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Destinations Marketing

L’Oregon facilite la création de roadtrips personnalisés

Lorsque vient le temps d’organiser un périple, les voyageurs se trouvent devant une abondance d’informations. Pour rendre ce processus plus fluide, Travel Oregon propose sur son site Web un outil qui permet aux utilisateurs d’obtenir un itinéraire basé sur leurs intérêts afin qu’ils soient inspirés pour leur prochaine aventure. Il suffit de répondre à quelques questions, puis le tour est joué !

Les internautes sont notamment interrogés à propos du type de paysage qu’ils souhaitent voir et des villes qu’ils aimeraient découvrir. On leur demande également durant quelle saison ils voyageront, avec qui ils seront, les activités qui les intéressent, le type d’hébergement qu’ils préfèrent et même la catégorie de véhicule qui sera utilisé (incluant la voiture électrique).

Source de l’image : Travel Oregon

Une fois le questionnaire complété, les visiteurs sont dirigés vers une section du site Web qui présente la route proposée. Par exemple, il pourrait s’agir d’un itinéraire sur la Côte du Pacifique ou encore d’un trajet qui tienne compte des stations de recharge pour les véhicules électriques (si l’option de cette catégorie de véhicule est sélectionnée).

Source de l’image : Travel Oregon

Le road trip quiz n’est certes pas parfait, mais l’idée derrière offre de belles possibilités. Ce type d’outils pourrait, entre autres, favoriser une meilleure répartition des flux touristiques sur un territoire en proposant des options hors des sentiers battus, et même mettre de l’avant des offres durables qui sont parfois plus difficiles à repérer. Voilà une bonne façon d’accompagner les voyageurs lorsqu’ils se trouvent à l’étape de la planification !

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Hébergement Tourisme durable

L’hôtellerie poursuit son virage vert

Depuis plusieurs années, les établissements hôteliers font face à de nombreux défis en ce qui concerne le respect de l’environnement. Selon un rapport du Urban Land Institute, les hôtels sont parmi les bâtiments commerciaux qui consomment le plus d’énergie et d’eau.

Il faut dire que l’industrie est confrontée à un certain nombre d’enjeux dans la mise en œuvre de pratiques durables. En effet, les hôteliers doivent respecter des modèles et des structures de propriété compliqués. Pour certains bâtiments, des changements drastiques pourraient perturber l’expérience client.

Quoi qu’il en soit, l’adoption de pratiques durables en hôtellerie est de plus en plus importante pour les voyageurs. Selon un récent rapport réalisé par Booking.com, la demande pour ce type d’expériences est en hausse. Quelque 78 % des répondants ont l’intention de séjourner dans une propriété dite durable au moins une fois au cours de l’année à venir. De plus, 71 % des voyageurs sondés veulent faire plus d’efforts en 2022 pour voyager de manière plus responsable (une hausse de 10 % par rapport à 2021).

Plusieurs nouveaux projets hôteliers répondant à cette demande voient le jour un peu partout dans le monde.

Nouvelles constructions durables

En 2024, la Norvège prévoit l’ouverture du SVART. Cet hôtel de 94 chambres est appelé à devenir le premier établissement hôtelier à énergie positive au monde. Grâce à sa forme circulaire, les architectes croient être en mesure de récolter suffisamment d’énergie solaire à toute heure de la journée pour couvrir les opérations quotidiennes de l’hôtel et même celles nécessaires à sa construction, ce qui permettrait de réduire jusqu’à 85 % de la consommation annuelle en énergie du bâtiment.

Source de l’image : SVART

L’objectif du concept est de permettre un fonctionnement totalement hors réseau dans les cinq ans suivant son ouverture. Cela signifie que l’hôtel et ses services adjacents, y compris la serre agricole, les navettes en bateau et les activités pour les clientèles, seront totalement autonomes en matière d’électricité, d’eau et de gestion des déchets.

Source de l’image : SVART

Du côté des États-Unis, la chaîne Hilton a récemment ouvert son premier hôtel zéro carbone au Connecticut ; l’Hôtel Marcel. L’architecte du projet a opté pour la rénovation et la restauration d’un bâtiment des années 1970, soit l’ancien siège social de l’Armstrong Rubber Company, pour revitaliser la zone urbaine avoisinante et y attirer la communauté.

Source de l’image : Becker + Becker

L’hôtel utilise l’énergie solaire pour produire l’électricité nécessaire aux chambres, au restaurant, aux salles de réunions ainsi qu’aux aires communes, telles que la réception. Plusieurs matériaux de construction et objets ont été réutilisés et soigneusement restaurés comme des murs en bois et des luminaires qui servaient autrefois dans les bureaux et les salles de conférence de la compagnie. Les fenêtres à triple vitrage ainsi que les murs en béton permettent d’optimiser l’isolation et d’ainsi stabiliser la température des chambres.

En 2023, la firme Studio Gang anticipe l’ouverture d’une construction durable au Colorado. Le Populus comptera 265 chambres et deviendra le premier établissement hôtelier neuf de Denver sans espace de stationnement sur place ; pour s’y rendre, le transport en commun ou la mobilité douce sont de mise. Un effort écologique hors site est prévu et implique la plantation d’arbres sur plus de 2 000 hectares.

Source de l’image : Urban Villages

Au-dessus de chaque fenêtre, des dispositifs d’ombrage amélioreront la performance énergétique du bâtiment tout en canalisant l’eau de pluie pour préserver l’état de la façade. La terrasse sur le toit accueillera une grande variété de végétaux de la région, offrant un endroit idéal pour socialiser et un habitat attrayant pour la faune et les insectes.

