Catégories
Marketing

Repenser sa stratégie marketing pendant et après la crise

L’humain avant tout

L’approche marketing des dernières années place davantage l’humain au cœur des stratégies, que ce soit les consommateurs ou les employés. En ces temps de crise, cette dimension prend encore plus d’importance. Comme l’a mentionné au début de la pandémie Olivier Coullerez, président et fondateur de l’agence Espresso Communications, « l’idée n’est pas de vendre les qualités d’un hôtel, mais de parler de l’hôtelier. »

Pour souligner la résilience de l’industrie, la compagnie de création de contenu GLP Films a réalisé des capsules mettant en vedette des personnes jouant un rôle clé dans le développement touristique de leur région. Le mot-clic #TourismStrong sert à partager leurs histoires, comme celle d’Angie Grenade du Ziwa Rhino Sanctuary en Ouganda qui lutte pour la protection de la faune sauvage, par le biais d’activités touristiques.

Les stratégies pour faire rayonner le tourisme local

Durant la pandémie, les gestionnaires ont porté une attention particulière aux clientèles locales pour assurer la continuité de leurs activités et leur survie économique. Différents moyens ont été développés pour les aider.

Des plateformes en ligne pour faire briller les entreprises locales et leurs artisans

La promotion des savoir-faire locaux est encore plus importante qu’avant, c’est pourquoi un nombre fulgurant de plateformes en ligne se sont développées. Parmi celles-ci, certaines sont munies d’une carte interactive permettant d’encourager les activités et les entreprises de la région. C’est le cas de l’organisation Culture Maps Central NSW, située dans l’État du New South Whales, en Australie, qui vise à faire découvrir la culture et l’art. Il ne suffit que de cliquer sur la région désirée pour voir les diverses offres s’afficher.

Des incitatifs aux résidents pour encourager l’achat local

Plusieurs municipalités et quartiers ont mis des bons d’achat, sous forme de devises locales, entre autres, à disposition de la population. Ceux-ci permettent aux résidents d’économiser de l’argent dans les commerces locaux. Au Québec, la Ville de Sherbrooke, en collaboration avec Commerce Sherbrooke, les a tous vendus en moins de 14 heures dans le cadre de sa campagne Opération locale. Cela représente des retombées de 160 000 $ pour les entreprises de la ville.

En Ontario, la Culinary Tourism Alliance a lancé la campagne Great Taste of Ontario regroupant un ensemble de passeports régionaux qui visent à faire découvrir la gastronomie de la province tout en soutenant 1000 entreprises. Chacun des passeports comprend 15 établissements, et une fois qu’il les a tous visités, le voyageur reçoit des récompenses des compagnies locales.

Des partenariats pour promouvoir la destination

C’est reconnu, l’union fait la force. C’est du moins ce que se sont dit bon nombre d’offices de tourisme durant la pandémie afin d’assurer leur visibilité et leur notoriété. En Haute-Savoie, en France, les offices de tourisme Rumilly-AlbanaisHaut-Rhône Tourisme et Alter’Alpa Tourisme ont décidé de collaborer au sein d’une campagne commune nommée « Rendez-vous en terre (mé)connue », faisant référence à la célèbre émission française. Un Pass’ découverte permettait aux acheteurs de (re)visiter des endroits cachés ou oubliés.

 Les touristes internationaux

En plus de faire la promotion du tourisme local auprès des résidents et marchés de proximité, les gestionnaires des destinations devaient demeurer visibles auprès des voyageurs étrangers en vue de la relance. Plusieurs en ont profité pour reconsidérer leur stratégie.

Repenser son public cible

L’importance des données était un sujet omniprésent au cours des derniers mois. Elles permettent en effet de connaître le parcours des touristes et de mieux comprendre les retombées qu’ils génèrent.

Comment attirer des voyageurs à haute valeur ajoutée ? En identifiant ceux qui participent à l’économie locale parmi les vacanciers fidèles. C’est l’un des objectifs que s’est donnés Helsinki Marketing, en Finlande. Laura Aalto, directrice générale de l’OGD, va même plus loin en affirmant que les visiteurs rechercheront davantage des expériences en harmonie avec leurs valeurs. Dans le but de séduire les voyageurs détenant les mêmes que celles de la destination, il est important de les mettre de l’avant dans sa stratégie de communication.

Visit Florida a développé un partenariat avec Outbound Collective, un voyagiste spécialisé en séjour d’aventure et dans la promotion de pratiques de plein air inclusives. Le but est d’attirer une clientèle formée de plusieurs groupes sous-représentés. Pour ce faire, des histoires racontées par 12 experts de plein air incarnant chacun des segments issus de ces minorités sont partagées sur les réseaux sociaux.

Repenser son offre touristique et la gestion des flux 

Cette pause forcée a aussi permis de mieux gérer les flux touristiques. Répartir les voyageurs dans des régions moins fréquentées, les inciter à venir en basse saison, arrêter complètement le partage de contenu sur les lieux hautement prisés (démarketing) sont quelques moyens instaurés avant la pandémie qui attirent d’autant plus l’attention des gestionnaires durant la crise. L’OGD de Copenhague utilise déjà la méthode du démarketing pour le quartier de Nyhavn qui jouit déjà d’un fort taux d’achalandage. De plus, 75 % de son budget de promotion servira à mettre de l’avant la basse saison.

