Catégories
Tourisme durable

L’Islande fait la promotion de son eau… du robinet

Près des deux tiers des voyageurs consomment plus d’eau dans des contenants de plastique à usage unique lors de leurs séjours comparativement à la maison. Seulement un peu plus du quart apportent en voyage une bouteille réutilisable, tel que le révèle une enquête réalisée auprès de 16 000 touristes à travers onze marchés d’Europe et d’Amérique du Nord. La crainte de boire une eau potentiellement risquée pour la santé est la principale raison pour laquelle ces voyageurs achètent de l’eau embouteillée.

L’organisme de promotion de l’Islande, Inspired by Iceland, lance la première marque d’eau courante : Kranavatn (qui signifie eau du robinet en islandais). Les grandes lignes de cette campagne au ton humoristique s’articulent comme suit : cette eau est d’excellente qualité, on en trouve en abondance au bout de chaque robinet dans le pays et elle est offerte gratuitement en tout temps. Voici la vidéo promotionnelle.

Vidéo : YouTube

L’organisme de promotion Inspired by Iceland et The Environment Agency of Iceland invitent aussi les visiteurs à relever le Kranavatn Challenge qui engage le signataire à consommer l’eau courante plutôt que d’acheter des bouteilles à usage unique lors d’un séjour en Islande.

Voilà une façon originale et amusante de favoriser l’adoption de comportements responsables.

 

Image à la une : Inspired by Iceland

Catégories
Tourisme durable

Volontourisme : un emballement pour les déchets

Le mot volontourisme est formée de la contraction de « volontariat » et de « tourisme », et fait référence au jumelage de quelques heures de bénévolats aux vacances. Les activités bénévoles visent des retombées sociales ou environnementales positives sur la communauté locale de la destination. Parmi les activités connues se trouvent la préparation de repas dans les écoles et les orphelinats, l’agriculture, ou encore l’enseignement d’une langue.

Cette pratique de voyage, bien qu’elle soit louable, n’est pas épargnée par les critiques. Durant la dernière décennie, plusieurs études ont démontré les effets « stigmatisants » de l’image de la pauvreté via par exemple les égoportraits de touristes auprès d’enfants de pays en développement. Le manque de compétences des volontaires paraît aussi en tête de liste. Ces reproches se fondent sur le caractère superficiel des projets et sur la mauvaise gestion de leurs réels impacts sur les communautés locales.

Néanmoins, cette industrie aujourd’hui multimilliardaire n’est pas près de s’éteindre. Selon une étude de Marriott Rewards Credit Card, en 2015, 84 % des millénariaux ont déclaré vouloir participer à des activités bénévoles durant leur voyage. Ceux-ci aiment davantage le volontourisme que leurs prédécesseurs, et cette tendance devrait s’amplifier dans l’avenir.

Une nouvelle tendance

Faisant face à plusieurs critiques et à une demande croissante, le volontourisme évolue. Une nouvelle tendance émerge : la collecte de déchets. Cette pratique, dont l’objectif est de retirer les rebuts nuisibles à l’environnement, s’étend au-delà des frontières des pays du sud, jusqu’aux villes industrialisées. Les grands nettoyages gagnent en popularité partout sur le globe.

Le 23 février 2017, les Nations unies « déclarent la guerre » au plastique dans les océans et visent l’élimination du microplastique et du plastique à usage unique d’ici 2022. Le 15 septembre 2018, le World Cleanup Day, la première journée mondiale de collecte de déchets, rassemble plus de 18 millions de personnes dans 157 pays. Ces initiatives semblent donner quelques idées originales à des entreprises touristiques de tous les horizons.

En mer

À la suite du tollé médiatique suscité par la multitude de débris en mer, plusieurs s’immiscent dans la problématique. Avec Project Aware, les plongeurs de partout sur la planète peuvent admirer la beauté des fonds marins tout en collectant les déchets trouvés. Une des initiatives de l’organisation, Dive Against Debris, invite les amateurs à se procurer un sac en filet et des gants arborant son logo pour nettoyer leur environnement. À ce jour, plus de 50 000 plongeurs de 114 pays y ont participé.

À Amsterdam, la compagnie Plastic Whale transforme des excursions nautiques en activité de pêche. À bord d’un bateau, une dizaine de touristes munis de filets et de cannes à pêche espèrent prendre à leur hameçon le plus de déchets possible. Plastic Whale fabrique ses embarcations à partir des prises annuelles et fait construire des meubles avec les matières restantes. Cette activité contribue à l’acceptabilité sociale du tourisme dans la ville et génère des retombées environnementales positives pour la communauté locale.

plastique_pollution_tourisme

Source : Plastic Whale

D’autres organisations conduisent leurs bateaux jusqu’à des berges plus lointaines, ensevelies d’objets abandonnés. C’est une promesse d’aventure qu’offre la fondation canadienne Ocean Legacy avec ses populaires Cleanup Expeditions, partout sur le globe. L’accès privilégié à de magnifiques endroits reculés est attrayant pour les clients. L’organisme a déjà amassé plus de 68 000 kg de déchets.

L’initiative 4Ocean, fondée par deux Californiens, organise des collectes massives en bordure des plages. Les fondateurs rassemblent la communauté de surfeurs et fabriquent des produits promotionnels à partir du plastique trouvé sur les berges. La vente de bracelets et de bouteilles représentant des espèces menacées leur fournit une autre source de financement.

Sur terre

L’organisme GoEco élève le niveau de l’offre avec de longs séjours (de 1 à 12 semaines) axés sur l’entretien des milieux protégés. GoEco a reçu une mention honorable pour une activité aux îles Galapagos, où chaque jour, les participants expérimentent un avant-midi de nettoyage et un après-midi d’activités. Avec des partenaires locaux, My Green Trip propose des expériences similaires, qui mêlent plaisir et corvées.