Source de l’image : Urban Villages

La durabilité au sein même des opérations

Des constructions déjà existantes prennent les grands moyens pour améliorer leur empreinte écologique. Le JW Marriott Washington, DC montre l’exemple en intégrant des pratiques durables au sein de ses opérations. En cuisine, l’hôtel composte les déchets alimentaires et recycle l’entièreté de ses huiles usées pour en faire du biocarburant. Lors de la tenue de réunions ou de congrès, il utilise des emballages compostables pour les boîtes à lunch et fournit des stations d’eau pour contrer l’utilisation de bouteilles en plastique. À ce jour, près de 25 établissements JW de Marriott possèdent des jardins dont la taille varie d’un petit terrarium à une serre complète. Les fruits, les légumes et les herbes produits sont utilisés en cuisine. Au cours des prochaines années, la société envisage de planter un jardin dans chacune de ses 103 propriétés.

Source de l’image : © Marriott Fast Company

Au Québec 

L’Hôtel Castel situé à Granby, a à cœur sa performance écologique ainsi que sa communauté. En effet, l’établissement choisit ses fournisseurs en fonction de leurs politiques environnementales et de leur emplacement ; ceux à proximité de l’hôtel sont privilégiés pour réduire l’impact des longs transports. De plus, l’établissement donne du mobilier (téléviseurs, meubles, matelas…) ou de la literie (draps, couvertures, tissus…) inutilisés ou en fin de vie, à divers organismes de la région. Les surplus alimentaires sont aussi remis à l’organisme Le Passant, une maison d’hébergement pour les personnes en difficulté.

L’Hôtel du Vieux-Québec est également un chef de file en matière de pratiques durables. Deux toits végétalisés contribuent à conserver la fraîcheur de l’établissement durant la saison estivale ainsi qu’à capturer l’eau de pluie qui passe ensuite dans un échangeur de chaleur qui la préchauffe. Cette technologie réduit la consommation d’énergie de l’hôtel. Les légumes, les fleurs, les herbes et même le miel produits sont offerts aux employés ainsi qu’aux clientèles, en plus d’être utilisés en cuisine. Enfin, des panneaux solaires aident à alimenter en énergie l’étage supérieur du bâtiment.

Source de l’image : Hôtel du Vieux-Québec

Les clientèles et les employés ; aussi à contribution

Le Bucuti & Tara Beach Resort à Aruba fait preuve d’originalité pour mobiliser les clientèles à la pérennité de la destination. En effet, le complexe hôtelier offre les services d’un concierge spécialiste en développement durable. Ce dernier fournit toute l’assistance et les informations nécessaires pour aider les visiteurs à compenser les émissions de carbone émises par leurs déplacements au cours de leur séjour.

De plus, le troisième mercredi du mois est toujours consacré au nettoyage des plages avoisinantes à l’hôtel. Les voyageurs sont encouragés à prendre part à cette journée qui est chapeautée par les membres du personnel hôtelier. Cette initiative existe depuis maintenant 27 ans et des centaines de visiteurs y ont participé.

Au Québec, le Domaine Château Bromont implique les employés dans son virage durable. Ces derniers reçoivent notamment une formation au centre de tri Sani-Éco de Bromont afin d’être davantage conscientisés face à l’importance d’un système de tri. Le personnel en cuisine et en entretien ménager assiste aussi à une formation sur les déchets résiduels.

Les établissements hôteliers adoptent de plus en plus des pratiques durables et certains ont même la possibilité de devenir des références en matière de construction écologique. Et vous, passerez-vous à l’action ?

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Tendances

Les tendances touristiques racontées

Cette année, l’équipe de la Chaire a collaboré avec le bédéiste Cyril Doisneau pour mettre en scène certaines tendances décortiquées dans le cahier Perspectives touristiques2022. Nous vous invitons à les découvrir à travers l’histoire de nos deux voyageurs afin de déceler des opportunités ou des défis qui pourraient se présenter au cours des prochains mois. Bonne lecture! 

Image à la une : Cyril Doisneau

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Produits et activités Tourisme durable

L’écoresponsabilité des musées : protéger le passé et le futur

Comme beaucoup d’autres secteurs d’activités, le milieu muséal prend conscience de sa responsabilité d’agir pour la protection de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques. L’impact de ce secteur sur l’environnement est tributaire de l’empreinte carbone de la mobilité des clientèles et des expositions (qui viennent parfois de loin), ainsi que de la consommation énergétique des bâtiments et des déchets générés par les projets d’exposition éphémère. 

L’importance de l’implication des musées 

Les musées ont la capacité de devenir des acteurs clés. D’après le Conseil international des musées (ICOM), ils « peuvent améliorer la prise en compte du développement durable et contribuer à l’éducation sur les questions des changements climatiques en travaillant avec les communautés et en leur donnant les moyens de provoquer des changements pour garantir une planète habitable, la justice sociale et des échanges économiques équitables à long terme ».  

En plus d’agir envers sa communauté, un musée peut effectuer de nombreuses actions durables au sein même de son organisation. Cet aspect s’avère d’autant plus important dans un contexte de sensibilisation du public. Le message diffusé sur les changements climatiques risque d’être beaucoup plus crédible si le musée montre l’exemple en adoptant lui-même des actions concrètes pour la protection de l’environnement.  

D’après Marie-Claude Mongeon, chargée de projet Planification stratégique et innovation au Musée d’art contemporain de Montréal et membre du comité consultatif Coalition of Museums for Climate Justice, il existe plusieurs bienfaits pour les musées à s’engager vers la voie de l’écoresponsabilité. Cela permet : 

  • d’être à l’écoute des visiteurs qui sont davantage sensibilisés à la cause ; 
  • d’améliorer l’engagement et la rétention du personnel ; 
  • d’offrir de nouvelles occasions créatives et artistiques ; 
  • de faire des économies en prônant la réutilisation du matériel ; 
  • de devenir une source d’informations de confiance pouvant amplifier les efforts collectifs en développement durable. 

Un pas « vert » l’écoresponsabilité

Voici quelques exemples de mobilisation du milieu muséal et de méthodes d’intégration de pratiques durables dans les organisations. 