Les longs séjours sont aussi privilégiés. Certaines destinations, telles que la Barbade et l’Estonie, profitent même de la possibilité de travailler à distance pour proposer un visa spécifique au télétravail. Des agences de voyages ou des attractions suggèrent des forfaits qui s’adressent aux nomades numériques. C’est le cas du Massif de Charlevoix, au Québec. La plateforme Booking.com a quant à elle, ajouté de nouveaux filtres de recherche facilitant la réservation d’hébergement afin de répondre à cette demande.

Finalement, que doit-on retenir de ces stratégies de promotion ? Lesquelles perdureront après la pandémie ? Quelques-unes sont énumérées dans le tableau ci-bas.

marketing_recommandations

Cet article provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

Source image : Pexels

Catégories
Hébergement Marketing

Une chasses aux trésors pour promouvoir son hôtel

La pandémie mondiale touche fortement le secteur de l’hôtellerie. En manque de voyageurs internationaux, de nombreux établissements d’hébergement mettent sur pied des initiatives pour attirer la clientèle locale.  

Les propriétaires de QT Hotel & Resort à Aucklanden Nouvelle-Zélande, ont décidé de célébrer l’ouverture de leur nouvel hôtel en offrant 150 nuitées gratuites aux résidents. Pour gagner, les citoyens devaient participer à une chasse au trésor et dénicher une clé qui se trouvait dans un des boitiers sécurisés, dissimulés aux quatre coins de la ville. Chaque boîte comportait un code à déchiffrer. Pour faciliter quelque peu la quête aux chasseurs, les codes étaient publiés quotidiennement sur le site Web de l’hôtel, mais sans spécifier la localisation des boitiers auxquels ils étaient associés, bien sûr! 

instagram_qt-hotel-resort

Source : Instagram 

Il s’agit d’une initiative originale poucréer un buzz autour de l’ouverture d’un hôtel, favoriser les staycations et faire de la promotion dans sa communauté par l’implication active des résidents. 

Source image à la Une : Pexels

Catégories
Segments de clientèles

Voyage et COVID-19 : sept segments de clientèle imaginés

La pandémie de COVID-19 affecte les touristes et la manière dont ils voyagent. Même si elle s’annonce temporaireson passage pourrait entraîner de nouveaux comportements susceptibles de perdurer. Beaucoup tentent dattraper au vol ces changements rapides en analysant les récentes données en ligne des consommateurs.  

Bien souvent, la segmentation des voyageurse base sur des caractéristiques comme l’âge, le revenu, la situation familiale ou l’éducation. Mais en contexte extraordinaire, de nouvelles variables telles que le sentiment de sécurité et la confiance envers une destination gagnent en importance 

Devant cette nécessité contemporaine de toujours mieux comprendre les vacanciers, la firme britannique de consultants en  marketing Go Inspire s’est prêtée au jeu dans un livre blanc publié au mois d’octobre 2020. Elle y propose sept nouveaux segments de clientèles post pandémie basés sur l’analyse du comportement d’achat en ligne de plus de cinq millions de consommateurs à travers le monde depuis 2019. Cette segmentation peut inspirer les organismes de gestion de la destination, les hôteliers, les voyagistes, les agents de voyages etoute autre organisation touristique pour déployer des campagnes promotionnelles. Les segments présentés ci-dessous montrent qu’il faut repenser la manière dont les entreprises regardent leur clientèle. 

nouveaux_segments_clientele_covid

Go Inspire propose aussi des recommandations marketing générales pour chaque type de clientèleNotez que cette segmentation n’est pas « clé en main ». Elle doit être adaptée au profil de votre entreprise et s’appuyer sur vos propres données client. Elle représente une perspective d’analyse intéressante pour votre relance.  

Avez-vous réfléchi aux nouveaux comportements d’achats de votre clientèle? 

Image à la une : Pexels

Catégories
Produits et activités

L’achat de produits alimentaires régionaux en Montérégie en temps de pandémie

La pandémie de la COVID-19 qui s’abat sur le Québec depuis la mi-mars 2020 fait émerger l’importance de renforcer dans la population québécoise des comportements d’achat local pour soutenir l’économie du Québec, notamment au bénéfice des producteurs locaux. Pour évaluer l’intérêt des habitants de la Montérégie pour l’achat agroalimentaire local, un sondage en ligne et quatre groupes de discussion (voir la note méthodologique à la fin du texte) ont été réalisés en mai 2020 auprès de 230 abonnés de l’infolettrLa Montérégie, le Garde-Manger du Québec . Selon les résultats des analyses, les répondants  reconnaissent plus l’importance de l’achat local depuis le début de la pandémie, mais les producteurs locaux et les réseaux de distribution doivent relever plusieurs enjeux et défis liés à la promotion des produits régionaux. Ces défis et enjeux sont autant d’occasions de lancer des projets agrotouristiques autour de la thématique de l’achat local et de proposer des expériences mémorables.   

L’intérêt pour l’achat de produits alimentaires régionaux est en hausse  

Le sondage indique que la pandémie de la COVID-19 et les différents messages gouvernementaux à propos de l’achat local ont eu pour effet de sensibiliser la population à l’importance de l’achat des produits agroalimentaires régionaux. Les résultats montrent que la proportion de répondants très et extrêmement sensibilisés à la consommation d’aliments régionaux produits, transformés, distribués ou servis par des entreprises de la Montérégie est passée de 45 % avant la pandémie à 81 % depuis la pandémie. À l’inverse, la proportion de répondants qui n’étaient pas du tout et pas très sensibilisés à l’achat de produits régionaux est passée de 15 % à 1 %.  

