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Les tendances touristiques racontées

Cette année, l’équipe de la Chaire a collaboré avec le bédéiste Cyril Doisneau pour mettre en scène certaines tendances décortiquées dans le cahier Perspectives touristiques2022. Nous vous invitons à les découvrir à travers l’histoire de nos deux voyageurs afin de déceler des opportunités ou des défis qui pourraient se présenter au cours des prochains mois. Bonne lecture! 

Image à la une : Cyril Doisneau

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Hébergement Segments de clientèles

Le renouveau du tourisme de luxe

Les résultats d’une récente étude effectuée par GlobalData montrent une reprise impressionnante des voyages de luxe. La pandémie de COVID-19 a permis aux plus fortunés de continuer de s’enrichir et à d’autres voyageurs d’économiser plus qu’à la normale. En effet, les données de 2021 du Economic Tracker montrent que le taux d’épargne des Américains à revenu élevé est de 10 % à 20 % plus élevé que celui des consommateurs aux salaires moyens ou faibles. Les clientèles nanties sont maintenant prêtes à profiter de ces économies.  

Selon le Economic Tracker, les dépenses des Américains à revenu élevé n’ont cessé d’augmenter de janvier à novembre 2021 (de 0,5 % à 28,2 % par rapport au niveau prépandémique). Ces consommateurs aisés, disposant d’un pouvoir d’achat plus élevé, ont déjà recommencé à voyager à la fin de l’année 2021. Aux États-Unis, GlobalData constate que le revenu total des hôtels de luxe a connu la plus forte reprise en 2021, avec une augmentation de 147 % par rapport à 2020. Il s’agit d’une croissance nettement supérieure à celle de l’hôtellerie économique, qui a connu une hausse de revenu annuel de 42 %.   

Selon une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1 206 voyageurs québécois, les ménages ayant un revenu annuel de plus de 150 000 $ se trouvent davantage en situation de télétravail que les autres (62 % d’entre eux contre 40 %) ce qui leur permet une plus grande flexibilité et en font une clientèle potentielle pour le workation (lire aussi : Les télétravailleurs, un segment à saisir). D’après Statistiques Canada, parmi les couples formés de deux salariés et appartenant à la tranche supérieure des revenus d’emploi, 45 % d’entre eux travaillaient à domicile d’avril 2020 à juin 2021. Ce taux est 9 fois plus élevé que celui de la tranche salariale tout juste en dessous. Les couples plus aisés occuperaient ainsi des emplois se prêtant mieux au télétravail, ce qui représente une opportunité pour les prestataires d’expériences de luxe.  

Inégaux face à l’inflation

Bien que la pandémie ait été bénéfique pour un segment de clientèle particulier, d’autres consommateurs ont, à l’inverse, ressenti les effets de la crise sur leur épargne. Selon une étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), l’inflation des dernières années a plus particulièrement eu un impact sur les ménages québécois plus démunis. En vingt ans, l’augmentation du coût du panier de consommation de ces ménages est pratiquement 27 % plus forte que celle qui affecte les familles les plus riches.  

En contrepartie, la hausse des prix ne semble pas avoir affecté les habitudes de consommation des ménages québécois plus fortunés qui allouent en moyenne 8,2 % de leur budget aux loisirs, contre 4,9 % pour les ménages plus pauvres. Cet écart est particulièrement prononcé pour les dépenses reliées aux spectacles et aux forfaits-voyages.  

Un nouveau segment de voyageurs de luxe

Certains des éléments plus traditionnels ou formels d’un séjour de luxe sont mis de côté au profit d’une approche plus détendue, informelle et inclusive, correspondant mieux aux millénariaux.

Les codes du luxe sont en pleine évolution et s’imbriquent dans plusieurs sphères telles que la mode, le design, l’art ou les technologies. Le nouveau luxe est principalement porté par la génération Y qui serait responsable de près de 85 % de la croissance du secteur et devrait représenter 45 % de la clientèle en 2025, selon le balado de FERRANDI Paris. Certains des éléments plus traditionnels ou formels d’un séjour de luxe sont donc mis de côté au profit d’une approche plus détendue, informelle et inclusive, correspondant mieux aux millénariaux.  

Les voyageurs de luxe modernes ont donc de nouvelles attentes et désirs qui dépassent les grandes chaînes hôtelières luxueuses ou les billets d’avion en première classe. En concordance avec les intérêts de leur génération, ils favorisent les hébergements prônant des pratiques durables. Ils souhaitent également être en mesure de créer des liens avec le personnel touristique. Ils prônent aussi les expériences uniques et personnalisées, ancrées dans la communauté locale. Les offres d’hébergement correspondant à ces critères voient de plus en plus le jour. 

C’est notamment ce que propose le KAJ Hotel, une capsule flottante danoise entièrement fabriquée à partir de matériaux récupérés. Le KAJ Hotel est situé dans une partie tranquille du port de Copenhague, mais demeure à proximité de plusieurs attractions touristiques. L’hébergement, équipé tel un appartement complet, répond à la tendance générale des voyageurs à vouloir vivre comme les locaux. Cet hôtel comporte toutefois un caractère exclusif, car il comprend une seule résidence ; y dormir représente donc un privilège pouvant être perçu comme du luxe.  

