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Hébergement

Réinventer le service en chambre

Depuis plusieurs années, les revenus provenant du service en chambre ne sont pas à la hauteur des attentes des hôteliers. En fait, selon PFK Hospitality Research, ils ont baissé de 10 % entre 2007 et 2012. Les commandes à emporter livrées aux hôtels ont quant à elles augmenté de 125 % entre janvier 2011 et juillet 2014, selon les données de 8000 hôtels à travers le monde analysées par GrubHub, plateforme Web qui dispose d’un réseau de 29 000 restaurants dans 700 villes.

Cette étude révèle également que les clients d’hôtels dépensent 11 % de plus par commande que les autres consommateurs.

Directement du marché

De plus en plus d’hôtels boutique et de grandes chaînes hôtelières adoptent le concept du marché qui vient s’ajouter à la traditionnelle boutique de cadeaux de leur établissement ou la remplacer. Ces « dépanneurs » vendent des boissons, des sandwichs fraîchement préparés, des salades et des collations à emporter à la chambre. Les clients peuvent faire provision de nourriture au même prix offert par leur épicerie locale. La société Irvine, par exemple, a ajouté des marchés à ses trois propriétés, y compris l’Hôtel Irvine en Californie où le marché de 3000 pieds carrés connaît un vif succès.

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Source : Hôtel Irvine

Depuis 2013, le Hilton Midtown de New York a mis fin au service en chambre pour le remplacer par un concept similaire à celui des hôtels Irvine : le Herb N’ Kitchen. Depuis, quatre propriétés du groupe offrent des produits locaux et saisonniers – sandwichs artisanaux, salades, pâtisseries, collations santé, etc. – en plus de « stations » qui permettent aux clients de personnaliser leurs repas en y ajoutant quelques extras, tels que des légumes ou des sauces. Tous les repas du Herb ‘N Kitchen sont emballés pour emporter ou faire livrer à la chambre.

La chaîne Hyatt a elle aussi introduit le concept de marché à plusieurs de ses hôtels dans le centre-ville de Chicago, de Minneapolis et d’Atlanta où on sert, entre autres, des smoothies, pâtisseries, sandwichs et soupes pour les clients en déplacement. Les hôtels Moxy du groupe Marriott disposent d’un café ouvert 24 heures avec des produits à emporter. Plus près de nous, le Reine-Élizabeth se dotera d’un marché urbain, concept unique à Montréal, qui offrira des produits locaux. Ouvert à tous, clients comme résidents, ce marché sera un lieu de rencontre entre foodies et producteurs.

Affinia Hotels, une chaîne d’hôtels boutique avec des propriétés à New York, a créé un partenariat avec FreshDirect, un service de livraison d’épicerie, afin de livrer à ses clients des repas rapides à préparer dans la cuisinette de la chambre avec des produits frais. Quant au Walt Disney World Resort, il utilise les services de GardenGrocer.com pour ses établissements d’Orlando.

Les hôtels Residence Inn de Marriott proposent des livraisons gratuites d’épicerie pour leurs clients, alors que tous les hôtels Homewood Suites du groupe Hilton offrent un service de courses alimentaires gratuit. Les clients peuvent laisser leurs listes aux employés de l’hôtel le matin et trouver le soir un réfrigérateur bien rempli. Quant aux clients d’Hotels.com, ils bénéficient d’un partenariat avec Delivery.com pour la commande en ligne de repas, d’épicerie ou de vins et spiritueux auprès de 12 000 marchands répartis dans 38 villes américaines.

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Source : Moxy

Livraison à la chambre…

La livraison de nourriture provenant de fournisseurs extérieurs représente une autre alternative au service en chambre traditionnel. Les hôtels boutique Hyatt Centric, en partenariat avec GrubHub, testent actuellement un projet pilote dans trois de leurs sept établissements. Pour établir la liste des restaurants participants, Hyatt Centric a demandé à ses employés travaillant dans les hôtels pilotes respectifs de recommander personnellement au moins huit restaurants différents qui livrent via GrubHub. Les menus des restos choisis sont disponibles dans chacune des chambres et les clients peuvent commander directement de ces restaurants en utilisant l’application GrubHub ou une URL indiquée sur le menu. Ils peuvent aussi appeler la réception, qui dès lors, ajoutera le prix de la commande GrubHub à la note d’hôtel. Le projet pilote a pris fin à la mi-juillet et s’il s’avère concluant, le programme pourrait être implanté dans d’autres hôtels Hyatt Centric ou d’autres chaînes de la bannière Hyatt. L’application mobile de Hyatt pourrait même offrir la possibilité de commander sur GrubHub.

En plus de faciliter les commandes via GrubHub, les hôtels pilotes offrent un menu à emporter à partir de leurs propres restaurants. La nourriture est livrée aux clients dans leurs chambres dans un emballage respectueux de l’environnement.

D’autres sites Web et applications mobiles permettent de commander en ligne et de faire livrer à sa chambre d’hôtel. Parmi les plus importants, mentionnons Caviar et Postmate (États-Unis), DoorDash (États-Unis et Toronto) et JustEat (15 pays, dont le Canada).

Des géants s’y mettent aussi       

Amazon a mis en place un système de livraison de repas présent dans une douzaine de villes américaines. Le service Amazon Restaurants, initié à Seattle en septembre 2015, est offert aux clients PrimeNow qui ont déjà payé une prime annuelle de 99 $. Ces derniers peuvent commander de la nourriture à partir d’un bassin d’environ 100 000 restaurants. Les repas seront livrés gratuitement dans un délai d’une heure, à domicile ou à la chambre d’hôtel.

Autre joueur majeur, UberEats utilise ses chauffeurs pour offrir le service de livraison de repas à Austin, Chicago, Los Angeles, New York, Seattle, San Francisco, Washington, mais aussi au Canada (à Toronto), et en Europe (à Barcelone et de manière expérimentale dans trois arrondissements de Paris).