Les valeurs ajoutées de l’achat local sont d’ailleurs manifestes. D’après les résultats des quatre groupes de discussions, une majorité de personnes ont exprimé l’avis que l’achat local agroalimentaire permet de réduire le transport des produits et des marchandises d’un point à un autre, donc de diminuer l’impact environnemental de la distribution alimentaire en comparaison aux circuits longs. En outre, selon les répondants, l’achat alimentaire local contribue à la fraîcheur, au maintien des parfums et des saveurs et à une plus longue conservation des produits. 

La connaissance des aliments locaux constitue un enjeu 

Si l’intérêt pour l’achat local s’intensifie chez les Montérégiens, la connaissance des produits, des entreprises locales et des circuits de distribution représente trois importants enjeux mis en relief dans la recherche. En effet, 39 % des répondants mentionnent ne pas très bien connaître ou ne pas du tout connaître les aliments régionaux produits, transformés, distribués ou servis par les entreprises de la Montérégie. Il est possible de noter que 38 % des personnes interrogées estiment ne pas très bien connaître ou ne pas du tout connaître les entreprises locales qui produisent, distribuent, servent ou transforment les aliments régionaux en Montérégie. De plus, 40 % des répondants éprouvent des difficultés à retrouver ces produits régionaux dans les différents points de vente, car souvent ils ne sont ni en évidence ni bien étiquetés. Selon toute apparence, une prise de conscience s’est développée sur ce dernier point avec la pandémie. Les répondants perçoivent que les produits locaux sont plus chers en général que leurs équivalents importés, mais se déclarent prêts à assumer la différence de prix, et ce, dans une moindre mesure, pour les familles avec enfants ou celles à plus faible revenu. 

La connaissance des produits, des entreprises locales et des circuits de distribution constitue trois enjeux d’importance 

Les résultats du sondage mettent en lumière l’importance des initiatives promotionnelles visant à faire connaître les producteurs et les distributeurs de produits régionaux pour susciter et renforcer les comportements d’achat local. 

L’importance de mener des initiatives de promotion des aliments régionaux  

La Montérégie, le Garde-Manger du Québecgéré par Expansion PME ; l’organisme représentant des Tables de concertation bioalimentaire du Québec pour la région de la Montérégiepropose le projet « Les Virées Gourmandes de la Montérégie ». Cette initiative vise à faire découvrir aux consommateurs et aux visiteurs des produits régionaux et des restaurants, en proposant un répertoire de visites agrotouristiques en Montérégie organisées sous la forme de circuits gourmands.  

boite_gourmande

Source : Les Virées Gourmandes de la Montérégie 

Depuis le début de la pandémie, il est possible d’y retrouver une carte géolocalisée (voir l’image) qui répertorie les entreprises agroalimentaires et les restaurants de la Montérégie ayant répondu à l’invitation de promotion de l’achat de produits régionaux. Les entreprises sont présentées sous la forme d’une fiche montrant leurs produits, la nature de leurs activités, leur adresse et la manière de s’y rendre. On y trouve également un  lien vers leur site Web le cas échéant. À l’automne 2020, « Les Virées gourmandes de la Montérégie » changent de formule en raison des mesures sanitaires imposées par la Santé publique. Six boîtes découvertes de produits régionaux permettant d’aller à la rencontre des producteurs et des transformateurs de la Montérégie seront mises en vente et distribuées une fois par mois, d’octobre 2020 à mars 2021. 

carte_garde-manger

Source : Les Virées Gourmandes de la Montérégie 

Des initiatives comme « Les Virées Gourmandes de la Montérégie » suscitent un intérêt de la part des participants des quatre groupes de discussionIls apprécient particulièrement la possibilité d’aller à la rencontre de producteurs et d’en apprendre plus sur les produits et leurs méthodes de production de même qu’avoir la possibilité de développer une relation de proximité avec eux.  

Ces initiatives promotionnelles sont importantes pour forger à long terme une relation entre les producteurs,  les distributeurs, les consommateurs et les visiteurs.

De telles initiatives promotionnelles sont importantes pour forger à long terme une relation entre les  producteurs,  les  distributeurs,  les  consommateurs et les visiteurs. L’ensemble des activités proposées possède également des visées agrotouristiquesElles renforcent l’image de marque de la Montérégie comme destination, en plus d’offrir une expérience agrotouristique revisitée en raison de la pandémie de la COVID-19, puisque ce sont les producteurs et les distributeurs qui s’invitent désormais à la table deconsommateurs. 

 

Note méthodologique : La recherche a été menée par L. Martin Cloutier et Laurent Renard, professeurs au Département analytique, opérations et technologies de l’information de l’ESG UQAM. Le sondage s’est déroulé en ligne du 14 au 23 mai 2020. L’échantillon était composé des abonnés à l’Infolettre La Montérégie, lGarde-Manger du Québec et 230 personnes ont répondu au sondage de neuf questions. Quatre groupes de discussion ont également été conduits avec une plateforme de communication à distance auprès de 32 participants asondage. Deux rapports de recherche ont été réalisés pour La Montérégie, le Garde-Manger du Québec. 

