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L’été, ça bouge au pied des pistes!

L’explosion de l’offre en toutes saisons

Le développement d’une offre estivale dans les stations de ski ne date pas d’hier. Elle permet d’exploiter plus efficacement les infrastructures déjà en place, de créer des centres de profit additionnels, de fidéliser la clientèle et de stimuler l’économie locale; ce qui est tout à fait favorable à moyen et à long termes.

L’impact des changements climatiques et l’évolution du comportement des consommateurs, qui cherchent désormais à pratiquer diverses activités, créent des courbes de fréquentation en dents de scie dans les stations. Des stratégies sont mises de l’avant pour contrer ces tendances lourdes; la diversification des activités en hiver et en été en fait partie. Une étude présentée par RRC Associates, dont les résultats ont été présentés en mai 2014 au congrès de la National Ski Area Association (NSAA) – le regroupement des stations de ski américaines –, révèle que:

  • 84% des 107 stations répondantes proposent une offre estivale ou annuelle (quatre saisons);
  • en moyenne, chacune de ces stations a reçu 52 500 visiteurs à l’été 2013;
  • la fréquentation a crû en moyenne de 37% au cours des 5 dernières années;
  • les activités de mai à octobre représentent environ 11% des revenus annuels;
  • les attractions qui, de l’avis des gestionnaires des stations, remportent le plus grand succès financier sont la luge alpine, le parc aquatique et la montagne russe (voir le graphique 1).

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Diversifiez, diversifiez qu’ils disaient!

On observe de plus en plus de développements de parcs d’attractions, aquatiques ou autre, à même la montagne. Ces infrastructures nécessitent de gros investissements et la proximité d’un marché de masse. De plus, elles impliquent de devoir renouveler le produit pour maintenir l’intérêt et assurer une fréquentation qui rentabilisera les actifs. Aux États-Unis, la prolifération de ces parcs amène des experts à se questionner sur le point de saturation de cette offre.

Néanmoins, il existe d’autres moyens de susciter l’intérêt, et à moindre coût. La clé du succès réside souvent dans une programmation variée. La créativité des organisateurs et l’enthousiasme du personnel doivent être au rendez-vous. Les activités peuvent être organisées à partir des installations existantes ou d’aménagements temporaires, ou encore n’impliquer que de petits investissements.

L’aventure extrême et douce

Le tourisme d’aventure et les expériences qui procurent des sensations fortes s’inscrivent dans les tendances à la hausse. Les parcours d’aventure dans les arbres, les tyroliennes et les murs d’escalade se multiplient dans les stations de ski. Les courses d’aventure extrême comme Tough Mudder ou Mud Hero sont aussi très populaires; des stations québécoises en accueillent depuis quelques années.

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Mud Hero 2013 à Ski Saint-Bruno – Source: 2013 Ryder Photography

La randonnée pédestre est une activité indémodable qui peut être renouvelée par des événements thématiques ou par l’offre de variantes originales. Les circuits de promenade à pieds nus se développent en France, notamment à la Ferme Aventure, dans les Vosges. Les randonneurs marchent sur des roches, des feuilles, dans l’herbe et même dans la boue. Cette activité familiale remporte beaucoup de succès, surtout auprès des enfants. En Savoie, on peut aussi faire de la randonnée aquatique: en compagnie d’un guide accompagnateur, les marcheurs remontent des torrents par petits groupes.

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Source: La ferme aventure

Le vélo

Le vélo de montagne est l’activité de prédilection en dehors de la saison de ski pour un grand nombre de stations. La NSAA et l’International Mountain Bicycling Association (IMBA) ont d’ailleurs signé une entente, il y a quelques années, afin d’outiller les stations pour le développement et la promotion de cette offre.

La Ville de Steamboat Springs, au Colorado, va plus loin. Alors que son offre hivernale et son image de marque sont bien reconnues et constituent même une marque déposée − Steamboat Ski Town, USAÒ -, elle souhaite en faire autant l’été avec Steamboat Bike Town USAÒ. Regroupant plusieurs partenaires de la communauté, dont la station de ski, cette organisation a pris l’engagement de faire de la région LA destination vélo des États-Unis (The Ultimate Destination for Cycling Experiences). Elle ne s’arrête pas au vélo de montagne : son site Web propose des circuits de vélo de route, de ville, BMX, freeride, etc.

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Source: Bike town USA

Les séjours d’apprentissage

Non exclusifs aux milieux montagneux, les séjours qui combinent plein air et apprentissage peuvent aussi contribuer à diversifier l’offre et à attirer une nouvelle clientèle. L’office du tourisme du Massachusetts, par exemple, propose des learning adventures: la cuisine avec un chef, les rudiments de la sculpture, de la soudure, du soufflage de verre ou encore la familiarisation avec l’apiculture ou la conception de fromages. Dans le Maine, une auberge et une école d’ébénisterie collaborent pour offrir aux voyageurs des ateliers de fabrication de traîneau. Faire appel aux ressources locales et aux spécialités régionales constitue un atout attractif.

L’animation urbaine au village

Les petites villes et les villages ont la cote depuis quelques années. Les voyageurs cherchent des expériences authentiques dans des milieux de vie ayant de la personnalité. Le magazine Travel & Leisure a demandé à ses lecteurs d’indiquer leur village favori. Les gens étaient ensuite appelés à voter sur plusieurs aspects, dont la présence de musées, de marchés agricoles, d’activités de plein air et d’hébergements pour accueillir les familles. Cinq des vingt municipalités retenues sont des destinations de ski. Les communautés d’Aspen, d’Estes Park et de Telluride, toutes au Colorado, ainsi que de Stowe (Vermont) et de Park City (Utah) attirent par leur dynamisme, leur scène culturelle, mais aussi par leur offre culinaire, leurs spécialités, qu’il s’agisse de microbrasseries ou de productions vinicoles, et par l’animation de leur centre-ville.

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Telluride Mountain Film Festival – Source: Mountain Film

S’adapter

L’offre estivale se développe dans un nombre grandissant de stations; elle devient donc de plus en plus compétitive. Pour tirer leur épingle du jeu, les stations devront faire comme en hiver: s’adapter aux comportements changeants des consommateurs, aux tendances touristiques et aux préférences en matière de loisirs, mais aussi demeurer fidèles à leur image de marque et à leur positionnement.

 

– Image à la une: Aspen, © Jeremy Swanson

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Initiatives paysagères inspirantes

Les Urbainculteurs

L’agriculture urbaine se développe sous de multiples formes. L’organisme de Québec les Urbainculteurs aménage des potagers pour les entreprises et à l’occasion d’événements. Par souci environnemental et pour favoriser la consommation de produits frais sans ingrédient chimique, les Urbainculteurs trouvent des solutions pour cultiver en ville. Des hôtels, des restaurants, des festivals, des centres de congrès et même le parlement ont eu recours à leurs services. Dans certains cas, ces potagers fournissent les cuisines de ces organisations en légumes et en fines herbes tout en réduisant notamment l’approvisionnement en aliments ayant parcouru de longues distances.

L’Hôtel du Vieux-Québec

Le toit de l’Hôtel du Vieux-Québec est bien garni. Les Urbainculteurs y ont aménagé et entretiennent un potager auquel ils ont ajouté, en 2011, deux ruches. En plus de produire de belles récoltes, partagées entre le directeur, les employés et un restaurant partenaire, le toit vert permet de conserver la fraîcheur du bâtiment en été et de capter les eaux de pluie.

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© Urbainculteurs

L’Auberge Place d’Armes de Québec

Donnant sur un petit toit plat, deux chambres de l’Auberge Place d’Armes, dans le Vieux-Québec, offrent désormais à ses occupants une vue sur un jardin fleuri. Quelques plantes bien choisies pour pousser à l’ombre donnent de l’attrait à ces chambres.

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© Urbainculteurs

Les Francofolies et le Festival International de Jazz de Montréal 

Certains kiosques de l’édition 2013 des Francofolies et du Festival International de Jazz de Montréal comportaient des aménagements de plantes comestibles, même des arbres fruitiers! Des fines herbes, des plants de laitue, de poireau ou encore des fleurs comestibles ont remplacé les traditionnelles boîtes fleuries. L’un des objectifs de ce changement était de sensibiliser les festivaliers au jardinage et à l’agriculture urbaine.

