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Hébergement Tendances

Tendances en hôtellerie

Jean-Philippe Weisskopf et Philippe Masset, professeurs-assistants en finance de l’École hôtelière de Lausanne (EHL), ont défini les dix principales tendances hôtelières des 20 dernières années grâce à un sondage effectué à l’automne 2018 au sein de leur faculté. Les voici :

1. La création de communautés virtuelles (ex. : TripAdvisor) ;

2. L’arrivée de nouveaux acteurs provenant de l’économie du partage (ex. : Airbnb) ;

3. La présence de canaux de distribution en ligne (ex. : Booking) ;

4. La conception d’expériences client numériques (ex. : les applications mobiles) ;

5. L’émergence de nouveaux marchés (ex. : la Chine) ;

6.Le point tournant vers une économie et une culture de l’expérience ;

7. La mise en place de nouvelles pratiques de gestion des actifs ;

8. La professionnalisation de nouveaux métiers ;

9. Le comportement et les attentes des générations Y et Z ;

10. L’importance d’appliquer des pratiques durables.

Dans un contexte éclaté et concurrentiel, les hôteliers doivent bien sûr poursuivre leur adaptation, mais également accueillir le changement en se préparant à ce que sera l’hôtellerie de demain. Parmi les tendances prédominantes qui devraient s’intensifier en 2019 se trouvent :

  • L’intégration de l’innovation dans les réflexions stratégiques ;
  • L’usage des technologies pour améliorer l’expérience client ;
  • Le devoir environnemental, social et économique de se responsabiliser.

Innover pour mieux répondre aux besoins et attentes des clientèles

L’innovation est indispensable pour se démarquer, attirer des talents et demeurer compétitif.

L’hébergement touristique s’avère un terreau favorable à l’émergence de nouveaux concepts. La pluralité des clientèles fait en sorte que de nombreux entrepreneurs créent des offres uniques pour répondre à des segments de niche. Les groupes hôteliers suivent également ce courant en créant de nouvelles marques, en travaillant de près avec des startups et en intégrant l’innovation à l’amélioration continue de leurs services, de leur design, de leurs infrastructures et de leur modèle de gestion. L’innovation est indispensable pour se démarquer, attirer des talents et demeurer compétitif.

Création de la marque JO&JOE pour séduire les millénariaux

JO&JOE fusionne l’hôtellerie, l’auberge de jeunesse et la location privée. Imaginé en 2016 par le Groupe AccorHotels, le projet a été élaboré autour du mode de vie des millénariaux. Le premier établissement de la marque a vu le jour en 2017, à Hossegor (France), le deuxième sera à Paris en 2019 et d’autres suivront dans plusieurs grandes métropoles européennes.

Le concept repose sur un lieu de vie où cohabitent les habitants du quartier et les voyageurs. Plusieurs espaces communs favorisent les échanges et laissent place à des animations spontanées ou organisées. Une application géosociale aide les invités à entrer en relation entre eux. L’offre d’hébergement comprend des unités privées (chambres ou appartements) ainsi que d’autres pour les petits groupes et les familles. En plus de proposer un service de restauration locale et artisanale, JO&JOE invite les clients résidents à préparer et à partager leurs meilleures recettes, à suivre des cours de cuisine ou à participer à des concours culinaires. D’autres types d’expériences sont également proposés, par exemple du yoga, des concerts et une panoplie d’ateliers.

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Source : Groupe AccorHotels

Intégrer de nouvelles technologies pour bonifier l’expérience client

Pour que l’intégration de nouvelles technologies soit réussie, les gestionnaires doivent placer l’expérience client au centre de leurs priorités, s’assurer d’éliminer le plus d’irritants possible et offrir un service d’assistance « sans couture »

Les habitudes technologiques des consommateurs évoluent. En voyage, ils souhaitent pouvoir les conserver sans trop de compromis. Voyageurs d’affaires, visiteurs du millénaire, touristes chinois et bien d’autres clientèles s’attendent non seulement à rester connectés, mais aussi à vivre une expérience technologique actuelle, c’est-à-dire qui tient compte des derniers avancements. Ils espèrent ainsi retirer un maximum de bénéfices tels qu’une accélération des processus d’enregistrement, une relation client plus efficace, un confort sur mesure ou encore un service plus personnalisé.

Pour que l’intégration de nouvelles technologies soit réussie, les gestionnaires doivent placer l’expérience client au centre de leurs priorités, s’assurer d’éliminer le plus d’irritants possible et offrir un service d’assistance « sans couture » (lire aussi : Ces start-ups qui optimisent le parcours client).

Intensification des usages faits à partir de l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle (IA) continue à repousser les limites. De plus en plus d’établissements utilisent des outils basés sur l’IA pour effectuer des communications plus personnalisées, soumettre des recommandations sur mesure, créer un service de conciergerie virtuel, échanger par l’entremise d’un chatbot ou d’un assistant vocal, offrir une expérience d’enregistrement plus fluide à l’aide de la reconnaissance faciale, etc. En plus d’améliorer le service à la clientèle, les hôteliers gagnent en efficacité opérationnelle. De plus, l’IA libère le personnel de tâches répétitives, ce qui lui permet de redoubler d’attentions auprès des clients. Cependant, bien qu’elle représente une réelle opportunité pour l’hôtellerie, elle fait également naître divers enjeux au sein des organisations, notamment celui de la sécurité des données. 

Le devoir d’être responsable

Les gestionnaires d’établissements hôteliers adoptent une approche de plus en plus mature face à leurs responsabilités en continuant de mettre en œuvre des actions environnementales et en instaurant des politiques sociales et économiques. La transparence de certains groupes hôteliers favorise le développement de liens de confiance avec un public toujours plus informé et conscientisé.

Une approche inspirée de l’économie circulaire

Le Pôle d’action québécois sur l’économie circulaire (EC) la définit comme étant « un système de production, d’échange et de consommation visant à optimiser l’utilisation des ressources à toutes les étapes du cycle de vie d’un bien ou d’un service, dans une logique circulaire, tout en réduisant l’empreinte environnementale et en contribuant au bien-être des individus et des collectivités ». Le recours à l’EC en hôtellerie est relativement récent, mais prometteur. Malgré la nécessité de revoir ses modèles d’affaires et d’élaborer de nouvelles stratégies de développement, plusieurs projets hôteliers s’inspirent de l’EC, particulièrement en Europe et en Asie.

Le recours à l’EC en hôtellerie est relativement récent, mais prometteur.

L’hôtel QO, à Amsterdam, reflète les principes de l’EC dans tous les aspects de sa conception. Lors de sa construction, des ressources naturelles existantes ont été privilégiées ainsi que d’autres matières produites localement et de façon durable. Par exemple, près du tiers du béton utilisé provient des résidus de la démolition de l’édifice iconique Shell d’Amsterdam. Pour éviter de s’enliser dans un modèle de surconsommation, la durée de vie des équipements achetés est minutieusement évaluée. Les 3R (réduire, réutiliser et recycler) s’inscrivent aussi dans les pratiques courantes de l’établissement. Par exemple, l’eau utilisée dans les douches et les lavabos sert ensuite au système d’évacuation des toilettes.

Le QO se définit comme étant un bâtiment vivant. Chaque composante de l’établissement a été conçue dans le but de réduire l’impact environnemental de l’hôtel. C’est également un lieu de vie ancré dans son milieu, qui intègre à bon escient des technologies et qui favorise le bien-être naturel.

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Source : QO

Le client d’abord et avant tout

L’apport des innovations technologiques et non technologiques a contribué à moderniser l’expérience client. L’évolution des standards et des attentes des consommateurs à cet effet doit être considérée dans les réflexions stratégiques qui définiront l’offre hôtelière d’aujourd’hui et de demain.

 

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Produits et activités Tendances

Tendances et enjeux du tourisme hivernal

Le Réseau de veille en tourisme collabore depuis plusieurs années avec le ministère du Tourisme du Québec afin de produire le bulletin de veille sur le tourisme hivernal. Son objectif consiste à informer les intervenants de l’industrie sur un des produits prioritaires de la Stratégie de mise en valeur du tourisme hivernal au Québec et sur les marchés concurrents. Voici trois grandes tendances observées dans ce secteur d’activité.

