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Produits et activités

Le vélo électrique a le vent dans le dos

Depuis le début de la pandémie, le vélo, comme bien des activités en plein air, a gagné le cœur des citoyens un peu partout dans le monde. Il avait déjà la cote bien avant cette période, mais connaît désormais une popularité sans égal qui n’est pas près de s’estomper. D’après une enquête menée en 2021 par l’Outdoor Industry Association, plus de 60 % des Américains sondés qui ont commencé à faire de la randonnée, du vélo ou de la course pendant la pandémie disent avoir l’intention de poursuivre leur pratique dans le futur.

Une popularité croissante au Québec

D’après l’État du Vélo au Québec en 2020, un ouvrage de référence produit tous les cinq ans par Vélo Québec, plus de la moitié des Québécois (54 %) pratique le vélo. Par rapport aux données de 2015, il s’agit d’une augmentation de 250 000 cyclistes.

Non seulement ils sont de plus en plus nombreux, mais ils dépensent davantage (achat de vélos, équipement, accessoires, entretien). En 2020, le marché était évalué à 565 millions de dollars, soit 65 millions de plus qu’en 2015. Les Québécois ont acheté près de 950 000 vélos (les ventes se maintiennent généralement à 600 000 par année depuis 2000), un record qui confirme l’engouement observé sur les pistes. Pour plusieurs, cette activité représente une occasion de partir pour une ou plusieurs journées.

Velo

Les vélos à assistance électrique gagnent aussi en popularité

En 2020, près d’un vélo pour adulte vendu sur quatre (26 %) était à assistance électrique. D’après les données de Vélo Québec, cette part significative du marché porte à 365 000 le nombre de vélos à assistance électrique en circulation, soit 8 % du parc vélo des adultes.

En 2020, près d’un vélo pour adulte vendu sur quatre (26 %) était à assistance électrique.

L’engouement pour ce type de transport est également observé ailleurs dans le monde.

  • Aux États-Unis, il s’est vendu 790 000 vélos électriques en 2021, soit une augmentation de 70 % par rapport à 2020, d’après la Light Electric Vehicle Association.
  • En Allemagne, la vente de vélos à assistance électrique a bondi de 43 % en 2020, d’après l’association Zweirad-Industrie-Verband.
  • En France, il s’est vendu 2,7 millions de vélos en 2020, dont 19 % à assistance électrique selon les chiffres de l’Union Sport & Cycle. Cela représente une hausse de 29 % par rapport à 2019.

Les cyclistes les utilisent pour se déplacer en ville, mais également à des fins récréatives et touristiques. Plusieurs itinéraires et circuits s’adaptent donc aux besoins de cette clientèle. C’est le cas de la Véloroute des Bleuets, dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, le premier circuit électrifié en Amérique du Nord, qui intègre cinq bornes de recharge (les Vélovoûtes) à son itinéraire.

https://youtu.be/vQXGuHK4s-s

Source : veloroutedesbleuets.com

En Colombie-Britannique, le projet « Electrify the Mountains » devrait voir le jour à l’automne 2022 à Kimberley. Il s’agit d’un nouveau circuit de 36 kilomètres conçu spécifiquement pour les vélos à assistance électrique et ceux adaptés aux personnes ayant un handicap. Les sentiers seront plus larges, donc plus accessibles et inclusifs envers tous les cyclistes. Des bornes de recharge solaires seront également disposées sur la piste (ou à proximité). Les instigateurs d’Electrify the Mountains souhaitent voir davantage de projets similaires dans la région de Kootenay. Ils espèrent aussi répondre aux besoins des résidents tout en attirant des touristes.

Le développement de circuits adaptés aux vélos à assistance électrique est relativement nouveau en Amérique du Nord, mais pas en Europe. Cela fait plus d’une décennie que la réflexion et l’intégration du concept se déploient. En 2005, le Réseau de veille en tourisme avait étudié sur place le cas de la Route du cœur dans la région d’Emmental en Suisse. Déjà à ce moment, la route s’étendait sur 55 kilomètres et offrait des bornes de recharge grâce à la participation de partenaires issus de l’industrie touristique. Aujourd’hui, la Route du cœur s’étend sur 705 kilomètres et traverse le pays de Lausanne à Rorschach en treize étapes. Le parcours a intégré le réseau national de la Suisse à vélo et constitue désormais l’un des douze itinéraires adaptés pour les vélos électriques.

Source : terrenature.ch

Les réseaux cyclables continuent à se développer

En Europe, le Schéma EuroVelo compte dix-sept itinéraires qui traversent 42 pays pour un total de 91 500 kilomètres. De ce nombre, 45 000 kilomètres sont déjà complétés. En France, le Schéma national des véloroutes offre 58 itinéraires (dont 10 EuroVelo), ce qui représente 25 670 km de voie cyclable. Il reste 6230 kilomètres d’itinéraires à réaliser pour compléter le projet. La France porte l’ambition de devenir la première destination mondiale du tourisme à vélo d’ici 2030.

Aux États-Unis, le Great American Rail-Trail a officiellement été annoncé en mai 2019. Il s’agit du plus ambitieux projet d’itinéraire cyclable jamais réalisé au pays. Lorsqu’il sera finalisé, le sentier s’étendra sur une distance de plus de 5955 kilomètres à travers 12 États. La route connecte aujourd’hui plus de 145 pistes existantes. Le projet devrait être complété d’ici 2040 et est actuellement achevé à 53 %.

Source: Great American Rail-Trail

Au Québec, la Route verte comptait 5100 kilomètres en 2020. L’expansion prévue dans le Plan d’action 2018-2023 de la Politique de Mobilité durable 2030 du ministère des Transports du gouvernement du Québec est de 900 km, ce qui porterait la distance du réseau à 6200 kilomètres.

Considérant tous les projets de développement cyclable en cours, les (nouveaux) comportements et habitudes qui ont émané de la pandémie ainsi que les enjeux entourant la mobilité durable, il est à parier que le futur du tourisme à vélo aura de beaux jours !

 

Source de l’image à la une : pexels.com

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Tourisme durable

Tourisme durable : comportements et attentes des touristes internationaux

Dans le cadre de son rapport sur les enjeux du tourisme durable, l’Observatoire Valaisan du Tourisme (Tourobs) a mené une grande enquête sur les comportements et les attentes des voyageurs en matière de tourisme durable.  L’enquête a été administrée en ligne auprès d’un panel de 594 répondants provenant de Suisse, d’Allemagne, de France, d’Italie, d’Autriche, de Belgique, des Pays-Bas, de Pologne et des États-Unis. Le choix de l’échantillon étudié a en partie été déterminé sur la base des marchés représentatifs des nuitées hôtelières en Suisse sur la période de janvier 2021 à septembre 2021. La période d’administration du questionnaire s’est étalée du 18 octobre 2021 au 1er novembre 2021.  

La durabilité : un critère considéré dans le choix du voyage

Pour près d’un tiers des répondants (37 %), la durabilité est un aspect considéré parmi d’autres lors de la conception du voyage. Pour 23 %, elle est un critère décisif permettant de départager des offres équivalentes. Une personne sondée sur cinq (20 %) estime que la durabilité est un critère central dans leur choix de voyage. La même proportion déclare, à l’inverse, que la durabilité n’a aucune importance dans sa décision de voyage.

Le site Internet des destinations comme référence d’informations

Pour planifier et/ou réserver un séjour de tourisme durable, le site Web officiel de la ou des destinations (48 %) constitue la source d’informations privilégiée, suivie du site Internet de l’hébergeur (38 %). De manière plus relative, le bouche-à-oreille (34 %) et les sites Web d’agences de voyages en ligne (32 %) représentent également des sources d’informations utiles pour les répondants. En revanche, la consultation de sites Internet spécialisés dans le tourisme durable ne relève pas vraiment d’une démarche spontanée. Seuls 17 % des répondants disent utiliser cette source.   

