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Tourisme durable

Hawaï : voyager et redonner à la communauté

Le programme Mālama Hawaii, lancé en juin 2021 par Hawaii Tourism Authority et le Hawaii Visitors and Convention Bureau, invite les visiteurs à « donner en retour » — traduction libre de l’expression mālama. Participer à des initiatives de reforestation, de nettoyage de plage, effectuer des travaux d’entretien sur un cuirassé historique, les options pour s’impliquer sont diversifiées.

 

Des expériences immersives

Le programme rassemble ainsi des organismes communautaires reconnus et une centaine d’hôtels et de campings à travers l’archipel d’Hawaï. Ceux-ci ont conclu des ententes afin d’offrir à leurs clients des occasions de volontourisme branchées sur les besoins du milieu.

À titre d’exemple, le voyageur qui se procure un forfait Mālama Hawaii au camping Camp Olowalu obtient un rabais de 10 % en s’engageant dans l’activité de bénévolat encadrée. Celle-ci consiste à contribuer à la réhabilitation d’un milieu naturel de la région par le retrait de plantes envahissantes et la plantation d’espèces indigènes. L’organisme responsable de ce projet, Kipuka Olowalu, guide et informe les visiteurs sur l’histoire du lieu, l’importance de sa restauration, les façons de procéder, en plus de leur inculquer quelques notions sur la culture du peuple en lien avec cette nature. Le participant s’ouvre ainsi à une expérience enrichissante et immersive tout en contribuant à l’amélioration du milieu.

Source : Kipuka Olowalu 

D’autres établissements, en partenariat avec la Pacific Whale Foundation, fournissent l’équipement nécessaire pour nettoyer les berges. Le client remplit un formulaire dans lequel il décrit les matériaux et déchets amassés avant de faire parvenir le tout à l’organisme en question. Ce travail lui permet d’obtenir une nuitée gratuite à l’hôtel participant.

  

Source : Pacific Whale Foundation 

Relance : profiter de l’impulsion du moment

La reprise du tourisme constitue une occasion pour tenter d’aborder le voyage différemment et d’offrir des avenues plus engageantes pour le visiteur envers la destination. Voilà qui favorise une plus grande responsabilisation de l’entreprise et du client. L’expérience touristique ne peut qu’en être plus riche et mémorable.

 

Source image à la une : Hawaii Tourism Authority

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Produits et activités

Une route balisée pour les pagayeurs

Le projet Paddled Vestfold and Telemark consiste en un réseau de sentiers fluviaux longeant la côte. Celui-ci peut être emprunté de façon autonome grâce au balisage et à la signalisation. Les itinéraires sont cartographiés et peuvent être téléchargés sur un microsite Web de l’organisation de gestion de la destination de la Norvège (en norvégien avec résumés en anglais). En plus de documenter les circuits, ces cartes permettent de repérer les points d’eau potable, les toilettes, les stationnements et les aires de repos, entre autres.

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Source : UT.no

Les haltes, mises sur pied expressément pour les pagayeurs dans chacune des municipalités du parcours, disposent de quelques abris pour accueillir plus d’un groupe à la fois. Bien que rudimentaires, ces refuges qui s’intègrent harmonieusement au paysage ont été conçus pour pouvoir y passer la nuit.

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Source : Frank Tindvik /Facebook/Padleled Vestfold og Telemark

Ce déploiement consiste à inciter les Norvégiens à pratiquer une activité physique soutenue tout en profitant de la nature environnante. Ce projet s’inscrit aussi favorablement dans la politique de développement durable des municipalités concernées et contribue à l’attractivité de celles-ci, autant pour les résidents potentiels que pour les voyageurs des régions avoisinantes.

Inaugurée en 2018, la route sera composée de nouveaux itinéraires au cours de l’année 2021 grâce à l’ajout d’autres municipalités au projet.

Un concept pour le Québec ?

Un tel concept pourrait-il voir le jour au Québec ? Est-ce que nos rivières permettent une navigation suffisamment sécuritaire pour déployer des circuits en autonomie ? Serait-il possible d’intégrer une section du fleuve dans cet itinéraire ? Un projet comme celui-ci suscite bien des questionnements. Mais l’idée de découvrir nos régions par les nombreux cours d’eau qui les sillonnent est emballante.

 

Image à la une : Facebook/Padleled Vestfold og Telemark

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Produits et activités

Des piscines urbaines fort attrayantes

La baignade fait partie des activités les plus populaires des vacances estivales. En général, la moitié des voyageurs québécois affirment vouloir aller à la plage ou se baigner lors de leurs voyages d’été (selon un sondage de la Chaire de tourisme publié en 2021). Ce ne sont pas les cours d’eau qui manquent au Québec. Mais leur accès pour la baignade est parfois périlleux, souvent absent, particulièrement en milieu urbain. Le contrôle de la qualité de l’eau peut aussi représenter un défi important.

Voici, en rafale, des exemples d’installations aquatiques qui devraient vous rafraîchir et peut-être inspirer des projets dans votre municipalité.

Une tradition danoise

Au Danemark, la mer n’est jamais bien loin. La culture de bord de l’eau fait partie du mode de vie des Danois et le pays regorge d’aménagements qui permettent d’en profiter. Grâce à d’importants investissements pour dépolluer l’eau, le port de Copenhague propose plusieurs sites de baignade. L’un des plus connus est le Islands Brygge Harbour Bath. Il comporte notamment cinq bassins destinés à différents usages (jeux, corridors de natation, etc.) et une tour à plongeons. Très populaire durant les chaudes journées d’été, ce site est également fréquenté en hiver, pour une saucette revigorante.

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Source : ArchDaily

Autrefois dynamique de par ses activités industrielles, le port de Hasle a pris un virage récréatif. Le réaménagement des lieux en 2013 offre un bel espace pour la baignade, la socialisation et la détente, grâce aux nombreuses possibilités offertes pour s’asseoir.

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Source : Bornholm.info

Une structure toute particulière est maintenant devenue iconique dans la région d’Ørestad, non loin de Copenhague. Kastrup Sea Bath comprend plusieurs atouts, dont celui de protéger les baigneurs du vent. Le projet a remporté plusieurs prix architecturaux.

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Source : White Arkitekter

Se baigner dans une barge

Le Badeshiff de Berlin accueille chaque été les résidents comme les visiteurs. Cette ancienne barge industrielle fait partie du complexe multifonctionnel Arena, situé sur une berge de la rivière Spree.

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Source : Source : Badeschiff Berlin / Facebook

La ville de New York propose aussi de se baigner dans une barge durant les journées chaudes. La Floating Pool Lady flotte ainsi sur l’East River.