 

L’acquisition de nouvelles clientèles

La plupart des destinations hivernales internationales font face aux mêmes défis : inciter la relève à pratiquer des sports d’hiver et attirer des touristes et des excursionnistes qui se tournent parfois vers des territoires offrant une situation climatique moins aléatoire.

Au Québec, le taux de pratique des principaux sports d’hiver peine à atteindre 20 % (voir le graphique 1). Selon les données du sondage administré par Vividata, le patin s’avère l’activité la plus populaire, tous groupes d’âge confondus. Les jeunes Québécois de 14 à 34 ans pratiquent davantage la planche à neige que la moyenne de la population, mais pour ce qui est des autres activités considérées par le sondage, les résultats affichent peu d’écarts entre chaque segment.

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Les jeunes, une relève essentielle

On utilise l’expression « déficit nature » pour parler, notamment, des jeunes qui passent peu de temps en milieu naturel. Or, pratiquer des activités en plein air l’hiver est souvent une question d’habitude et de mode de vie ; plus on le fait tôt (enfance et adolescence), plus on augmente les chances de conserver cette propension une fois adulte (lire aussi : Inciter les Y à pratiquer les sports d’hiver).

En France, les villages et les stations de montagne d’Auvergne-Rhône-Alpes tentent de reconquérir les jeunes avec l’initiative Génération Montagne. Piloté par Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme et l’Association Nationale des Maires de Stations de Montagne, le projet appuie ses assises sur cinq leviers d’action concrets :

  • Développer et promouvoir des offres adaptées aux habitudes de consommation des jeunes ;
  • Soutenir les structures d’hébergement collectif ;
  • Proposer des conditions tarifaires adaptées ;
  • Numériser les offres ;
  • Faciliter l’accès aux stations.

La transformation des comportements et des habitudes de consommation des jeunes de la génération Z nécessite d’adapter son offre et de revoir ses stratégies de communication (lire aussi : L’entreprise qui murmurait à l’oreille des Z). Avec le projet Génération Montagne, on assiste à une mobilisation des intervenants du territoire afin de valoriser les atouts et l’attractivité de la montagne.

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Source : Génération Montagne

Diversification de l’offre

Le mode de vie nordique possède une unicité attrayante qui se décline en de nombreuses expériences. Mettre en valeur cette offre plurielle et authentique semble nécessaire, voire essentiel pour faire face à la concurrence internationale (lire aussi : Tourisme hivernal : 5 destinations qui se démarquent !).

Les destinations célèbrent l’hiver

La perception de la saison froide a évolué. Les incitatifs pour mettre le pied dehors se multiplient, si bien qu’en ville, en montagne et en région rurale, on cherche à embrasser l’hiver au lieu de le subir. Les festivals et événements de tous genres (culturels, gourmands, sportifs, etc.) occupent de plus en plus cette période de l’année, ce qui contribue à l’attractivité de la destination.

Dans le cadre de son 375e anniversaire, Montréal a créé Les Hivernales dans le but de célébrer la nordicité de la métropole. La programmation de cet événement proposait aux résidents et aux visiteurs des activités ludiques et festives, de janvier à mars 2017 :

  • Course à obstacles : Barbegazi ;
  • Festival de musique électronique : Igloofest ;
  • Tournoi de hockey en plein air : la Classique Montréalaise ;
  • Etc.

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Source : Ville.montreal.qc.ca

Les stations de ski continuent de se réinventer

Depuis plusieurs années, les stations ont compris que pour joindre un plus large public, il faut désormais diversifier son offre d’activités et placer le visiteur au cœur de ses réflexions (lire aussi : Diversification des activités hivernales dans les stations de ski). Cette tendance s’intensifie à un point tel qu’il semble incontournable de repenser la station d’aujourd’hui et de demain. 

En France, le Conseil départemental de l’Isère a mandaté Isère Tourisme pour réfléchir à la station du futur. Quels services, activités, animations, infrastructures et expériences globales répondront aux besoins et attentes de la clientèle en 2030 ?

  

Vidéo : Youtube

Avec l’apport de 75 experts (chefs d’entreprises, chercheurs, sociologues, start-up, etc.), Isère Tourisme a défini neuf thématiques majeures et proposé cinq positionnements :

  1. La station pleine énergie est orientée vers la santé et le bien-être ;
  2. La station douce rend hommage à un mode de vie responsable, en connexion avec la nature ;
  3. La station loisirs met en valeur l’envie de partager du temps en famille et entre amis en pratiquant des activités ensemble ;
  4. La station high-tech intègre l’innovation technologique afin de créer une expérience globale fluide ;
  5. La station hyper sport cherche à dépasser les limites de la pratique sportive intense.

station_future_isere_tendance_hiverSource : pro.isere-tourisme.com

Intensification de pratiques durables

L’hiver est-il encore synonyme de neige ? Oui, mais pour combien de temps ? Les changements climatiques sont un réel enjeu. L’irrégularité des conditions météorologiques fait en sorte que les amateurs d’activités hivernales planifient et réservent leurs séjours et leurs billets d’accès à la dernière minute. La vulnérabilité de l’industrie face au climat exige de revoir certaines façons de faire.

De la réflexion à l’action

Scientifiques, experts et professionnels sont unanimes quant au besoin d’adapter les modèles de gestion, de miser sur des pratiques durables, de soutenir l’innovation et de diversifier l’offre (lire aussi : Le climat change, et vous ?). Il est maintenant l’heure de passer à l’action !

Depuis 2008, la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ) travaille de pair avec la firme environnementale Nature-Action Québec afin d’étudier la question du développement durable et de créer un programme environnemental. En 2016, le programme de certification écoSentier a été lancé et suscite depuis l’intérêt de plusieurs clubs. Cette année, ils sont au nombre de 25 à avoir fait des demandes de certification, ce qui permet d’atteindre 1900 kilomètres de sentiers certifiés au Québec.

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Source : ecosentier.ca

Dans les stations de ski, le virage écoresponsable s’accentue et les actions sont nombreuses : adhésion à des programmes environnementaux, utilisation d’énergies renouvelables, protection des ressources naturelles, réduction d’émissions de carbone, investissement dans des équipements performants et moins énergivores, innovation visant la conservation de la neige, engagement des employés, mise en place de projets impliquant les visiteurs (lire aussi : Des stations de ski écoresponsables).

Ces grands enjeux et tendances témoignent de la fragilité de notre tourisme hivernal, mais aussi du dynamisme de notre industrie, qui multiplie les efforts pour protéger, adapter, développer l’hiver et le rendre accessible aux consommateurs d’aujourd’hui et de demain. Pour demeurer à l’affût de la veille effectuée sur ce thème, le RVT vous encourage à vous abonner aux bulletins du ministère du Tourisme.

 

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Produits et activités Tendances

Regard sur les tendances du tourisme nordique

Le Réseau de veille en tourisme (RVT) produit depuis plusieurs années le bulletin de veille sur le tourisme nordique pour le ministère du Tourisme du Québec. Cet exercice permet d’informer les intervenants des produits et stratégies en lien avec la Stratégie touristique québécoise au nord du 49e parallèle. Le RVT a passé en revue les bulletins des deux dernières années pour en faire ressortir trois tendances observées au Canada et dans ses marchés concurrents.

Le déploiement d’une image forte et authentique

Les destinations nordiques n’hésitent plus ! Elles s’affirment et créent des images de marque fortes pour séduire les touristes. Fières de leur caractère unique, elles tentent de dissiper les préjugés à leur égard et de faire comprendre leur mode de vie. Elles prônent un contact avec la nature, la neige et les habitants pour vivre des expériences authentiques.

