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Tourisme durable

Hawaï : voyager et redonner à la communauté

Le programme Mālama Hawaii, lancé en juin 2021 par Hawaii Tourism Authority et le Hawaii Visitors and Convention Bureau, invite les visiteurs à « donner en retour » — traduction libre de l’expression mālama. Participer à des initiatives de reforestation, de nettoyage de plage, effectuer des travaux d’entretien sur un cuirassé historique, les options pour s’impliquer sont diversifiées.

 

Des expériences immersives

Le programme rassemble ainsi des organismes communautaires reconnus et une centaine d’hôtels et de campings à travers l’archipel d’Hawaï. Ceux-ci ont conclu des ententes afin d’offrir à leurs clients des occasions de volontourisme branchées sur les besoins du milieu.

À titre d’exemple, le voyageur qui se procure un forfait Mālama Hawaii au camping Camp Olowalu obtient un rabais de 10 % en s’engageant dans l’activité de bénévolat encadrée. Celle-ci consiste à contribuer à la réhabilitation d’un milieu naturel de la région par le retrait de plantes envahissantes et la plantation d’espèces indigènes. L’organisme responsable de ce projet, Kipuka Olowalu, guide et informe les visiteurs sur l’histoire du lieu, l’importance de sa restauration, les façons de procéder, en plus de leur inculquer quelques notions sur la culture du peuple en lien avec cette nature. Le participant s’ouvre ainsi à une expérience enrichissante et immersive tout en contribuant à l’amélioration du milieu.

SourceKipuka Olowalu 

D’autres établissements, en partenariat avec la Pacific Whale Foundation, fournissent l’équipement nécessaire pour nettoyer les berges. Le client remplit un formulaire dans lequel il décrit les matériaux et déchets amassés avant de faire parvenir le tout à l’organisme en question. Ce travail lui permet d’obtenir une nuitée gratuite à l’hôtel participant.

  

SourcePacific Whale Foundation 

Relance : profiter de l’impulsion du moment

La reprise du tourisme constitue une occasion pour tenter d’aborder le voyage différemment et d’offrir des avenues plus engageantes pour le visiteur envers la destination. Voilà qui favorise une plus grande responsabilisation de l’entreprise et du client. L’expérience touristique ne peut qu’en être plus riche et mémorable.

 

Source image à la une : Hawaii Tourism Authority

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Produits et activités

Une route balisée pour les pagayeurs

Le projet Paddled Vestfold and Telemark consiste en un réseau de sentiers fluviaux longeant la côte. Celui-ci peut être emprunté de façon autonome grâce au balisage et à la signalisation. Les itinéraires sont cartographiés et peuvent être téléchargés sur un microsite Web de l’organisation de gestion de la destination de la Norvège (en norvégien avec résumés en anglais). En plus de documenter les circuits, ces cartes permettent de repérer les points d’eau potable, les toilettes, les stationnements et les aires de repos, entre autres.

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Source : UT.no

Les haltes, mises sur pied expressément pour les pagayeurs dans chacune des municipalités du parcours, disposent de quelques abris pour accueillir plus d’un groupe à la fois. Bien que rudimentaires, ces refuges qui s’intègrent harmonieusement au paysage ont été conçus pour pouvoir y passer la nuit.

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Source : Frank Tindvik /Facebook/Padleled Vestfold og Telemark

Ce déploiement consiste à inciter les Norvégiens à pratiquer une activité physique soutenue tout en profitant de la nature environnante. Ce projet s’inscrit aussi favorablement dans la politique de développement durable des municipalités concernées et contribue à l’attractivité de celles-ci, autant pour les résidents potentiels que pour les voyageurs des régions avoisinantes.

Inaugurée en 2018, la route sera composée de nouveaux itinéraires au cours de l’année 2021 grâce à l’ajout d’autres municipalités au projet.

Un concept pour le Québec ?

Un tel concept pourrait-il voir le jour au Québec ? Est-ce que nos rivières permettent une navigation suffisamment sécuritaire pour déployer des circuits en autonomie ? Serait-il possible d’intégrer une section du fleuve dans cet itinéraire ? Un projet comme celui-ci suscite bien des questionnements. Mais l’idée de découvrir nos régions par les nombreux cours d’eau qui les sillonnent est emballante.

 

Image à la une : Facebook/Padleled Vestfold og Telemark

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Hébergement

Classifier ou ne pas classifier ?

L’abolition du programme québécois

Au Québec, tout établissement touristique est tenu de présenter une demande d’attestation de classification pour opérer légalement, tel que le stipule la Loi sur les établissements d’hébergement touristique. Mais avec le dépôt du projet de loi 100, le système de classification devrait être aboli prochainement. Sa désuétude, son manque de cohérence avec les attentes des consommateurs et la lourdeur de sa gestion expliquent ce verdict. Mais est-ce qu’une formule améliorée pourrait le remplacer ? Existe-t-il des modèles mieux adaptés à la réalité actuelle qui transmettent de l’information pertinente à la prise de décision, tout en certifiant le niveau de qualité d’un lieu ?

Classifier, à quoi ça sert ?

Un système de classification hôtelière consiste à répartir les établissements en différentes catégories, selon leurs caractéristiques et leurs services communs. Il permet d’offrir des repères à partir d’informations colligées par des experts indépendants. La plupart des programmes mesurent la quantité et la qualité des installations et des équipements — taille des chambres, état du plancher, type de matelas, de lingerie, de produits de toilette, présence d’une piscine, d’un centre d’affaires, etc. Un tel système procure au voyageur l’assurance que l’hôtel classifié est un lieu répondant à une série de normes.

Pourquoi remet-on ces systèmes en question ?

Généralement, les programmes traditionnels de classification ne comprennent pas les éléments suivants, pourtant devenus essentiels dans le processus de décision des consommateurs :

  • La satisfaction des consommateurs ;
  • La qualité de l’expérience ;
  • La qualité des contacts avec le personnel ;
  • La facilité à réserver sur le site Web ;
  • Les marqueurs clés de différenciation.