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© Urbainculteurs

Sortir l’art des musées

Le festival Art souterrain, à Montréal, a pour mission de démocratiser l’art contemporain en l’unissant au patrimoine culturel souterrain. En mars 2014, le Montréal souterrain a accueilli 93 projets d’art, créant ainsi un circuit accessible gratuitement, intégré au quotidien des gens et offrant une vitrine élargie aux artistes. De plus, cet événement anime un réseau piétonnier aux nombreuses ramifications où défile un très grand nombre de personnes. Le paysage du Montréal souterrain offre de belles possibilités aux artistes.

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© SAMLERENARD MMXIII

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© Érick Duhagon

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© SAMLERENARD MMXIII

Créer des espaces rassembleurs

L’entreprise Design par Judith Portier propose des aménagements événementiels hors de l’ordinaire. La création, l’innovation et l’esprit de communauté sont au cœur des designs de cette firme.

Le Conteneur des sucres

Le Conteneur des sucres, une cabane à sucre urbaine située dans le quartier Verdun, à Montréal, propose non seulement des produits de l’érable, mais aussi des spécialités gourmandes du quartier, le temps de deux week-ends du mois de mars. Lorsque le conteneur ouvre ses portes et déploie ses nappes et ses coussins à carreaux sur les marches de l’église, la fête commence. La vidéo ci-dessous donne un aperçu de l’événement.

 

Le quartier de Noël

Dans la même veine, l’entreprise crée depuis deux ans le quartier de Noël, toujours à Verdun. C’est à l’aide de trois conteneurs judicieusement aménagés – vente de sapins, emballage de cadeaux et atelier du père Noël – que la magie opère. L’arrivée des conteneurs, avant même leur ouverture, provoque une frénésie dans le secteur.

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© Design par Judith Portier

Recycler le patrimoine industriel

L’architecte paysagiste et urbaniste Tilman Latz a pris part à plusieurs projets de requalification de sites industriels. Le Parco Dora, à Turin, une réalisation de la firme Latz + Partner, est un bon exemple de recyclage d’un tel site. Toujours présentes, les structures sont désormais multifonctionnelles. Le mélange de l’acier et de la végétation crée une ambiance urbaine tout en rappelant le passé industriel de la ville. Ce parc est aujourd’hui très fréquenté et les anciennes installations accueillent des événements très variés, qu’il s’agisse de spectacles rock ou de célébrations religieuses. Comme le souligne M. Latz, plutôt que de tout raser et de créer un parc de toutes pièces, les projets de requalification et de recyclage du patrimoine s’avèrent souvent plus significatifs pour les résidents et peuvent devenir des attraits touristiques.

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©  Heidemarie Niemann et ©  Andrea Serra

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© La Stampa

Un projet porteur: Plan paysage de la route 138

Mettre en valeur les paysages nécessite l’engagement et la persévérance de la communauté et des autorités locales. Les MRC de la Côte-de-Beaupré, de Charlevoix et de Charlevoix-Est se sont unies en 2009 pour créer la Table de concertation sur les paysages. Parmi les travaux de ce regroupement, on compte le Plan paysage de la route 138, qui consiste notamment à établir un concept de signature artistique, à donner des pistes de design et des paramètres d’aménagement pour orienter les interventions futures. Ce concept est celui de l’«éloge de la lenteur».  

Le plan, réalisé par le Groupe IBI/DAA, cible neuf secteurs pour lesquels on compte mettre en valeur le paysage. Par exemple, dans le secteur Clermont-La-Malbaie, on suggère d’améliorer la signalétique urbaine, d’aménager une halte à Clermont, de planter une bande d’arbustes dans le secteur commercial et industriel et de reconfigurer le pont de la rivière Malbaie afin de mieux intégrer la circulation des piétons et des cyclistes. Le Plan rassemble beaucoup d’informations concrètes qui pourraient certainement contribuer à faire de la route 138, dans Charlevoix, un parcours touristique enrichi, où les visiteurs auront envie de s’arrêter.

Une image identitaire

Comme l’indiquait Michel Zins de la firme Zins Beauchesnes et associés lors du congrès de l’AAPQ, l’idée n’est pas de créer un environnement esthétique qui est déconnecté de son contexte, mais plutôt des lieux caractéristiques de la destination. Le voyageur cherche des paysages uniques, identitaires, des images distinctives qui forgeront ses souvenirs.

 

Image à la une : © Urbainculteurs

 

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Gestion Produits et activités

Festivals et municipalités: un mariage de raison

 

Situation amoureuse: en couple

Pour Luce Proulx, de SATQ-FEQ, les liens entre les festivals et les municipalités du Québec peuvent être abordés comme une relation de couple. Dans le cas d’une relation en harmonie:

  • le milieu municipal est impliqué et participe à la tenue de l’événement;
  • les citoyens s’investissent et développent un sentiment d’appartenance vis-à-vis du festival;
  • la communauté locale bénéficie de retombées économiques et sociales directes.

À l’inverse, si la relation est tumultueuse:

  • les organes municipaux sont désengagés;
  • les citoyens tentent de freiner la tenue de l’événement;
  • les organisateurs peinent à recruter des bénévoles;
  • les impacts locaux sont plus négatifs que positifs (nuisances, problèmes de sécurité, etc.).

Le soutien que les villes manifestent aux festivals est généralement circonscrit dans une politique ou un programme déterminés, et peut prendre différentes formes: aide financière, appui technique, prêt de matériel ou de locaux, contribution en services (police, signalisation, etc.). À titre d’exemple, en 2011, les municipalités du Québec ont dépensé en moyenne 220 000$ pour les foires et les expositions, les investissements variant de 24$ à 18,2 millions de dollars en fonction de l’agglomération.

Si les élus s’investissent dans une relation avec les festivals, c’est qu’en échange, leur contribution au bien-être des individus et des communautés locales est significative. Un sondage de SATQ-FEQ souligne ce constat:

  • 60% des Québécois ont assisté à au moins un événement de leur région entre 2010 et 2012;
  • 62% des événements sont impliqués dans des instances de développement économique locales;
  • 79% favorisent concrètement la participation et l’interaction sociale;
  • 79% sensibilisent les participants aux saines habitudes de vie;
  • 83% font appel à des fournisseurs locaux;
  • 33% utilisent un programme d’employabilité pour le recrutement.

Globalement, la nature des retombées d’un festival dépend des pratiques et des valeurs qui constituent le fondement de la relation entre les organisateurs et la municipalité.

Le point de vue d’un festival…

Pendant l’atelier, Malika Bajjaje et Jean-Charles Doyon, respectivement présidente et directeur général du Festival des traditions du monde de Sherbrooke, partageaient leur vision sur les partenariats à établir avec sa municipalité.

Prenant place dans la troisième ville accueillant le plus d’immigrants au Québec, le Festival des traditions de monde de Sherbrooke tend à dresser un tableau vivant des réalités vécues par la population à travers trois dimensions:

  • culturelle, par l’intégration et l’implication des différentes communautés à la programmation;
  • sociale, grâce à la gratuité d’accès au site et à la participation des minorités (conseil d’administration, bénévolat, emplois);
  • économique, en faisant appel à des artistes, des commerçants, des artisans et des chefs locaux.

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Source: Festival des traditions du monde de Sherbrooke

De fait, en reflétant l’identité de la communauté locale, le festival participe au rayonnement de Sherbrooke, favorise le dynamisme social et entraîne le développement d’un sentiment d’appartenance chez les habitants. Les retombées constatées ajoutent une dimension politique à l’événement, ce qui favorise l’établissement d’ententes avec la municipalité.

Voici quelques conseils pour optimiser la relation avec les instances politiques locales:

  • Faire connaître son événement aux élus: Il est essentiel de leur présenter le festival, d’expliquer l’objectif des organisateurs et de délimiter le public visé. Cette entrée en matière permet de tisser des liens dans une optique de prise de décisions communes.
  • Faire preuve de bonne volonté: Les organisateurs doivent lancer une campagne de séduction auprès des élus en se montrant coopérants et transparents (présentation du rapport annuel, des résultats, des partenaires, etc.).
  • Se positionner comme une occasion de visibilité: En laissant une tribune aux instances municipales pendant les conférences de presse et les diverses activités de l’événement, les organisateurs facilitent l’appropriation et le sentiment d’appartenance des élus envers la manifestation.
  • Établir une relation pérenne: Après la tenue du festival, il est important d’assurer un suivi avec la municipalité en remerciant les autorités qui se sont impliquées, en réfléchissant conjointement aux possibilités de croissance du festival et en veillant à formaliser les liens établis pour assurer leur longévité.                          

