Catégories
Tourisme durable

Réduire le gaspillage des buffets à volonté

L’hôtel Hyatt Regency Orlando, en Floride, a accueilli une équipe de chercheurs de la firme de design Ideo afin de trouver des solutions pour réduire le gaspillage alimentaire au sein de son service de nourriture et boisson, en particulier dans les buffets à volonté. Les experts ont étudié chacune des facettes de ce point de restauration, de la préparation de la nourriture à la mise en place, en passant par les comportements de la clientèle.

 

Près de la moitié non consommée

Plusieurs faits sont ressortis de leurs observations :

  • Les clients consomment un peu plus de la moitié de la nourriture disponible sur le buffet ;
  • Seulement 10 à 15 % des restants peuvent être réutilisés ou donnés en raison des règlements relatifs à la sécurité alimentaire ; le reste est jeté à la poubelle ;
  • Le café, le jus et autres liquides génèrent d’importants déchets.

Une habitude à changer

une des raisons de ce gaspillage est la crainte de manquer de nourriture

Ideo a constaté que l’une des raisons de ce gaspillage est la crainte du personnel hôtelier et des organisateurs de conférence de manquer de nourriture, ce qui les pousse à commander de plus grandes quantités au service de la cuisine. De son côté, la clientèle a tendance à se servir généreusement pour éviter de revenir une seconde fois au buffet et de manquer de choix.

Gérer les portions et mieux connaître la clientèle

À la suite de ces constats, l’hôtel a entrepris des changements, qui seront reproduits dans d’autres établissements de la chaîne à travers les États-Unis. À présent, les clients commandent un repas auprès des serveurs à partir d’un choix de différentes assiettes disposées sur le buffet. De plus, les portions sont réduites : les yogourts sont servis dans des contenants individuels au lieu d’être dans un grand bol, les pâtisseries sont préparées en mignardises et les paniers de pain sont garnis plus modestement. Selon le chef exécutif de l’hôtel, Lawrence Eells, le coût du buffet a été réduit de 10 %, sans que la clientèle s’en plaigne. Selon lui, ces changements ont été acceptés, car ils correspondent au virage santé entrepris par de nombreux clients.

D’autre part, les informations à propos des préférences alimentaires des clients sont collectées en amont de leur visite, tout comme leur intention de manger au restaurant de l’hôtel. Cela permet au chef et aux organisateurs d’événements de mieux planifier la quantité de nourriture à commander et à préparer.

Partage de bonnes pratiques

Le groupe Hyatt et la firme Ideo collaborent avec le Fonds mondial pour la nature afin de créer un répertoire de bonnes pratiques pour combattre le gaspillage de nourriture dans l’industrie hôtelière. Cet enjeu préoccupe les gestionnaires de tous les secteurs touristiques qui ont une offre de restauration. Relisez notre analyse Mieux gérer le gaspillage en hôtellerie et en restauration pour obtenir plusieurs conseils à ce sujet.

Source de l’image à la une : Pixabay

Catégories
Tourisme durable

Comment sensibiliser vos clients au développement durable

La transparence

Hans Pfister, propriétaire de la chaîne hôtelière Cayuga Collection au Costa Rica, estime que la transparence quant aux pratiques est importante. L’entreprise a développé un tour guidé des lieux non accessibles en temps normal dans chacun de ses hôtels. Pendant deux heures, les clients explorent, entre autres, la cuisine, les quartiers du personnel et les entrepôts, et réalisent ainsi tous les efforts déployés afin de rendre les établissements durables et responsables. 

L’implication

Pour Lucy Flemming, copropriétaire du Chaa Creek Resort au Belize, exposer les invités aux principes du tourisme durable ne suffit pas. Il est nécessaire de les impliquer dans le processus. Durant les activités sur le site, par exemple, les propriétaires et les guides expliquent les efforts de développement durable et obtiennent des commentaires en retour. Les propriétaires ont découvert que les clients sont enthousiastes de partager leurs idées et leurs expériences. Au fil des ans, plusieurs suggestions mises de l’avant ont bonifié le site.

Selon Mme Flemming, le tourisme durable est efficace lorsqu’il implique une collaboration entre les invités, les communautés locales et l’établissement.

La diffusion

Pour augmenter la visibilité des pratiques culturelles et durables entreprises par la ville, l’Office de tourisme de Sante Fe, au Nouveau-Mexique, mise principalement sur les médias sociaux. Comme le rapporte le directeur général Randy Randall, son équipe est très active sur le Web et produit une série de vidéos diffusées sur YouTube. Elle a également augmenté les campagnes quotidiennes sur les autres médias sociaux.

L’équipe de Tourism Santa Fe travaille en étroite collaboration avec des guides locaux, des historiens et des experts du département de préservation historique de la Ville. Ces spécialistes n’hésitent pas à se joindre aux tournées médiatiques et aux visites de presse.

Avez-vous des conseils pour sensibiliser vos clients aux pratiques de développement durable ?

Source de l’image à la une : Unsplash

 

Catégories
Tourisme durable

Développement durable : les entreprises touristiques s’engagent !

Les Nations Unies ont proclamé 2017 l’année internationale du tourisme durable pour le développement. L’occasion pour les organisations touristiques d’accentuer leurs efforts favorisant leur durabilité économique, sociale et environnementale. Pour maximiser l’impact global de l’industrie, le partage de connaissances et de bonnes pratiques est essentiel.

 

 

 

Guide de bonnes pratiques pour l’industrie

L’Organisation mondiale du tourisme et le réseau espagnol du Pacte mondial des Nations Unies mènent en commun un projet intitulé « Le tourisme responsable, un engagement mondial ».

Il est possible de contribuer à la réalisation des 17 Objectifs de développement durable (ODD) fixés par les Nations Unies

Il implique 13 organisations touristiques espagnoles qui promeuvent de manière tangible le tourisme durable à travers leurs activités de responsabilité sociale. Le projet, présenté dans ce document, démontre qu’il est possible de contribuer à la réalisation des 17 Objectifs de développement durable (ODD) fixés par les Nations Unies dans le cadre de leur programme pour le développement (le PNUD).