Certains de ces programmes sont remis en question parce qu’on estime que d’autres types d’évaluation semblent mieux correspondre aux repères recherchés par les clients. En effet, depuis déjà plusieurs années, des consommateurs consultent systématiquement les avis en ligne sur les sites Web comme TripAdvisor ou encore Booking avant d’arrêter leur choix.

Comment ça se passe ailleurs ?

Différentes formules sont observables ailleurs dans le monde. En France, aux États-Unis et au Royaume-Uni, l’adhésion est volontaire. Un hôtelier français, par exemple, doit procéder à une demande de classification auprès d’Atout France, l’agence de développement touristique.

Aux États-Unis, il n’existe pas de système géré par les instances gouvernementales. Les entreprises (hôtels et restaurants) qui le souhaitent peuvent s’associer à des formules privées (AAA et Forbes) qui leur confèrent de la crédibilité et un gage de qualité. Dans le cas de AAA, qui couvre toute l’Amérique du Nord (CAA pour le Canada), l’hôtelier doit répondre à plus d’une trentaine de critères pour se prévaloir d’un classement de 1 à 5 diamants. Le répertoire de Forbes est plus restrictif, il comprend principalement les établissements de luxe.

En Espagne, chaque région gère son propre programme. Les critères peuvent légèrement varier, mais les catégories de 1 à 5 étoiles permettent tout de même au voyageur de jauger les types d’établissements qu’il considère. L’adhésion pour les hôteliers y est obligatoire.

Certaines destinations décident de ne recourir qu’aux avis en ligne pour orienter le choix des visiteurs. C’est le cas de la Norvège qui publie, sur le site Web Visit Norway, la liste des hébergements avec la cote attribuée par les clients sur TripAdvisor. Pas d’évaluation indépendante ni de repères rapides en matière de prix et de type d’établissement (économique vs luxueux).

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Source : Visit Norway

Trois modèles pour s’inspirer

Plusieurs systèmes de classification à adhésion volontaire ont été actualisés et permettent au consommateur d’effectuer un choix éclairé. Ces programmes sont aussi une occasion pour les établissements de se positionner favorablement auprès des voyageurs. Ils représentent des hébergements sécuritaires passés sous l’œil avisé des évaluateurs.

Europe : qualité des services en ligne et gestion de la satisfaction

Les regroupements hôteliers de plusieurs pays d’Europe, dont l’Autriche, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse, la Belgique et le Danemark, se sont ralliés pour adhérer à un système de classification uniformisé, The Hotelstars Union.

Bien que la grille d’évaluation soit assez conventionnelle, elle comprend des éléments d’intérêt comme un volet sur la gestion de la qualité (gestion des plaintes, analyse systématique des avis en ligne, client mystère, etc.). On y trouve aussi une section visant à évaluer la qualité du site Web, son adaptabilité aux différents écrans, la possibilité d’y réserver une chambre, etc. L’adhésion à une certification durable occupe un poids considérable dans le calcul des points. Les critères sont réévalués tous les cinq ans afin d’assurer la cohérence du modèle avec les besoins et les attentes des consommateurs.

Écosse : critères en tourisme durable

En Écosse, les entreprises touristiques sont invitées à souscrire au Quality Assurance Scheme. Depuis 2020, Visit Scotland exige des candidats l’adoption d’au moins 19 des 38 actions liées au tourisme durable. Il s’agit d’un standard minimum nécessaire pour obtenir le sceau de la classification. Parmi ces critères, mentionnons le recours à des fournisseurs locaux et à des sources d’énergie renouvelable, la promotion des activités culturelles de la région, ou encore la formation du personnel à accueillir des clients en situation de handicap. Les structures qui répondent à un grand nombre de ces critères peuvent se démarquer grâce à des certifications durables développées par l’organisation de gestion de la destination et ses partenaires.

Australie : intégration des avis en ligne

En complément des évaluations d’experts, le système australien intègre les notes attribuées par les consommateurs sur les sites d’avis en ligne. L’agrégateur ReviewPro, qui collige les cotes et commentaires publiés sur les plateformes comme TripAdvisor, Booking ou encore Expedia, transmet ces informations qui s’ajoutent à l’accréditation officielle. Le tarif de base pour une chambre apparait également sous le classement. Voilà qui permet au voyageur d’obtenir les renseignements qu’il cherche en un seul coup d’œil.

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Source : Australia.com

Jeter le bébé avec l’eau du bain ?

Les systèmes de classification hôtelière, adaptés au contexte actuel, jouent un rôle important dans l’industrie touristique. Non seulement ils mettent en place des standards de qualité qui assurent le déploiement d’une offre d’hébergement sécuritaire et approuvée par des experts indépendants, mais ils permettent aussi au voyageur de faire un choix éclairé.

La prise en compte des avis en ligne est désormais un incontournable, tout comme les indicateurs liés au tourisme durable et responsable ainsi que la qualité de l’expérience client. Et pourquoi ne pas aussi considérer les bonnes pratiques en matière de ressources humaines (l’expérience employé), d’innovation ou encore de design ?

Croyez-vous qu’un système renouvelé de classification de l’hébergement touristique pourrait bien servir l’industrie et la clientèle ?

Image à la une : Unsplash

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Produits et activités

Des piscines urbaines fort attrayantes

La baignade fait partie des activités les plus populaires des vacances estivales. En général, la moitié des voyageurs québécois affirment vouloir aller à la plage ou se baigner lors de leurs voyages d’été (selon un sondage de la Chaire de tourisme publié en 2021). Ce ne sont pas les cours d’eau qui manquent au Québec. Mais leur accès pour la baignade est parfois périlleux, souvent absent, particulièrement en milieu urbain. Le contrôle de la qualité de l’eau peut aussi représenter un défi important.

Voici, en rafale, des exemples d’installations aquatiques qui devraient vous rafraîchir et peut-être inspirer des projets dans votre municipalité.