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Source : The Floating Pool Lady

Des projets audacieux

Mais New York a d’autres ambitions en matière de piscine. La +Pool, un projet dans les cartons depuis déjà plusieurs années, consiste en une piscine en forme de croix, remplie d’une eau filtrée de l’East River et conçue pour y flotter. Les concepteurs de ce projet ont relevé de nombreux défis, dont celui de trouver la bonne technologie pour assainir l’eau. La +Pool vient d’obtenir le feu vert de la Ville pour sa réalisation. La vidéo ci-dessous explique le concept.

Source : Heineken

La ville de Bergen, en Norvège, aura aussi sa piscine flottante. La firme White a conçu les plans d’un vaste projet d’aménagement de parc riverain dans lequel est prévue la construction d’une piscine avec un design signature.

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Source : White Arkitekter

À Londres, le projet collectif Thames Baths s’inspire des piscines publiques flottantes des siècles derniers. Il vise à donner accès à la baignade en plein air à tous. Une installation aquatique quatre-saisons, durable et moderne pour les résidents et les touristes, voilà l’ambition des initiateurs de Thames Baths. La structure envisagée comprend une piscine chauffée et un bassin d’eau froide, un vestiaire, un café et du mobilier pour se détendre. Le concept pourrait être adapté à d’autres sites.

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Source : Thames Baths

Les piscines : des espaces attractifs

La pandémie a mis en lumière l’importance que revêtent les parcs et les espaces publics. Les installations aquatiques extérieures en font partie. L’accès à des plans d’eau pour la baignade en milieu urbain contribue à la qualité de vie des résidents et exerce un pouvoir attractif auprès des touristes, surtout lorsque le design de ces sites enrichit l’image de la destination.

Source de l’image à la une : +pool

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Gestion Technologies

Techno en nature, oui ou non ?

La pandémie a accéléré les solutions technologiques

D’après un article de PhocusWire, les contraintes sanitaires associées à la COVID-19 ont amené certaines organisations à se doter d’applications qui ludifient l’expérience des visiteurs, et aident à gérer l’achalandage et à conserver une distanciation physique. C’est d’ailleurs le cas au Québec : selon un sondage de la Chaire de tourisme Transat, parmi les entreprises québécoises qui comptaient opérer durant la saison estivale 2020, le tiers ont procédé à l’installation de technologies facilitant la distanciation.

Génération Y en nature : pas d’Internet SVP !

Aux États-Unis, des chercheurs ont comparé la perception de l’usage de technologies en nature auprès de 100 consommateurs de plein air issus de la génération Y (nés entre 1981 et 2002) et de 176 gestionnaires d’entreprises de tourisme de nature. Les deux groupes devaient évaluer, sur une échelle d’un à cinq, dix types d’outils numériques, à savoir s’ils diminuaient (1) ou amélioraient (5) la qualité de l’expérience en nature. Les résultats démontrent que les répondants de la génération Y jugent plus négativement que les gestionnaires huit des dix éléments proposés. Le tableau 1 illustre le pointage de chaque outil noté. Les nombres en vert signifient que la différence entre les deux groupes est statistiquement significative.

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Source : Chaire de tourisme Transat

La prise de photos et de vidéos s’avère assez populaire auprès de la génération Y, mais les outils reliés à l’accès à Internet semblent inspirer un sentiment plutôt négatif, avec un pointage sous la barre du 3. Les groupes de discussion révélaient que cette génération préfère attendre d’être à la maison pour partager ses clichés.

Rester minimaliste

Les technologies devraient supporter les activités récréotouristiques sans capter l’attention complète du randonneur. Les experts du Centre d’étude des interactions humain-technologie en contexte de plein air (HCI Outdoors) avancent les deux principes suivants :

  • La technologie en nature peut améliorer l’expérience et encourager les novices à s’adonner au plein air. Les outils pratiques comme Alltrails ou Hikster aident à la planification et au référencement. Les applications ludiques peuvent solliciter l’intérêt des non-initiés.
  • La relation humain-nature doit surpasser l’interaction humain-technologie. Ces outils devraient requérir le moins de manipulation possible durant l’activité. À cet effet, les experts défendent la pertinence d’imbriquer les outils dans l’équipement du randonneur (sac à dos, vêtements), pour un design qui épouse l’environnement, notamment en hiver.

Certains acteurs déploient des moyens qui peuvent répondre à ces deux principes. En voici quelques exemples.

Outils pratiques : les alertes sont de mise

Parmi les solutions, on retrouve des outils pour gérer les flux comme Wishtrip, qui envoie des notifications aux visiteurs pour les aider à se disperser sur le site et ainsi limiter les attroupements. Le deuxième parc national le plus populaire aux États-Unis, Yellowstone National Park, a aussi lancé une application qui propose plusieurs activités sur le territoire et qui diffuse en temps réel l’état des routes, l’achalandage des campings et la météo d’après la position géographique. Pas besoin de consulter son appareil, des alertes émanent du téléphone selon le souhait des utilisateurs. Encore faut-il que la personne ne se laisse pas absorber par ses autres notifications.

Les applications ludiques : une porte d’entrée en nature

Dans une entrevue avec le Réseau de veille en tourisme, Jean-Luc Caillaud, directeur général de Rando Québec, souligne que les applications ludiques devraient être utilisées comme une porte d’entrée pour initier de nouveaux adeptes. Enfants et néophytes peuvent découvrir les joies du plein air avec les appareils qu’ils utilisent au quotidien, atténuant ainsi leur dépaysement en nature. Dans une telle optique, la startup My SmartJourney propose une application de géolocalisation pour réaliser une « chasse aux artefacts dans 18 km de sentiers » dans quelques endroits de la province.

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Source : MySmartJourney

Le directeur de Rando Québec avertit toutefois que l’utilisation de ces applications devrait rester transitoire, « Il faut vivre de son temps sans oublier la philosophie du plein air », soutient-il. D’ailleurs, Foresta Lumina, à Coaticook, représente une initiative qui combine les deux grands principes cités précédemment. Ses parcours sont un bon exemple de design ludique enchâssé dans le paysage, qui ne demande pas de manipulation et qui conserve l’attention sur la nature.

Enfin, l’inclusion de solutions technologiques en nature est envisageable pour attirer de nouveaux adeptes et pour outiller la clientèle. Elle doit par contre se réfléchir à la place des utilisateurs, demeurer minimaliste et s’imbriquer dans le décor.