En montagne, l’organisme High Altitude Mountain Cleaners, fondé par un alpiniste québécois, invite les randonneurs à collecter les déchets durant leur ascension. Même si les pratiquants de plein air portent attention à la protection de la nature, nombreux sont les bombonnes de propane vides ou les emballages de barres énergétiques trouvés par les excursionnistes aux abords des sentiers. Avec le mot-clic #ClimbItButCleanIt, l’objectif n’est plus de laisser sa trace au sommet, mais de nettoyer celles des autres.

En ville

Le plogging, qui vient du mot suédois plocka upp (qui signifie ramasser) et du mot jogging, consiste à mettre dans un sac des débris trouvés durant une course à pied. Des organismes comme GoPlogging invitent les coureurs à se regrouper pour nettoyer des quartiers londoniens. Ces initiatives gagnent en popularité en milieux urbains. En 2019, Marseille accueillera la première compétition de ramassage de déchets en Europe. 

ettoyage_plastique_pollution

Source : Pexels, Daria Shevtsova

Au Québec

Bien que l’offre de grands nettoyages ne soit pas encore développée au Québec, quelques initiatives témoignent d’un bourgeonnement récent. Le programme « Ma propre plage » de Stratégies Saint-Laurent invite les membres de la communauté à entretenir les plages près de chez eux. L’organisme Ciel et Terre propose également des collectes annuelles en bordure du Saint-Laurent. Des partenariats avec de tels organismes pourraient bénéficier à l’industrie touristique québécoise. Selon le dernier rapport statistique du ministère du Tourisme, le Québec recevait en 2016 autour de 1,2 million de millénariaux.

Toutes formules confondues, ces initiatives promettent une expérience à l’image des tendances actuelles : se rapprocher des locaux, créer un impact environnemental positif ou encore rencontrer d’autres voyageurs.

Et vous, organisez-vous des collectes de déchets dans votre région?

 

Source image à la une : Unsplash

 

 

Catégories
Gestion Tourisme durable

Comment mesurer ses pratiques sociales?

Lors du Rendez-vous des festivals, événements et attractions touristiques qui s’est tenu le 9 avril dernier, la SATQ-FEQ a annoncé l’actualisation et la bonification du Modèle d’évaluation des pratiques sociales des festivals et événements (MEPS).

Cet outil standardisé d’autoévaluation, de valorisation et d’amélioration des pratiques sociales se base sur des indices de performance. Ceux-ci se calculent automatiquement autour de douze enjeux relatifs aux pratiques sociales des festivals et des attractions.

 

Les voici :

  1. Gestion responsable ;
  2. Gouvernance participative ;
  3. Épanouissement et qualité de vie du personnel (RH) ;
  4. Qualité de vie de la population et du milieu ;
  5. Épanouissement des visiteurs ;
  6. Participation sociale et reconnaissance du milieu ;
  7. Engagement de l’organisation auprès de sa communauté ;
  8. Accessibilité ;
  9. Identité et mise en valeur culturelle du milieu ;
  10. Promotion de la diversité ;
  11. Créativité et innovation ;
  12. Consommation responsable.

 

La version bonifiée propose plusieurs changements, dont l’ajout et la segmentation de certains indicateurs de performance.

Ce modèle d’évaluation permet l’amélioration continue des entreprises afin de valoriser et de créer des retombées positives dans leur milieu. En prenant conscience des actions déjà en place et des enjeux sociaux, les festivals et les attractions peuvent se donner de nouveaux objectifs et établir des stratégies plus performantes tout en développant des pratiques plus durables.

Les festivals, événements et attraits intéressés par le MEPS peuvent le commander en ligne sur le site de la SATQ-FEQ.

Source de l’image à la une : Pixabay

Catégories
Tourisme durable

Environnement et musée : protéger le passé et le futur

Depuis déjà plusieurs années, de nombreux secteurs de l’industrie touristique prennent un virage vert. Que ce soit l’hôtellerie, les festivals ou les stations de ski, leurs initiatives sont davantage connues des consommateurs et deviennent parfois des outils marketing. Mais qu’en est-il des musées ?

Les musées ont la possibilité de devenir des acteurs clés dans la lutte contre les changements climatiques et pour la protection de l’environnement. D’après le Conseil international des musées (ICOM), ils « peuvent améliorer la prise en compte du développement durable et contribuer à l’éducation sur les questions des changements climatiques en travaillant avec les communautés et en leur donnant les moyens de provoquer des changements pour garantir une planète habitable, la justice sociale et des échanges économiques équitables à long terme ». Voici quelques exemples de mobilisation du milieu muséal et des méthodes d’intégration de pratiques durables dans les organisations.

Avant que tout ne tombe à l’eau

Le Strawbery Banke Museum de Portsmouth, au New Hampshire, met en place des actions afin de prévenir la détérioration des fondations et du contenu de ses maisons patrimoniales, causée par des crues des eaux de plus en plus fréquentes. Depuis près de 10 ans, le musée, qui regroupe 8 jardins et 32 bâtiments historiques, collabore avec la Ville et l’Université du New Hampshire pour étudier l’impact de l’élévation du niveau de la mer dans le secteur. Le musée participe également au comité consultatif pour l’évaluation de la vulnérabilité liée aux changements climatiques dans le quartier historique de Portsmouth. La vidéo suivante présente l’état des lieux lors d’une crue majeure en 2017.