Une tradition danoise

Au Danemark, la mer n’est jamais bien loin. La culture de bord de l’eau fait partie du mode de vie des Danois et le pays regorge d’aménagements qui permettent d’en profiter. Grâce à d’importants investissements pour dépolluer l’eau, le port de Copenhague propose plusieurs sites de baignade. L’un des plus connus est le Islands Brygge Harbour Bath. Il comporte notamment cinq bassins destinés à différents usages (jeux, corridors de natation, etc.) et une tour à plongeons. Très populaire durant les chaudes journées d’été, ce site est également fréquenté en hiver, pour une saucette revigorante.

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Source : ArchDaily

Autrefois dynamique de par ses activités industrielles, le port de Hasle a pris un virage récréatif. Le réaménagement des lieux en 2013 offre un bel espace pour la baignade, la socialisation et la détente, grâce aux nombreuses possibilités offertes pour s’asseoir.

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Source : Bornholm.info

Une structure toute particulière est maintenant devenue iconique dans la région d’Ørestad, non loin de Copenhague. Kastrup Sea Bath comprend plusieurs atouts, dont celui de protéger les baigneurs du vent. Le projet a remporté plusieurs prix architecturaux.

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Source : White Arkitekter

Se baigner dans une barge

Le Badeshiff de Berlin accueille chaque été les résidents comme les visiteurs. Cette ancienne barge industrielle fait partie du complexe multifonctionnel Arena, situé sur une berge de la rivière Spree.

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Source : Source : Badeschiff Berlin / Facebook

La ville de New York propose aussi de se baigner dans une barge durant les journées chaudes. La Floating Pool Lady flotte ainsi sur l’East River.

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Source : The Floating Pool Lady

Des projets audacieux

Mais New York a d’autres ambitions en matière de piscine. La +Pool, un projet dans les cartons depuis déjà plusieurs années, consiste en une piscine en forme de croix, remplie d’une eau filtrée de l’East River et conçue pour y flotter. Les concepteurs de ce projet ont relevé de nombreux défis, dont celui de trouver la bonne technologie pour assainir l’eau. La +Pool vient d’obtenir le feu vert de la Ville pour sa réalisation. La vidéo ci-dessous explique le concept.

Source : Heineken

La ville de Bergen, en Norvège, aura aussi sa piscine flottante. La firme White a conçu les plans d’un vaste projet d’aménagement de parc riverain dans lequel est prévue la construction d’une piscine avec un design signature.

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Source : White Arkitekter

À Londres, le projet collectif Thames Baths s’inspire des piscines publiques flottantes des siècles derniers. Il vise à donner accès à la baignade en plein air à tous. Une installation aquatique quatre-saisons, durable et moderne pour les résidents et les touristes, voilà l’ambition des initiateurs de Thames Baths. La structure envisagée comprend une piscine chauffée et un bassin d’eau froide, un vestiaire, un café et du mobilier pour se détendre. Le concept pourrait être adapté à d’autres sites.

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Source : Thames Baths

Les piscines : des espaces attractifs

La pandémie a mis en lumière l’importance que revêtent les parcs et les espaces publics. Les installations aquatiques extérieures en font partie. L’accès à des plans d’eau pour la baignade en milieu urbain contribue à la qualité de vie des résidents et exerce un pouvoir attractif auprès des touristes, surtout lorsque le design de ces sites enrichit l’image de la destination.

Source de l’image à la une : +pool

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Tendances

S’ADAPTER AU TOURISME D’AUJOURD’HUI ET CRÉER CELUI DE DEMAIN

La vulnérabilité, la fragilité, mais aussi la force, la résilience et la solidarité que démontrent les individus durant cette crise illustrent d’autant plus l’importance de valoriser l’humain dans les communications, qu’elles soient à vocation sociale, professionnelle ou commerciale. 

Si l’enjeu de pénurie de la main-d’oeuvre s’évanouit momentanément, d’autres semblent poindre à l’horizon, tant pour le retour des employés actifs sur le marché du travail que pour la relève qui choisira le tourisme comme carrière. Pour les employés sur le terrain, la situation crée de nouveaux besoins. Cela exige des entreprises et des gestionnaires une adaptation sanitaire et organisationnelle pour favoriser une bonne santé physique et mentale du personnel. 

C’est en ligne que ça se passe 

Depuis mars 2020, les consommateurs ont aiguisé leurs compétences en ligne puisqu’une très grande de leurs activités de communication, de recherche d’information, de divertissement et d’achat se sont déroulés sur le Web. Que ce soit par l’achat en ligne ou par la livraison à domicile, la façon de consommer a changé. La chaîne du service client devra être repensée afin de s’adapter aux nouveaux comportements. 

Une proportion élevée de la population active a goûté au télétravail et elle espère bien pouvoir conserver, du moins en partie, les avantages que lui procure ce nouveau mode de travail à distance. Les expériences de workation ou de flexcation font déjà parties de l’offre de certaines entreprises touristiques d’ici qui souhaitent s’ouvrir à ce segment. 

D’abord, le tourisme local 

Les Québécois qui ont parcouru le Québec durant l’été 2020 y ont pris goût. ils sont nombreux à envisager de réaliser au moins un séjour touristique au cours de la prochaine année dans la province, plus que ceux qui n’y ont pas voyagé durant la saison estivale marquée par la crise. Ils ont aussi découvert de nouvelles activités en plein air ou intensifié la pratique d’un sport. 

À l’avenir,  de nombreux voyageurs québécois envisagent de découvrir davantages les régions de proximité, de planifier plus de séjours en nature et d’adopter peu à peu les principes du tourisme lent (slow travel). D’ailleurs, la hausse des ventes d’équipement de plein air en 2020 devrait inciter l’industrie touristique à promouvoir les lieux de pratique et à déployer une offre de proximité des grandes villes. 

La mobilisation en faveur de l’achat local a bien servi l’agrotourisme. L’année 2020 a vu l’accélération d’actions nécessaires pour rendre disponible l’offre régionale aux citoyens. La mise en valeur des initiatives citoyennes et du savoir-faire local contribue au dynamisme et à l’attractivité des communautés. 

