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Gestion

Les musées madelinots s’appuient sur la cocréation pour innover

Le créneau d’excellence Récréotourisme a accompagné en 2016 le Réseau muséal des Îles de la Madeleine dans une démarche de cocréation afin d’élaborer une nouvelle expérience touristique. Ce projet leur a mérité une place parmi les finalistes du concours de la 2000e analyse du Réseau de veille. Voici les détails.

Plusieurs rencontres inspirées des principes du design d’expérience auxquelles ont pris part une centaine de participants (membres du Réseau muséal, entreprises du secteur des nouvelles technologies, résidents et visiteurs des Îles de la Madeleine) ont eu lieu à l’été 2016. Avec l’aide du Living Lab en innovation ouverte, la démarche s’est déroulée en trois étapes :

  • Découverte et inspiration : il s’agissait de cadrer le mandat de design d’expérience, de définir le parcours client, d’initier les participants au concept d’expériences touristiques enrichies par la technologie, d’identifier des pratiques inspirantes et finalement, de préparer les questions et mener les entrevues auprès des touristes et des Madelinots.
  • Définir : analyse des 25 entrevues réalisées à la première étape pour identifier les thèmes et les principes de design qui guideront les participants pour la suite de la démarche.
  • Idéation et prototypage : une vingtaine de participants se sont réunis durant trois jours pour le sprint MuséoZ’Îles, une série d’activités participatives (voir la vidéo ci-dessous). L’objectif était de cocréer des expériences touristiques en s’aidant des dix principes de design identifiés précédemment. Les idées ont germé sous forme de projets qui se sont ensuite transformés en prototypes. Des deux expériences présentées aux visiteurs et aux résidents, une seule a été retenue.

Le projet choisi est le « Carnet de visite du Réseau muséal des Îles de la Madeleine », un outil en ligne pour la planification de visites muséales et un dispositif pour cumuler des privilèges. Encore en cours d’élaboration, le projet sera testé lors de la saison touristique 2018 dans les trois musées partenaires que sont le Centre d’interprétation du phoque, le C.A.M.I. (Council for Anglophone Magdalen Islanders) et le Musée de la Mer.

Un projet aux multiples retombées

Comme l’explique Jason Bent, directeur du créneau d’excellence Récréotourisme, cette démarche de cocréation a permis aux parties prenantes de s’initier aux nouvelles approches de design de service et d’expérience, de valider la pertinence d’utiliser la technologie pour enrichir cette expérience et d’intégrer les résidents et les visiteurs dans le renouvellement de l’offre touristique. Elle a aussi fait l’objet d’une couverture dans les médias régionaux et a été présentée dans le cadre de l’événement Digital Tourism Think Tank Global 2017 à Bruxelles en décembre dernier.

Grâce à une aide financière de 108 136 $ provenant du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et du ministère de la Culture et des Communications, le Réseau muséal des Îles de la Madeleine embauchera un animateur culturel ainsi qu’un coordonnateur pour chacun des trois partenaires, et lancera une campagne de promotion.

Enfin, l’outil numérique améliorera l’expérience muséale des visiteurs, qui pourront planifier leurs visites et leurs activités selon leurs intérêts.

Avez-vous mené une démarche de cocréation au sein de votre entreprise ? Partagez votre expérience dans la section commentaires !

 

Source de l’image à la une : © Créneau d’excellence Récréotourisme

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Produits et activités

Muralis, la grande expérience des murales | 2000e analyse

Cette analyse présente l’innovation soumise par madame Amélie Boissonneau, coordonnatrice aux communications à Destination Sherbrooke et lauréate du concours « 2000e analyse » du RVT. Merci à tous les participants ainsi qu’à notre partenaire Air Transat !

Une réflexion stratégique

Depuis 2002, le centre-ville de Sherbrooke se pare chaque année d’une grande murale de style trompe-l’œil; elle en compte aujourd’hui seize. Constatant l’intérêt des visiteurs pour ces pièces uniques, Tourisme Sherbrooke — maintenant devenue Destination Sherbrooke — a décidé en 2012 de les promouvoir à travers un circuit touristique traditionnel qui s’est vite transformé en attrait incontournable. Forte de ce succès, l’organisation de gestion de la destination a voulu pousser le concept de circuit touristique encore plus loin. Pour ce faire, elle a entrepris une réflexion afin de le bonifier et de le rendre plus attrayant auprès d’une clientèle plus jeune, à l’image de la ville qui abrite deux universités et un cégep, et de son centre-ville qui accueuille plusieurs jeunes entrepreneurs. L’appel d’offres fut donc lancé en janvier 2017 et Space & Dream, un studio de génie logiciel et de création multimédia, l’a remporté haut la main avec Muralis, un projet d’application mobile en réalité augmentée. Cette application gratuite, téléchargeable sur un téléphone intelligent ou une tablette, fait voyager les gens à travers les époques, depuis le 10 août dernier.

Galerie d’art à ciel ouvert, animée et ludique

Grâce au savoir-faire de Space & Dream, onze murales et leurs personnages s’animent, dialoguent entre eux et prennent littéralement vie sous le regard des visiteurs, à toute heure du jour ou de la nuit, sur un circuit touristique piétonnier d’environ 1 h 30. Leurs échanges permettent de découvrir l’histoire d’un lieu, un quartier commercial de Sherbrooke à la fin du XIXe siècle, une tranche de vie sherbrookoise croquée au début du XXe siècle, la vie foisonnante d’un quartier populaire entre 1930 et 1960 ou encore les faits, petits et grands, qui ont marqué l’histoire des services de police et de prévention des incendies de la ville. D’autres fresques présentent des paysages animés où l’on peut observer le cycle des quatre saisons tel qu’il se déroulait avant le début de la colonisation, et pour peu qu’on le touche, l’immense cœur Sherbylove de la murale diffuse des messages provenant de la population sherbrookoise.

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 © Destination Sherbrooke

L’aspect ludique de l’expérience est primordial pour plaire à la génération du millénaire et Destination Sherbrooke l’a bien compris. En effet, chaque murale inclut une clef qui permet de pousser plus loin l’exploration des tableaux tout en se lançant dans une chasse au trésor des temps modernes pour découvrir le trésor caché de la ville.

La solution technologique proposée par la firme montréalaise Space & Dream est avant-gardiste. Selon Amélie Boissonneau, cet univers virtuel qui superpose des personnages réels dans un univers en trois dimensions est tout à fait unique. Pour créer ces petits films, qui sont la base de Muralis, il aura fallu embaucher une quarantaine de comédiens afin d’interpréter les 70 rôles filmés en réalité augmentée. Pour en savoir davantage, visionnez les vidéos, ci-dessous et ici, sur les coulisses du tournage de Muralis.