Source de l’image: KAJ Hotel 

De son côté, Moliving, un hôtel nomade d’unités modulaires préfabriquées, permet aux voyageurs de vivre des expériences luxueuses en mettant en valeur et en respectant le milieu environnant. Chaque cabine de 400 pieds carrés comprend une chambre, une salle de bains, deux terrasses et un espace de vie. Entièrement meublées, les unités perturbent peu lenvironnement et peuvent facilement être déplacées sans endommager le terrain, en plus d’être autosuffisantes sur le plan énergétique. 

Source des images: Moliving 

Ces deux types d’hébergement sont au cœur même de ce que recherche le nouveau segment de voyageurs de luxe en 2022 ; une expérience hors du commun. Une étude menée par Flywire auprès de 600 voyageurs de luxe américains suggère qu’ils chercheront à tirer parti des économies accumulées pendant la pandémie de COVID-19 pour vivre des expériences inoubliables. C’est ce que confirme également une enquête d’Expédia menée auprès de 12 000 voyageurs américains. Les répondants âgés de 18 à 34 ans seraient à l’origine d’une tendance forte pour 2022 ; celle du voyage extraordinaire et de la quête d’expériences enrichissantes et significatives. 

Les voyageurs de luxe millénariaux obligeront les voyagistes à diversifier leur offre. Ces derniers devront miser sur l’émerveillement et la personnalisation des expériences qui devront être en harmonie avec les communautés locales et l’environnement.  

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Performance

Un vent de positivisme pour les organisations touristiques

En collaboration avec le ministère du Tourisme, la Chaire de tourisme réalise depuis avril 2020 une enquête en ligne afin de mesurer les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique québécoise. Sondées à propos de la saison estivale 2021, les organisations se montrent optimistes et relatent une nette amélioration depuis 2020. 

Le bilan est positif pour près d’une organisation sur deux (45 %) qui déclare avoir vu sa situation financière s’améliorer depuis décembre 2020.

Toutefois, elles font face à bien des enjeux économiques, les pertes financières étant celui jugé le plus préoccupant (plus de détails dans l’infographie ci-dessous).

Parmi les organisations habituellement en activité à l’été, 96 % l’étaient effectivement en 2021. Parmi elles, plus de la moitié (54 %) l’étaient à leur niveau normal d’activité et 45 %, à un niveau plus limité. Celles qui se trouvaient partiellement en activité blâmaient principalement les restrictions liées à la COVID-19, le manque de main-d’œuvre et l’absence de clientèles clés. 

Malgré tout, la saison estivale 2021 a été jugée satisfaisante par près des deux tiers des organisations sondées, à un niveau moyen de satisfaction de 7/10. Il s’agit d’une progression par rapport à l’été 2020, qualifié de satisfaisant par seulement la moitié des répondants (51 %). Ce degré de contentement est entre autres alimenté par une meilleure rentabilité par rapport à l’été 2020. Au total, quatre organisations sur cinq ont été en mesure d’au moins couvrir leurs frais, et 45 % ont pu réaliser des bénéfices (contre 26 % en 2020). 

Avec le relâchement des mesures sanitaires amorcé ainsi que l’ouverture des frontières, il est fort probable que la saison 2022 soit encore meilleure que celle vécue en 2021. Ce vent d’optimisme est aussi ressenti de la part des voyageurs. En date du 8 mars 2022, selon Destination Canada, 85 % des Québécois se sentent à l’aise de voyager dans leur province et 75 % dans les autres provinces canadiennes. 

 Image à la une : Andrea Piacquadio de Pexels 

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Segments de clientèles Tendances

Des voyageurs québécois enthousiastes, mais prudents

Comportement des voyageurs québécois à l’été 2021

Une enquête longitudinale menée par la Chaire de tourisme Transat auprès de voyageurs québécois à la fin de l’année 2021 permet d’analyser les déplacements touristiques qu’ils ont effectués entre mai et octobre. En comparaison avec l’été 2020, ils ont été beaucoup plus nombreux à voyager au Québec (une variation de 22 pts de %), et plus particulièrement à y faire un séjour d’une à trois nuits (variation de 15 pts de %).   

Se rendre dans une autre région que celle du domicile principal fut également plus populaire en 2021 qu’en 2020 (variation de +23 pts de %). Les voyageurs québécois ont aussi été plus nombreux à séjourner à l’extérieur de la province et hors du pays.  

Les Québécois semblent reprendre certaines habitudes quand les mesures s’assouplissent. Par exemple, le retrait de la quarantaine obligatoire pour les voyageurs canadiens entièrement vaccinés à l’été 2021 pourrait avoir contribué à la hausse des séjours à l’extérieur du Canada.  

Le faible nombre de cas positifs à la COVID-19 durant la saison estivale, le taux élevé de personnes vaccinées, la mise en place du passeport vaccinal et l’application générale des mesures barrières pourraient expliquer la hausse du niveau de confiance des répondants face aux déplacements en général. On observe d’ailleurs que le désir de voyager dans le contexte actuel est plus élevé en 2021, comparativement à 2020 (2021 : 39 % contre 2020 : 26 %, une variation de +13 points de %).  