L’engagement des prestataires touristiques est attendu

Les répondants sont presque unanimes (80 %) sur le fait que l’engagement en développement durable du prestataire touristique constitue une vraie valeur. Nombreux (64 %) seraient disposés à payer davantage pour soutenir les prestataires touristiques qui agissent en ce sens.  

Lorsqu’ils recherchent un hébergement qui s’inscrit dans une démarche de durabilité, les répondants s’attendent d’abord à ce que l’hébergeur mette de l’avant les produits locaux (62 %), ou qu’il prenne des engagements en faveur d’une diminution de ses déchets (57 %). La réduction de la consommation énergétique est également un engagement fort pour la moitié des répondants (51 %). Ces derniers sont en revanche moins sensibles à d’éventuelles initiatives de compensations carbones prises par les hébergements (20 %).  

Une conception du tourisme durable associée à la nature, à la communauté d’accueil et aux aspects énergétiques

Ce qu’associent en premier lieu les répondants au tourisme durable, c’est bien ce qui a trait aux aspects de protection de la nature (64 %). Viennent ensuite le soutien apporté à la région de villégiature (43 %) et les aspects énergétiques (39 %).  

Étonnamment, les éléments qui relèvent des transports sont les moins associés au tourisme durable. Ces aspects ne sont cités que par 20 % des répondants.  

La majorité (77 %) souhaite d’abord pouvoir expérimenter les traditions et l’artisanat locaux durant leur voyage. Les répondants accordent également une grande importance au fait de pouvoir acheter des produits locaux directement chez le producteur (74 %). Profiter du cadre naturel du lieu de vacances est aussi essentiel. En effet, deux tiers (66 %) veulent vivre des expériences avec le monde animal et végétal, sans nuire à la nature.  

Impacts négatifs du tourisme : le patrimoine naturel et culturel à préserver

La dégradation des sites naturels ou culturels est l’une des conséquences du tourisme qui préoccupe le plus les répondants (73 %), devant la surfréquentation des attractions touristiques (72 %) et la pollution atmosphérique (63 %). Bien qu’ils soient concernés directement, l’hostilité des résidents envers les visiteurs est l’une des conséquences dont se soucient le moins les répondants (49 %).  

Une forte proportion de répondants pense que les limitations permettent de protéger des éléments naturels menacés (91 %). Ils sont également majoritairement d’accord avec le fait que les limitations renforcent la qualité de la visite touristique elle-même (88%) et préservent la qualité de vie des autochtones (86%).  

Les avis sont plus nuancés quant aux conséquences des limitations sur l’organisation et l’activité économique. Pour 50 % des répondants, les limitations ne complexifient pas pour autant la gestion des flux touristiques. De même, pour 57 %, elles n’engendrent pas non plus un désintérêt pour le site. Enfin, plus de la moitié (53 %) sont d’accord avec le fait qu’elles limitations nuisent au développement de l’économie touristique.  

La voiture, le train et l’avion comme moyens de transport privilégiés

Le véhicule individuel motorisé est le moyen de transport le plus adopté. Lors de leur dernier séjour, deux tiers (66%) des répondants ont rejoint leur destination en voiture. Ceux qui ont utilisé un autre moyen de transport citent le train (52 %) et l’avion (31 %). Enfin, 56 % déclarent avoir utilisé les transports publics sur leur lieu de vacances.   

La dimension financière reste l’élément décisif pour départager plusieurs modes de déplacement. À même la destination, la majorité déclare privilégier d’abord le mode de déplacement le plus économique (63 %), devant celui le plus rapide (59 %) et celui le plus écologique, cité à hauteur de 40 % par les répondants.  

La réservation d’offres durables encore à la peine

Seul un tiers (34%) des répondants déclare avoir déjà réservé une offre durable. De ceux-ci, plus de la moitié (52 %) en ont déjà fait l’expérience en Suisse, s’agissant surtout de Suisses (44 %).    

La plupart des répondants n’ont jamais rencontré d’obstacles majeurs pour réserver une offre durable (43 %). Ce chiffre s’explique surtout parce qu’une majorité n’a jamais réservé une offre durable. Parmi ceux qui ont été confrontés à des difficultés, 21 % stipulent qu’ils auraient aimé pouvoir réserver une offre durable, mais qu’ils n’ont pas pu le faire, car l’investissement nécessaire pour trouver ce qu’ils cherchaient les a découragés. Un répondant sur cinq (20 %) aurait également réservé une offre durable, mais aucune proposition ne correspondait à leurs attentes. Enfin, 16 % ne sont pas allés jusqu’au bout du processus, car il leur manquait des informations pour évaluer la durabilité des offres de voyages.   

Le frein financier reste le plus important pour près de la moitié des répondants. En effet, 47 % souhaiteraient rendre leurs voyages plus durables si aucun coût supplémentaire n’y était associé. L’incompréhension de l’offre est également perçue comme un obstacle. Le fait d’avoir plus d’informations à ce sujet ou un label de qualité clair les aideraient à rendre leurs voyages plus durables, respectivement à hauteur de 37 % et 32 %.   

Pour obtenir plus de détails à propos de l’enquête de l’Observatoire Valaisan du Tourisme (Tourobs) sur les comportements et les attentes des voyageurs en matière de tourisme durable, nous vous invitons à télécharger le rapport 

Image à la une : Kasuma de Pexels

Cet article a été intégralement rédigé par nos confrères suisses de l’Observatoire Valaisan du Tourisme.

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Tourisme durable

Décarboniser l’industrie touristique : comment s’y prendre ?

L’été dernier, alors que la côte ouest américaine était paralysée par des feux de forêt, l’Europe et l’Inde subissaient de nombreuses inondations et glissements de terrain. Dans le rapport du GIEC, paru le 9 août dernier, les scientifiques affirment que les humains sont « indiscutablement responsables des dérèglements climatiques, et n’ont d’autre choix que de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre s’ils veulent en limiter les dégâts ». Ils ajoutent que la planète devrait atteindre vers 2030 le seuil de +1,5 degré Celsius par rapport à l’ère préindustrielle, dix ans plus tôt que ce qui était prédit en 2018.   

Qu’en est-il de l’impact de l’industrie touristique ?

Selon une étude réalisée auprès de 160 pays et publiée en 2018 dans la revue scientifique Nature Climate Change, le tourisme représente 8 % du total des émissions de carbone produites dans le monde. En plus des déplacements, ce pourcentage comprend l’impact des choix d’hébergement et des activités effectuées à destination. L’achat de biens, la nourriture et le transport en sont les principaux contributeurs. Même si la pandémie a entrainé une baisse de 7 % des gaz à effet de serre générés en 2020, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) prévoit une hausse de 25 % des émissions de carbone liées au transport en tourisme d’ici 2030, par rapport à 2016.

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Source : Sustainable Travel International

Des itinéraires de proximité et des circuits courts de la ferme à la table sont quelques-unes des solutions pouvant être implantées pour réduire les émissions de carbone.

Des voyageurs prêts à faire leur part

Une enquête en ligne menée par la Chaire de tourisme Transat à l’automne 2020 auprès de 1174 voyageurs québécois âgés de 18 à 74 ans nous informait que la moitié des répondants soulignaient être prêts à modifier leurs habitudes de voyage si cela pouvait contribuer à réduire leur empreinte. Le tiers disaient également porter plus d’attention aux pratiques durables des prestataires touristiques.

Selon une étude en ligne de Booking.com réalisée en avril dernier auprès de 29 000 touristes originaires de 30 pays, 61 % affirmaient que la pandémie les avait encouragés à vouloir voyager de façon plus durable. Près de la moitié (49 %) avaient même admis avoir modifié leur comportement et adopté des changements positifs dans leur vie quotidienne, tels que recycler ou réduire leurs déchets alimentaires.

« Les engagements durables pris par les voyageurs au quotidien sont cohérents avec leurs intentions pour de futurs voyages : (…) quelque 83 % souhaitent réduire leur consommation d’énergie et 79 % désirent utiliser des modes de transport plus respectueux de l’environnement, parmi lesquels la marche, le vélo ou les transports publics plutôt que les taxis ou les voitures de location. » – traduction libre de l’anglais, Booking.com

Afin de répondre à l’urgence d’agir, de même qu’aux nouvelles attentes des consommateurs, les acteurs de l’industrie doivent débuter une transition écologique dès maintenant.