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Performance Segments de clientèles

S’inspirer de l’été 2020 pour planifier celui de 2021

Une saison touristique estivale 2020

L’été 2020 est arrivé rapidement, bouleversant les prévisions des organisations touristiques et leurs façons de faire. Malgré le contexte incertain et les restrictions sanitaires en vigueur, la saison a bel et bien eu lieu. Selon une enquête en ligne effectuée en août 2020 par la Chaire de tourisme Transat auprès de 998 entreprises touristiques québécoises en activité à l’été, elles estiment avoir accueilli en moyenne 70 % de l’achalandage reçu en 2019 et réalisé environ 63 % du chiffre d’affaires de l’été précédent. L’été 2020 a toutefois été inégal, la performance enregistrée variant d’une région et d’un secteur à l’autre.

Les organisations touristiques peuvent d’ores et déjà prévoir leur prochaine saison en adaptant leur offre aux besoins et aux attentes des visiteurs grâce aux expériences et aux apprentissages tirés de l’été 2020.

Quatre Québécois sur dix ont voyagé au Québec à l’été 2020

Une enquête omnibus menée par Léger Opinion auprès d’un panel représentatif de 1 000 Québécois révèle que 41 % d’entre eux ont voyagé au Québec à l’été 2020. Le tiers mentionne avoir fait au moins un séjour d’une nuitée à l’extérieur de son domicile entre la Saint-Jean-Baptiste et la fête du Travail, et 28 % ont fait une excursion touristique à plus de 40 km de leur domicile.

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Une enquête en ligne menée par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2020 auprès de 1 174 voyageurs québécois[1] révèle que 8 répondants sur 10 estiment avoir voyagé moins qu’à l’habitude à l’été 2020 (toutes destinations confondues), principalement par manque d’envie de voyager dans ce contexte (65 %) ou par crainte du virus (48 %).

Une saison 2021 aux couleurs de 2020

À l’image de l’été 2020, on estime que celui de 2021 sera principalement local. Plusieurs interrogations persistent concernant la nature des restrictions en vigueur à l’été, de la perméabilité des frontières ou encore de l’avancement de la vaccination. Ces éléments influenceront sans nul doute le sentiment de sécurité des Québécois et leurs intentions de voyage.

Les succès de 2020 sont toutefois de clairs indicateurs du déroulement de l’été 2021 pour les acteurs de l’industrie. Selon une nouvelle enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en février 2021 auprès de 1 410 Québécois ayant visité le Québec à l’été 2020, ces derniers n’ont que peu changé leurs habitudes touristiques. Ils ont principalement cherché à vivre les mêmes expériences qu’à l’accoutumée, malgré le contexte et l’absence d’activités phares telles que les festivals.

Le Québec, la destination estivale privilégiée des voyageurs québécois

42 % des voyageurs québécois sondés s’affichent même comme de grands adeptes du Québec, séjournant peu, voire pas du tout, à d’autres endroits à l’été.

Hors contexte pandémique, le Québec est la destination estivale privilégiée des Québécois : près de neuf répondants sur dix disent visiter habituellement la province à l’été. Un total de 42 % des voyageurs québécois sondés s’affichent même comme de grands adeptes du Québec, séjournant peu, voire pas du tout, à d’autres endroits à l’été.

L’offre nature au Québec : un succès, pandémie ou pas !

Le plein air et la nature s’affichent comme les principaux critères de motivation qui guident le choix d’une destination de voyage estival. La plage et la baignade, les activités de plein air, tant sportives que contemplatives, les expériences gastronomiques et les roadtrips constituent les expériences habituellement recherchées. À l’été 2020, ces cinq mêmes expériences ont été les plus populaires, même si la plage et la baignade ainsi que les expériences gastronomiques ont toutefois perdu quelques points.


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En matière d’hébergement, la famille et les amis, les hôtels et motels de petite taille, le camping et le prêt-à-camper et la location de chalet ou maison meublés ont été les modes d’hébergement les plus populaires auprès de ceux qui ont fait un séjour hors domicile à l’été 2020.

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Près de 3 régions touristiques visitées à l’été 2020 par voyageur

Les voyageurs québécois sondés ont mentionné avoir visité en moyenne 2,9 régions touristiquesà l’été 2020. Les plus visitées sont Québec (35 % des répondants), les Laurentides (29 %) et les Cantons-de-l’Est (28 %), toutes des régions habituellement assez achalandées à l’été. Montréal (22 %) et la Montérégie (21 %) se classent également au palmarès des cinq régions les plus visitées. Un répondant sur deuxa de plus visité sa propre région.

L’occasion de (re) connecter avec certaines régions

Au total, 40 % des voyageurs sondés disent avoir visité une région du Québec pour la première fois à l’été 2020 (ou pour la première fois depuis 5 ans). Celles-ci sont souvent éloignées des centres urbains, comme la Gaspésie ou la Côte-Nord (comptant respectivement 46 % et 34 % de nouveaux visiteurs). Le Saguenay–Lac-Saint-Jean (32 %) et la région de Charlevoix (31 %) reçoivent elles aussi près d’un tiers de nouveaux visiteurs.

Au total, 40 % des voyageurs sondés disent avoir visité une région du Québec pour la première fois à l’été 2020 (ou pour la première fois depuis 5 ans).

Comment entrevoir l’été 2021 ?

Rassurés par la vaccination déjà bien avancée, on peut supposer que davantage de Québécois sillonneront les routes de la Belle Province à l’été 2021.

À la lumière des résultats de l’enquête, on peut d’ailleurs entrevoir un été 2021 encore placé sous le signe du plein air et de l’offre en nature. En février 2021, près de la moitié des emplacements de camping de la Sépaq étaient déjà loués (période du 1er avril au 7 septembre) ; un taux de location qui est généralement atteint en mai. Si l’achalandage n’est pas un enjeu à première vue, la gestion des flux, surtout en contexte de pandémie, demeure quant à elle très importante.

Mieux gérer les flux de visiteurs

Afin d’éviter les enjeux en matière de capacité d’accueil ou les conflits avec les citoyens, rencontrés en 2020 dans les régions les plus populaires, de nombreuses stratégies peuvent être déployées. La promotion de l’offre hors des heures de pointe et hors saison ainsi que la création de nouveaux itinéraires et attraits s’avèrent des pratiques porteuses pour les destinations.

Jamais nos yeux n’auront autant été rivés sur les touristes intérieurs. Une étude publiée par Destination Canada en mars 2021 met d’ailleurs en lumière le rôle crucial qu’auront les Canadiens dans la relance du tourisme interne. L’organisation juge ainsi que la reprise de l’économie touristique devrait prendre des années, mais une augmentation marquée des voyages intérieurs accélérerait celle-ci d’un an. De quoi ne pas sous-estimer l’importance d’une planification !