Conséquemment, des pays tels que la Finlande, la Norvège, l’Islande ou le Groenland proposent des sites Web et des campagnes marketing innovantes et surprenantes. En voici quelques-unes qui ont attiré l’attention du RVT :

Plusieurs de ces initiatives sont récompensées pour leur qualité et l’impact sur leur milieu. C’est le cas de la campagne The symphony of the Extremes, qui fut sélectionnée dans la catégorie « Best National Tourism Board Campaign/DMO Campaign » lors du dernier International Travel & Tourism Award. Elle se démarque par l’originalité de la démarche, qui voulait refléter les contrastes de l’ADN de la nation finlandaise. En voici la vidéo :

Source : YouTube

La gestion de la croissance des visiteurs

Les pays nordiques font face à une augmentation considérable du nombre de touristes depuis quelques années. Bien que les environnements naturels soient l’une des principales raisons de visite, ils s’avèrent très vulnérables à une fréquentation importante. Le tourisme suscite des préoccupations quant aux mesures à prendre pour gérer l’achalandage, tout en préservant la nature sauvage et la qualité de vie des habitants. Sans négliger le développement des infrastructures pour accueillir les visiteurs, la protection de l’environnement constitue un enjeu de taille pour ces pays. Plusieurs d’entre eux mettent en place des projets, tant législatifs que de marketing, afin de sensibiliser, d’influencer et de gérer les flux touristiques dans le temps et l’espace. Il est à présager que ces initiatives ne feront que s’accroître dans les prochaines années.

(Lire aussi : Planifier et gérer une augmentation significative de visiteurs)

Miser sur la saison hivernale

Alors que le tourisme, dans de nombreuses régions nordiques, demeure très populaire à la saison estivale, les destinations polaires mettent en place des initiatives pour attirer plus de visiteurs pendant l’hiver. Dans le cas de la Finlande, la campagne de marketing d’influence 100 Days of Polard Night Magic, a engendré plusieurs impacts positifs pour la promotion du pays comme destination hivernale.

VisitGreenland développe désormais son offre et fait une promotion pour la saison hivernale. L’organisation affirme qu’une visite à ce temps de l’année permet de vivre une expérience nordique plus authentique. De nouvelles activités sont proposées aux touristes qui désirent découvrir le pays comme le ferait un résident pendant le long et sombre hiver polaire.

Responsabiliser les touristes

Certaines destinations travaillent en amont et concentrent leurs efforts sur la sensibilisation des voyageurs à la protection de l’environnement. L’organisme Inspired by Iceland propose aux touristes de prêter serment pour respecter la nature du pays et voyager de façon responsable. Après avoir signé leur engagement, les participants obtiennent un certificat et sont invités à utiliser le mot-clic #IcelandicPledge. La vidéo suivante présente le projet.

Source : YouTube

Mesures législatives

Dans quelques cas, les gouvernements n’ont pas eu d’autre choix que d’intervenir pour encadrer les visiteurs et minimiser leurs empreintes. Les élus norvégiens ont adopté une résolution visant à éliminer les émissions de CO2 des navires et des traversiers dans les fjords d’ici l’année 2026. La croissance du nombre de bateaux de croisière dans les fjords Geirangerfjord et Nærøyfjord cause plusieurs problèmes, notamment l’augmentation de la pollution atmosphérique et divers troubles sanitaires pour les communautés locales. Cette région deviendra ainsi l’une des premières zones maritimes sans émission de CO2 au monde.

Au Canada, le ministère du Développement économique et des Transports du Nunavut a publié le nouveau Règlement sur le tourisme maritime. Ce dernier fournit des outils au gouvernement territorial pour mieux encadrer les exploitants et s’assurer que le tourisme apporte une contribution positive aux populations locales.

Le tourisme autochtone : entre collaboration et partenariats

Avec des initiatives innovantes, fortement ancrées sur le territoire et dans les communautés, le tourisme autochtone constitue un puissant moyen de distinction pour l’offre canadienne. En milieu nordique, le secteur connaît une croissance importante et de nombreux projets sont développés, que ce soit par les communautés autochtones elles-mêmes ou en partenariat avec des non-Autochtones.

Les gouvernements de ces territoires réalisent plus que jamais la portée des activités et des produits proposés par les Premières Nations, puisqu’ils aident grandement à la diversification de l’offre touristique. Par exemple, les autorités des Territoires du Nord-Ouest ont décidé d’investir annuellement plus de 257 000 dollars pour développer le produit touristique et renforcer la commercialisation des cultures et des expériences autochtones.

La force des partenariats

Les échanges et la collaboration entre les peuples autochtones et non autochtones s’avèrent essentiels à la réussite des projets, dans le respect des cultures, des traditions, des communautés et des territoires. Plusieurs partenariats offrent aux communautés de prendre en charge le développement touristique et de créer de l’emploi. Par exemple, Parcs Canada participe à un programme de formation à la conduite d’embarcations et à l’accueil des visiteurs, destiné aux jeunes Inuits.

D’autres partenariats permettent aux destinations de se démarquer et de démontrer leur force de caractère face à l’imprévu. En 2017, le RMS Queen Mary 2 accoste à la ville de Sept-Îles, après avoir donné seulement deux semaines de préavis. Toute la communauté s’est mobilisée pour offrir un accueil exceptionnel aux membres de l’équipage et aux passagers. Porteuse du projet, Destination Sept-Îles Nakauinanu a su établir une synergie et une collaboration uniques avec ses partenaires (la municipalité, le Port de Sept-Îles et Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam) pour rehausser le calibre touristique de la région. Le travail de tous fut récompensé par le prix Initiative de partenariat, lors du dernier Gala des Prix excellence tourisme, à l’occasion du sommet touristique organisé par l’Alliance de l’industrie touristique du Québec.

Ces tendances témoignent du dynamisme du tourisme nordique, ici et ailleurs dans le monde. Pour demeurer à l’affût de la veille effectuée sur ce thème, le RVT vous encourage à vous abonner aux bulletins du ministère du Tourisme.

 

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Produits et activités Tendances

Grandes tendances du secteur événementiel

Le Réseau de veille en tourisme collabore depuis plusieurs années avec le ministère du Tourisme du Québec afin de produire le bulletin de veille touristique sur les festivals et événements. Son objectif consiste à informer les intervenants de l’industrie au sujet d’un des produits prioritaires de la Stratégie de mise en valeur du tourisme événementiel au Québec et sur les marchés concurrents. Voici deux grands courants observés dans ce secteur d’activité.

 

L’omniprésence technologique

L’apport des technologies à l’industrie événementielle ne cesse de s’amplifier. Des outils existent pour simplifier des processus de gestion et de communication, mais aussi pour améliorer l’expérience globale du public, avant, pendant et après le festival. Quelles sont les grandes tendances qui ont été observées ces dernières années et qui devraient continuer à évoluer ?

Une plus grande utilisation de l’intelligence artificielle 

Le déploiement de solutions faisant l’usage de l’intelligence artificielle poursuit sa lancée. Les données colligées par divers supports numériques sont désormais sciemment mises à profit.

La connaissance accrue des visiteurs contribue à proposer des offres toujours plus personnalisées. Dans le secteur du divertissement, Netflix et Amazon sont reconnus pour leurs recommandations individualisées de produits. Cette pratique se voit également dans l’événementiel. Par exemple, en considérant ce que les amateurs de musique écoutent, il est possible de leur suggérer des spectacles et des festivals susceptibles de les intéresser. Plusieurs applications basent leur fonctionnement sur des algorithmes qui établissent des ponts avec des bibliothèques musicales numériques, telles que Spotify, et qui ensuite effectuent des recommandations en tenant compte des préférences et de la géolocalisation des utilisateurs, telles que Wyker (lire aussi : Coup d’œil sur la personnalisation). En plus de faciliter la personnalisation, cette modélisation des données permet de mieux connaître les tendances du marché.