Une technologie au service de l’entreprise et de la relation client

Certes, l’application de réalité augmentée Muralis constitue un circuit novateur, mais elle est bien plus que cela. Elle permet à Destination Sherbrooke de jeter les bases d’un système de gestion de la relation client en favorisant la cueillette de données statistiques telles que l’âge, le sexe et la provenance des individus qui l’ont téléchargée. Grâce aux données de géolocalisation, Muralis fournit aussi des informations sur le parcours du client :

  • Où a-t-il entamé le circuit ?
  • Quels ont été ses déplacements à l’intérieur du circuit ?
  • Combien de temps a-t-il contemplé telle ou telle fresque ?

Cette analyse fournit des renseignements fort utiles à Destination Sherbrooke quant à l’intérêt des visiteurs pour chaque murale « visionnée », ce qui leur permettra d’ajuster le tir dans une 2e phase du projet afin d’améliorer l’expérience client et de susciter l’engouement pour ce circuit numérique inédit.

L’analyse du parcours client constitue aussi un élément important pour créer des maillages avec des partenaires et inciter les visiteurs à fréquenter d’autres attraits — comme les musées — ou les commerces qui jalonnent le parcours. La création de Muralis aura donc des répercussions favorables tant sur l’industrie touristique que sur l’économie sherbrookoise dans son ensemble. Au 1er novembre, l’application avait été téléchargée tout près de 5 300 fois, soit 64 téléchargements en moyenne par jour, alors que la saison touristique tirait déjà à sa fin.

Des investissements importants

Muralis constitue un projet numérique unique en son genre, qui a nécessité un investissement de 500 000 $. À cela s’ajoutent des frais additionnels de près de 25 000 $ pour le marquage urbain, l’acquisition de huit tablettes numériques en prêt au bureau d’information touristique et l’embauche d’une personne-ressource sur le terrain, un « agent mobile des murales », pour informer les gens et les aider à résoudre leurs difficultés techniques.

Destination Sherbrooke a su innover et offrir un circuit à la fine pointe de la technologie en se basant sur un produit d’appel de la municipalité. Parions que le bouche-à-oreille fera son petit bonhomme de chemin et que l’an prochain, Muralis connaîtra une telle notoriété que l’on pourra ajouter d’autres œuvres à l’expérience des grandes murales de Sherbrooke !

 

Source de l’image à la une : murales-sherbrooke.com

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Marketing

5 tactiques efficaces de marketing hors ligne

 

Le marketing en ligne occupe toutes les tribunes. Pourtant, les actions hors ligne s’avèrent tout aussi cruciales pour la plupart des petites et moyennes entreprises. L’Adventure Travel Trade Association (ATTA) collige dans un document des astuces marketing hors ligne peu coûteuses. Voici les grandes lignes de ce rapport.

  1. Faire de la communauté un levier

Dans un premier temps, rappelons l’importance de se joindre et de participer aux activités de l’association touristique régionale, aux chambres de commerce de la région et autres regroupements cohérents. En plus de bénéficier de leurs vitrines, les entreprises membres peuvent profiter de ce réseau pour faire connaître leur offre et développer des partenariats.

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Source : Pexel

Mais la communauté ne se limite pas aux autres entreprises. Participer à la vie sociale de la collectivité crée un sentiment d’appartenance de la population envers l’organisation. L’engagement de la communauté envers l’entreprise peut exercer une forte influence sur le bouche-à-oreille et l’image de marque. Voici deux exemples de gestes porteurs :

  • Donner des prix : les écoles, les groupes communautaires cherchent souvent des prix pour des concours ou pour remercier des bénévoles; profitez-en pour offrir un de vos produits ou une réduction sur vos services.
  • Organiser des événements grand public : choisir une thématique cohérente comme une conférence-atelier sur la cuisine en plein air ou encore sur les voyages en famille. Pour une ambiance agréable, il s’avère judicieux d’offrir quelques bouchées et des boissons.

 

  1. Développer une expertise et la partager

Gérer une entreprise dans un secteur niché, en tourisme d’aventure par exemple, permet de développer un savoir-faire et des connaissances basées sur l’expérience. Cette information intéresse les voyageurs d’aventure ou les autres professionnels du milieu :

  • Devenir conférencier : les organisateurs d’événements cherchent des conférenciers et l’indiquent parfois sur le site Web de l’événement.
  • Intervenir en classe : les professeurs en tourisme, au collégial comme à l’université, souhaitent souvent intégrer une conférence d’un intervenant du milieu afin de compléter la théorie par des expériences pratiques avec des gens de terrain. Voilà une excellente façon de faire connaître l’entreprise à une jeune clientèle ainsi qu’à un bassin de main-d’œuvre potentiel.
  • Effectuer une étude et la partager : il peut s’agir d’une enquête auprès de la clientèle ou d’une recherche sur les bonnes pratiques. Le partage des résultats peut être fait lors d’un congrès annuel, d’une foire ou en ligne sur les médias sociaux.

 

  1. Concevoir du matériel imprimé mémorable

Selon la firme Miles Partnership, plus de la moitié des voyageurs américains ont utilisé des médias imprimés (tous types confondus) comme sources d’information pour un séjour touristique en 2016. Mais ces publications doivent sortir du lot pour marquer les esprits et éviter qu’elles ne tombent trop rapidement dans le bac à recyclage.

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Source : ATTA

Les dépliants, les brochures et les prospectus retiendront l’attention s’ils se déploient dans un format original, un design attrayant et proposent un contenu distinctif. Il faut donner envie aux consommateurs de conserver la publication. Aussi, celles-ci doivent être disposées à des endroits propices à la rencontre du marché cible. Par exemple, une entreprise de pêche récréative de la Norvège a installé ses dépliants à la poissonnerie de certaines épiceries grâce à un partenariat avec l’entreprise en alimentation Whole Foods.

 

  1. Établir les bons partenariats

Le choix des partenaires d’affaires est très important puisque ceux-ci peuvent aider à promouvoir votre organisation auprès de sa clientèle. Il peut s’agir d’organisations complémentaires situées dans la même destination avec lesquelles il est possible de développer des forfaits. Des entreprises offrant le même type de produits, mais œuvrant dans des régions différentes peuvent également s’associer pour créer une offre groupée avec rabais, comme le font plusieurs stations de ski, au Québec et ailleurs.

 

  1. Convertir les anciens clients en ambassadeurs

Les clients satisfaits sont les meilleurs ambassadeurs d’une marque. Des entreprises cultivent cet intérêt par des petites attentions comme l’envoi de courrier personnalisé à Noël et à l’anniversaire du client. Certaines entreprises font parvenir des photos du séjour. Un vignoble envoie une bouteille de vin un an après le séjour aux clients qui ont participé aux vendanges. Ce type d’attention crée une impression très favorable, remémore de bons souvenirs et alimente les conversations.  