Un conservateur pour les changements climatiques 

Depuis novembre 2021, le Musée royal de l’Ontario (ROM) compte dans son équipe un conservateur dédié exclusivement aux changements climatiques. C’est une première en Amérique du Nord. Via la programmation, l’éducation et les expositions, le Dr Soren Brothers travaille pour sensibiliser le public et motiver les actions sur l’urgence de la situation et la durabilité. Son rôle vise également à créer des partenariats à travers le monde pour étudier la gestion des changements climatiques à l’échelle locale et internationale. Par cette embauche, le ROM s’engage à diffuser ses connaissances et ses idées pour aider à montrer la voie vers un avenir durable. 

Offrir du soutien pour la formation 

Dans le cadre de leur collaboration « Roots and Branches », le Manchester Museum, le Museum Development North West et The Carbon Literacy Project ont créé une boîte à outils destinée au secteur muséal britannique pour les soutenir dans la lutte contre les changements climatiques.  

Grâce à Carbon Literacy for Museums, il devient possible de former les bénévoles, le personnel et les partenaires afin qu’ils agissent de manière éclairée face à l’urgence climatique. L’objectif est de rejoindre plus de 1500 personnes du milieu muséal au cours des deux prochaines années en accompagnant 300 institutions dans leur stratégie pour le climat. En plus de cet outil, le Manchester Museum offre un espace de coworking dédié à l’action environnementale. 

Plusieurs institutions muséales peuvent déjà témoigner de leur expérience (voir la vidéo). 

Le transport responsable : tout un art 

L’un des enjeux majeurs du virage écoresponsable des musées demeure l’empreinte carbone du transport, tant public que celui des expositions. Lors d’une séance de réflexion tenue en janvier dernier, les représentants des musées français ont estimé que l’une des solutions serait de renoncer aux projets « blockbuster ». Il faudrait alors miser sur un public de proximité, prolonger la durée des expositions et réduire la quantité d’œuvres ou en choisir qui proviennent davantage des collections du musée.  

C’est le choix qu’a fait le Palais des Beaux-Arts de Lille avec son exposition « Expérience Goya ». Dans le parcours d’éco-création, les responsables du projet ont décidé de privilégier la collection permanente et de restreindre le nombre de prêts venant de l’extérieur. L’objectif est de miser davantage sur la médiation et un discours scientifique fort que sur l’abondance des œuvres. 

Au Québec 

Plusieurs organisations proposent des ressources pour accompagner les musées dans leurs démarches durables telles que le Réseau des femmes en environnement ou la firme Écoscéno. La Société des musées du Québec offre également un guide sur l’écoresponsabilité. Il est possible d’y trouver des conseils pour la gestion des installations et des ressources humaines (efficacité énergétique, matières résiduelles, approvisionnement responsable, santé et sécurité, etc.), pour les expositions (conception, fabrication et chantier, démontage et deuxième vie) et pour les communications (internes, externes, design graphique et impressions). Il sera d’ailleurs intéressant de connaître les résultats qu’obtiendra la SMQ de son portrait des pratiques écoresponsables dans les institutions muséales de la province au cours de l’année 2022.   

Quels sont les gestes écoresponsables de votre musée ? 

Note: Cette analyse est la mise à jour de: Environnement et musée: protéger le passé et le futur  

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Produits et activités

Le vélo électrique a le vent dans le dos

Depuis le début de la pandémie, le vélo, comme bien des activités en plein air, a gagné le cœur des citoyens un peu partout dans le monde. Il avait déjà la cote bien avant cette période, mais connaît désormais une popularité sans égal qui n’est pas près de s’estomper. D’après une enquête menée en 2021 par l’Outdoor Industry Association, plus de 60 % des Américains sondés qui ont commencé à faire de la randonnée, du vélo ou de la course pendant la pandémie disent avoir l’intention de poursuivre leur pratique dans le futur.

Une popularité croissante au Québec

D’après l’État du Vélo au Québec en 2020, un ouvrage de référence produit tous les cinq ans par Vélo Québec, plus de la moitié des Québécois (54 %) pratique le vélo. Par rapport aux données de 2015, il s’agit d’une augmentation de 250 000 cyclistes.

Non seulement ils sont de plus en plus nombreux, mais ils dépensent davantage (achat de vélos, équipement, accessoires, entretien). En 2020, le marché était évalué à 565 millions de dollars, soit 65 millions de plus qu’en 2015. Les Québécois ont acheté près de 950 000 vélos (les ventes se maintiennent généralement à 600 000 par année depuis 2000), un record qui confirme l’engouement observé sur les pistes. Pour plusieurs, cette activité représente une occasion de partir pour une ou plusieurs journées.

Velo

Les vélos à assistance électrique gagnent aussi en popularité

En 2020, près d’un vélo pour adulte vendu sur quatre (26 %) était à assistance électrique. D’après les données de Vélo Québec, cette part significative du marché porte à 365 000 le nombre de vélos à assistance électrique en circulation, soit 8 % du parc vélo des adultes.

En 2020, près d’un vélo pour adulte vendu sur quatre (26 %) était à assistance électrique.

L’engouement pour ce type de transport est également observé ailleurs dans le monde.

  • Aux États-Unis, il s’est vendu 790 000 vélos électriques en 2021, soit une augmentation de 70 % par rapport à 2020, d’après la Light Electric Vehicle Association.
  • En Allemagne, la vente de vélos à assistance électrique a bondi de 43 % en 2020, d’après l’association Zweirad-Industrie-Verband.
  • En France, il s’est vendu 2,7 millions de vélos en 2020, dont 19 % à assistance électrique selon les chiffres de l’Union Sport & Cycle. Cela représente une hausse de 29 % par rapport à 2019.