Programme-des-Nations-Unies-pour-le-developpement

Source : Programme des Nations Unies pour le développement

Le guide, à la fois boîte à outils et recueil d’études de cas, regroupe les témoignages des organisations espagnoles à propos de leurs actions durables en lien avec les ODD. En voici une sélection.

Intégration des personnes en situation de handicap

Inegalites-reduitesIlunion Hotels poursuit l’objectif d’être rentable à long terme tout en intégrant des personnes en situation de handicap au sein de ses effectifs. L’hôtel Ilunion Suites Madrid est le premier centre d’emploi spécial du groupe : 70 % du personnel est touché par un handicap. Dans l’ensemble de la chaîne hôtelière, ce chiffre est de 40 %, en incluant les entreprises sous-traitantes.

Ce modèle d’intégration professionnelle a connu un tel succès qu’il a été reproduit dans trois autres établissements à Valence et à Barcelone. Le principal objectif est d’améliorer l’employabilité de ces personnes en situation de handicap, qui bien souvent occupent des postes qui ne leur sont pas familiers. Les candidats étant recrutés pour leur professionnalisme et bien entendu leur capacité à accomplir les tâches, le processus de sélection contribue de ce fait même à la réussite de ce projet. La mise en place d’un environnement de travail adapté à leur condition est autre facteur de réussite.

La communication comme axe majeur des actions durables

Consommation-et-production-responsablesL’agence de voyages Tarannà Viajes con Sentido a intégré plusieurs pratiques de responsabilité sociale des entreprises (RSE) à sa gestion quotidienne. Toutes ses actions de développement durable : code d’éthique, engagements, projets et rapports d’activités de RSE (voir l’infographie ci-dessous présentée dans le rapport 2015) sont détaillés sur son site Web. Un calculateur d’émission de CO2 est disponible afin que le visiteur mesure son impact selon la durée de son vol. Il peut ensuite faire un don équivalent à son empreinte carbone.

Agence-de-voyages-Taranna-Viajes-con-Sentido

Source : Tarannà

Pour une entreprise ne possédant que deux agences avec pignon sur rue, cette initiative est exemplaire et démontre que s’engager pour le développement durable est accessible à toute organisation, peu importe sa taille.

Un site collaboratif pour le partage de connaissances

Partenariats-pour-la-realisation-dobjectifsMinube est un site Web de commentaires de voyageurs. Son fondateur, Raúl Jimenez, a créé Minube School, une plateforme d’apprentissage collaboratif, afin que les acteurs de l’industrie touristique et les voyageurs partagent leurs pratiques durables et responsables. Les rencontres se tiennent à la fois en ligne et hors ligne. Minube School est présente à de nombreux événements où elle organise des causeries et des conférences. Son but est de responsabiliser les parties prenantes, d’améliorer leurs pratiques, de mieux les aligner sur les ODD des Nations Unies et de cocréer des destinations durables. L’organisation souhaite encourager la collaboration entre entreprises, entre les secteurs privé et public, ainsi 

qu’entre les universités et les entreprises. Plus de 1,6 million de visiteurs à travers le monde se sont enregistrés sur la plateforme. Un livre blanc sur le tourisme durable et responsable incluant des conseils et des cas de bonnes pratiques a été publié en 2016.

Prendre à cœur la santé des employés

PortAventuraBonne-sante-et-bien-etre, le plus grand parc d’attractions d’Europe du Sud, a développé plusieurs projets afin d’améliorer la santé globale de ses employés. L’organisation propose notamment le programme 50-50, créé par la Fondation SHE, pour ceux qui souhaitent corriger leurs habitudes de vie et réduire les principaux facteurs de risques de maladies cardiovasculaires. Les participants assistent à dix heures d’ateliers de formation et de motivation sur la gestion du stress, l’alimentation saine, l’exercice physique, etc. Un suivi est effectué un an après pour les sensibiliser à l’épanouissement personnel et au développement des compétences. Le projet s’accompagne d’une évaluation scientifique des résultats et du niveau de satisfaction des participants. Outre une meilleure santé des employés, d’autres impacts positifs ont été notés : réduction du taux d’absentéisme et d’accidents, hausse du sentiment d’appartenance à l’entreprise, amélioration de son image de marque, etc.

Création du tableau de bord du tourisme durable

En mars dernier, les Universités Griffith en Australie et de Surrey au Royaume-Uni, en partenariat notamment avec EarthCheck et le World Travel & Tourism Council, ont mis en ligne le « Tableau de bord du tourisme durable », un site regroupant une multitude de données sur le développement durable dans l’industrie touristique. Encore une fois, les ODD des Nations Unies ont été utilisées pour le choix des indicateurs et des thèmes abordés. Une infographie résume les principales statistiques.

Global-Sustainable-Tourism-Dashboard

Source : Global Sustainable Tourism Dashboard

Le but de ces plateformes de partage de connaissances et de bonnes pratiques est de sensibiliser et d’appeler à l’action toutes les parties prenantes de l’industrie touristique.

Et vous, comment intégrez-vous le développement durable à vos activités ?

 

Source de l’image à la une : Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)

Analyse rédigée en collaboration avec Julie Payeur.

Catégories
Produits et activités Tourisme durable

De petites villes utilisent leurs atouts pour se revitaliser

De nombreuses villes qui se sont développées autour d’une seule industrie durant plusieurs décennies, ont vu ce secteur d’activité s’effriter ou des entreprises phares quitter la région. Affligées par les effets de l’étalement urbain, ces petites villes se sont retrouvées avec des centres-ville désertés. Certaines ont surmonté ce passage à vide, non sans efforts, pour connaître aujourd’hui de beaux succès et une notoriété sur le plan touristique. Une étude américaine de la United States Environmental Protection Agency rassemble plusieurs exemples de réussite.

Voici les cas de Paducah, dans l’État du Kentucky et de Roanoke en Virginie.