Source de l’image à la une : Pexels 


[1] Voyageurs québécois âgés de 18 à 74 ans ayant fait au moins un séjour d’une nuitée à l’extérieur de leur domicile dans le cadre d’un voyage de loisir ou d’agrément au cours des deux dernières années.

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Performance

Vers une reprise du tourisme mondial

Rolf Freitag, PDG chez IPK International, a présenté les résultats du plus récent World Travel Monitor® sur les tendances mondiales des voyages en 2020 et sur les intentions de voyage en 2021. Cette enquête annuelle, représentative de la population de plus de 60 pays, fournit les données issues de plus de 500 000 répondants. 

Après avoir connu de forts taux de croissance au cours des 10 dernières années, l’industrie touristique est l’un des secteurs les plus durement touchés par la crise de la COVID-19. À l’échelle mondiale, les voyages à l’étranger ont diminué de 70 % en 2020. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, les arrivées de touristes internationaux au mois de janvier 2021 ont chuté de 87 % par rapport à 2020. Les pertes varient selon le continent et le segment de voyage. Ainsi, les types de vacances axées sur la nature et les voyages en voiture ont donné de bien meilleurs résultats pendant la pandémie que ceux réalisés par voie aérienne, que les escapades urbaines ou les excursions. 

Reprise de la demande internationale en 2022, au plus tard en 2023, selon les experts. 

Malgré ce déclin drastique, les derniers chiffres de l’enquête d’IPK menée en janvier 2021 apportent de l’espoir pour l’année à venir : les deux tiers (62 %) des voyageurs internationaux ont l’intention de voyager à nouveau à l’étranger cette année. De plus, avec la disponibilité des vaccins et en supposant que des pourcentages élevés de la population soient vaccinés rapidement dans le monde, cela contribuera à une reprise de la demande internationale en 2022, au plus tard en 2023, selon les prévisions des experts présents à ITB Berlin. Pour le Canada, Euromonitor International s’attend aussi à ce que le nombre d’arrivées internationales atteigne le niveau prépandémie quelque part entre 2022 et 2023.

Les visites de parents et d’amis ont la cote 

Interrogés sur leurs projets de voyage en 2021, les répondants démontrent un intérêt supérieur à la moyenne prépandémie pour les visites de parents et d’amis. Celui pour les voyages d’affaires est plus élevé chez les Américains et les Asiatiques que chez les Européens. En ce qui a trait aux voyages d’agrément à l’international, les vacances au soleil et à la plage tiennent le haut du pavé. Les séjours urbains se classent au deuxième rang (1er chez les Asiatiques) et les vacances axées sur la nature figurent en troisième position. Ce type de séjours a crû en popularité depuis la pandémie. Les dernières enquêtes reflètent également un intérêt toujours élevé pour les voyages aériens à l’étranger. 

Questionnés sur leurs destinations préférées pour 2021, les Européens choisissent les destinations européennes. L’Espagne occupe la première place, suivie de l’Italie, de l’Allemagne et de la France. Les Américains et les Asiatiques privilégient aussi les voyages sur leur propre continent. 

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Augmentation prévue des dépenses 

Les résultats d’un autre récent sondage en ligne concernant le comportement des voyageurs allemands, américains et chinois au cours des 12 derniers mois, ainsi que leurs intentions de voyage pour 2021, ont été présentés par Claudia Cramer, directrice des études de marché chez Statista. On y apprenait qu’environ 70 % des personnes interrogées envisagent de réaliser un ou plusieurs voyages d’agrément en 2021, soit 37 % des Allemands, 42 % des Américains et 66 % des Chinois. De plus, près du quart des répondants allemands et américains et plus du tiers des Chinois estiment qu’ils dépenseront plus d’argent pour voyager dans le courant de la prochaine année qu’au cours de la même période à ce jour. 

Environ 70 % des personnes interrogées envisagent de réaliser un ou plusieurs voyages d’agrément en 2021.

Confiance et sécurité 

La sécurité personnelle perçue lors d’un voyage pèse lourd sur les intentions de voyage, selon les résultats du sondage de Statista. La moitié des Allemands qui ne prévoient pas de voyager en 2021 se disent inquiets de le faire pendant la pandémie. Aux États-Unis, c’est 34 % des répondants et 56 % dans le cas des Chinois.  

« La confiance joue un rôle crucial dans les décisions de voyage en 2021 », a déclaré Christian Smart, directeur général de Travelzoo, lors du congrès ITB Berlin NOW. Depuis six ans, en coopération avec ITB Berlin, Travelzoo mène des enquêtes sur les tendances des voyages. Quelque 83 % des répondants ont mentionné que le fait de pouvoir faire confiance aux personnes et aux entreprises importait le plus pour eux. Ceci est encore plus vrai pour les gens âgés. Pour établir cette confiance, un service client facile d’accès (42 %), se sentir valorisé en tant qu’acheteur (33 %) et la réputation d’une marque (31 %) représentent des facteurs clés.  

Pour redonner confiance aux voyageurs, Monika Wiederhold, directrice du Global Program Lead chez Amadeus, suggère que les informations sur la santé, comme les certificats sanitaires, soient intégrées dans les solutions informatiques et disponibles en temps réel. « De nouvelles technologies d’interaction sans contact, comme l’identification biométrique et les identités numériques, permettraient d’offrir une certaine paix d’esprit aux touristes », a-t-elle déclaré. 

Une reprise durable dépend dans une large mesure du sentiment de sécurité que les destinations sauront transmettre aux voyageurs. Que sommes-nous prêts à mettre de l’avant dans notre industrie pour favoriser cette confiance ? Le RVT aimerait vous entendre sur cette question. 

 

Source de l’image à la une : pexel.com 

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Produits et activités

Plein air : reconnaître la valeur de la nature

Tourisme de nature et d’aventure : un secteur gagnant

D’après l’enquête du ministère du Tourisme sur les intentions de voyage à l’été 2020, le tiers des vacanciers québécois estimait privilégier les attraits en nature plutôt que les grandes villes dans leur planification de séjour entre mai et octobre 2020. Le bilan estival de l’enquête de la Chaire de tourisme Transat, concernant les impacts de la COVID-19 sur les organisations touristiques québécoises, confirme ces observations. Les Québécois se sont rués hors des villes durant la saison estivale. Quelque 50 % des entreprises répondantes issues du secteur de la nature et du plein air ont indiqué que leur situation financière s’est améliorée entre les mois de juin et d’août.