Les cyclistes les utilisent pour se déplacer en ville, mais également à des fins récréatives et touristiques. Plusieurs itinéraires et circuits s’adaptent donc aux besoins de cette clientèle. C’est le cas de la Véloroute des Bleuets, dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, le premier circuit électrifié en Amérique du Nord, qui intègre cinq bornes de recharge (les Vélovoûtes) à son itinéraire.

https://youtu.be/vQXGuHK4s-s

Source : veloroutedesbleuets.com

En Colombie-Britannique, le projet « Electrify the Mountains » devrait voir le jour à l’automne 2022 à Kimberley. Il s’agit d’un nouveau circuit de 36 kilomètres conçu spécifiquement pour les vélos à assistance électrique et ceux adaptés aux personnes ayant un handicap. Les sentiers seront plus larges, donc plus accessibles et inclusifs envers tous les cyclistes. Des bornes de recharge solaires seront également disposées sur la piste (ou à proximité). Les instigateurs d’Electrify the Mountains souhaitent voir davantage de projets similaires dans la région de Kootenay. Ils espèrent aussi répondre aux besoins des résidents tout en attirant des touristes.

Le développement de circuits adaptés aux vélos à assistance électrique est relativement nouveau en Amérique du Nord, mais pas en Europe. Cela fait plus d’une décennie que la réflexion et l’intégration du concept se déploient. En 2005, le Réseau de veille en tourisme avait étudié sur place le cas de la Route du cœur dans la région d’Emmental en Suisse. Déjà à ce moment, la route s’étendait sur 55 kilomètres et offrait des bornes de recharge grâce à la participation de partenaires issus de l’industrie touristique. Aujourd’hui, la Route du cœur s’étend sur 705 kilomètres et traverse le pays de Lausanne à Rorschach en treize étapes. Le parcours a intégré le réseau national de la Suisse à vélo et constitue désormais l’un des douze itinéraires adaptés pour les vélos électriques.

Source : terrenature.ch

Les réseaux cyclables continuent à se développer

En Europe, le Schéma EuroVelo compte dix-sept itinéraires qui traversent 42 pays pour un total de 91 500 kilomètres. De ce nombre, 45 000 kilomètres sont déjà complétés. En France, le Schéma national des véloroutes offre 58 itinéraires (dont 10 EuroVelo), ce qui représente 25 670 km de voie cyclable. Il reste 6230 kilomètres d’itinéraires à réaliser pour compléter le projet. La France porte l’ambition de devenir la première destination mondiale du tourisme à vélo d’ici 2030.

Aux États-Unis, le Great American Rail-Trail a officiellement été annoncé en mai 2019. Il s’agit du plus ambitieux projet d’itinéraire cyclable jamais réalisé au pays. Lorsqu’il sera finalisé, le sentier s’étendra sur une distance de plus de 5955 kilomètres à travers 12 États. La route connecte aujourd’hui plus de 145 pistes existantes. Le projet devrait être complété d’ici 2040 et est actuellement achevé à 53 %.

Source: Great American Rail-Trail

Au Québec, la Route verte comptait 5100 kilomètres en 2020. L’expansion prévue dans le Plan d’action 2018-2023 de la Politique de Mobilité durable 2030 du ministère des Transports du gouvernement du Québec est de 900 km, ce qui porterait la distance du réseau à 6200 kilomètres.

Considérant tous les projets de développement cyclable en cours, les (nouveaux) comportements et habitudes qui ont émané de la pandémie ainsi que les enjeux entourant la mobilité durable, il est à parier que le futur du tourisme à vélo aura de beaux jours !

 

Source de l’image à la une : pexels.com

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Destinations Tendances

Vers des villes plus vertes et plus saines

La mobilité durable, le verdissement et les solutions fondées sur la nature pour s’adapter aux changements climatiques, voilà quelques approches envisagées par des urbanistes et autres experts en regard de la ville de demain. 

Verdir, « réensauvager »

Selon un sondage réalisé pour l’organisme canadien Amis des parcs auprès de 3500 Canadiens, les 2/3 ont déclaré avoir passé plus de temps dans les parcs qu’avant la pandémie et 82 % de ceux-ci souhaitent maintenir ce rythme, voire visiter davantage ces lieux après la crise. De plus en plus de villes s’engagent d’ailleurs à créer des espaces verts. Les approches sont diverses et innovantes : aménagement d’une microforêt dans un ancien stationnement, transformation d’un centre commercial en zone humide et en prairie de fleurs, etc.  Plusieurs projets de microforêts sont aussi en cours à Montréal, voici à quoi devrait ressembler celui de la forêt urbaine du concept Le jardin d’Emiliano dans le Quartier des spectacles. 

Source : © Mario + Raquel Peñalosa + Diana Elizalde + WAA Montréal en collaboration avec Vinci Consultats, BES, Pageau Morel, Atomic3 et Les Ateliers Ublo 

Concevoir des parcs d’envergure

Et les projets de parcs urbains ne manquent pas. Certains sont spectaculaires et pourraient bien devenir des icônes. À Paris, la mairie a approuvé les plans de transformation des Champs Élysées en un vaste espace public de 1,9 km combinant verdure, tunnels d’arbres et zones piétonnes tout en réduisant la circulation automobile de moitié. Manhattan aura prochainement sa première « plage ». Le Gansevoort Peninsula consistera en un grand parc donnant accès au fleuve Hudson pour les amateurs de sports de pagaie. Ce développement s’ajoute à de nombreuses autres initiativesle long de ce fleuve. C’est le cas de Little Island, un projet inauguré en mai 2021 et unique en son genre, reconnaissable par sa structure sur piliers érigée sur l’eau.   