Paducah mise sur les arts et la culture

Dans les années 1980, la municipalité de Paducah (25 000 habitants) souffre d’un manque de vitalité économique et assiste à l’exode de sa population vers la banlieue. Le centre-ville, composé en grande partie de bâtiments historiques, enregistre un taux d’inoccupation de 70 %. La criminalité rend le lieu d’autant moins fréquentable.

Revitalisation petite ville arbres batiments historique

Source: Calebism

En 1988, la mairesse ainsi que plusieurs partenaires publics qui formeront le Paducah Renaissance Alliance, considèrent alors que le succès de la ville passe par un centre-ville en santé. On choisit de redorer le blason de Paducah en misant notamment sur ses atouts, dont son secteur historique, la « Renaissance Area ».

Impliquer les artistes 

L’un des éléments phares de l’approche consiste à valoriser les institutions culturelles qui ont le potentiel de drainer de l’activité dans le secteur. Le National Quilt Museum, inspiré par des résidents passionnés de matelassage, la Paducah School of Art and Design et le Luther F. Carson Four Rivers Center qui accueille des spectacles d’envergure voient le jour. Quelque 665 000 personnes provenant des quatre coins du pays ont assisté à l’un de ses événements dans les cinq ans qui ont suivi son ouverture.

Les efforts de revitalisation d’un secteur résidentiel central de la ville sont également notables. La Ville a consenti à vendre à des artistes pour la somme de 1 $ plusieurs immeubles qui devaient être entièrement rénovés. Des programmes de subvention et des ententes pour des loyers peu élevés ont permis au secteur de renaître et d’attirer des gens de partout, grâce aux ateliers et aux galeries d’art qui y ont vu le jour. D’autres types de commerces, comme des restaurants, des cafés, des boutiques se sont ensuite greffés au paysage pour combler les désirs de cette nouvelle affluence.

Revitalisation petites villes artistes

Source : Noah Adams/NPR

Ville créative de l’UNESCO 

En 2007, une étude menée par Americans for the Arts révèle que les organisations artistiques et culturelles à but non lucratif ont généré près de 40 millions de dollars américains en activités économiques dans la grande région de Paducah. Durant cette même année, plus de 400 000 personnes ont assisté à des événements culturels; 38 % d’entre elles provenaient de l’extérieur de l’État.

Jusqu’en 2010, environ 100 millions USD ont été investis dans le centre-ville de Paducah, dont la moitié venant du milieu privé. Les efforts de la Paducah Renaissance Alliance ont contribué à :

  • l’ouverture de 234 nouvelles entreprises;
  • attirer plus de 70 artistes qui ont rénové des bâtiments abandonnés;
  • la création de 1 000 nouveaux emplois;
  • la rénovation de 119 bâtiments;
  • une chute du taux d’inoccupation des bâtiments de 70 % à 14 %;
  • l’amélioration drastique de la qualité de vie;
  • une hausse considérable de la fréquentation et des dépenses touristiques;
  • la désignation par l’UNESCO, en 2013, de Paducah comme ville créative dans la catégorie : « artisanat et arts populaires ». Une reconnaissance bien méritée après plus d’une décennie d’efforts et d’investissements dans les arts et la culture.

Roanoke table sur le plein air

Dans les années 1980, la ville de Roanoke (98 465 résidents) voit plusieurs entreprises quitter son centre-ville, dont un siège social important (Norfolk & Western Railway) entraînant du même coup une série de pertes d’emplois. Les résidents quittent le centre-ville pour la banlieue et de nombreux bâtiments sont laissés à l’abandon.

Avec une situation géographique unique en Virginie, dans une vallée le long du Blue Ridge Parkway, une zone qui relie des parcs nationaux et le sentier des Appalaches, le plein air comme outil de développement économique s’impose.

Les autorités s’engagent alors à :

  • réaménager le centre-ville;
  • faire des loisirs de plein air un moteur économique;
  • créer un centre de recherche biomédical et un carrefour technologique.

 

Un dynamisme renouvelé 

Des programmes d’incitatifs à la rénovation ont été mis en place. La Ville a offert des subventions pour l’amélioration des espaces publics et des parcs urbains. Elle a contribué à créer un partenariat entre une organisation biomédicale, le collège Virginia Tech et University of Virginia pour la création du Carilion Biomedical Institute. La Carilion Clinic, un hôtel et une école médicale ont ensuite été construits. Mais pour attirer des résidents et des entreprises, il fallait procéder à l’amélioration du cadre de vie :

  • Entre 1995 et 2012, 42 km de voies vertes ont été aménagées dans la ville et ses alentours;
  • Un réseau cyclable permettant de sécuriser la pratique du vélo en ville et de la rendre plus attirante est développé;
  • Entre 2008 et 2010, la Ville place sous sa protection près de 5 000 hectares afin de préserver, notamment, des milieux de vie sauvage et certains panoramas;
  • En 2002, la Ville vise à obtenir une canopée d’arbres couvrant 40 % de sa superficie en dix ans; En 2010, 48 % du territoire est couvert d’arbres.

Le centre-ville de Roanoke a changé drastiquement depuis 2000. Alors que seulement une poignée d’individus y habitaient, quelque 1 200 résidents y ont élu domicile à ce jour. Entre 2009 et 2012, 25 restaurants se sont ajoutés, plusieurs d’entre eux ont profité de l’engouement pour les produits locaux en mettant de l’avant ceux disponibles au marché de fermiers de Roanoke.

L’organisme Smarter Travel a désigné Roanoke comme l’une des dix meilleures petites villes en croissance.

Revitalisation plein air Roanoke velo

Source : Visit Roanoke

Tactiques gagnantes

Chaque ville est unique. Une recette gagnante dans un cas peut se révéler un échec dans un autre. L’étude de la U.S. Environmental Protection Agency (EPA) expose quelques tactiques communes aux municipalités étudiées.