D’après une entrevue avec la porte-parole de la Sépaq Mélanie Pageau à Radio-Canada le 23 juin 2020, la Société rapportait déjà une vente totale de 140 000 laissez-passer annuels, dont 123 000 ont été achetés après la mise en ligne du rabais de 50 % le 22 juin. Elle enregistrait aussi une hausse de réservations de 11 % dans ses 7740 emplacements de camping par rapport à la même période l’an dernier (22 juin au 31 octobre). Dans une conférence à l’automne 2020, Parcs Canada affirmait avoir reçu un nombre de visiteurs plus élevé qu’à l’habitude dans les territoires situés à moins de 2 heures des centres urbains.

Le secteur a connu une hausse du nombre de pratiquants. D’après les résultats d’une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat à l’automne 2020, un voyageur québécois sondé sur trois affirme avoir augmenté sa fréquence de pratique d’activité de plein air à l’été 2020*. Quelque 14 % des répondants ont même déclaré être de nouveaux adeptes d’un sport ou d’une activité de plein air cet été.

un voyageur québécois sondé sur trois affirme avoir augmenté sa fréquence de pratique d’activité de plein air à l’été 2020

Tendances vers la pratique autonome

Tentes et embarcations nautiques non motorisées en rupture de stock, files d’attente devant les magasins, hausses des prix… En 2020, les Québécois se sont arraché les articles de sports et de loisirs extérieurs. Sans surprise, plus de la moitié (54 %) des voyageurs québécois ayant intensifié la pratique d’un sport ou d’une activité en plein air à l’été 2020 ont affirmé s’être procuré de l’équipement à cet effet. Parmi ces acheteurs, quelque 37 % ont investi moins de 250 $ en matériel alors que 63 % ont dépassé ce montant. Fait intéressant, 70 % d’entre eux ont indiqué que ces nouvelles acquisitions auront une influence sur les choix de destinations de leurs prochains séjours ou excursions touristiques. (lire aussi : Transformation des habitudes des consommateurs).

Cette tendance se confirme au sein de l’industrie du plein air canadienne. D’après la firme Statista, le revenu global associé à la vente de matériel de plein air en ligne a bondi de plus de 20 % au pays, une hausse spectaculaire par rapport aux années précédentes (voir graphique). Statista émet toutefois des projections régressives, pour un retour à une croissance annuelle d’environ 5 % en 2025, soit au même niveau qu’en 2018.

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Cette tendance se remarque aussi du côté de la vente de véhicules récréatifs (VR). La plate-forme RVshare, aux États-Unis, constate une importante hausse de la location de VR entre particuliers. En 2020, son chiffre d’affaires a doublé par rapport aux sept années précédentes. Entre 2013 et 2019, un million de jours réservés étaient enregistrés, alors que l’entreprise a recensé deux millions de jours loués entre juillet 2019 et septembre 2020. La compagnie canadienne de location de VR RVezy a elle aussi vu le nombre de ses réservations augmenter de 800 % pour la période estivale 2020.

Reconnaissance accrue des bienfaits de la nature

Ces modulations récentes de l’offre et de la demande dans l’industrie du plein air reflètent-elles seulement la sujétion des Canadiens aux restrictions sanitaires ? Pourraient-elles témoigner d’une reconnaissance générale quant au rôle de la nature sur le bien-être ? Un sondage produit par l’organisme les Amis des parcs en juin 2020 auprès de 1600 citadins canadiens révèle que 70 % des répondants « déclarent que leur intérêt pour les parcs et les espaces verts a augmenté depuis le début des mesures de confinement ». Parcs Canada a également partagé les résultats d’une enquête réalisée en octobre 2020, dénotant que 80 % des Canadiens sondés ont indiqué que la réouverture des parcs nationaux était importante pour leur santé mentale.

Cette reconnaissance s’étend jusqu’à la réflexion concernant la relance. Le Groupe de travail pour une reprise économique résiliente, composé de 15 Canadiens issus du milieu des affaires et de la politique, recommande parmi les cinq actions prioritaires « d’investir dans la nature qui nous protège et pourvoit à nos besoins ». Il suggère notamment au gouvernement canadien d’investir deux milliards de dollars « dans les infrastructures naturelles » durant les cinq prochaines années.

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*L’enquête portant sur les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique québécoise est une étude menée en trois volets, d’avril à septembre 2020 par la Chaire de tourisme Transat en partenariat avec le ministère du Tourisme, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec et les associations touristiques régionales et sectorielles.

Cet article provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

Source de l’image à la Une : Unsplash

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Hébergement

L’hébergement touristique au Québec : des performances inégales pour la saison estivale

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec le ministère du Tourisme, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec et les associations régionales et sectorielles, a suivi de près les répercussions de la COVID-19 sur l’industrie touristique grâce à une série de trois enquêtes. 

Les résultats présentés ci-après proviennent de la collecte en ligne réalisée du 14 au 24 août dernier auprès de 1 210 organisations touristiques québécoises. Ils mettent en perspective la situation des répondants du secteur de l’hébergement, ce qui correspond à un échantillon de 502 répondants.

Amélioration de la santé financière pour une majorité d’établissements

Plus de la moitié (56 %) des répondants appartenant à l’hébergement touristique estiment que la situation financière de leur organisation s’est améliorée depuis le début de l’été ; davantage que la moyenne de l’industrie touristique (45 %). Cette amélioration est surtout attribuable à la performance des résidences de tourisme (catégorie qui comprend les chalets), à celle des campings/prêt-à-camper/hébergement insolite ainsi qu’à l’hôtellerie de moins de 100 chambres. Toutefois, la catégorie d’hébergement dont la situation financière s’est dégradée pour la plus grande part des répondants depuis juin est l’hôtellerie de 100 chambres et plus. Le portrait pour les pourvoiries est plus mitigé : la moitié des répondants affirment que la situation s’est améliorée alors que 41 % déplorent plutôt une détérioration de leur santé financière.  

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Préoccupés par les pertes financières

Les pertes financières, les liquidités et l’endettement de l’organisation sont les éléments qui soulèvent le plus d’inquiétudes chez les répondants du secteur de l’hébergement touristique au Québec (voir le graphique ci-dessous). Globalement, les niveaux de préoccupation sont assez semblables à ceux de l’ensemble de l’industrie. Toutefois, les responsables de l’hôtellerie de 100 chambres et plus sont davantage préoccupés que ceux d’autres catégories d’hébergement, et ce, pour la plupart des indicateurs pour lesquels ils ont été sondés. Les répondants des résidences de tourisme et des campings, quant à eux, sont significativement moins préoccupés que ceux de plusieurs autres secteurs, dont l’hôtellerie et les gîtes.