 Mettre tout ça en ligne pour faire plus de bruit!

Évidemment, les tactiques hors ligne sont encore plus porteuses lorsqu’elles sont jumelées à des actions en ligne qui offrent une immense visibilité, surtout lorsqu’elles sont partagées sur les médias sociaux. C’est notamment le cas des campagnes guérillas, soit celles qui surprennent le consommateur et créent un buzz marketing.

Dans tous les cas, rappelons au moins deux éléments importants à considérer avant de produire une campagne marketing, qu’elle soit en ligne ou hors-ligne :

  • Identifier clairement le marché cible de cette campagne et ses caractéristiques;
  • Formuler l’action souhaitée chez le consommateur avec cette campagne. S’agit-il de l’inciter à consulter le site Web? À réserver un service? À assister à un événement? L’objectif doit être clair pour en mesurer les résultats.

 

Source de l’image à la une : @Teemu Paananen sur Unsplash

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Tendances

Un vent de changement pour les OGD

Destinations International, l’association qui représente les organisations de gestion des destinations (OGD) situées essentiellement en Amérique du Nord a mis à jour son étude DestinationNEXT de 2014. L’édition 2017 révèle les tendances, les stratégies et les nouveaux métiers des OGD, grâce à un sondage mené au printemps dernier auprès de 433 de ces organisations à travers le monde. Destinations International a par ailleurs constitué quatre panels de discussion rassemblant des OGD, centres de congrès, voyagistes, agences de voyages en ligne, universités, organisations internationales (OMT, WTTC), firmes de conseil, d’intelligence d’affaires (Skift) et autres acteurs « disruptifs » tels que Airbnb pour enrichir l’étude.

Le directeur du Réseau de veille, Paul Arseneault, en a fait une lecture pertinente dans un article du blogue etourisme.info, appuyée par l’excellente interprétation de Paul Fabing, directeur du pôle qualité de l’accueil à l’Agence d’Attractivité de l’Alsace.

Voici les points essentiels à retenir de cette étude.

Les 5 nouveaux métiers des OGD

Aucun de ces rôles ne repose sur des compétences touristiques

L’étude définit les cinq rôles clés qu’une OGD devrait endosser dans le futur pour suivre l’évolution et les tendances de l’industrie ; aucun de ces rôles ne repose sur des compétences touristiques.

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Curateurs du contenu de la destination

Face à la multiplication de contenus et de plateformes de diffusion en ligne, les OGD peuvent jouer un rôle de curateur afin d’aider le voyageur à obtenir la bonne information. Celui-ci a alors l’assurance que les contenus agrégés sont authentiques, pertinents et neutres. Les OGD ont aussi une place à prendre en tant que créateurs de contenus. Pour cela, elles devront consacrer plus d’efforts à leur développement et à leur diffusion sur des plateformes plébiscitées par les visiteurs, privilégier des formats dynamiques tels que les vidéos et les adapter aux appareils mobiles. Ces compétences devront être acquises en interne.

« Adopteurs » des outils d’intelligence économique et de traitement de données

La collecte et l’analyse de données massives constituent un avantage concurrentiel durable pour les OGD. Elles doivent prendre conscience que ces informations peuvent leur être utiles afin d’augmenter le nombre de visiteurs et leurs revenus. Un cadre d’affaires peut être mis en place pour identifier les occasions de collecter ces données sur leur territoire et de les analyser. Enfin, il est important que les OGD améliorent leurs compétences en la matière.

Catalyseurs du développement économique de la destination

Les OGD peuvent agir plus globalement dans le développement économique de leur territoire. Certaines ont déjà entamé des changements en se fédérant sous une vision commune avec d’autres acteurs jouant un rôle dans l’attractivité de la destination. Les OGD ont une chance de devenir un catalyseur de projets, liés ou non au tourisme. Elles peuvent influencer les diverses parties prenantes, dont les décideurs politiques, mais aussi aider leur communauté respective à développer leurs échanges commerciaux, à augmenter leurs investissements dans de nouvelles infrastructures, à créer des emplois, à acquérir des connaissances et à générer des revenus.

Activistes du place making de la communauté locale

Les OGD allient le talent, la compétence et le leadership pour jouer un rôle proactif dans le développement global de la destination, le place making. Elles peuvent créer un plan directeur pour le tourisme en collaboration avec le gouvernement local, diverses organisations et institutions, la communauté d’affaires, les résidents et d’autres partenaires de la région. Maintenir un équilibre entre la croissance du nombre de visiteurs et le développement durable social et environnemental du territoire tend à devenir l’une des principales responsabilités de l’OGD en tant qu’« activiste » de la communauté.

Collaborateurs avec des réseaux stratégiques

Les OGD doivent se lier à d’autres réseaux que ceux du tourisme afin d’asseoir la crédibilité et la légitimité de l’activité touristique. Par exemple, bâtir des relations stratégiques avec des agences gouvernementales et non gouvernementales, avec les universités, les grandes écoles et d’autres partenaires socioéconomiques du territoire. La cocréation devient un modèle dominant dans tous les secteurs.

Face aux enjeux et aux tendances : 25 orientations

Destinations International a classé par ordre d’importance les 25 stratégies que les OGD ont l’intention de mettre en application dans les années à venir. Voici le top 12, avec la variation comparativement à 2014. Les quatre principales orientations n’existaient pas en 2014, preuve d’un changement radical des priorités des OGD.

Top-12-orientations-OGD

Un virage est amorcé

Comme le remarque Paul Arseneault dans son article, deux mouvements ressortent des quatre premières stratégies. Les OGD développent une plus grande autonomie par l’intégration de nouvelles ressources et par l’acquisition de compétences en interne. De plus, elles conçoivent différemment leur destination en privilégiant l’authenticité des expériences et la connexion avec le client à toutes les étapes du cycle du voyage. Ces deux dernières stratégies sont d’ailleurs partagées avec les autres acteurs du territoire puisque ce n’est pas l’« organisation » qui est mentionnée, mais la « destination ».

Aucune des 25 stratégies ne mentionne le « voyageur » ou le « touriste »

Fait intéressant à noter, aucune des 25 stratégies ne mentionne le « voyageur » ou le « touriste », mais plutôt le « client », l’« internaute » ou le « visiteur ». Une tendance adoptée par l’OGD de Copenhague qui ne parle plus de voyageurs, mais de résidents temporaires.

Enfin, l’étude met en exergue les rôles et les responsabilités des OGD envers leur communauté. Elles devraient éventuellement se convertir en acteurs actifs du développement économique et social de leur territoire, travaillant main dans la main avec les autres parties prenantes. Le processus de décloisonnement du tourisme est enclenché.