Attitude générale face au voyage et au ricochet du variant Omicron

L’enquête de la Chaire de tourisme Transat a aussi permis de jauger l’attitude des voyageurs québécois à l’égard du voyage dans un contexte pandémique. Près de la moitié des personnes sondées (48 %) a affirmé préférer voyager au Québec au cours des prochaines années, que les frontières soient rouvertes ou non. À l’inverse, plus du tiers (37 %) a apprécié découvrir la province durant la dernière année, mais privilégiera toutefois les voyages hors de celle-ci au cours de la prochaine.  

La fluctuation des mesures restrictives mises en place pour maîtriser les vagues de la pandémie de COVID-19 continue d’avoir des répercussions sur le comportement des consommateurs. L’arrivée du variant Omicron en fin d’année 2021 a altéré les plans de nombreux Québécois lors de la période des Fêtes et influence aujourd’hui les intentions de voyage à court et moyen terme. L’incertitude plane.  

En décembre 2021, un sondage mené par la firme Léger révèle que 88 % des Québécois n’ont pas l’intention de voyager à l’étranger pendant l’hiver. L’état d’esprit des citoyens fluctue au fil des semaines. Sondés à nouveau en février 2022 par Léger, 57 % (c. 21 % en janvier) des Québécois croient que le pire de la crise est derrière nous, 21 % (c. 45 % en janvier) que nous vivons le pire, et 12 % (c. 25 % en janvier) que le pire est à venir. 

Le retour à la vie « normale » est plus que jamais incertain. L’Institut national de santé publique du Québec s’est intéressé aux perceptions des Québécois quant au moment où ils pensent pouvoir reprendre leurs activités (voyager, grands rassemblements, etc.) comme avant la pandémie. Les résultats du sondage mené en janvier et février 2022 sont mitigés. Seuls 15 % affirment les avoir déjà reprises, 36 % indiquent que cela sera plutôt remis à juin 2022, 16 % vers la fin de l’année 2022, 29 % au cours de l’année 2023 et 5 %, jamais. 

Impacts de la COVID-19 sur les façons de voyager

Interrogés sur les répercussions de la pandémie sur leurs habitudes de planification au cours des prochaines années, les voyageurs québécois ont révélé à la Chaire de tourisme Transat en 2021 qu’ils seront nombreux à réserver des options offrant une politique d’annulation. Ils accorderont par ailleurs plus d’importance aux mesures sanitaires à destination, et croient qu’ils voyageront plus localement qu’avant. L’adhésion à ces deux paramètres, mesurée également lors de l’édition 2020 de l’étude, s’avère plutôt stable. On observe toutefois une légère tendance haussière concernant les voyages plus locaux (2021 : 50 % contre 2020 : 42 %; +8 pts de %). 

Comparativement à l’année 2020, la proportion de voyageurs qui estiment faire plus souvent des séjours en nature s’est légèrement amenuisée (2021 : 20 %, contre 2020 : 30 %). Connaissant l’engouement des Québécois pour le plein air, cette baisse n’est pas à craindre. Mais elle pourrait suggérer une certaine stabilisation du phénomène.  

Prévoir des plans A, B et C

Les entreprises touristiques ont assoupli leur politique de réservation et font preuve d’une grande flexibilité étant donné les circonstances changeantes. Les consommateurs en profitent bien : réserver un voyage à l’étranger comme plan A, mais planifier un séjour au pays si les frontières ferment à nouveau; louer un grand chalet avec des amis, mais prévoir un autre hébergement de plus petite taille comme plan B. Pour éviter de se retrouver le bec à l’eau, des voyageurs multiplient ainsi les réservations pour une même période et annulent l’option rejetée au dernier moment, ou selon les délais prescrits par la politique de l’entreprise. En anglais, on parle de trip stacking, un phénomène qui pourrait toutefois être éphémère et s’estomper lorsque la pandémie sera résorbée. 

Bien que l’année 2022 débute encore une fois dans l’incertitude, les consommateurs ont acquis deux années d’expérience et s’adaptent au contexte instable. Les voyageurs ont hâte de partir et même s’ils souhaitent vivre des expériences extraordinaires, composées, entre autres, de moments enrichissants et significatifs, ils demeurent hésitants pour l’instant.  

Image à la une : Cassiano Psomas de Pexels

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Tourisme durable

Tourisme durable en 2022 : l’industrie doit guider le chemin

Des entreprises exemplaires par centaines

Les Nations Unies (ONU) l’ont confirmé à Glasgow en 2021 : pour éviter un réchauffement climatique de 2 degrés, le monde entier doit atteindre le « net zero » (la carboneutralité) d’ici 2050.  

Atteindre globalement la carboneutralité signifie que les forces vives de toutes industries devraient travailler à mesurer leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), à les réduire et à compenser celles qui n’ont pu l’être. L’ONU encourage aussi à mettre en œuvre des méthodes d’absorption du dioxyde de carbone (CO2) déjà présent dans l’atmosphère (carbopositif).  

Selon un rapport de l’Université d’Oxford, les deux tiers des secteurs économiques mondiaux se sont engagés dans un objectif de carboneutralité d’ici 2050. Le tourisme en fait partie, comme le suggère le guide A Net Zero Roadmap for Travel and Tourism du World Travel and Tourism Council, publié en novembre 2021.  

