Catégories
Gestion Marketing

Les programmes de fidélisation, toujours d’intérêt ?

Les stratégies traditionnelles utilisées par les marques pour engager les consommateurs et les inciter à renouveler un achat ou réitérer une expérience ont été bouleversées par une pandémie aux proportions historiques. Au sortir de cette crise, les demandes et les besoins des consommateurs ne cessent d’évoluer. Dans ce contexte, les programmes de fidélité exercent-ils toujours une influence sur les choix des consommateurs ? 

44 % des Américains considèrent que les programmes de fidélité jouent un rôle dans leur sélection d’hôtel. 

Les résultats d’une étude menée en mars 2022 par la firme YouGov le confirment ; 44 % des Américains considèrent que les programmes de fidélité jouent un rôle dans leur sélection d’hôtel. 

Selon une enquête menée à l’automne 2021 par Points auprès de plus de 2 000 répondants américains et européens, près de 75 % des membres de programmes de fidélisation d’hôtels se disent satisfaits des marques auxquelles ils sont fidèles. Cependant, 35 % d’entre eux désireraient plus de façons de gagner des points. 

Du côté des compagnies aériennes, c’est plutôt 66 % des personnes fidélisées qui se réjouissent du service des marques dont elles sont membres. Quelque 43 % d’entre elles déplorent tout de même les possibilités limitées d’utilisation des points. 

Les hôtels et les compagnies aériennes doivent donc identifier les avantages et les incitatifs les plus efficaces pour demeurer compétitifs sur un marché en pleine reprise. La manière dont ils répondront aux différentes préférences des clients sera déterminante. En effet, l’adaptation des programmes de fidélité pourra aussi bénéficier à la destination touristique.  

C’est le début d’un temps nouveau

Selon une récente étude effectuée par Skift, en 2021, 47 % des voyageurs d’agrément étaient membres de l’hôtel dans lequel ils ont séjourné lors de leur plus récent voyage, une croissance de 4 % par rapport à 2020. Du côté des voyageurs d’affaires, c’est plutôt 64 % d’entre eux qui étaient membres, un chiffre stable selon les résultats de 2020.  

Étant donné la situation sanitaire et environnementale, certains voyageurs d’affaires décideront de se déplacer moins fréquemment qu’avant la pandémie. Ils auront donc des attentes similaires à celles des voyageurs d’agrément en termes de privilèges. Ainsi, les programmes qui valorisent la quantité de séjours en offrant de gravir des échelons selon le nombre de réservations effectuées ne leur conviendront plus nécessairement. Les clientèles qui voyageront moins pourraient, par exemple, apprécier davantage la possibilité d’échanger en partie ou en totalité les points accumulés contre des expériences ou des produits, selon leur convenance. 

Il est plus avantageux pour certaines clientèles de pouvoir échanger en partie ou en totalité leurs points contre des expériences ou des produits concordant davantage à leur style de vie.   

D’un point de vue structurel, les systèmes d’accumulation de points peuvent offrir des avantages attrayants, mais ne peuvent avoir d’impact que si les clients sont en mesure d’atteindre les seuils demandés. Dans cette optique, certaines grandes chaînes se sont adaptées au marché et proposent de plus en plus des avantages personnalisés ou des bénéfices instantanés. 

Hilton 

Les adhérents au programme Hilton Honors peuvent choisir d’échanger leurs points contre des billets pour des concerts, des achats sur Amazon ou des miles aériens ; des possibilités intéressantes qui leur octroient une certaine souplesse.  

Pendant la pandémie, le groupe hôtelier a pris la décision de retarder l’expiration des statuts (argent, or, diamant) et des points afin de donner aux membres plus de temps pour profiter de leurs privilèges. Hilton a également réduit les formalités pour passer d’un statut à un autre et a diminué les seuils qui permettent de gagner des nuits bonus, ce qui rend cette récompense plus accessible. 

Source de l’image: Hilton Honors 

Choice Hotels 

Les membres du programme Choice Privileges peuvent choisir de convertir leurs points en cartes-cadeaux de restaurants ou de détaillants participants ou en miles aériens.  

Au début de la pandémie, Choice Hotels Canada a aussi décidé de retarder l’expiration des statuts (or, platine, diamant) et des points des membres. Le groupe hôtelier a également mis au point un plan qui a permis à ses hôtels d’établir plus aisément des liens avec les attractions locales et les organisations de gestion de la destination. Il résulte de ce maillage des forfaits et des suggestions de séjours qui non seulement appuient les clientèles dans leur planification de voyage, mais soutiennent aussi les entreprises touristiques limitrophes.  

Source de l’image: Choice Hotels

Accor 

En janvier 2020, Accor a lancé Accor Live Limitless (ALL). Le programme permet notamment aux adhérents d’utiliser leurs points comme option de paiement dans différents restaurants participants ou pour l’achat d’articles chez diverses entreprises partenaires, comme Apple, Bosh ou Dyson. Les membres ont aussi la possibilité d’échanger leurs points contre des activités ou des entrées à certains événements ou spectacles. 

Accor n’exige pas de ses membres qu’ils séjournent à l’hôtel pour accumuler des points ; certains restaurants ou bars participants leur permettent de le faire. Cette démarche permet à la société d’étendre sa portée, d’attirer des clients potentiels, mais surtout de les aider à accumuler des points plus facilement. 

Source de l’image: Accor 

Des changements pour l’action climatique

Certains hôtels commencent peu à peu à moderniser leurs programmes de fidélisation pour répondre à l’intérêt grandissant des voyageurs pour le tourisme durable. Par exemple, les membres Radisson Hotels Americas peuvent désormais compenser l’équivalent d’une tonne de CO2 contre 4 000 points par le biais de l’organisation First Climate. IHG Hotels & Resort offre 500 points aux clients qui renoncent au service d’entretien ménager pendant leur séjour dans divers établissements participants.  

L’Office du tourisme d’Hawaii, en partenariat avec des hôtels, des compagnies aériennes et des organisations bénévoles, a mis sur pied le programme Malama Hawaï. En participant à des projets de reforestation, de plantation d’arbres ou de nettoyage de plages pendant leur séjour, les clientèles des hôtels participants peuvent bénéficier de plusieurs avantages, soit des réductions ou même des nuitées gratuites. L’objectif est d’offrir aux voyageurs une expérience de voyage significative et enrichissante qui pourrait les inciter à revenir et éventuellement devenir un membre fidèle (lire aussi : Hawaï : voyager et redonner à la communauté). 