Source : YouTube

À la suite de nombreuses démarches, les responsables proposent maintenant plusieurs activités de sensibilisation et des conférences pour partager leur expérience avec différents membres de leur communauté. Par exemple, ils ont organisé un sommet en 2018 avec 12 autres organisations de l’État pour échanger des idées et des recherches sur les changements climatiques. Ils participent également à des ateliers sur le patrimoine bâti en apportant leur expertise pour la préservation des maisons historiques menacées par l’eau.

L’art au service de l’énergie durable

La Woodstock Art Gallery, en Ontario, a rapidement été conscientisée sur l’énergie durable. Une collaboration s’est établie entre elle et son fournisseur d’électricité, qui est aussi son voisin, pour sensibiliser la communauté et interagir avec elle sur la question des problèmes environnementaux, grâce à leur expertise respective. Par exemple, la galerie offre des programmes scolaires aux élèves de la région pour les initier à l’art et discuter des changements climatiques et du développement durable pendant leur visite.

L’union fait la force

Conscient de ses rôles et responsabilités, le milieu muséal s’organise afin de réduire son impact et de préserver la planète pour les générations futures. Voici quelques regroupements ou groupes de travail œuvrant pour la protection de l’environnement. Ils fournissent une panoplie de ressources et d’exemples de bonnes pratiques.

  • ICOM: groupe de travail sur le développement durable; aide les membres à contribuer à l’atteinte des objectifs de développement durable ainsi qu’à s’adapter aux changements climatiques. Le groupe de travail présentera ses recommandations lors de sa 25e conférence qui se tiendra à Kyoto, au Japon, en 2019.

Avant tout, mettre des efforts à l’interne

Un musée peut effectuer de nombreuses actions durables au sein même de son organisation. Cet aspect s’avère d’autant plus important dans un contexte de sensibilisation du public. Le message diffusé sur les changements climatiques risque d’être beaucoup plus crédible si le musée montre l’exemple en adoptant lui-même des actions concrètes pour la protection de l’environnement.

Le message diffusé sur les changements climatiques risque d’être beaucoup plus crédible si le musée montre l’exemple en adoptant lui-même des actions concrètes pour la protection de l’environnement.

Plusieurs institutions de la région Rhône-Alpes font des déplacements groupés et rassemblent leurs œuvres dans des réserves mutualisées afin de diminuer la fréquence des transports et réaliser des économies. Le Field Museum, à Chicago, a réduit son impact sur l’environnement et augmenté la qualité de l’air des lieux en remplaçant les nettoyants chimiques par de l’eau ionisée pour laver les vitrines d’exposition et les fenêtres du bâtiment.

Par où commencer ? 

Sarah Sutton, coauteure du livre The Green Museum: A Primer on Environmental Practice, estime que la première étape des institutions muséales pour protéger l’environnement consiste à faire un bilan carbone qui permettra de repérer les sources potentielles d’économie d’énergie. Elles peuvent visiter, par exemple, le site Carbonfund.org pour calculer l’empreinte carbone de leur organisation.

La Société des musées du Québec propose un guide sur l’écoresponsabilité. Il est possible d’y trouver des conseils pour la gestion des installations et des ressources humaines (efficacité énergétique, matières résiduelles, approvisionnement responsable, santé et sécurité, etc.), pour les expositions (conception, fabrication et chantier, démontage et deuxième vie) et pour les communications (internes, externes, designs graphiques et impressions).

Quels sont les gestes écoresponsables de votre musée?

 

Source de l’image à la une : Pexels

Catégories
Produits et activités

La randonnée comme outil de positionnement

Les circuits mythiques que sont le GR20, les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle ou encore la Long Trail constituent d’importants produits d’appel pour les régions traversées, qu’il s’agisse de les parcourir en tout ou en partie. Les circuits spécifiques à la marche ou à la randonnée permettent à des municipalités éloignées de bénéficier de retombées touristiques et aux voyageurs de vivre des expériences mémorables.

 

Des bénéfices pour tous

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), qui publiait un rapport au début de 2019 sur le tourisme de marche, celui-ci comporte de nombreux avantages tant pour les voyageurs que pour les destinations. Les touristes qui choisissent de découvrir un lieu par la marche ou la randonnée s’exposent davantage que les autres à développer des relations avec la population locale. Ils se croisent sur les routes ou sur les sentiers, dans les commerces de proximité ou dans les établissements d’hébergement des petites municipalités, souvent à l’écart des grands centres touristiques.

Aussi, la randonnée s’insère dans plusieurs tendances, notamment la quête du bien-être par l’activité physique et le dépassement de soi, le tourisme lent (slow tourism), les voyages transformationnels et les séjours à empreinte écologique réduite. L’intérêt grandissant pour la course de sentier et la marche nordique, technique scandinave qui nécessite l’emploi de bâtons et où tous les membres du corps sont mis à profit (un peu comme le ski de fond), contribue aussi à donner un nouvel élan à la randonnée.

La destination qui développe le tourisme de marche bénéficie également de plusieurs avantages. Comme le révèle l’OMT, c’est un secteur d’activité qui :

  • exige des investissements plutôt faibles par rapport à d’autres types de produits de tourisme sportif ;
  • ne nécessite pas d’infrastructures lourdes ou de grande capacité, ni d’une logistique complexe ;
  • concerne un important marché, qu’il s’agisse de marcheurs du dimanche ou de randonneurs aguerris ;
  • bonifie l’offre touristique déjà existante, permet de prolonger le séjour et de répartir la demande sur plus d’une saison ;
  • constitue une offre écoresponsable si elle est gérée adéquatement ;
  • favorise l’activité physique chez les résidents.