 

Source de l’image à la une : Pexels

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Produits et activités

Le plein air balisé : un réseau qui a fait ses preuves

Le Réseau de veille s’est intéressé au projet de la SuisseMobile à ses tout débuts, il y a un peu plus de dix ans. Déjà, on pouvait constater l’ampleur de l’offre composée d’itinéraires pour les déplacements non motorisés et surtout, la qualité de son intégration aux prestataires touristiques et aux transports publics. En 2018, la SuisseMobile célèbrera ses dix ans. À l’occasion d’une conférence organisée par Vélo Québec, le cofondateur Lukas Stadtherr a présenté les principaux projets, après une décennie d’évolution et d’expérience.

C’est quoi SuisseMobile?

SuisseMobile est un réseau national balisé destiné à la mobilité douce dans un cadre récréatif ou touristique. À ce jour, il regroupe des itinéraires pour cinq activités : le vélo, la randonnée, le canot, le vélo de montagne (ou VTT pour vélo tout-terrain) et le patin à roues alignées, tous accessibles gratuitement.

Le réseau recense plus de deux millions d’utilisateurs annuellement, dont la plupart sont des résidents suisses. Ces derniers fréquentent SuisseMobile en moyenne cinq fois par année. Les itinéraires les plus populaires sont ceux de la « La Suisse à pied » et de « La Suisse à vélo ». Voici quelques indicateurs concernant SuisseMobile :

  • Plus de 700 itinéraires d’ampleur nationale, régionale et locale.
  • Quelque 300 sites de location de vélo à travers le réseau.
  • Les transports publics constituent le principal moyen de déplacement lors de l’aller et du retour pour 44 % des cyclistes, 43 % des randonneurs et 35 % des cyclistes de montagne.
  • En tout, SuisseMobile génère un chiffre d’affaires de 730 millions de francs suisses, soit près de 1 milliard de dollars canadiens dépensés principalement dans les commerces situés le long de ces itinéraires. « La Suisse à vélo » est responsable de près de la moitié de ces revenus.

Des outils bien pensés

Le portail Web SuisseMobile constitue le point de départ de nombreux utilisateurs. Conçu pour organiser soi-même un séjour ou une sortie, il recense une foule d’informations cartographiées, des détails utiles pour chaque étape, la liste et la localisation des hébergements et des différents services, les horaires des transports collectifs menant aux points de départ et d’arrivée, la météo, des carnets de routes, etc. L’efficacité du portail rend la planification de séjours simple et agréable. Bien qu’il propose de nombreuses « offres à réserver » qui consistent en des circuits organisés avec hébergement et activités, seulement 10 % des utilisateurs s’en prévalent.

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Source: SuisseMobile

Une application mobile est également disponible pour faciliter la consultation d’informations en cours de déplacement. Pour l’année 2016, la plateforme Web et l’application ont enregistré 10 millions de visites. Les utilisateurs peuvent également adhérer aux services du portail SuisseMobile Plus pour créer leur propre itinéraire et le partager. Cet outil est vendu par SuisseMobile au coût d’environ 47 $. Quelque 1,5 million de parcours ont été réalisés avec SuisseMobile Plus en 2016. Il s’agit par ailleurs de l’un des principaux moyens de financement privé de l’organisme, avec les cotisations des hébergeurs et autres entreprises qui y sont associées.

L’une des grandes forces de SuisseMobile est son système de balisage et de signalétique clair et efficace. Quelque 70 % des visiteurs l’utilisent comme principal outil d’orientation en cours de route. Par ailleurs, selon un sondage mené auprès des utilisateurs, la qualité de la signalisation constitue une motivation importante dans le choix de SuisseMobile, il s’agit du 2e critère en importance, après l’attrait du paysage.

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Source : SuisseMobile

Miser sur la qualité

Les responsables de SuisseMobile estiment que ce réseau de plus de 33 000 km de circuits est suffisamment abondant et diversifié. La vision adoptée pour l’avenir en est une de promotion de la qualité. À cet égard, le programme « La Suisse à vélo 2030 », regroupe 405 projets d’amélioration ou de transfert d’itinéraires existants.

À ce jour, 116 d’entre eux ont été réalisés. À titre d’exemple, l’itinéraire Rhône Route a été rapproché du Rhône afin d’être plus fidèle à son nom. Des sections de pistes ont également été créées pour le transfert de tronçons qui sont partagés avec la circulation automobile. Dans le cas du vélo de montagne, on aménage des pistes de type single trail (voir l’image ci-dessous) pour répondre à la demande. Ainsi, certains circuits sur piste large sont relocalisés.

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Source : SuisseMobile

Miser sur l’hiver

SuisseMobile 2020, l’autre projet d’envergure, est déjà bien amorcé. Il s’agit du développement du pan hivernal du réseau. Dès novembre 2017 plusieurs itinéraires de raquette, de ski de fond, de randonnée hivernale et même de luge seront lancés. Ceux-ci seront donc intégrés à l’offre globale de SuisseMobile ainsi qu’à l’offre de Suisse Tourisme, le site de gestion de la destination du pays, tout comme l’ensemble de SuisseMobile. Et encore une fois, il s’agit d’une offre étoffée :

  • 134 itinéraires de randonnée hivernale;
  • 164 de randonnée en raquette;
  • 143 pour le ski de fond;
  • 85 pour la luge.

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Source : SuisseMobile

On prévoit aussi ajouter l’alpinisme et l’escalade pour 2019. Ces projets nécessitent des efforts colossaux notamment dans la sélection des itinéraires et la création des fiches descriptives et des liens avec l’hébergement et les services qui y sont rattachés. Mais à terme, ces travaux permettront d’offrir des circuits de qualité égale, à l’échelle nationale, été comme hiver. Voilà une bonification réelle de l’offre touristique pour la Suisse à l’égard de la clientèle locale comme internationale. Intégrée aux outils marketing des différents organismes responsables du tourisme, l’offre globale de la SuisseMobile constitue une vitrine exceptionnelle pour le plein air ainsi que pour un grand nombre de partenaires qui contribuent à cette réussite. Voilà un modèle des plus inspirants pour le Québec.

Image à la une : SuisseMobile

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Marketing

5 étapes pour créer un forfait touristique

Un forfait touristique est un ensemble de prestations, incluant généralement une nuitée, dont le prix englobe tous les services. C’est un produit spécialement conçu pour les besoins d’une clientèle spécifique, simplifiant le processus d’achat pour celle-ci.

La création de forfaits est une méthode efficace qui vise plusieurs objectifs : atteindre de nouveaux marchés, diversifier son offre, accroître sa visibilité, valoriser ses produits et augmenter l’achalandage durant la basse saison.