Source de l’image: Hololeʻa 

Plusieurs programmes de fidélité ont évolué et tentent de combler les nouvelles attentes des clientèles. Les initiatives pour les (re)engager sont diverses, mais une modernisation s’impose. Quelle stratégie allez-vous prioriser? 

Image à la une : Pexels

Catégories
Destinations Marketing

Les résidents, des acteurs qui participent au rayonnement de leur région

Un récent cahier publié par Skift présente les mégatendances qui façonneront le secteur du voyage en 2022. L’une d’entre elles concerne la mobilisation citoyenne. Le rapport anticipe que les communautés locales s’impliqueront de plus en plus dans l’avenir de leur région dans les prochaines années. Elles cesseront de n’être que spectatrices du tourisme sur leur territoire pour participer à la mise en œuvre d’une destination qui leur correspond et qui soit également attrayante pour les touristes. 

Les communautés locales cesseront de n’être que spectatrices du tourisme sur leur territoire pour participer à la mise en œuvre d’une destination qui leur correspond et qui soit également attrayante pour les touristes. 

Des modèles d’implication exemplaires

Les destinations considèrent de plus en plus les résidents comme de réels ambassadeurs de leur région (lire aussi : Shawinigan 100 % accueillant). Elles accordent également de l’importance à leur opinion lors des démarches menant vers la création de plans de développement touristique. La région de Lanaudière et le Colorado ont tous les deux sondé leurs habitants pour prendre le pouls de ce qu’ils pensent du tourisme dans leur région ; son impact sur l’économie, l’environnement et leur qualité de vie. En participant, les communautés locales aident à la création d’un plan qui reflète leurs idées. 

Les citoyens contribuent ainsi de plus en plus au rayonnement de leur région. Certaines destinations se distinguent en les consultant et en les impliquant dans la promotion du territoire. 

Le cas des Îles de la Madeleine 

Le Bon goût frais des Îles de la Madeleine (BGFIM), une association bioalimentaire, a récemment mis au monde le projet Bouilli d’histoires salées. Ce dernier s’inscrit dans une démarche de valorisation de l’identité culinaire madelinienne. En entretien avec la Chaire de tourisme Transat, Alissa Brunetti, chargée de projets pour Le Bon goût frais des Îles de la Madeleine, explique qu’avant le lancement du projet, on ne ressentait pas une grande fierté autour des plats traditionnels de la région ; les mets préparés dans les maisonnées ne reflètent pas nécessairement ce qui est servi aux touristes dans les restaurants.  

Dans un souci de transmettre les savoirs de cette cuisine du terroir, pour permettre aux Madelinots de prendre conscience de la richesse de cette culture culinaire et pour plaire aux touristes qui sont toujours à la recherche d’expériences authentiques, un abécédaire gourmand a été créé.  

Source de l’image: Le Bon goût frais des Îles de la Madeleine 

Pour l’association, cet abécédaire se devait d’être représentatif de l’histoire des gens du coin; c’est ainsi qu’une longue démarche de consultation a été mise en branle. Ce nest pas moins de 100 Madelinots et Madeliniennes qui ont été sollicités pour participer au projet. Appels téléphoniques, rencontres virtuelles ou en personne, chroniques à la radio, questionnaires sur les réseaux sociaux, création d’un comité d’experts… tous les moyens étaient bons pour donner une voix aux résidents. De ce travail résulte une plateforme en ligne qui met de l’avant les diverses traditions culinaires, les entreprises porteuses de ces plats, produits ou pratiques identitaires et des recettes phares. Sur le territoire, l’abécédaire se présente sous la forme de grands panneaux d’interprétation installés chez 22 entrepreneurs régionaux. En suivant cet affichage, les touristes comme les citoyens ont la possibilité de participer à un rallye leur faisant (re)découvrir l’identité culinaire madelinienne.  

Source de l’image: Le Bon goût frais des Îles de la Madeleine 

Mais ce n’est pas tout. Le Bon goût frais des Îles de la Madeleine avait également l’ambition de faire la promotion du secteur bioalimentaire par le biais d’un vidéoclip qui se distingue des publicités traditionnelles des îles. De là est né «Mets d’la bagosse dans l’juke-box!» qui présente les visages d’une vingtaine d’entrepreneurs de la région; quelques résidents ont aussi eu la chance d’y participer. Derrière la caméra, l’équipe de l’Île Imagin’air s’est occupée de la réalisation. De plus, la chanson est le fruit du travail de plusieurs artistes du secteur culturel madelinot, dont Yoanis Menge à qui l’on doit les paroles et la musique originale du vidéoclip. 

Le cas de Porto Rico 

Surnommée Live Boricua, la plus récente campagne de promotion touristique de Porto Rico vise à encourager les voyageurs à prendre part à des expériences qui reflètent le mode de vie des Portoricains. Boricua est un mot utilisé pour décrire une personne originaire ou ascendante de l’île des Caraïbes. La publicité met naturellement l’accent sur l’histoire des gens, plutôt que sur le territoire en tant que destination touristique. Il était donc essentiel pour l’équipe de Discover Puerto Rico que la campagne soit inspirée et soutenue par les habitants, les personnalités influentes locales et la communauté de la diaspora. Ainsi chaque étape, de l’idéation à la création, a inclus la participation de nombreux acteurs. 

Source de l’image: Skift 

L’OGD a d’abord testé différents concepts créatifs avec des groupes de discussion aux États-Unis et à San Juan, la capitale de Porto Rico, afin de recueillir les avis des voyageurs potentiels et des Portoricains eux-mêmes. Elle a également invité des influenceurs portoricains et des partenaires de l’industrie du tourisme et de l’hôtellerie à une table ronde de pré-production. Ces derniers avaient alors l’occasion de partager leurs idées. 

Outre son engagement envers les Portoricains devant et derrière la caméra, la production a embauché trois entreprises locales pour donner vie à la marque Live Boricua. Ce sont également deux femmes de la région qui ont réalisé tous les éléments visuels de la campagne de promotion ; une première pour Porto Rico. En investissant dans des organisations, des acteurs, des équipes, des lieux et des accessoires du coin, la publicité a ainsi contribué à l’économie locale. Les coûts de production s’élèvent à 750 000 $. 

Les résidents sont porteurs d’une identité culturelle qui leur est propre. En leur donnant la parole, ils ont l’occasion de réfléchir à un développement touristique qui leur correspond et peuvent participer au rayonnement de leur région avec cœur et sincérité. Saurez-vous leur accorder cette place?  