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Source : UberEasts

Les services de livraison de repas permettent aux hôteliers de tout acabit d’améliorer leur offre de service en chambre en proposant une large gamme de produits à peu de frais. Quoi de plus facile que de répertorier les services de livraison disponibles dans sa région et de les faire connaître au client lors de son arrivée. Un petit plus qui sera certainement fort apprécié par le voyageur pressé ou trop fatigué par ses activités quotidiennes.

Source de l’image à la une : © Pexels

 

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Gestion

Bénéfices et facteurs de succès d’une campagne de sociofinancement

En 2015, une moyenne de 24 nouveaux projets par jour a fait l’objet d’une campagne de sociofinancement au pays, selon des données diffusées par le Fonds des médias du Canada. Le financement moyen par projet s’est chiffré à 20 140 $ et 20 % ont réussi à atteindre ou dépasser leur cible. Bien que cette méthode de financement ne soit pas garante de succès, plusieurs avantages justifient l’usage d’une telle démarche.

 

Bénéfices

Obtenir du financement constitue le bénéfice le plus flagrant d’une campagne de sociofinancement, mais saviez-vous que d’autres avantages découlent d’une telle démarche? En voici trois :

  1. Validation du produit ou service 

Avant même qu’il soit mis en marché ou créé dans sa totalité, il est possible de valider la pertinence d’un produit ou d’un service, ainsi que diverses composantes d’un concept. En ligne, le public accède à une description détaillée généralement accompagnée de photos et d’une vidéo explicative. Tous ces éléments fournissent de la matière pour juger le projet avant qu’il ne se développe davantage. C’est donc le moment d’accueillir les critiques, les rétroactions et les idées qui parfois contribuent à raffiner la version originale.

  1. Validation du marché 

Une campagne de sociofinancement permet de saisir l’intérêt du public envers son projet, de confirmer sa clientèle cible, d’identifier des ambassadeurs de la marque et des alliés du projet. Dans certains cas, la campagne sera le moment d’effectuer une prévente d’un produit ou service et de valider le prix auquel il sera vendu. On réduit ainsi le risque financier associé à son développement intégral.

  1. Marketing et Branding 

Élaborer un bon plan de marketing est essentiel au succès d’une campagne. En effet, ce n’est pas tout d’afficher un projet sur une plateforme de sociofinancement, il faut ensuite le faire rayonner et cela demande beaucoup d’efforts. Toutefois, ces actions contribuent à maintenir, voire faire croître la notoriété de la marque, à développer une communauté autour de celle-ci, à promouvoir le projet auprès de clients potentiels sur divers canaux, à établir une relation avec des ambassadeurs et même à rejoindre un public dont vous ignoriez l’existence.

8 facteurs de succès 

Vous êtes convaincus des bénéfices que vous obtiendrez en effectuant une campagne de sociofinancement et c’est maintenant l’occasion de vous lancer? Voici huit facteurs de succès pour augmenter vos chances d’atteindre votre objectif.

  1. Choisir la bonne plateforme : est-ce que votre projet a une portée mondiale ou locale? Désirez-vous exécuter une campagne en français, en anglais ou les deux? Préférez-vous une plateforme spécialisée dans un secteur d’activité ou plus générale? Parce qu’il en existe plusieurs, il faut prendre le temps de les examiner et de se familiariser avec leurs avantages, leurs coûts et leur performance. N’hésitez pas à consulter le répertoire du Fonds des médias du Canada afin de connaître les plateformes accessibles aux Canadiens.

    importance de bien connaître les plateformes accessibles

    Source : Kickstarter.com

  2.  Établir un objectif de financement réaliste : il vaut mieux déterminer une somme conservatrice et la dépasser que de donner l’impression de voir trop grand. N’oubliez pas que les fonds demandés doivent aussi comprendre les coûts associés à la réalisation de la campagne (frais de la plateforme choisie, production d’une vidéo et autres visuels promotionnels, cadeaux et contrepartie, etc.);
  3. Préparer le terrain de la campagne : une fois que votre projet est en ligne, le chronomètre commence. Assurez-vous d’avoir préalablement réglé les aspects légaux (ex. : incorporation ou enregistrement de votre entreprise) et financiers (ex. : ouverture d’un compte bancaire), d’avoir créé votre présence sur les médias sociaux appropriés, développé une communauté et élaboré une stratégie pour chaque plateforme sociale, de posséder les courriels des premiers supporteurs potentiels à contacter et d’avoir un plan détaillé des actions que vous ferez tout au long de la campagne.
  4. Communiquer clairement: expliquez qui vous êtes, quel est votre projet, à quoi serviront les fonds recueillis, quand et de quelle façon les supporteurs obtiendront leur contrepartie. Maintenez le contact par l’envoi de courriels et profitez de cet instant pour informer le public de l’avancement du projet et de la campagne. Faites attention à ne pas spammer votre public et assurez-vous que votre contenu soit écrit de façon impeccable. Aussi, remerciez vos contributeurs et faites-le chaque fois que vous atteignez un palier symbolique;
  5. Utiliser efficacement les médias sociaux : ne tombez pas dans le piège d’utiliser les médias sociaux uniquement pour demander un soutien financier à votre communauté ou pour des fins promotionnelles. Les utilisateurs des médias sociaux cherchent des interactions humaines, du partage d’information ou encore l’accès à du contenu inédit. Adaptez vos publications selon la clientèle cible et les plateformes choisies (Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn, etc.).
  6. S’assurer du soutien de votre entourage dès le jour 1 : la famille, les amis et les contacts de proximité sont les mieux informés de votre projet, assurez-vous qu’ils contribuent rapidement à votre campagne. Ce premier élan est crucial, il motivera de futurs supporteurs à se joindre à la troupe, car en général le public est davantage intéressé à un projet qui semble réussir.
  7. Offrir des contreparties attrayantes : il peut s’agir entre autres de biens tangibles, de la prévente de votre produit ou service ou d’expériences uniques en lien avec votre projet. Inspirez-vous d’autres campagnes et personnalisez votre offre.
  8. Faire preuve de transparence : il se peut qu’en cours de route des embuches surviennent, que vous réalisiez les imperfections de votre produit ou service. Au lieu de les cacher, pourquoi ne pas demander au public de vous aider? En invitant vos supporteurs à faire partie du processus, vous leur démontrez votre confiance; plusieurs deviendront non seulement de fidèles clients, mais aussi d’excellents ambassadeurs de votre marque.