Première étape avant la création d’un forfait

Voici huit conseils qui vous permettront de construire un bon forfait:

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Trouvez vos partenaires

Selon la firme de conseil et d’études Coach Omnium, le recours aux partenaires n’est pas obligatoire dans la création d’un forfait, mais il est recommandé afin d’offrir des activités originales et variées, en plus d’apporter une expérience complète qui satisfait tous les besoins du client.

N’hésitez pas à tester l’activité proposée par votre partenaire pour vous assurer de sa qualité et de son sérieux. Vous pouvez aussi négocier une période d’essai (six mois par exemple).

Déterminez les engagements réciproques et les responsabilités de chaque partie sur un document servant de contrat. Il doit être rédigé et signé par tous les partenaires, avec les justificatifs d’assurances, de garanties et de permis, le cas échéant.

Voici des suggestions de partenaires proposant des produits connexes ou complémentaires au vôtre :

  • Établissements d’hébergement
  • Restaurants, cafés, microbrasseries
  • Entreprises agrotouristiques
  • Spas
  • Organisateurs d’événements, centres de congrès
  • Transporteurs
  • Golfs
  • Compagnies de croisières
  • Musées
  • Festivals et événements
  • Parcs régionaux, provinciaux et nationaux

Élaborez le descriptif

La description d’un forfait doit comprendre divers éléments fournissant l’information nécessaire sur les composantes du produit et arriver à convaincre de potentiels clients.

1. Déterminez le tarif du forfait : négociez les prix avec chacun des partenaires afin de proposer un tarif avantageux.

2. Trouvez un titre précis et séduisant : il doit persuader le client de choisir votre forfait plutôt qu’un autre.

3. Rédigez le descriptif de l’offre : usez d’un ton neutre et misez sur les points forts de l’expérience. Selon le MAPAQ, un certain nombre d’informations doivent également figurer sur le descriptif :

  • Les dates de validité de l’offre et les prix par personne en occupation double, taxes et service inclus ;
  • Le(s) mode(s) d’hébergement (situation, degré de confort, caractéristiques, classification) ;
  • Le(s) mode(s) de transport (destination, catégorie, caractéristiques) ; 
  • La description de l’itinéraire (s’il s’agit d’un circuit) ;
  • La taille minimale ou maximale du groupe permettant la réalisation du voyage ou du séjour (s’il s’agit d’un produit pour les groupes) ;
  • Les modes de paiement acceptés ;
  • Les prestations comprises, ou non, dans le forfait, et celles disponibles moyennant un supplément ;
  • Les services fournis : chambres quadruples pour les familles, mise à disposition d’un lit bébé, stationnement privé, etc. 
  • Les détails sur votre établissement : coordonnées, contact, jours de fermeture, heures d’arrivée et de départ, horaires d’ouverture pour les sites, etc.

4. Accompagnez votre texte de photos : elles doivent être attrayantes et de qualité.

La réglementation

Selon la Loi sur les agents de voyages du Québec, seule une entreprise détenant un permis peut vendre des forfaits. Les établissements d’hébergement en sont exemptés à condition d’offrir des services touristiques de proximité. Quant aux associations touristiques régionales, elles possèdent un permis restreint pour commercialiser les forfaits sans transport dans leur région. Si votre forfait comprend un service de transport, il est obligatoire d’avoir un permis de transport nolisé.

La commercialisation

Vous avez le choix entre vendre le forfait directement auprès de la clientèle ou passer par un intermédiaire, tel qu’une agence de voyages. Cette deuxième option permet une plus grande visibilité, mais elle engendre un coût supplémentaire souvent sous la forme d’une commission sur la vente.

Internet est un canal à prioriser pour faire connaître vos forfaits. Créez une page sur votre site Web qui leur sera dédiée, en reprenant le descriptif, les photos et le processus d’achat. Utilisez vos réseaux sociaux pour accroître leur visibilité et invitez vos partenaires à faire de même. Si vous diffusez une infolettre, n’hésitez pas à l’utiliser pour en faire la promotion.

Misez sur la qualité

Prendre le temps nécessaire pour concevoir un forfait est tout à votre avantage. Mais n’oubliez pas, la qualité constante des offres est l’atout numéro un pour se distinguer de la concurrence.

Avez-vous d’autres conseils à donner aux lecteurs ?

 

Analyse écrite en collaboration avec Julie Payeur.

Source de l’image à la une : Pexels

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Hébergement

Comment un hôtel peut-il s’impliquer dans sa communauté ?

Les entreprises touristiques peuvent influencer leur communauté et y apporter des changements positifs. De plus, l’implication des employés dans le processus les mobilisera davantage et ils adhèreront plus facilement à la culture de l’entreprise. Voici des exemples provenant de l’industrie hôtelière au Québec.

Marriot Château Champlain

L’établissement s’engage auprès des plus démunis en donnant à plusieurs organismes des vêtements oubliés par les clients, de la literie, du savon et des oreillers. L’hôtel fournit aussi des repas de Noël à 50 familles du quartier Centre-Sud de Montréal et a amassé plus de 5 000 $ pour les collègues sinistrés de Fort McMurray en Alberta à la suite des terribles feux de forêt. Le Château Champlain est également partenaire d’Opération Enfant Soleil depuis près de 20 ans.

L’engagement des employés et la diversité des causes défendues ont été reconnus lors de la remise des Prix Hotelia dans la catégorie Implication dans la communauté par l’Association des hôtels du Grand Montréal en 2016.

Monastère des Augustines

La fiducie responsable du Monastère désire poursuivre la mission sociale des Augustines. Ainsi, elle s’est donnée l’objectif de prendre soin des personnes qui se dévouent aux autres en leur offrant un lieu de répit et de ressourcement. En partenariat avec l’organisme L’Appui Capitale-Nationale, les aidants naturels de la région de Québec, de Charlevoix et de Portneuf ont accès à une suite au prix modique de 30 $ par jour incluant les repas et l’accès à des activités sur place. Appuyé par une ressource qui reste à la maison, le proche aidant vient passer un temps de repos sans stress ni inquiétude.

Days Inn à Berthierville

Référence en matière d’engagement social, cet hôtel de la région de Lanaudière s’implique depuis plusieurs années auprès de diverses causes, tant locales que nationales. Mentionnons, entre autres, leur soutien à la Maison des jeunes de Berthierville, la Fondation Mira, le Centre d’action bénévole d’Autry et Movember Canada. La directrice générale participe aussi chaque année au Défi têtes rasées de Leucan.

Les efforts de l’entreprise ont été récompensés lors du congrès annuel du Groupe Hôtelier Wyndham en 2015. Parmi plus de 100 hôtels canadiens, le Days Inn Berthierville a reçu le grand prix de l’implication humanitaire et sociale.