Image à la une : Unsplash

Catégories
Produits et activités Tourisme durable

L’écoresponsabilité des musées : protéger le passé et le futur

Comme beaucoup d’autres secteurs d’activités, le milieu muséal prend conscience de sa responsabilité d’agir pour la protection de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques. L’impact de ce secteur sur l’environnement est tributaire de l’empreinte carbone de la mobilité des clientèles et des expositions (qui viennent parfois de loin), ainsi que de la consommation énergétique des bâtiments et des déchets générés par les projets d’exposition éphémère. 

L’importance de l’implication des musées 

Les musées ont la capacité de devenir des acteurs clés. D’après le Conseil international des musées (ICOM), ils « peuvent améliorer la prise en compte du développement durable et contribuer à l’éducation sur les questions des changements climatiques en travaillant avec les communautés et en leur donnant les moyens de provoquer des changements pour garantir une planète habitable, la justice sociale et des échanges économiques équitables à long terme ».  

En plus d’agir envers sa communauté, un musée peut effectuer de nombreuses actions durables au sein même de son organisation. Cet aspect s’avère d’autant plus important dans un contexte de sensibilisation du public. Le message diffusé sur les changements climatiques risque d’être beaucoup plus crédible si le musée montre l’exemple en adoptant lui-même des actions concrètes pour la protection de l’environnement.  

D’après Marie-Claude Mongeon, chargée de projet Planification stratégique et innovation au Musée d’art contemporain de Montréal et membre du comité consultatif Coalition of Museums for Climate Justice, il existe plusieurs bienfaits pour les musées à s’engager vers la voie de l’écoresponsabilité. Cela permet : 

  • d’être à l’écoute des visiteurs qui sont davantage sensibilisés à la cause ; 
  • d’améliorer l’engagement et la rétention du personnel ; 
  • d’offrir de nouvelles occasions créatives et artistiques ; 
  • de faire des économies en prônant la réutilisation du matériel ; 
  • de devenir une source d’informations de confiance pouvant amplifier les efforts collectifs en développement durable. 

Un pas « vert » l’écoresponsabilité

Voici quelques exemples de mobilisation du milieu muséal et de méthodes d’intégration de pratiques durables dans les organisations. 

Un conservateur pour les changements climatiques 

Depuis novembre 2021, le Musée royal de l’Ontario (ROM) compte dans son équipe un conservateur dédié exclusivement aux changements climatiques. C’est une première en Amérique du Nord. Via la programmation, l’éducation et les expositions, le Dr Soren Brothers travaille pour sensibiliser le public et motiver les actions sur l’urgence de la situation et la durabilité. Son rôle vise également à créer des partenariats à travers le monde pour étudier la gestion des changements climatiques à l’échelle locale et internationale. Par cette embauche, le ROM s’engage à diffuser ses connaissances et ses idées pour aider à montrer la voie vers un avenir durable. 

Offrir du soutien pour la formation 

Dans le cadre de leur collaboration « Roots and Branches », le Manchester Museum, le Museum Development North West et The Carbon Literacy Project ont créé une boîte à outils destinée au secteur muséal britannique pour les soutenir dans la lutte contre les changements climatiques.  

Grâce à Carbon Literacy for Museums, il devient possible de former les bénévoles, le personnel et les partenaires afin qu’ils agissent de manière éclairée face à l’urgence climatique. L’objectif est de rejoindre plus de 1500 personnes du milieu muséal au cours des deux prochaines années en accompagnant 300 institutions dans leur stratégie pour le climat. En plus de cet outil, le Manchester Museum offre un espace de coworking dédié à l’action environnementale. 

Plusieurs institutions muséales peuvent déjà témoigner de leur expérience (voir la vidéo). 

Le transport responsable : tout un art 

L’un des enjeux majeurs du virage écoresponsable des musées demeure l’empreinte carbone du transport, tant public que celui des expositions. Lors d’une séance de réflexion tenue en janvier dernier, les représentants des musées français ont estimé que l’une des solutions serait de renoncer aux projets « blockbuster ». Il faudrait alors miser sur un public de proximité, prolonger la durée des expositions et réduire la quantité d’œuvres ou en choisir qui proviennent davantage des collections du musée.  

C’est le choix qu’a fait le Palais des Beaux-Arts de Lille avec son exposition « Expérience Goya ». Dans le parcours d’éco-création, les responsables du projet ont décidé de privilégier la collection permanente et de restreindre le nombre de prêts venant de l’extérieur. L’objectif est de miser davantage sur la médiation et un discours scientifique fort que sur l’abondance des œuvres. 

Au Québec 

Plusieurs organisations proposent des ressources pour accompagner les musées dans leurs démarches durables telles que le Réseau des femmes en environnement ou la firme Écoscéno. La Société des musées du Québec offre également un guide sur l’écoresponsabilité. Il est possible d’y trouver des conseils pour la gestion des installations et des ressources humaines (efficacité énergétique, matières résiduelles, approvisionnement responsable, santé et sécurité, etc.), pour les expositions (conception, fabrication et chantier, démontage et deuxième vie) et pour les communications (internes, externes, design graphique et impressions). Il sera d’ailleurs intéressant de connaître les résultats qu’obtiendra la SMQ de son portrait des pratiques écoresponsables dans les institutions muséales de la province au cours de l’année 2022.   

Quels sont les gestes écoresponsables de votre musée ? 

Note: Cette analyse est la mise à jour de: Environnement et musée: protéger le passé et le futur  

Image à la une : Pexels 

Catégories
Hébergement Technologies

Optimiser les données : le cas de l’entreprise SensorFlow

Fondée en 2016 à Singapour, SensorFlow combine l’utilisation de solutions IoT (Internet des objets) sans fil et l’intelligence artificielle pour améliorer la productivité et l’efficacité énergétique des établissements hôteliers.   

Selon des données recueillies dans de nombreuses propriétés installées en Asie, l’entreprise a constaté que la majorité (>50 %) des clients laissent la climatisation en marche pendant leur absence, et ce, même si la clé de la chambre actionne le système. De plus, environ 1 client sur 3 règle la température en dessous de 21 °C et une proportion non négligeable (12 à 33 %) ajuste la climatisation à des températures inférieures à 19 °C même lorsqu’ils s’absentent. 

De ces constats est née l’idée de permettre aux gestionnaires de visualiser les données en temps réel sur la consommation d’énergie, les tendances d’occupation et les comportements des clientèles, ainsi que sur la gestion du chauffage, de la ventilation et de la climatisation.

La solution SmartREM (Smart Room Energy Management) peut aider les hôtels à économiser jusqu’à 30 % de leur énergie totale et jusqu’à 40 % de leurs coûts de maintenance.