Source : Hudson River Park 

Déployer une offre en mobilité douce

Parcs et mobilité douce vont de pair. Les pistes cyclables en milieu urbain se sont multipliées depuis le début de la pandémie. Celles-ci sont fréquentées par les cyclistes traditionnels, mais de plus en plus par les adeptes de véloà assistance électrique. Ces appareils ont raison des côtes, du vent, des longues distances et des obstacles qui freinent souvent l’adoption de la petite reine comme moyen de déplacement. Plusieurs villes, dont Montréal et Québec, proposent maintenant une flotte de vélos électriques en libre-service.   

Selon laNorth American Bikeshare Association, 44 % des systèmes de vélo-partage en Amérique du Nord détenaient des vélos électriques en 2020 comparativement à 28 % l’année d’avant. Le nombre de déplacements avec ces appareils durant l’année 2020 a crû de 7 millions à près de 10 millions alors que l’utilisation des autres modes de transport actifs en libre-service et collectifs a diminué pendant cette même période en raison notamment des confinements. Le fort engouement pour les vélos électriques a incité certaines villes à changer leur flotte de vélo-partage pour n’offrir que ceux à assistance électrique. C’est le cas de Charlotte, en Caroline du Nord et de Madison, au Wisconsin.   

Source : Charlotte Joy Rides 

Promouvoir la ville différemment

La mobilité durable constitue une composante majeure du virage vers un tourisme plus responsable, mais elle n’est pas la seule. Pour inciter les voyageurs à adopter des comportements qui permettront de réduire les émissions de GES du secteur touristique, l’industrie doit leur proposer des options attractives (Tourisme durable en 2022 : l’industrie doit guider le chemin). À cet égard, l’organisation de gestion de la destination (OGD) de Copenhague présente son Sustainability Guide. L’OGD invite les visiteurs à se déplacer à vélo et en transport en commun, mais aussi à choisir des restaurants qui collaborent avec des producteurs locaux, à dormir dans des établissements d’hébergement certifiés écoresponsables, à utiliser les fontaines d’eau publiques plutôt que des bouteilles à usage unique, etc. Le guide en lignedonne des suggestions de comportements responsables à adopter ainsi qu’une liste d’organisations dont l’approche est en phase avec ces principes.   

Source : VisitCopenhagen 

Des villes qui s’engagent à verdir

Quelque 31 maires de grandes villes — dont ceux de Montréal, de Toronto et de Vancouver – on d’ailleurs signé la C40’s Urban Nature Declaration en juillet 2021, démontrant leur engagement à investir massivement dans des projets de verdissement. Ces derniers ont pour but de protéger les environnements urbains des impacts des changements climatiques — comme de créer des milieux permettant d’absorber les précipitations abondantes ou encore de réduire l’effet des îlots de chaleur —, mais aussi d’assurer l’accès à des espaces verts pour tous. Voilà qui contribuera certainement à créer des villes attractives, plus saines et plus résilientes.

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Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Destinations Tendances

Citoyens heureux, ville heureuse

La ville est un écosystème complexe qui fut l’objet de nombreuses conversations durant la pandémie. Le bien-être et la santé de la communauté sont au cœur des discussions. La planification de la ville « 15 minutes », la densification et la dynamisation des rues principales pour créer des milieux de vie de qualité, voilà quelques approches envisagées par des urbanistes et autres experts en regard de la ville de demain.  

Voici des exemples d’initiatives proposées ou déjà en place qui s’inscrivent dans la mouvance des cœurs de collectivités résilients et durables.   

Valoriser les lieux par des commerces identitaires 

Mettre en valeur les commerces indépendants et attrayants constitue l’une des pistes de solutions pour favoriser la vitalité des cœurs de collectivités. La Ville de Lisbonne emprunte cette voie depuis quelques années déjà en choisissant de préserver les entreprises qui contribuent à l’ADN du lieu. L’initiative Lojas Com História (Commerces avec Histoire) vise à protéger les organisations qui participent au dynamisme de la ville par leur valeur historique, commerciale et identitaire. En 2016, des magasins, bars, restaurants, pâtisseries et boulangeries ont été sélectionnés selon une liste de critères préétablis par un comité multidisciplinaire. Ces commerces bénéficient d’une vitrine grâce à une plateforme Web et d’un fonds pour couvrir certaines dépenses.   

Source : Lojas Com História 

La Ville d’Amsterdam, très investie dans une meilleure gestion du tourisme et des flux touristiques, est aussi préoccupée par l’évolution commerciale de ses quartiers centraux. Pour mieux servir les résidents et les voir revenir s’installer au centre, elle aspire à réduire le nombre de boutiques de souvenirs et de commerces d’aliments pour emporter destinés aux touristes (ex. comptoirs à gaufres). À cette fin, les instances municipales ont annoncé en décembre 2021 qu’elles aideraient financièrement les OBNL qui souhaitent acheter ces propriétés pour en faire des commerces à saveur locale qui profiteront aux habitants comme aux visiteurs.   

Rouvrir des cafés pour dynamiser des villages

En France, le programme 1000 cafés vise à redynamiser des villages de moins de 3500 habitants en en offrant des occasions de rencontre qui favorisent les liens sociaux. L’initiative comprend ainsi la création, la réouverture ou la transformation d’un café pour en faire un lieu multiservice où les citoyens peuvent se retrouver tout en se procurant des produits du quotidien. Dans plusieurs des cas, la municipalité joue le rôle de propriétaire du commerce. Dans d’autres cas, elle identifie un propriétaire déjà en place. La Ville agit aussi comme mobilisateur en s’assurant de l’engagement des citoyens dans le projet. L’organisme Groupe SOS investit et accompagne la mairie et la personne qui gèrera le commerce dans la mise en place de l’initiative. Le fonds de commerce de chaque établissement appartient au mouvement 1000 cafés. Mis sur pied en 2019, ce réseau compte à ce jour plus d’une centaine de cafés. L’objectif du programme consiste à créer 1000 cafés dans 1000 villages français.  