Le Y des femmes de Montréal

L’hôtel et l’auberge Y adhèrent aux principes et aux valeurs de l’économie sociale. Ils offrent un soutien financier important pour le maintien des actions et de la mission du YWCA de Montréal. Lorsque les clients séjournent dans l’un des établissements, ils aident à bâtir un avenir meilleur pour les femmes et les filles. Tous les profits sont directement versés aux services à la collectivité, à la jeunesse, à l’aide à l’emploi et aux résidences.

HÔTEL 10  

L’édifice Godin à Montréal s’est transformé en hôtel voilà maintenant quelques années. Anciennement un bâtiment louant des appartements et des lofts, celui-ci a vu la création du célèbre groupe québécois Les Colocs. En hommage au chanteur, l’Hôtel 10 a créé la « Suite 2116, Chez Dédé ». La décoration est inspirée de ses carnets de notes : photos, murales et textes inédits y sont représentés. Afin de poursuivre l’œuvre de Dédé Fortin et de garder vivante la mémoire de l’artiste, 10 % du prix de chaque nuitée est remis à la Fondation Dédé Fortin. Celle-ci contribue à la prévention du suicide et à la santé mentale chez les hommes en soutenant financièrement différents services auprès des associations et organismes professionnels.

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Source : Hôtel 10

Le Groupe Germain

Cette chaîne québécoise pose des actions communautaires et sociales depuis plusieurs années. La compagnie s’implique auprès du Grand Défi Pierre Lavoie et a amassé 385 900 $ depuis 2012. Cette somme a été redistribuée dans une trentaine d’écoles primaires pour financer l’achat d’équipements sportifs. Plus de 3 000 enfants à travers le Canada ont pu profiter de leur initiative.

Par où commencer ?

Les entreprises qui désirent s’impliquer peuvent se référer à plusieurs organismes. Le gouvernement du Québec publie une liste de ressources pour les entreprises qui s’intéressent à l’économie sociale et au bénévolat. Des organismes tels que Centraide et le Conseil d’économie sociale de l’ile de Montréal donnent plusieurs conseils pour l’organisation de campagnes en milieu de travail et divers moyens de s’impliquer dans la communauté.

Il est aussi possible de s’engager en passant par le site du Mouvement Raize. Il suffit de choisir une cause, et un montant ou un pourcentage de la vente lui sera versé. L’Hôtel Château Laurier propose un séjour d’une nuit avec déjeuner et remet 25 $ à la Société Alzheimer de Québec pour chaque vente de ce forfait.

Que ce soit des hôtels faisant partie d’une chaîne internationale ou un établissement indépendant, chaque initiative, qu’elle soit petite ou grande, locale ou internationale, a un impact social sur la collectivité.

Avez-vous d’autres exemples de bonnes pratiques au Québec ?

Source de l’image à la une : Pixabay

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Produits et activités

Faire du plein air un produit d’appel : le cas de la Finlande

En marge de la conférence The Future of Winter Tourism qui s’est déroulée en Laponie finlandaise en avril 2017, des membres du Réseau de veille ont pu observer certaines pratiques touristiques liées au plein air. À cet égard, en voici cinq qui contribuent à faire du plein air le produit touristique phare en Finlande.

Un réseau de chalets rustiques gratuits

Le pays compte 39 parcs nationaux financés en grande partie (79 %) par des fonds publics. Ces parcs accessibles gratuitement déploient de vastes réseaux de sentiers, de nombreux emplacements pour faire des feux de camp, des cabines en location ainsi que des chalets rustiques disponibles, sans frais, à l’année.

Ces derniers, les Open Wilderness Huts, sont particulièrement nombreux dans les parcs nationaux situés en Laponie, dans le nord du pays. Il s’agit de cabanes de bois, habituellement équipées d’un foyer, d’un abri pour le bois et d’une toilette sèche. Certaines huttes possèdent deux lits alors que d’autres peuvent accueillir plus d’une dizaine de personnes.

Les randonneurs doivent suivre les règles et adopter les comportements responsables qui font de ces abris des lieux accueillants. Ainsi, les visiteurs doivent remplir la corbeille de bois à leur départ, vider le foyer de ses cendres au besoin et garder les lieux propres. On compte 19 de ces chalets dans le parc national Pallas-Yllästunturi, le plus fréquenté de Finlande. D’autres types de refuges peuvent être réservés et impliquent des frais.

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Source : Réseau de veille en tourisme

Des centaines de kilomètres de sentiers entretenus

La randonnée s’inscrit véritablement comme le produit de plein air par excellence en Finlande. En hiver, c’est le ski de fond. Dans la région du parc national Pallas-Yllästunturi, quelque 330 km de tracés de ski de fond — classique et pas de patin — sont entretenus mécaniquement. Pour financer cet entretien quotidien, l’organisme responsable vend notamment le plan des sentiers qui se détaille à dix euros. Une application vendue au même tarif peut aussi être téléchargée et permet notamment de connaître l’état de l’entretien des tracés. Dans certaines régions de la Laponie, ce sont les commerçants et les municipalités traversées par le réseau qui se partagent la facture.

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Sources : Réseau de veille en tourisme et Ylläs

Des moteurs économiques régionaux

Les parcs nationaux et les aires de randonnée en Finlande génèrent des retombées de près de 200 millions d’euros et l’équivalent de 1916 emplois à temps plein. Selon une étude réalisée pour le compte de l’organisme public qui gère les parcs nationaux de Finlande, chaque euro investi dans les services et aménagements de randonnée dans les parcs nationaux engendre, en moyenne, 10 euros dans l’économie locale.

chaque euro investi dans les services et aménagements de randonnée dans les parcs nationaux engendre, en moyenne, 10 euros dans l’économie locale

Les parcs nationaux agissant comme produits d’appel, de nombreuses entreprises proposent des services comme la location d’équipement de plein air, des circuits avec guides, ainsi que de l’hébergement et de la restauration.

Le projet Village to Village 

Par ailleurs, dans le but d’améliorer l’expérience client durant la période estivale, de développer une offre touristique de qualité et d’attirer ainsi une clientèle internationale, plus d’une centaine d’entreprises locales se sont jointes au parc national de Pallas-Yllästunturi dans le cadre du projet Village to Village. Celui-ci vise à organiser l’offre et à informer le visiteur des services qui se trouvent dans les villages bordant le parc. On propose notamment aux randonneurs de transporter leurs bagages d’un site d’hébergement à un autre. Des circuits de randonnée à pied, à vélo et en canot sont organisés avec les entreprises locales, incluant par exemple des services de traiteurs pour éviter au randonneur d’avoir à transporter de la nourriture.