Fonctionnement et application

Selon Oracle, une entreprise de gestion de bases de données, une solution IoT qui permet de « connecter des objets (appareils électroménagers, voitures, thermostats, interphones bébés) à Internet par l’intermédiaire de terminaux intégrés » doit d’abord être mise en place. Ce processus implique l’installation d’une série de capteurs sans fil qui communiquent et interagissent entre eux.   

De manière concrète, les capteurs d’occupation et les thermostats intelligents décèlent le moment où des clients quittent la chambre et qu’un appareil consommant de l’énergie — la climatisation par exemple — fonctionne toujours. L’intelligence artificielle éteint ou ajuste le système en marche à un réglage plus efficace sur le plan énergétique. Les capteurs détectent ensuite le retour des clients ; le système se remet alors automatiquement en marche à la température précédemment programmée. Cette procédure permet d’économiser de l’énergie et ne nécessite pas l’intervention du personnel hôtelier.  

L’IoT collecte également des données en continu sur la quantité d’énergie utilisée dans chaque pièce. Un tableau de bord disponible en ligne regroupe toutes ces données et fournit des tendances qui aident les hôteliers à offrir un service personnalisé et une expérience client améliorée. Les données de fréquentation des chambres leur permettent, par exemple, d’optimiser l’itinéraire du personnel d’entretien ménager. Le principe d’automatisation informe également les gestionnaires des équipements défectueux, ce qui aide notamment à anticiper les pannes et à éviter les plaintes de clients ou prévenir la condensation ou l’apparition de moisissures dans les chambres. 

Source : SensorFlow 

En réponse aux taux d’occupation instables dans les hôtels pendant la pandémie de COVID-19, SensorFlow a développé le système SmartAlloc (Smart Room Allocation), une plateforme qui identifie les chambres les moins performantes sur le plan énergétique et qui s’assure qu’elles ne sont pas utilisées en période de faible occupation. 

Le cas de SensorFlow démontre comment les données mènent à une optimisation des ressources. Une entreprise dont l’ensemble des décisions stratégiques sont guidées par les données implique le développement d’une culture de la donnée à travers les équipes de travail. Cette approche doit ainsi se refléter dans la culture de l’entreprise. Tel que le souligne Max Pagel, co-fondateur et directeur des technologies pour SensorFlow : « Pour implanter une culture de données, il faut commencer par s’intéresser aux gens. Éduquez-les sur la façon dont les données peuvent être utiles et comment passer d’un bout à l’autre du cycle “capter des données ; évaluer leur pertinence ; passer à l’action ; capter des données” pour instaurer un processus d’amélioration continue ». 

Les services de SensorFlow sont destinés exclusivement à l’industrie hôtelière et sont actuellement disponibles à Singapour, en Thaïlande, au Vietnam, en Indonésie, au Cambodge et aux Philippines. Leur objectif pour 2022 : percer le marché américain. 

Image à la une : Pexels

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

Catégories
Technologies

Faites fleurir vos données

Une culture de la donnée

L’industrie touristique, composée d’une forte majorité de petites et de très petites entreprises, accuse un certain retard en matière de collecte et d’analyse de données.

Pourtant, les organisations qui reposent leurs décisions stratégiques sur des chiffres et des profils solides deviennent plus compétitives puisqu’elles sont en mesure de :   

  • personnaliser l’offre en fonction des types de clientèle; 
  • améliorer le produit et en développer de nouveaux; 
  • réduire les irritants pour offrir une expérience sans friction (seamless); 
  • obtenir des informations très utiles pour prendre des décisions rapidement; 
  • miser sur les bons segments de clientèles, au bon moment;  
  • créer des campagnes marketing ciblées et efficaces, en haute comme en basse saison; 
  • augmenter sa performance et ses revenus. 

Une entreprise dont l’ensemble des décisions stratégiques sont guidées par les données implique le développement d’une culture de la donnée à travers les équipes de travail. Cette approche doit ainsi se refléter dans la culture de l’entreprise. Cela se traduit, entre autres, par l’identification d’objectifs mesurables qui seront partagés à l’ensemble du personnel. Bien sûr, les composantes de cette culture doivent avoir un sens pour les employés – améliorer les opérations, faciliter ou rendre plus agréables certaines fonctions, former le personnel à colliger les informations nécessaires, accroître la satisfaction des employés comme de la clientèle, etc.  

Un pas de plus : mutualiser ses données

Le recours à des technologies de collecte, d’analyse et de diffusion peut s’avérer onéreux, surtout pour des petites et de très petites organisations. Bien que la concurrence reste un enjeu sans équivoque dans le partage de données, tenter une collaboration mutuellement bénéfique constitue la meilleure approche dans ce cas. Une telle démarche peut créer des occasions d’affaires, un gain d’efficacité dans sa gestion des opérations et générer des perspectives d’innovation dans son organisation. 

Malgré ces avantages, il existe encore un manque de compréhension sur le potentiel de la mutualisation. Selon une étude menée par la Commission européenne en 2018, les principaux freins au partage de données entre PME sont : 

  • les aspects techniques et les coûts associés;  
  • les zones d’ombre juridiques, notamment sur la propriété des données, leur utilisation et les engagements y étant liés;  
  • le manque de connaissances et de compétences concernant l’utilisation des données et la capacité à en tirer pleinement profit;  
  • les difficultés à leur donner de la valeur et un prix. 

Les entreprises sondées ayant mis en commun leurs données identifient les facteurs de succès suivants à la réussite de la mutualisation : 

  • bâtir un environnement de confiance entre les parties prenantes (garanties de sécurité, bonne communication, collaboration étroite entre les utilisateurs pour s’assurer du gagnant-gagnant); 
  • favoriser une compréhension claire des besoins en donnant des exemples d’utilisation des données;  
  • créer des partenariats avec une organisation tierce qui possède des compétences en matière de mutualisation de données; 
  • mettre en place des mécanismes simples et faciles à utiliser; 
  • instaurer un cadre légal transparent en matière de protection des données personnelles et de propriété intellectuelle. 

 La réalité des entreprises du secteur touristique rend difficile la question du partage des données. En effet, la multiplicité des PME engageant des acteurs variés et ayant des champs d’expertise et intérêts différents complexifie certainement la tâche. S’inspirer d’un secteur d’activité connexe qui comporte des enjeux similaires et qui a développé une expertise en matière de mutualisation peut s’avérer judicieux.   