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Une satisfaction inégale

La satisfaction à l’égard de la saison estivale varie fortement selon le type d’hébergement. Les campings et les résidences de tourisme remportent les moyennes les plus fortes alors que l’hôtellerie de 100 chambres et plus enregistre une moyenne beaucoup plus faible compte tenu de la forte proportion d’insatisfaction face à la saison estivale 2020. À titre comparatif, le niveau de satisfaction moyen pour l’ensemble de l’industrie touristique s’élève à 6,0. Il se situe à 6,2 pour l’hébergement.

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Performance par rapport à 2019

En moyenne, les entreprises de l’industrie touristique évaluent avoir reçu l’équivalent de 70 % de l’achalandage enregistré à l’été 2019 durant la saison estivale 2020. Cette moyenne est similaire pour l’hébergement (69 %), mais elle varie beaucoup selon le type d’établissements. Certains déclarent une fréquentation comparative plus accrue que les autres, notamment les campings (91 % de l’année 2019), les résidences de tourisme (88 %) et les pourvoiries (72 %).

Le chiffre d’affaires a souffert de la baisse d’achalandage. La clientèle hors Québec dépense généralement plus que les visiteurs intra-Québec. Ainsi, les répondants de l’hébergement touristique estiment que l’été 2020 a permis de récolter 63 % du chiffre d’affaires de 2019. Les campings (79 %), les résidences de tourisme (78 %) et les pourvoiries (66 %) s’en sortent mieux que les autres.

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Un avenir incertain

Alors que 37 % des répondants d’établissements d’hébergement sondés sont plutôt inquiets pour la survie de leur organisation d’ici les six prochains mois, c’est le cas de plus de la moitié (52 %) de ceux qui représentent les gîtes ou encore les hôtels de 100 chambres et plus (54 %).  

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Le milieu de l’hébergement de plein air, soit les campings, les résidences de tourisme et les pourvoiries, se dit plutôt optimiste face à l’avenir. Le graphique suivant démontre en effet que si ce n’est déjà fait, un retour à la normale des activités est envisageable d’ici un an pour la plus grande part de ces types d’établissements. Il en est de même pour l’hôtellerie de moins de 100 chambres et les gîtes, qui croient en un retour à leur vitesse de croisière habituelle d’ici un an ou deux. Les répondants pour l’hôtellerie de 100 chambres et plus se disent plus pessimistes. Les signaux envoyés jusqu’ici leur indiquent que cette reprise pourrait prendre deux (47 %) voire trois ans (34 %). 

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Le 3e volet du sondage de la Chaire de tourisme concernant les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique vient confirmer certaines observations quant à la forte attractivité des destinations de plein air durant l’été 2020, et ce, au détriment des grandes villes. Ces dernières, où se trouvent plus des trois quarts des répondants de l’hôtellerie de 100 chambres et plus, font face à de nombreux défis qui pourraient s’exacerber si la crise sanitaire perdure. En milieu rural, l’attrait du plein air ouvre de nouvelles fenêtres pour les organisations concernées, du moins tant que le confinement est levé.

Pour en savoir plus, consultez les faits saillants du 3e volet de l’enquête portant sur l’impact de la COVID-19 sur les organisations touristiques québécoises. 

 

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Adaptation en temps de pandémie : le cas Ultra-Trail Harricana

Créativité et solidarité d’une communauté

Le sport, l’ensemble de ses acteurs et l’industrie du plein air ne sont pas épargnés par la pandémie de la COVID-19. Au Québec, le secteur en plein essor du trail-running — ou de la course en sentier — a tenté de faire face à cette situation en étant solidaire, uni et innovant dans les réponses apportées à la crise. Attentifs aux relations qui unissent les événements de course en sentier et leurs territoires, nous prenons l’Ultra-Trail Harricana du Canada (UTHC) comme exemple d’événement sportif ancré dans son territoire, en évoquant comment ce dernier s’est ajusté face à la crise de la COVID-19. Il s’agit également de mettre en lumière le potentiel que recouvrent ces événements sportifs pour l’industrie du plein air au Canada en tant que secteur d’avenir.

Le milieu de l’événementiel sportif à travers le monde a été durement impacté par la crise du fait des multiples mesures d’interdiction de la tenue d’événements avec un public nombreux (jusqu’à la mi-juillet en France et au 31 août au Québec). C’est donc l’ensemble du champ sportif qui a vu ses activités suspendues : des plus grandes compétitions annulées ou reportées (Jeux olympiques, NBA, Euro-2020, UEFA Champions League, Rolland Garros, Formule 1, etc.) jusqu’aux championnats ou événements amateurs ayant une emprise territoriale plus restreinte. Le secteur des événements de course à pied est lui aussi victime de cette situation et l’intégralité des rassemblements et des épreuves en France et au Québec a été interrompue durant la période du confinement.

Un succès en plein air

L’Ultra-Trail Harricana du Canada n’est pas, pour le moment, une victime collatérale de la crise de la COVID-19, l’événement ayant lieu chaque année au mois de septembre. Il n’en reste pas moins que sa tenue n’est pas garantie tant qu’une solution pérenne n’aura été trouvée pour répondre aux mesures sanitaires en vigueur. L’UTHC constitue un exemple d’adaptation dans une période de grande instabilité.

Les courses se déroulent au cœur de la forêt dans une réserve naturelle protégée et classée par l’UNESCO. Les parcours suivent les pistes de ski de fond du centre du Mont Grand-Fonds, traversent Charlevoix, ainsi que le Parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie[1]. En quelques années, cet ultra-trail est devenu un événement incontournable de la course en sentier au Canada et dans le monde (étape officielle de l’Utra-Trail World Tour/UTWT).

Gérer la crise et appliquer ses valeurs

Avec la pandémie de la COVID-19, l’UTHC a été confronté à l’enjeu de la communication en temps de crise auprès de sa communauté de pratiquants et d’adeptes. L’organisation a pris le parti de la transparence. Sa directrice générale, Marline Côté, s’est exprimée librement sur ses doutes et ses appréhensions dans la presse : « Au cours des derniers mois, l’équipe de l’Ultra-Trail Harricana a vécu beaucoup d’étonnement, d’incrédulité, et de difficulté à comprendre ce qui se passe (…) On a dû passer en mode solution. On a réfléchi à des plans B pour traverser une éventuelle annulation qui aurait été difficile » (Côté, 2020, en ligne).