Même si la campagne de sociofinacement n’atteint pas l’objectif financier ciblé, elle représente une expérience extraordinaire d’apprentissage. En plus d’être l’occasion d’analyser les réactions du marché envers son produit ou service, elle prépare l’entrepreneur au véritable lancement de son projet.

Source de l’image à la une: iStockphoto.

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Réseaux de distribution Technologies

Le tourisme collaboratif s’invite dans le B to B

À l’heure où l’utilisation des biens et des services des particuliers s’est généralisée parmi les voyageurs, les entreprises touristiques prennent conscience qu’un rapprochement avec le secteur de l’économie collaborative présente un intérêt lucratif. Plusieurs cas de bonnes pratiques illustrent ce phénomène.

L’économie de partage a sa place dans le B to B

 

Lors de l’événement des Enjeux E-tourisme organisé en France par l’Echo Touristique et la Fevad en collaboration avec Phocuswright, en juillet dernier, l’une des tendances clés identifiées fut l’ouverture de l’économie collaborative au B to B. Laurent Queige, qui dirige le Welcome City Lab à Paris, est aussi de cet avis.

les possibilités d’innover dans des services B to B sont peu exploitées

Selon lui, les entreprises devraient entamer des réflexions sur la manière de s’intégrer dans ce secteur qui est à présent mature et en phase de professionnalisation. Les nouvelles start-ups qui proposent des services collaboratifs aux consommateurs sont moins nombreuses; alors que les possibilités d’innover dans des services B to B sont peu exploitées.

Un premier pas franchi par les nouveaux entrants

Luxury Retreats, une agence montréalaise de location de villas privées de luxe, souhaite se rapprocher des agents de voyages. Cependant, comme l’explique Amr Younes, vice-président, optimisation des revenus, il est difficile de les convaincre d’intégrer ces nouveaux joueurs à leurs offres, car ils ont une mauvaise réputation parmi les acteurs traditionnels. Pour y remédier, un département de développement d’affaires B to B devrait voir le jour chez Luxury Retreats et il organisera des webinaires, des formations et recueillera les commentaires des agents de voyages. L’entreprise souhaite également établir des liens avec les associations sectorielles afin d’identifier les agences dont le profil de la clientèle correspond le plus à la sienne.

Luxury Retreats Montreal se positionne sur le B to B

Bureaux de Luxury Retreats à Montréal; source : PAX News

VizEat, une plateforme collaborative française qui propose des repas chez l’habitant, vise le même objectif. À la suite d’une campagne de financement de 3,8 millions d’euros en septembre dernier, l’entreprise s’apprête à ouvrir un site Web pour les agences de voyages. Elle compte déjà sur un partenariat avec Comptoir des Voyages qui organise des voyages à la carte et sur mesure. Cette agence est d’ailleurs familière avec le tourisme collaboratif puisqu’elle a signé au printemps 2016 un contrat exclusif de cinq ans avec BedyCasa, un site de réservation de chambres chez l’habitant, qui compte 260 000 membres. Cette offre de logements est intégrée à des forfaits, qui incluent aussi des rencontres avec des résidents francophones (greeters). Investir le marché du B to B est une volonté de BedyCasa qui a développé le site MyBedyBusiness pour les agences de voyages, les entreprises ainsi que les écoles de langue. 


Comptoir des Voyages et Bebycasa créent un partenariat

Source : Facebook

Outre l’hébergement et la restauration, le transport collaboratif séduit certaines agences. L’offre de la start-up TravelerCar, qui permet la location de voitures entre particuliers à partir des aéroports, gares et centres-ville, est distribuée par Transat France depuis 2015 et par des agences de voyages en ligne telles que Opodo, Edreams et Go voyages.

La présence de plateformes collaboratives au sein des GDS devrait se généraliser

En ajoutant le tourisme collaboratif à ses offres, le réseau de distribution répond à une demande déjà répandue chez les voyageurs. La présence de plateformes collaboratives au sein des GDS, les systèmes de distribution mondiaux, devrait se généraliser, affirme Georges Rudas, PDG d’Amadeus France. Outre ces partenariats, on assiste à une vague de rachats par des acteurs présents en ligne, tels que HouseTrip et FlipKey par TripAdvisor et HomeAway par Expedia, preuve que le marché se consolide.

Marchés du tourisme d’affaires et MICE

Selon un sondage réalisé au printemps 2016 par Global Business Travel Association et American Express auprès de 3500 voyageurs d’affaires, certaines politiques de voyages des entreprises incluent l’utilisation des plateformes collaboratives pour le transport (44 % des répondants) tel que Uber et Lyft et pour l’hébergement (28 %), tel que Airbnb et HomeAway.

En effet, pour faciliter la réservation de leurs services par les voyageurs d’affaires, Airbnb et Uber ont signé en 2014 un partenariat avec Concur, un fournisseur de solutions technologiques pour les voyages et les frais de déplacement des entreprises. Les réservations de logements d’Airbnb sont intégrées à l’outil TripLink de Concur, qui centralise tous les détails des déplacements effectués par les employés. Quant aux clients d’Uber, ils peuvent payer leurs déplacements à même la plateforme de Concur. Depuis cet été, Carlson Wagonlit Travel, American Express Global Business Travel et BCD Group, trois leaders sur le marché du voyage d’affaires, proposent les logements d’Airbnb à certains de leurs clients.

Uber et Concur proposent le tourisme collaboratif aux voyageurs d'affaires

Source : The Next Web

La start-up Spacebase loue des salles de réunions inusitées, dans des lieux privés à travers l’Europe. Mis à part les salles appartenant à des particuliers, les restaurants, les bars, les cafés, les espaces de coworking, des lieux dédiés aux événements professionnels et privés, peuvent être loués quand ils ne sont pas utilisés.