Globalement, le projet Village to Village consiste à :

  • S’assurer de l’aménagement de sentiers et de signalisation qui permettent aux visiteurs de prendre connaissance des produits et services disponibles dans les villages voisins du parc;
  • Promouvoir les services offerts par les partenaires dans les villages voisins;
  • Rassembler l’offre afin de constituer une attraction touristique significative.

Aux principales intersections dans le réseau de sentiers, le plan général est accompagné d’une affiche qui présente les services touristiques disponibles dans les différents villages (voir l’image ci-dessous).

Le projet Village to Village, qui a d’ailleurs contribué à la nomination du parc Pallas-Yllästunturi comme finaliste au 2017 Tourism for Tomorrow Awards du World Travel and Tourism Council, permet ainsi à toute la région de profiter de l’attractivité touristique du parc national tout en y contribuant.

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 Source : Réseau de veille en tourisme

Des circuits reliant les attraits naturels

Récemment, les parcs nationaux finlandais, en collaboration avec Visit Finland et l’organisme de promotion du plein air Outdoors Finland, lançaient sept circuits mettant en vedette les attraits naturels du pays. Les Self-guided Tours of Finland Natural Attractions présentent des itinéraires en voiture variant de 4 à 13 jours offrant des niveaux de difficulté variés. À titre d’exemple, celui qui s’intitule « 7 Finnish National Parks » s’étend sur 10 jours et propose des randonnées de niveau facile. Certains circuits accessibles pour les jeunes randonneurs sont spécifiquement identifiés Family friendly.

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Source : Nationalparks.fi

Le droit à la nature

L’accès à la nature n’est pas un enjeu en Finlande, il est même garanti par le « droit de tout un chacun » ou Everyman’s Right. Ce droit coutumier, qui s’applique aussi en Suède et en Norvège, permet à tout citoyen finlandais comme à tout visiteur étranger de se déplacer librement dans la nature, qu’elle soit de propriété publique ou privée. Voilà qui démontre bien l’importance que revêtent la nature et les loisirs de plein air aux yeux de la population, mais aussi des institutions du pays.

Image à la une : Visit Finland

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Marketing Produits et activités

4 expériences innovantes en tourisme

La sixième rencontre des Francophonies du e-tourisme (#FET6) s’est déroulée du 6 au 8 juin à Sierre dans la région du Valais en Suisse, sous le thème de l’innovation. Lors du forum public du 8 juin, 25 experts de la Belgique, de la France, de la Suisse et du Québec ont présenté le fruit de leurs travaux, dont six expériences touristiques innovantes. En voici quatre.

Quartier Artisan : un territoire innovant

Quartier Artisan (QA) est un espace d’expression et d’accompagnement pour les artisans-entrepreneurs du Québec situé à Lac-Mégantic. Il a été mis sur pied par le Centre Magnétique, un OBNL fondé en 2014 par Bernard d’Arche et Cécile Branco afin de contribuer à la relance économique de la région à la suite de la tragédie de 2013 (déraillement d’un train et explosion en plein centre-ville). Lors des FET6, Cécile Branco a présenté la vision de QA, soit celle de créer un lieu en marge des grands centres urbains, où les artisans-entrepreneurs du Québec viennent se rencontrer, se ressourcer et cocréer; mais aussi un lieu de cohabitation avec des citoyens engagés. Dans le futur espace de cocréation logé dans une scierie désaffectée, Cécile Branco imagine des salles d’expositions culturelles, des ateliers, des bureaux, des lofts, un restaurant et, pourquoi pas, une salle de spectacles ? Ce Quartier Artisan innove sur un territoire meurtri et propose une nouvelle offre touristique qui s’inscrit admirablement dans la tendance du tourisme expérientiel.

Val Thorens : l’innovation à travers une stratégie marketing intégrée

Val Thorens, la plus haute station de montagne de France, a été élue meilleure station de ski européenne et meilleure station au monde trois fois. Val Tho, comme on aime bien l’appeler, porte l’innovation dans son ADN. Grégory Guzzo, directeur de l’Office de tourisme de Val Thorens, est convaincu que la station de montagne de demain saura élever son niveau d’excellence, créer et partager des liens uniques et vivants avec ses clients, ses habitants et son environnement.

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Source : Val Thorens

Pour y parvenir, la station met l’intégration des données au cœur de sa stratégie marketing et commerciale. Grâce à un outil de gestion de la relation client hyper sophistiqué qui lui permet de mettre en œuvre des expériences à partir d’enquêtes qualitatives, de création de personas et d’un audit du parcours du client (voir image), Val Tho enregistre des résultats enviables. Pour un investissement total de 750 000 euros au cours des 5 dernières années, la station a généré un chiffre d’affaires supplémentaire de 41 millions d’euros, soit un ROI de 55/1! Plus d’un client sur quatre (29 %) est un habitué de la station.

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Source : Grégory Guzzo FET6

Vinum Montis, une expérience unique

Monsieur Julien Petit, directeur chez Sierre-Anniviers Marketing, a présenté Vinum Montis, un projet œnotouristique innovant initié par l’Office du Tourisme de Sierre, Salgesch et les environs. Cette initiative vise à mettre en commun l’offre œnotouristique régionale en offrant divers outils, dont un site Web transactionnel qui propose un forfait de dégustation uniforme, des histoires, des anecdotes et de bons conseils sur les encaveurs et leurs produits ainsi que des événements liés à la dégustation. Le club des privilégiés donne accès, pour 49 francs suisses (environ 65 CAD) par personne, à de nombreux avantages tels des offres exclusives en ligne, des entrées à plusieurs événements viticoles locaux, au Musée du vin et aux cinq événements de dégustation Vinum Montis 2017. À l’heure actuelle, le site recense 1648 vins, 67 caves, 46 offres œnotouristiques, 33 événements, 6 hébergements et 7 œnothèques.

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Source : Vinum Montis

Magic Pass, la montagne accessible à tous

Monsieur Jean-Daniel Clivaz, président de Crans-Montana Tourisme et Congrès, a présenté aux participants des FET6 la toute nouvelle Magic Pass, un abonnement saisonnier unique qui sera disponible l’hiver prochain au coût de 359 CHF (environ 500 CAD). Cette carte offre à sa clientèle près de 1000 km de pistes, 14 parcs à neige, une demi-lune olympique, 2 glaciers, des bains thermaux, et plus. L’innovation de cet outil promotionnel : le regroupement en coopérative de 25 stations de ski indépendantes des régions valaisannes, vaudoises, fribourgeoises et de l’arc jurassien. Si le modèle existe dans d’autres pays avec des offres similaires à Magic Pass, il s’agit généralement d’une seule et même entreprise. Magic Mountains Cooperation propose une communication commune et le partage d’informations et de savoir-faire qui assurera une répartition des risques pour les petites destinations. Cette initiative exceptionnelle et unique en Suisse vise à moyen terme à modifier les habitudes des usagers et à faire de la montagne le terrain de prédilection pour les activités de plein air.

