise à reconnaître et à mettre en valeur le patrimoine géologique d’un territoire à l’échelle internationale. La charte sur laquelle il repose mentionne que chaque géoparc doit être formé d’un patrimoine géologique exceptionnel du point de vue scientifique, esthétique ou éducatif. Il peut aussi inclure un intérêt archéologique, écologique ou culturel, et doit absolument s’inscrire dans une stratégie de développement économique durable.

Des exemples venus de plusieurs coins du monde

CN_Geotourisme_image1À l’international, le géoparc Rokua s’étend sur 1326 km² et englobe le parc national Rokua, établi en 1956 en Finlande. Ce territoire nordique se caractérise par diverses formations géologiques inhabituelles qui remontent à une période de glaciation, comme des crêtes glaciaires ou des marmites de géants. Traversé par un réseau de sentiers de randonnée et de pistes de ski, le parc est aussi réputé pour ses eskers et ses dunes. En plus de son environnement incomparable, le géoparc raconte l’histoire d’un village préhistorique et de sa culture. Depuis sa création, la région a connu un nouvel essor touristique et attire de plus en plus de voyageurs venus des quatre coins du monde, grâce à divers projets qui ont permis au géoparc, entre autres, de renforcer sa présence sur le Web et de promouvoir son image de marque. 

Le géoparc Stonehammer, au Nouveau-Brunswick, a été le premier d’Amérique du Nord à faire partie du Réseau mondial. Il couvre 2500 km2 et comprend près de 60 sites géologiques et dépôts de fossiles importants, dont une douzaine sont accessibles au public. Ils englobent des lieux d’un intérêt particulier sur le plan scientifique, des parcs publics, des paysages urbains, des musées et des expositions. Ce programme unique de promotion de l’exceptionnel patrimoine géologique du Nouveau-Brunswick a reçu le Prix de l’innovateur de l’année 2011, dans le cadre de la remise des Grands prix du tourisme canadien. Stonehammer est une organisation appuyée par une communauté qui rassemble des propriétaires de sites, des exploitants touristiques, des particuliers et d’autres parties intéressées.

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Source: Discover Saint-John

En novembre 2012, plusieurs gens d’affaires de Percé se sont réunis afin de créer la coopérative du géoparc de Percé, dans le but d’adhérer au Réseau mondial des géoparcs nationaux de l’UNESCO. Ils visent ainsi à redonner ses lettres de noblesse à la municipalité et à insuffler de la vigueur à son industrie touristique, entre autres en développant des sentiers et un centre d’interprétation au cœur du mont Sainte-Anne.

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Sans être un géoparc à proprement parler, le parc national de Miguasha, site naturel du patrimoine mondial, permet à ses visiteurs de découvrir la vie comme elle existait il y a 380 millions d’années, à travers des poissons et des plantes fossiles. Le patrimoine naturel – falaise fossilifère composée de deux formations géologiques – y côtoie le patrimoine culturel – héritage autochtone toujours présent. De plus, la visite du musée d’histoire naturelle offre aux visiteurs une expérience scientifique extraordinaire.

L’aménagement des sites

L’aménagement des sites géologiques constitue une manière de les valoriser. De nos jours, les infrastructures mises en place visent l’observation des lieux sans leur dégradation

L’aménagement des sites géologiques constitue une manière de les valoriser. De nos jours, les infrastructures mises en place visent l’observation des lieux sans leur dégradation : des sites paléontologiques ont été recouverts de vitres de protection pour permettre au randonneur de découvrir des fossiles, une passerelle transparente s’avance au-dessus du Grand Canyon, une plateforme jetée au-dessus du vide offre une vue sur la «ligne», accident tectonique séparant les Alpes du Nord de celles du Sud. Bien que ces outils soient onéreux, des recherches réalisées sur 10 sentiers thématiques en Suisse ont montré que les retombées pouvaient atteindre 50 fois la somme investie.

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Les circuits et géoroutes

En 2012, le Chablais est devenu le 4e géoparc français. Unique d’un point de vue géologique, la région raconte, sur 50 km, l’histoire de la formation des Alpes, qui remonte à 250 millions d’années. Sa géoroute permet la mise en réseau, l’aménagement et l’interprétation de plus d’une vingtaine de sites géopatrimoniaux emblématiques du Chablais. À partir de panneaux d’information, le visiteur peut s’approprier l’histoire des lieux.

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La route géologique transpyrénéenne, comme son nom l’indique, traverse les Pyrénées à partir de Bélair, en France, jusqu’à Riglos, en Espagne. L’itinéraire comprend 25 arrêts facilement accessibles, aménagés en bord de route avec des panneaux explicatifs bilingues (français et espagnol), qui racontent, sur 200 km, l’histoire de la formation de cette chaîne de montagnes vieille de 400 millions d’années. Un guide comportant des informations complémentaires ainsi qu’un jeu-questionnaire ludique peut être téléchargé à partir du site Web de la route. 