Image à la une : Pexels

Catégories
Marketing Technologies

Se démarquer dans l’univers de la recherche vocale

Que ce soit Siri, Google Home, Alexa ou Cortana, les assistants vocaux suscitaient beaucoup d’intérêt avant la pandémie de la COVID-19. Selon Deloitte, le marché des haut-parleurs intelligents devait atteindre 87 milliards de dollars en 2019. Cela représente une hausse de 63 % par rapport à 2018.

Bien que la présence des assistants personnels intelligents dans le tourisme soit encore émergente, les experts estiment que cette technologie possède beaucoup de potentiel et risque de changer l’industrie dans les années à venir. Plusieurs hôtels les utilisent déjà comme outil de conciergerie et pour le réglage de certaines fonctions dans leurs chambres intelligentes.

Après l’étape de la découverte et de l’émerveillement, les entreprises s’interrogent désormais sur la manière d’intégrer cette technologie à leur modèle d’affaires et dans leur stratégie marketing. Contrairement aux moteurs de recherche traditionnels qui offrent des résultats sur plusieurs pages, les assistants vocaux n’en proposent qu’un seul. Dans ce contexte, il faut utiliser certaines tactiques pour dépasser la concurrence et se retrouver en tête de liste.

Voici quelques conseils :

1. Ne pas oublier l’essentiel : le référencement naturel de son site Pour se démarquer sur le plan vocal, il est important de s’assurer de sa performance sur les moteurs de recherche traditionnels. L’idéal est d’atteindre la position 0 (voir l’image ci-dessous). N’hésitez pas à développer une bonne stratégie SEO pour y parvenir.

recherche_vocale

2. Se faire remarquer par les moteurs de recherche. Pour cela, il importe d’avoir un site Web adaptatif qui s’ajuste à tous les types d’écrans, et rempli de nouveau contenu riche et détaillé publié fréquemment.

3. Miser sur le référencement local. La plupart des recherches effectuées sur les assistants vocaux sont dites de proximité ou géolocalisées. Il s’avère important d’avoir un compte Google Mon entreprise et surtout d’y garder les informations à jour. L’image suivante montre le cas du vignoble de l’Orpailleur à Dunham.

4. Travailler la réputation en ligne. Une entreprise augmente ses chances d’être remarquée par les moteurs de recherche si elle reçoit régulièrement des évaluations et de nouveaux commentaires. Encourager les clients à partager leur avis s’avère donc avantageux à plusieurs niveaux.

5. S’adapter à la nouvelle forme de requête. Avec l’arrivée des assistants vocaux, la recherche ne s’effectue plus par des mots clés, mais plutôt par des questions. Le contenu du site Web doit se rapprocher du langage naturel et répondre aux interrogations des utilisateurs. N’hésitez pas à développer et à étoffer la section « Foire aux questions ».

Les assistants vocaux ne remplacent pas encore les moteurs de recherche traditionnels. Toutefois, la fréquence d’utilisation de ces outils est en plein essor dans un contexte de pandémie où les technologies sans-contact prennent leur envol. Les entreprises touristiques gagnent à demeurer à l’affût de cette tendance et à entamer des démarches pour se démarquer. De quoi laisser la concurrence sans voix !

Source de l’image à la une : Unsplash

Catégories
Produits et activités

Des célébrations d’Halloween virtuelles et sur la route

À la suite des nouvelles recommandations émises par le gouvernement et par la santé publique du Québec, plusieurs organisations et municipalités s’interrogent sur la forme que prendra l’Halloween cette année. Selon un sondage hebdomadaire de Léger du 6 octobre dernier, 52 % des répondants estiment que la fête culturelle (du moins le porte-à-porte pour la cueillette de bonbons) devrait être annulée du fait de la pandémie. Qu’adviendra-t-il des traditionnelles célébrations d’Halloween dans le contexte sanitaire de la COVID-19 ?

Le Québec célèbre différemment

Au Québec, les villes de Rouyn-Noranda et Amos ont déjà statué : il n’y aura pas de collectes de bonbons cette année. L’événement ne sera pas annulé pour autant, c’est simplement sous une autre formule plus sécuritaire pour les citoyens que se dérouleront les célébrations. Les quartiers seront décorés et des animations permettant la distanciation physique seront proposées. Le populaire Village Hanté, présenté annuellement par le Village québécois d’antan, a été contraint de renoncer à ses activités pour l’automne 2020. L’équipe a préparé un parcours virtuel interactif à la place. Le Jardin botanique de Montréal a quant à lui monté un concours de décoration de citrouilles en ligne afin de remplacer le Grand Bal des citrouilles. Une édition spéciale de la féérie de lumières Illumi offre l’expérience d’un trajet nocturne parcouru en automobile.