L’initiative Tourism Declares Climate Emergency représente un bon exemple de cette récente mobilisation de l’industrie touristique. Il s’agit d’une coalition d’organisations du secteur qui promettent de publier leurs cibles de réduction au plus tard 12 mois après avoir rejoint le groupe. Ce dernier a été créé le 14 janvier 2020 et compte deux ans plus tard quelque 230 membres à travers le monde. 

Source: Tourism Declares 

En 2021, de grands joueurs comme Booking.com et Bidroom ont, entre autres, incorporé des icônes sur leurs plateformes respectives, indiquant quelles entreprises réduisent et compensent leurs émissions.  

Certification durable Booking.com. Source: Booking.com  

Au Québec, des entreprises comme l’agence de voyages Passion Terre, Contact Nature et le Palais des congrès de Montréal pavent la voie avec des objectifs de réduction d’envergure et des retombées locales mesurables. Ces organisations pionnières en pratiques durables vont mener le bal de la concurrence d’ici 2025, principalement en ce qui concerne l’obtention de financement. 

Déjà, dans la province, la stratégie pour un tourisme responsable et durable 2020-2025 du ministère du Tourisme prévoit « des incitatifs afin que les forfaitistes et les agences de voyages proposent une offre touristique à faible empreinte carbone ».  

Ces signaux indiquent qu’en 2022, le nombre d’entreprises touristiques qui calculeront et réduiront leurs émissions de GES devrait continuer de grimper.  

Des clientèles aux intentions durables, mais réfractaires au changement

D’après une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1 206 voyageurs québécois, 60 % des répondants disent souhaiter voyager de façon plus responsable et un répondant sur deux affirme être prêt à modifier ses habitudes de voyage, si cela peut aider à réduire son empreinte carbone. Par contre, seul le quart se sent prêt à payer des frais additionnels pour compenser ses émissions de GES, une proportion non négligeable, mais encore faible.  

Les entreprises touristiques qui génèrent des retombées locales, ou qui ont des politiques d’approvisionnement local, se voient accorder par les voyageurs un certain avantage concurrentiel. Selon les données colligées par la Chaire, pour un même prix et pour une prestation de service touristique similaire, près d’un répondant sur deux privilégierait les entreprises qui s’affichent comme telles. Celles qui réduisent leurs déchets ou qui sont impliquées dans la protection et la préservation de la faune et de la flore se distinguent également positivement, les voyageurs accordant aussi à ces pratiques une importance certaine. 

La sensibilisation influence les actions

La popularité limitée de la compensation carbone (voir infographie précédente) se justifie fort probablement par un manque de compréhension de cette notion. En effet, en réponse à une autre question du sondage qui présente une liste de cinq concepts reliés au tourisme durable, la compensation carbone demeure celui que les répondants connaissent le moins, avec seulement 25 % d’entre eux qui se disent assez à l’aise et 8 %, tout à fait à l’aise de l’expliquer. Cela dit, ces derniers sont significativement plus enclins à payer des frais additionnels pour compenser les émissions liées à leur voyage, comparativement à ceux qui n’y sont pas familiers (40 % c. 17 %). Sans surprise, ils sont aussi plus nombreux à avoir déjà compensé leurs émissions (17 % c. 7 %).  

Malgré tout, plusieurs perceptions freinent l’adhésion à des pratiques de voyage durables et responsables. L’impression que les coûts sont plus élevés représente de loin la plus forte résistance aux choix écoresponsables, et ce, pour les deux tiers des répondants. La perception d’une offre lacunaire en matière d’options durables, ainsi qu’un manque de connaissance des principes de base, sont des préoccupations de second ordre, mais qui demeurent toutefois répandues (chez 41 % des répondants).  

Fait intéressant, les répondants qui ne se considèrent pas freinés par des coûts plus élevés sont aussi d’avis qu’il y a un manque d’offre. Ainsi, même les voyageurs québécois qui seraient prêts à payer pour des options durables conservent pour certains l’impression que la sélection demeure limitée.  

Transparence et informations claires

Les voyageurs québécois accordent de l’importance aux retombées locales, mais en connaissent peu sur la compensation carbone et sur l’offre réelle en tourisme durable. Ces obstacles rappellent l’importance de communiquer ses pratiques et leurs impacts potentiels dans un langage clair, voire pédagogique. Par exemple, Google Flights a commencé l’an dernier à informer sa clientèle sur les émissions de GES des vols en une seule étiquette, juxtaposée au prix du billet. Cliquer sur le libellé fait apparaître une comparaison toute simple avec les GES produits en moyenne pour un trajet semblable. Les estimations d’émissions tiennent compte de l’origine et de la destination du vol, du type d’appareil et du nombre de sièges dans chaque classe. 

Source: Google Flights 

Compenser peut favoriser des retombées locales positives

Comme le premier domino d’une rangée, inclure le montant de la compensation des émissions directement dans le prix, tel que le fait l’agence québécoise Karavanier depuis 2008, peut générer des retombées locales positives. Par exemple, le Fonds Plein air 1 % pour la planète a redonné 45 000 $ à des organismes québécois de protection de la faune et des écosystèmes. Les entreprises membres d’Aventure Écotourisme Québec (dont Karavanier) y participent en reversant 1 % de leur chiffre d’affaires. Ce programme compte 19 inscrits depuis sa création en 2020. D’autres exemples de la sorte s’observaient à l’international en 2021, comme la nouvelle initiative de compensation de Key Travel et Expedia. 