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Source : Wyker

L’usage de l’intelligence artificielle contribue également à augmenter l’efficacité de certaines tâches ou fonctions. Par exemple, les agents conversationnels (chatbots) améliorent le service à la clientèle en fournissant une assistance en tout temps et en offrant une expérience fluide aux utilisateurs. En plus de répondre à des demandes simples et courantes, ils sont utiles pour automatiser la gestion des inscriptions et des réservations, guider les participants avant, pendant et après les activités, ainsi que questionner et interagir avec les festivaliers. Bien qu’il leur soit impossible de résoudre des problèmes complexes, les agents conversationnels libèrent les employés des tâches répétitives, ce qui leur donne plus de temps pour en effectuer d’autres qui nécessitent une interaction humaine (lire aussi : Créer un chatbot en 5 étapes).

Une expérience d’achat et de paiement toujours plus fluide

La dématérialisation des devises (cashless payment) gagne aussi du terrain. Certains festivals, tels que Lollapalooza, Coachella Valley Music and Arts Festival et Firefly music festival, l’ont même entièrement adoptée ces dernières années. Les bracelets RFID et le paiement mobile réduisent les sources de stress liées à la perte ou au vol d’argent comptant. Ils permettent aussi aux festivaliers d’attendre moins longtemps en file (lire aussi :
L’avenir du paiement électronique ecashless_festival_rfidn tourisme). Cette méthode de paiement s’avère également avantageuse pour les organisateurs, qui obtiennent des données précieuses sur les achats effectués (combien, quoi, quand, où) et peuvent ainsi améliorer l’expérience commerciale globale. Au Royaume-Uni, les promoteurs du festival Cocoon in the park ont affirmé voir leurs revenus croître de 39 % sur une période de deux ans, entre autres grâce à cette technologie et aux données acquises qui leur ont permis de mieux élaborer leur stratégie de vente.    

 

Source : Festival Insights

L’innovation pour séduire les clientèles et répondre à leurs besoins

Créer des « effets wow », rendre l’ordinaire extraordinaire et se distinguer de la concurrence constituent des objectifs pour de nombreux organisateurs. Les festivaliers sont expérimentés. Ils s’informent et trouvent des idées sur le Web, particulièrement sur les médias sociaux. Ils voyagent sur leurs écrans, mais aussi physiquement, car ils sont bien conscients qu’une expérience ne se télécharge pas (lire aussi : Comment créer une expérience).

Le visiteur au centre de l’expérience

Connaître et bien comprendre les préférences de son public, ses besoins et ses motivations sont essentiels à l’innovation (lire aussi : Innover ou disparaître). Selon le type d’événement et sa situation géographique, la clientèle variera. Voici donc une série d’analyses (veuillez cliquer sur le thème pour lire le contenu) qui présentent : des tendances chez les consommateurs, les voyageurs culturels du Québec, de l’Ontario et des provinces atlantiques, les familles québécoises, les voyageurs LGBTQ, les spécificités des générations Y et Z, les habitudes de voyage des milléniaux, de la génération X et des baby-boomers. Une veille sur ses clientèles est donc essentielle afin de créer une expérience globale qui répondra aux attentes ou les surpassera.

Des festivaliers gourmets et sensibles à l’environnement

Ces deux tendances ne peuvent plus être prises à la légère. L’intégration d’une offre culinaire diversifiée, saine, locale, fraîche et comprenant des solutions de rechange pour les personnes exprimant des besoins spécifiques n’est plus une option. Bien manger s’inscrit parmi les attentes des visiteurs. On assiste aujourd’hui à un éclatement de propositions qui mettent en valeur la gastronomie sous toutes ses formes, au grand plaisir des consommateurs (lire aussi : L’expérience gastronomique dans les festivals).

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Source : We are Waterloo

La conscientisation du public face aux enjeux environnementaux s’intensifie. Sensibilisé depuis plusieurs années, il souhaite aujourd’hui être informé des actions concrètement effectuées par les organisations et savoir de quelle manière il peut, lui aussi, collaborer à la réduction de son empreinte écologique. Bien des festivals répondent à l’appel. C’est le cas du festival les Eurockéennes de Belfort qui, en plus d’être certifié ISO 20121 depuis juillet 2017, a créé son propre label, « Eurocks Solidaires ». Ce dernier constitue un gage de mobilisation sur quatre enjeux sociétaux : la citoyenneté, la culture pour tous, l’environnement et la prévention. Un site Web lui est spécialement consacré afin de promouvoir les initiatives réalisées, d’offrir de l’information pertinente sur les enjeux et de présenter des campagnes de sensibilisation.

Vidéo : Youtube

Une présence accrue de startups dans le paysage événementiel

Des laboratoires d’innovation ainsi que des accélérateurs et incubateurs d’entreprises continuent de voir le jour. Leur présence facilite l’essor et le rayonnement de nombreuses startups qui se spécialisent notamment dans le tourisme et l’événementiel. L’agilité des jeunes pousses est favorable à l’innovation et permet de concevoir des solutions pratiques qui répondent aux besoins des organisations et des consommateurs. Par exemple, dans la cohorte 2018-2019 du MT Lab, Payzpot a développé un système intégré de gestion de files d’attente et de service client. Travailler de pair avec des startups ou même mettre sur pied un programme interne stimulant l’innovation est une avenue de plus en plus convoitée.

Ces tendances témoignent du dynamisme de l’industrie des festivals et des grands événements. Pour demeurer à l’affût de la veille effectuée sur ce thème, le RVT vous encourage à vous abonner aux bulletins du ministère du Tourisme.

 

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Produits et activités Tendances

Regard sur les tendances de l’industrie des attraits

L’industrie des attraits a le vent dans les voiles, mais plusieurs défis et de nouvelles tendances influencent le secteur. Cette analyse dévoile quelques bribes d’une récente étude d’Atout France portant sur les parcs de loisirs. Elle s’attarde aux facteurs de succès et au potentiel de développement des sites français. Dans le cadre de ce texte, l’emploi du terme « attrait » regroupe l’ensemble des parcs à thèmes, d’attractions, aquatiques, animaliers (incluant les aquariums), les sites culturels et naturels.

Les tendances mondiales

Les tendances mondiales ont un impact sur les attraits. En voici quelques-unes :

  • Les changements climatiques 

L’industrie des attraits doit s’adapter aux conditions météorologiques de plus en plus extrêmes. Elles influencent la fréquentation, l’entretien des installations, le confort des visiteurs et la diminution de l’eau potable.

  • L’urbanisation massive

L’accroissement de la population en milieu urbain favorise le développement des loisirs, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de la cité. En fréquentant les attraits, les gens cherchent à répondre à certains besoins qui ne sont pas comblés en ville, tels que le ressourcement et le contact avec la nature.

  • La croissance des économies émergentes

Le développement touristique du Moyen-Orient et de l’Asie entraîne notamment l’ouverture de parcs thématiques et d’attractions diverses. Conséquemment, les clientèles de ces régions deviennent de nouveaux consommateurs de ces types d’activités lors de leurs voyages. Les sites doivent ainsi s’adapter à ces touristes de plus en plus nombreux.

  • Les technologies numériques

Elles changent les rapports avec le quotidien, mais aussi avec les loisirs et les voyages. Les technologies donnent aux entreprises l’occasion de se démarquer, de renouveler leur offre, de rester compétitives et d’améliorer l’expérience globale du visiteur, que ce soit avec la réalité augmentée, virtuelle ou l’intelligence artificielle.

  • La sécurité

Il faut les informer sans souligner les risques liés aux endroits recevant des foules.

Dans un contexte d’instabilité mondiale, les responsables des attraits ont désormais accès à une multitude d’outils ou de techniques pour renforcer la sécurité des visiteurs. Cependant, les différents éléments mis en place doivent être bien intégrés au site, car ils peuvent contredire les besoins d’évasion et de rêve des touristes. Il faut les informer sans souligner les risques liés aux endroits recevant des foules.

  • Les modes de consommation

La consommation de masse tend à diminuer au profit de nouveaux modes d’achats et d’expériences. Les clients sont plus conscients de leur pouvoir et de l’impact de leurs choix. Une part grandissante de consommateurs recherche des valeurs de simplicité, de partage, de durabilité, d’authenticité, d’équité et de respect de l’environnement. Ils aspirent à mieux acheter. L’offre et le marketing des attraits doivent s’adapter en conséquence.