Réduire son empreinte carbone

Avant d’être en mesure de la réduire, il faut la calculer. Carbone Boréal, un programme de recherche de l’UQAC, permet aux particuliers et aux organisations de connaître l’empreinte carbone de leurs clients et de la compenser.

L’évaluation ACT® (Assessing low Carbon Transition), développée par l’Agence de la transition écologique (Ademe) en France, offre aux entreprises d’évaluer leurs actions climatiques et d’identifier les stratégies à déployer dans une économie sobre en carbone. Une telle évaluation est désormais proposée au Québec grâce à l’équipe de PME sobre en carbone, co-initiée par Québec Net Positif et le cabinet-conseil CCG. Pour les entreprises de moins de 100 employés, 2500 $ sont requis pour le diagnostic.

Pour les organisateurs d’événements ou les hôteliers, seule la certification de la Clé verte est accréditée et reconnue par le Global Sustainable Tourism Council (GSTC). Des outils pratiques et des conseils personnels sont disponibles pour gérer et améliorer l’impact environnemental de son organisation ou de son congrès.

Voici quelques exemples pour réduire son empreinte carbone.

En milieu urbain

Optimiser le transport public et développer plus de voies piétonnes et cyclables sont le nerf de la guerre pour diminuer ses émissions de CO2. Copenhague, au Danemark, véritable leader en la matière, a remporté le titre de meilleure ville cyclable par les experts américains de Treehugger. Ce moyen de déplacement fait partie de l’ADN de la capitale danoise où le tiers de ses 700 000 citadins se côtoient chaque jour sur un réseau de 350 km en pistes cyclables. Le métro et le train viennent compléter cette offre de transport écologique.

En 2014, la ville de Barcelone faisait face à de sérieux problèmes de pollution de l’air et n’arrivait pas à satisfaire aux objectifs fixés par l’Union européenne. En 2017, le projet d’urbanisme des superblocks a été initié afin d’améliorer la qualité de l’air. Il s’agit de « miniquartiers » de 9 îlots urbains où l’accès aux véhicules est limité et où l’espace est dédié aux piétons et aux vélos.

Source : Vox, Youtube

À Paris, après avoir interdit les véhicules motorisés polluants et transformé les abords de la Seine en parc linéaire, un nouveau concept a vu le jour en 2020 : « La ville du quart d’heure ». L’idée est de répondre à tous les besoins essentiels des résidents dans un rayon de 15 minutes à pied et, ainsi, diminuer leurs déplacements et leurs émissions de CO2. Une autoroute pour vélos a même été développée pendant la pandémie afin de faciliter la circulation dans le Grand Paris. Ce projet sera pérennisé grâce à un investissement équivalent à 44 millions de dollars canadiens.

À l’échelle d’une entreprise, les hôteliers pourraient donner un abonnement Bixi journalier à leurs clients ou inclure un titre de transport en commun valide pour 24 heures. Ainsi, un mode de vie actif et misant sur la proximité peut venir enrichir l’expérience du visiteur et réduire son impact environnemental.

En transport

La compagnie aérienne KLM, pionnière en développement durable dans son industrie, a lancé en 2019 une campagne pour amener les gens à voyager de façon responsable. Elle est la première entreprise de ce secteur à suggérer à ses clients de privilégier d’autres moyens de transport comme le train pour de courtes distances, ou même de les encourager à ne pas se déplacer si les réunions d’affaires peuvent se faire en vidéo.

Source : KLM, Youtube

À destination

Une fois à destination, des agences de voyages peuvent favoriser le tourisme lent et des itinéraires de proximité. C’est le cas de l’entreprise québécoise Karavaniers qui propose à ses clients de passer plus de temps dans une même région pour s’imprégner des cultures locales.

Les organisations de gestion de la destination (OGD) ont aussi un rôle à jouer pour promouvoir les expériences de leur territoire aux citoyens. En France, l’Office de Tourisme Aunis Marais Poitevin a développé un site Web s’adaptant à deux publics : les visiteurs et les résidents. Sur la page d’accueil, un bouton permet de sélectionner « on arrive » ou « je suis d’ici ». Cette dernière option met de l’avant le tourisme local en faisant la promotion des restaurants, des producteurs locaux et des activités se trouvant à proximité pour réduire les déplacements.

Dans la restauration et l’hôtellerie

Un des principaux moyens utilisés pour réduire l’empreinte carbone dans ces deux secteurs clés est l’approvisionnement responsable. La jeune pousse Arrivage l’a bien démontré grâce à sa plateforme permettant de couper les intermédiaires dans la chaîne logistique et de favoriser les échanges directs entre les producteurs et les restaurateurs. Des produits frais font le bonheur des clients, en plus de valoriser l’achat local. Pour plus d’exemples, consultez cette analyse.

Être carboneutre vs carbonégatif

Réduire son empreinte carbone, c’est bien. Être carboneutre, c’est très bien, et être carbonégatif, c’est encore mieux !

« Être carboneutre est l’état d’une organisation ou d’un particulier ayant réussi à réduire ses émissions de gaz carbonique (CO2) à zéro ou à compenser celles qui n’ont pu être réduites. » – Carboneutre Québec

L’entreprise Natural Habitat Adventures, située au Colorado, devient en 2007 le premier voyagiste carboneutre au monde. La totalité du CO2 produit au cours des opérations internes et lors des voyages des employés est réduite ou compensée. Depuis 2019, tous les vols et les activités des clients à destination sont aussi carboneutres.

L’agence de voyages australienne Intrepid Travel va encore plus loin dans sa démarche. En 2019, elle annonçait son intention de devenir carbonégatif, c’est-à-dire d’absorber davantage de CO2 que le taux émis. Pour ce faire, Intrepid Foundation, The Climate Foundation et l’Université de Tasmanie travaillent à recueillir l’équivalent de 325 000 $ canadiens pour développer la première plateforme flottante d’algues au large de la Tasmanie. Cette dernière pourra ainsi protéger la faune marine pendant que les coraux et les algues absorberont une quantité importante de dioxyde de carbone. Leur implication dans le déploiement d’énergie éolienne en Inde ou la reforestation de l’île de Bornéo, située en Asie du Sud-Est, sont quelques-unes des autres initiatives mises de l’avant. L’entreprise a également reçu le titre de la plus grande agence certifiée BCorp au monde. Un minimum de 80 critères doit être atteint dans les trois sphères du développement durable pour obtenir cette certification.

La compensation carbone, la solution facile ?

La compensation carbone doit être utilisée en dernier recours. Les gestionnaires ont la responsabilité sociale et environnementale de travailler à diminuer les gaz à effet de serre produits à même leur entreprise et résultants de ses activités touristiques. Par la suite, ils peuvent penser à compenser les émissions ne pouvant être enrayées.

Et vous, quels moyens avez-vous mis en place pour réduire votre empreinte carbone ?

 

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Transport

Vers des roadtrips qui carburent à l’électricité

Moyen de transport de l’avenir

Les véhicules électriques (VÉ) gagnent en autonomie, ce qui permet à leurs utilisateurs de réaliser de véritables roadtrips. Il s’agit d’ailleurs d’une tendance touristique selon le magazine Lonely Planet. Elle gagnera du terrain avec la progression des itinéraires comportant des bornes de recharge à distance raisonnable et en quantité suffisante.

À cet effet, des destinations encouragent les entreprises de l’industrie touristique à se doter de tels équipements pour ainsi favoriser leur fréquentation par cette clientèle tout en encourageant le virage vers des transports plus durables.     