Enfin, VizEat déploie une stratégie offensive pour se tailler une place dans le marché MICE. Par exemple en 2015, lors de l’événement Airbnb Open à Paris, la start-up a permis à 1000 délégués de souper chez un des membres de sa plateforme. Un microsite avait été créé pour l’occasion afin que les participants puissent choisir leur hôte, selon leur profil et le type de cuisine. Un tel événement, où tant d’éléments incontrôlables sont présents, a nécessité une excellente coordination de la part de VizEat.

Défis et occasions d’affaires

L’intégration d’acteurs C to C à une offre B to B pose plusieurs contraintes, qu’il s’agisse de la sécurité, de la logistique ou de la constance de la qualité de l’offre. De plus, un partenariat avec les acteurs de l’économie du partage vient avec des défis à gérer en terme de législation et de réputation. Néanmoins, ce rapprochement va permettre aux entreprises touristiques de rajeunir leur image et de séduire une clientèle qui priorise le contact humain et l’expérience en voyage.

 

Source de l’image à la une : © Facebook/VizEat

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Tendances

Tendances 2020 : quête du mieux-être et immersion pour plus d’authenticité

La Chaire de tourisme Transat ESG UQAM, en collaboration avec Tourisme Montréal, dévoilait le 20 janvier 2016 les 10 grandes tendances qui marqueront l’industrie du tourisme d’ici la fin de la décennie. Les conférenciers, Paul Arseneault et Pierre Bellerose, ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises touristiques à appréhender l’avenir à moyen terme, soit d’ici la fin de la décennie. Voici deux de ces tendances sous forme d’extraits vidéo.

 

Le tourisme à l’aube de 2020…

… sera motivé par la quête permanente du mieux-être

Le temps de loisir se fait rare, les voyageurs veulent des expériences riches, uniques, inédites, mais aussi qui donnent un sens au voyage. Le bien-être, les bonnes habitudes alimentaires, l’activité physique, la méditation et le repos se poursuivent plus que jamais en voyage. Rentabiliser son expérience par l’amélioration de soi!

… deviendra immersif et poussera encore plus loin la notion d’authenticité

L’immersion dans la culture locale devient un gage d’authenticité en voyage. Le touriste ne veut plus en être un. Expérimenter le quotidien dans un autre pays constitue l’une des premières motivations de voyage des jeunes milléniaux. L’économie collaborative répond à ces désirs et les entreprises touristiques adaptent leur offre.

Consultez les autres extraits vidéo de cette conférence.

Expérientiel et sensoriel, mais aussi très urbain

Modèles disruptifs et hybridation des lieux et des fonctions

Nouvelles saturations du tourisme et cocréation

Mobilité omniprésente et apogée de la personnalisation

 

Image à la une : © Aditya Permana

 

 

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Tendances

Tendances 2020 : nouvelles saturations du tourisme et cocréation

La Chaire de tourisme Transat ESG UQAM, en collaboration avec Tourisme Montréal, dévoilait le 20 janvier 2016 les 10 grandes tendances qui marqueront l’industrie du tourisme d’ici la fin de la décennie. Les conférenciers, Paul Arseneault et Pierre Bellerose, ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises touristiques à appréhender l’avenir à moyen terme, soit d’ici la fin de la décennie. Voici deux de ces tendances sous forme d’extraits vidéo.

 

Le tourisme à l’aube de 2020…

… deviendra le lieu de nouvelles saturations et du refus du tourisme

L’évolution rapide du tourisme depuis les 60 dernières années ne s’est pas faite sans heurt. Pour contrer les effets pervers d’ordre économique, environnemental ou social, des destinations tentent de restreindre, d’adapter, d’ajuster, de réguler le tourisme par un développement plus durable. Les changements climatiques amplifient ces effets indésirables et incitent même certaines destinations à refuser le tourisme.

 

 

… reposera sur l’innovation ouverte et la cocréation

Les entreprises impliquent désormais le client dans le processus de création, que ce soit en le consultant pour mettre sur pied de nouveaux produits, pour en faire l’essai ou encore pour le publiciser. Le financement participatif s’inscrit aussi dans cette mouvance. Donner ainsi davantage de pouvoir au client résulte en de nouveaux modèles de production et de consommation.

 

Consultez les autres extraits vidéo de cette conférence.

Expérientiel et sensoriel, mais aussi très urbain

Modèles disruptifs et hybridation des lieux et des fonctions

Mobilité omniprésente et apogée de la personnalisation

Quête du mieux-être et immersion pour plus d’authenticité

 

 

Image à la une : © iStockphoto

 

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Marketing

Une cocréation des visiteurs de parcs nationaux

À l’approche de son centenaire de création, le US National Park Service (NPS) s’est associé à la compagnie de production hitRECord afin de créer des événements artistiques. L’un d’eux consiste en un arrangement audio composé de bruits dénichés par les visiteurs dans l’un des 400 sites gérés par NPS. Au début de l’été 2015, on a invité les gens à se rendre dans un parc national et à y enregistrer des sons pour les partager en ligne. L’objectif était d’en cumuler une grande diversité et de les rassembler dans une même librairie. Aux sons des parcs s’ajoutent ceux des lieux historiques nationaux tels que le tir d’un boulet de canon.   

À partir de cette banque sonore, hitRECord a créé une base de pièce musicale et invite les gens à collaborer pour la deuxième étape de l’initiative Park Found Sounds. On cherche des musiciens, des chanteurs, des mélodistes, des techniciens en son… Bref, hitRECord lance un second appel à tous pour contribuer à une création musicale hors du commun. Voilà une belle idée de création collaborative pour mousser un événement. La vidéo suivante explique le projet.

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 Source : hitRECord.org

Image à la une : splitshire.com

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Hébergement

Les hôteliers séduits par l’économie collaborative

 

Les groupes hôteliers perçoivent peu à peu les occasions d’affaires entourant l’économie collaborative : diversification des revenus, nouvelles interactions avec les consommateurs et monétisation plus efficace de leurs services. Ils se rapprochent de ces concurrents ou de ces prestataires de services complémentaires, en tant qu’investisseurs ou partenaires d’affaires.