S’inspirer du secteur des arts et de la culture au Québec

Au cours des dernières années, divers organismes culturels québécois ont engagé des projets numériques visant à recueillir et à analyser des données du secteur, afin d’augmenter la connaissance de leurs publics, entre autres. Plusieurs ministères fédéraux et provinciaux encouragent ces initiatives par l’entremise de programmes de subvention. Par exemple, le ministère de la Culture et des Communications (MCCQ) a déployé un plan d’action axé sur les données des publics du secteur culturel. Dans ce contexte, l’organisme Synapse C a été créé pour accompagner les organisations culturelles dans leur transition vers une culture de la donnée, le tout dans une perspective d’intelligence d’affaires. Les entreprises et associations québécoises de ce secteur sont ainsi de plus en plus sensibilisées aux enjeux et aux retombées de la collecte, de l’exploitation et de la mutualisation des données.  

À titre d’exemple, le Conseil québécois de la musique (CQM) a entrepris en 2018 un projet visant à améliorer sa gestion et ses contacts avec son public sur le long terme. Quel jour et à quelle heure doit-on les solliciter? Quel est notre positionnement dans l’offre globale? Ainsi, 14 entreprises du secteur musical se sont prêtées au jeu de la mutualisation, pour augmenter l’intelligence collective et prendre de meilleures décisions stratégiques. Suite à la préparation des données (nettoyage, standardisation, analyse et anonymisation) réalisée par Synapse C, les participants ont été dotés d’un tableau de bord comportant des indicateurs visuels permettant d’obtenir une plus vaste connaissance des publics québécois et de recueillir des indices sur leur concurrence : situation géographique des clientèles grâce aux codes postaux, heure à laquelle les gens achètent les billets, pourcentage de visiteurs qui ne viennent qu’une fois dans la saison (stratégie de fidélisation), etc. Pour en savoir plus, veuillez visionner cette vidéo explicative du projet. 

Source: Youtube / Conseil québécois de la musique 

Regarder passer le train?

Le recours grandissant aux données crée une pression sur les entreprises qui opèrent encore uniquement à l’instinct. Bien que ce dernier soit toujours un allier de l’entrepreneur qui a du flair, les données viennent confirmer, mieux orienter ou infirmer la décision de mise en œuvre d’une idée ou d’un projet. Il peut s’agir d’un exercice complexe pour des entreprises de petite taille. À cet égard, se regrouper et mutualiser ses données peut s’avérer une approche gagnante, surtout dans une optique de coopétition.

Et vous, êtes-vous prêts à partager les vôtres? 

Image à la une : Fauxels de Pexels

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

Catégories
Tendances

Trois tendances en plein air pour s’inspirer

Hébergements insolites et lieux non conventionnels

En 2018, une analyse du Réseau de veille en tourisme faisait remarquer une montée des hébergements de plein air immersifs. Cette tendance a pris un virage insolite et épars avec un éclatement de l’offre. La naissance d’initiatives québécoises comme l’hôtel nomade UNIQ et le refuge vitré situé dans l’enclot des loups du Parc Oméga, pour n’en citer que quelques-unes, démontre cette tangente vers des lieux hors du commun. 

tendances plein air

Source: UNIQ 

Mobilité convoitée

Les voyageurs québécois interrogés en décembre 2021 par la Chaire de tourisme Transat ont exprimé un intérêt significatif envers les chalets en nature (68 %) et les campings non traditionnels (45 %) pour un prochain séjour. Autour du tiers des sondés s’intéressent à la caravane/motorisé et au van aménagé. Il s’agit là d’un engouement certain pour les hébergements mobiles chez les habitants de la Belle Province. 

tendances plein air

En 2021, l’entreprise VanLife MTL a doublé son parc de véhicules récréatifs en location. Dans une entrevue avec le Réseau de veille en tourisme, la co-fondatrice de Terego une application qui permet aux producteurs agricoles daccueillir les amateurs de vanlife sur leur site confiait également qu’elle remarquait une importante hausse de la demande. À ses débuts en 2017, son organisation comptait 300membres voyageurs, alors que la saison de 2021 s’est conclue avec plus de 5000inscrits. Terego dénombre plus de 200entreprises désireuses de se convertir en hôtes au Québec. 

tendances plein air

Source: Terego 

Dans le même ordre d’idées, en Finlande, le Café Bar Pesula a commencé à offrir aux campeurs la possibilité de stationner leur véhicule ainsi que l’accès à l’électricité et à des toilettes chimiques pour 24 heures, en échange de 15 euros. Elle invite également les vanlifers à profiter d’un déjeuner dans leur établissement. 

Multiplication de circuits spécialisés

Depuis 2020, les fournisseurs de matériel de plein air ont peine à répondre à la demande. Selon un rapport de la firme 360 Research Reports, cette ruée vers ce type d’équipement se poursuivra au moins jusqu’en 2026.  

Ces signaux montrent l’apparition d’adeptes autonomes et équipés, néophytes ou expérimentés, qui recherchent de nouveaux endroits pour pratiquer leurs activités. Certaines destinations ont saisi l’occasion de les attirer par des itinéraires singuliers. 

  • La Norvège a récemment inauguré une route balisée où les pagayeurs peuvent naviguer sur un réseau de sentiers fluviaux de plus de 600 km. En complément, des cartes illustrent sous forme d’icônes les informations nécessaires à l’organisation de courts séjours ou de longs périples. 
  • Aux États-Unis, le US Bicycle Route System, un réseau cyclable à travers le pays, a ajouté 18 routes dédiées aux vélos dans cinq États. Cette adjonction de plus de 4 600 km traverse des lieux emblématiques comme le littoral de l’Ouest et les forêts de Redwood. Une carte interactive informe les cyclistes sur les précautions à prendre et les services offerts sur chaque itinéraire.

tendances plein air

Source: Lonely Planet 

  • La Finlande a publié un circuit court qui mise sur «la thérapie des couleurs». L’initiative regroupe 16attraits naturels et patrimoniaux aux teintes vibrantes à visiter durant la saison automnale.   

tendances plein air

Source: Metsähallitus 

  • En Italie, les amateurs de longue randonnée pourront jouir d’un terrain de jeu de plus de 7 000 km, avec l’inauguration d’un projet de sentiers qui vise à connecter les 25 parcs nationaux du pays. 

tendances plein air

Source: BBC travel 

Technologies et autonomie des visiteurs

La forte popularité du plein air provoque une importante fréquentation des sites naturels. Pour éviter les fermetures, plusieurs gestionnaires ont tenté, entre autres, de gérer l’achalandage avec des stratégies numériques (plateforme de réservation, comptage, bornes, etc.).  