L’UTHC a également réussi à se mobiliser et à se recentrer autour de ses valeurs fondatrices : la solidarité et l’entraide. En effet, les instigateurs décidèrent initialement de créer l’UTHC pour soutenir l’un des leurs, atteint de la sclérose en plaques. Depuis ses débuts, l’organisation a réussi à récolter plus de 200 000 $ en faveur de la Société canadienne de la sclérose en plaques (SCSP). La crise actuelle était donc pour la structure un instant de vérité pour mettre en pratique les valeurs défendues. C’est ainsi que l’UTHC a soutenu les producteurs et partenaires locaux de l’événement en incitant sa communauté à acheter en ligne leurs produits locaux.

« Un partenaire devrait être plus qu’un logo sur une affiche. C’est d’abord une relation humaine entre des gens qui partagent des intérêts et des affinités ». – Marline Côté (2020)

Au Québec, s’unir et s’adapter

Après l’annonce du gouvernement du Québec de l’annulation des événements jusqu’au 31 août 2020, les organisateurs de course en sentier du Québec se sont réunis. Ce sont ainsi une dizaine d’entre eux qui réfléchissent collectivement aux solutions à mettre en œuvre. Ils essaient alors de penser aux adaptations possibles permettant de garantir le respect de la distanciation physique et la sécurité sanitaire des participants. Être solidaire, c’est donc se soutenir entre événements et ne pas se mettre délibérément en situation de concurrence à l’image de ce qui peut se passer en France. Dans l’Hexagone, le report des dates de plusieurs marathons à l’automne a entrainé des conflits d’horaires entre plusieurs événements. Au Québec, les résultats des échanges entre organisateurs permettront finalement de rassurer les futurs participants sur le fait que les compétitions pourront reprendre de façon sécuritaire.

Comment envisager l’édition 2020 d’une course en sentier et les suivantes ? Comment conserver ce lien à la communauté de pratiquants et au territoire ? Pour se prémunir face à l’évolution incertaine de la pandémie, les plus courtes distances (5 km, 10 km et 28 km) ont été annulées et les grandes distances maintenues (65 km, 80 km et 125 km). Pour compenser la suspension des plus courtes distances, celles-ci ont été offertes durant l’été grâce à l’opération estivale du club « Harricana tout l’été ». En s’inscrivant, les participants peuvent relever le défi du « Loup solitaire Harricana Lone Wolf 28 km et 10 km ». Celui-ci donne aux concurrents la possibilité de venir courir dans l’environnement de course habituel qui est balisé pendant toute la saison estivale (du 27 juin au 13 septembre 2020) en respectant les règles sanitaires des autorités. Les temps sont enregistrés grâce aux traces GPS partagées par les participants, ce qui permettra d’établir un classement et d’organiser une finale la semaine de la tenue de l’UTHC en septembre 2020. En définitive, cette initiative offre à l’UTHC l’occasion de soutenir la région de Charlevoix en promouvant le territoire et sa forêt comme destination touristique et sportive malgré la crise de la COVID-19.

La course en sentier : une ressource territoriale au service du tourisme

Plus ces événements sportifs grandissent et gagnent en popularité, plus ils contribuent à promouvoir les territoires où ils se déroulent. En ce sens, les liens entre un événement de course de pleine nature et son territoire ne sont plus à prouver. Comme l’a bien démontré le sociologue O. Bessy dans ses travaux sur l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB®), ce type d’événements apporte trois niveaux d’effets différents dans leur relation aux territoires d’accueil. Premièrement, ils génèrent de la fréquentation et permettent de faire rayonner un territoire en contribuant à sa notoriété (Axe 1). Deuxièmement, ils créent ou confortent une destination touristique (Axe 2). Troisièmement, ils participent à l’imagerie du lieu et aux représentations associées à cet espace (Axe 3).

Au niveau économique, devant l’affluence et la popularité que connaît la course de sentier à travers le monde, dont au Québec, les retombées peuvent être substantielles pour le territoire, pour ses acteurs ainsi que pour l’événement. En France, là où l’engouement pour le trail a pris une longueur d’avance, les retombées économiques peuvent être très importantes et s’évaluer en milliers, voire en millions d’euros pour les plus grands ultra-trails. À titre d’exemple, voici une estimation des retombées pour certains grands événements :

Il faut considérer que ces épreuves diffèrent souvent des courses sur route. Les longues distances imposent une logistique et un temps de présence plus conséquent sur place, les participants étant souvent accompagnés lors des courses et de leur séjour.

En définitive, la crise de la COVID-19 représente un instant privilégié d’observation et de mise à l’épreuve des liens qui unissent les événements de course en sentier comme l’UTHC, leur territoire d’appartenance (la région de Charlevoix) et le secteur dans le lequel ils s’insèrent socioéconomiquement (le milieu de la course en sentier). L’engouement pour le trail-running au Québec représente une occasion pour les territoires et plus largement pour l’industrie du plein air de bénéficier des retombées générées par ce secteur d’avenir. La solidarité et l’organisation dont ont réussi à faire preuve les organisateurs de courses à pied et de trails au Québec au cœur de cette crise témoignent des valeurs véhiculées par ce sport. Contrairement à d’autres types d’événements sportifs, l’UTHC illustre donc le succès des courses en sentier à conjuguer trois notions qui apparaissent parfois contradictoires : développement durable, territorial et économique.

Remerciements : Les auteur(e)s remercient l’Ultra Trail Harricana et Marline Côté — directrice générale de l’événement — pour leur précieuse collaboration.

Image à la une : https://unsplash.com/photos/8TJbrQGKFyU

 

Présentation des auteurs : Mathilde Plard et Aurélien Martineau

Mathilde Plard, chercheuse en France au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et Aurélien Martineau, postdoctorant à l’Université d’Angers ont pour objet de recherche la course en sentier à travers la France et le Québec. La pandémie de la COVID-19, période de crise sanitaire mondiale inédite, a représenté un temps d’observation privilégié pour leurs recherches. Ils ont analysé les dynamiques à l’œuvre dans le secteur de l’événementiel sportif et de la course de pleine nature en s’intéressant particulièrement à l’évolution des relations entre les territoires, les événements sportifs, le tourisme d’aventure et l’industrie du plein air.

[1] https://mathildeplard-observatoirededistances.com/ultra-trail-harricana-du-canada-uthc/

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Les nomades numériques… en contexte pandémique

Le concept de « nomade numérique » n’est pas nouveau. Comme le traduit cette analyse publiée par le Réseau de veille en 2015, si leur emploi ne les contraint pas à voyager, mais ne les oblige pas non plus à rester au même endroit, ces professionnels connectés et mobiles font le choix de partir quelques semaines, mois ou années tout en gardant une attache professionnelle à leur lieu d’origine. À l’heure où la relation au voyage a évolué, et où l’on privilégie le télétravail, qu’en est-il du concept de nomade numérique en temps de COVID-19 ?