Finalement, une collaboration saine entre un festival et une municipalité permet aux deux parties d’avancer ensemble au service de la population, de véhiculer un message de cohésion et de créer une synergie favorable au rayonnement du territoire.

… et d’une municipalité

Si les festivals doivent justifier leur pertinence par rapport aux objectifs de développement municipaux, les villes cherchent à démontrer que leur intervention est essentielle pour optimiser les effets positifs d’un événement. Éric Boily, de la Ville de Gatineau, présentait son approche en tant que chef de la division Fêtes et festivals.

La mission de la Ville de Gatineau consiste à se positionner comme chef de file dans le domaine des fêtes, festivals et événements en favorisant le développement de partenariats et en offrant un soutien de nature financière, technique ou professionnelle aux manifestations locales, qu’elles soient en démarrage ou déjà bien établies.

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Source: Ville de Gatineau

Les critères d’évaluation mis en place pour la sélection des dossiers admissibles sont révélateurs des attentes municipales. Les candidats doivent montrer que leur événement:

  • permet de développer une nouvelle clientèle (10%);
  • bénéficie d’un rayonnement et peut en faire profiter la ville (20%);
  • engendre des retombées touristiques et économiques (20%);
  • démontre du professionnalisme et soigne la qualité de son offre globale (20%);
  • favorise une synergie avec le milieu (10%);
  • réalise des actions en faveur du développement durable (10%);
  • maintient une certaine autonomie par rapport au soutien financier municipal (10%).

Les attentes municipales relèvent des champs social et économique. En effet, les élus cherchent à développer une forte culture du partenariat et à maintenir le dynamisme engendré par un festival au-delà de la durée de l’événement, afin de modeler l’image de la ville, tant pour les touristes que pour les résidents.

Si le chemin d’un partenariat entre les municipalités et les festivals peut paraître ardu, il est néanmoins nécessaire pour qui veut s’assurer de la pérennité d’un projet événementiel et favoriser l’adhésion de la population.

 

Image à la une: © Ville de Gatineau

 

Commentaires d’Éric Boily

Les municipalités reconnaissent généralement l’importance des festivals et événements, qui constituent un secteur dynamique de leur économie locale tout en ayant une indéniable incidence sur la qualité de vie de leurs citoyens.

Voilà selon nous une bonne nouvelle, car si un projet, quel qu’il soit, n’est pas accueilli dans un terreau fertile localement, un promoteur a bien peu de chances de voir son initiative prendre racine et encore moins d’en assurer la pérennité.

Les municipalités ont par ailleurs tout intérêt à développer des relations porteuses avec les organisateurs d’événements. Ce faisant, elles favorisent en effet l’activité événementielle, laquelle constitue une vitrine extraordinaire pour le dynamisme et l’identité d’un milieu. C’est un outil de rayonnement de la culture qui consolide le sentiment de fierté et d’appartenance des citoyens tout en contribuant à façonner la perception que l’on aura d’une ville.

Les plus grands événements ont des effets structurants sur leur milieu, notamment grâce à la création d’entreprises et au développement d’un savoir-faire permettant une professionnalisation du milieu événementiel. Mais plus encore, des événements de tout type et de toute taille – soit une offre festive forte, diversifiée et de qualité – favorisent l’identification et l’adhésion du citoyen à son milieu. Cette offre répond à son besoin d’assister à des manifestations culturelles et événementielles signifiantes, en plus de faire d’une ville une destination conviviale pour les visiteurs. Les festivals et événements donnent un sens à une ville, la rendent attrayante et permettent à la population de se l’approprier autrement, par des spectacles accessibles, à tarification modulée, et avec des infrastructures adaptées.

À notre avis, le rôle de la municipalité dans son partenariat avec les intervenants du milieu est de stimuler le paysage événementiel en favorisant le partage d’expertises, en soutenant la création et le développement de créneaux déterminés dans lesquels elle souhaite se démarquer de façon concrète par rapport aux autres régions et marchés du Québec et du pays, selon les réalités régionales qui la caractérisent.

La concertation avec les acteurs du développement, notamment, sur les plans touristique et économique, le Centre local de développement (CLD), l’Association touristique régionale (ATR), la Chambre de commerce et la Conférence des élus (CRÉ), permet une meilleure planification et une plus grande cohérence du développement et du soutien aux événements.

La concertation et le partenariat sont deux éléments essentiels favorisant une démarche commune et complémentaire des partenaires associatifs et corporatifs dans leur soutien aux festivals et événements. Une approche proactive participe à l’élargissement des frontières, facilite la réalisation de partenariats novateurs, et aide à diversifier la base du financement pour la consolidation et le développement d’événements majeurs sur le territoire d’une ville.

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Ailleurs dans le monde Technologies

L’événement SXSW: la démesure inspirante !

 

South by Southwest (SXSW) Music, Film & Interactive rassemble pendant 10 jours à Austin (Texas) la communauté internationale autour d’une avalanche de conférences et d’événements musicaux et cinématographiques. SXSW génère 56 000 nuitées dans les hôtels désignés à proximité du festival. Il n’est pas facile de résumer SXSW, mais voici quelques caractéristiques de l’événement.

 

SXSW en quelques chiffres (2013)

Volet interactif

  • 1800 conférenciers, 1034 conférences, panels et plus de 30 000 délégués (57 pays différents)
  • 3000 personnes enregistrées comme média
  • 15 lieux différents de conférence au centre-ville, dont deux centres de congrès
  • Une compétition pour entreprises startup (71) ayant permis d’accumuler 500 millions de USD
  • Des conférenciers d’envergure (ex.: Chelsea Clinton, Eric Schmidt (Google), Julian Assange, Edward Snowden, Neil Young, Kevin Bacon)

Volet musique

  • 2278 prestations de musique, dont 597 de 55 pays différents
  • 721 conférenciers et 25 000 délégués
  • Audience dans les salles durant 3 jours: 57 000
  • 3000 personnes enregistrées comme média

Volet film

  • 133 longs métrages (110 courts métrages) présentés, dont 78 premières mondiales
  • 486 conférenciers et 16 000 délégués
  • Audience dans les salles: 75 000
  • 2000 personnes enregistrées comme média

S’ajoute à cette liste impressionnante les conférences éducatives (4300 participants) ainsi que les expositions Gaming (40 000 participants), équipements de musique (20 000 participants) et Flatstock 29 Poster Show (27 000 participants).  

Les visiteurs sont transportés par deux réseaux d’autobus, un premier (photo) responsable de véhiculer les festivaliers d’un lieu de conférence à l’autre avec trois circuits distincts sillonnant régulièrement le centre-ville. Un deuxième réseau est divisé en quatre grands secteurs géographiques et se charge de relier les participants entre les hôtels périphériques et le centre-ville.

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190 millions USD l’impact économique de SXSW pour la ville

Ces quelques chiffres permettent de saisir l’ampleur du phénomène et de comprendre que la ville devient complètement dédiée à ce happening. La firme Greyhill Advisors estime à 190 millions USD l’impact économique de SXSW pour la ville. La couverture médiatique est, quant à elle, évaluée à une valeur de 34 millions USD.

Un foyer d’innovation

On n’improvise évidemment pas un événement de cette ampleur et l’objectif n’est pas de tenter de reproduire SXSW. Ce dernier est néanmoins le théâtre d’une grande créativité et de remise en cause qui peuvent procurer une inspiration pour n’importe quel secteur d’activités. À l’échelle du Québec, cette inspiration peut se décliner sous deux facettes:

  1. Diverses idées organisationnelles ou créatives pouvant inspirer certains événements, attraits ou destinations touristiques.
  2. Pertinence d’amorcer une réflexion à propos de la création d’un moment et d’un lieu de convergence des forces vives qu’une ville pourrait offrir grâce à une nouvelle synergie alliant événementiel et contenu durant une période de temps concentrée. Par exemple, les festivités du 375e de Montréal pourraient servir de tremplin à de telles idées.