SuisseMobile, le réseau pour la mobilité douce, qui vise à rendre une foule d’activités accessibles de manière non motorisée, a mis sur pied une géoroute pour les cyclistes, qui se traverse en deux étapes principales. Le trajet s’effectue à travers l’un des derniers deltas naturels et franchit un jardin de blocs erratiques qui montre les traces laissées par le glacier du lac de Constance.

Les événements

Créer un événement favorise l’attractivité de la destination, mobilise de nombreux acteurs et procure des retombées directes et indirectes. Voici quelques exemples:

Régions du Québec, laissez-vous inspirer par ces exemples, et ceux du cahier «Tourisme géologique» de la Revue Espaces, pour mettre en valeur et préserver le géopatrimoine de la province!

– Image à la une ©Stockvault

Cette analyse a été produite pour alimenter le site Web EspaceTourismeDurable.com, destiné aux acteurs touristiques de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

Visionnez la vidéo réalisée par l’organisme:

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Gestion

Des destinations touristiques qui répondent au phénomène climatique

Parce qu’il faut atténuer mais aussi s’adapter

En 2013, la Commission européenne (CE) a mis en ligne un système d’indicateurs pour la gestion durable des destinations touristiques. Ce guide vise à soutenir et à orienter les destinations dans leur démarche vers un développement viable des ressources. L’atténuation, soit la réduction des gaz à effet de serre, demeure la clé de la durabilité économique, environnementale et sociale. Néanmoins, les critères liés à l’adaptation au climat (p. ex.: infrastructures touristiques en zone vulnérable, mise en place d’une stratégie) s’inscrivent maintenant dans le volet environnemental, signe que l’industrie subit ou profite déjà de certains impacts.

L’Australie, un leader

Les écosystèmes fragiles de l’Australie (les récifs, régions tropicales, parcs nationaux ou régions montagneuses) sont sensibles aux effets des changements climatiques. L’engagement des entreprises en adaptation figure dans la stratégie touristique nationale à long terme de l’Australie, intitulée Tourism 2020.

Dans la même optique, Sustainable Tourism Australia, une organisation appartenant à Ecotourism Australia, a mis sur pied une certification pour reconnaître les efforts mis de l’avant face au climat. Elle est accessible à l’ensemble des organisations touristiques publiques ou privées.

KG_DestinationAdapte_Climat_image1Le programme Climate Action Australia classe les organisations en trois niveaux:

  1.  Certifié business: l’entreprise a mis en place des actions de réduction de gaz à effet de serre et d’adaptation, mais ne mesure pas nécessairement son empreinte carbone.
  2.  Certifié innovator: l’entreprise a mis en place des actions de réduction de gaz à effet de serre et d’adaptation, évalue et mesure son empreinte carbone.
  3.  Certifié leader: l’entreprise a mis sur pied une stratégie intégrée sur les changements climatiques à tous les niveaux pertinents des activités et de la planification d’affaires.

Une mise à jour sera effectuée au même rythme que l’évolution des technologies, de la disponibilité de l’information et des changements législatifs. Voici quelques-uns des critères du programme:

  • éthique et responsabilité collective: considérer les options d’assurance pour se prémunir des dommages liés aux événements météorologiques extrêmes, travailler ensemble pour réduire les coûts;
  • clientèle: colliger de l’information sur les répercussions sociales du changement climatique (décision d’achat, comportement de voyage) pour adapter son produit, son service et son marketing, assurer le confort du visiteur, communiquer les risques liés à la santé et à la sécurité;
  • choix de fournisseurs responsables.

Investir dans la sauvegarde du patrimoine naturel

Dans la région de Devon, située au sud-ouest de l’Angleterre, l’offre touristique est composée de parcs nationaux, de sports extrêmes, de plages, de plaisirs gastronomiques, de villages et de villes rustiques. L’organisation de gestion de la destination, Visit Devon, engage autant les habitants et entreprises de la région que les touristes dans une démarche durable et collective pour la conservation de l’héritage naturel, la façon qu’elle a choisie pour combattre les impacts du réchauffement. L’objectif est que la région devienne la plus «verte» d’Angleterre.

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Source: Visit Devon

Le site destiné aux professionnels, Devon Tourism Advice, propose des ressources aux entrepreneurs actuels et futurs pour le développement durable. Plusieurs outils sont mis à leur disposition, notamment:

  • un réseau de «champions» formé d’entrepreneurs prêts à aider les autres dans leur processus de gestion responsable;
  • des suggestions pour partager la responsabilité de conservation avec les clients (projet Visitor Gifting). Par exemple, les entreprises peuvent collecter de l’argent lors d’événements spéciaux ou ajouter un supplément sur des produits locaux;
  • le guide Green Tourism Marketing Toolkit;
  • plusieurs certifications et récompenses régionales (p. ex.: Dartmoor first, Devon Environmental Business Initiative Awards) et nationales (p. ex.: Green Tourism Business Scheme) axées sur la durabilité (environnementale, sociale, économique et locale).