Ainsi, suivant les objectifs de développement durable des Nations Unies, les tendances des grands joueurs et les attentes des voyageurs québécois, les entreprises qui se démarqueront en 2022 seront celles qui calculeront et réduiront leurs émissions de GES, qui miseront sur les retombées locales et qui communiqueront leurs pratiques dans le but de faciliter la recherche d’options durables pour la clientèle.  

Les informations clés comme la quantité de carbone émis par l’organisation et par les visiteurs, les retombées sociales et environnementales des activités et les actions priorisées pour les générer seront convoitées par les voyageurs québécois.    

Saurez-vous leur montrer le chemin? 

Image à la une : Unsplash

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Tourisme durable

Tourisme durable en 2022 : l’industrie mènera le bal

Du côté des clientèles, d’après une enquête en ligne menée par la Chaire de tourisme Transat du 1er au 6 décembre 2021 auprès de 1206 voyageurs québécois, environ un répondant sur quatre : 

– vérifie parfois, souvent ou en tout temps si les prestataires de services touristiques affichent une certification environnementale ; 

 

 

– est prêt à payer des frais additionnels pour compenser ses émissions de carbone ; 

– a déjà choisi un hébergement ou un attrait en raison de son orientation durable ou responsable ; 

– a déjà limité ses déplacements touristiques pour des raisons environnementales. 

Ces chiffres démontrent que l’écoresponsabilité n’est pas encore prise en compte à grande échelle chez les voyageurs québécois lors de leurs séjours d’agrément. Pourtant, une majorité de répondants (60 %) déclarent qu’ils souhaitent voyager de façon plus responsable.  

Mais alors pourquoi seuls 25 % des sondés semblent-ils mettre en pratique ces principes ? Serait-ce le manque d’offres en tourisme durable qui constitue le principal frein à la réalisation de ce type de séjour ? 

Beaucoup de petits et de grands joueurs, comme le voyagiste québécois Passion TerreGoogle Flight et Booking.com, ont compris cette lacune en 2021 et proposent plus d’options responsables et d’informations sur leurs plateformes. Ainsi, comme le dévoile le rapport d’Oxford, c’est l’industrie qui doit mener le bal du tourisme durable. 

Image à la une : DDP de Unsplash

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Segments de clientèles

Voyager localement en 2022 : par dépit ou par choix ?

Pour une deuxième année consécutive, la Chaire de tourisme Transat a effectué une enquête en ligne auprès d’un panel de 1 206 voyageurs québécois, entre le 1er et le 6 décembre 2021. Les données recueillies permettent de jauger l’attitude des répondants à l’égard du voyage. D’après les résultats, près de la moitié des personnes sondées (48 %) a affirmé préférer explorer le Québec dans les prochaines années, que les frontières soient rouvertes ou non. Parallèlement, un peu plus du tiers (37 %) a apprécié découvrir la province au cours de la dernière année, mais privilégiera toutefois les voyages hors de celle-ci durant la prochaine. 

Impacts de la COVID-19 sur les façons de voyager

Lorsqu’ils sont interrogés à propos des répercussions qu’aura la pandémie sur leurs habitudes de planification, nombreux prioriseront les options offrant une politique d’annulation et accordant de l’importance aux mesures sanitaires. Les répondants favoriseront également le voyage local. 

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Tourisme durable

Célébrer le voyage… de façon responsable

En théorie, le moment est pourtant idéal pour améliorer nos comportements. La crise de la COVID-19 aura conscientisé les gens sur de nombreux aspects. En voici quelques exemples.

Notre rapport à la nature

C’est incontestable, les bienfaits du contact avec la nature sur la santé mentale et physique de même que sur la qualité de vie sont démontrés. D’ailleurs, une enquête menée auprès de 3000 adultes par la firme Wunderman Thompson dévoile que 82 % des répondants accordent désormais plus de valeur à la nature qu’avant la pandémie.

Des commerces locaux en santé

Un mouvement de solidarité envers les commerces locaux s’est organisé dans plusieurs régions du monde. Au Québec, des initiatives visant à favoriser les achats dans ce type d’établissements ont porté fruit. Un sondage de la firme Léger révèle que le tiers des répondants disent acheter davantage de produits alimentaires locaux qu’avant la crise. Les entreprises agrotouristiques ont aussi pu constater cet engouement à l’été 2020.

L’effort collectif

Toutes les populations ont dû mettre l’épaule à la roue pour réduire la transmission du virus. Alors que la probabilité de développer des complications associées à la COVID-19 n’est pas la même selon les groupes d’âge, tous, ou presque, se sont pliés aux mesures sanitaires. Les populations sont capables d’une grande solidarité.

Les proches et les voyages

Prendre du bon temps avec les amis et la famille et voyager occupent les premiers rangs dans les listes des choses à faire lorsque ce sera possible. L’interdiction (ou presque) de sortir du pays accentue le désir de découvrir de nouveaux lieux. Créer des moments uniques en vacances avec nos proches s’inscrit dans les souhaits post-COVID.