La nouvelle année se présente aussi sous la thématique « locale » et les organisations de gestion de la destination joueront un rôle central. La promotion des valeurs partagées par la communauté devient plus importante que jamais. 

La technologie à la rescousse 

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Certains outils, comme des applications mobiles ou des processus en libre-service, peuvent accroître la confiance et la fidélisation des voyageurs envers l’entreprise et faciliter l’intégration des protocoles sanitaires dans le parcours client. D’autres technologies offrent de gérer efficacement les files d’attente, de réguler les flux de visiteurs et de limiter les contacts. L’expérience client proposé en ressort bonifiée. 

Les réunions et autres rencontres d’affaires virtuelles ont fait leur preuves À l’avenir, les événement hybrides, qui rassemblent des participants sur place et en ligne, permettront de créer des expériences scénarisées enrichies et d’atteindre un public élargi. 

 La ville se redessine 

Les villes du Québec, où les activités ont été mises en pause depuis mars, constituent de véritables moteurs de l’économie touristique en temps normal. Les autorités municipales ont démontré leur capacité à adapter rapidement le territoire pour permettre des déplacements sécuritaires. Des initiatives d’animation urbaine très créatives et d’aménagement originales pour rendre possible l’ouverture sécuritaire des restaurants et autres commerces ont permis de rappeler à quel point les scènes culturelle et gastronomique constituent le coeur de l’attractivité des villes. 

Ensemble, vers une industrie plus résiliente 

Pour s’adapter et optimiser ses pratiques afin de répondre à de nouveaux défis, il est essentiel de collaborer. Rassembler ses forces et ses compétences grâce à des partenariats constitue plus que jamais un facteur de succès pour une destination de l’avenir. Cette unité contribuera aussi à assurer la transition écologique nécessaire de l’industrie. 

Les organisations touristiques ont tout à gagner à réduire leur dépendance envers le tourisme international. Déployer une offre attractive pour les résidents et les visiteurs de proximité, prévoir d’autres usages à des installations qui sont sous-utilisées ou encore miser sur de nouveaux segments de clientèle pour diversifier les sources de revenus fait partie des pistes de solutions. Celles-ci pourraient renforcer les entreprises, les rendre plus résilientes. Elles contribueraient aussi à rendre l’industrie plus identitaire, encore plus ancrée dans son milieu, puisque consommée par les résidents, par les gens de la région qui deviennent eux-mêmes des ambassadeurs du tourisme québécois. 

Cet article a été rédigé en collaboration avec l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. Il provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

 

Image à la une : Stéphanie Chayer, graphiste

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Destinations

La pandémie pousse la ville à se remettre en question

Les autorités se mobilisent

D’abord, tout s’est arrêté. Du jour au lendemain, le cœur des villes a cessé de battre. En fait, beaucoup de centres urbains, encore à ce jour, sont maintenus en vie artificiellement. Les travailleurs, les visiteurs, les étudiants et même les résidents se font rares dans les centres-villes depuis maintenant trop longtemps. Les commerces, ceux qui peuvent encore accueillir la clientèle en fonction des mesures sanitaires, en souffrent sévèrement.

Très rapidement, les autorités municipales ont démontré leur capacité à adapter le territoire pour permettre des déplacements sécuritaires. Plusieurs initiatives ont vu le jour dans les grandes et moins grandes villes à travers le monde : piétonisation, nouvelles voies cyclables, zones de rencontre et terrasses sur les trottoirs et les places publiques. Dans un contexte normal, ce type de projets se bute à de la résistance, nécessite des compromis. Mais avec la crise, il a fallu faire vite, adapter pour sécuriser et faciliter la fréquentation des commerces locaux, maillon essentiel de la vitalité des rues principales. La ville est alors devenue un véritable laboratoire de projets pilotes en accéléré. Comme les habitudes de la plupart des gens ont été bouleversées, leur état d’esprit est probablement plus ouvert, plus disposé aux changements.

Tourisme : une haute saison difficile

Le déconfinement estival a soulagé bien des entreprises, dont de nombreux hôtels, restaurants et attraits touristiques en région. Mais la situation dans les centres urbains s’est avérée bien différente. Selon les estimations de Destination Canada, les taux d’occupation moyens dans les grandes villes canadiennes ont rarement dépassé 40 % à 50 % au plus fort de l’été.

Selon le bilan estival de l’enquête sur les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique québécoise*, la majorité des entreprises situées dans les grands centres urbains du Québec ont vu leurs finances se détériorer davantage durant la haute saison. Les données de la firme STR indiquent un taux d’occupation moyen de 18 % dans les hôtels de Montréal à la fin juillet, du jamais vu.

À court terme : un hiver confiné à domicile… et dehors

Malgré tout, avec l’hiver et la deuxième vague de la pandémie, d’autres initiatives ingénieuses se déploient dans les villes qui doivent conjuguer avec le froid et la neige. Pour des raisons de santé mentale et physique, la population aura plus que jamais besoin de sortir. Cet hiver, la qualité de vie des citoyens passera, entre autres, par l’aménagement des sites extérieurs.

Des architectes, urbanistes et autres professionnels de l’aménagement ont documenté de bonnes pratiques afin d’accompagner les autorités locales dans l’élaboration de concepts adaptés à l’hiver dans un contexte pandémique. Par exemple, pour favoriser la fréquentation des rues commerciales, l’organisation Bench Consulting a mis sur pied le concours Winter Places. Celui-ci vise à multiplier les solutions d’aménagements extérieurs hivernaux à faible coût et à installation rapide. Un guide téléchargeable gratuitement rassemble les initiatives retenues.

villes_redefinir_tourisme_postcovidSource : Pexels

À moyen et long termes : pour des villes plus résilientes

De nombreux professionnels du développement urbain se sont prononcés sur l’avenir des villes compte tenu du contexte actuel. La crise favorisera certainement l’accélération de certaines tendances. Des constructions plus durables, davantage d’agriculture urbaine et d’espaces verts ainsi qu’une place grandissante pour le transport actif et à propulsion électrique constituent des cibles qui gagneront en importance.