Voici quelques exemples des innovations observées à l’occasion de la session Interactive.

Austin Food Carts

La présence d’un aussi fort achalandage au centre-ville durant SXSW occasionne un déséquilibre entre l’offre et la demande en matière de restauration. Pour y remédier, on retrouve en périphérie une forte concentration de bouffe de rue. Les visiteurs peuvent se servir de l’application Austin Food Carts qui permet de retrouver facilement ces options alimentaires, tant par nom que par type de nourriture ou par distance de localisation.

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Bornes de rechargement

Les outils technologiques jouent un rôle prépondérant dans une conférence de grande envergure ou à saveur technologique. À SXSW, le téléphone intelligent est souvent accompagné d’une tablette ou d’un ordinateur portable. La présence d’une station de recharge commanditée par Chevrolet et munie de tous les fils de branchement nécessaires s’avère une belle valeur ajoutée pour le délégué dans le besoin de procurer un deuxième souffle à l’un de ses appareils. Il s’agit par ailleurs d’une occasion additionnelle d’effectuer du réseautage.

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Des résumés imagés

Les organisateurs de SXSW se sont servis de l’adage «une image vaut mille mots» pour donner un autre visage à l’événement. Un artiste avait la responsabilité de mettre en image les grandes lignes dégagées par chacune des conférences majeures. Ces illustrations très artistiques, accompagnées des mots-clés, étaient ensuite disposées dans le hall central de manière à capter l’attention de tous.

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Courriel du matin aux délégués

Dès les premières heures de la journée, les délégués recevaient un courriel visant à rappeler les principales activités de la journée et pour les aviser de changements et nouveautés. Cette procédure simple et efficace permet à tous d’être au même niveau et peut servir d’outil de référence durant la journée.

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Panneau de renseignement interactif

Probablement situé au croisement du gadget technologique et du nouveau standard futuriste, la signalétique interactive et mobile a capté l’attention à SXSW. Un petit panneau permet de sélectionner le type d’information recherchée (ex.: salles de conférence, restaurants, attraits, etc.). Les indications s’activent ensuite pour afficher les bons énoncés et pointer vers les bonnes directions.

Application SXSW

L’application développée pour SXSW constitue une bonne référence en la matière. Elle permet de voir des lieux géolocalisés, d’entrer en contact avec d’autres participants, de consulter les descriptions des sessions, d’actualiser les sélections personnelles, etc. Une fois le profil de l’utilisateur créé, les informations sont synchronisées entre le site de SXSW et l’application. Pour un événement de cette envergure, il s’agit d’un outil d’aide à la planification indispensable.

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La première année du festival interactif en 1994 réunissait à peine quelques centaines de passionnés d’informatique. L’attrait de l’événement était avant tout lié à son côté créatif et ponctué de surprises. En l’absence de formalité, il s’est rapidement imposé une culture particulière dictée par l’aura d’une ville très libérale et festive. Plusieurs se sont laissés charmés par cette ambiance distincte se démarquant des conférences de haut niveau où les «milliardaires conversent avec les millionnaires». Ici c’est davantage un Web designer qui parle à un gestionnaire marketing. La trame événementielle omniprésente accentue les opportunités d’y faire du réseautage à une échelle humaine, loin des séances planifiées que l’on voit dans les événements professionnels habituels.

Au-delà des chiffres, on remarque une tendance omniprésente du besoin de se ressourcer dans d’autres secteurs d’activités, afin de prendre connaissance d’idées innovantes. Tout comme l’industrie pharmaceutique s’inspire de celle de l’automobile, le tourisme gagne à davantage s’inspirer d’autres secteurs ou à ouvrir ses horizons.

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Produits et activités

Le tourisme hivernal se réinvente!

Des activités hivernales qui se démarquent

Le snowga

Le snowga combine les postures et techniques de respiration du yoga avec la pratique de sports d’hiver (ski de fond, raquette, etc.). Ayant pour but de calmer le corps et l’esprit avant l’activité exercée, cette nouvelle pratique présente aussi l’avantage de faire découvrir le yoga à un nouveau segment de clientèle. Amenant le concept à un autre niveau, l’entreprise Yogachelan, dans l’État de Washington, souhaite proposer au cours de la prochaine année un forfait qui combinerait le yoga, la raquette et la visite des vignobles locaux.

Le vélo de montagne des neiges

Profitant de la popularité du fat bike, ces vélos équipés de larges pneus permettant aux amateurs de s’aventurer dans des sentiers enneigés et sur le sable, certaines destinations ont développé une offre cycliste hivernale. L’organisme Teton Mountain Bike Tours, dans le Wyoming, propose par exemple des randonnées de vélo des neiges dans les parcs nationaux de la région. Accompagnés d’un guide, les participants peuvent combiner leur parcours avec certaines activités d’interprétation de la faune ainsi qu’un repas à saveur locale. Pour sa part, la station de Val Thorens, en France, pousse cette pratique à l’extrême : le vélo sur neige en descente, réservé aux cyclistes plus expérimentés, nécessite là encore que les participants soient accompagnés d’un guide.

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De nouvelles façons de dévaler les pentes!

Chaque année, de nouvelles activités nous font vivre des expériences de glisse différentes dans les stations de montagne. Les gestionnaires misent principalement sur ce genre de produit afin de différencier leur offre par rapport aux concurrents. Yooner, ski biking, Ktrack ou 3ski, les exemples sont nombreux!

Le Yukigassen

Le Yukigassen est un jeu japonais dont l’objectif est d’éliminer l’équipe adverse à l’aide de boules de neige ou de capturer leur drapeau. Pratiqué de façon professionnelle au Japon, il est maintenant développé comme activité ludique dans les stations de montagne à travers le monde. Peu importe l’âge ou le niveau d’habileté, tous peuvent maintenant participer à ce genre d’événement. Le Canada compte d’ailleurs un organisme directeur de ce sport, Yukigassen Canada, qui cherche à développer une série d’événements à travers le pays. Pour une deuxième année consécutive en 2014, le Carnaval d’hiver de Thetford organise un tournoi de ce genre.

 

Des activités accessibles à tous!

Le baby traîneau à chiens

Afin d’initier les plus jeunes à cette pratique hivernale, certaines entreprises ont misé sur le baby traîneau à chiens, spécialement adapté à la morphologie des enfants de 3 à 7 ans. Les stations-villages du Val d’Arly Mont Blanc, en France, ont créé un espace ludique sécurisé et réservé à cette pratique.

 

Le babysnow

Dans la même veine, le babysnow est une petite planche à neige avec guidon, qui permet aux adultes d’amener leur enfant de 1 à 5 ans lors de la pratique d’activités de plein air. Ayant fait son apparition dans plusieurs stations françaises, cet engin peut être utilisé lors de randonnées en raquette, en ski de fond ou en ski alpin. Il s’agit d’un moyen efficace d’initiation des plus jeunes à la pratique d’activités hivernales!

Tout le monde descend!

Innsbruck, en Autriche, a créé le RollRinn, un événement sportif où les personnes à mobilité réduite peuvent se mesurer à des personnes sans handicap sur des pistes de ski alpin ou de ski de fond. Une grande variété de bolides ont d’ailleurs été conçus afin que tous puissent participer à cet événement rassembleur (voir la vidéo ci-dessous).

Des festivals hauts en couleur!

Festival international de glace et de neige de Harbin, Chine

Considéré comme l’un des plus grands festivals hivernaux au monde, le Festival international de glace et de neige de Harbin est un événement artistique, culturel et sportif qui transforme littéralement la ville. En effet, de nombreuses sculptures de glace, dont la plupart représentent les plus grands monuments du monde, envahissent les parcs. Jeux de lumière, feux d’artifice et lanternes sont quelques-unes des autres animations qui dynamisent la ville de janvier à mars. Plusieurs visites guidées sont d’ailleurs organisées dans les parcs de la ville, favorisant ainsi la découverte de certains sites.

 

Fête des Lumières, France

Durant quatre jours, les façades, rues, monuments et jardins de Lyon, en France, s’ornent d’illuminations impressionnantes. Animations, danse, feux d’artifice, spectacles de tout genre et scénographies agrémentent de nombreux arrondissements, encourageant ainsi la circulation des visiteurs à travers la ville. Les familles et les sportifs y trouvent également leur compte, puisque des parcours thématiques ont été spécialement conçus pour être empruntés à vélo et avec les enfants.