Le marché des randonneurs

La randonnée fait partie des principales activités des Canadiens et des Québécois lorsqu’ils voyagent. Selon les données de Vividata 2019, quelque 18 % des Canadiens ont fait de la randonnée ou une activité d’aventure à l’occasion d’un voyage réalisé au cours des 12 derniers mois (voir le graphique 1). Cette proportion s’élève à 20 % parmi les voyageurs québécois.

activites-voyage-randonnee-graphique

Aux États-Unis, le nombre de randonneurs a crû de 50 % en 10 ans. En 2017, 15 % de la population américaine de 6 ans et plus a fait de la randonnée au cours de la dernière année, selon l’organisme Outdoor Foundation. En France, c’est aussi une activité qui connaît une grande popularité. Une étude d’Atout France publiée en 2019 dévoile qu’elle est le sport préféré des Français. Au cours des cinq dernières années, 35 % d’entre eux ont fait au moins un voyage dont la randonnée était la principale motivation de séjour.

Des facteurs de succès

Pour répondre à ce large marché et se positionner favorablement, l’offre doit répondre à certains critères. En voici quatre :

  • L’attractivité: évidemment, le sentier ou le trajet doit comporter des éléments d’intérêt pour attirer des marcheurs. La qualité des paysages, les composantes naturelles et culturelles, l’entretien font partie de ces atouts. Les routes asphaltées n’ont pas la cote auprès des randonneurs en général.
  • Les services : l’accès à des services touristiques adéquats (hébergement, équipements sanitaires le long du trajet, disponibilité de cartes des sentiers, signalisation, etc.) est essentiel pour répondre aux besoins de base des randonneurs.
  • La sécurité : pour susciter l’intérêt et donner un sentiment de sécurité, le circuit doit être fréquenté. Que ce soit par la population locale ou par des visiteurs, il faut passer le mot et maintenir une certaine activité sur les lieux pour garder le trajet bien vivant et sûr.
  • Le marketing : un plan marketing sur mesure en fonction des marchés ciblés s’avère nécessaire pour faire connaître le circuit. Des activités de promotion, comme l’organisation d’un événement annuel, permettent de donner une vitrine à la région et à son offre de randonnée. L’EuroNordicWalk Vercors, un rassemblement de marcheurs nordiques qui se déroule annuellement depuis sept ans dans le massif du Vercors, en France, l’illustre bien. Voici sa vidéo promotionnelle :

Source : Daily Motion

Des outils inspirants

Des destinations nordiques dont le produit phare est la randonnée proposent des outils utiles pour promouvoir leur offre, mais aussi pour encadrer et préparer les voyageurs. C’est le cas de Visit Greenland, l’organisme de gestion de la destination (OGD) qui publie l’Ultimate Greenland Hiking Guide. Celui-ci rassemble une foule d’informations sur les conditions particulières que revêt la randonnée sur ce territoire au climat aride. Le guide est abondamment illustré et facile à consulter. On y trouve notamment une section sur les façons de choisir le bon circuit de randonnée, sur les essentiels de la randonnée au Groenland ou encore sur les comportements à adopter en présence d’un ours polaire.

randonnee-guide-groenland

La Norvège, avec ses fjords spectaculaires et sa nature abondante, est aussi une destination prisée des randonneurs. L’OGD du pays réserve une part importante de son site Web à cette activité. On y trouve notamment plusieurs vidéos sur les randonnées les plus populaires. Bien que les informations soient disponibles par écrit, chaque vidéo, animée par un guide local, présente les principales caractéristiques du circuit, rendant la préparation du voyageur beaucoup plus agréable. En voici un exemple :

Vidéo : Vimeo

Le Québec sur la bonne voie

Certains sites Web d’associations touristiques régionales (ATR) du Québec offrent une belle vitrine aux possibilités de randonnée dans leur région. Celui des Cantons-de-l’Est propose une recherche selon plusieurs filtres, par exemple le niveau de difficulté et la durée. La startup Hickster, grâce à un partenariat avec Rando Québec qui permet de recenser plus de 3 000 sites, contribue aussi à promouvoir et favoriser la pratique de la randonnée au Québec.

Plusieurs réseaux de sentiers et des circuits de marche de longue durée se déploient depuis quelques années. Le Grand Sentier, qui traverse le Canada d’est en ouest, le Sentier des Appalaches (SIA-QC) en Gaspésie ou encore le Sentier Notre-Dame–Kapatakan dans le fjord du Saguenay en sont quelques exemples. Les nombreuses possibilités de randonnée au Québec sont méconnues, souvent transmises de bouche à oreille. Il s’agit pourtant d’un excellent outil de positionnement et d’un produit touristique qui permet un étalement de la saison et une meilleure répartition des retombées touristiques sur le territoire, tout en s’inscrivant dans une perspective de développement durable.

 

Image à la une : Pixabay

 

Catégories
Tourisme durable Transport

Accéder à la nature en transport collectif

Le Québec est un véritable terrain de jeu pour les Québécois, ainsi que pour les visiteurs internationaux qui sont de plus en plus nombreux à vouloir y faire du plein air.

Reconnu pour ses attraits naturels, le Québec est un véritable terrain de jeu pour les Québécois, ainsi que pour les visiteurs internationaux qui sont de plus en plus nombreux à vouloir y faire du plein air, tel que le montre une étude de la Chaire de tourisme Transat.

Cependant, l’accès au territoire, plus précisément aux sentiers et aux lieux de pratique, représente un défi majeur. Selon les données du sondage de Vividata 2018, plus du quart (26,6 %) des résidents de l’île de Montréal n’ont pas de véhicule. C’est également le cas de 11 % de la population de la région de Québec. Voici quelques solutions d’ici et d’ailleurs qui facilitent le transport vers la nature en partant des centres urbains.