Dans cette mouvance, une cinquantaine d’experts et de personnalités influentes au pays, sous l’impulsion de l’ex-urbaniste en chef de la Ville de Toronto, Jennifer Keesmaat, signent la Déclaration 2020 pour la résilience des villes canadiennes. Ce groupe multidisciplinaire propose de développer une économie verte, propre et sobre en carbone en changeant la façon de planifier et d’opérer les milieux urbains. Les signataires formulent ainsi 20 mesures à mettre en place comme point de départ à ce virage. Celles-ci se regroupent sous trois thèmes :

  • Assurer une occupation responsable du territoire ;
  • Accélérer la « décarbonisation » de nos systèmes de transport ;
  • Adhérer au développement durable dans nos environnements naturels et bâtis.

Des solutions concrètes à mettre en place dès maintenant

L’enjeu de la dévitalisation des centres-villes ne date pas de la pandémie. Le magasinage en ligne et les centres commerciaux des banlieues ont contribué à étioler la fréquentation des rues principales. La crise a exacerbé cette dégradation et stimulé la mobilisation des acteurs de différents milieux pour créer des outils concrets de revitalisation. L’Institut urbain du Canada a publié un rapport intitulé : In it Together: Bringing Back Canada’s Main Street qui rassemble des actions pour dynamiser le cœur des villes. Ces propositions sont organisées autour de cinq thématiques phares : les gens, les lieux, le soutien, les commerces et le leadership.

Au Québec, le Centre d’écologie urbaine de Montréal et la Chaire de recherche In.SITU de l’ESG UQAM ont lancé une plateforme Web rassemblant une panoplie de ressources pour l’aménagement des villes, dont six fascicules offrant la marche à suivre pour réaliser des projets de rues conviviales.  

Et le tourisme ?

Les villes du Québec sont de véritables moteurs de l’économie touristique. Des centres urbains dynamiques, animés, où les scènes culturelles et gastronomiques sont vibrantes et identitaires, où il fait bon vivre et où les résidents sont fiers et heureux d’accueillir le visiteur, voilà des villes attractives, tant pour les touristes d’agrément que d’affaires. Veillons à ce que la pandémie de COVID-19 ait servi à propulser un virage essentiel pour l’avenir des villes, une sorte de legs qui profite aussi bien aux résidents, aux entreprises qu’aux clientèles touristiques.

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*L’enquête portant sur les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique québécoise est une étude menée en trois volets, d’avril à septembre 2020, par la Chaire de tourisme Transat en partenariat avec le ministère du Tourisme, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec et les associations touristiques régionales et sectorielles.

 

Image à la Une : Pexels 

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Marketing Tendances

Transformation des habitudes de consommation

Le « temps d’écran » explose !

Confiné à la maison, encouragé à ne pas sortir, le monde entier s’est tourné davantage vers les écrans. Durant le printemps 2020, Statistique Canada rapporte que le trafic Internet mondial aurait augmenté de 40 à 60 %. Les sites Web de journaux, les applications de communication vidéo, les jeux, le travail et les programmes d’apprentissage sont responsables de cette croissance. Le télétravail marque cette période pour un grand nombre de ménages (lire aussi : Les télétravailleurs, un segment à conserver dans nos radars).

La fermeture des commerces non essentiels lors des premiers mois de la pandémie a fait fleurir le magasinage en ligne. À titre d’exemple, les données colligées par Statista démontrent que les ventes en ligne d’électroménagers, d’appareils électroniques, de matériaux de construction et de matériel de bricolage ont connu une hausse spectaculaire de 587 % de la mi-mars à la mi-avril au Canada. Voilà une habitude qui pourrait bien se poursuivre et s’étendre à d’autres secteurs vu la convivialité du processus.

Les entreprises qui ont une forte présence en ligne et disposent d’un site transactionnel ont une importante longueur d’avance.

Les entreprises qui ont une forte présence en ligne et disposent d’un site transactionnel ont une importante longueur d’avance. Dans cette optique, la Banque de développement du Canada (BDC) signale que les investissements des organisations dans le marketing de contenu, l’analyse des données, l’optimisation des moteurs de recherche et la gestion des médias sociaux doivent être maintenus et soutenus.

Les achats locaux

Un mouvement de solidarité envers les commerces locaux s’est organisé afin de leur permettre de sortir la tête de l’eau durant cette crise pendant laquelle ils ont été forcés de fermer temporairement. Un sondage de Léger auprès des Québécois révèle que le tiers des répondants disent acheter davantage de produits alimentaires locaux qu’avant la crise. Aussi, 18 % mentionnent qu’ils consomment plus de « culture québécoise ». Les entreprises agrotouristiques d’ici ont pu constater cet engouement à l’été 2020 (lire aussi : L’agrotourisme tire son épingle du jeu).

L’opération de séduction des produits québécois auprès des gens d’ici doit se poursuivre pour développer des réflexes chez les consommateurs, pour alimenter la fierté et former des ambassadeurs de ces produits auprès des touristes internationaux.

Les conférences en ligne

Les réunions en ligne sont devenues monnaie courante pour un grand nombre de travailleurs. Ces rencontres virtuelles, très prisées par les télétravailleurs, se sont aussi révélées profitables pour les échanges entre organisations. Comme la période pandémique se prolonge et nécessite que les entreprises s’adaptent aux communications à distance, cette pratique des rencontres virtuelles s’ancre dans les habitudes et risque de perdurer, du moins en partie. Les échanges véritables en personne seront néanmoins toujours nécessaires dans le but de développer des liens de confiance.

Aussi, les événements professionnels sur Internet gagnent la faveur des participants. Bien qu’ils reconnaissent l’intérêt des rencontres en face à face parce qu’elles sont essentielles pour maintenir des relations d’affaires de qualité, les utilisateurs apprécient les conférences en ligne pour obtenir les contenus partagés sans devoir se déplacer.