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Source : Magic Pass

Pour approfondir la réflexion, lisez les autres comptes rendus des FET6 : 

10 facteurs clés de l’innovation

L’Office de tourisme des Grands Lacs : une entreprise libérée

L’hôtelière devenue ambassadrice de sa destination

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Tendances

Les multiples avantages des artistes en résidence

L’art sous toutes ses formes est présent dans de nombreux lieux touristiques, outre les musées. Mais dans les établissements les plus innovants, une place à part entière est également réservée à l’artiste. Les programmes d’artistes en résidence consistent à les accueillir sur une période de quelques jours à plusieurs mois, le temps de créer une ou plusieurs œuvres. Déjà en 2009, le Réseau de veille avait étudié cette tendance en détaillant plusieurs exemples. Voici de nouveaux cas de bonnes pratiques.

Une démarche intégrée dans l’ADN de la marque

Ace Hotel à New York collabore avec différents partenaires (musée, laboratoire et studio d’innovation, communauté artistique) à l’organisation d’événements impliquant des artistes en résidence :

  • En 2014, plusieurs chambres de l’établissement ont servi de lieu de création durant quelques jours à des artistes qui avaient carte blanche pour interpréter la mode à leur façon. Leur travail fut présenté au public durant la semaine de la mode.
  • Chaque dimanche, un artiste passe la nuit dans une chambre pour créer une œuvre qu’il expose le lundi matin. Sa biographie et son travail sont ensuite publiés sur le blogue.
  • En 2016, des artistes en résidence de l’organisme Residency Unlimited furent invités à participer à une série de discussions tenues au bar de l’hôtel. Ces événements intimistes leur ont permis de présenter leur parcours à la communauté locale et aux visiteurs.

L’hôtel El Ganzo, au Mexique, a construit un studio d’enregistrement pour y accueillir des musiciens. En échange, une performance musicale est offerte à la clientèle et est retransmise sur la chaine YouTube de l’établissement. De plus, la vidéo de l’hôtel, diffusée sur la page d’accueil de son site Web, est présentée sur fond de morceaux musicaux enregistrés à même son enceinte. Ces artistes et leur musique font ainsi partie intégrante de l’image de marque de l’établissement.

Source : El Ganzo

S’ouvrir à la communauté locale

Le programme de l’hôtel Le Pfister de Milwaukee aux États-Unis implique la communauté et le milieu artistique local dont sont issus la plupart des artistes en résidence. Des experts régionaux du domaine des arts font partie du comité de sélection des artistes. Lors de l’exposition des travaux des finalistes, l’avis du public (résidents et clients) est pris en considération pour choisir le candidat gagnant. Celui-ci travaille ensuite dans la galerie de l’hôtel, qui est fréquentée non seulement par la clientèle, mais aussi par les amateurs d’art de la ville.

Le Minneapolis Institute of Art aux États-Unis a invité une artiste d’origine mexicaine à passer trois mois cet été dans les

Par cette initiative, celui-ci veut marquer son appui au milieu artistique local.

quartiers d’immigrants de la ville pour y rencontrer les résidents. Les portraits créés seront ensuite exposés au musée durant six mois, accompagnés de vidéos à propos de ces communautés.

En 2015, l’aéroport de Brisbane en Australie a donné un accès exclusif pendant six mois au renommé peintre Robert Brownhall. En est née une série de peintures représentant le quotidien de ce lieu et mettant en scène les passagers, les avions et l’architecture. Une de ces œuvres a intégré la collection permanente d’art public de l’aéroport. Par cette initiative, celui-ci veut marquer son appui au milieu artistique local.

Sensibiliser la clientèle à l’art

À l’hôtel Le Pfister, les artistes en résidence organisent des tours guidés pour faire découvrir à la clientèle l’ensemble des œuvres d’art exposées et entreposées dans l’établissement. Chacun est spécialisé dans une discipline artistique précise, ce qui lui permet d’apporter une perspective unique.

Au Goldmoor Inn dans l’Illinois, un artiste par semaine s’installe dans un studio prévu pour l’occasion, durant le mois de janvier. Les clients sont invités à les observer et à converser avec eux. À la fin de la semaine, l’artiste offre un cours à ceux qui le désirent, suivi d’une réception au champagne.

Goldmoor-inn-artiste-en-residence      Source : Facebook/Goldmoor Inn

Les artistes en résidence sont aussi les bienvenus dans des musées sans vocation artistique. Par exemple, le musée canadien de l’immigration du Quai 21 à Halifax accueillera cette année son deuxième artiste pour une durée de six mois. En plus d’élaborer un projet d’art visuel, il devra interagir avec le public et répondre aux entrevues des médias. L’an passé, Kyle Jackson a créé une peinture représentant le paquebot l’Empress of Ireland, en collaboration avec les visiteurs, dont de nombreux enfants.

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Source : musée canadien de l’immigration du Quai 21

Les créations artistiques intégrées dans le lieu

Le musée d’art à Coral Springs en Floride propose un programme de trois mois qui inclut un budget de 9000 $, du matériel et un studio au sein de l’établissement. L’institution achète ensuite les œuvres créées et les intègre à sa

Pour ce musée de taille modeste, cette démarche permet de bonifier sa collection à un coût abordable

collection permanente. Pour ce musée de taille modeste, cette démarche permet de bonifier sa collection à un coût abordable. Au Quin Hotel à New York, les travaux des artistes intègrent temporairement sa collection permanente. Un mur d’écrans numériques dans le lobby présente quelques-unes de ces œuvres, créant un décor sans cesse renouvelé.

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Source : Facebook/Quin Hotel

Attirer de nouveaux publics

Le sentier transfrontalier de la piste Chilkoot est le lieu du programme d’artistes en résidence de Parcs Canada, du Centre des arts du Yukon et du Service des parcs nationaux des États-Unis. Trois spécialistes des arts visuels sont sélectionnés chaque année pour arpenter une section de ce sentier historique durant deux semaines. Ils sont invités à discuter avec les randonneurs tout en menant leurs activités artistiques, afin d’améliorer l’expérience des visiteurs. Des ateliers et des causeries sont organisés par leurs soins dans les communautés avoisinantes, faisant ainsi connaître l’art contemporain à de nouveaux publics.

Les programmes d’artistes en résidence sont utiles à de nombreux égards. Le client, l’organisme et l’artiste y trouvent leur compte. Ces démarches sont accessibles à toute entreprise touristique, quelles que soient sa taille et la place qu’elle souhaite accorder à la création artistique.

Source de l’image à la une : Unsplash