Le Colorado

L’organisation de gestion de la destination du Colorado partage un coffre à outils en ligne pour guider les entreprises situées le long des routes touristiques à s’équiper de bornes de recharge. Le Colorado Tourism Office, en partenariat avec des agences gouvernementales rattachées au transport et à l’énergie, présente ainsi les avantages, pour l’industrie comme pour les voyageurs, de favoriser les déplacements touristiques en VÉ. En voici quelques-uns :

  • La désignation « Electrified Byway » garantira au conducteur de véhicule électrique une présence et une répartition de stations de recharge suffisantes pour se sentir en sécurité ;
  • Contrairement à l’approvisionnement en essence, les bornes de recharge électrique ne sont pas limitées à un seul type d’emplacement. Elles peuvent être installées à l’endroit où l’on souhaite voir des voyageurs s’arrêter ;
  • Les Electrified Byways attireront une clientèle sensibilisée à l’environnement et au respect de la nature ; un segment convoité.

L’Oregon

L’État de l’Oregon propose déjà des routes touristiques bien équipées pour accueillir les voyageurs en VÉ. Il détient l’un des réseaux de bornes de recharge rapide les plus développés des États-Unis. Elles sont réparties à travers le territoire dans divers types d’entreprises bien engagées vers un tourisme plus durable. Plusieurs itinéraires sont offerts. Dans la Willamette Valley, des viticulteurs se sont regroupés en réseau pour offrir une route qui s’intitule Plug & Pinot. Chaque vignoble offre des bornes de recharge permettant aux occupants de la voiture de visiter les lieux et de procéder à une dégustation le temps que le véhicule reprenne des forces.

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Source : Travel Oregon

Des routes électriques

En Israël, l’entreprise Electreon planche sur un projet qui permet aux véhicules de se recharger pendant qu’il roule, à même la route. Des fils de cuivre connectés situés sous l’asphalte transmettent l’énergie aux VÉ qui y circulent. Un projet-pilote est en cours dans la région de Tel-Aviv. La Suède compte déjà une telle infrastructure. Elle a été développée par une branche suédoise de l’entreprise israélienne. La Smartroad Gotland, le premier système de route électrique sans fil au monde, permet pour l’instant de recharger des camions et des autobus en mouvement. Les tests, réalisés avec succès, ont été produits en hiver alors que la température se situait autour de zéro degré Celsius.

Source : YouTube

La croissance au Québec

En juin 2020, l’Association des Véhicules Électriques du Québec (AVEQ) dénombrait plus de 76 500 certificats d’immatriculation de voitures électriques dans la province. Sur une année, il s’agit d’une progression de 44 %. Mais la COVID-19 aura affecté ce secteur d’activités, puisque cette croissance annuelle était plutôt de 70 à 80 % au cours des deux dernières années.

L’installation de bornes à travers la province va bon train. Le Circuit Électrique, le réseau public alimenté par Hydro Québec, est le plus répandu. Il compte plus de 2 500 bornes de recharge, dont 305 bornes rapides. Plus d’une centaine d’autres seront déployées de part et d’autre de la province au cours des deux prochaines années. Cet ajout s’inscrit dans l’objectif d’Hydro-Québec, annoncé en janvier 2019, concernant l’implantation de 1600 stations de recharge rapide sur dix ans.

Changer les « pétrodollars » en dollars touristiques

Avec une telle croissance du recours aux voitures électriques et du nombre de stations de recharge, les dépenses liées au transport, ou plutôt à l’achat d’essence deviendront pratiquement nulles pour de plus en plus de voyageurs sur la route. Voilà une belle occasion d’orienter cette dépense vers une expérience touristique.

 

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Produits et activités

Le vélo électrique pour propulser le tourisme plus loin

Déjà offert depuis quelques décennies, le vélo électrique est bien connu des cyclistes, mais son poids et son volume massif le rendaient moins désirable. Toutefois, l’année 2016 marque le début d’un second souffle. Une nouvelle technologie propulse le bolide à deux roues : la batterie au lithium. Plus légère, performante et durable que celles au plomb et au nickel, elle charme les fabricants et révolutionne le marché.

S’observe alors une éclosion de prototypes et cette concurrence provoque une baisse du prix affiché. Ce phénomène attire l’œil de la firme internationale de statistique Statista, qui réalise en 2017 une large étude sur la consommation de vélos électriques à travers le globe. Les résultats reflètent la réalité : on constate un boum des ventes en Europe et en Asie Pacifique.

Cette tendance ne fait qu’augmenter depuis. En 2009, près de 500 000 vélos électriques parcouraient les routes du Vieux Continent. En 2018, on en comptait autour de 2,6 millions.

Aux États-Unis, selon le groupe NPD, spécialiste en mobilité, la popularité du ebike explose depuis 2016 (voir image ci-dessous).

Source : Cycle Volta

Si la bicyclette assistée était déjà en vogue, la pandémie lui donne une bonne poussée. Aux mois de mars et avril 2020 seulement, aux apogées du confinement, les ventes ont augmenté de 87 % aux États-Unis. Statista projette que le marché mondial du vélo électrique aura une valeur de 24 milliards de dollars américains en 2025, comparativement à 16,3 milliards en 2017.

Source : Statista

Le potentiel du vélo électrique en tourisme

La montée du vélo électrique dessine-t-elle une occasion pour le tourisme au Québec ? Plusieurs destinations optent pour ce moyen de transport durable qui favorise la distanciation physique et donne une plus grande accessibilité aux territoires.

Bicle, une plateforme Web pour les professionnels du deux-roues motorisé, suggère aux entreprises touristiques de proposer la location de vélos électriques. En ville comme dans les attraits ou les parcs régionaux et nationaux, ils représentent d’excellents outils pour renouveler l’offre cyclotouristique. On peut penser à des tours guidés urbains, ou encore des escapades de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines. Le bolide attire les amoureux du confort et du plein air, mais donne aussi l’occasion aux sportifs de se dépasser, en allant plus vite et plus loin. Plusieurs voyagistes en profitent.

En Australie, dans les territoires montagneux du Nord, la compagnie Outback Cycling propose d’enfourcher un vélo électrique pour une tournée des microbrasseries qui inclut une nuitée sous les étoiles.

Source : Outback Cycling

Dans plusieurs pays d’Europe, l’offre d’ebike semble s’installer. En France, le site Web Rando Vanoise propose une carte interactive identifiant des endroits propices à sa pratique dans le parc national de la Vanoise. Pour les régions aux grands dénivelés comme l’Autriche et l’Allemagne, l’assistance électrique repousse les limites des voyages en distance et en temps. Les destinations soleil telles que la Croatie, le Danube et le sud de la France combinent vélo à propulsion et navigation à voile pour réinventer la mobilité sans moteur à essence. Les séjours varient de quelques nuitées à plusieurs semaines.

Source : UTracks

Aux États-Unis, les gestionnaires de grands espaces comme le National Park Service travaillent depuis plus d’un an à introduire le ebike dans les parcs nationaux. La possibilité de réduire la congestion automobile, d’augmenter la qualité de l’air des sites et de diminuer la demande en stationnement motive l’accueil de ce silencieux véhicule. La compagnie Escape Adventure offre déjà plus d’une trentaine de tours en bicyclette électrique combinés à des activités de plein air à travers les majestueux paysages des territoires protégés. Ces aventures, qui paraissent moins exigeantes que les séjours à vélo traditionnels, attirent les débutants en cyclisme, les familles et les retraités actifs.

Source : Escape Adventure

Ebike au Québec

Au Québec, c’est plutôt récemment que le ebike arpente les décors urbains et ruraux. La première compétition de vélo de montagne électrique a eu lieu en 2019 au mont Saint-Anne. En février 2020, il « volait la vedette » au Salon du vélo de Montréal. L’association Aventure Écotourisme Québec liste déjà au moins quatre entreprises de plein air qui louent des vélos à assistance et des e-fatbike en région.