  • Identifier et utiliser les meilleurs atouts existants (paysage/ressources naturelles, plein air, bâtiments historiques, institutions culturelles) pour développer une économie résiliente;
  • Engager tous les membres de la communauté pour planifier l’avenir;
  • Tirer avantage de tout financement externe;
  • Créer des incitatifs au développement;
  • Encourager les investissements dans la communauté;
  • Faciliter la coopération au sein de la communauté et à travers la région;
  • Favoriser un environnement sain et de qualité.

Chaque milieu peut adapter ces éléments en regard de ses propres caractéristiques. Les petites et moyennes villes attirent par ce qu’elles ont d’authentique à offrir. Quels sont les atouts de votre ville?

Image à la une : Cooltown Studios

Catégories
Tourisme durable

Un hôtelier offre un transport durable en montagne

Le Maya Boutique Hôtel est un établissement de conception écologique qui a ouvert ses portes en 2012 dans les Alpes suisses. Il se distingue par ses actions durables uniques, comme l’isolation du bâtiment en bottes de paille. Ses propriétaires ont récemment récidivé en matière d’innovation, en créant un réseau de voitures électriques et de bornes de recharge disponible dans certains hôtels du Val d’Hérens (regroupant 5 communes). La contribution financière est à la discrétion du client. Ce projet de mobilité verte est appuyé par l’association des hôteliers, les communes et les organisations touristiques de la région.

 

Les avantages sont nombreux et l’ensemble des acteurs impliqués en bénéficie :

  • Diminution de l’impact environnemental du client;
  • Augmentation de la satisfaction globale du client grâce à sa pratique durable;
  • Meilleure accessibilité de la destination de montagne;
  • Attrait de la clientèle urbaine ne possédant pas de véhicule qui peut désormais se rendre à destination en transport en commun pour ensuite visiter la région en voiture électriqu

L’établissement a remporté récemment le prix de la Meilleure Innovation en Offre hors Hébergement, lors de l’événement des Worldwide Hospitality Awards en 2016 à Paris. Ce concept a déjà fait des petits puisqu’il a été repris par deux régions italiennes et sera développé dans le cadre du programme européen Interreg.

 

Source de l’image à la une : © Maya Boutique Hôtel

Catégories
Produits et activités Tourisme durable

Tourisme et petites municipalités – rétrospective

De petites municipalités misent sur le tourisme…

Le développement touristique des villages et des petites villes connaît un essor grâce à l’engagement des citoyens, des municipalités, de divers organismes et d’investisseurs privés. C’est le cas de la municipalité de Saint-Camille en Estrie qui a pu mener à bien le projet de reconversion de son église en salle multifonctionnelle, grâce à la coopérative Destination Saint-Camille qui regroupe sept entreprises de la région. Quant à Saint-Jean-Port-Joli, c’est l’action citoyenne, particulièrement celle de ses nombreux artistes et artisans, qui est au cœur du renouveau de la destination avec son projet Saint-Jean-Port-Joli, village créatif, qui propose onze choix d’ateliers visant à augmenter la durée de séjour des visiteurs. Pour en savoir plus : Les petites municipalités québécoises misent sur le tourisme.

municipalites_rurales_tourisme_sainte-camille

Source : Destination Sainte-Camille

… et sur l’aménagement durable

L’aménagement durable peut améliorer l’expérience des visiteurs et transmettre une image positive de la ville, quand il ne devient pas une attraction en soi. Cela se traduit par le développement d’une mobilité douce, par la création de sentiers cyclables et pédestres, par le verdissement, qui contribue à réduire les îlots de chaleur et à rendre la ville plus agréable à vivre, ou encore par des investissements dans des espaces existants ou inutilisés comme c’est le cas en Suisse, où l’on a expérimenté la culture d’algues le long d’un réseau routier. Cet aménagement, initié dans le cadre du festival Genève, villes et champs, a créé la surprise auprès des visiteurs. Comme pour bon nombre de projets, l’aménagement durable urbain a du succès en partie grâce à la cohésion communautaire et à de solides partenariats avec les services, les entreprises, les organisations à but non lucratif, les institutions éducatives et les citoyens. Pour en savoir plus, lire : L’aménagement durable dans les petites municipalités.

… et sur leur rue principale

Cette artère essentielle à la vie citoyenne et au développement touristique régional bénéficie parfois de programmes structurants comme celui de la Fondation Rues principales, qui vise à aider les municipalités à revitaliser durablement leur centre-ville. D’un point de vue touristique, l’idée est de faire de ces villages plus que des lieux de passage, mais aussi des espaces de rencontres authentiques avec la population locale, où les occasions d’acheter des produits régionaux se multiplient. Pour ce faire, certaines artères misent sur leurs bâtiments symboliques tels le magasin général, la gare ou les marchés. La mise en valeur des zones clés de la rue principale, témoin de la culture locale, s’insère également de façon cohérente dans le développement des routes touristiques (Chemin du Roy, Route du Paysan, etc.), assure une meilleure répartition des visiteurs sur le territoire et augmente le sentiment d’appartenance des communautés locales. Extrait de : Rendre son âme à la rue principale.

cd_revitaliser_rue_principale_image2

Source : Magasin général Le Brun

… et sur l’agrotourisme

Le tourisme gourmand hors des grands centres urbains favorise le développement économique des milieux ruraux, entre autres, par la promotion de la gastronomie locale. De plus en plus de régions rurales organisent donc leur offre agricole et culinaire pour courtiser les visiteurs. C’est le cas des intervenants danois (petites entreprises agroalimentaires, restaurants, hôtels, organisations de promotion touristique et gouvernements) qui ont choisi de miser sur une « nouvelle cuisine nordique » faite de produits frais et locaux, mise en vedette notamment par le célèbre restaurant copenhaguois Noma. D’autres, comme l’Appalachian Regional Commission et le Tourism Council, qui comprend des représentants de 13 États américains de la région des Appalaches, ont mis sur pied la campagne Bon Appétit! Bon Appalachia! dans le but de valoriser les producteurs locaux les plus dynamiques. Ces destinations gourmandes sont localisables sur une carte interactive. Découvrez d’autres exemples ici : La campagne courtise les foodies.