  • Le vieillissement de la population

La clientèle des seniors possède un fort potentiel pour l’industrie des attraits. Ce segment en pleine croissance détient un pouvoir d’achat généralement plus élevé que celui des générations suivantes. De plus, leurs activités touchent souvent plusieurs niveaux relationnels ou intergénérationnels.

La montée de l’hébergement

Les attraits cherchent à renouveler leur attractivité afin d’encourager la venue de nouveaux clients, d’inciter le retour d’anciens visiteurs, d’amener les consommateurs à dépenser davantage et à prolonger leur séjour. Plusieurs projets d’hébergement émergent pour répondre à ces défis.

L’hôtellerie transforme certains attraits en véritables centres de villégiature de court séjour. En plus d’avoir un effet direct sur le visiteur d’agrément, ce nouveau service influe également sur le tourisme d’affaires. Les entreprises recherchent de plus en plus de lieux offrant des espaces qui combinent travail et loisirs pour leurs clients ou leurs employés. Pour les responsables des attraits, il s’agit d’une occasion de pallier les effets de la baisse d’achalandage de la fréquentation individuelle lors des saisons mortes.

En France, le parc animalier Sainte-Croix propose aux visiteurs l’observation de la faune européenne. En plus de côtoyer les animaux en semi-liberté, il est possible de louer l’un des 27 hébergements insolites sur le site. La clientèle d’affaires y dispose de trois espaces pouvant accueillir jusqu’à 150 personnes.

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Source : CP Parc Animalier de Sainte-Croix/Morgane Bricard.

L’importance des expériences et des émotions

La recherche d’expériences se situe au cœur de la nouvelle économie de consommation. L’achat et la possession prennent de moins en moins d’importance. L’industrie des attraits doit faire vivre à ses visiteurs des expériences porteuses de sens et d’émotions pour qu’il s’établisse une relation durable. Dans ce contexte, le degré d’implication du participant et son immersion dans l’environnement constituent deux dimensions essentielles. Les technologies y jouent un rôle majeur ainsi que la personnalisation du service. Ils permettent d’améliorer l’expérience globale des visiteurs et de se démarquer de la concurrence.

L’omniprésence des loisirs urbains

L’individu part moins longtemps, mais plus souvent. Les loisirs de proximité s’avèrent donc plus importants. La concurrence entre les endroits publics et les attraits s’intensifie. L’espace public évolue en un lieu de rencontre, de consommation et d’exposition et une destination pour des activités. Les milieux urbains deviennent hybrides et se transforment en espaces ludiques (lire : La ville du futur sera-t-elle un terrain de jeu ?).

Avez-vous remarqué d’autres tendances touchant l’industrie des attraits ?

 

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Les slow cities, là où il fait bon vivre

Valoriser le bien-vivre, le développement durable et local

Le mouvement Slow a pris racine en Italie, en 1989, avec l’arrivée du Slow Food qui prône un retour à une alimentation locale saine et promeut le plaisir de manger, les traditions culinaires, ainsi que certaines formes d’agriculture, de production artisanale et d’approvisionnement. C’est dans la foulée du Slow Food qu’émergent les Slow Cities (Cittaslow, en italien), une dizaine d’années plus tard, donnant alors de l’envergure à un mouvement qui ne cesse de croître. En novembre 2017, le réseau international Cittaslow comptait 236 villes réparties dans 30 pays.

Adhérer au mouvement Slow Cities implique une réflexion autour des pratiques environnementales, des traditions locales, de l’aménagement du territoire, de la mobilité, de l’hospitalité et du bien-être en général. Toutefois, seules les villes de moins de 50 000 habitants peuvent aspirer à ce titre. Pour ce faire, elles doivent répondre à une charte comportant plus de 70 critères répartis dans 7 domaines (voir l’image). On y encourage, entre autres :

  • la mise en valeur du patrimoine historique ;
  • la commercialisation de produits locaux, du terroir, de l’artisanat local ;
  • la préservation des coutumes ;
  • la valorisation des savoir-faire et du patrimoine architectural local à travers la rénovation de bâtiments anciens, de fermes, etc. ;
  • la création d’événements locaux culturels ;
  • la multiplication des espaces verts et des zones piétonnes, le développement de pistes cyclables et de réseaux de transports alternatifs ;
  • la réduction de la consommation énergétique ;
  • le développement des commerces de proximité ;
  • la mise à niveau des équipements pour favoriser l’accessibilité aux personnes handicapées.

Le contrôle du respect de la charte est prévu tous les cinq ans pour chaque ville ou village.

slowcities-excellence-criteresSource : Cittaslow Belgique

Un outil de revalorisation du territoire 

L’affiliation au réseau Cittaslow offre aux petites municipalités une visibilité internationale qu’elles pourraient difficilement obtenir autrement. D’ailleurs, la plupart ont rejoint le réseau pour cette raison, comme le souligne Sandra Mallet, maître de conférences en aménagement et urbanisme à l’Institut d’Aménagement du Territoire, d’Environnement et d’Urbanisme de l’Université de Reims. Segonzac, première commune de France à avoir obtenu le label international, cherchait un moyen de revaloriser son territoire lorsqu’elle a eu vent de l’existence des « villes lentes ». Idem pour Mirande, qui a connu le label grâce à son jumelage avec la ville italienne San Mauro Torinese, également membre du réseau. La démarche du maire de la sous-préfecture a été soutenue par le comité départemental du tourisme qui, lors de l’obtention du label, n’a pas tardé à mettre l’information en ligne sur son site Web. À Saint-Antonin-Noble-Val, Cittaslow a permis la revitalisation des commerces du centre-ville, alors qu’un supermarché s’installait en périphérie. À Labastide-d’Armagnac, l’adhésion à Cittaslow est apparue comme la solution pour donner un nouvel essor au village, les élus espérant attirer de nouveaux résidents après avoir connu une baisse importante de leur population au fils des ans.

Un enjeu : se démarquer

Comme c’est le cas pour de nombreux labels, l’un des défis est de parvenir à se démarquer pour se développer. L’affichage du logo Cittaslow sur les sites Web et dans la signalisation des villages membres constitue un pas dans la bonne direction. Le réseau polonais a su tirer parti de la certification en créant une publication regroupant les attractions de chaque petite ville sous forme de circuits, suggérant plusieurs itinéraires de voyages pour permettre aux visiteurs de ressentir leur atmosphère unique. 

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Source : cittaslow.net

Cet exemple montre le potentiel de commercialisation du label. Toutefois, le mouvement et les principes de sa charte gagneraient à être mieux connus pour permettre aux communes et aux villages de se différencier efficacement. Malgré tout, certains y trouvent déjà leur compte. En effet, selon des élus de Segonzac et de Labastide-d’Armagnac, les retombées sont importantes à tous points de vue : économique, touristique et médiatique; elles le seront davantage avec le développement du réseau français.

Un concept qui séduit les grandes villes

Même si créer des « villes lentes » dans les grandes régions métropolitaines peut sembler une contradiction, ce mouvement est si bien ancré dans l’air du temps qu’il a suscité l’intérêt de grandes villes, particulièrement de Barcelone, San Francisco, Rome et Milan. Le projet Cittaslow Metropole, qui se voulait une tentative d’appliquer les principes des Slow Cities aux grandes villes modernes, n’a malheureusement pas vu le jour. Se conformer aux exigences du réseau peut s’avérer contraignant pour les villes de grande envergure. Cependant, les grandes villes peuvent prendre part au mouvement en devenant des supporteurs qui adhérent à l’éthique générale des « villes lentes ». Les partisans sont des entrepreneurs et des organisations qui soutiennent les valeurs du réseau dans leur propre municipalité. Ils sont autorisés à utiliser les logos de Cittaslow et de la municipalité qui les ont désignés comme supporteurs pour leur commercialisation.

Quid du Québec ?