Des événements virtuels

À l’international, le festival Derry Halloween d’Irlande du Nord propose cette année une programmation virtuelle. Les feux d’artifice, parades, marchés et sessions musicales seront remplacés par des histoires d’horreur, la création de cocktails et des tutoriels en ligne. Ceci permettra aux adeptes d’épouvante de célébrer l’Halloween en toute sécurité. Au Japon, le défilé de Kawasaki Halloween se déroulera sur le Web, rendant ainsi l’événement accessible mondialement. Sur le thème des costumes du cyber espace, les participants publieront des vidéos de 30 secondes qui seront diffusées sur les médias sociaux (TikTok, Instagram, Twitter, etc.). La ville de Salem, près de Boston, déploie un programme révisé afin d’éviter les rassemblements. L’affichage des règles sanitaires a été adapté à la présence de monstres et de fantômes :   

halloween_salem

Source : Salem Haunted Happenings

Des festivités immersives sur la route 

Au-delà de l’autocueillette de citrouilles et de potirons, les agriculteurs ont trouvé des idées originales pour divertir les visiteurs dans leurs champs. À Toronto, Pumpkins After Dark Drive Thru Experience présente 2,5 km d’expositions composées de sculptures de courges. Contrairement au conte populaire de Cendrillon, voilà qu’aucune citrouille n’est transformée en carrosse, mais c’est plutôt confortablement assis dans sa voiture qu’il devient possible de s’immerger dans le monde des cucurbitacées lumineuses et effrayantes. Le décor révèle ses éclats à la tombée du jour. Au Heritage Square Museum de Los Angeles, l’expérience immersive extérieure 31 nights of Halloween se déroulera en auto cette année. Les univers effrayants des films « The Nightmare Before Christmas », « Hocus Pocus » et « Ghostbusters » sont présentés dans ce trajet agrémenté de jeux, performances et prix.

L’Halloween 2020 en contexte de pandémie est remplie d’incertitudes, mais encore une fois l’industrie touristique fait preuve de créativité pour assurer le divertissement et la sécurité du public. Les fantômes, sorcières et petits monstres pourront donc être apeurés, cette année encore. Il reste toutefois à confirmer comment le traditionnel porte-à-porte sera transformé le 31 octobre prochain. 

Catégories
Marketing

Miser sur le tourisme local : oui, mais comment?

Les Québécois au Québec

Plus que jamais auparavant, le tourisme au Québec dépend du marché intérieur. En 2000, les dépenses des Québécois comptaient pour 58 % des recettes touristiques. Cette proportion a grimpé à 63 % en 2017 et on suppose qu’avec la fermeture des frontières, elle représentera presque la totalité des revenus pour l’année 2020.

Mais les Québécois avaient aussi pris l’habitude de voyager à l’étranger. Les données du ministère du Tourisme indiquent qu’en 2017, ils ont dépensé 8,1 milliards de dollars en voyage à l’international alors que les touristes internationaux ont injecté 3,6 milliards de dollars dans l’économie québécoise, soit un déficit touristique de 4,5 milliards de dollars. Les restrictions liées à la pandémie pourraient donner l’occasion aux Québécois de débourser ces dollars-voyages ici même, dans les entreprises de leur province. Les programmes Explore Québec sur la route et le Passeport Attraits y contribueront certainement.

Promouvoir le tourisme local

En cette période de crise qui se prolonge, toutes les destinations jonglent avec cette idée de faire voyager les gens dans leur propre pays. Dans un récent rapport, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) présente de nombreuses initiatives dont l’objectif consiste à développer le marché touristique intérieur. Incitatifs économiques, campagnes marketing, organisation de l’offre, les mesures foisonnent et certaines ont retenu notre attention. En voici quelques-unes partagées dans le rapport de l’OMT ainsi que d’autres, interceptées dans le radar du Réseau de veille.

Slovénie : rassurer puis aider à planifier

L’organisme de gestion de la destination (OGD) de la Slovénie a déployé de nombreux efforts pour stimuler la demande intérieure. Dans un premier temps, il s’est concentré sur la santé et la sécurité dans les organisations. Déjà bien en selle en matière de tourisme durable — l’OGD a remporté plusieurs distinctions au cours des dernières années à cet égard — la destination a renforcé les mesures d’hygiène dans les entreprises qui peuvent ensuite afficher le logo Green & Safe.

Source : Slovenian Tourist Board 

Pour mousser l’offre touristique auprès de la population, le Slovenian Tourist Board (STB) a développé une campagne avec la collaboration des OGD des régions. Chacune a ainsi été invitée à soumettre trois itinéraires à l’intention des voyageurs slovènes. Ils sont présentés dans la langue nationale, sur le portail Web de l’OGD et sur les médias sociaux, propulsés par l’opération The Time is Now. My Slovenia. De courte, moyenne ou longue durée, les parcours sont disponibles sur Trip planner, l’application Web utilisée par le STB pour outiller les voyageurs dans l’organisation de leur séjour. Les responsables des régions et les fournisseurs touristiques ont été formés par webinaire pour gérer eux-mêmes les informations et les mises à jour à apporter concernant leur offre sur le portail.

En plus d’une vidéo promotionnelle illustrant les paysages exceptionnels de la Slovénie, la campagne comprend une série de courts témoignages mettant en vedette des personnalités connues et moins connues de l’industrie touristique. Voilà une très belle façon, en cette période particulièrement difficile pour les entreprises du tourisme, de montrer des visages et d’humaniser ce secteur. Les vidéos sont en slovène puisqu’elles s’adressent au marché intérieur.

Source : YouTube 

Finlande : 100 raisons pour voyager au pays

Le gouvernement de la Finlande a accordé 500 000 euros pour bonifier la campagne 100 Reasons to Travel in Finland élaborée par la Finnish Association of Tourism Organisations (Suoma Ry, en finnois). Elle vise à donner une vitrine aux petites et moyennes entreprises touristiques du pays. Ces dernières sont invitées à se joindre à la campagne moyennant la somme de 300 euros.