Différentes navettes, différentes offres de services

Une escale en Islande

En Islande, les navettes Destination Blue Lagoon ont été mises en place afin d’offrir la possibilité aux voyageurs de se rendre directement au Lagon bleu à partir de l’aéroport de Keflavik ou encore de la ville de Reykjavik. Cette option permet aux passagers en escale de visiter un attrait du pays qui aurait été autrement inaccessible. Une belle façon de faire découvrir sa destination grâce à une courte escapade et de semer l’envie d’y retourner.

Blue_Lagoon_Islande_Jeff_sheldon

Source : Jeff Sheldon, Unsplash

Nana au service des Montréalais 

En fonction depuis juin 2016, Nana une start-up montréalaise de la cohorte des entreprises « incubées » 2018-2019 du MT Lab, a été créée dans le but de faciliter l’accès à la nature pour les touristes. Un service de navettes s’adressant aux voyageurs et aux résidents est offert depuis Montréal jusqu’à l’entrée des parcs et réserves sélectionnés. 

Partenaire de Nana, le réseau d’autobus Parkbus, fondé en 2010, propose une offre complémentaire ailleurs au Canada. Desservant à ses débuts la ville de Toronto, cette entreprise fournit aujourd’hui ses services à Vancouver, à Halifax et à Ottawa. Elle travaille actuellement sur un projet favorisant l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.

nana_navette_nature

 Source : Nana, la navette nature

Préservation de l’environnement : un incontournable pour la pérennité des activités 

Les entreprises et les organisations spécialisées dans le secteur du plein air sont de plus en plus nombreuses à sensibiliser leur clientèle à son impact sur l’environnement et à mettre en place des programmes assurant une saine gestion des ressources naturelles.

Détour Nature, excursions et sensibilisation 

Détour Nature est une entreprise québécoise qui organise des excursions guidées d’une journée ainsi que de courts voyages au Québec, au Canada et dans quelques États américains. Depuis 2008, elle collabore avec Planetair afin de compenser les gaz à effet de serre qu’elle produit. Elle mise également sur la philosophie de Sans trace Canada et, à chaque sortie, sensibilise sa clientèle à l’importance de ne rien laisser sur son passage.

bus-nature-quebec

Source : Fanny Beaulieu Cormier

Un système de navettes multiarrêts 

 Fervente défenseuse de la préservation des richesses naturelles de la vallée de la Bow, Banff a été la toute première municipalité du Canada à introduire un réseau d’autobus entièrement hybrides et électriques. Le service de navettes Roam propose différents arrêts tout au long de la journée, afin de faciliter la découverte des destinations avoisinantes telles que le lac Minnewanka, la ville de Canmore, le mont Tunnel et le mont Sulphur. Ces autobus sont accessibles aux personnes à mobilité réduite et en fauteuil roulant. Il est aussi possible d’y transporter son vélo, ses skis, etc.

ROAM public transit-38

Source : Roam Public Transit

Des stations de ski favorisent le transport en commun

Selon le rapport de la National Ski Areas Association, chaque année en Amérique du Nord, des millions de personnes visitent les stations de ski. Soucieuses de continuer à offrir des expériences de qualité, les stations de ski n’ont pas d’autre choix que d’instaurer des solutions pour préserver leur principal attrait : la nature.

En janvier 2019, la station suisse SkiArena Andermatt-Sedrun, en partenariat avec Protect Our Winters, a organisé une fin de semaine sans auto dans le but de sensibiliser sa clientèle à son empreinte écologique. Les personnes qui s’y rendaient en transport en commun bénéficiaient d’un rabais de 50 % sur leur billet de train et leur accès journalier.

En Utah, le programme Reducing Individual Driving for the Environment (R.I.D.E.) est un système de covoiturage créé par la station de ski Snowbird dans le but de réduire les émissions de carbone et la congestion routière. Depuis le début de l’année 2019, l’application du même nom est offerte. Cette dernière permet de cumuler des points à chaque déplacement enregistré et de profiter ainsi de divers privilèges. Ayant comme objectif de conscientiser et de responsabiliser, l’application indique à ses utilisateurs leurs économies de CO2, en direct sur leur téléphone intelligent. En 2018, ce programme a évité l’émission de 381 000 kilogrammes de CO2.

Les citoyens s’organisent 

Les citoyens s’engagent eux aussi et mettent sur pied diverses initiatives telles que le covoiturage et l’optimisation de l’utilisation du transport en commun.

Covoiturage Plein air Montréal est un groupe Facebook dont les membres peuvent proposer des sorties ou encore se joindre à des personnes possédant un véhicule pour une escapade. Fonctionnant sur le même principe, la plateforme québécoise Ski Covoiturage s’adresse plus particulièrement aux adeptes de sports alpins.

Aux États-Unis, OffMetro a été conçu par et pour des citadins souhaitant s’évader de la ville sans voiture. Son site Web regroupe des idées d’activités facilement accessibles en modes de transports alternatifs comme le vélo, l’autobus, le bateau, etc.

****

L’accès à la nature est un incontournable pour plusieurs Québécois et touristes désirant profiter des paysages de la belle province. Proposez-vous un service de transport en commun qui facilite l’accès à votre attrait ? Avez-vous pensé à élaborer un système de points dans le but d’inciter votre clientèle à réduire son empreinte carbone ? N’hésitez pas à vous inspirer des différentes solutions d’ici et d’ailleurs afin d’améliorer votre offre.