Le mouvement Slow Cities peine à se frayer un chemin au Canada en général (3 villes seulement) et au Québec en particulier (une seule, Lac-Mégantic). Pourtant, au 1er juillet 2017, le Québec comptait 1267 municipalités de moins de 50 000 habitants, soit la presque totalité de la province (98,5 %), selon l’Institut de la Statistique du Québec. Une partie d’entre elles applique probablement déjà les principes du mouvement CittaSlow sans le savoir : qualité de vie, authenticité, produits locaux, offre culinaire régionale, mise en valeur du patrimoine, etc. Y adhérer et le promouvoir ajouterait une corde à leur arc. Cela stimulerait le tourisme régional et rural en offrant aux visiteurs un label de qualité. Après tout, la certification répond aux attentes des touristes d’aujourd’hui : intérêt pour les produits locaux, recherche d’expériences authentiques, désir de rencontrer la population locale et les producteurs.

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Animer un fleuve, plus qu’une histoire de bateau

 

La Direction générale des entreprises (DGE) et le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) ont publié une étude sur les meilleures pratiques internationales du tourisme fluvial. Une partie importante du document se consacre à la thématique de l’innovation. Celle-ci se décline en fonction de plusieurs sujets tels que les modes de consommation, l’aménagement des berges et la protection de l’environnement. Il est également démontré que le tourisme fluvial peut innover en s’inspirant des secteurs maritimes et nautiques. Voici quelques-unes des suggestions et des exemples du rapport du DGE et du Réseau de veille.

De nouveaux modes de consommation

L’économie collaborative se développe et le tourisme fluvial n’y échappe pas. Plusieurs compagnies offrent désormais aux emprunteurs de louer des produits ou des services plutôt que de les acheter.

L’entreprise Uber commercialise un nouveau service de transport sur l’eau. UberBOAT permet à un utilisateur de contacter un capitaine par son téléphone intelligent et d’effectuer un trajet à moindre coût. D’abord testé lors d’évènements ponctuels, tels que le Festival de Cannes, le service est officiellement offert depuis juin 2017. Pour l’instant, la Croatie est l’unique destination desservie (voir la vidéo suivante).

Source : YouTube

Développé depuis quelques années, le boat-club offre de consommer les activités nautiques d’une nouvelle façon. Par un abonnement annuel, un membre accède à plusieurs sites et aux bateaux s’y trouvant. Le concept est présent aux États-Unis et il permet une augmentation du nombre d’adeptes en rejoignant une clientèle qui ne souhaite pas nécessairement devenir propriétaire d’un bateau. Cette formule se développe également en France. Dans ce pays, elle est majoritairement présente le long du littoral comme le propose le Bénéteau Boat Club.

Les plateformes collaboratives apparaissent au rythme des changements dans les modes de consommation. Les sites tels que Boatsetter, Click & Boat et Hey Capitain constituent des services de location de navires. Ils mettent en relation les propriétaires et les clients désirant pratiquer des activités telles que la pêche, une croisière ou des sports nautiques, seuls ou accompagnés du capitaine. Tous les exemples peuvent se reproduire dans le tourisme fluvial dans le cas de territoires où la plaisance privée est développée.

La valorisation d’un cours d’eau

L’aménagement des voies navigables possède de nombreux avantages. En plus d’inciter à la réappropriation des berges et des plans d’eau, cela apporte une attractivité supplémentaire et l’exploitation de secteurs sous-estimés (lire : La reconquête touristique des berges fluviales).

Les baignades urbaines 

Les baignades dans les cours d’eau urbains ont mauvaise réputation en raison d’aspects liés à la sécurité et des dangers sanitaires. Toutefois, cela tend à changer depuis quelques années grâce à de nombreux efforts de dépollution. Plusieurs grandes villes, notamment Copenhague, Berlin et Zurich, possèdent leur espace de baignade dans leur voie navigable. Dans le cas de Paris, la Ville souhaite rendre officiellement accessible la baignade dans la Seine en 2024, juste à temps pour les Jeux olympiques. D’ailleurs, le cinéaste Wilfrid Duval d’Urbaparis a réalisé une courte vidéo expliquant les enjeux d’un tel projet. 

Il existe également un concept des piscines flottantes. Il s’agit de structures installées sur un plan d’eau permettant une baignade propre et sécuritaire. Dans plusieurs cas, elles sont démontables et peuvent être déplacées selon les saisons ou les conditions météorologiques. C’est le cas des piscines Mobipool comme l’illustre l’image suivante.

piscine_flottante_tourisme_fluvial Source : Youtube

Hôtels flottants

Certains hôtels sont aménagés directement sur l’eau. En Norvège, l’Arctic Bath Hotel & Spa ouvrira bientôt ses portes et sera situé directement sur la rivière Lule. Au Québec, un nouveau projet d’hôtel flottant verra le jour à l’été 2018 à Salaberry-de-Valleyfield. L’entreprise Flotel s’installera dans la baie Saint-François. La structure écoresponsable disposera de six chambres réparties sur trois plateformes indépendantes, mais reliées entre elles. Elles seront dotées d’une terrasse privée avec fauteuils et foyer, d’un grand lit et d’une salle d’eau

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Source : Flotel

Marché urbain

Depuis 2012, l’Association le Marché de l’Eau offre aux Parisiens la possibilité d’acheter des fruits et des légumes biologiques acheminés par bateau. Les consommateurs doivent s’abonner au service et récupérer leur panier de denrées aux points de relais. Cette activité s’inscrit directement dans les tendances du slow food et du bien-être

La protection de l’environnement

Plusieurs enjeux environnementaux affectent le tourisme fluvial, dont le besoin de réduire ses impacts sur le milieu naturel. De nombreuses compagnies optent pour des navires avec un type de propulsion hybride ou 100 % électrique.

Des outils développés par le secteur nautique présentent un fort potentiel pour les territoires ayant des activités fluviales. C’est le cas du projet C’mon spot de l’Agence des Aires Marines Protégées. Le portail Web sensibilise de manière ludique et pédagogique aux enjeux environnementaux des sites de pratiques des activités nautiques le long du littoral breton. Il fournit également des informations sur les interdictions et les diverses précautions à prendre selon le site fréquenté. 

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Source : C’mon spot

En plus d’être des éléments importants de l’offre fluviale, ce type d’installations et d’activités participe au dynamisme des milieux urbains en animant et en valorisant les voies navigables des villes.

Qu’en pensez-vous ?

 

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Neuf tendances en tourisme d’aventure

Le contexte global demeure favorable à la croissance du tourisme d’aventure. Celui-ci se fait de plus en plus grand public. Les voyageurs cherchent à se ressourcer, à reconnecter avec la nature, à se dépasser et à vivre des expériences significatives. L’aventure est un bon moyen d’y arriver. L’organisme Adventure Travel Trade Association (ATTA) publiait, en début d’année 2018, un rapport regroupant 20 tendances. Voici un survol de neuf d’entre elles, soit celles sur le type d’expériences et les produits.

Voyager en solo

Selon la firme MMGY Global, environ un voyageur américain sur quatre envisage de voyager seul en 2018. Les itinéraires spécialisés et une couverture médiatique importante de ce segment de clientèle stimulent la demande. Il ne s’agit pas nécessairement de personnes qui sont seules en ménage, mais plutôt de voyageurs qui souhaitent découvrir une destination en fonction de leurs intérêts ou encore parce que leur partenaire de voyage n’est pas disponible. L’agence Abercombie & Kent s’ajuste et oriente un volet de son offre pour les voyageurs en solo.