 

 

Sapporo Snow Festival, Japon

En février, le Sapporo Snow Festival, dans la ville du même nom, attire environ deux millions de visiteurs annuellement sur sept jours de festivités. Cet événement se déroule principalement sur trois sites:

  • Odori Park: site principal du festival; des sculptures de neige, petites et grandes, y sont présentées, en plus de nombreux concerts et événements ludiques.
  • Susukino: c’est à cet endroit qu’ont lieu les cérémonies d’ouverture et de clôture ainsi que la compétition internationale de sculptures de glace.
  • Tsu Dome: ce site comprend trois types de glissades, du rafting des neiges, des sculptures de glace ainsi qu’un labyrinthe de neige. À l’intérieur du dôme, plusieurs activités pour enfants sont proposées.

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Et vous, quelles initiatives touristiques hivernales vous ont marqué en 2013?

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Produits et activités

Tourisme hivernal: 5 destinations qui se démarquent!

Whistler, Canada

la station Whistler Blackcomb est le principal moteur de l’achalandage touristique de la ville en hiver

Plus grand domaine skiable d’Amérique du Nord, la station Whistler Blackcomb est le principal moteur de l’achalandage touristique de la ville en hiver. Avec son abondance de neige, on peut y pratiquer une variété d’activités d’aventure, telles que le ski alpin, le canyoning de glace et l’héliski. La piste de Bobsleigh utilisée lors des Jeux olympiques de Vancouver en 2010 a également été transformée en attraction touristique. La destination compte d’ailleurs sur de nombreuses compétitions sportives internationales réparties sur la période hivernale. Sa célèbre télécabine PEAK 2 PEAK, qui relie les deux sommets, a aussi contribué à sa renommée.

L’après-ski est une facette de la ville bien appréciée des touristes, pour profiter de la vie nocturne, des restaurants ou pour le magasinage. Certaines activités intérieures, tant sportives (Meadow Park Sports Centre, The Core, etc.) et culturelles (galeries d’art, musées, etc.) que de bien-être, sont également accessibles. Son Festival du film et ses festivités de Noël contribuent pour leur part à enrichir les activités offertes par la ville en décembre. La destination cherche aussi à attirer davantage de touristes d’affaires, principalement avec le développement du Whistler Conference Centre en plein cœur du village.

Rovaniemi, Finlande

Profitant de sa proximité avec le cercle polaire, Rovaniemi est reconnue comme «ville officielle du père Noël».

Profitant de sa proximité avec le cercle polaire, Rovaniemi est reconnue comme «ville officielle du père Noël». Les compagnies aériennes augmentent d’ailleurs le nombre de vols vers cette destination afin de répondre à cette hausse de la demande durant la période des Fêtes. Sur place, un village du père Noël a été entièrement créé, accueillant notamment son bureau de poste ainsi que l’école et l’atelier des elfes (Joulukka). Plusieurs événements tournent autour de cette thématique, dont la cérémonie du 23 décembre, qui est télédiffusée internationalement. Une webtélé du père Noël a aussi été développée afin de faire la promotion de la destination.

Des activités de plein air des plus originales sont offertes aux touristes, telles que l’observation des aurores boréales, les safaris en motoneige, le golf d’hiver, le traîneau à rennes et à chiens, la descente en VTT ou la baignade dans les lacs gelés. Quelques musées, dont les thématiques touchent principalement la faune et la flore arctiques (ex.: Arktikum) ou encore la culture et l’histoire de la Laponie (ex.: Maison de la culture Korundi), complètent l’offre touristique de cette destination.

Innsbruck, Autriche

Surnommée la Capitale des Alpes, Innsbruck propose une offre tant urbaine que de plein air. La ville met de l’avant son architecture particulière, notamment ses anciennes installations olympiques de même que ses monuments gothiques et baroques. Plusieurs musées, galeries d’art et activités intérieures (centre de santé et de remise en forme, casino, etc.) sont aussi proposés aux visiteurs. Pour la période des Fêtes, cinq marchés de Noël ayant des thématiques particulières sont dispersés à travers la ville.

En plus de la variété des activités de plein air disponibles dans ses neuf domaines skiables (ski alpin, ski de fond, luge, raquette, canyoning de glace, etc.), la région reçoit de façon récurrente de nombreux événements sportifs professionnels. Des navettes gratuites sont de plus proposées aux visiteurs, au départ et à destination des stations de ski. À noter que depuis 2011, le Snow Festival permet chaque année aux familles de se divertir et de se familiariser avec différents sports hivernaux en pleine ville, contribuant ainsi au développement de la relève.

Oslo, Norvège

Avec ses cinq stations de ski, son réseau de ski de fond bien développé, ses nombreux lacs gelés et ses pistes de luge – dont une d’une longueur de deux kilomètres –, Oslo porte bien son surnom de Capitale mondiale de l’hiver. La majorité des activités sont disponibles à moins de 30 minutes du centre-ville, et son réseau de transport en commun, constamment renouvelé, permet leur accès à faible coût. La destination accueille d’importants événements sportifs, certains récurrents, comme la coupe du monde de ski de fond, et d’autres ponctuels, tels que les Championnats du monde de ski acrobatique de 2013. Le site de saut à ski Holmenkollen et son musée sont d’ailleurs les attraits les plus visités de la ville depuis sa reconstruction en 2009.

Oslo s’anime particulièrement pendant la période des Fêtes, lorsqu’illuminations et marchés de Noël redessinent la ville. Son offre culturelle est également bien présente, avec près de cinquante musées (principalement sous une thématique nordique et scandinave), son parc des sculptures, sa forteresse d’Akershus, sa Galerie nationale et son opéra.

Tallinn, Estonie

Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, Tallinn présente de nombreuses activités d’interprétation du patrimoine historique, un programme événementiel chargé et récurrent (ex.: Tallinn Black Nights Film Festival), plusieurs festivités du temps des Fêtes, ainsi qu’une offre gastronomique du terroir spécialement conçue pour la saison hivernale. Avec ses infrastructures modernes et sa réputation de ville technologique, elle est également un site de choix pour le tourisme d’affaires. De plus, Tallinn compte une douzaine d’hôtels-spa spécialisés dans les massages aux pierres chaudes et les soins pour le corps. À noter que dans cette destination de magasinage hors taxe, les propriétaires d’établissements hôteliers doivent inclure le petit-déjeuner et la taxe dans le prix affiché.

Des passeports touristiques bien utiles!

Dans le but d’encourager la découverte de leur ville, Tallinn (Tallinn Card), Oslo (Oslo Pass) et Innsbruck (Innsbruck Card) ont chacune développé une carte qui offre à son acheteur le transport en commun, le stationnement ainsi que l’accès à un ensemble d’attraits et de services. Plusieurs réductions sont également incluses dans les commerces de ces villes. Selon VisitOSLO, cette initiative plaît aux touristes, puisque 98% des utilisateurs la recommanderaient à un ami.

Au vu de cette féroce concurrence en tourisme hivernal, il est de plus en plus difficile pour les destinations de se démarquer. Dans ce contexte, quelles cartes les villes du Québec devraient-elles jouer pour continuer à forger leur réputation à l’international?

Image à la une : ©istockphoto

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Segments de clientèles

Adapter la programmation de son festival aux différentes générations

Portrait des participants québécois aux festivals

Avec la facilitation de l’accès au voyage, la concurrence des festivals s’étend maintenant à l’international. La compréhension des comportements des visiteurs est donc essentielle, tant pour les voyages de proximité qu’à l’étranger.

Dans le cadre d’un voyage au Canada, 5,1% des Canadiens et 6,2% des Québécois ont assisté à un événement culturel, selon le Print Measurement Bureau (PMB). Si la proportion reste la même pour les Canadiens à l’occasion d’un voyage à l’étranger, elle baisse à 3,4% pour les Québécois. En étudiant la totalité des Québécois ayant assisté à un événement culturel en voyage à l’extérieur du Canada, on remarque que ce sont les baby-boomers et les seniors qui sont les plus représentés. Dans le cadre de vacances au Canada, ces deux catégories de population sont rejointes par les jeunes issus de la génération Y pour former le trio de tête des participants à des événements culturels (voir le graphique 1).