Source : Facebook/1000 cafés 

Aménager la ville avec la participation des citoyens

Des villes misent sur le concept de « ville 15 minutes », soit une planification urbaine où les habitants peuvent travailler, magasiner, accéder aux services de santé, d’éducation et de loisirs dans un rayon de 15 minutes de marche ou de vélo. La capitale de la Suède mise plutôt sur la « ville une minute ». Le projet-pilote, qui s’intitule Street Moves, invite les résidents de Stockholm à décider de l’utilisation de leur rue. L’idée consiste à prioriser la mobilité douce et à créer des lieux de rencontre. Les citoyens déterminent la quantité d’espace dédié au stationnement, à la circulation automobile, etc. Le but de cette approche est de repenser toutes les rues de la Suède pour en faire des lieux en santé, durables et vibrants pour 2030.   

Source : ArkDes 

La ville des résidents, d’abord

Qu’adviendra-t-il des tours de bureaux et des commerces avoisinants si la tendance au télétravail se poursuit? Le tourisme d’affaires reprendra-t-il comme avant? Le contexte actuel ne permet pas d’obtenir des réponses claires à ces enjeux.  

Mais dans une optique de développement durable et responsable, l’attractivité touristique des milieux urbains nécessite d’abord l’appropriation de ceux-ci par leurs résidents. Une ville où il fait bon vivre, attirera des entreprises, des voyageurs d’affaires, des congrès et des touristes d’agrément. Qu’il s’agisse de noyaux villageois ou de grands centres, la gestion de cet équilibre s’avère essentielle à la création de milieux résilients.   

Image à la une : George Becker de Pexels

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Tourisme durable

Tourisme durable : comportements et attentes des touristes internationaux

Dans le cadre de son rapport sur les enjeux du tourisme durable, l’Observatoire Valaisan du Tourisme (Tourobs) a mené une grande enquête sur les comportements et les attentes des voyageurs en matière de tourisme durable.  L’enquête a été administrée en ligne auprès d’un panel de 594 répondants provenant de Suisse, d’Allemagne, de France, d’Italie, d’Autriche, de Belgique, des Pays-Bas, de Pologne et des États-Unis. Le choix de l’échantillon étudié a en partie été déterminé sur la base des marchés représentatifs des nuitées hôtelières en Suisse sur la période de janvier 2021 à septembre 2021. La période d’administration du questionnaire s’est étalée du 18 octobre 2021 au 1er novembre 2021.  

La durabilité : un critère considéré dans le choix du voyage

Pour près d’un tiers des répondants (37 %), la durabilité est un aspect considéré parmi d’autres lors de la conception du voyage. Pour 23 %, elle est un critère décisif permettant de départager des offres équivalentes. Une personne sondée sur cinq (20 %) estime que la durabilité est un critère central dans leur choix de voyage. La même proportion déclare, à l’inverse, que la durabilité n’a aucune importance dans sa décision de voyage.

Le site Internet des destinations comme référence d’informations

Pour planifier et/ou réserver un séjour de tourisme durable, le site Web officiel de la ou des destinations (48 %) constitue la source d’informations privilégiée, suivie du site Internet de l’hébergeur (38 %). De manière plus relative, le bouche-à-oreille (34 %) et les sites Web d’agences de voyages en ligne (32 %) représentent également des sources d’informations utiles pour les répondants. En revanche, la consultation de sites Internet spécialisés dans le tourisme durable ne relève pas vraiment d’une démarche spontanée. Seuls 17 % des répondants disent utiliser cette source.   

L’engagement des prestataires touristiques est attendu

Les répondants sont presque unanimes (80 %) sur le fait que l’engagement en développement durable du prestataire touristique constitue une vraie valeur. Nombreux (64 %) seraient disposés à payer davantage pour soutenir les prestataires touristiques qui agissent en ce sens.  

Lorsqu’ils recherchent un hébergement qui s’inscrit dans une démarche de durabilité, les répondants s’attendent d’abord à ce que l’hébergeur mette de l’avant les produits locaux (62 %), ou qu’il prenne des engagements en faveur d’une diminution de ses déchets (57 %). La réduction de la consommation énergétique est également un engagement fort pour la moitié des répondants (51 %). Ces derniers sont en revanche moins sensibles à d’éventuelles initiatives de compensations carbones prises par les hébergements (20 %).  

Une conception du tourisme durable associée à la nature, à la communauté d’accueil et aux aspects énergétiques

Ce qu’associent en premier lieu les répondants au tourisme durable, c’est bien ce qui a trait aux aspects de protection de la nature (64 %). Viennent ensuite le soutien apporté à la région de villégiature (43 %) et les aspects énergétiques (39 %).  

Étonnamment, les éléments qui relèvent des transports sont les moins associés au tourisme durable. Ces aspects ne sont cités que par 20 % des répondants.  

La majorité (77 %) souhaite d’abord pouvoir expérimenter les traditions et l’artisanat locaux durant leur voyage. Les répondants accordent également une grande importance au fait de pouvoir acheter des produits locaux directement chez le producteur (74 %). Profiter du cadre naturel du lieu de vacances est aussi essentiel. En effet, deux tiers (66 %) veulent vivre des expériences avec le monde animal et végétal, sans nuire à la nature.  

Impacts négatifs du tourisme : le patrimoine naturel et culturel à préserver

La dégradation des sites naturels ou culturels est l’une des conséquences du tourisme qui préoccupe le plus les répondants (73 %), devant la surfréquentation des attractions touristiques (72 %) et la pollution atmosphérique (63 %). Bien qu’ils soient concernés directement, l’hostilité des résidents envers les visiteurs est l’une des conséquences dont se soucient le moins les répondants (49 %).  

Une forte proportion de répondants pense que les limitations permettent de protéger des éléments naturels menacés (91 %). Ils sont également majoritairement d’accord avec le fait que les limitations renforcent la qualité de la visite touristique elle-même (88%) et préservent la qualité de vie des autochtones (86%).  