Source image à la une : Roam Transit

Catégories
Tourisme durable

Fermé aux touristes… ouvert aux « volontouristes »

Les Îles Féroé, un archipel du Danemark situé dans l’océan Atlantique Nord, gagnent en popularité auprès des touristes depuis quelques années. Ce territoire de près de 50 000 habitants et de 80 000 moutons connaît une croissance annuelle de fréquentation de 10 % depuis cinq ans ; il accueillait environ 100 000 visiteurs l’année dernière.

Les paysages spectaculaires et la nature intacte constituent les principaux attraits de cette destination. Pour préserver ces richesses et passer un message clair aux futurs voyageurs, l’organisme de marketing de la destination Visit Faroe Islands lance la campagne Closed for maintenance, open for voluntourism. Ainsi, l’accès aux îles sera interdit aux touristes lors du week-end du 26 au 28 avril, à l’exception des 100 voyageurs qui se seront inscrits à l’avance pour les travaux d’entretien. Le projet consiste à rassembler touristes et résidents pour créer et entretenir des sentiers, améliorer l’accès à certains lieux, installer des panneaux signalétiques, etc. En échange, les visiteurs seront logés et nourris. La vidéo suivante présente la campagne.

Source : Youtube

Lancée le 20 février, l’invitation n’a pas tardé à être entendue. Une brigade de 100 volontaires provenant des quatre coins de la planète s’est formée en quelques heures. Étant donné l’enthousiasme généré par ce projet sur les réseaux sociaux, Visit Faroe Islands annonce que l’initiative sera renouvelée l’année prochaine.

Voilà une campagne qui marque bien le positionnement des Îles Féroé comme destination touristique responsable, faisant appel du même coup à des voyageurs sensibilisés et adhérant aux valeurs qui animent un tourisme plus durable.

 

Image à la une : Visit Feroe Islands

Catégories
Marketing Tourisme durable

Comment engager les touristes à adopter des pratiques durables

La demande pour le tourisme durable à la hausse

La protection de l’environnement gagne de plus en plus de tribunes, ce qui contribue certainement à conscientiser les gens. Ceux-ci sont prêts à changer leur façon de consommer au quotidien en favorisant l’achat de produits responsables. En voyage, plusieurs souhaitent conserver leurs bonnes habitudes, particulièrement les millénariaux qui sont davantage attirés par le tourisme alternatif et des destinations engagées. Tel que le mentionne plusieurs chercheurs (Budeanu, Chesworth, Su et Swanson) dans la revue scientifique Annals of Tourism Research[1], la demande pour le tourisme durable est à la hausse depuis les dernières années.

Les entreprises touristiques ont donc tout intérêt à fournir des outils à leurs clients afin qu’ils puissent prendre les mesures nécessaires pour avoir un réel impact positif sur l’environnement et les communautés locales.  

Un système de points comme incitatif au changement

Les Martin’s Hotels, situés en Europe, misent sur l’engagement volontaire à l’aide d’un système de points appelé les Eco-Bons. Cinq actions sont proposées afin de les cumuler :

  • Demander un nettoyage sommaire de sa chambre ;
  • Garder ses serviettes de bain ;
  • Adopter de « bonnes pratiques » telles que réduire sa consommation d’énergie ;
  • Choisir des plats et boissons « Ecoetbon » dans les restaurants et les bars;
  • Organiser son transport de manière responsable.

La réutilisation de sa serviette de douche donne 10 points, alors que le nettoyage sommaire de sa chambre équivaut à 20 points. Le cumulatif se fait à chaque visite et peut être converti en chèques-cadeaux.

Source : Martin’s Hotels

Le nudge marketing, de la sensibilisation à l’action

Le nudge marketing vise à influencer le consommateur et à le pousser à l’action par le biais d’incitations douces. Le nudge n’utilise pas un programme de récompenses, mais donne plutôt un choix.

Source : Stratege Marketing

En développement durable, on emploie l’appellation nudge vert dans le but d’inciter les gens à poser des actions responsables. Le nudge vert consiste à jouer sur le regard des autres à l’aide de leviers décisionnels psychosociologiques tels que les normes sociales. Par exemple, dans un hôtel, un message stipulant que 75 % des clients de cette chambre avaient réutilisé leur serviette a eu pour effet de diminuer l’utilisation de serviettes de près de 40 %. Cette méthode peut aussi s’appliquer à la gestion des flux touristiques. Le message « Ne perdez pas 30 minutes à faire la queue sur place, 70 % de nos visiteurs achètent leurs billets coupe-file en ligne. » pourrait s’avérer efficace.

L’information pour susciter l’action

Tel que le nudge l’a démontré, diffuser de l’information pertinente peut susciter des actions positives pour l’environnement. C’est la raison pour laquelle le Parc national de la Vanoise, en France, a créé 17 objets ludiques, par exemple un dessin d’ours sur lequel il est indiqué que la réduction de la température de la chambre d’un degré, la nuit, permet de diminuer de 7 % la consommation énergétique.

L’éducation par le transfert de connaissances est aussi au cœur de la stratégie adoptée par l’Islande, avec The Icelandic Pledge. Il s’agit d’un serment au ton humoristique qui se décline sous huit principes essentiels. Les voyageurs sont invités à le signer en ligne et, ainsi, à s’engager à respecter l’environnement lors de leur séjour sur l’île. Selon la ministre du Tourisme, Pordis Kolbrun R. Gylfadottir, « les personnes qui viennent en Islande veulent être des touristes responsables, c’est juste qu’ils ne savent pas toujours ce que cela implique ». Aux États-Unis, le Yellowstone Pledge émane du même concept. Il suggère aux visiteurs de se comporter de manière à protéger les richesses naturelles du parc national de Yellowstone.