 

 

Une occasion d’affaires pour les hôteliers

L’économie collaborative répond à une demande difficile à satisfaire pour les grandes entreprises

L’économie collaborative répond à une demande difficile à satisfaire pour les grandes entreprises. Rachel Botsman, une spécialiste de ce modèle, les aide à intégrer certains de ses principes dans leurs modèles d’affaires.

Elle a déterminé cinq éléments de vulnérabilité qui nuisent à la compétitivité d’une organisation face aux acteurs de l’économie collaborative. Pour chacun d’eux, elle associe un principe ou une idée que devraient utiliser les entreprises pour maintenir leurs parts de marché, voire créer de la valeur ajoutée (voir le tableau ci-dessous).

economie collaborative modèle affaires

 

Rachel Botsman suggère à ses clients de déterminer leur plus grande faiblesse et de la convertir en occasion d’affaires en entrant sur un nouveau marché ou en en créant un. Ces conseils s’appliquent aussi à l’hôtellerie traditionnelle. Voici comment celle-ci se glisse sur le marché de l’économie collaborative.

Des investissements stratégiques

En 2014, une collecte de fonds de 40 millions de dollars américains a marqué l’entrée de Hyatt et de plusieurs autres investisseurs dans le capital de onefinestay. Cette entreprise propose des locations de résidences privées haut de gamme dans plusieurs grandes villes. Le groupe hôtelier a franchi un pas de plus cet été en menant au Hyatt Regency London – The Churchill un programme pilote visant à offrir ses services à la clientèle de onefinestay. Celle-ci peut entreposer ses bagages et utiliser la salle de bain d’une chambre en attendant que la résidence réservée soit disponible. D’après le magazine Web TechCrunch, cet investissement sur le marché haut de gamme, pouvant mener à l’intégration de ces logements privés dans l’offre globale de l’hôtelier, favorise la rétention de sa plus fidèle clientèle.

Hyatt n’est pas le seul à voir d’un bon œil les acteurs de l’économie collaborative. Wyndham Worldwide a investi 12 millions de dollars américains dans Love Home Swap, une plate-forme d’échange de maisons. Récemment, AccorHotels avouait regretter de ne pas avoir investi dans Airbnb quand il en avait eu l’occasion. Il reste d’ailleurs ouvert à toute collaboration, affirmant que l’entreprise ne représente pas de menace concurrentielle.

Des partenariats pour offrir aux clients…

… des recommandations touristiques

Dans le but d’ajouter un service complémentaire à son offre, InterContinental Hotels Group a développé un partenariat avec Stay.com afin de proposer des guides touristiques interactifs à sa clientèle. Ces guides regroupent les recommandations des voyageurs et d’experts locaux.

Hotels IHG stay,com

Source : ihg.com

 Hilton Worldwide tire aussi profit du réseau d’utilisateurs des plates-formes collaboratives. Dans le contexte de son partenariat avec Uber, les membres de son programme de fidélisation HHonors pourront bientôt consulter la liste « Scène locale », qui répertorie les restaurants et les lieux d’animation nocturnes les plus fréquentés par les passagers d’Uber dans 20 villes américaines. La chaîne hôtelière n’est d’ailleurs pas la seule à s’associer avec la plate-forme Web Uber, puisque Hyatt et Starwood Hotels & Resorts font bénéficier leurs clients de ses services dans le cadre d’ententes.

 

… des services ou des biens non utilisés

Le groupe hôtelier AccorHotels s’est associé en 2014 à OnePark, entreprise spécialisée dans le partage de stationnements publics et privés. Certains de ses hôtels parisiens mettent à disposition leurs places vacantes sur la plate-forme Web. Selon Christophe Morin, directeur d’exploitation des hôtels Ibis, « OnePark permet de générer des revenus complémentaires sur un poste historiquement peu optimisé dans les hôtels ». OnePark compte plusieurs autres partenariats avec Hilton, Radisson Blu, Marriott et Holiday Inn.

OnePark stationnement aéroport

Source : onepark.fr

Une autre collaboration d’AccorHotels, celle-ci avec le site d’autopartage TravelerCar, permet aux clients de l’hôtel Ibis Berthier de Paris de louer une voiture laissée par son propriétaire sur le stationnement de l’établissement.

Enfin, Marriott loue ses espaces de réunion vacants depuis 2012 sur la plate-forme collaborative LiquidSpace.

Marriott liquidspace bureaux

Source : liquidspace.com

 

Ces investissements et ces partenariats témoignent de la volonté de l’hôtellerie traditionnelle d’adopter les pratiques des entreprises de l’économie collaborative

Ces investissements et ces partenariats témoignent de la volonté de l’hôtellerie traditionnelle d’adopter les pratiques des entreprises de l’économie collaborative. Les groupes hôteliers mettent en place ces alliances afin d’améliorer l’expérience du client, de mieux répondre à ses besoins, mais aussi de maintenir leurs parts de marché devant de nouveaux entrants qui perturbent les règles du jeu.

Des éléments de réflexion et des exemples à suivre pour les plus petits joueurs de l’industrie!

 

Première partie de l’analyse : L’hôtellerie et l’économie collaborative, quelle concurrence?

 

Image à la une : © Réseau de veille en tourisme

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Gestion

4 tactiques pour augmenter les revenus de votre musée

Voici quatre tactiques à considérer :

• Utiliser les données numériques

• Diversifier les activités du musée et louer ses espaces

• Inviter le public à faire des dons par message texte

• Effectuer une campagne de financement participatif

Utiliser les données numériques

Les données numériques que vous recueillez à propos de vos visiteurs livrent de précieuses informations. Celles-ci pourraient vous permettre de dresser un meilleur portrait de votre clientèle, de mieux orienter vos actions de marketing et d’augmenter vos ventes.

… la valeur des informations personnelles fournies par sa clientèle est plus élevée que les frais d’abonnement ou les autres gratuités offertes en échange.