… et sur la mise en valeur de leurs attraits naturels

La mise en lumière des attraits touristiques, plus spécifiquement dans les espaces naturels, a le pouvoir d’attirer les visiteurs en très grand nombre. Au-delà du simple éclairage de ces lieux pour maintenir l’achalandage, l’ajout d’une expérience de divertissement, artistique ou encore historique est un facteur d’attractivité et de différenciation. Au Québec, plusieurs parcs organisent depuis longtemps des randonnées nocturnes sur des sentiers illuminés. L’une de ces initiatives a su se démarquer récemment, en devenant une véritable attraction touristique reconnue internationalement. Il s’agit de Foresta Lumina, une installation nocturne signée Moment Factory, s’apparentant à un spectacle, au Parc de la Gorge de Coaticook dans les Cantons-de-l’Est. La mise en lumière de parcours nocturnes peut constituer un axe majeur d’une démarche de valorisation d’un espace nature initiée par un exploitant d’attrait touristique ou une municipalité et ajoute ainsi un élément de différenciation à la région touristique.  

municipalites_rurales_tourisme_foresta_lumina

                                                Source : Foresta Lumina                                                                                                             

… et sur la promotion

Plusieurs gestionnaires de destinations à travers le monde élaborent des stratégies et des actions de marketing afin d’augmenter la fréquentation de leurs régions. Visit Britain, par exemple, lançait en janvier 2015 la campagne triennale Countryside is GREAT qui vise à positionner les régions de la Grande-Bretagne parmi les lieux incontournables à découvrir. À travers différents ambassadeurs, Countryside is GREAT met en valeur la culture moderne, la fine cuisine, l’hébergement de classe mondiale et les magnifiques paysages britanniques. Quant à Visit Philadelphia et ses partenaires, ils encouragent les résidents et les visiteurs de Philadelphie à découvrir 15 petites municipalités situées dans 5 comtés en périphérie de la ville avec la campagne Towns of the Philadelphia Countryside. Pour en apprendre davantage sur ces campagnes et d’autres promotions, lisez : Encourager les touristes à voir plus loin que la ville.

 Et vous? Sur quoi misez-vous pour développer votre petite municipalité?

Source de l’image à la une : @istockphoto

 

 

Catégories
Marketing Tourisme durable

Des entreprises prennent position

Une remise en question de notre façon de consommer a mené au développement du concept de la responsabilité sociale des entreprises (RSE). Les organisations qui adoptent des mesures volontaires en matière de développement durable, que ce soit sur le plan social, environnemental ou économique, s’inscrivent dans ce courant.

La pression des consommateurs et des groupes de protection incite les entreprises à adopter des changements. Certaines initiatives sont audacieuses, d’autres sont essentielles à la survie de l’organisation. La promotion de ces actions est délicate. Elle doit être judicieuse et démontrer une volonté sincère, car les consommateurs ne sont pas dupes. Voici des exemples de coups d’éclat inspirants.

Choisir le plein air plutôt que le magasinage

Devenu célèbre depuis déjà plusieurs années, le Black Friday ou vendredi fou, a pris une ampleur démesurée aux États-Unis. Cette journée de soldes qui se déroule le lendemain de l’Action de grâce, lance la période de magasinage de fin d’année et attire des foules dans les grandes surfaces commerciales.

En réaction à cet événement qui incite à la surconsommation, la chaîne de magasins de plein air REI annonçait en 2015 qu’elle fermerait ses portes (plus de 140 magasins) lors de cette journée et qu’elle paierait ses employés. REI invite ses clients à choisir de pratiquer le plein air plutôt que d’aller dans les magasins pour le Black Friday. Choisir le plein air, ou #OptOutside, est devenu un véritable mouvement dont le mot-clic fut utilisé bien au-delà de cette seule journée. La vidéo suivante illustre bien la portée de #OptOutside.

 

Une campagne qui fait des petits

Pour l’édition 2016, la campagne ratisse encore plus large. Pour faciliter l’accès au plein air en cette journée du Black Friday comme en tout temps, REI a notamment élaboré des outils de planification en ligne. Quelque 275 organisations se sont aussi jointes à REI pour sensibiliser les gens à opter pour un mode de vie plus sain.

Le fabricant automobile Subaru met une flotte de véhicules à la disposition des New Yorkais qui veulent emmener leur chien (ou celui d’un refuge pour animaux) en milieu naturel. Google collabore avec REI pour soutenir des projets liés au plein air à Seattle et à Austin. Le National Park Service ainsi qu’un grand nombre d’agences gouvernementales, d’organismes à but non lucratif, mais aussi des entreprises privées œuvrant dans l’industrie du plein air sont partenaires de la campagne. Enfin, le pari de REI était risqué, mais le jeu en a valu la chandelle; pour la visibilité de la campagne, l’image de marque qui y est associée, mais aussi pour les nouveaux adeptes du plein air qui iront s’équiper le surlendemain de l’Action de grâce.

responsabilite sociale black friday rei

Source : REI

Quand la pression est trop forte

Sea World Entertainment, dont le produit vedette était le spectacle des orques, a récemment mis fin à son programme de dressage de ces cétacés pour se positionner comme un défenseur et un protecteur des mammifères marins. En fait, les parcs d’Orlando et de San Diego enregistraient des baisses de fréquentation et une forte pression de l’opinion publique, surtout depuis la diffusion du documentaire Blackfish. Ce dernier dénonce notamment le traitement accordé par SeaWorld aux orques. Cette atteinte à l’image de l’entreprise nécessitait un virage à 180 degrés et une importante campagne de relations publiques.

L’entreprise s’est ainsi engagée à traiter avec grand soin la dernière génération d’orques toujours présente dans ses parcs. Les visiteurs peuvent désormais les observer dans de nouveaux bassins inspirés de leur habitat naturel. La mission renouvelée de SeaWorld met davantage l’accent sur l’éducation et la conservation (voir la vidéo ci-dessous). L’entreprise s’est associée à l’organisme de protection des animaux The Humane Society of the United States (HSUS) qui l’appuie et la conseille dans son engagement. Ce partenariat donne la crédibilité nécessaire à SeaWorld pour convaincre la population de sa sincérité.