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Source : Abercrombie et Kent

L’aventure ultime : vivre comme un local

Les voyageurs d’aventure prennent de l’expérience et souhaitent vivre des aventures authentiques, en se mêlant à la population locale. Pour répondre à ce besoin, des destinations et des entreprises développent des stratégies permettant aux voyageurs d’entrer en contact avec des résidents. Les plateformes Airbnb et EatWith en sont des exemples probants. L’entreprise HiveSters, en Thaïlande, illustre aussi très bien cette tendance. Les voyageurs peuvent apprendre à cuisiner le Pad Thaï dans la rue ou encore rencontrer des artisans dans leur atelier, en dehors des circuits touristiques de masse. 

tendances-aventure-cuisine-de-rue Source : HiveSters

L’expansion du slow travel

La découverte d’une destination à un rythme lent, qui permet de bien intégrer les lieux et de s’imprégner de l’environnement, devient une spécialité pour de nouveaux voyagistes. Les nomades numériques, qui travaillent tout en voyageant, sont des adeptes de slow travel. Tout comme les jeunes retraités actifs, les personnes en période de transition, celles qui décident de prendre une pause du travail pour explorer une destination, ou encore ceux qui décident de partir en voyage un certain temps tout en travaillant. Pour tous ces voyageurs, il y a des entreprises comme Unsettled et Remote Year qui facilitent l’organisation de ces séjours prolongés. Elles s’occupent de dénicher l’hébergement, des espaces de travail communs le cas échéant, des escapades d’aventure et des expériences locales sur mesure qui permettent de connecter avec les lieux.

La quête du bien-être global

Les voyageurs d’aventure cherchent de plus en plus à se déconnecter de la routine quotidienne, à se recentrer sur l’essentiel pour maintenir une bonne santé mentale comme physique. Pour les entreprises de tourisme d’aventure, cela implique d’intégrer des composantes de bien-être. Les études démontrent les bienfaits de la nature sur la santé mentale, sur l’équilibre psychique des individus. Visit Estonia joue cette carte avec la campagne Stress Buster qui vise à séduire les gens stressés avec l’appel de la forêt et de la nature.

Des expériences « transformationnelles »

Les voyageurs d’aventure sont motivés par l’idée de changer par le voyage, de devenir des personnes différentes, améliorées. Pour favoriser cette transformation, les entreprises doivent la considérer dans le design d’expérience en équilibrant les composantes de l’itinéraire, en ce qui concerne le temps, les séquences d’activités, les défis et les moments propices à l’introspection. L’organisation Explorer X se spécialise en voyages pour aventuriers en quête de transformation. Chaque fournisseur doit considérer ce design d’expérience. 

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Source : Explorer X

Le tourisme de randonnée

La randonnée constitue l’une des activités de plein air les plus pratiquées par les voyageurs. Les destinations l’ont bien compris et font la promotion de leurs sentiers afin de prolonger le séjour des visiteurs. De plus, ceux-ci peuvent être tentés de revenir pour explorer une autre section du sentier. Ce type de tourisme favorise le développement local, les expériences authentiques et s’aligne bien sur les tendances précédentes concernant les voyages de transformation et la quête du bien-être. Les services en marge du tourisme de randonnée devraient prendre de l’ampleur en 2018, comme les itinéraires autoguidés et le transport de bagages.

Des produits pour les aventurières

Qu’elles soient seules ou non, un peu comme les voyageurs en solo, les femmes aiment parfois voyager entre elles lorsqu’elles partagent les mêmes intérêts. On observe une forte croissance du nombre d’entreprises qui conçoivent des voyages sur mesure pour elles. C’est le cas d’AdventureWomen, qui s’adresse exclusivement aux femmes ou Austin Adventures dont une partie de l’offre leur est réservée.

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Source : AdventureWomen

Les destinations hivernales

L’hiver est en vogue auprès des voyageurs d’aventure. Les destinations comme l’Islande, le Yukon, la Finlande et le Groenland témoignent d’un achalandage à la hausse durant la saison froide. Les activités et les événements d’hiver se multiplient. Les produits polaires, tels que les aurores boréales et la faune arctique ont particulièrement la cote. Les touristes d’hiver viennent principalement du Royaume-Uni, des États-Unis et de la Chine. 

tendances-aventures-aurores-hiver Source : VisitFinland

Des cabines de luxe en territoire isolé

La tendance des minimaisons a trouvé un terreau fertile dans le milieu touristique. Des petites cabines préfabriquées au design soigné et au confort égalant celui d’une chambre d’hôtel de luxe apparaissent dans les lieux les plus improbables. Ces unités attirent la curiosité et leur design attrayant suscite les partages sur les médias sociaux comme Instagram. Ce type d’hébergement donne également une nouvelle attractivité aux régions éloignées en offrant une expérience de luxe en territoire vierge. 

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Source : OodHouse

L’aventure au Québec

Le Québec est bien en selle pour accueillir les voyageurs adeptes d’aventure. Les réseaux s’organisent, des partenariats sont scellés et l’offre se développe. Aussi, les stratégies de Tourisme Québec sur la mise en valeur du tourisme de nature et d’aventure, sur le tourisme hivernal et sur le développement et la commercialisation au nord du 49e parallèle, ainsi que la promotion concertée de l’offre « nature » sur le site Web Québec Original permettront certainement de positionner la destination québécoise avantageusement auprès des marchés en croissance.

 

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Le tourisme transformationnel : plus qu’une expérience ?

Depuis quelque temps, le terme « transformationnel » semble de plus en plus présent dans l’industrie touristique, à un point tel que l’utilisation des termes « expérience » et « authenticité » semble reléguée au second plan. Nouvelle tendance ou suite logique du tourisme expérientiel ?

Définitions

Selon le Transformational Travel Council, le voyage transformationnel constitue une expérience qui offre aux gens d’effectuer des changements significatifs et durables dans leur vie. Il s’agit de voyager avec une ouverture d’esprit et de s’engager physiquement tout en prenant du temps pour une réflexion personnelle. Les gens sont poussés hors de leurs zones de confort et trouvent le courage et la force de surmonter des défis physiques, psychologiques ou émotionnels. 

le voyage transformationnel constitue une expérience qui offre aux gens d’effectuer des changements significatifs et durables dans leur vie

Il y a un « avant » et un « après » voyage. C’est dans cette perspective que se situe la différence entre le tourisme expérientiel et transformationnel ; une expérience vécue pendant un voyage peut être un très beau moment, mais ne modifiera pas nécessairement la manière de voir la vie au retour à la maison. Il est possible de parler de transformation seulement si la personne change d’attitude ou de comportement après son voyage.

L’industrie s’adapte aux nouvelles exigences des touristes

Il y a un désir de rentabiliser son expérience par l’amélioration de soi

Les touristes espèrent voyager différemment. Ils sont exigeants, bien informés et recherchent une façon plus exclusive de découvrir le monde. Ils sont davantage motivés par la quête permanente du mieux-être. C’est une tendance qui ne risque pas de s’essouffler. Les voyageurs veulent des expériences uniques et inédites tout en donnant un sens à leur périple. Il y a un désir de rentabiliser son expérience par l’amélioration de soi. Dans cette perspective, le développement du tourisme transformationnel est une matérialisation de leurs attentes.

L’industrie touristique diversifie son offre et adapte ses stratégies à cette demande comme c’est le cas de Tourism Vancouver. L’organisation développe actuellement une nouvelle stratégie de marketing et une nouvelle image de marque autour de cette tendance. Pour réaliser cette stratégie à long terme, les secteurs privés et publics se sont alliés pour maintenir la qualité de l’expérience urbaine et sociale tant pour les résidents que pour les visiteurs.

Les entreprises, notamment les voyagistes et les hébergeurs, emboitent aussi le pas. Deux secteurs se démarquent particulièrement :

Tourisme de bien-être 

Ce créneau est fortement touché par les voyages transformationnels. Selon The Global Wellness Summit (GWS), il s’agira d’une des tendances mondiales du bien-être en 2018. Plusieurs entreprises développent des projets. Le GWS rappelle qu’il n’existe aucun moyen de concevoir une expérience de voyage de bien-être universellement transformatrice : la transformation est à la fois insaisissable et personnelle.

Le complexe hôtelier Six Senses Bhoutan verra le jour à l’été 2018. Les visiteurs seront invités à participer à un circuit bien-être en cinq étapes réparties dans autant de pavillons conçus selon les cinq piliers de l’Index du bonheur national brut du Bhoutan. Les invités marqueront leur parcours physique, mental et spirituel en ajoutant des breloques à un bracelet donné au début de leur séjour. Ils recevront, à leur arrivée à chacun des pavillons, une carte où ils définiront leurs intentions pour trouver le bonheur. La compagnie Six Senses a été nommée « Meilleure chaîne hôtelière au monde » en 2017 par Travel & Leisure et prévoit mettre sur pied de nombreux projets similaires dans le monde.