En 2016, l’Islande a aussi lancé une vidéo en ligne intitulée Iceland Academy, dans laquelle elle fait des recommandations sous forme de cours afin de mieux sensibiliser les vacanciers.

Source : Inspired by Iceland

L’implication dans son milieu

Exposer ses clients au tourisme durable n’est pas suffisant, selon Lucy Flemming, copropriétaire du Chaa Creek Resort, au Belize. Les impliquer dans le processus est fondamental.

Diverses entreprises et organisations proposent aux gens de faire des dons qui sont redistribués dans des projets locaux. Le Taj InnerCircle, en Inde, crée un système de points qui, une fois accumulés, sont convertibles en dons d’argent permettant de soutenir une ONG de son choix. Parmi les ONG, on trouve le Women’s India Trust, qui participe à l’autonomisation de femmes qualifiées et défavorisées en les faisant travailler au sein de cette chaîne hôtelière ou en leur offrant des formations.  

À L’Isle-sur-la-Sorgue, en France, il existe un réseau de partenariats d’entreprises positives qui font une économie basée sur l’altruisme. Joël Gayet, fondateur de la Chaire Attractivité et Nouveau Marketing Territorial de l’Institut de Management Public et Gouvernance Territoriale (Aix-Marseille Université), explique bien ce nouveau concept. L’idée est simple. Un montant minime, tel que trois euros sur une facture de 540 euros, est prélevé afin de financer des initiatives locales. Encore une fois, la personne décide dans quel projet sera investi son argent et peut, si elle le désire, recevoir des nouvelles de son avancement. Il en résulte un engagement fort entre la marque et le client. L’altruisme crée ainsi de la valeur et devient un avantage concurrentiel.

Jeremy Smith, un consultant en tourisme durable au Royaume-Uni, mentionne aussi la pertinence d’établir des partenariats locaux avec des boutiques, restaurants et commerces optant pour des démarches durables, en plus de favoriser des modes de transport ayant un faible taux d’émissions de carbone. 

À retenir :  

Si vous désirez que les touristes s’engagent à adopter des pratiques durables, il est important de faire passer un message positif et non contraignant. Cela les incitera à s’impliquer davantage dans la préservation de l’environnement et dans la communauté locale, de manière à développer de l’engagement non seulement envers la région, mais aussi envers votre entreprise.

 

Source image à la une : Unsplash

[1] Aller voir dans les sources ci-bas pour les références complètes.

Catégories
Gestion Tendances

Connaître les mégatendances pour innover

Euromonitor International, un des leaders mondiaux des études de marché stratégiques, s’est penché sur les mégatendances qui façonneront le monde et l’industrie touristique au cours des prochaines années. Mais, qu’entend-on par mégatendance ?

Il s’agit d’une modification fondamentale de comportement ou d’attitude, observable à l’échelle mondiale et touchant la plupart des secteurs d’activité. Elle ne constitue pas une mode à court terme, mais s’inscrit plutôt dans la longévité. En effet, pour être considéré comme une mégatendance, le changement doit durer de dix à quinze ans.

Une mégatendance constitue un changement de comportement ou d’attitude, observable à l’échelle mondiale et touchant plusieurs industries.

Une mégatendance constitue un changement de comportement ou d’attitude, observable à l’échelle mondiale et touchant plusieurs industries.

Pourquoi s’intéresser aux mégatendances ?

Pour prospérer sur un marché en évolution rapide, faire face aux perturbations et rester à l’affût des modifications de comportement des consommateurs, une entreprise doit intégrer l’analyse des mégatendances dans sa stratégie. Cela lui permettra d’observer ce qui se passe en dehors de son secteur d’activité et de ses marchés, de mieux comprendre les bouleversements qui auront un impact sur son avenir et, ainsi, de se donner une vision globale.L’analyse des mégatendances représente une partie importante de la première phase du processus d’innovation, de découverte et de génération d’idées. Mais elle ne se limite pas au développement de produits. Elle constitue un élément clé pour innover dans tous les domaines. Elle peut servir, par exemple :

  • à redéfinir la mission à long terme de l’entreprise ;
  • à mettre sur pied son plan d’affaires ;
  • à orienter les processus de recherche et de développement ;
  • à cibler de nouveaux segments de clientèle ;
  • à guider ses actions de marketing ;
  • à revoir ses besoins en ressources humaines ou matérielles ;
  • etc.

Comment procéder ?

Afin d’identifier les mégatendances, déterminez ce qui entraîne des modifications de comportement et d’attitude à long terme. Tentez de comprendre les forces sous-jacentes qui conduisent au changement et la façon dont elles façonneront le monde au cours des quinze prochaines années environ. Euromonitor en nomme cinq :

megatendances_tourisme

Source : Euromonitor International

  • Les forces économiques. Les pays émergents et en développement représenteront les deux tiers de la production mondiale d’ici 2030. Trois marchés émergents figureront au nombre des cinq plus grandes économies du monde;
  • La démographie. L’urbanisation, les migrations, l’augmentation de l’espérance de vie, la baisse du taux de natalité et la croissance de la population âgée ont un impact sur les modes de vie des consommateurs et leurs décisions d’achat;
  • La technologie. Du développement d’Internet mobile à l’impression 3D et à l’intelligence artificielle, les constantes innovations technologiques sont à l’origine de grandes tendances de consommation;
  • L’environnement. La pression sur les ressources naturelles s’est accrue parallèlement au PIB mondial, en partie à cause de la croissance démographique et de la demande provenant des marchés émergents. Cela a entraîné une hausse des besoins en électricité et des émissions de CO2;
  • Les valeurs. Les croyances évoluent constamment et redéfinissent les priorités, les perceptions, les attitudes et les motivations.