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Le PMB a étudié en détail la fréquentation des visiteurs et des résidents dans certains festivals. Ainsi, il apparaît que la génération Y fréquente beaucoup plus que les autres les Francofolies et le festival Juste pour Rire. Les baby-boomers sont particulièrement bien représentés aux Fêtes de la Nouvelle-France et au Festival des films du monde. Le Festival International de Lanaudière attire quant à lui massivement les seniors (voir le graphique 2).

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Pour proposer la meilleure offre à ces différents auditoires, l’important est de connaître son public actuel, sans oublier de prêter attention à la clientèle potentielle et d’élaborer une stratégie claire.

Idées pratiques pour une programmation adaptée aux différentes générations

Lors du Salon de l’Organisateur 2013 de SATQ-FEQ se tenait un atelier intitulé «Les générations et leur influence sur votre programmation». René Fréchette, directeur des événements à la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et ancien directeur du Mondial des Cultures de Drummondville, y partageait quelques idées concrètes d’adaptation à un public cible.

À chercher à plaire à un spectre trop grand de participants, les festivals risquent de rendre leur contenu diffus. Cela dit, un même événement peut s’adresser à différentes générations. L’important pour atteindre son public est de suivre un plan bien défini. René Fréchette dresse la liste des actions à accomplir en amont de l’élaboration de son programme: 

  1. S’assurer que les changements prévus à la programmation s’intègrent bien à la mission;
  2. Échanger avec les employés et les bénévoles pour obtenir leur soutien;
  3. Obtenir l’aval du conseil d’administration;
  4. Identifier son public cible et connaître ses attentes;
  5. Analyser les succès et les insuccès passés;
  6. Mesurer les ressources existantes ainsi que les besoins à venir;
  7. Dresser le portrait-robot du client futur;
  8. Assurer une veille stratégique pour se positionner;
  9. Maîtriser le temps: anticiper sans se précipiter.

Pour un ajustement réussi de sa programmation

Dans le cadre d’un réajustement de contenu, il est indispensable de se poser les bonnes questions. Il faut tout d’abord établir ce qui est intouchable dans la programmation originale de son festival. Il est également nécessaire d’identifier les forces et faiblesses de l’offre existante. Finalement, les actions à entreprendre doivent être déterminées, ainsi que les différents alliés (municipalités, etc.).

  • Connaître sa clientèle: L’innovation va nécessairement de pair avec une connaissance globale des clients actuels et potentiels. Il est donc essentiel de s’intéresser à ce qu’ils mangent, à leurs loisirs, à leur style de vie ou à la composition de leur foyer. René Fréchette propose ici de personnifier le client type en lui donnant un nom, un âge, une profession, une passion, etc.
  • Prendre conseil auprès des partenaires: Faire appel à ses partenaires constitue une excellente stratégie pour être mieux informé des besoins de sa clientèle. En effet, les commanditaires connaissent leur public cible et peuvent partager leur expertise pour attirer plus de monde au festival, ce qui leur garantit aussi une meilleure visibilité. Voilà un bel exemple d’association gagnant-gagnant!
  • Maîtriser son image: La connaissance de la perception externe du festival est primordiale. Il est donc impératif de travailler son image de marque. Le public s’identifie-t-il à l’événement? S’agit-il d’une manifestation à la mode? Quelle est la première chose qui lui vient en tête, lorsque le public pense à ce festival?
  • Tisser un lien entre la programmation et la promotion: Pour que la promotion soit cohérente, les éléments de la programmation doivent être présentés clairement dans la campagne de communication. Il est essentiel de savoir comment s’informe la clientèle et de comprendre quelles parties du programme attireront leur attention.
  • Préciser le rôle de l’événement: Afin d’éviter le dispersement, il est primordial de s’interroger sur la vocation sociale et communautaire du festival. Réunir les gens, créer un lieu de rencontre entre les générations, consolider le sentiment d’appartenance à la communauté, augmenter la visibilité des commerces, développer le potentiel touristique de la destination… autant d’objectifs qu’il est important de clarifier pour être certain de les atteindre.
  • Élargir son cercle de recrutement: Finalement, René Fréchette conseille de s’entourer de personnes qui ont des compétences aussi variées que pointues. Pourquoi ne pas intégrer à son conseil d’administration un professionnel de la création ou encore des intervenants auprès des générations à séduire (animateurs de camps de jour, personnel accompagnant les personnes âgées, etc.)?

En conclusion, l’adaptation de la programmation d’un festival à son public cible doit être abordée comme un processus intégré. De plus, afin de bonifier constamment l’événement, il ne faut pas oublier d’en mesurer les retombées une fois que celui-ci a eu lieu.

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Tendances

Les 14 tendances touristiques pour 2014

À la suite de la conférence sur les 13 tendances touristiques de 2013, Paul Arseneault, de la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, et Pierre Bellerose, de Tourisme Montréal, récidivent pour une seconde année dans le cadre des Gueuletons touristiques, cette fois-ci accompagnés de deux intervenants français, Jean-Luc Boulin et Pierre Eloy, rédacteurs du blogue etourisme.info. Grâce à leur sens de l’observation affûté et à leur expérience sur le terrain, ces 4 conférenciers ont identifié 14 tendances touristiques qui marqueront l’année 2014.

1- La croissance s’accélère pour le tourisme urbain

L’épicentre touristique devient urbain. La croissance touristique des grandes villes s’explique avant tout par une meilleure accessibilité, en raison des investissements massifs réalisés dans les aéroports au cours des dernières années. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, ce phénomène est visible depuis cinq ans et va s’accélérer en 2014. De cette tendance découle la possibilité pour les régions de profiter de ces flux touristiques; les grandes villes créent des alliances commerciales entre elles afin de maximiser les retombées et deviennent même des plaques tournantes (hubs) pour les territoires environnants.

2- Concentration/fusion/alliance – le mot d’ordre pour les attraits et événements

La Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal et la fusion des musées McCord et Stewart illustrent la tendance à la concentration, plutôt qu’à la multiplication. Centraliser la gestion d’événements ou d’attraits sous une entité commune est une stratégie qui permet de gagner en puissance, mais aussi en pertinence pour le visiteur. C’est une nouvelle façon de voir l’avenir des attraits et des événements.

3- Retailtainment (commerce et divertissement)

Devant la croissance exponentielle du commerce en ligne, les centres commerciaux traditionnels perdent en attractivité. En effet, ils n’apportent plus autant de valeur ajoutée pour le consommateur, qui peut se faire livrer à domicile après avoir passé une commande en ligne. Ils doivent dès lors se réinventer, faire vivre une expérience au visiteur et le divertir. Aux États-Unis, certains centres se rapprochent de plus en plus du milieu touristique; en ajoutant une offre de divertissements, ils deviennent ainsi des lieux de loisirs. On voit même des marques de textile comme Urban Outfitters et Quicksilver développer des enseignes hôtelières, afin de jumeler magasinage et séjour touristique.

4- Les habitants, promoteurs de leur communauté

Les organismes de gestion de la destination (OGD) s’appuient de plus en plus sur les habitants pour promouvoir leur destination. On retrouve ce mouvement de fond dans le crowdfunding, le crowdsourcing et le crowdlearning. Ce dernier concept se transpose dans le tourisme par les habitants qui font visiter leur milieu de vie aux visiteurs, par exemple la communauté des greeters. Le mélange de tous ces concepts laisse entrevoir une nouvelle forme d’organisation touristique, le crowdtourism, où les interactions entre les membres de la communauté et les visiteurs sont omniprésentes. Ainsi, les OGD et les entreprises touristiques auront un rôle de médiation et d’organisation de cette rencontre.

5- Le caractère imprévisible du tourisme américain

Appréciation prévue du dollar américain en 2014, reprise de l’économie aux États-Unis, baisse du coût du transport aérien pour l’ensemble de l’Amérique du Nord, en raison de la fusion entre American Airlines et US Airways… voilà autant de mouvements et de signaux macroéconomiques qui annonceraient un retour des Américains au Canada et au Québec pour 2014. Cela sera-t-il suffisant pour renverser la tendance?