Transformer une industrie

Des chaînes de restauration rapide comme Harvey’s, McDonald’s et East Side Mario’s se sont engagées à s’approvisionner, d’ici quelques années, d’œufs provenant exclusivement de poules « en liberté » ou qui ne sont pas confinées à de minuscules cages. Disney compte faire de même prochainement pour les restaurants de ses parcs thématiques et de ses bateaux de croisière.

Le mouvement est tel que selon un représentant de Mercy for Animals, la production industrielle d’œufs de poules en cage en est à ses derniers miles. En regard de ce mouvement, les Producteurs d’œufs du Canada ont annoncé l’adoption d’un « plan de transition » afin de changer graduellement leur façon de procéder.

Répondre aux attentes de la clientèle

Les groupes de pression et les consommateurs, surtout les milléniaux, ont provoqué ce type de transformations. Ils prennent en considération des aspects tels que les pratiques de travail et la main-d’œuvre, l’origine des produits, le traitement des animaux, la transparence lorsqu’ils choisissent une marque. Les entreprises seront de plus en plus scrutées à la loupe. Elles réalisent peu à peu qu’il est possible de faire des choix éthiques tout en étant profitable. Sans nécessairement être spectaculaires, ces actions doivent néanmoins être connues du public. Elles contribuent à l’image de marque et démontrent la volonté des dirigeants de soutenir un développement plus durable et responsable.

 

Image à la une : © REI

Catégories
Tourisme durable

Portrait du touriste responsable

Quelque 105,3 millions de touristes américains, soit 60 % de tous les voyageurs d’agrément, affirment se sentir concernés par l’impact de leurs voyages sur l’économie locale et l’environnement et se décrivent comme des voyageurs « responsables », selon une étude de Mandala Research. La firme a interrogé en ligne près de 2300 adultes américains ayant réalisé au moins un voyage à plus de 80 kilomètres de la maison, incluant une nuitée au cours des 12 derniers mois.

 

Les voyageurs responsables dépensent davantage

Les voyageurs responsables relèvent de toutes les générations et de toutes les classes de revenus. Un peu moins de la moitié (46 %) appartiennent à la génération du millénaire (âgés de 25 à 34 ans), mais près du tiers sont des baby-boomers (55 ans et plus). Leur revenu moyen est légèrement supérieur à celui de l’ensemble des voyageurs d’agrément, 71 000 dollars comparativement à 67 000 dollars. Ils dépensent aussi davantage lors de leur séjour, soit 600 $ de plus en moyenne que leurs concitoyens « non responsables », et ce, tant pour l’hébergement et le transport aérien que pour la restauration et le magasinage, etc. (voir le tableau 1).

depenses_voyageurs_responsables_sejour_2016

 

La plupart des voyageurs responsables ont séjourné dans des hôtels au cours de la dernière année et ils ont effectué 3,3 voyages d’agrément en moyenne, comparativement à 3,0 pour tous les autres voyageurs. Leur durée de séjour est deux fois plus longue, soit 7 jours.

Choix de la destination

Le bouche à oreille constitue la principale source d’information pour tous les voyageurs (25 %), mais encore plus pour les touristes responsables (33 %). Les sites Web de destinations (excluant ceux des DMO) et les recherches générales sur Internet sont les autres sources de renseignement les plus courantes (voir le graphique 1).

sources_info_voyageurs_categorie_voyageurs_tourisme_durable

 

Une fois bien renseignés, les visiteurs responsables sont beaucoup plus susceptibles que les autres voyageurs d’agrément de prendre en considération les initiatives de développement durable dans la destination avant de sélectionner définitivement le lieu où ils séjourneront. Au cours des trois dernières années, 28 % d’entre eux ont choisi un endroit principalement pour ses pratiques durables et 25 % affirment que celles-ci les ont aidés à effectuer un choix entre diverses destinations potentielles comparativement à 4 % pour les autres types de voyageurs (voir le graphique 2).

portrait_voyageur_responsable_criteres_choix_destination_tourisme_durable

 

En ce qui a trait aux entreprises touristiques (hôtels, compagnies aériennes, restaurants, opérateurs de tours, exploitants d’attraits, etc.), les voyageurs responsables privilégieront, entre autres, celles :

  • qui offrent des expériences qui reflètent le caractère unique de la destination;
  • qui ont mis en place des initiatives visant la conservation des ressources naturelles locales;
  • qui achètent leurs produits chez les agriculteurs et les producteurs locaux;
  • qui réinvestissent une partie de leurs revenus pour aider les communautés locales.

L’importance de montrer patte « verte »

Plusieurs entreprises touristiques vantent leurs réalisations durables et investissent beaucoup d’argent dans ce domaine, mais tous les voyageurs n’y croient pas nécessairement. En effet, plus des deux tiers des touristes américains (68 %) sont sceptiques par rapport aux revendications « vertes » des organisations, alors que 21 % les croient entièrement. Il importe donc d’être honnête, de raconter des faits vérifiables et authentiques et de proscrire le greenwashing de ses pratiques.

Les voyageurs responsables sont de 38 % à 57 % plus susceptibles de réserver leur voyage auprès d’entreprises qui ont des pratiques durables comparativement à 11 à 21 % dans le cas des autres voyageurs. Ils associent la durabilité principalement à la conservation et à la protection des ressources naturelles de même qu’au respect des cultures locales. Les entreprises et les destinations peuvent donc gagner des parts de marché en répondant aux besoins de la communauté d’accueil et en promouvant la culture locale. Mais le tourisme durable signifie aussi beaucoup plus que ça pour les voyageurs, comme le montre le tableau 2.

definition_tourisme_durable

 

Au Québec, le tourisme durable fait partie du cadre de la politique touristique générale depuis 2005. La plupart des sous-secteurs touristiques se sont fixé des objectifs globaux basés sur les principes de développement durable et certains exploitants touristiques comme le Zoo de Granby et Transat A.T ont même adopté une stratégie transparente en matière de responsabilité sociale. Et vous, où vous situez-vous dans cet univers durable? Qu’avez-vous mis en place pour satisfaire cette manne de consommateurs responsables?