Faire des choix plus durables

Les excursions et les séjours locaux ont largement été embrassés, faute de pouvoir aller ailleurs. Mais l’opération séduction semble avoir créé un précédent. Au Québec, un sondage de la Chaire de tourisme Transat réalisé auprès de 1172 voyageurs québécois indique que 76 % de ceux ayant effectué un séjour dans la province au courant de l’été 2020 ont l’intention de répéter l’expérience.

Par ailleurs, cette même enquête dévoile qu’un voyageur québécois sur deux est prêt à modifier ses pratiques de voyage pour réduire son empreinte carbone. Quelque 46 % sont même enclins à débourser pour annuler l’impact d’un trajet en voiture aller-retour entre Montréal et Québec. Ils ont aussi dit qu’ils souhaitaient voyager davantage localement (42 %) et prendre plus de temps pour découvrir un seul lieu – slow travel (23 %).

Un fort désir de voyager

Mais entre l’intention et le geste, il existe un fossé difficile à évaluer. La reprise laisse présager une forte volonté de découvertes touristiques, malgré une baisse d’optimisme depuis l’été 2021. Un sondage réalisé par la firme Destination Analyst en septembre auprès des voyageurs américains dévoile que 71,4 % de ceux-ci sont excités à l’idée de partir à nouveau au cours des 12 prochains mois. Lors de cette même enquête menée en juin 2021, près du quart des répondants émettaient le souhait de changer leurs comportements de voyage. Ils envisageaient, entre autres, d’en faire davantage.

Selon l’enquête annuelle World Travel Monitor réalisée auprès de quelque 500 000 répondants dans plus de 60 pays, les vacances au soleil et à la plage sont les plus convoitées pour 2021. Les séjours urbains arrivent au 2e rang, suivis des vacances axées sur la nature et le plein air. 

Des offres responsables et séduisantes

Le virage vers un tourisme plus durable devra s’opérer de concert avec l’ensemble des secteurs impliqués. La responsabilité ne repose pas que sur les épaules du voyageur. L’industrie doit proposer des choix durables attractifs qui déclencheront un véritable engouement auprès des différents marchés. L’industrie touristique agit déjà sur plusieurs plans au chapitre environnemental : protection de la biodiversité par les aires protégées, écotourisme, économie collaborative, adhésion à des certifications, compensation de carbone, implication des résidents, etc.

Des voyages lents

Le voyage post-pandémique sera considéré comme un outil thérapeutique, une façon de vivre des moments de bien-être, de bonheur, de divertissement, mais aussi de transformation. Cela peut se traduire, pour certains marchés, par des voyages d’aventure en petits groupes dans des destinations hors des sentiers battus où les guides locaux sont mis à contribution et où le transport actif est privilégié, comme l’offre l’entreprise québécoise Karavaniers. Tous les voyages vendus comprennent un montant compensatoire pour les émissions de gaz à effet de serre produits par les déplacements en transport aérien. L’agence britannique Byway propose quant à elle des séjours qui ne requièrent pas de déplacement en avion.

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Source : karavaniers.com

Des milieux urbains verts et dynamiques

Cette nouvelle façon de voyager peut aussi mener à la découverte d’une ville qui a tout mis en œuvre pour le bien-être de ses résidents, pour que son développement ne se fasse pas au détriment de l’environnement et que la mobilité active et le transport collectif innovant soient au cœur des projets. La capitale de la Slovénie, Ljubljana, peut compter sur de nombreux atouts comme ses bâtiments historiques, ses canaux, son patrimoine ou encore sa culture éclectique pour attirer les touristes. Toutefois elle ne mise pas sur une croissance du nombre de nuitées à tout prix. Au contraire, le développement de la ville a été méticuleusement planifié et il doit d’abord profiter aux résidents. La Ville a d’ailleurs reçu de nombreuses distinctions à cet effet.

Adopter les valeurs des résidents

Voyager de façon responsable signifie aussi de découvrir le mode de vie des populations locales. La Finlande propose ainsi d’adopter les habitudes de ses habitants pour mieux vivre la destination. En tête du palmarès du bonheur selon le World Hapiness Report pour une 4e année consécutive, la Finlande, par le biais de l’organisation de gestion de la destination Visit Finland, partage la recette de ce bonheur. Chaque année, une campagne souligne les principes qui seraient à l’origine de cet art de vivre. La culture du sauna, le contact privilégié avec la nature, la relation particulière avec le froid et l’hiver : ces valeurs font partie de l’ADN de la destination et sont continuellement communiquées, souvent de façon amusante, aux voyageurs potentiels.

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Source : Visit Finland

Une mission collective

Les actions requises pour se tourner vers une économie verte sont multiples. La poursuite de cette transition reposera sur la connaissance, la créativité, les partenariats, des investissements conséquents et surtout, une démarche collective et concertée, afin de maximiser le potentiel et les bénéfices pour les voyageurs, les entreprises touristiques et les collectivités.

La société est capable de répondre très rapidement à une urgence directe. La crise nous démontre qu’il est possible d’avoir des cibles ambitieuses et de changer drastiquement certaines pratiques pour modifier des comportements. Chaque crise marque un nouveau départ. Faisons en sorte que celui du tourisme emprunte la voie de la responsabilité.

 

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Popularité en hausse des plans d’eau : qui sont les nouveaux plaisanciers ?