Le portail Web, très illustré, permet à l’utilisateur de choisir parmi la centaine d’offres selon les catégories, de les visualiser rapidement sur une carte de la Finlande, d’obtenir l’itinéraire pour s’y rendre ou encore de consulter les propositions de circuits. On encourage ainsi les Finlandais à voyager au pays afin de soutenir les organisations touristiques des régions. Le site Web est en finnois.

Source : 100syyta.fi 

Australie : bien informer les voyageurs

L’organisme Tourism Australia a développé une plateforme en ligne dans le but d’informer les Australiens sur les mesures sanitaires dans chaque région et chaque secteur concerné par le tourisme. La carte interactive permet de prendre facilement connaissance des restrictions de voyage et des mises en garde, avant de connecter l’utilisateur aux services et aux offres touristiques. Le site est agréable à consulter et mis à jour régulièrement.

Source : Australia.com 

Norvège : inciter à skier

Pour inciter la population de la Norvège non initiée au ski à fréquenter les stations cet hiver, Visit Norway a développé une série de vidéos mettant en vedette des skieurs expérimentés… âgés de six ans. Il s’agit ici d’un clin d’œil quant à l’idée que les Norvégiens soient nés avec des skis dans les pieds. Sur le site Web de Visit Norway, on précise que si ce n’est pas le cas, les conseils promulgués par les jeunes experts permettent de se lancer dès cet hiver. Ainsi, les mini classes de maître offrent une série d’astuces pour les débutants. Cette campagne, en anglais, peut aussi bien interpeller les touristes internationaux.

 

Source: Visit Norway

Formons les meilleurs ambassadeurs

La crise a des impacts dévastateurs sur l’industrie touristique. Mais elle crée aussi des opportunités. Voilà une occasion de faire découvrir aux voyageurs québécois les différentes facettes des régions de leur province. Ils sont exigeants, expérimentés. Offrons-leur ce qu’il y a de mieux. Leur fierté n’en sera que rehaussée et ils deviendront les meilleurs ambassadeurs lorsque les frontières seront rouvertes.

 

 

Image à la une : Unsplash 

Catégories
Réseaux de distribution

Adapter ses forfaits et ses circuits pendant la crise

Dument impactés par la pandémie, des voyagistes ont réussi à se réinventer dans la résilience et la créativité. En voici quelques exemples.

Développer une offre locale

Alors que plusieurs frontières demeurent fermées, les voyages préalablement réservés ont dû être reportés et parfois même annulés. Les destinations internationales étant généralement le produit d’appel de ces circuits, les organisations ont dû faire un virage à 180 degrés.

L’entreprise québécoise Karavaniers se spécialise en voyages d’aventure axés sur le tourisme solidaire et responsable. Le défi des gestionnaires en changeant de cap était de rester fidèle à cette mission en créant des séjours canadiens. Une dizaine de forfaits permettant de s’imprégner des lieux a donc été élaborée. L’idée consiste à explorer le territoire avec des yeux nouveaux en allant à la rencontre des communautés locales et de la nature dans des endroits reculés, tels que le nord du Québec. La réponse fut positive et plusieurs réservations ont été complétées en quelques jours.

tourisme_aventure_plein_air_quebec

Source : Pexels

Toujours dans cette optique de redécouvrir le Canada, l’opérateur de tours Contiki a créé des itinéraires de quatre à six jours s’adressant précisément aux millénariaux et à la génération Z.  Selon l’entreprise, ces deux segments de clientèle sont reconnus pour leur appétit envers les escapades locales et les expériences uniques.  L’un des buts de l’organisation est de mousser l’économie des commerces avoisinants tout en créant des expériences enrichissantes pour les clients.

Suivre le marché et les nouvelles tendances

Alors que les microaventures se font de plus en plus populaires, l’agence Cravatte et Sandelettes, basée à Nantes en France, auparavant axée sur les évènements d’affaires, oriente maintenant son produit vers cette nouvelle tendance. Elle mise sur des échappées locales et écoresponsables créées pour des équipes de travail. Une belle initiative pour renouer les liens entre collègues.

Eole Loisirs, une agence spécialisée dans les voyages scolaires, a su adapter son offre. L’entreprise a profité de l’été afin de proposer aux camps de vacances des escapades d’évasion dans des régions de proximité.

Se montrer flexible pour les annulations et les reports

Dans le but de rassurer leurs clients et de les inciter à réserver des offres, plusieurs entreprises ont mis en place des politiques flexibles d’annulation. Pour la majorité d’entre elles, il est possible d’annuler ou de reporter son excursion jusqu’à 30 jours avant le départ. Les acheteurs seront alors remboursés ou se verront verser un bon de crédit.

Mettre le bien-être au cœur des communications

Tous les acteurs de l’industrie touristique ont dû implanter des mesures sanitaires et de distanciation sociale. En vue de mieux préparer les visiteurs avant leur arrivée, des campagnes de communication originales ont même été créées. Les principales actions résident dans la réduction du nombre de personnes par groupe, ainsi que dans le sans-contact. L‘entreprise TUI a élaboré un plan en 10 étapes pour les gestionnaires d’hôtel.

ten-point_plan_hotel_operations_tui

Source : Groupe TUI  

Plutôt que de simplement mentionner les pratiques mises en place afin de veiller à la sécurité de leurs clients, The Travel Corporation (TTC) a nommé un Directeur du bien-être pour chaque séjour organisé. Son rôle consiste à garantir le respect des politiques sur les mesures sanitaires, de les communiquer, ainsi que de rassurer les gens s’ils éprouvent des inquiétudes.