La promotion du site Climateprepared, un site Web qui aide les gestionnaires à agir maintenant face aux inondations, aux sécheresses, à l’érosion côtière et aux périodes de canicule. 

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 Source: Climateprepared

Miser sur l’excellence

La destination de ski Åre en Suède a participé au programme de recherche international Clim-ATIC de 2009 à 2011 pour s’adapter aujourd’hui au changement potentiel dans les habitudes de voyage dû aux changements climatiques. La destination vise à diversifier l’offre et répartir les risques d’affaires sur un plus grand éventail d’activités de même qu’à réduire sa dépendance à l’égard des combustibles fossiles, par le développement d’un réseau de transport écologique alternatif et l’économie énergétique. La destination de ski a opté pour une stratégie environnementale nourrie par des alliances entre les autorités locales et le secteur privé (110 entreprises). Elle compte assurer le leadership européen en matière d’adaptation et développer les sports (hiver et été) en misant sur l’excellence et la recherche.

Des solutions adaptées

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Source: Facebook. The North Face Ultra-Trail du Mont-Blanc.

Après trois ans de mauvaises surprises météorologiques, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (France, Suisse et Italie) propose un format de course garanti pour 2013 en cas de mauvais temps. Les organisateurs ont prévu des parcours de rechange avec des caractéristiques semblables à ceux d’origine, ce qui assurera la sécurité des coureurs et des bénévoles.

Dans un autre ordre d’idées, certains se proclament anticaniculaires. Par exemple, France Montagnes, un organisme de promotion des sports de montagne, profite des vagues de chaleur pour attirer la clientèle dans ses «zones de fraîcheur».

Au Québec, les entreprises réagissent depuis longtemps à l’imprévisibilité des conditions météorologiques et communiquent de plus en plus efficacement avec leur clientèle. Le simple fait d’être proactives leur permet de mieux se préparer et de se prémunir contre des effets indésirables. À un autre niveau, un encadrement législatif et politique pour soutenir les entrepreneurs s’avèrent nécessaires pour l’élaboration de stratégies face aux effets des événements météorologiques en matière de ressources humaines, financières et matérielles de l’entreprise. 

Également, l’anticipation des changements de comportement de la clientèle assurera une plus grande résilience de l’industrie touristique et, par le fait même, un meilleur positionnement à long terme.

 

Cette analyse a été rédigée en collaboration avec Stéphanie Bleau.

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Tourisme durable

Que signifie le tourisme durable pour le client?

Dans un sondage mené en 2011 par l’Institut de tourisme de la Lucerne University of Applied Sciences and Arts, en Suisse, auprès de voyageurs de huit pays, les deux tiers des répondants ignoraient quels étaient les produits de tourisme durable. M. Roger Wehrli, responsable de la recherche, a commenté les résultats de cette étude au Congrès ITB Berlin, le 8 mars dernier. Les auteurs de l’étude ont défini cinq profils de touristes selon leur vision du tourisme durable, afin d’évaluer l’importance qu’ils accordent à ces produits.

Quels sont les aspects essentiels du tourisme durable?

Le sondage a été réalisé conjointement avec IPK International auprès de voyageurs de huit pays: le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suisse, la Suède, la Russie, les États-Unis, le Brésil et l’Inde. Dans chaque pays, environ 750 répondants (pour un total de 6 113 voyageurs) ont exprimé leur vision du tourisme durable. Les répondants étaient invités à évaluer les caractéristiques qui décrivent le tourisme durable sur une échelle de 1 à 5, où 1 signifie «fortement en désaccord» et 5 «fortement d’accord».

L’aspect local est le principal élément du tourisme durable qui est ressorti du sondage. Plus de 60% des répondants sont d’accord ou fortement d’accord pour affirmer que les offres à caractère «local» (produit, communauté et culture) sont celles qui se rapprochent le plus de ce type de tourisme.

Voici les autres composantes importantes, selon les touristes.

Dimension environnementale:

  • efficacité énergétique;
  • gestion des déchets.

Dimension sociale:

  • conservation des paysages et du patrimoine culturel;
  • implication de la communauté locale;
  • prise en considération des répercussions des activités touristiques pour la population locale.

Dimension économique:

  • utilisation de produits et de services locaux;
  • recours à la main-d’œuvre locale;
  • santé économique de la région à long terme.