Quelques facteurs indiquent que l’industrie touristique pourrait bénéficier de la bicyclette motorisée. Selon une étude de la Chaire de tourisme Transat réalisée en 2017 auprès des Québécois ayant effectué une activité de plein air au cours des trois années précédant le sondage, le vélo sur route représentait le loisir le plus populaire. La principale raison qui démotive 31 % des cyclistes québécois à voyager à vélo (incluant au moins une nuitée) demeure l’exigence physique qu’il requiert. Offrir le confort de l’assistance électrique pourrait pallier le cafard de l’effort. Quelque 58 % des répondants ont indiqué que la possibilité de louer du matériel les encourageait à « pratiquer des activités en nature ».

Quelques défis à relever

Bien que l’univers touristique l’acclame pour ses nombreuses vertus, le vélo électrique s’invite sur des voies déjà occupées. Plus vite que le vélo traditionnel, mais plus lent que la voiture, sa place doit s’harmoniser aux parcs automobiles et cyclistes. En 2018, l’administration Trump donnait carte blanche à l’utilisation du vélo électrique sur les sentiers destinés aux bicyclettes non motorisées. Même si elle demeure controversée par les réseaux de protection de la nature et les communautés de chasse, l’industrie en pleine croissance se montre convaincante et pousse l’adoption de cette nouvelle mesure. Les vélos électriques des classes I à III* s’invitent sur les pistes normalement réservées aux vélos de montagne, à condition qu’ils restent sur assistance seulement.

Le vélo électrique arrive et son récent gain en popularité représente une occasion pour développer l’offre touristique durable et devenir une solution intéressante pour découvrir les villes, les villages et les parcs autrement. Saurez-vous en profiter ?

 

 

*Il existe trois classes de vélos électriques : les véhicules de la classe I fournissent une assistance au pédalage pour les cyclistes roulant jusqu’à 36 km/h ; ceux de la classe II sont actionnés par un accélérateur positionné sur le guidon et ne dépassent pas les 36 km/h ; et ceux de la classe III assistent aussi le pédalage, en plus d’être en mesure d’atteindre les 45 km/h.

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Transport

Le transport aérien dans tous ses états

Impacts estimés en 2020

Environ les trois quarts de la capacité aérienne mondiale se sont effondrés en 15 semaines. Un total de 26,6 millions de sièges étaient disponibles au cours de la semaine du 4 mai comparativement à 109 millions à la même période en 2019. La capacité aérienne dans la plupart des régions du monde est en baisse. Dans certains endroits, elle se stabilise, tandis qu’elle augmente un peu en Asie du Nord-Est (Chine, Japon, Corée).

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Le retour à la normale pour le secteur aérien dépend de plusieurs facteurs : l’ampleur et la durée des mesures de confinement, la confiance des consommateurs, les conditions économiques et l’aide gouvernementale. L’Association internationale du transport aérien (IATA) estime une perte globale de 314 milliards de dollars américains en 2020, soit une baisse de 48 % des revenus des passagers intérieurs et internationaux. Au Canada, l’organisation prévoit une diminution de 43 % des revenus, mettant à risque 250 000 travailleurs.

De son côté, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a mesuré les impacts économiques selon six trajectoires possibles ; une première évaluation se chiffre de 44 % à 80 %de voyageurs internationaux en moins en 2020.

Déconfinement et reprise des vols

Les transporteurs planifient des dates de retour progressif de leurs activités. 

Au Canada

L’interdiction de voyages non essentiels entre le Canada et les États-Unis est prolongée jusqu’au 21 mai 2020 et  les arrivées internationales à des fins de loisirs et de tourisme sont suspendues jusqu’à nouvel ordre.

  • Porter Airlines compte reprendre le service le 29 juin.
  • Transat et  Sunwing visent le 31 mai.
  • Air Canada augmentera sa capacité intérieure à partir du 31 mai. Quelques vols internationaux sont encore en service, les autres recommenceront à partir de mai, mais certains demeurent à l’arrêt pour toute la période estivale.
  • WestJet a suspendu ses activités le 22 mars, à l’exception de quelques vols de rapatriement et a annulé environ 4000 vols domestiques par semaine du 5 mai au 4 juin à cause de la pandémie.
  • Swoop exploite toujours un réseau limité de vols au Canada.

À l’international

La compagnie britannique à tarif réduit Jet2.com reprendra du service le 17 juin. Celle-ci enregistre déjà des réservations pour la fin de l’été et plus tard. Le PDG de Ryanair espère aussi recommencer les activités en juin et s’attend à une guerre de prix en Europe pour les séjours de dernière minute en juillet et août.

En Chine, l’autorité civile de l’aviation limite les vols internationaux à un trajet hebdomadaire par destination (pays) depuis le 29 mars. Les compagnies nationales augmentent leur capacité. Elles ont offert des tarifs dérisoires pour le congé de la fête du Travail qui se tenait début mai afin d’inciter les Chinois à reprendre l’avion.

Le déconfinement se poursuit et évolue chaque semaine, l’image ci-dessous illustre l’état mondial au 4 mai. Le rouge indique un confinement total à l’échelle du pays, le jaune un confinement partiel et le vert, une absence de confinement.

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Source : Conference & Incentive Travel. LIVE UPDATES: Lockdown and travel restrictions around the world. 4 mai 2020.

Une relance sous conditions

Aide gouvernementale

Selon l’IATA, une compagnie aérienne typique détient deux mois de liquidité à l’avance

Selon l’IATA, une compagnie aérienne typique détient deux mois de liquidité à l’avance. Certaines mettent en place des mesures exceptionnelles et se tournent vers les gouvernements pour passer au travers de la crise.

Plusieurs transporteurs canadiens ont fait part de leur intention de se prévaloir de la subvention salariale d’urgence : Transat afin de rappeler ses 4000 employés licenciés, soit 80 % du personnel, Air Canada dans l’intérêt de ses 36 000 employés au pays, WestJet pour ses 3000 travailleurs inactifs et Porter Airlines en étudie la possibilité. Le gouvernement canadien envisage actuellement d’autres types d’aide.

  • L’Administration américaine contribue à hauteur de 61 milliards de dollars au secteur de l’aviation assurant, entre autres, un soutien salarial aux employés jusqu’en septembre. Elle a récemment annoncé une subvention d’un milliard pour des travaux favorisant l’efficience et la sécurité de 439 aéroports dans le cadre du CARES act. Des milliers de pilotes et d’agents de bord d’American Airlines ont tout de même accepté des offres de congés volontaires et de retraites anticipées. Delta et United Airlines encouragent leurs employés à faire de même.
  • Le groupe Air France—KLM recevra un financement de l’État français à hauteur de 7 milliards d’euros pour traverser la crise et poursuivre son plan de transformation qui devra inclure des cibles environnementales ambitieuses.
  • Singapore Airlines, qui propose exclusivement des liaisons internationales, obtient une aide gouvernementale depuis février, dont la principale mesure est le maintien des employés grâce à une subvention salariale.
  • La Corée du Sud accorde un soutien aux transporteurs locaux.
  • Les négociations sont en cours entre Lufthansa et le gouvernement allemand, ce dernier demandant 25 % des parts de la compagnie.
  • Le gouvernement italien nationalise Alitalia pour le sauver de la faillite.

Mesures sanitaires repensées

Siège vide entre les passagers, port du masque, gel désinfectant : les mesures sanitaires mises en place à court terme s’accumulent. Au Canada, depuis le 20 avril et jusqu’à nouvel ordre, les passagers aériens doivent avoir en leur possession un masque non médical ou un couvre-visage. Ils seront invités à le porter lorsque la distanciation sociale est impossible.

La firme Simpliflying a cartographié 70 points de contact qui ont besoin d’être désinfectés ou repensés à l’aéroport. À cet effet, l’automatisation vers un parcours « sans contact » pour le client était déjà en cours, mais pourrait être accélérée par la pandémie.

  • L’aéroport international de Hong Kong a mis en place trois robots désinfectants dans ses aires publiques.
  • L’autorité civile de l’aviation de la Chine a publié la 4édition de sa directive sur la prévention et la propagation de la maladie à coronavirus 2019 pour les compagnies aériennes. Ce guide s’appuie sur des mesures préventives selon le niveau de risque des vols intérieurs ou internationaux. Les critères de classification incluent le taux de prévalence dans le pays d’origine, le taux d’occupation de l’avion, la durée du vol et le système de filtration.
  • Air Canada SoinPropre+ est le nouveau programme d’hygiène couvrant l’ensemble du parcours client et comprend la prise systématique de la température des passagers avant le vol et l’utilisation d’un vaporisateur désinfectant électrostatique en cabine.