Comme le Connected Communities Research Lab l’illustre dans son rapport Smart Parks, l’adoption de technologies — comme des applications ou des objets connectés — par des territoires protégés atteint un niveau optimal lorsque les données sont collectées, rassemblées et surtout, partagées avec les clientèles.  

Dans cet ordre d’idées, les initiatives numériques qui émergent visent une certaine autonomie des visiteurs. Cette approche mise sur l’implantation de processus et d’outils qui influencent le comportement des utilisateurs pour gérer les flux de manière plus organique.  

En Finlande, des chercheurs ont testé une application destinée à mieux informer les visiteurs du parc national de Nuuksio afin de les répartir naturellement sur les lieux. Elle montre par exemple l’affluence dans les stationnements, les horaires des autobus en temps réel ainsi que les installations d’intérêt du site. Les statistiques d’utilisation (plus fortes durant les périodes de haute fréquentation) ainsi que les premières rétroactions reçues quant à l’expérience sur place suggèrent qu’un service d’information en direct peut modifier les flux. 

tendances plein air

D’autres initiatives de la sorte ont vu le jour en 2021, telles que : 

  • l’application GPS Waze, qui propose des itinéraires alternatifs lorsque l’achalandage de la destination est élevé; 
  • la Heat Map, qui illustre où se trouvent les grands centres d’achalandage; 
  • l’application Affluences qui informe aussi en temps réel sur le niveau d’achalandage d’attractions prisées, tant les musées que les magasins populaires. 

En 2022, le secteur du plein air devrait être marqué par des expériences qui réinventent les lieux de pratique et qui assurent une autonomie des clientèles par une structuration de l’offre et par le partage d’informations. 

Suivrez-vous le courant? 

Image à la une : Photo Nic de Unsplash

Catégories
Ressources humaines

Recruter stratégiquement grâce aux personas

Un personnage fictif, mais crédible

Tout comme le persona client, le persona candidat est fictif, mais fortement inspiré de la réalité. C’est un archétype qui représente un bassin de candidats à fort potentiel pour un poste à combler. On attribue au persona un lieu géographique de résidence, des intérêts, des habitudes et un style de vie cohérents qui reflètent les caractéristiques du groupe auquel il appartient. 

Segmenter pour mieux communiquer

L’objectif d’un persona consiste à segmenter différents bassins de candidats afin de personnaliser ses méthodes de recrutement. C’est un outil incontournable du marketing RH. Le principe derrière cette approche : en cherchant à rejoindre «tout le monde », le message est souvent trop générique et ne rejoint personne. Le secret réside donc dans une stratégie plus nichée et personnalisée. 

La création de personas

Lors de la construction d’un persona, on assigne au candidat fictif une série d’attributs qui enrichissent son profil pour mieux exprimer les attentes de son groupe cible.  

Rédiger le profil du persona sous la forme d’une fiche d’identité permet de lui donner vie. On se pose donc plusieurs questions pour décrire le nouveau héros. Quelles sont ses aspirations? Que recherche-t-il au travail? Qu’est-ce qui le fait vibrer? C’est un exercice ludique qui s’effectue en équipe en mode tempête d’idées.  

On crée généralement différents personas pour un même poste afin de diversifier ses bassins tout comme on le ferait avec sa clientèle. Voici deux exemples de personas candidats pour une base de plein air qui recherche des animateurs de plein air saisonniers. 

ressources humaines personas main doeuvre

ressources humaines personas main doeuvre

N’hésitez pas à concevoir une multitude de personas, vous obtiendrez ainsi plus de candidatures et favoriserez la diversité. En plus des jeunes et des travailleurs expérimentés, la base de plein air présentée en exemple pourrait créer un persona représentant une candidate issue de l’immigration, un adolescent, une autochtone. Les possibilités sont infinies! 

Personnaliser son affichage de poste

Quel média choisir pour afficher les postes vacants? Quels avantages de l’organisation ou de l’emploi devrait-on mettre en valeur? Quelles images utiliser? Devrait-on faire usage du vouvoiement ou du tutoiement dans les publications? En vous référant à votre persona candidat, vous pourrez répondre efficacement à toutes ces questions. 

Retournons à l’exemple. La base de plein air a déjà identifié deux bassins de candidats prometteurs avec les personas de Noémie et de Denis.  

Une campagne de recrutement « jeunes urbains » pourrait donc être déployée via des publicités ciblées sur Facebook et des stories sur Instagram. Cette campagne de recrutement mettrait l’accent sur la possibilité de passer un été à l’extérieur et d’être hébergé en pleine nature. Un exemple de message clé : pas envie d’un autre été encabané?  

Pendant ce temps, une autre campagne « retraités de la région » pourrait être lancée à l’échelle locale via la radio et les médias de proximité. S’inspirer du persona de Denis permettrait de bâtir un argumentaire basé sur la valorisation de l’expérience et des compétences, et sur la conciliation travail et loisirs.  

Bref, le persona offre la possibilité d’affiner les stratégies de recrutement et de s’assurer de rejoindre les candidats potentiels là où ils se trouvent. 

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez approfondir les différents outils du marketing RH et améliorer votre expérience employé, le CQRHT diffuse « Le positionnement employeur : une pratique gagnante pour attirer et fidéliser des employés en tourisme ». Cette formation en ligne a été conçue sur mesure pour les gestionnaires en tourisme.  

Image à la une : Andrea Piacquadio de Pexels

Catégories
Ressources humaines

Faire place aux travailleurs expérimentés

Depuis près de 20 ans, les travailleurs expérimentés constituent un segment croissant de la population active au Canada. Pour plusieurs entreprises touristiques, l’embauche de personnes retraitées s’avère une solution intéressante pour pallier la pénurie de main-d’œuvre. Reconnus pour leur assiduité, leur souci de la qualité, leur loyauté et leur disponibilité, ces candidats sont de plus en plus courtisés, et ce, dans tous les secteurs d’activité. Pourtant, peu d’entreprises ont mis en place des initiatives pour les attirer et les fidéliser.  