Le Dallas Museum of Art (DMA) a lancé en 2013 un programme qui propose à ses visiteurs un abonnement « amis du musée », gratuit quand ils acceptent de fournir des données personnelles. Plusieurs privilèges sont offerts aux amis du DMA, dont celui de cumuler des points en participant à diverses activités. Ensuite, en échangeant leurs points, ceux-ci ont droit à des récompenses telles que le stationnement gratuit ou un laissez-passer pour une exposition spéciale. Selon le directeur du DMA, la valeur des informations personnelles fournies par sa clientèle est plus élevée que les frais d’abonnement ou les autres gratuités offertes en échange. Les données recueillies permettent aux gestionnaires du musée de mieux comprendre les préférences et le comportement de ses visiteurs, de créer des expériences basées sur leurs centres d’intérêt et de mesurer la performance de diverses tactiques déployées. Ultimement, ces informations pourraient aussi leur servir de levier afin d’obtenir de nouvelles sources de financement.

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Source : DMA

Diversifier les activités du musée et louer ses espaces

Les salles d’expositions, les agoras, les terrasses et même les halls des musées constituent des lieux recherchés pour la tenue d’événements. La location de ces espaces s’avère bien souvent une source de revenus supplémentaires non négligeable.

En ajoutant des activités complémentaires à la programmation, il est aussi possible d’attirer un public néophyte.

Développer de nouvelles clientèles tout en assurant leur pérennité représente un défi de taille pour de nombreuses institutions muséales. En ajoutant des activités complémentaires à la programmation, il est aussi possible d’attirer un public néophyte.

Le Royal Saskatchewan Museum offre des séances de yoga au musée. Les cours se déroulent dans différentes galeries, ce qui permet aux participants de profiter des expositions. Le Aspen Art Museum organise des soirées de projection cinématographique sur le toit de son édifice durant l’été. Le Royal Ontario Museum de Toronto est devenu une destination sociale durant l’automne 2015 en accueillant des D.J. et en organisant des soirées animées dans le musée.

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Crédit photo : ElectriCITY Events

Inviter le public à faire des dons par message texte

Rapide et simple à effectuer, le don par message texte se prête bien pour financer des activités, restaurer des œuvres ou contribuer à des campagnes générales.

Susciter l’urgence de donner et afficher sur plusieurs supports différents la possibilité de faire un don figurent parmi les facteurs de succès d’une telle tactique.

En 2013, le Everson Museum of Art a lancé une campagne de financement axée sur le don par message texte. En composant un numéro (par exemple le 277-22) et en textant le mot « art », un don de 10 dollars américains est automatiquement effectué. Le Seattle Art Museum suggère à ses visiteurs de verser 5 dollars par message texte pour préserver la gratuité de son programme d’activités extérieures. Susciter l’urgence de donner et afficher sur plusieurs supports différents la possibilité de faire un don figurent parmi les facteurs de succès d’une telle tactique.

Effectuer une campagne de financement participatif

Le financement participatif semble une avenue encore peu empruntée par les organismes culturels québécois. Pourtant, plusieurs en font l’usage ailleurs dans le monde. Pour financer une exposition, pour exécuter des travaux de réfection ou encore pour faire l’acquisition d’œuvres particulières, des musées se tournent vers des mécènes privés, bien souvent des amateurs de leur institution.

Pour ses 150 ans, le Muséum de Toulouse désire rendre hommage à la girafe d’Abyssinie, nommée Twiga, en procédant à la naturalisation de cette pièce patrimoniale. Pour y arriver, le musée a décidé de lancer une campagne de financement participatif sur la plateforme Culture Time afin de recueillir 15 000 euros. Pour sa part, la Smithsonian Institution de Washington DC a amassé plus de 700 000 dollars américains afin de restaurer la combinaison lunaire de Neil Armstrong sur la plateforme Kickstarter.

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Les gestionnaires de musées doivent composer avec des budgets serrés. Mais pour actualiser leurs infrastructures, développer de nouvelles clientèles, incorporer les technologies à leur offre, effectuer des campagnes de marketing efficaces sur diverses plateformes et assurer leurs opérations, il faut de l’argent. Quelles autres tactiques pourraient aider le financement des musées québécois?

 

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Hébergement

Hôtellerie et économie collaborative : quelle concurrence?

La location de logements entre particuliers est encadrée légalement dans plusieurs villes à travers le monde. Cet automne, les instances politiques du Québec se penchent sur la question pour réglementer cette pratique, qui est loin de faiblir. Mais que savons-nous de l’incidence de ces nouveaux entrants sur l’hôtellerie? Certaines études démontrent que cette concurrence nuit aux hôteliers, alors que d’autres statistiques se veulent rassurantes.

 

Airbnb et les autres plateformes similaires se développent rapidement

En 2014, la valeur des ventes en hôtellerie a crû de 5 %, comparativement à 11 % pour la location de logements entre particuliers

La location de logements entre particuliers existe depuis longtemps, mais l’essor de ce marché est sans précédent avec l’émergence d’entreprises telles qu’Airbnb. Selon Euromonitor, depuis la crise économique survenue en 2008, ce secteur a connu des taux de croissance beaucoup plus élevés que l’hôtellerie (sauf en 2009, année où les deux marchés ont enregistré un ralentissement). En effet, en 2014, la valeur des ventes de cette dernière a crû de 5 %, comparativement à 11 % d’augmentation pour la location de logements entre particuliers. On peut l’expliquer en partie par les plateformes dites collaboratives, qui ajoutent de plus en plus de destinations à leur offre. À titre d’exemple, Airbnb prévoit enregistrer un chiffre d’affaires de 900 millions de dollars américains en 2015, et le nombre de clients et d’offres disponibles sur son site a presque triplé entre 2013 et 2014.

L’hôtellerie moyenne gamme, grande perdante?