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Source : Air Canada. Voici Air Canada SoinPropre+

 Que réserve l’avenir pour le secteur ?

Des scénarios de reprise allant de six mois à trois ans sont étudiés, de même que le niveau d’optimisme des voyageurs à reprendre l’avion selon leur région du globe. L’industrie fait preuve de résilience, mais le point d’équilibre entre la vitesse d’épuisement des ressources financières et le retour en force de la clientèle est fragile. De plus petites compagnies ont déjà déclaré faillite. Un nouveau portrait se dessine au fil du déconfinement.

 

Le Réseau de veille en tourisme partage les informations et les ressources à jour selon les secteurs d’activité ainsi que des pratiques exemplaires tirées de son exercice de veille quotidien afin d’outiller l’industrie québécoise. Abonnez-vous à l’infolettre.

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Tourisme durable Transport

Le virage durable des aéroports

Un virage nécessaire vers la durabilité

Depuis 1970, le nombre de vols augmente exponentiellement dans l’espace aérien international. Selon la Banque mondiale, la totalité des voyageurs transportés par voie aérienne chaque année est passée d’environ 300 millions à près de 4 milliards en 2017. Une croissance qui représente environ 1 230 % en moins de cinquante ans.

D’après Milan Janic, auteur du livre Greening Airports : advanced technology and Operations, les aéroports n’ont d’autres choix que d’améliorer leur capacité d’accueil, notamment par des projets d’agrandissement. Le développement durable devient ainsi un enjeu important pour ces entreprises dont les impacts sociaux et environnementaux passent difficilement inaperçus.

Cinq dimensions

Dans l’article Benchmarking airports based on a sustainability ranking index, les auteurs ont déterminé cinq domaines en matière de développement durable sur lesquels les gestionnaires d’aéroports peuvent exercer une influence. Il s’agit :

  • des activités d’exploitation ;
  • de l’utilisation de l’énergie,
  • des émissions de CO2 ;
  • de la gestion de l’eau et des déchets ;
  • de la qualité de l’air de du bruit.

Selon cet outil de mesure, les aéroports les plus performants au monde en 2016 étaient ceux d’Amsterdam (Schiphol), de Francfort (Francfort-sur-le-Main) et de Munich (Franz-Josef-Strauss), en Allemagne. Ces lieux ont entre autres atteint la carboneutralité, c’est-à-dire qu’ils compensent suffisamment leurs émissions pour neutraliser le CO2 émis. Ils créent également des impacts positifs sur leurs parties prenantes, grâce à des programmes pour la qualité de vie des communautés et des employés.

Outre ces aéroports exemplaires, que font les autres géants de l’industrie aérienne pour composer avec ce double défi : s’adapter à une croissance rapide tout en adoptant des pratiques responsables ?

Suivant les cinq dimensions citées précédemment, voici quelques initiatives récentes à travers le monde.

Activités d’exploitation

Singapour se démarque par son investissement dans la communauté. En 2014, l’aéroport international a fondé un programme philanthropique d’éducation pour les jeunes locaux. Il offre également des occasions de bénévolats aux employés afin de participer à des projets de charité dans les villes avoisinantes.

Utilisation de l’énergie

L’aéroport de Dubaï a annoncé au printemps 2018 un investissement dans une technologie d’analyse de données et d’infrastructure intelligente. Les gestionnaires visent une réduction de la consommation d’énergie de 20 %. Plus précisément, elle épargnera près de 25 000 tonnes d’émission de CO2, 21 millions de gallons d’eau et 50 GWh en électricité au bout de sept ans.

Plus près de la réalité québécoise, l’aéroport d’Oslo stocke la neige l’hiver afin de climatiser ses établissements l’été. Cette initiative lui a valu une mention excellence pour l’économie d’énergie.

Émissions de CO2

En Finlande, l’aéroport d’Helsinki arrive au premier rang en matière de gestion des atterrissages. Selon une étude, le temps d’attente moyen pour poser les roues sur la plupart des pistes du continent tourne autour de neuf minutes, alors qu’Helsinki, grâce à une méthode « d’atterrissage continu », accueille tous les avions pas plus d’une minute après leur entrée dans la zone. Cette efficience a permis de réduire les émissions de CO2 de 10 à 30 % au cours des dix dernières années.

Gestion de l’eau et des déchets

Encore une fois, l’aéroport d’Helsinki se démarque par ses infrastructures vertes. Ses sous-sols seront désormais occupés par un système de traitement des eaux usées. Ce réseau déversera un flot propre dans les ruisseaux et les rivières environnants. Il s’agit de la seule installation de la sorte dans tout le pays.

L’aéroport de Changi, à Singapour, réutilise l’eau condensée à travers ses opérations (ex : arrosage des plantes) et liquéfie les déchets alimentaires pour éviter l’incinération. L’entreprise est inspirante pour sa vision systémique, centrée sur le voyageur, dans la gestion durable de ses établissements. Elle repense l’ensemble du trajet du client, du design d’équipements qui capturent le carbone dans les aires d’attente jusqu’à l’installation d’affiches sensibilisatrices et de bacs de gestion des déchets dans les restaurants et les magasins.

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Source : Changi Airport Singapour

Sans oublier l’aéroport des îles Galapagos, qui a reçu du US Green Building Council, la plus haute certification écologique Ses installations incluent une usine de désalinisation ainsi qu’un centre de traitement des eaux usées.

Qualité de l’air et gestion du bruit

La plupart des aéroports se préoccupent de la gestion sonore, un facteur important pour leur acceptabilité sociale. Vancouver (YVR) rayonne toutefois pour son plan stratégique, qui comprend l’installation d’un capteur en temps réel.

L’aéroport de Zurich impose de son côté une taxe de bruit et un programme de compensation des coûts reliés à la baisse du niveau sonore auprès des lignes aériennes.

Schipol, a usé de dame nature pour diminuer ses décibels. Un immense terrain vert de plus de 80 acres permet de réduire le volume des 1 600 avions journaliers grâce à des pyramides qui piègent les longueurs d’onde.

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Source : Smithsonian

Et au Québec ?

L’aéroport de Montréal connaît également une forte croissance. Il a reçu en 2018 près de 19,5 millions de passagers, soit environ 25 % de plus qu’en 2015.

En ce qui concerne ses pratiques durables, il est accrédité au niveau 3 Optimisation, par Airports Carbon Accreditation. L’étape d’Optimisation signifie que l’aéroport concerné calcule ses émissions de gaz à effet de serre (GES), vise sérieusement à les réduire, et en plus, engage ses parties prenantes à en faire de même (principalement les compagnies aériennes partenaires). Charles de Gaulle, à Paris, est également à cet échelon. Il est possible d’atteindre le niveau 5 une fois la carboneutralité réussie.

Bien qu’il soit de taille moyenne seulement, l’aéroport de Montréal s’est doté d’une plateforme spécialement dédiée à ses actions en développement durable. Le site Web présente les projets et les réalisations en ce qui concerne les trois piliers (économie, social, et environnement). Il adopte des pratiques plus modestes que les exemples cités précédemment, mais qui demeurent préalables à des tours de force de plus grande envergure. Il utilise entre autres des capteurs sonores en temps réel, réduit chaque année ses émissions de GES, installe des compteurs d’eau potable, et fait preuve d’engagement social avec les employés auprès de huit causes sociales et environnementales.

L’aéroport de Montréal semble en marche pour rejoindre les grands joueurs mondiaux en développement durable. À première vue, la plateforme à elle seule paraît exemplaire en matière de vulgarisation de données extra financières, démontrant un système de surveillance à point ainsi qu’un souci de transparence et de sensibilisation.