Au cours de la dernière année, un tiers des Québécois (32 %) indiquent avoir fait l’acquisition de matériel de sport d’été ou de plein air. Parmi ceux-ci, 14 % ont acheté de l’équipement nautique non motorisé et 4 % des appareils motorisés, selon une étude réalisée par la Chaire de tourisme Transat auprès de 1 269 voyageurs québécois. De plus, ces dépenses exercent une influence sur les intentions de séjours. Les trois quarts des acheteurs d’équipement nautique non motorisé (75 %) et 59 % des acheteurs d’équipement nautique motorisé déclaraient que ces achats allaient avoir un impact sur leurs voyages de l’été 2021, tant dans le type de séjour que dans la destination.

Il convient donc de s’intéresser à ces nouveaux plaisanciers en analysant leur comportement nautique et le profil de leur pratique, afin de comprendre leurs besoins et d’y répondre au mieux.

Portrait des nouveaux pratiquants

Selon une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en partenariat avec Nautisme Québec auprès de 1 054 adeptes de plaisance au Québec, le nautisme séduit de nouvelles sphères de la population active. Ces nouveaux pratiquants sont plus jeunes, ont des enfants et ont davantage poursuivi un cursus universitaire que les plaisanciers habituels. Portrait de leurs caractéristiques sociodémographiques dans l’infographie ci-dessous.

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Une initiation au nautisme grâce aux petites embarcations

Un peu plus d’un plaisancier sur 10 (13 %) déclare être devenu un nouvel adepte d’une activité nautique ou de plaisance depuis le début de la pandémie. Généralement, l’introduction au nautisme passe par les petites embarcations, non motorisées pour la majorité, avant de migrer vers de plus grands gabarits. En effet, parmi les embarcations déclarées à usage principal, 22 % des nouveaux adeptes utilisent un bateau à moteur ou un wakeboard, 19 % une planche à pagaie/à prône, un surf ou un kitesurf et 16 % un canot ou un kayak.

En phase avec leurs embarcations favorites, les nouveaux adeptes priorisent la pratique de leur activité nautique sur les divers lacs (48 %, contre (c.) 34 %) et rivières (28 %, c. 14 %) du Québec, au contraire des habitués de nautisme qui ont un penchant pour le fleuve Saint-Laurent (57 % des habitués, c. 46 %), plus périlleux dans sa navigation. Les nouveaux usagers déclarent davantage utiliser les rampes d’accès gratuites (57 %) et les plages et les berges (28 %) pour se jeter à l’eau que les autres plaisanciers. Fait notoire, ils confient aussi recourir légèrement plus que les habitués de nautisme (5 %) aux accès informels et aux terrains non balisés (11 %). Sensibiliser les nouveaux adeptes aux conséquences de ce genre de pratique peut s’avérer important, afin de limiter les comportements nocifs vis-à-vis de l’environnement et des riverains.

Avec en moyenne 22 jours sur l’eau à l’été 2020 contre 32 jours pour les habitués, ces adeptes sont encore timides dans leur nouveau passe-temps. Les régions où ils ont le plus déclaré avoir pratiqué leur activité se situent toutes à proximité de Montréal, soit 26 % en Montérégie, 22 % à Montréal, 19 % dans les Cantons-de-l’Est, 18 % dans les Laurentides et 12 % dans Lanaudière. Enfin, concernant les dépenses déclarées lors d’une sortie typique, ces dernières sont moins élevées que pour les pratiquants habituels, avec une médiane de 125 $ contre 200 $. Ce comportement n’est pas surprenant, puisque relié à une pratique plus récente et à des embarcations non motorisées souvent moins coûteuses.

Des pratiquants encore à fidéliser

Interrogés sur leurs connaissances en matière de sécurité nautique, les nouveaux adeptes déclarent moins maitriser la lecture d’une carte marine (20 % n’y sont pas familiers ), le respect des nuisances sonores (18 %), les limitations de vitesse (11 %) ainsi que les obligations en matière de permis et d’immatriculation d’embarcation (7 %). Toutefois, 47 % des nouveaux adeptes jugent les exigences actuelles suffisantes en matière de compétence et de formation, proportion plus élevée que parmi les habitués de plaisance (37 %). De ce fait, conscients de leurs lacunes, la moitié des nouveaux initiés sont ouverts à payer pour la formation liée à leur embarcation principale, proportion plus élevée que chez les habitués (43 %). Des cours ou des formations pratiques pourraient donc être développés afin de compléter les connaissances des nouveaux plaisanciers et par la même occasion, les séduire pour les convertir en pratiquants plus assidus.

Enfin, sondés sur leurs intentions de pratique à l’été 2021, 2 nouveaux adeptes sur 3 souhaitaient effectuer des sorties de plaisance d’une journée complète ou d’une demi-journée (68 % et 67 % respectivement), et 1 sur 3 avait l’intention de faire des sorties d’une nuit, 31 % de 2 à 6 nuits et 22 % de 7 nuits et plus. Ces nouveaux adeptes étaient par ailleurs plus enclins que les habitués à faire des sorties avec nuitées.  Avec la réouverture progressive des frontières et le retour des vacances à l’étranger, il est de mise de fidéliser et de convaincre ces nouveaux pratiquants de poursuivre leur activité nautique au Québec, en facilitant l’accès aux plans d’eau et en leur proposant de nouvelles activités.