Les différents profils de touristes et la manière de les approcher

Les cinq profils de touristes établis pour les répondants en fonction de leur vision du tourisme durable ont permis de déterminer les aspects du développement durable qui y sont liés.

L’équilibré (33%)

Il est le plus intéressé par le tourisme durable et celui qui réalise le plus de voyages de ce type (26% d’entre eux). Il accorde de l’importance aux trois dimensions, même s’il est conscient qu’il ne pourra peut-être pas les respecter tout au long de son voyage. Il cherche alors un compromis, un équilibre entre les trois. Ce profil est celui qui rassemble le plus de personnes âgées et les touristes les plus scolarisés. Les Brésiliens et les Indiens dominent dans cette catégorie.

Comment l’approcher?

Le produit doit englober les trois dimensions du développement durable.

Le sceptique (25%)

Il a une attitude critique et est sceptique par rapport aux caractéristiques du tourisme durable. Les explications possibles sont qu’il trouve que cette forme de tourisme est trop compliquée ou trop sophistiquée, que les conséquences liées par exemple aux changements climatiques ne sont pas si dangereuses ou qu’il ne peut rien faire contre ces problèmes mondiaux. Ce profil rassemble une grande part d’Allemands et de Britanniques. Ils sont 16% à avoir réservé un voyage en lien avec le tourisme durable.

Comment l’approcher?

L’information sur l’aspect durable du produit doit être dense, claire et transparente.

L’écolo (15%)

L’écologie lui tient à cœur. Les deux autres dimensions du tourisme durable sont jugées moins pertinentes. Plus de 16% d’entre eux ont réalisé ce type de voyage. Une grande portion est en accord avec le principe des crédits compensatoires de carbone. Selon ce touriste, la préservation de l’environnement et l’efficacité dans la gestion des ressources sont cruciales. Ce profil rassemble une majorité de femmes, de Brésiliens et de Suisses, ainsi que des personnes ayant de hauts revenus.

Comment l’approcher?

Le produit doit inclure la compensation de CO2, des énergies renouvelables, une gestion des déchets et une offre de biodiversité.

Le local (15%)

Il donne la priorité aux aspects local et culturel dans sa vision du tourisme durable. Il recherche une expérience authentique qui lui permet de mieux connaître la culture locale. Il adhère au principe «donner pour recevoir». Les femmes sont surreprésentées dans ce profil, ainsi que les Russes. Ils sont 23% à avoir déjà effectué ce type de voyage.

Comment l’approcher?

L’offre doit impliquer une expérience authentique, mobilisant la communauté de la région et incluant des produits locaux, un apprentissage de la culture et l’utilisation des transports publics.

Le socio-économique (12%)

Tourné vers les dimensions sociale et économique du développement durable, ce touriste accorde de l’importance aux relations durables et égalitaires entre les personnes. Il est celui qui achète le moins ces produits touristiques (15%). Ce profil rassemble une grande part de répondants d’origine britannique, et les personnes de moins de 44 ans y sont plus représentées.

Comment l’approcher?

Il est important que les conditions de travail des employés sur place soient équitables et qu’il n’y ait pas de discrimination. Les produits à vendre doivent être de la région.

Quelle place occupe le développement durable dans leurs voyages?

Lors du choix d’une destination, l’importance du développement durable se place en septième position. Cependant, 22% des touristes le classent parmi les trois facteurs les plus influents lors de la réservation.

Les deux tiers des répondants ignorent quels sont les produits de tourisme durable, mais 55% de ceux qui en connaissent ont déjà réservé un de ces voyages. Cela démontre qu’à partir du moment où une personne sait que ce type d’offres existe, elle est très souvent prête à en acheter.

Au regard des résultats de cette étude, les entreprises doivent concentrer leurs efforts sur l’aspect local et l’expérience vécue par le touriste. Seule une partie des répondants possède des connaissances sur le tourisme durable, il est donc important d’accroître leur sensibilisation si l’on veut augmenter la taille de ce marché. Selon M. Wehrli, il est primordial de viser l’un de ces cinq profils de touristes lors de la conception d’un produit. Cela indiquera la taille du marché potentiel, mais permettra aussi d’adapter le produit et de communiquer de manière efficace avec cette clientèle.

 

Sources:

– Wehrli, Roger. «Sustainability: What Does it Mean for the Customer?», Lucerne University of Applied Sciences and Arts, 8 mars 2012. [Présentation effectuée lors du Congrès ITB Berlin, du 7 au 11 mars 2012, Berlin, Allemagne].

– Wehrli, Roger, Hannes Egli, Martin Lutzenberger et Dieter Pfister. «Is there Demand for Sustainable Tourism? – Preliminary results of the first empirical phase of the WTFL-study: Understanding sustainable tourism», Lucerne University of Applied Sciences and Arts, 2011.