Les avis sont plus nuancés quant aux conséquences des limitations sur l’organisation et l’activité économique. Pour 50 % des répondants, les limitations ne complexifient pas pour autant la gestion des flux touristiques. De même, pour 57 %, elles n’engendrent pas non plus un désintérêt pour le site. Enfin, plus de la moitié (53 %) sont d’accord avec le fait qu’elles limitations nuisent au développement de l’économie touristique.  

La voiture, le train et l’avion comme moyens de transport privilégiés

Le véhicule individuel motorisé est le moyen de transport le plus adopté. Lors de leur dernier séjour, deux tiers (66%) des répondants ont rejoint leur destination en voiture. Ceux qui ont utilisé un autre moyen de transport citent le train (52 %) et l’avion (31 %). Enfin, 56 % déclarent avoir utilisé les transports publics sur leur lieu de vacances.   

La dimension financière reste l’élément décisif pour départager plusieurs modes de déplacement. À même la destination, la majorité déclare privilégier d’abord le mode de déplacement le plus économique (63 %), devant celui le plus rapide (59 %) et celui le plus écologique, cité à hauteur de 40 % par les répondants.  

La réservation d’offres durables encore à la peine

Seul un tiers (34%) des répondants déclare avoir déjà réservé une offre durable. De ceux-ci, plus de la moitié (52 %) en ont déjà fait l’expérience en Suisse, s’agissant surtout de Suisses (44 %).    

La plupart des répondants n’ont jamais rencontré d’obstacles majeurs pour réserver une offre durable (43 %). Ce chiffre s’explique surtout parce qu’une majorité n’a jamais réservé une offre durable. Parmi ceux qui ont été confrontés à des difficultés, 21 % stipulent qu’ils auraient aimé pouvoir réserver une offre durable, mais qu’ils n’ont pas pu le faire, car l’investissement nécessaire pour trouver ce qu’ils cherchaient les a découragés. Un répondant sur cinq (20 %) aurait également réservé une offre durable, mais aucune proposition ne correspondait à leurs attentes. Enfin, 16 % ne sont pas allés jusqu’au bout du processus, car il leur manquait des informations pour évaluer la durabilité des offres de voyages.   

Le frein financier reste le plus important pour près de la moitié des répondants. En effet, 47 % souhaiteraient rendre leurs voyages plus durables si aucun coût supplémentaire n’y était associé. L’incompréhension de l’offre est également perçue comme un obstacle. Le fait d’avoir plus d’informations à ce sujet ou un label de qualité clair les aideraient à rendre leurs voyages plus durables, respectivement à hauteur de 37 % et 32 %.   

Pour obtenir plus de détails à propos de l’enquête de l’Observatoire Valaisan du Tourisme (Tourobs) sur les comportements et les attentes des voyageurs en matière de tourisme durable, nous vous invitons à télécharger le rapport 

Image à la une : Kasuma de Pexels

Cet article a été intégralement rédigé par nos confrères suisses de l’Observatoire Valaisan du Tourisme.

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Tourisme durable en 2022 : l’industrie doit guider le chemin

Des entreprises exemplaires par centaines

Les Nations Unies (ONU) l’ont confirmé à Glasgow en 2021 : pour éviter un réchauffement climatique de 2 degrés, le monde entier doit atteindre le « net zero » (la carboneutralité) d’ici 2050.  

Atteindre globalement la carboneutralité signifie que les forces vives de toutes industries devraient travailler à mesurer leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), à les réduire et à compenser celles qui n’ont pu l’être. L’ONU encourage aussi à mettre en œuvre des méthodes d’absorption du dioxyde de carbone (CO2) déjà présent dans l’atmosphère (carbopositif).  

Selon un rapport de l’Université d’Oxford, les deux tiers des secteurs économiques mondiaux se sont engagés dans un objectif de carboneutralité d’ici 2050. Le tourisme en fait partie, comme le suggère le guide A Net Zero Roadmap for Travel and Tourism du World Travel and Tourism Council, publié en novembre 2021.  

L’initiative Tourism Declares Climate Emergency représente un bon exemple de cette récente mobilisation de l’industrie touristique. Il s’agit d’une coalition d’organisations du secteur qui promettent de publier leurs cibles de réduction au plus tard 12 mois après avoir rejoint le groupe. Ce dernier a été créé le 14 janvier 2020 et compte deux ans plus tard quelque 230 membres à travers le monde. 

Source: Tourism Declares 

En 2021, de grands joueurs comme Booking.com et Bidroom ont, entre autres, incorporé des icônes sur leurs plateformes respectives, indiquant quelles entreprises réduisent et compensent leurs émissions.  

Certification durable Booking.com. Source: Booking.com  

Au Québec, des entreprises comme l’agence de voyages Passion Terre, Contact Nature et le Palais des congrès de Montréal pavent la voie avec des objectifs de réduction d’envergure et des retombées locales mesurables. Ces organisations pionnières en pratiques durables vont mener le bal de la concurrence d’ici 2025, principalement en ce qui concerne l’obtention de financement. 

Déjà, dans la province, la stratégie pour un tourisme responsable et durable 2020-2025 du ministère du Tourisme prévoit « des incitatifs afin que les forfaitistes et les agences de voyages proposent une offre touristique à faible empreinte carbone ».  

Ces signaux indiquent qu’en 2022, le nombre d’entreprises touristiques qui calculeront et réduiront leurs émissions de GES devrait continuer de grimper.  

Des clientèles aux intentions durables, mais réfractaires au changement

D’après une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1 206 voyageurs québécois, 60 % des répondants disent souhaiter voyager de façon plus responsable et un répondant sur deux affirme être prêt à modifier ses habitudes de voyage, si cela peut aider à réduire son empreinte carbone. Par contre, seul le quart se sent prêt à payer des frais additionnels pour compenser ses émissions de GES, une proportion non négligeable, mais encore faible.  