Euromonitor a analysé les données du nombre d’établissements hôteliers entre 2008 et 2014. Les hôtels de moyenne gamme (2 et 3 étoiles) sont les seuls dont la part a baissé, passant de 63 % à 56 %. Au contraire, la part des hôtels économiques a augmenté de 18 % à 26 %, et celles des hôtels 4 et 5 étoiles se sont maintenues au même niveau.

Selon Euromonitor, les hôtels économiques ont accru la qualité de leurs services et de leurs installations afin de séduire la clientèle optant pour la location de logements privés. Quant à l’hôtellerie 4 et 5 étoiles, elle continue d’attirer le segment de voyageurs prêts à payer davantage pour recevoir un service haut de gamme. Entre les deux, les établissements de moyenne gamme éprouvent de la difficulté à se forger une identité et à offrir un niveau de services qui séduise les voyageurs.

Qui fait de l’ombre à qui?

Voici quelques statistiques permettant de dresser le portrait de l’environnement concurrentiel entre les groupes hôteliers et les deux principaux loueurs de logements entre particuliers :

  • En 2014, HomeAway et Airbnb cumulaient des valeurs de ventes respectives de 4,8 milliards et 3,7 milliards de dollars américains, comparativement à 27,5 milliards pour le plus important groupe hôtelier, Marriott International.
  • La valeur boursière d’Airbnb est évaluée à 25,2 milliards de dollars américains. Elle surpasse ainsi celles de Marriott (20,6 milliards $US) et de Starwood (14,1 milliards $US), et se rapproche de celle de Hilton (27,4 milliards $US).
  • HomeAway et Airbnb comptent des taux de croissance annuels cumulés bien plus élevés que les groupes hôteliers. Ces derniers se sont maintenus aux alentours de 10 % entre 2009 et 2014, alors que HomeAway a enregistré un taux de 29 % et Airbnb de 251 %.
  • En 2014, les réservations effectuées sur le site d’Airbnb représentaient 7 milliards de dollars américains, soit seulement 1 % du marché total du secteur de l’hébergement.

Un effet négatif pour certains marchés hôteliers

Des chercheurs de l’Université de Boston ont mesuré l’incidence économique d’Airbnb sur l’hôtellerie traditionnelle. En utilisant les statistiques présentées par Airbnb et les données de près de 3000 hôtels du Texas à partir de 2003, ils ont pu observer qu’une augmentation de 10 % de l’offre d’Airbnb correspondait à une baisse de revenu pour les chambres d’hôtel de 0,37 %. À Austin, où le nombre de locations offertes est le plus important, l’effet sur le chiffre d’affaires des hôtels est d’environ 8 à 10 %. Enfin, les hôtels économiques et de moyenne gamme subissent davantage la concurrence d’Airbnb que ceux du segment haut de gamme.

D’autre part, à San Francisco, les taux d’occupation des hôtels connaissent une plus faible croissance les samedis et dimanches pour certains segments de prix. Selon le consultant Rick Swig de RSBA & Associates, la seule explication pertinente réside dans la concurrence livrée par l’offre de location de logements entre particuliers, ces derniers ciblant l’hébergement de la clientèle d’agrément qui voyage les fins de semaine et durant les périodes de vacances.

Des spécialistes se font rassurants

D’après le consultant Sean Hennessey de Lodging Advisors, près du quart de la clientèle d’Airbnb à New York ne semble pas fréquenter l’hôtellerie traditionnelle. En effet, 19 % de sa clientèle loue un logement durant 30 jours ou plus, ce qui est peu répandu en hôtellerie. De plus, un autre 4 % des clients est constitué de groupes de 5 voyageurs ou plus. Ceux-ci auraient moins tendance à séjourner à l’hôtel, la limite étant souvent quatre personnes dans une chambre.

les taux d’occupation à New York n’ont pas été affectés par l’ajout de l’offre de location de logements de particuliers

De plus, Sean Hennessey constate que les taux d’occupation à New York n’ont pas été affectés par l’ajout de l’offre de location de logements de particuliers. Cela étant dit, il est possible que cette observation ne s’applique qu’à cette métropole, où l’offre hôtelière ne comble pas la demande. D’autre part, la firme Smith Travel Research a comptabilisé l’inventaire de chambres des hôtels des cinq quartiers de New York et les logements loués sur Airbnb. Elle constate que les offres d’Airbnb ne représentent que 7,5 %, mais la part est de 38 % à Brooklyn, ce qui peut s’expliquer par la faible quantité d’hôtels dans ce quartier.

Airbnb montre patte blanche

Selon l’étude d’Airbnb, menée entre avril 2013 et mars 2014 sur le marché montréalais, la plateforme collaborative était complémentaire à l’industrie touristique déjà existante. À Montréal, 85 % des résidences d’Airbnb étaient situées à l’extérieur des quartiers hôteliers traditionnels.

Chip Conley, d’Airbnb, assure que les hôteliers ne doivent pas s’inquiéter de l’émergence d’Airbnb, en partie car leur principal marché est celui des séjours à long terme. Cependant, Euromonitor prévoit la croissance de ces plateformes collaboratives sur les segments de luxe et d’affaires. De quoi durcir la compétitivité sur les marchés déjà éprouvés, et peut-être l’amorcer sur d’autres…

 

Une seconde analyse détaillera les récentes initiatives de groupes hôteliers qui ont décidé d’intégrer l’économie collaborative dans leurs stratégies de développement.

 

Image à la une : © istockphoto

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Marketing

DestinationNEXT, un guide de bonnes pratiques

 

En 2014, Destination Marketing Association International (DMAI) entreprenait une vaste consultation auprès de 327 organisations de gestion de la destination (OGD) provenant de 36 pays, dont la majorité des États-Unis (60 %) et 27 du Canada (2 du Québec). Cette étude visait à fournir à ces dernières des stratégies pour obtenir l’engagement et le soutien de la communauté, ainsi qu’accroître leur performance. Les résultats de la première et de la deuxième phase de consultation ont été publiés respectivement en juillet 2014 et en juillet 2015. Ils ont inspiré la rédaction d’un manuel de bonnes pratiques, incluant la description et l’étude de cas de chacune des 20 meilleures pratiques et des 10 tendances émergentes.