Source : Youtube, Insight Vacations

Alors que la pandémie a débuté il y a plusieurs mois et que le futur demeure incertain, les agences de voyages et les opérateurs de tours n’ont d’autres choix que de se montrer résilients en adaptant leurs produits pour servir une clientèle avec de nouveaux besoins.

Avez-vous ajusté votre offre au cours des dernières semaines?

Que pourriez-vous faire pour rassurer vos acheteurs ?

 

Image à la Une : Pexels

Catégories
Marketing Produits et activités

Un pub «pop-up» pour rattraper le temps perdu

Les projets éphémères (ou pop-up) permettent aux visiteurs et aux résidents de vivre des expériences uniques et inusitées. La particularité et la diversité des emplacements n’ont de limite que l’imagination de leurs créateurs. Comme l’expliquait une analyse du Réseau de veille : « C’est une façon surprenante et originale de vendre un produit ou un service, pendant une durée limitée (quelques jours ou plusieurs mois), dans le but de générer un engouement positif, de développer la notoriété de la marque et, espérons-le, d’accroître le chiffre d’affaires ». Dans le contexte actuel du déconfinement, il s’agit d’une bonne stratégie pour animer une ville et attirer l’attention.

En Nouvelle-Zélande, la brasserie Emerson a voulu redonner le goût à la population de se rencontrer et de discuter autour d’une pinte de bière avec le bar éphémère le Tiny Pub. Seulement deux personnes et un barman peuvent rentrer dans l’espace de 10 m2 décoré à l’ancienne avec un petit piano et un mini jeu de fléchettes (voir la vidéo suivante).

Source : YouTube

Le pub s’est déplacé dans tout le pays pendant plus d’un mois durant la saison estivale. À chaque arrêt, les clients pouvaient réserver une plage horaire de 27 minutes pour savourer l’une des bières de la brasserie, durée jugée idéale pour boire une pinte au bar d’après les instigateurs du projet.

Le Québec regorge d’excellentes microbrasseries. Cette initiative peut s’avérer une solution originale pour rattraper le temps perdu avec nos amis et apprécier les produits houblonnés d’ici.

Catégories
Gestion Tourisme durable

Comment implanter une stratégie de tourisme durable au sein de la destination?

Selon plusieurs médias spécialisés en tourisme à travers le monde, il faut profiter de la pandémie pour transformer cette industrie sur le long terme. Pendant que l’exploitation tourne au ralenti, une relance verte bénéfique à tous doit être envisagée, que ce soit pour l’environnement, les résidents ou les touristes.

Les organisations de gestion de destination (OGD) ont su se réinventer pour créer des campagnes adaptées à la gestion de crise. Ce changement de direction démontre qu’elles ont la capacité d’opérer des transformations à grande échelle, et ce, rapidement. Pourquoi ne pas jouir de cette expertise et de ce temps d’accalmie pour mieux intégrer les principes de développement durable dans leur plan de gestion ?

Les avantages compétitifs

L’implantation d’une telle stratégie peut sembler longue. Cependant, comme le mentionne Jana Apih, directrice générale de l’organisation Good Place dont l’objectif principal vise à mettre en œuvre des principes de tourisme durable en Slovénie, il s’agit d’un avantage concurrentiel distinctif.

C’est aussi ce que relève le World Economic Forum (WEF). Le développement durable (DD) constitue l’un des éléments clés utilisé pour évaluer la compétitivité d’une destination à l’aide de l’Indice de Compétitivité du secteur des Voyages et du Tourisme, publié tous les deux ans.

Selon le panel d’experts réuni en 2018 par The Place Brand Observer, une destination est plus propice à attirer des investisseurs si elle est dotée d’une forte performance en DD. De plus, les résidents s’y sentent plus heureux et se montrent donc davantage accueillants et chaleureux envers les touristes. Finalement, ledit panel souligne que le tourisme durable devient un élément compétitif lorsqu’il influence positivement l’expérience du visiteur.

Comment s’y prendre ? 

 Les gestionnaires d’une destination peuvent choisir de mettre en place des pratiques durables sur leur territoire en suivant la démarche présentée ci-dessous. Ils peuvent aussi aller un peu plus loin par l’acquisition d’une certification. Celle-ci implique des frais et des procédures plus poussées puisque les actions sont évaluées, mais la crédibilité et la notoriété qui en découlent en valent la chandelle.

Trouver une certification fiable parmi toutes celles déjà existantes peut s’avérer assez complexe. C’est pourquoi le Global Sustainable Tourism Council (GSTC), une organisation créée entre autres par l’ONU, les accrédite et s’assure qu’elles répondent aux critères qu’elle a prédéterminés avec des experts du milieu.