Comprendre leurs besoins et s’y adapter

Afin de séduire ce segment de travailleurs, les entreprises touristiques doivent bien comprendre leurs attentes. Premièrement, les personnes expérimentées pourraient ressentir le besoin d’être sécurisées quant à leur lieu de travail. Avec la pandémie de COVID-19, elles pourraient se questionner sur les mesures sanitaires mises en place. Deuxièmement, il ne s’agit pas d’un groupe homogène : certains de ces employés sont très scolarisés, d’autres non ; les uns travaillent pour le plaisir, les autres le font pour pallier une retraite précaire. Voici tout de même quelques tendances de fond et pistes d’adaptation. Ces travailleurs veulent : 

  • être stimulés intellectuellement et développer leurs compétences. Contrairement aux préjugés persistants, ils aiment les défis et recherchent la formation. Plusieurs études ont conclu qu’ils ont la même capacité d’apprentissage que les plus jeunes, ils apprennent toutefois différemment. 
  • trouver un équilibre entre le plaisir et le travail. Autrement dit, de la flexibilité. Plusieurs aménagements d’horaires sont possibles, comme la semaine de travail réduite ou le temps partiel volontaire — deux formules tout à fait compatibles avec le concept de retraite progressive. Le temps partagé représente une avenue intéressante pour les postes de cadres. Si la gestion d’un plus grand nombre d’employés est davantage fastidieuse, elle permet aussi une meilleure adaptation aux périodes de forte affluence. Les horaires flexibles et le télétravail sont d’autres solutions qui offrent plus de latitude. 
  • faire une différence pour les autres. Le travail n’est pas seulement un gagne-pain, il est aussi profondément lié à l’identité et au statut. Les travailleurs expérimentés aiment réaliser des tâches où leurs compétences sont mises en valeur, et ils apprécient les marques de reconnaissance. Impliquez-les dans des projets spéciaux, des comités ad hoc ou des mandats de formation. Les recherches le martèlent : il faut les employer à titre de mentors afin de favoriser le transfert des connaissances. 
  • gagner de l’argent. Les attentes en matière de rémunération ne sont pas généralisables : les motivations, l’ancienneté et la situation financière diffèrent d’une personne à l’autre et demandent ainsi d’y réfléchir au cas par cas. Différents incitatifs fiscaux sont disponibles, comme le crédit d’impôt pour la prolongation de carrière. Celui-ci vise à éliminer l’impôt à payer sur une partie du revenu de travail des employés expérimentés afin de les inciter à demeurer ou à retourner sur le marché du travail.  

Bonnes pratiques pour recruter et fidéliser ces travailleurs

Le gouvernement du Québec a conçu un guide de bonnes pratiques afin d’accompagner les organisations dans l’inclusion de ce bassin de main-d’œuvre à leurs effectifs. Parmi celles à privilégier se trouvent les actions suivantes : 

  • Adapter le processus de recrutement : indiquez explicitement dans vos affichages de postes que les travailleurs expérimentés sont les bienvenus. Lorsque vous utilisez des images, assurez-vous de représenter la diversité ; 
  • Favoriser l’équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle : offrez des horaires de travail flexibles et davantage de congés pour des raisons personnelles ; 
  • Valoriser le développement des compétences : proposez des occasions de formation ou de stage et ciblez les compétences à développer avec les travailleurs expérimentés concernés ; 
  • Reconnaître et faire valoir leur contribution : donnez de la rétroaction constructive sur le travail accompli, favorisez le dialogue et fixez des objectifs réalisables ; 
  • Offrir la possibilité de changer de rôle et de tâches : proposez des défis variés qui tiennent compte des compétences et des capacités physiques de ce groupe d’employés ; 
  • Aménager les milieux de travail selon leurs besoins : offrez un lieu ergonomique dans lequel ils pourront s’épanouir au fil du temps ; 
  • Créer un climat d’intégration et de cohabitation intergénérationnelles optimales : misez sur la coopération entre les travailleurs de différentes générations, implantez une culture favorable aux interactions entre chacun. 

Les forces et défis d’une équipe intergénérationnelle

Les équipes de travail diversifiées ont tendance à être plus performantes et créatives, car elles profitent d’une grande richesse sur le plan des compétences. On note toutefois que la cohésion y est plus longue à atteindre : les valeurs peuvent être très différentes. Les équipes intergénérationnelles sont portées à vivre plus de conflits lors de leur formation, mais lorsque ces différends sont résolus adéquatement, ils poussent l’organisation à être beaucoup plus efficace. 

Plusieurs milieux de travail n’ont toujours pas réussi à créer cette culture d’ouverture. Paradoxalement, on retrouve encore chez certains grands employeurs ce que l’on appelle de l’âgisme, c’est-à-dire de la discrimination par l’âge fondée sur des stéréotypes et des préjugés.  

Finalement, afin d’éviter les tensions intergénérationnelles, les organisations doivent faire preuve d’équité. D’ailleurs, les travailleurs expérimentés sont les premiers à vouloir être traités comme leurs collègues. Les aménagements d’horaires, les programmes de formation et les marques de reconnaissance sont des pratiques profitables pour toutes les générations. Bref, les adaptations que vous réaliserez pour accueillir les travailleurs âgés vous permettront de fidéliser l’ensemble de vos employés. 

 

Source de l’image à la une : Cyril Doisneau2021, collaboration spéciale pour la Chaire de tourisme Transat 

Note : Cette analyse est la mise à jour de l’article : Attirer et fidéliser les travailleurs expérimentés : il est temps de passer à l’action

Catégories
Destinations

Gestion des flux touristiques : la Heatmap d’Helsinki

Une relance sécuritaire

Comme toutes les grandes villes, Helsinki a souffert des impacts de la pandémie puisqu’une importante partie de son écosystème s’articule autour des hôtels, des restaurants, des événements et des attraits touristiques. La relance est très attendue.

Afin d’assurer une reprise sécuritaire, la Ville et l’entreprise de logiciels Hypercell ont élaboré la Heatmap. Cette carte thermique informe les internautes de l’intensité de l’achalandage des zones touristiques grâce à une gradation de couleurs. Du jaune au rouge, les résidents comme les visiteurs peuvent distinguer, en temps réel, les endroits les plus calmes des plus fréquentés au centre-ville.

Des données utiles pour tous

Lancée à l’été 2021, la Heatmap recense le volume de personnes en fonction du lieu et de l’heure, le temps moyen passé sur les différents sites ainsi que le mouvement des foules à travers les zones munies de capteurs. Ces données permettent aux acteurs touristiques de cerner rapidement les attroupements et de gérer plus efficacement l’attractivité de certains attraits et secteurs selon les moments de la journée. Ces informations seront également utiles pour mieux planifier les actions en mobilité et deviendront certainement un outil précieux de planification urbaine pour la Ville.