Une transition durable dans un contexte de croissance touristique est un défi qui touche l’ensemble de l’industrie. Ces exemples vous donnent-ils un souffle d’inspiration ?

Commentaires de Martin Massé

Vice-président, Affaires publiques

En tant que gestionnaire aéroportuaire, ADM fait face à de nombreux défis et est engagée à les relever dans le respect des principes du développement durable. Dans les dernières années, plusieurs actions visant la protection de l’environnement ont été implantées à YUL, premier aéroport canadien certifié Airport Carbon Accréditation pour ses efforts dans la maîtrise et la réduction des émissions de carbone. Notamment, ADM offre à sa clientèle un service de recharge des véhicules électriques dans ses stationnements. En 2019, des bornes de recharges additionnelles ont été installées pour véhicules électriques dans les stationnements publics et les stationnements des employés, pour un total de 56 bornes offertes. YUL possède également 6 véhicules légers électriques, un camion F150 converti à l’électricité, un autobus e.Cobus pour le transport des passagers, 4 véhicules hybrides rechargeables et s’est engagée à faire passer à 100 % la proportion de ses véhicules légers électriques d’ici 2030 en joignant l’initiative d’envergure internationale EV100.

 

 

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Tourisme durable

Le tourisme durable s’impose!

« Le tourisme durable n’est pas une destination, c’est un voyage. » Cette phrase a été répétée à maintes reprises lors du dernier colloque du Global Sustainable Tourism Council (GSTC), qui s’est tenu aux Açores du 4 au 7 décembre. L’industrie s’implique de plus en plus afin d’assurer la pérennité du milieu dans lequel elle évolue et collabore afin d’optimiser ses pratiques durables.

Ce texte présente une synthèse d’analyses du Réseau de veille en tourisme portant sur le tourisme durable, rédigées au cours des deux dernières années.

Réduire son empreinte environnementale

L’un des défis en tourisme est de réduire son empreinte environnementale, et ce, autant pour l’industrie que pour les touristes. Pour ce faire, diverses organisations ont mis sur pied des idées innovantes.

Transport et durabilité

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Source : Roam Public Transit

Karavaniers a été la première agence de voyages au Canada à inclure systématiquement dans le prix de ses forfaits un montant compensatoire pour les émissions de carbone. Elle donne également 1 % de ses profits à des associations œuvrant pour la protection et la préservation de l’environnement.

Détour Nature est une entreprise québécoise qui organise des excursions guidées d’une journée ainsi que de courts voyages au Québec, au Canada et dans quelques États américains. Cette entreprise collabore avec Planetair depuis 2008 afin de compenser les gaz à effet de serre qu’elle produit.

En janvier 2019, la station suisse SkiArena Andermatt-Sedrun, en partenariat avec Protect Our Winters, a organisé une fin de semaine sans auto dans le but de sensibiliser sa clientèle à son empreinte écologique. Un service de transport en commun était offert.

Hébergement et établissements

Nearly Zero Energy Hotels était un consortium européen créé dans le but d’aider les établissements hôteliers à réduire leur consommation énergétique et leur empreinte carbone. Le projet consistait, entre autres, à fournir des conseils personnalisés et des exemples de bonnes pratiques, notamment en matière de rénovation énergétique. Financée par la Commission européenne et l’Intelligent Energy Europe Programme pour une durée de trois ans (de 2013 à 2016), l’approche a permis des réductions de consommation énergétique allant jusqu’à 70 %.

Responsabilité sociale des entreprises

Il est impossible d’aborder le tourisme durable sans en considérer la contribution sociale, car lorsque celui-ci est bien géré, il engendre divers bénéfices pour les communautés locales.

En réponse aux diverses critiques qu’Airbnb a pu susciter, une nouvelle plateforme coopérative du nom de Fairbnb a été mise en place afin de travailler conjointement avec les acteurs locaux et de redistribuer une part des profits au sein de projets sociaux votés par les résidents. Une version test a été lancée au printemps 2019 dans cinq villes européennes, soit Amsterdam, Barcelone, Bologne, Valence et Venise.

À L’Isle-sur-la-Sorgue, en France, il existe un réseau d’entreprises dites positives, c’est-à-dire que leur économie est basée sur l’altruisme. Joël Gayet, fondateur de la Chaire Attractivité et Nouveau Marketing Territorial, à l’Institut de Management Public et Gouvernance Territoriale (Université d’Aix-Marseille), explique bien ce nouveau concept. L’idée est simple. Un montant minime, tel que 3 euros sur un total de 540 euros, est prélevé sur la facture des clients afin de financer des initiatives locales.

Dans le but de mesurer ses pratiques sociales, la Société des Attractions Touristiques du Québec et Festivals et Événements Québec SATQ-FEQ a annoncé l’actualisation et la bonification du Modèle d’évaluation des pratiques sociales des festivals et événements (MEPS). Cet outil standardisé de valorisation et d’amélioration des pratiques sociales se base sur des indices de performance comme la gestion responsable, la participation sociale et la reconnaissance du milieu. Il permet l’amélioration continue des entreprises afin de valoriser et de créer des retombées positives dans leur milieu. 

Collaborer pour mieux performer

Nous sommes dans une ère de collaboration, on parle même de coopétition. Travailler ensemble au sein d’une stratégie commune permet aux actions d’avoir un plus grand impact sur un plus grand territoire.

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Source : Jarina, EIP-AGRI Workshop

Dans cet esprit, l’Office de tourisme de Ljubljana, en Slovénie, a mis sur pied une chaîne d’approvisionnement verte sous la forme d’une plateforme Web. Par ce guichet unique, les hôteliers et les restaurateurs se sont vu offrir un accès simple et direct aux fermiers locaux et vice versa. L’initiative a connu un vif succès, s’étendant en 2017 à toute la région de la Slovénie du Centre et reliant la capitale à 25 municipalités.

Le Festibière de Gatineau est reconnu dans sa communauté pour faire preuve de leadership en matière de pratiques écoresponsables. Grâce à leur collaboration avec leurs nombreux partenaires, notamment la Ville de Gatineau et l’organisme Enviro Éduc-Action, les gestionnaires du festival ont développé une stratégie pour réduire la quantité de déchets produits et le gaspillage alimentaire.

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Source : Festibière de Gatineau

Communication et éducation pour favoriser l’adoption de pratiques durables

La communication est la clé pour faire adopter des pratiques respectueuses de l’environnement, selon les conférenciers du dernier colloque annuel sur le tourisme durable du GSTC. Cela permet d’inciter les touristes à être plus respectueux des milieux culturels et naturels dans lesquels ils s’immergent, et d’inspirer l’industrie à faire de même.  

Pour les touristes…

L’éducation par le transfert de connaissances est au cœur de la stratégie adoptée par l’Islande, avec The Icelandic Pledge. Il s’agit d’un serment au ton humoristique qui se décline en huit principes essentiels. En 2016, l’Islande a aussi lancé une vidéo en ligne intitulée Iceland Academy, dans laquelle elle fait des recommandations sous forme de cours afin de mieux sensibiliser les vacanciers.

Source : Youtube, Iceland Academy

Le nudge vert consiste à jouer sur le regard des autres à l’aide de leviers décisionnels psychosociologiques, tels que les normes sociales, en utilisant la communication comme outil de transmission. Par exemple, dans un hôtel, un message stipulant que 75 % des clients de la chambre avaient réutilisé leur serviette a eu pour effet de diminuer l’utilisation de serviettes de près de 40 %.

Pour l’industrie…

Le Centre de congrès de Göteborg, en Suède, prend l’avenue éducative en accompagnant les organisateurs qui désirent réaliser un événement durable chez eux. C’est aussi le cas du Centre des congrès de Québec, qui aide les organisateurs répondant aux critères du niveau 1 de la norme 9700-253 – Gestion responsable d’événements, du Bureau de normalisation du Québec (BNQ), à réaliser des événements écoresponsables.