À partir de ces facteurs de changement, Euromonitor a recensé 20 mégatendances (voir l’image).

20_megatendances_tourisme_euromonitor

Source : Euromonitor International

Déterminez les mégatendances qui comptent le plus pour vous

Reconnaître l’importance d’une tendance par rapport à une autre est essentiel pour intégrer l’analyse des mégatendances à sa stratégie commerciale. Car l’importance attribuée à chacune d’entre elles variera en fonction de son secteur d’activité. Certaines, comme la personnalisation, s’avèrent pertinentes pour plusieurs industries, alors que d’autres peuvent sembler moins préoccupantes au premier abord. Appliquant ce raisonnement, Euromonitor a sélectionné huit mégatendances qui, selon l’organisme, auront un impact majeur sur l’ensemble des industries, y compris celle du tourisme ; les voici :

8_megatendances_tourisme

Source : Euromonitor International

  1. Plus d’expérience. L’accent est mis sur les expériences plutôt que sur les possessions. Cette tendance se concentre sur la manière dont les entreprises conçoivent des expériences multisensorielles et interactives pour engager les consommateurs sur un plan plus émotionnel. Les expériences positives créent des souvenirs impérissables et des relations plus profondes avec les clients;
  2. Montée en gamme. Les acheteurs recherchent des niveaux de service et de personnalisation plus élevés. L’authenticité, le luxe abordable et une relation émotionnelle durable constituent dorénavant des éléments essentiels à toute stratégie de montée en gamme;
  3. Évolution des frontières. À mesure que certaines régions du monde deviennent surexploitées ou atteignent leur plein potentiel, d’autres prennent de l’importance comme l’Asie, l’Afrique et même l’Arctique. De plus, la technologie ouvre un nouveau marché virtuel de jeunes acheteurs à travers le monde;
  4. Consommateurs connectés. Ceux-ci utilisent des ordinateurs, des téléphones intelligents, des tablettes, des outils de navigation, des lecteurs multimédias ou de livres numériques, des appareils d’imagerie et de jeu et d’autres dispositifs audio et visuels qui se connectent à Internet, afin de faire l’expérience du contenu numérique et d’interagir avec celui-ci;
  5. Mode de vie éthique. Les consommateurs et les entreprises accordent un intérêt croissant à l’éthique et aux valeurs morales. Cela se traduit par une plus grande attention portée aux autres (êtres humains, bien-être des animaux et environnement) dans ses choix de consommation. Les entreprises qui privilégient des pratiques commerciales éthiques apparaîtront plus authentiques;
  6. Mode de vie sain. Les consommateurs démontrent une approche plus holistique du bien-être, englobant ses aspects spirituel, mental et physique. Cette insistance sur la santé et le bien-être implique un changement de style de vie et une évolution des attitudes envers les soins de santé, la nutrition, la beauté, l’activité physique et l’amélioration de soi en général;
  7. Recul de la classe moyenne. Tandis que les classes moyennes sont en plein essor en Asie, celles des marchés développés peinent à maintenir leur position économique. Malgré cela, ces consommateurs constituent toujours une cible majeure pour les entreprises. Leurs décisions d’achat sont motivées par la recherche de la valeur, et pas seulement d’un prix « avantageux ». D’autres facteurs intangibles tels que la qualité, l’expérience, la commodité et l’authenticité s’avèrent importants;
  8. Magasinage réinventé. La manière dont nous achetons des biens et des services est en constante évolution, à mesure que les réalités économiques et technologiques se transforment. Les consommateurs d’aujourd’hui font leurs achats sur de multiples plateformes et les commerçants doivent être prêts à s’y engager à tout moment et en tout lieu. Le parcours client idéal intègre l’entreprise à toutes les étapes de l’expérience, en apportant une valeur ajoutée avant, pendant et après l’achat.

Ces huit mégatendances sont le point de départ de votre analyse. Lesquelles auront le plus d’impact sur votre entreprise et comment agiront-elles sur votre offre et votre organisation ?

 

Source image à la Une : Samuel Silitonga, Pexels

Catégories
Hébergement Tourisme durable

Fairbnb : une alternative éthique à l’hébergement collaboratif

Une version test de Fairbnb sera lancée au printemps 2019 dans cinq villes européennes : Amsterdam, Barcelone, Bologne, Valence et Venise. L’ouverture au public est prévue d’ici la fin de l’année.

Cette plateforme sera gérée par et pour les citoyens dans le but d’éviter de recréer les effets néfastes causés par l’hébergement collaboratif tels que l’embourgeoisement, l’augmentation du prix de l’immobilier, la fragmentation des communautés et la fermeture d’entreprises locales. Des activistes, des urbanistes, des chercheurs et des codeurs de diverses grandes villes se sont unis avec l’ambition de réintégrer le sens du partage au sein de l’économie de partage. À cet effet, 50 % des bénéfices seront réinvestis dans des projets locaux votés par les citoyens. Il peut s’agir de coopératives alimentaires, de terrains de jeux ou encore de cafés communautaires.

Fairbnb demandera à ses hôtes d’obtenir une licence valide démontrant qu’il s’agit bien de résidences principales. Cela pourrait contrer la problématique actuelle, où plusieurs propriétés sont achetées, puis louées à temps plein. Par souci de transparence, cette coopérative travaillera également avec les gouvernements locaux et se conformera à la législation en vigueur.  

Un modèle intéressant pour favoriser l’équilibre entre le développement d’un produit et la communauté locale.

 

Source de l’image à la une : Marie-Alice G., photographe