Coupe forcée dans les loisirs

Une étude de Statistique Canada démontre à quel point le budget des Canadiens s’est transformé avec la crise. Elle révèle, entre autres, une baisse importante de la part des dépenses en transport ainsi que de celle attribuée aux loisirs. Cette dernière a chuté de plus de la moitié ; de 12 % en février 2020 elle a atteint 5 % trois mois plus tard. La fermeture des salles de spectacles, des commerces, des restaurants, des cinémas, des musées et autres lieux de divertissement explique en grande partie ce résultat.

Rien n’indique que les gens choisiront de poursuivre dans cette voie, au contraire. Le stress lié à l’isolement social pèse sur la population, particulièrement durant cette 2e vague. Le retour à des activités de loisirs avec la famille et les amis est très attendu.

Indice de confiance des consommateurs

Sur le plan économique, les Québécois ont confiance en l’avenir. C’est dans la belle province que l’indice de confiance des consommateurs, élaboré par le Conference Board du Canada, est le plus élevé pour le mois de novembre 2020. Bien que les Québécois soient préoccupés par leurs finances, ils sont plus optimistes qu’ils ne l’étaient le mois précédent. Près du tiers des répondants québécois estiment que le moment est propice pour procéder à des achats importants. Il s’agit de la plus forte proportion au pays.

L’épargne des Canadiens

La RBC estime que la population dispose de liquidités évaluées à 160 milliards de dollars

La crise sanitaire a engendré une hausse importante de l’épargne des Canadiens, selon une analyse de la RBC. La baisse des dépenses due au confinement et le report du remboursement de prêts, combinés au maintien des revenus pour de nombreux ménages et aux mesures de relance du gouvernement fédéral expliquent cette épargne. La RBC estime que la population dispose de liquidités évaluées à 160 milliards de dollars (!). Voilà une occasion en or de se positionner avantageusement dans le radar de ces Canadiens qui ne demandent qu’à voyager à nouveau.

Recommandations :

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Cet article provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

 

Source de l’image à la une : Unsplash

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Tendances

Les grandes observations 2020 : l’économie

La crise de la COVID-19 plonge l’économie mondiale dans la pire récession depuis la Seconde Guerre, selon les informations transmises par la Banque mondiale. Les projections sont très difficiles à produire compte tenu de l’évolution rapide de la situation. En date du 7 décembre 2020, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) évalue le recul du PIB à 4,2 % pour 2020, mais prévoit une progression équivalente en 2021.

Au Canada, la baisse du PIB se chiffre plutôt à 5,4 % et la croissance prévue pour 2021 atteint seulement 3,5 %. Les pays les plus durement touchés par la pandémie sont ceux qui dépendent du commerce mondial, du tourisme, des exportations de produits de base et de financements extérieurs.

Le tourisme : l’un des secteurs les plus touchés par la crise

Le tourisme représente la troisième catégorie d’exportation au monde. En 2019, cette industrie comptait pour 7 % du commerce international. Il s’agit de l’un des secteurs les plus touchés par la pandémie. Le nombre d’arrivées touristiques internationales a chuté de 70 % de janvier à août 2020 par rapport à 2019. Ce déclin se traduit par 700 millions d’arrivées en moins, et une perte de 730 milliards de dollars américains en revenus d’exportation.

Quarante milliards de dollars en moins pour le Canada

L’économie canadienne n’est pas épargnée par la crise. Les pertes sur le plan des recettes touristiques (incluant celles du tourisme domestique) pour 2020 pourraient correspondre à une baisse de 61 % par rapport à 2019, soit près de 40 milliards de dollars canadiens en moins dans les coffres des entreprises du pays. Les deux secteurs économiques les plus touchés par la fermeture d’organisations sont issus de l’industrie touristique : les services d’hébergement et de restauration, ainsi que le milieu des arts, du divertissement et des loisirs.

Près de 40 milliards de dollars canadiens en moins dans les coffres des entreprises du pays

Durant le 2e trimestre de 2020, les transporteurs aériens canadiens ont déclaré des baisses de revenus de 95 %. Pour cette même période, le secteur de l’hébergement enregistrait des pertes de 74 %. Pour les événements d’affaires au pays, le constat est aussi troublant : un manque à gagner de 1,3 milliard de dollars en dépenses directes provoqués par l’annulation de 3 668 événements et l’absence de 1,5 million de délégués. 

Les entreprises du Québec sont inquiètes

Selon Statistique Canada, le Québec comptait 27 % moins d’entreprises en activité dans le secteur de l’hébergement et de la restauration et dans celui des arts, du divertissement et des loisirs pour la période de janvier à juin 2020.

Au printemps dernier, à l’occasion du sondage sur les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique québécoise*, 47 % des organisations sondées avaient vu leur situation financière se détériorer. Lors du coup de sonde suivant, réalisé à la fin du mois d’août, 45 % des entreprises interrogées jugeaient que leur sort s’était amélioré durant l’été. Néanmoins, les grands centres urbains ont été plus durement affectés par la crise. Plus de la moitié des répondants (57 %) situés dans les villes estimaient que malgré le déconfinement et les vacances d’été, leur situation financière s’était détériorée. Les pertes financières accumulées depuis le début de la crise soulèvent l’inquiétude de 60 % de l’ensemble des répondants.

Selon les données de Statistique Canada, la période estivale a pourtant permis un rebond de l’économie québécoise. Le taux de chômage, qui s’élevait à 9,1 % pour l’ensemble du Québec au mois d’août, est toutefois demeuré plus élevé dans l’industrie touristique, à 16,4 %. Par ailleurs, le Conference Board du Canada précise qu’avec la recrudescence de la COVID-19, les progrès économiques enregistrés à l’été au Québec se sont atténués en octobre, marqués par des pertes d’emplois dans les secteurs de l’hébergement et de la restauration.

Retour à la « normale »

Le lancement du processus de vaccination massive donne de l’espoir aux organisations touristiques.

Il laisse entrevoir la levée graduelle des restrictions de voyage, des mesures de distanciation et des protocoles sanitaires exceptionnels. Mais dans combien de temps ?