 

Image à la une : Pexels.

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Comment recevoir les voyageurs avec compagnons canins

Selon une étude initiée par l’Insurance Research Council, près d’un Américain sur trois a adopté un animal en 2020. L’American Pet Products Association estime à 40 % la part des ménages américains ayant un chien à la maison. Au Québec, cette proportion s’élève à 20 % d’après l’enquête Vividata menée auprès de 6303 Québécois.

 

 

Le meilleur ami de l’homme ne perd pas son titre : parmi les animaux domestiques, il est sans surprise le compagnon de voyage le plus populaire. Selon un sondage récent réalisé en 2021 par la firme de recherche The Vacationer auprès de 531 Américains maîtres d’animaux, 4 voyageurs sur 10 comptent amener leur animal de compagnie lors d’un séjour d’agrément en 2021. La moitié des répondants provenant de la région de la Nouvelle-Angleterre, un marché d’intérêt pour le Québec, ont déclaré que leurs compagnons les accompagneraient en vacances cet été.

Voici quelques conseils et bonnes pratiques pour les recevoir.

Hébergements : trois éléments clés pour accueillir les voyageurs canins

La firme de consultation américaine Xotel, spécialisée en hôtellerie, a émis un petit guide pour outiller les hébergements quant à l’accueil d’animaux domestiques. Trois éléments clés vous aideront à recevoir ces compagnons adorés :

  • Choisissez le type d’animal que vous acceptez : instaurez une limite de deux animaux par ménage, avec un poids maximum. De cette manière, vos visiteurs pourront mieux se préparer, voire décider laquelle de leur bête emmener.
  • Établissez les règles de base : indiquez sur votre site Web les zones où il n’est pas permis d’emporter avec soi son chien ou son chat (piscine, restaurant, etc.) et les endroits où ils peuvent être admis. Proposez également un trajet de marche à proximité.
  • Énoncez clairement les responsabilités des maîtres : ces derniers doivent être informés des conséquences encourues en cas de bris de meubles ou de blessures. Demandez à ce que les propriétaires limitent les aboiements pendant la nuit. Vous pouvez exiger la signature d’un document à cette fin.

Pour vous faire une idée des règles de base, le site Web québécois Partoutavecmonchien.com répertorie chaque établissement inscrit selon les services et restrictions suivants :

  • Accepte les gros chiens ;
  • Espace pour courir ;
  • Parc à chiens clôturé ;
  • Gardiennage disponible ;
  • Supplément pour animal ;
  • Les chiens doivent être tenus en laisse.

Une fois ces règlements bien établis, vous pouvez offrir des agréments selon vos ressources, comme une garderie, des promenades ou un menu personnalisé.

Services supplémentaires : qui veut bien tarifier, tarifie

Plusieurs considèrent leur toutou comme un membre de la famille et cette affection influence leurs besoins. Une recherche expérimentale auprès de 595 propriétaires de chiens a démontré que plus les liens avec l’animal sont serrés, plus les répondants étaient enclins à payer des frais additionnels pour voyager avec lui. Certains établissements misent sur cet attachement pour offrir une panoplie de services et élargir leur fourchette de prix.

SourceGroupe Alt hôtels 

Par exemple, alors que la famille Alt Hotels ajoute un tarif de 30 $ par nuitée par animal, justifié par un service de nettoyage approfondi, l’InterContinental Houston exige 150 $ US sous le même prétexte. Celui-ci reste toutefois astucieux : il offre un forfait de plusieurs nuitées incluant un rabais sur ce montant, des points à utiliser dans les autres hôtels de son groupe IHG Hotels & Resort et un service de conciergerie personnalisé pour les voyageurs et leur chien.

La chaîne Kimpton Hotels accepte les chiens de toutes les tailles et ne facture aucuns frais. Elle fournit un lit, une gamelle et des gâteries pour chaque invité poilu. Certains hébergements ont même des « employés canins » pour tenir compagnie aux visiteurs.

La tarification demeure ainsi à la discrétion de chaque gestionnaire.

Des destinations amies des chiens

En vue d’attirer ces voyageurs aux besoins spécifiques, certaines destinations donnent un coup de main à la planification des vacances avec compagnons canins. Tourisme Cantons-de-l’Est publie sur son site Web une page réunissant tous les hébergements et attraits de la région qui acceptent les animaux. L’association liste quelque 86 établissements.

Tourisme Lanaudière compile aussi plusieurs attraits et hébergements amis des chiens, cette fois dans un article de blogue. Le message souligne, entre autres, que ces bêtes tant aimées font partie de la famille et doivent être traitées ainsi partout où elles vont.

Source : Tourisme Lanaudière 

Certaines régions de France proposent depuis 2007 le label « Toutourisme France », qui regroupe une vingtaine d’offices de tourisme et un réseau de partenaires dans tout le pays. Les bureaux participants offrent des paniers cadeaux pour chiens qui contiennent des sacs de propreté et des friandises, en plus d’un guide qui suggère des hébergements et des activités pour faciliter l’organisation des vacances. Cette initiative vise à favoriser la cohabitation des résidents et des touristes avec leurs animaux domestiques.

Source : Toutourisme France 

Et vous, êtes-vous prêt à accueillir ces toutouristes ?

 

Source de l’image à la une: Unsplash