La Heatmap est alimentée par un réseau de beacons — des balises de microlocalisation — déployé à travers la ville. Ces balises captent les signaux Bluetooth des appareils mobiles circulant à proximité. Les instigateurs du projet comptent multiplier le nombre de détecteurs à différents endroits du centre-ville et des quartiers qui accueillent des visiteurs. Les organisations qui acceptent d’installer des capteurs bénéficient dès lors de données privilégiées sur la fréquentation de leur commerce, les périodes de pointe, ainsi que le potentiel de clients selon les zones. À noter que les informations transmises demeurent anonymes.

La Heatmap d’Helsinki fait partie d’un projet de gestion régionale de la sécurité du tourisme dont le financement provient du fonds de relance touristique du Ministry of Economic Affairs and Employment de la Finlande.

Image à la une : Heatmap Helsinki

Catégories
Ressources humaines

Ados au boulot

Les ados à la rescousse

La main-d’œuvre touristique du Québec se compose d’une forte proportion de jeunes, avec 38 % des travailleurs âgés de 15 à 24 ans. Il y a actuellement un creux démographique au Québec et ce plancher se situe chez les 16 à 20 ans. En effet, la province comptait en 2021 499 370 jeunes de 21 à 25 ans et seulement 426 496 jeunes de 16 à 20 ans (8,5 % de moins). Ces données expliquent en partie pourquoi de plus en plus d’employeurs ont recours à des adolescents de 16 ans et moins pour pourvoir les postes vacants.

Par ailleurs, la cohorte des 11 à 15 ans, avec ces 457 420 jeunes, est légèrement plus consistante, mais laisse quand même entrevoir pourquoi la pénurie perdurera jusqu’en 2030.

Le travail des jeunes et la loi

Au Québec, les jeunes de 16 ans et moins ne peuvent travailler pendant les heures de fréquentation scolaire et, sauf exception, doivent se reposer entre 23 h et 6 h. De plus, un adolescent de moins de 14 ans qui désire travailler devra obtenir le consentement écrit de ses parents.

Les entreprises ont chacune leurs politiques sur l’âge requis à l’embauche, celui-ci varie généralement en fonction du risque et des tâches à effectuer. Dans la plupart des franchisés McDonald, l’âge minimum est de 14 ans pour travailler au service et de 16 ans pour travailler en cuisine. À La Ronde, l’âge minimum est récemment passé de 16 à 15 ans pour la plupart des emplois d’été.

Des campagnes de recrutement sur mesure

Pour rejoindre les 12 à 16 ans, très friands des médias sociaux, il faut savoir capter leur attention. Les adolescents ont des habitudes et un langage de communication bien à eux que le recruteur devra maîtriser.

En février 2021, la Ville de Saguenay avait 325 emplois étudiants affichés, dont plusieurs postes de sauveteurs et de préposés aux équipements. Une vaste campagne de recrutement sur TikTok, Instagram et Facebook a donc été lancée avec de courtes vidéos et stories reprenant des procédés et des codes bien connus de ces réseaux sociaux. Résultats ? La Ville est parvenue à doubler le nombre de candidatures pour ces postes étudiants.

recrutement medias sociaux saguenay

Source : TikTok #SagEmbauche 

Pas beaucoup d’expérience, mais plein de compétences

Évidemment, les adolescents ont peu d’expérience de travail à inscrire sur leur CV. Il est donc conseillé de réviser les processus d’embauche pour les rendre simples et rapides, exit les formulaires complexes. TikTok propose même aux recruteurs de solliciter des candidatures sous forme de vidéos de moins de 60 secondes (#careertiktok) afin que les candidats puissent se mettre en valeur autrement.

Même en temps de pénurie, les entrevues de sélection demeurent importantes. Celles-ci devront mettre l’accent sur l’évaluation du potentiel et du savoir-être. Des mises en situation réalistes et des simulations permettront d’évaluer et de comparer objectivement des candidats moins expérimentés.

recrutement medias sociaux mont tremblant

Source : Page Facebook Emplois Station Mont Tremblant 

Passer du temps avec leurs amis… ou travailler ?

Et s’ils n’avaient pas besoin de choisir ? Les adolescents accordent une grande importance à leurs cercles d’amitié. De plus en plus d’employeurs, à l’instar de la Station Mont Tremblant, invitent donc leurs jeunes employés à recommander un ami en échange d’un horaire combiné.

Si l’opinion de leurs pairs compte pour beaucoup, il ne faut pas oublier celle des parents. Ceux-ci sont généralement responsables du transport des jeunes travailleurs. Les gestionnaires ont tout intérêt à satisfaire à la fois le jeune et son parent, car l’influence de ce dernier pèse lourd dans le processus de fidélisation.

Au Parc Aventures Cap Jaseux, les adolescents sont surtout embauchés pour des postes de 20 heures par semaine afin d’intégrer le marché du travail plus graduellement durant la période estivale. Il faut aussi se rappeler que les jeunes de 12 à 16 ans sont encore nombreux à accompagner leurs parents lors de voyages familiaux. On se préoccupera donc de « l’expérience parents » en permettant une certaine souplesse à l’égard des demandes de vacances.

Une première expérience d’emploi enrichissante

Lors d’une première expérience d’emploi, les étudiants auront besoin d’un encadrement adapté, de coaching, et surtout de compréhension. Au Village du Père Noël, les jeunes employés ont le droit à l’erreur et peuvent ainsi développer et construire leur confiance. Gestionnaires et superviseurs sont très présents sur le terrain et favorisent la reconnaissance. Positionné comme un employeur jeunesse qui accorde une grande importance à « l’expérience employé », ce parc d’attractions ne connaît pas de problème de pénurie de main-d’œuvre et fait donc bien des jaloux. 

recrutement medias sociaux village pere noel

Source: Facebook Village du Père Noël 

Responsabilité sociale et persévérance scolaire

Employer des adolescents, de surcroît pendant l’année scolaire, comporte des enjeux éthiques. En aucun cas, on ne peut demander à une personne mineure de réaliser un travail qui risque de compromettre son éducation. Les entreprises touristiques ont tout intérêt à se positionner comme des employeurs qui favorisent la conciliation travail-études.

Plusieurs pratiques peuvent être ajustées pour envoyer ce message : limiter le nombre d’heures exigées, aligner les horaires sur le calendrier scolaire, permettre aux étudiants de réviser leurs notes pendant les périodes non achalandées, etc.  Pour encourager les travailleurs étudiants, les Rôtisseries St-Hubert ont quant à elles versé 15 000 $ en bourses d’études l’an dernier. Un exemple d’employeur conciliant et inspirant !

recrutement medias sociaux st hubert

Source : Facebook St-Hubert 

Source de l’image à la une : Unsplash