Destination Canada émet des scénarios de reprise. Selon l’organisme, une réouverture des frontières à l’ensemble des marchés en avril 2021 entraînerait un retour à la « normale » en 2025 alors qu’une réouverture en octobre 2021 repousserait à 2026 le rétablissement au niveau de 2019. Outre l’état des frontières et des restrictions de voyage, c’est surtout de la confiance des voyageurs dont dépendra la reprise.

Cet article provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

*L’enquête portant sur les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique québécoise est une étude menée en trois volets d’avril à septembre 2020 par la Chaire de tourisme Transat en partenariat avec le ministère du Tourisme, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec et les associations touristiques régionales et sectorielles.

 

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L’hébergement touristique au Québec : des performances inégales pour la saison estivale

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec le ministère du Tourisme, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec et les associations régionales et sectorielles, a suivi de près les répercussions de la COVID-19 sur l’industrie touristique grâce à une série de trois enquêtes. 

Les résultats présentés ci-après proviennent de la collecte en ligne réalisée du 14 au 24 août dernier auprès de 1 210 organisations touristiques québécoises. Ils mettent en perspective la situation des répondants du secteur de l’hébergement, ce qui correspond à un échantillon de 502 répondants.

Amélioration de la santé financière pour une majorité d’établissements

Plus de la moitié (56 %) des répondants appartenant à l’hébergement touristique estiment que la situation financière de leur organisation s’est améliorée depuis le début de l’été ; davantage que la moyenne de l’industrie touristique (45 %). Cette amélioration est surtout attribuable à la performance des résidences de tourisme (catégorie qui comprend les chalets), à celle des campings/prêt-à-camper/hébergement insolite ainsi qu’à l’hôtellerie de moins de 100 chambres. Toutefois, la catégorie d’hébergement dont la situation financière s’est dégradée pour la plus grande part des répondants depuis juin est l’hôtellerie de 100 chambres et plus. Le portrait pour les pourvoiries est plus mitigé : la moitié des répondants affirment que la situation s’est améliorée alors que 41 % déplorent plutôt une détérioration de leur santé financière.  

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Préoccupés par les pertes financières

Les pertes financières, les liquidités et l’endettement de l’organisation sont les éléments qui soulèvent le plus d’inquiétudes chez les répondants du secteur de l’hébergement touristique au Québec (voir le graphique ci-dessous). Globalement, les niveaux de préoccupation sont assez semblables à ceux de l’ensemble de l’industrie. Toutefois, les responsables de l’hôtellerie de 100 chambres et plus sont davantage préoccupés que ceux d’autres catégories d’hébergement, et ce, pour la plupart des indicateurs pour lesquels ils ont été sondés. Les répondants des résidences de tourisme et des campings, quant à eux, sont significativement moins préoccupés que ceux de plusieurs autres secteurs, dont l’hôtellerie et les gîtes.

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Une satisfaction inégale

La satisfaction à l’égard de la saison estivale varie fortement selon le type d’hébergement. Les campings et les résidences de tourisme remportent les moyennes les plus fortes alors que l’hôtellerie de 100 chambres et plus enregistre une moyenne beaucoup plus faible compte tenu de la forte proportion d’insatisfaction face à la saison estivale 2020. À titre comparatif, le niveau de satisfaction moyen pour l’ensemble de l’industrie touristique s’élève à 6,0. Il se situe à 6,2 pour l’hébergement.

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Performance par rapport à 2019

En moyenne, les entreprises de l’industrie touristique évaluent avoir reçu l’équivalent de 70 % de l’achalandage enregistré à l’été 2019 durant la saison estivale 2020. Cette moyenne est similaire pour l’hébergement (69 %), mais elle varie beaucoup selon le type d’établissements. Certains déclarent une fréquentation comparative plus accrue que les autres, notamment les campings (91 % de l’année 2019), les résidences de tourisme (88 %) et les pourvoiries (72 %).

Le chiffre d’affaires a souffert de la baisse d’achalandage. La clientèle hors Québec dépense généralement plus que les visiteurs intra-Québec. Ainsi, les répondants de l’hébergement touristique estiment que l’été 2020 a permis de récolter 63 % du chiffre d’affaires de 2019. Les campings (79 %), les résidences de tourisme (78 %) et les pourvoiries (66 %) s’en sortent mieux que les autres.

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Un avenir incertain

Alors que 37 % des répondants d’établissements d’hébergement sondés sont plutôt inquiets pour la survie de leur organisation d’ici les six prochains mois, c’est le cas de plus de la moitié (52 %) de ceux qui représentent les gîtes ou encore les hôtels de 100 chambres et plus (54 %).  

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Le milieu de l’hébergement de plein air, soit les campings, les résidences de tourisme et les pourvoiries, se dit plutôt optimiste face à l’avenir. Le graphique suivant démontre en effet que si ce n’est déjà fait, un retour à la normale des activités est envisageable d’ici un an pour la plus grande part de ces types d’établissements. Il en est de même pour l’hôtellerie de moins de 100 chambres et les gîtes, qui croient en un retour à leur vitesse de croisière habituelle d’ici un an ou deux. Les répondants pour l’hôtellerie de 100 chambres et plus se disent plus pessimistes. Les signaux envoyés jusqu’ici leur indiquent que cette reprise pourrait prendre deux (47 %) voire trois ans (34 %). 

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Le 3e volet du sondage de la Chaire de tourisme concernant les impacts de la COVID-19 sur l’industrie touristique vient confirmer certaines observations quant à la forte attractivité des destinations de plein air durant l’été 2020, et ce, au détriment des grandes villes. Ces dernières, où se trouvent plus des trois quarts des répondants de l’hôtellerie de 100 chambres et plus, font face à de nombreux défis qui pourraient s’exacerber si la crise sanitaire perdure. En milieu rural, l’attrait du plein air ouvre de nouvelles fenêtres pour les organisations concernées, du moins tant que le confinement est levé.