 1) La mise sur pied d’une équipe de gestion

Dans le but de coordonner le déploiement d’une stratégie de tourisme durable à l’échelle d’un territoire, une équipe de gestion doit être mise en place au sein des employés de l’OGD. GSTC suggère que certains d’entre eux détiennent une expertise dans le domaine. Si ce n’est pas le cas, l’organisation recommande de travailler avec une personne externe. Avant d’établir un plan d’action avec les tâches à réaliser et les dates butoirs, il convient de réaliser une veille sur les destinations déjà reconnues dans ce secteur. Cela permet de s’inspirer des meilleures pratiques. C’est d’ailleurs l’un des objectifs de la stratégie de gestion que la Slovénie a mise en place, vers un tourisme plus durable.

strategie_tourisme_durable

Source : Global Sustainable Tourism Council

2) La consultation des parties prenantes

Le maintien de l’équilibre entre les besoins des communautés, le développement économique, l’héritage culturel et l’environnement est essentiel à la réussite de cette stratégie. Afin que tous les acteurs concernés puissent se prononcer et soient en accord avec le plan d’action, le comité de gestion doit solliciter les personnes impliquées, et ce, tout au long de la démarche. Cette consultation permet également de recenser les initiatives déjà présentes sur le territoire et de mieux évaluer les adaptations à considérer.

3) L’accompagnement des entreprises et des organisations

Une destination ne peut être qualifiée de durable qu’avec l’implication de ses entreprises et de ses organisations touristiques. Dans le but d’assurer une vision commune, le comité de gestion doit donc effectuer un suivi auprès des acteurs touristiques. Il pourra ainsi leur vulgariser les principaux concepts et vérifier que ceux-ci sont bien assimilés. Les organisations sont aussi appelées à s’entraider puisqu’elles doivent passer par les mêmes étapes.

Un bon exemple est celui de l’Île Maurice qui a donné des formations aux diverses parties prenantes. Que ce soit pour les hôtels, les voyagistes, les taxis, etc., le but est de bien implanter la stratégie à l’échelle de la destination.

4) L’évaluation des résultats

À quoi bon mettre en place une nouvelle stratégie, si on ne peut pas connaitre les résultats escomptés ? Dès le début, il faut penser à identifier des indicateurs qui permettent d’apprécier les impacts socio-économiques, culturels et environnementaux. Le diagnostic doit généralement être effectué tous les deux ans et l’issue doit être rendue publique sur le site web de la destination.

Si vous optez pour l’acquisition d’une certification, les critères d’évaluation à prendre en compte vous seront communiqués. À titre d’exemple, voici quelques-uns des indicateurs sociaux et économiques utilisés par l’archipel des Açores, déclaré comme destination durable par Eartcheck en 2019 : la progression de l’emploi pour les résidents dans le secteur de l’hébergement et de la restauration ; le nombre de familles ayant pu profiter de la croissance économique du tourisme ; ainsi que la diminution consécutive du taux de saisonnalité. Par ailleurs, les économies en CO2, en eau d’usage, et la réduction des déchets des bâtiments touristiques sont des indicateurs se référant plutôt au pilier environnemental.

5) La promotion de ses actions

Une fois que les entreprises et les organisations à l’échelle du territoire ont mis en place les bonnes pratiques, il ne reste plus qu’à se positionner comme une destination en tourisme durable. Quatre volets sont alors abordés.

Le premier concerne la création d’une campagne nationale qui s’attache à inciter les résidents à redécouvrir leur pays ou leur région et à devenir de fiers ambassadeurs. Le deuxième volet touche la promotion à l’international, et par conséquent à la communication de l’offre touristique aux visiteurs. Afin de souligner qu’il est le premier archipel au monde à avoir été certifié en tourisme durable, l’archipel des Açores a lancé une vidéo où plusieurs acteurs de l’industrie parlent de leur participation dans le processus.

Source : Azores DMO

Le troisième volet promotionnel consiste à fournir un guide à l’intention des parties prenantes de l’industrie. Ainsi, ces dernières ont la possibilité de suivre les principales lignes directrices de la campagne marketing et dès lors de renforcer l’image de marque de la destination.

Finalement, le quatrième volet, mais non le moindre, porte sur la création d’un plan de communication qui s’intéresse à sensibiliser les voyageurs à adopter de bonnes pratiques. L’Islande a d’ailleurs conçu une série de vidéos sous la bannière Iceland Academy, par le biais de laquelle une capsule sur le tourisme responsable a été diffusée. Les vacanciers sont aussi amenés à respecter un serment avant d’arriver, comme c’est le cas pour plusieurs autres destinations telles que la Nouvelle-Zélande ou les Îles Palau.

L’utilisation du storytelling dans la vidéo de Thompson Okanagan Tourism Association permet pour sa part de renforcer l’attachement à la région et d’inciter les gens à signer ledit serment à la fin du visionnage. Cette région est d’ailleurs la première à avoir été reconnue en tourisme durable dans les Amériques.

Source : Thompson Okanagan Tourism Association

À retenir

Établir une stratégie en tourisme durable pour une destination demande de l’investissement et de la collaboration avec toutes les parties prenantes de la région. Il s’agit d’un processus à développer sur quelques années, mais qui est bénéfique sur le long terme. Il en découle une vision commune qui d’un côté attire les touristes ayant les mêmes valeurs que celles véhiculées par l’OGD, et qui de l’autre vient renforcer le sentiment d’appartenance des résidents et des organisations touristiques qui travaillent de concert.

Quels attraits culturels et naturels voudriez-vous préserver ?

Qu’est-ce qui fait votre fierté et comment pourriez-vous protéger cet héritage ?

 

Source de l’image à la une : Pexels