Les entreprises touristiques qui génèrent des retombées locales, ou qui ont des politiques d’approvisionnement local, se voient accorder par les voyageurs un certain avantage concurrentiel. Selon les données colligées par la Chaire, pour un même prix et pour une prestation de service touristique similaire, près d’un répondant sur deux privilégierait les entreprises qui s’affichent comme telles. Celles qui réduisent leurs déchets ou qui sont impliquées dans la protection et la préservation de la faune et de la flore se distinguent également positivement, les voyageurs accordant aussi à ces pratiques une importance certaine. 

La sensibilisation influence les actions

La popularité limitée de la compensation carbone (voir infographie précédente) se justifie fort probablement par un manque de compréhension de cette notion. En effet, en réponse à une autre question du sondage qui présente une liste de cinq concepts reliés au tourisme durable, la compensation carbone demeure celui que les répondants connaissent le moins, avec seulement 25 % d’entre eux qui se disent assez à l’aise et 8 %, tout à fait à l’aise de l’expliquer. Cela dit, ces derniers sont significativement plus enclins à payer des frais additionnels pour compenser les émissions liées à leur voyage, comparativement à ceux qui n’y sont pas familiers (40 % c. 17 %). Sans surprise, ils sont aussi plus nombreux à avoir déjà compensé leurs émissions (17 % c. 7 %).  

Malgré tout, plusieurs perceptions freinent l’adhésion à des pratiques de voyage durables et responsables. L’impression que les coûts sont plus élevés représente de loin la plus forte résistance aux choix écoresponsables, et ce, pour les deux tiers des répondants. La perception d’une offre lacunaire en matière d’options durables, ainsi qu’un manque de connaissance des principes de base, sont des préoccupations de second ordre, mais qui demeurent toutefois répandues (chez 41 % des répondants).  

Fait intéressant, les répondants qui ne se considèrent pas freinés par des coûts plus élevés sont aussi d’avis qu’il y a un manque d’offre. Ainsi, même les voyageurs québécois qui seraient prêts à payer pour des options durables conservent pour certains l’impression que la sélection demeure limitée.  

Transparence et informations claires

Les voyageurs québécois accordent de l’importance aux retombées locales, mais en connaissent peu sur la compensation carbone et sur l’offre réelle en tourisme durable. Ces obstacles rappellent l’importance de communiquer ses pratiques et leurs impacts potentiels dans un langage clair, voire pédagogique. Par exemple, Google Flights a commencé l’an dernier à informer sa clientèle sur les émissions de GES des vols en une seule étiquette, juxtaposée au prix du billet. Cliquer sur le libellé fait apparaître une comparaison toute simple avec les GES produits en moyenne pour un trajet semblable. Les estimations d’émissions tiennent compte de l’origine et de la destination du vol, du type d’appareil et du nombre de sièges dans chaque classe. 

Source: Google Flights 

Compenser peut favoriser des retombées locales positives

Comme le premier domino d’une rangée, inclure le montant de la compensation des émissions directement dans le prix, tel que le fait l’agence québécoise Karavanier depuis 2008, peut générer des retombées locales positives. Par exemple, le Fonds Plein air 1 % pour la planète a redonné 45 000 $ à des organismes québécois de protection de la faune et des écosystèmes. Les entreprises membres d’Aventure Écotourisme Québec (dont Karavanier) y participent en reversant 1 % de leur chiffre d’affaires. Ce programme compte 19 inscrits depuis sa création en 2020. D’autres exemples de la sorte s’observaient à l’international en 2021, comme la nouvelle initiative de compensation de Key Travel et Expedia. 

Ainsi, suivant les objectifs de développement durable des Nations Unies, les tendances des grands joueurs et les attentes des voyageurs québécois, les entreprises qui se démarqueront en 2022 seront celles qui calculeront et réduiront leurs émissions de GES, qui miseront sur les retombées locales et qui communiqueront leurs pratiques dans le but de faciliter la recherche d’options durables pour la clientèle.  

Les informations clés comme la quantité de carbone émis par l’organisation et par les visiteurs, les retombées sociales et environnementales des activités et les actions priorisées pour les générer seront convoitées par les voyageurs québécois.    

Saurez-vous leur montrer le chemin? 

Image à la une : Unsplash

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Tourisme durable en 2022 : l’industrie mènera le bal

Du côté des clientèles, d’après une enquête en ligne menée par la Chaire de tourisme Transat du 1er au 6 décembre 2021 auprès de 1206 voyageurs québécois, environ un répondant sur quatre : 

– vérifie parfois, souvent ou en tout temps si les prestataires de services touristiques affichent une certification environnementale ; 

 

 

– est prêt à payer des frais additionnels pour compenser ses émissions de carbone ; 

– a déjà choisi un hébergement ou un attrait en raison de son orientation durable ou responsable ; 

– a déjà limité ses déplacements touristiques pour des raisons environnementales. 

Ces chiffres démontrent que l’écoresponsabilité n’est pas encore prise en compte à grande échelle chez les voyageurs québécois lors de leurs séjours d’agrément. Pourtant, une majorité de répondants (60 %) déclarent qu’ils souhaitent voyager de façon plus responsable.  

Mais alors pourquoi seuls 25 % des sondés semblent-ils mettre en pratique ces principes ? Serait-ce le manque d’offres en tourisme durable qui constitue le principal frein à la réalisation de ce type de séjour ? 

Beaucoup de petits et de grands joueurs, comme le voyagiste québécois Passion TerreGoogle Flight et Booking.com, ont compris cette lacune en 2021 et proposent plus d’options responsables et d’informations sur leurs plateformes. Ainsi, comme le dévoile le rapport d’Oxford, c’est l’industrie qui doit mener le bal du tourisme durable. 

Image à la une : DDP de Unsplash