 

Source de l’image à la une : Pexels

Catégories
Tourisme durable

Les clients d’hôtels sont-ils verts?

Le recyclage, l’économie d’énergie, l’achat de produits locaux, et même biologiques, font maintenant partie des habitudes d’une part grandissante de la population. Mais lorsque ces mêmes gens voyagent, en exigent-ils autant de leur hôtel? Trois études publiées récemment révèlent des informations précieuses sur les attentes et le comportement écoresponsable des voyageurs en matière d’hébergement.

 

Des gestes intégrés au quotidien

L’étude d’AccorHotels, réalisée auprès de 7 000 clients dans sept pays, présente les attentes et les comportements des voyageurs d’affaires et d’agrément choisissant des bannières de classe économique comme de grand luxe.

Deux tiers des clients sont d’avis que si rien n’est fait aujourd’hui pour protéger la planète, les générations futures sont menacées. Ils démontrent d’ailleurs un haut taux d’adoption de certaines pratiques écoresponsables dans leur quotidien :

  • Plus de 80 % trient leurs déchets et font des efforts pour minimiser le gaspillage alimentaire à la maison.
  • La plupart (81 %) choisissent des appareils électriques écoénergétiques.
  • Les trois quarts ont l’habitude d’acheter des produits locaux ou fabriqués au pays.
  • Plus du tiers consomment des aliments biologiques, même si leur prix est plus élevé que celui des aliments conventionnels.

L’enquête révèle que les femmes et les jeunes de 18 à 29 ans se sentent davantage concernés que la moyenne par tous les aspects liés au développement durable.

Des actions qui se poursuivent en voyage… si possible

Seulement 13 % des voyageurs considèrent toujours l’engagement de l’hôtel dans le développement durable comme critère de choix lorsqu’ils réservent une chambre. Pourtant, la plupart des clients sondés affirment qu’ils se sentent aussi concernés par le développement durable lorsqu’ils séjournent à l’hôtel que chez eux.

Seulement 13 % des voyageurs considèrent toujours l’engagement de l’hôtel dans le développement durable comme critère de choix lorsqu’ils réservent une chambre.

Ils soulignent d’ailleurs qu’ils souhaitent poursuivre leurs bonnes habitudes écoresponsables en voyage. Ils s’attendent à ce que l’établissement d’hébergement leur permette de trier leurs déchets, de consommer l’énergie de manière efficiente, d’avoir accès à des produits santé, locaux, etc.  

Aussi, une certaine part des clients sondés sont prêts à adopter, lors de séjours à l’hôtel, des comportements conséquents comme :

  • recevoir la facture uniquement par courriel (64 %);
  • trier les déchets dans la chambre et dans le lobby (61 %);
  • obtenir un service de ménage limité (32 %);
  • manger de plus petites portions pour éviter le gaspillage alimentaire (31 %);
  • offrir la monnaie de la devise locale à un OBNL au moment de partir (30 %).

Prêts à faire des sacrifices?

Bien qu’ils fassent preuve d’une bonne volonté à s’impliquer dans un développement plus responsable, plus de la moitié des clients (57 %) n’accepteraient pas de séjourner dans un établissement écoresponsable qui, en contrepartie, est moins bien situé qu’un autre. Aussi, 59 % sont en désaccord avec l’idée de compromettre le confort pour une plus grande responsabilité environnementale.

Par ailleurs, des chercheurs de l’Oklahoma State University et de la University of Central Florida arrivent aussi à cette conclusion. Les résultats de leur enquête démontrent que les clients affichent une moins grande propension à adopter des comportements pro-environnementaux lorsque le confort est remis en question. À cet effet, on peut penser qu’il s’agit de renoncer à la climatisation, à certains services ou encore à devoir limiter le temps sous la douche (minuterie).

Les résultats de l’étude d’AccorHotels révèlent toutefois que les deux tiers des répondants sont disposés à payer un peu plus cher pour un établissement qui s’engage dans une démarche concrète de développement durable. L’image ci-dessous illustre ces résultats :

Les_clients_d_hotels_sont_ils_verts_image_1

Graphique tiré de : AccorHotels

Une question de perception

Une troisième étude, réalisée auprès de 1000 clients d’hôtels dans 20 pays, publiée par Booking.com, révèle que 68 % des voyageurs sondés affirment qu’ils seraient portés à choisir un établissement écoresponsable dans la mesure où cette information est communiquée. Près des deux tiers des voyageurs n’ont pas séjourné dans un tel hôtel ou ne le savent simplement pas.

L’étude de Booking.com fait notamment ressortir le scepticisme des voyageurs quant aux mesures pro-environnementales annoncées par les hôtels. En effet, parmi les arguments expliquant pourquoi ils n’envisagent pas de choisir un tel établissement, les répondants mentionnent le coût trop élevé (22 %), le fait qu’on ne puisse être sûr de la véracité de ces actions (13 %) ou encore l’impression que ces hôtels seraient moins luxueux (10 %). Soulignons que 39 % des répondants affirment qu’ils ne connaissaient même pas l’existence d’établissements ayant adopté des mesures en matière de développement durable.

Faire de l’écoresponsabilité un critère de choix déterminant

Le rapport à la consommation a évolué avec cette prise de conscience rattachée à la nécessité de se tourner vers un développement plus durable. Un nombre grandissant d’établissements d’hébergement adoptent des mesures pour réduire leur empreinte écologique et s’inscrire dans un mouvement plus responsable. Mais ces efforts doivent être diffusés et mis de l’avant pour être connus des consommateurs.