Le Réseau de veille en a sélectionné quelques-unes.

Engager et soutenir sa communauté ou ses intervenants…

 … par la création de réseaux 

DestinationNext_repertoire_bonnes_pratiques1Certaines OGD œuvrent au sein d’un réseau stratégique visant le développement de la destination, comme Wonderful Copenhagen (WoCo). Cette dernière a créé un nouveau modèle de gestion qui lui permet de participer à plusieurs projets en déléguant l’autorité et la responsabilité globale (y compris le financement) à un groupe d’entreprises et d’autres parties prenantes. Son rôle est plutôt celui d’un fournisseur de services embauché par le regroupement pour mettre en œuvre les stratégies. WoCo exploite plusieurs réseaux liés à des projets ou à des tâches particulières (congrès, loisirs, gastronomie, ambassadeurs, développement de routes aériennes, transports durables, croisières, etc.).

 … par de nouveaux modes de financement

L’OGD a donc convaincu les autorités législatives de l’État, le conseil municipal et la communauté locale de voter pour la création d’une nouvelle taxe de vente de 1 %

Les OGD sont à la recherche de modèles de financement novateurs et diversifiés pour mener à bien l’ensemble de leurs activités. C’est également le cas de Visit Myrtle Beach; les cinq millions de dollars américains injectés annuellement étaient nettement insuffisants pour soutenir la croissance de la destination. Cette dernière a donc convaincu les autorités législatives de l’État, le conseil municipal et la communauté locale de voter pour la création d’une nouvelle taxe de vente de 1 % (Penny Tax) en 2006. Elle constitue la principale source de financement de la Tourism Growth Initiative, qui comprend des actions promotionnelles et le développement de produits touristiques. Grâce à la Penny Tax, le budget de Visit Myrtle Beach est passé à 30 millions de dollars américains, la notoriété de la destination a augmenté de 300 %, le nombre de visiteurs, de 26 % et les revenus d’hébergement, de 30 %.  

med_8.5x11pierSource: Visit Myrtle Beach

Améliorer la performance de la destination…

… grâce au marketing de proximité 

Le marketing de proximité est un outil d’engagement qui améliore la connexion avec les consommateurs, encourage la fidélité et bonifie l’expérience du client. Il utilise la technologie cellulaire (Bluetooth, réseaux sans fil ou beacons) pour envoyer des messages aux utilisateurs d’appareils mobiles se trouvant à proximité d’un produit ou d’un service. Quoique ce type de marketing soit peu répandu actuellement dans l’industrie touristique, certaines destinations et quelques grands joueurs ont tenté l’expérience. Par exemple, RT04, une région touristique du sud de l’Ontario, a utilisé cette technique de marketing auprès de festivaliers afin de leur faire connaître des activités similaires se tenant dans un avenir rapproché, et qui pourraient les intéresser. Plusieurs casinos s’en servent pour diriger leurs clients vers des tables de jeu vides, des restaurants ou des bars peu achalandés de leur établissement. Ils utilisent aussi les beacons situés dans les entrées du casino et des différentes salles pour leur proposer diverses offres promotionnelles.

 … grâce au contenu généré par les utilisateurs 

L’évaluation et la recommandation par les pairs constituent de puissantes sources d’influence grâce à des plateformes comme TripAdvisor. De plus en plus d’OGD interpellent ces ambassadeurs pour les convaincre de partager leurs histoires et leurs images de la destination au sein de leur réseau. Un tel contenu généré par l’utilisateur constitue une façon efficace et convaincante d’obtenir des résultats de marketing de qualité supérieure et à long terme. Visit Orlando l’a bien compris lorsqu’elle a planifié sa campagne Orlando – the Never Ending Story ; elle y invite les visiteurs à capturer et à partager les expériences vécues dans cette destination sur une variété de médias sociaux en utilisant le mot clic #MyOrlandoStory pour favoriser leur engagement. Ces expériences inoubliables sont rassemblées sur le site Web orlandostories.com.

DestinationNext_repertoire_bonnes_pratiques3Source : Visit Orlando

Engager sa communauté tout en améliorant la performance de la destination…

 … par le développement de l’économie collaborative 

Celle-ci joue un rôle de plus en plus important en tourisme, et elle est là pour rester. Les OGD qui parviennent à se « connecter » à cet espace collaboratif arrivent à développer l’engagement des visiteurs, ainsi que celui des hôtes locaux et des autres fournisseurs de services. La ville de Portland, aux États-Unis, a su tirer profit de cette économie de partage en intégrant les services d’Airbnb et d’Uber comme complément aux services existants. En contrepartie, Airbnb a accepté de payer la taxe locale d’hébergement de même qu’un droit d’exploitation, en plus de se soumettre à des inspections. Quant à Uber, il paie un droit et des frais de covoiturage, alors que la Ville a modifié la législation concernant le permis de taxi, qui n’est pas requis pour l’instant.

 … par la création de partenariats 

Les OGD innovantes créent des partenariats efficaces avec des entreprises d’autres secteurs d’activité afin de développer des stratégies qui soutiennent des objectifs communs à toute la communauté. C’est le cas de Göteborg, en Suède, où les entreprises privées, les leaders de la communauté d’affaires, le secteur public et les politiciens se sont concertés pour déterminer les axes de développement de la ville dans le but d’attirer plus de visiteurs internationaux en voyage d’agrément ou d’affaires. Cet engagement de la communauté s’est concrétisé avec la création de Goteborg & Co, un regroupement qui vise à commercialiser la destination. De plus, les résidents sont régulièrement consultés par sondage afin de connaître leur point de vue en ce qui a trait aux priorités de travail de l’OGD. Les grandes sociétés, pour leur part, participent régulièrement aux initiatives de la destination pour soutenir le tourisme.

DestinationNext_repertoire_bonnes_pratiques2Source : goteborg.com

En espérant que ce florilège de bonnes pratiques puisse vous inspirer. Pour plus d’exemples, consultez le guide.

 

Image à la une: DMAI