… et pour éviter l’écoblanchiment

 Mettre en place des pratiques durables au sein de son entreprise, c’est bien, mais communiquer son offre, c’est encore mieux. Comment faire connaître ses actions sans tomber dans l’écoblanchiment (greenwashing)?

Nicolas Cournoyer, l’un des quatre fondateurs de Piknic Électronik et d’Igloofest, mentionne qu’il est important de faire connaître ses actions écoresponsables en choisissant celles que l’on désire mettre de l’avant. Il ajoute qu’il faut adopter un discours authentique en assumant que l’organisation n’est pas parfaite, mais qu’elle prend les mesures nécessaires pour adopter des pratiques durables. Afin d’éviter de donner une fausse impression d’écoblanchiment, la transparence et la modestie sont donc les valeurs à retenir dans ses communications avec les clients.

Source : Youtube, Piknic Electronik

Le tourisme durable est en pleine croissance et son application se fait ressentir dans tous les secteurs. Dans le but de le faire rayonner à l’échelle mondiale et pour qu’il ne s’agisse plus uniquement d’une niche, mais bien d’une norme de l’industrie, les entreprises et les organisations ont tout intérêt à collaborer et à faire connaître leurs actions.

Source de l’image à la une : Roam Transit, Pexels et Pixabay

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Segments de clientèles

Zoom sur le profil des plaisanciers au Québec

Un sondage en ligne non représentatif mené par la Chaire de tourisme Transat à l’automne 2018 auprès de 629 plaisanciers québécois avait déjà révélé que les utilisateurs d’embarcations sans moteur portent plus fréquemment leur vêtement de flottaison individuel (VFI) que les adeptes de bateaux motorisés. Cette étude réalisée pour Nautisme Québec et soutenue par Transports Canada souligne aussi des différences importantes entre les profils sociodémographiques et les pratiques nautiques de ces deux groupes de plaisanciers.

Les infographies ci-dessous illustrent quelques-unes des tendances révélées par cette étude.

Note : les usagers des embarcations à moteur sont les répondants ayant mentionné utiliser le plus fréquemment un bateau de pêche, un ponton ou tout autre bateau à moteur. Les usagers d’embarcations sans moteur sont les utilisateurs de voilier, de chaloupe, de canot, de kayak et de planche à pagaie.

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Source Images à la une : Pexels

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Technologies

Le potentiel de la technologie 5G en tourisme

Les technologies évoluent à un rythme effréné. Elles modifient le quotidien des entreprises et des touristes. L’implantation de la technologie 5G risque de bouleverser plusieurs secteurs d’activité dans le milieu du voyage. Bien que son utilisation par le grand public ne soit prévue que dans quelques années, cette nouvelle technologie amène à se questionner sur son potentiel pour le tourisme. Voici quelques réponses.

 

La technologie 5G en bref

Le terme 5G signifie « cinquième génération ». Il s’agit de la nouvelle infrastructure de réseau sans fil. Comme celles qui l’ont précédée (voir l’image plus bas), la technologie 5G apportera de nombreux changements dans les communications et le partage de données. Elle offrira une connectivité pratiquement omniprésente.

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Ce type de réseau possède de nombreux avantages, notamment :

  • La vitesse: le délai de latence s’avère considérablement réduit. La transmission de données sera dix fois plus rapide que celle de la technologie 4G;
  • La réduction du temps d’attente: le délai de communication entre deux appareils peut atteindre jusqu’à une milliseconde;
  • La densité des connexions: un plus grand nombre d’appareils peuvent se connecter par kilomètre carré, soit environ un million, comparativement à 2000 avec la technologie 4G;
  • L’efficacité énergétique: la durée de vie des batteries des téléphones augmente de manière importante, puisque c’est désormais le réseau qui assure en grande partie le traitement des données.

La technologie 5G et le tourisme : quel potentiel?

Pour certaines technologies employées en tourisme, comme les réalités virtuelle et augmentée, le nouveau réseau exploite une bande passante supérieure. Le temps de latence réduit améliore le contenu, en plus de la synchronisation entre les mouvements du participant et le visuel. L’expérience deviendra beaucoup plus immersive. La vitesse, la quantité de données transférables ainsi que la diminution du temps de réaction auront aussi un impact sur l’intelligence artificielle. Le traitement de l’information et la réponse des machines ou des applications utilisant cette technologie seront plus efficaces. La technologie 5G permet également le déploiement de l’Internet des objets à grande échelle, puisqu’elle donne l’occasion à plus d’appareils d’être connectés en même temps et d’augmenter la vitesse des échanges.

Transport

La nouvelle génération de réseau sans fil permettra d’accroître la ponctualité et la sécurité dans les aéroports, les gares, etc. L’information aux passagers deviendra plus précise et sera transmise en temps réel. La technologie 5G aura un impact important sur la conduite automobile, qui sera plus sécuritaire et autonome.

Hôtellerie

L’intégration des technologies dans les hôtels deviendra incontournable pour offrir une expérience unique aux clients. Que ce soit les chambres connectées, les assistants vocaux, les chatbots, etc., ces établissements seront beaucoup plus performants grâce à la technologie 5G et aux améliorations qu’elle apporte à l’intelligence artificielle et à l’Internet des objets. L’InterContinental Shenzhen, en Chine, deviendra le premier hôtel à intégrer cette technologie afin d’offrir des services innovants et plus personnalisés.

Congrès et réunions

L’utilisation de la réalité virtuelle et augmentée pendant un événement sera très efficace, grâce à l’augmentation de la bande passante et à la réduction du temps de latence. La technologie 5G fera diminuer les besoins en Wi-Fi, en plus de simplifier et d’améliorer la diffusion de contenus en ligne et les interactions en direct pendant les conférences.

Festivals et événements

Lors de rassemblements intérieurs ou extérieurs, les réseaux téléphoniques deviendront moins engorgés, pour le plus grand plaisir des participants, qui n’auront plus de difficulté à interagir et à publier des photos de l’événement sur les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs ce que le festival de Glastonbury, au Royaume-Uni, souhaite faire en intégrant pour la première fois la technologie 5G à son site lors de sa prochaine édition, en juin 2019.

Culture

La technologie 5G rendra les expériences culturelles beaucoup plus immersives grâce, entre autres, aux avancées des réalités virtuelle et augmentée (voir la vidéo ci-dessous). En plus des activités pour les visiteurs, cette technologie apportera certains bénéfices aux musées. Le potentiel de numérisation et de stockage virtuel des trésors culturels sera développé et la robotique viendra soutenir le travail des conservateurs. Dans le cadre d’un partenariat avec la compagnie de télécommunications Ericsson, le musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg, a testé la technologie 5G de plusieurs manières. Par exemple, un bras robotique télécommandé a permis de restaurer un objet d’art avec une très grande précision.

Source : YouTube

La technologie 5G : tout vient à point à qui sait attendre

Avec tout son potentiel, la technologie 5G a de quoi stimuler l’industrie touristique. Le voyageur en tirera également plusieurs bénéfices. Son parcours sera plus fluide et son accès à l’information et au contenu, exponentiel. Pourtant, il faudra être patient, car son implantation prendra encore quelques années. Actuellement, les entreprises québécoises peuvent faire des tests avec la technologie 5G grâce à des antennes installées dans deux laboratoires, situés à Québec et à Montréal.

L’implantation de la technologie 5G soulève certains enjeux. Elle demande des investissements importants, puisqu’elle nécessite de nouvelles structures. D’ailleurs, son accessibilité hors des grands centres urbains reste encore à définir, considérant que le réseau sans fil actuel, la technologie 4G, n’est pas optimal en région. De plus, la vulnérabilité des données demeure un enjeu majeur. La cybersécurité sera au cœur des préoccupations avec l’arrivée de la technologie 5G. Les conséquences de ses ondes sur la santé provoquent également plusieurs débats entre les communautés scientifiques et technologiques.

Bref, la technologie 5G risque de continuer à faire couler beaucoup d’encre dans les prochaines années. À suivre!

 

Source de l’image à la une : Réseau de veille en tourisme – Canva