Une normalisation internationale permettrait certainement davantage de transparence et de crédibilité quant à ces mesures. Ces dernières devront représenter une base, un critère déterminant dans le choix de l’hébergement, afin de favoriser les comportements écoresponsables en voyage, comme à la maison.

 

Image à la une : pexels.com

Catégories
Tourisme durable

Sensibiliser le public lors de l’observation de la faune sauvage

Le premier gage de succès d’une organisation d’observation de la faune sauvage réside dans sa mission. Celle-ci doit promouvoir la conservation des milieux, mais aussi la sensibilisation auprès du public, afin de minimiser l’impact des activités de l’entreprise sur la biodiversité. Mais comment créer une expérience touristique attrayante, tout en respectant les principes rigoureux de préservation de la faune? Plusieurs entreprises d’observation de la faune sauvage se démarquent par leurs actions de sensibilisation et d’éducation auprès des visiteurs. En voici quelques-unes.

Promouvoir et sensibiliser grâce à un événement

festival_camargue

 

La Ville de Port-Saint-Louis-du-Rhône en France a créé le festival de la Camargue et du Delta du Rhône pour promouvoir et valoriser la faune et la flore de ce territoire et ses acteurs. Il coïncide avec l’arrivée des oiseaux migrateurs dans la région, afin que les visiteurs puissent observer un plus grand nombre d’oiseaux dans leur milieu naturel. Le festival regroupe 40 sites partenaires qui offrent des animations, des spectacles, des conférences, des films, des sorties en nature et des circuits-découvertes. Le « village des kids » propose différents ateliers qui répondent à l’un des principaux objectifs du festival : la sensibilisation des jeunes générations à l’environnement. Le village propose, entre autres :

  • une découverte de la migration des hirondelles par un jeu sur plateau et la construction d’un nid d’hirondelle;
  • une activité de fabrication d’un cerf-volant en forme d’oiseau durant laquelle les animateurs présentent du contenu pédagogique sur les oiseaux et l’environnement.

De plus, les festivaliers sont invités à partager le mot-clic #suivezloiseau sur les réseaux sociaux, contribuant ainsi au rayonnement de l’événement et de l’emblème de la destination.

Créer un parc animalier

Les visiteurs placent l’intérêt des animaux avant le leur, ce qui se rapproche d’une vision durable du tourisme

Selon le professeur Dirk Reiser de l’Université de Sciences appliquées de Rhin-Whaal en Allemagne, la principale mission des réserves et des parcs animaliers n’est pas de divertir le public, mais bien de l’éduquer sur la préservation des espèces dans leur milieu naturel. Lors d’une étude qu’il a menée auprès des visiteurs du parc animalier de Bonorong en Australie, il a pu prouver que leurs attentes étaient en cohésion avec les objectifs du parc. En effet, les répondants ont donné de l’importance aux éléments suivant :

  • l’apprentissage et l’éducation : l’information proposée est de qualité, les panneaux explicatifs sont situés à hauteur des yeux des enfants, des visites guidées sont proposées;
  • la protection des animaux : les visiteurs peuvent observer la vie sauvage sans détruire les habitats naturels et la conservation est un axe majeur du site;
  • la santé des animaux : les enclos reproduisent les habitats naturels.

Ainsi, les visiteurs placent l’intérêt des animaux avant le leur, ce qui se rapproche d’une vision durable du tourisme.

Le Centre de la Biodiversité du Québec énonce clairement sa mission, soit « sensibiliser et éduquer jeunes et adultes à l’existence et à la conservation des espèces biologiques du Québec, ainsi qu’au développement durable de notre belle planète ». Il présente, entre autres, une exposition permanente sur la biodiversité du fleuve Saint-Laurent. Les visiteurs ont accès à des sentiers pédestres qui traversent plusieurs écosystèmes forestiers et qui sont agrémentés de panneaux d’interprétation.

centre de la biodiversité du québecSource : Facebook

Mettre à contribution des bénévoles

Les terrils du Nord-Pas-de-Calais en France, ces collines créées par l’exploitation minière, ont été reconvertis en un lieu d’activités sportives et d’observation de la faune et de la flore. L’association responsable du site propose une formation gratuite de Naturaliste amateur afin de mieux identifier les espèces peuplant le site. L’objectif est de former les participants pour qu’ils puissent effectuer des inventaires naturalistes de façon autonome sur leur territoire, mais aussi de leur permettre de participer à ceux dirigés par l’association. Grâce à cette formation, une cinquantaine d’actions ont été menées en cinq ans, permettant de faire un suivi de l’impact des changements climatiques sur le comportement des espèces.

chaine des terrils

Source : Chaine des terrils

Réaliser un guide de pratiques écoresponsables

logo eco-baleineL’Alliance Éco-Baleine est un regroupement constitué d’entreprises québécoises d’excursions en mer, du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), de Parcs Québec et de Parcs Canada. Son objectif est de faire du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent un modèle d’observation responsable des baleines. Dans un travail de concertation, l’Alliance a élaboré le guide des pratiques écoresponsables pour les capitaines et les naturalistes en mer. Il présente les meilleurs comportements à adopter pour sensibiliser les visiteurs et pour la navigation, afin de favoriser la qualité des activités d’observation en mer et la protection des baleines. Différents exemples de discours sont suggérés selon l’étape de l’expérience (dès le départ, au cours de l’excursion, au retour). En voici un exemple :

guide pratiques écoresponsables

Source : Guide des pratiques écoresponsables

Cette concertation entre les milieux du tourisme et de la recherche se concrétise aussi par la création du Fonds Éco-Baleines. Il permet d’investir une partie des bénéfices des entreprises membres de l’Alliance dans des projets de recherche scientifique et d’éducation.

Il existe de multiples activités d’observation de la faune sauvage qui conjuguent découverte, plaisir et sensibilisation. La valorisation de la biodiversité d’une destination assure la qualité de ses offres et contribue à son attractivité écotouristique.

Pensez-vous que la sensibilisation du public s’intègre facilement à une offre touristique de nature?

 

Image à la une : ©Québec Original/Cécile Benoit