6- Le tourisme LGBT, de moins en moins gai et de moins en moins gay…

Aujourd’hui, les comportements de la clientèle LGBT se rapprochent de plus en plus de ceux de la moyenne des voyageurs. Elle délaisse quelque peu les quartiers et attraits spécifiquement «gays» et est ouverte à sortir des grandes villes. En 2014, les mouvements de ces touristes seront de plus en plus complexes à analyser et à interpréter. Les professionnels du tourisme ne doivent toutefois pas les perdre de vue, car il s’agit d’une clientèle aux retombées touristiques importantes.

7- 2014: année de l’impatience

Les entreprises ne peuvent plus se contenter d’être réactives, elles doivent à présent jouer la carte de l’instantanéité, ce qui est plus difficile à gérer. Le client ne veut plus perdre son temps et s’attend à être servi rapidement et efficacement. Le numérique, à l’origine de ces attentes, est aussi la solution pour y répondre. Les grandes entreprises sont en train de faire évoluer leurs outils de conversation instantanée sur les médias sociaux en remplaçant leur automatisation par de vraies personnes. Elles comprennent l’importance d’humaniser les relations avec leurs clientèles.

8- Migrations nouvelles

Ce phénomène vient de la fusion de deux tendances: la mobilité et la redéfinition du touriste. On ne raisonnera plus simplement en apparentant le tourisme à un voyage lointain, mais en le considérant aussi comme un loisir de proximité, ou tourisme «d’hyperproximité». Faut-il donc toujours travailler en silo et séparer les touristes des visiteurs et de ceux qui pratiquent des loisirs? Une évolution est nécessaire de la part de l’industrie.

9- Connecter les compétences

L’ère du multitâches et des généralistes est finie. Les entreprises touristiques doivent à la fois s’entourer de spécialistes (formés par exemple pour le Web ou les médias sociaux) et décloisonner les fonctions de marketing, de recherche, de ventes et de développement afin que tous les employés puissent participer aux projets. De plus, on constate l’importance de la formation en tourisme et de la professionnalisation de ces métiers. En France, certains nouveaux emplois voient le jour, l’animateur numérique de territoire et le reporter de territoire, par exemple.

10- Choc entre mondialisation et produits locaux dans la restauration

La demande croissante en tourisme responsable touche aussi le secteur de la restauration. Outre la qualité de la nourriture, les consommateurs exigent une garantie sur l’origine des produits et souhaitent consommer «local». Ce constat est un véritable enjeu pour une destination, qui doit se démarquer tout en répondant à des standards de qualité recherchés par une clientèle internationale.

11- Des nouveaux défis d’être hôtelier

Le comportement du client a changé: il est devenu autonome, réserve sa chambre sur une agence de voyages en ligne et peut se passer des services de l’hôtelier; ce qu’il recherche avant tout, c’est une chambre. La solution réside peut-être dans l’hyperpersonnalisation du produit. Les chaînes Best Western et Carlson Rezidor Hotel exploitent ce filon en affichant les vues à 360 degrés de chacune de leurs chambres sur Google Street View. Dans certains hôtels Accor, le décor de la réception s’individualise, c’est la standardisation de la différenciation.

12- TripAdvisor, Airbnb et les agences de voyages en ligne se réinventent

La force des grandes entreprises de tourisme en ligne telles que TripAdvisor, Airbnb et Expedia consiste à se réinventer continuellement. Ils privilégient et font évoluer l’expérience client en ligne grâce à une écoute, à une agilité et à une adaptabilité exemplaires. Il est très difficile de concurrencer ces géants du Web, mais il demeure possible de les utiliser à son avantage…

13- Le côté sombre de l’instantanéité et de la transparence

Malgré tous les avantages des médias sociaux en matière de relation client, ceux-ci peuvent se retourner contre l’entreprise. On découvre le côté sombre de la transparence et une forme de terrorisme numérique identifiée par le terme «Far Web». La possibilité de nuire est accessible à tous. Le prestataire se doit donc d’être de plus en plus un veilleur de sa réputation en ligne. Il ne lui faut cependant pas tomber dans le piège d’accorder plus d’attention aux avis négatifs qu’aux avis positifs.

14- L’économie collaborative fera partie intégrante de l’économie touristique

Tendance très importante en 2013, l’économie collaborative continuera d’exister en 2014. L’industrie touristique ne pourra pas la chasser, le client l’a adoptée, et il faut maintenant apprendre à vivre avec et à l’intégrer, voire adapter le modèle pour qu’il cohabite avec l’ensemble des acteurs.

 

Si un seul mot devait résumer les 14 tendances identifiées, ce serait «hyper»: hyperpersonnalisation; hyperconnexion sociale; hypermobilité et hyperhumatérialisation.

Merci à nos conférenciers:

– Pierre Bellerose (@pierrebellerose), vice-président – Relations publiques, recherche et développement du produit à Tourisme Montréal;

– Paul Arseneault (@paularseneault), titulaire de la Chaire de tourisme Transat;

– Pierre Eloy (@touristic), co-fondateur Agitateurs de Destinations Numériques et rédacteur du blogue etourisme.info;

– Jean-Luc Boulin (@JeanLucBoulin), directeur de la MOPA (Mission des Offices de Tourisme et Pays Touristiques d’Aquitaine) et rédacteur en chef du blogue etourisme.info.

 

Pour connaître tous les détails de ces 14 tendances, visionnez les extraits de la conférence ou parcourez la présentation.

 

Image à la une Stef & Stef Photographie

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Produits et activités Tourisme durable

Des festivals et événements enracinés dans leur communauté

Un phénomène qui interpelle les organisateurs

Les festivals et événements semblent de plus en plus concernés par leur responsabilité sociale, que ce soit afin de maintenir la motivation et l’engagement de leurs employés et bénévoles, de devenir des acteurs incontournables du développement socioéconomique de leur communauté ou de répondre aux exigences des consommateurs et des partenaires d’affaires. Générant plus de 9 500 emplois directs et comptant sur quelque 50 000 bénévoles au Québec selon la Société des Attractions Touristiques du Québec (SATQ) et Festivals et Événements Québec (FEQ), ce secteur a aussi pour avantages de divertir et d’animer un territoire, de créer des liens sociaux et de mettre en valeur l’essence même d’une communauté. Mais comment mesurer concrètement la performance de ce pilier du développement durable?

Le modèle d’évaluation des pratiques sociales

FEQ a récemment développé un modèle d’évaluation des pratiques sociales (MEPS) à l’intention des festivals et événements

FEQ a récemment développé un modèle d’évaluation des pratiques sociales (MEPS) à l’intention des festivals et événements. Montée sous la forme d’un tableau Excel, cette grille d’autoévaluation est basée sur des indices de performance calculés automatiquement autour de douze enjeux relatifs aux pratiques sociales des événements:

  • la gestion responsable;
  • la gouvernance participative;
  • l’épanouissement du personnel bénévole et salarié;
  • la qualité de vie des populations environnantes;
  • l’épanouissement et la qualité de vie des festivaliers;
  • la participation sociale auprès de l’événement;
  • l’engagement de l’événement auprès de sa communauté;
  • l’accessibilité;
  • la mise en valeur de l’identité socioculturelle du milieu;
  • la promotion de la diversité culturelle;
  • le développement de la créativité et la capacité d’innovation;
  • la consommation locale et responsable.

Disponible gratuitement en ligne, cet outil permet aux organisations de:

  • visualiser rapidement des informations qui sont ordinairement décentralisées;
  • prendre des décisions opérationnelles et stratégiques sur des enjeux sociaux;
  • réfléchir sur certaines de leurs pratiques sociales et définir des objectifs pour leur amélioration continue;
  • baser leur reddition de compte auprès des bailleurs de fonds sur des informations mesurées, objectives, pertinentes et fiables;
  • communiquer à l’interne et à l’externe les bonnes pratiques;
  • se comparer aux pratiques généralement présentes dans l’industrie.

Des employés et des bénévoles fidèles et reconnus

Le Mondial des Cultures de Drummondville, qui compte sur plus de 1 900 bénévoles durant ses 11 jours de festivités, peut être considéré comme un modèle dans la gestion des bénévoles au Québec. D’abord, les organisateurs accordent une importance particulière à leur formation et à leur encadrement (guide d’accueil, soutien, sécurité, etc.). Après l’événement, les bénévoles et responsables sont récompensés par des activités sociales ou des cadeaux lors d’une soirée de remerciement. Un nouveau programme de reconnaissance a d’ailleurs été instauré en 2013, leur accordant des privilèges selon leur contribution horaire. Ces initiatives semblent plaire, puisque 2% de la population de Drummondville y est bénévole, avec un taux de retour évalué à 90%. 