Le télétravail : nouvelle réalité pendant la crise sanitaire

Une étude de Statistique Canada, réalisée en mai 2020, dévoile que près de quatre travailleurs canadiens sur 10 (38,9 %) occupent un emploi qui peut être effectué depuis la maison. Or, en 2018, seuls 13 % des employés canadiens travaillaient habituellement quelques heures par semaine depuis leur domicile. Un sondage Léger indique que la moitié (50 %) des Canadiens étaient en télétravail lors du confinement à la fin avril. Ces statistiques mettent en lumière l’adaptation rapide du marché du travail canadien.

Le même sondage Léger révèle que 79 % des personnes interrogées aiment l’expérience de télétravail, après avoir expérimenté la flexibilité y étant associée. Une enquête réalisée par la firme VMware Canada publiée le 23 juin indique que six Canadiens sur 10 (59 %) ayant pratiqué le télétravail ces derniers mois préféreraient travailler de la maison plus souvent, voire exclusivement. Quelque 26 % de ces nouveaux télétravailleurs ne souhaitent pas un retour in situ dans les conditions d’emploi en vigueur avant la COVID-19.

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Source : Journal de Québec

Des offres de nomadisme

En réponse à cette nouvelle réalité, diverses offres de travail délocalisé ont vu le jour ces dernières semaines. Les nomades numériques constituent de moins en moins un marché de niche. En effet, un nombre grandissant de gens pense à sortir de la ville pour travailler dans des destinations alliant nature et bien-être.

Des propositions variées sont dorénavant disponibles pour les télétravailleurs, dans leur propre pays ou à l’étranger.

Télétravail à l’étranger

Désireuses de rendre attractif leur territoire à nouveau, certaines destinations comme la Barbade ou l’Estonie ouvrent leurs portes aux nomades numériques. La proposition est tentante : disposer d’outils numériques performants permettant de rester en contact avec l’employeur tout en profitant d’un environnement qui s’apparente à celui des vacances.

  • Certains pays proposent maintenant un visa pour venir télétravailler sur leur territoire. Afin de stimuler l’économie locale qui souffre de l’absence de touristes, la Barbade invite quiconque pouvant travailler en mobilité à venir s’y installer pendant un an grâce au visa « Barbados Welcome Stamp ». En Estonie, le « Digital Nomad Visa » possède des caractéristiques similaires.
  • Pour les Québécois friands de tout-inclus, la compagnie aérienne Sunwing lance de nouveaux forfaits dans le Sud à compter du 1er novembre 2020. Intitulé « Surclassez votre bureau », le programme présente des séjours de 14, 21 ou 28 nuitées dans plusieurs resorts partenaires en Jamaïque, au Mexique ou encore en République dominicaine. En plus de séjourner dans un hôtel cinq étoiles en bord de mer et de participer à des activités de détente et de réseautage, les nomades numériques bénéficieront d’un accès Wi-Fi dans tout l’établissement et des espaces de travail favorisant la productivité.
  • Certaines agences de voyages réceptives ont lancé une gamme de forfaits de télétravail. C’est le cas de Best Of Tours avec le concept The Real Travel, qui offre aux travailleurs en déplacement la sécurité de dormir dans un logement sélectionné par l’organisme et l’occasion de découvrir un pays et une culture à un rythme lent.

Source : Youtube

Travailler et partir à la découverte de son propre pays 

Actuellement, les voyages internationaux non essentiels ne sont toujours pas encouragés par de nombreux pays, comme le Canada, et la population n’est pas à l’abri d’une deuxième vague de COVID-19 cet automne. De plus, une quatorzaine est encore obligatoire dans certains pays. Des destinations choisissent alors de miser sur les télétravailleurs locaux et espèrent ainsi attirer un nouveau segment de clientèle.

  • En France, Pierre & Vacances s’adapte au nomadisme et déploie dès cet été un séjour pour les télétravailleurs. Destiné à être pérennisé, le produit est pour l’instant en rodage par une sélection de « bêta-testeurs ». En effet, le projet a été développé en cocréation avec les clients et les employés, et le groupe espère apporter des améliorations à l’offre afin qu’elle soit optimale.

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Source : T.O.M

  • Au Vermont, Jay Peak Resort s’adapte également avec sa campagne Relocation Vacation en suggérant aux visiteurs des séjours prolongés (location au mois) afin de profiter à la fois d’un style de vie propre à la région et d’activités familiales comme le golf ou la piscine.
  • Développer des espaces de travail partagés afin d’encourager l’attractivité du lieu, c’est ce que mettent de l’avant des élus dans les Pyrénées catalanes. Ce territoire rencontre des enjeux comme la saisonnalité des activités ou la mobilité des populations. En 2018, une étude visant à créer un réseau de tiers-lieux — tels que les espaces de coworking — a été réalisée par la collectivité. La crise liée à la COVID-19 a engendré une certaine réorganisation forcée du travail. C’est pourquoi le projet prend d’autres perspectives en transformant les difficultés du territoire en atouts : libérer les habitants de l’isolement et accueillir des néoruraux en télétravail désireux de se rapprocher du plein air et de la montagne.
  • Au Québec, le Massif de Charlevoix proposera dès décembre 2020 des forfaits alliant productivité, quiétude et activités de plein air. Que ce soit pour quelques jours, quelques mois, voire une année au complet, les Québécois pourront installer temporairement leur bureau dans une télécabine ou dans une salle de cotravail et profiter des joyaux naturels et gastronomiques de Charlevoix. Une connexion internet à haute vitesse ainsi qu’un service de gardiennage pour les enfants sont au programme.

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Source : Le Massif de Charlevoix

Le télétravail, nouvelle norme post-COVID ?

L’industrie a compris qu’il était impératif de s’adapter aux changements forcés en matière de pratiques professionnelles et à un nouveau mode de vie et de voyage. On peut toutefois se poser la question à savoir dans quelle mesure le travail à distance va s’imposer à long terme. Selon le sondage de VMware Canada, seuls 22 % des Canadiens interrogés ont eu la confirmation que les arrangements de travail mis en place pendant la COVID-19 s’établiraient de manière pérenne. Voilà qui témoigne des changements importants dans l’approche avec laquelle les employeurs envisagent la relation professionnelle, bien que le télétravail se confronte à des enjeux comme la sécurité des données et des réseaux, ainsi qu’au sentiment d’appartenance à une équipe.

 

Image à la Une : Pexels