Pour en savoir plus, consultez les faits saillants du 3e volet de l’enquête portant sur l’impact de la COVID-19 sur les organisations touristiques québécoises. 

 

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Miser sur le tourisme local : oui, mais comment?

Les Québécois au Québec

Plus que jamais auparavant, le tourisme au Québec dépend du marché intérieur. En 2000, les dépenses des Québécois comptaient pour 58 % des recettes touristiques. Cette proportion a grimpé à 63 % en 2017 et on suppose qu’avec la fermeture des frontières, elle représentera presque la totalité des revenus pour l’année 2020.

Mais les Québécois avaient aussi pris l’habitude de voyager à l’étranger. Les données du ministère du Tourisme indiquent qu’en 2017, ils ont dépensé 8,1 milliards de dollars en voyage à l’international alors que les touristes internationaux ont injecté 3,6 milliards de dollars dans l’économie québécoise, soit un déficit touristique de 4,5 milliards de dollars. Les restrictions liées à la pandémie pourraient donner l’occasion aux Québécois de débourser ces dollars-voyages ici même, dans les entreprises de leur province. Les programmes Explore Québec sur la route et le Passeport Attraits y contribueront certainement.

Promouvoir le tourisme local

En cette période de crise qui se prolonge, toutes les destinations jonglent avec cette idée de faire voyager les gens dans leur propre pays. Dans un récent rapport, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) présente de nombreuses initiatives dont l’objectif consiste à développer le marché touristique intérieur. Incitatifs économiques, campagnes marketing, organisation de l’offre, les mesures foisonnent et certaines ont retenu notre attention. En voici quelques-unes partagées dans le rapport de l’OMT ainsi que d’autres, interceptées dans le radar du Réseau de veille.

Slovénie : rassurer puis aider à planifier

L’organisme de gestion de la destination (OGD) de la Slovénie a déployé de nombreux efforts pour stimuler la demande intérieure. Dans un premier temps, il s’est concentré sur la santé et la sécurité dans les organisations. Déjà bien en selle en matière de tourisme durable — l’OGD a remporté plusieurs distinctions au cours des dernières années à cet égard — la destination a renforcé les mesures d’hygiène dans les entreprises qui peuvent ensuite afficher le logo Green & Safe.

Source : Slovenian Tourist Board 

Pour mousser l’offre touristique auprès de la population, le Slovenian Tourist Board (STB) a développé une campagne avec la collaboration des OGD des régions. Chacune a ainsi été invitée à soumettre trois itinéraires à l’intention des voyageurs slovènes. Ils sont présentés dans la langue nationale, sur le portail Web de l’OGD et sur les médias sociaux, propulsés par l’opération The Time is Now. My Slovenia. De courte, moyenne ou longue durée, les parcours sont disponibles sur Trip planner, l’application Web utilisée par le STB pour outiller les voyageurs dans l’organisation de leur séjour. Les responsables des régions et les fournisseurs touristiques ont été formés par webinaire pour gérer eux-mêmes les informations et les mises à jour à apporter concernant leur offre sur le portail.

En plus d’une vidéo promotionnelle illustrant les paysages exceptionnels de la Slovénie, la campagne comprend une série de courts témoignages mettant en vedette des personnalités connues et moins connues de l’industrie touristique. Voilà une très belle façon, en cette période particulièrement difficile pour les entreprises du tourisme, de montrer des visages et d’humaniser ce secteur. Les vidéos sont en slovène puisqu’elles s’adressent au marché intérieur.

Source : YouTube 

Finlande : 100 raisons pour voyager au pays

Le gouvernement de la Finlande a accordé 500 000 euros pour bonifier la campagne 100 Reasons to Travel in Finland élaborée par la Finnish Association of Tourism Organisations (Suoma Ry, en finnois). Elle vise à donner une vitrine aux petites et moyennes entreprises touristiques du pays. Ces dernières sont invitées à se joindre à la campagne moyennant la somme de 300 euros.

Le portail Web, très illustré, permet à l’utilisateur de choisir parmi la centaine d’offres selon les catégories, de les visualiser rapidement sur une carte de la Finlande, d’obtenir l’itinéraire pour s’y rendre ou encore de consulter les propositions de circuits. On encourage ainsi les Finlandais à voyager au pays afin de soutenir les organisations touristiques des régions. Le site Web est en finnois.

Source : 100syyta.fi 

Australie : bien informer les voyageurs

L’organisme Tourism Australia a développé une plateforme en ligne dans le but d’informer les Australiens sur les mesures sanitaires dans chaque région et chaque secteur concerné par le tourisme. La carte interactive permet de prendre facilement connaissance des restrictions de voyage et des mises en garde, avant de connecter l’utilisateur aux services et aux offres touristiques. Le site est agréable à consulter et mis à jour régulièrement.

Source : Australia.com 

Norvège : inciter à skier

Pour inciter la population de la Norvège non initiée au ski à fréquenter les stations cet hiver, Visit Norway a développé une série de vidéos mettant en vedette des skieurs expérimentés… âgés de six ans. Il s’agit ici d’un clin d’œil quant à l’idée que les Norvégiens soient nés avec des skis dans les pieds. Sur le site Web de Visit Norway, on précise que si ce n’est pas le cas, les conseils promulgués par les jeunes experts permettent de se lancer dès cet hiver. Ainsi, les mini classes de maître offrent une série d’astuces pour les débutants. Cette campagne, en anglais, peut aussi bien interpeller les touristes internationaux.

 

Source: Visit Norway

Formons les meilleurs ambassadeurs

La crise a des impacts dévastateurs sur l’industrie touristique. Mais elle crée aussi des opportunités. Voilà une occasion de faire découvrir aux voyageurs québécois les différentes facettes des régions de leur province. Ils sont exigeants, expérimentés. Offrons-leur ce qu’il y a de mieux. Leur fierté n’en sera que rehaussée et ils deviendront les meilleurs ambassadeurs lorsque les frontières seront rouvertes.

 

 

Image à la une : Unsplash