Tourisme de luxe 

Comme l’explique une précédente analyse, le voyage qui transforme est l’une des tendances prédominantes dans le tourisme de luxe. D’ailleurs, il est intimement lié aux activités de bien-être. Selon le rapport des tendances 2018 de la firme d’intelligence d’affaires Skift, l’épanouissement personnel et l’amélioration de soi constitueraient l’ultime luxe. Les grandes chaînes hôtelières et les agences de voyages développent plusieurs produits pour séduire les voyageurs en quête de luxe et de transformation. Elles proposent des expériences de plus en plus personnalisées dans le seul but de les guider vers leur épanouissement personnel, que ce soit avec des retraites de yoga haut de gamme ou des expériences de glamping  dans des régions sauvages reculées.

Cascada Expediciones a remporté le Transformational Travel Award lors des PURE Awards en 2017 pour son programme Dientes Trek. Cette randonnée de six jours, la plus méridionale au monde, développe le lien entre les randonneurs et la nature et laisse le confort de la vie moderne derrière elle. L’exposition à la nature brute et la déconnexion de la modernité transforment les voyageurs, leur rappelant la beauté, la puissance et la fragilité de la nature et de l’humanité, et la façon dont ils sont connectés et dépendants les uns des autres. 

Source : Youtube

Une tendance… plus que centenaire ?

Il est intéressant de s’interroger sur les voyages transformationnels. Est-ce vraiment une nouvelle tendance ? Ils existent depuis longtemps. En effet, des pratiques ou des coutumes, telles que les passages initiatiques, les pèlerinages, le Grand Tour, etc. sont ou ont été une forme de voyage amenant vers une transformation de la personne. La nouveauté tient beaucoup sur la commercialisation qui en est faite et sur l’offre qui s’adapte.

Sa montée en popularité des dernières années devient ainsi une nouvelle occasion commerciale pour plusieurs entreprises que ce soit pour le secteur du bien-être ou du luxe. D’après l’auteur Joe Pine (The Experience Economy), il s’agit en réalité du virage du tourisme expérientiel vers une nouvelle génération de produits touristiques. Selon lui, le problème de cette tendance est que certaines compagnies adoptent le discours de voyage transformateur, sans intégrer des occasions réelles pour l’enrichissement personnel.

Malgré les efforts et les stratégies réalisés auprès des voyageurs, peut-on réellement prévoir leur transformation ? Finalement, il n’en tient peut-être qu’au participant de faire en sorte que son voyage soit transformateur. Qu’en pensez-vous ?

 

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Tendances 2018

L’unité de prospective, de recherche et d’innovation de l’importante agence de publicité américaine J. Walter Thompson ainsi que la firme d’intelligence d’affaires Skift dressent la liste des tendances mondiales émergentes, des changements de consommation et des modèles d’innovation touchant plusieurs industries, dont celle des voyages et du tourisme. En voici un bref aperçu.

 

 

 

Les travailleurs nomades

Bien qu’elle ne soit pas nouvelle — le RVT en a déjà parlé ici — cette tendance, menée par les jeunes générations de travailleurs qui rêvent d’être libres, d’avoir la possibilité de travailler partout où il y a du WiFi pour se connecter et créer du contenu, n’est pas près de disparaître. Les nomades numériques constituent un nouveau type de citoyen du monde qui exige de nouvelles expériences.

Les nomades numériques constituent un nouveau type de citoyen du monde qui exige de nouvelles expériences

C’est pourquoi des entreprises comme Unsettled ou Remote Year leur facilitent la vie en créant des communautés temporaires d’entrepreneurs et de créatifs à l’étranger, tandis que Habitas se spécialise dans le voyage de bien-être global, offrant des retraites dans des hôtels éco-chics. Le plus grand joueur est peut-être WeWork, qui propose à ses membres un choix de plus de 200 bureaux dans 20 pays. Montréal possède aussi ses espaces de travail partagé.

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Source : WeWork L’Avenue

L’hébergement immersif et l’expérientiel

Poussées par des auditoires stagnants, les compagnies cinématographiques sautent dans le train de l’expérience en créant des parcs à thème immersifs et des hôtels à l’image de leurs films. C’est le cas de Disney qui a annoncé l’ouverture d’un hôtel Star Wars en 2019 dans le cadre de son parc à thème Star Wars : Galaxy’s Edge à Orlando, en Floride. L’établissement permettra aux invités de se mêler aux personnages de la série et d’apprendre à conduire un vaisseau spatial au cours d’une expérience narrative de deux jours.

En août 2017, les films Lionsgate ont annoncé l’ouverture d’un Lionsgate Movie World à Jeju Shinhwa World, une station de loisirs qui a ouvert ses portes en 2017 sur l’île de Jeju, en Corée du Sud. Lionsgate Movie World comprendra un parc à thème de 1,3 million de pieds carrés qui recréera des expériences cinématographiques. Les visiteurs pourront se plonger dans le monde de films comme The Hunger Games, la saga Twilight, Now You See Me, et Robin des bois.

Source : YouTube

La renaissance des villes secondaires

Les X et les Y sautent à pieds joints dans la vie de banlieue pour revitaliser et réinventer des villes secondaires, profitant des attraits du mode de vie urbain à un prix abordable. Aux États-Unis, certains quartiers périphériques de Portland, Denver, Detroit et Austin connaissent une renaissance avec leurs bars, leurs magasins, leurs hôtels branchés et leurs galeries d’art alors que des entrepreneurs affluent vers ces villes, profitant des loyers accessibles.

Les conditions climatiques extrêmes créent des bouleversements

Avec les récentes données sur les changements climatiques indiquant des tempêtes violentes et des températures plus chaudes qui deviendront chose courante, les compagnies aériennes, les hôtels et les offices de tourisme doivent reconsidérer leur planification à court et à long terme, selon les analystes de Skift, une firme d’intelligence d’affaires.

Bon nombre d’attractions et de destinations populaires sont menacées en raison de ces nombreux impacts des changements climatiques

Aux États-Unis et dans les Caraïbes, la saison des ouragans 2017 a été l’une des plus intenses qu’a connu l’industrie touristique depuis des années. De récentes tempêtes comme Irma et Maria ont mis à genoux des îles entières. Les feux déciment des forêts en Californie à proximité de régions viticoles renommées. La grande barrière de corail est menacée en Australie. La fonte des glaciers est une préoccupation depuis des années, alors que deux des plus grands glaciers de l’Antarctique ont commencé à s’effriter en 2017. D’ici à 2100, une grande partie de l’Europe méridionale, y compris l’Espagne, l’Italie et la Grèce, sera trop chaude pour être visitée pendant les mois d’été et le niveau de la mer sera trop élevé dans de nombreuses destinations touristiques. Bon nombre d’attractions et de destinations populaires sont menacées en raison de ces nombreux impacts des changements climatiques.

Les appareils mobiles au service des voyageurs en temps réel

En 2018, la technologique émergente comme l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique, les services de localisation et les données en nuage atteindront leur plein potentiel sur les téléphones intelligents, selon Skift. Déjà, les voyageurs peuvent utiliser leur appareil numérique pour déverrouiller leur chambre d’hôtel, partager des photos de leurs vacances en temps réel sur Instagram et payer leurs achats. Dans un avenir rapproché, les appareils mobiles anticiperont les besoins des touristes, combinant l’interface facile à utiliser d’Uber, la personnalisation d’Amazon et les capacités prédictives de Google Now. Un exemple ? Un vol est retardé ; l’appareil mobile de demain pourra contacter automatiquement l’hôtel pour lui faire part du retard et l’aviser de ne pas libérer la chambre.

Ces quelques tendances sont loin d’être exhaustives ; que voyez-vous dans votre boule de cristal ?

 

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