Sur le plan social, ce festival se démarque également par:

  • la consultation écrite et orale des responsables et des bénévoles afin d’obtenir leur rétroaction;
  • l’adaptation du site à divers groupes sociaux, dont les familles et les personnes à mobilité réduite;
  • l’offre d’un stationnement incitatif et d’une navette gratuite aux festivaliers;
  • la compréhension et le respect de la diversité culturelle. Son slogan de 2013, «Prenez l’accent», démontre bien cette volonté.

Un festival engagé envers sa communauté

Le festival d’arts et de musique indépendante de KnockanStockan, en Irlande, est le gagnant des Irish Festival Awards de 2011 dans la catégorie responsabilité sociale. Avant chaque édition, un prospectus est envoyé aux résidents du petit village de Lacken afin de les informer et de connaître leurs préoccupations par rapport au festival. De plus, un agent de liaison est en place pour répondre à leurs interrogations. L’établissement d’une politique Leave no Trace auprès des festivaliers est un exemple de proposition des résidents prise en compte par les organisateurs.

Des petits festivals qui se démarquent!

le Festival en chanson de Petite-Vallée, en Gaspésie, contribue à l’émancipation de l’identité culturelle francophone ainsi qu’à la vitalité de sa municipalité.

Mettant en valeur des artistes émergents, le Festival en chanson de Petite-Vallée, en Gaspésie, contribue à l’émancipation de l’identité culturelle francophone ainsi qu’à la vitalité de sa municipalité. Lors de l’événement, toute la population de 178 habitants est mobilisée, contribuant ainsi grandement à la fierté locale. L’organisme responsable de l’organisation du festival a créé en 2010 le Fonds Dan-Gaudreau, consacré à la diffusion et à l’accessibilité de la culture chez les jeunes gaspésiens. Celui-ci a permis, entre autres, la création de nombreuses bourses et d’ateliers de formation pour les participants du festival. De plus, pour rendre hommage à l’artiste porte-parole, un chœur de près de 300 jeunes gaspésiens est formé annuellement, favorisant ainsi leur appartenance à la région. Afin d’attirer la clientèle des villages voisins, le festival a aussi mis en place un service de transport gratuit.

Pour sa part, le Festival International Contes en Îles, aux Îles-de-la-Madeleine, est considéré comme un événement majeur de la vie culturelle madelinienne qui contribue à prolonger l’activité touristique automnale de la destination. La majorité des activités sont gratuites et se déroulent dans une variété de lieux (bars, cafés, restaurants, etc.), encourageant ainsi la découverte de la région et l’achat local.

D’autres initiatives inspirantes

La Fête des vendanges de Neuchâtel, en Suisse, fait partie intégrante de la culture et contribue, depuis plus de 110 ans, à la fierté communautaire et à la renommée de cette ville de 33 000 habitants. Recevant environ 300 000 visiteurs sur trois jours de festivité, l’ensemble de la communauté est ainsi mis à contribution (commerçants, sociétés locales, bénévoles, autorités municipales, etc.). Le festival met en valeur l’identité du territoire à travers son patrimoine culturel et culinaire, il offre des occasions de rencontre et de développement de relations entre les parties prenantes, en plus de donner une opportunité aux locaux de s’engager envers leur communauté.

À Chicago, le Pitchfork Music Festival a doublé la taille de son stationnement pour vélo en 2012. Il a aussi développé une application mobile pour les festivaliers souhaitant covoiturer pour se rendre à l’événement.

Au Brésil, les organisateurs du festival Rock in Rio désirant encourager la consommation responsable d’alcool, les consommateurs âgés de 18 ans et plus ont été identifiés à l’aide d’un bracelet et une formation spéciale a été donnée aux employés des bars locaux.

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Source: Worldwide Brewing Alliance

Les organisateurs du Challenge 255 de Baie-du-Febvre, un événement de courses de camions et de motos du Centre-du-Québec, ont mis en place un salon de l’emploi pour l’industrie du camionnage.

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Crédit photo : Yvan Ouellet, Crayonart – Source: Challenge 255

Lors des festivals tenus à Édimbourg, en Écosse, la police participe de façon interactive à la prévention du crime et à la sécurité du site par l’intermédiaire de Twitter.

 

Les festivals et événements multiplient les initiatives inspirantes sur le plan social. Avec des outils de mesure comme celui mis en place par la FEQ, ils ne peuvent négliger cet aspect du développement durable.

 

Cette analyse a été produite pour alimenter le site Web EspaceTourismeDurable.com, destiné aux acteurs touristiques de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

Visionnez la vidéo réalisée par l’organisme:

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Marketing

Comment faire rayonner l’identité culinaire d’une destination?

La Scandinavie, l’Espagne, le Pérou ou encore la Thaïlande ont réussi à se positionner à l’international en tant que destinations culinaires, en hissant leur cuisine sous les feux de la rampe. Quelles stratégies marketing emploient-elles pour rayonner à l’étranger?

Les principes de base pour se démarquer à l’international

L’expérience gastronomique est devenue une composante importante du voyage, et les produits qui s’y rapportent ont le potentiel d’attirer les voyageurs internationaux. Devenir une destination culinaire nécessite que le gouvernement et les différents acteurs de l’industrie touristique comme du secteur alimentaire collaborent afin de mener des actions de promotion conjointes.

Une organisation de gestion de la destination qui souhaite développer son tourisme culinaire se doit de créer une identité en lien avec les spécialités culinaires et les habitudes culturelles de la population. Lorsque la nourriture devient indissociable de la destination, l’image de marque du tourisme culinaire est efficace, et la stratégie marketing devient rentable.

Les chefs ambassadeurs

Le chef espagnol Ferran Adrià, créateur de la cuisine moléculaire, est à présent l’ambassadeur de Tasting Spain, une plateforme nationale destinée à renforcer la compétitivité de l’industrie touristique espagnole et de sa gastronomie sur les marchés asiatique, américain et européen. Le restaurant El Celler de Can Roca vient d’être élu meilleure table du monde par le magazine britannique Restaurant, ce qui ne manquera pas de consolider la position du pays en tant que destination culinaire.

Le chef le plus célèbre du Pérou, Gastón Acurio, a fait découvrir sa cuisine en ouvrant 30 restaurants à l’international. De sa rencontre avec le chef Ferran Adrià est né le film documentaire Perú Sabe: Cuisine as an Agent of Social Change, qui retrace le voyage des deux chefs à travers le pays afin de constater l’essor de la cuisine comme élément essentiel de la culture locale et d’intégration pour les 80 000 étudiants en cuisine. En 2012, le documentaire avait été diffusé en avant-première aux Nations Unies et présenté lors de nombreux événements en Europe (voir ci-dessous la vidéo du lancement à Madrid). La gastronomie péruvienne a acquis une visibilité internationale, qui a permis au pays d’être sacré première destination culinaire au monde en 2012 aux World Travel Awards.

Source: YouTube

AL_Rayonnement cuisine_image1Les pays scandinaves (Norvège, Suède, Finlande, Danemark, Islande), le Groenland, les Îles Féroé et Åland ont créé en 2004 le programme New Nordic Food qui leur permet entre autres de promouvoir leur identité culinaire à l’international. En 2012, ils ont fait appel à certains des meilleurs chefs afin d’animer des événements à Washington et à Tokyo. Ceux-ci ont ainsi présenté des ateliers de cuisine, participé à des événements médiatiques et cuisiné dans des restaurants renommés.

Promouvoir une cuisine de qualité

Depuis 2001, la Thaïlande se positionne comme étant «une cuisine pour le monde». Dans le cadre de sa stratégie de promotion, un programme de certification des restaurants thaïlandais à l’étranger a été créé. Parmi les critères à respecter, il est nécessaire que le chef soit thaïlandais et que les sous-chefs aient un certain niveau d’expérience, et il est recommandé aux restaurants d’importer de Thaïlande 70% de la nourriture.

Avec son slogan Korean cuisine, loved by foreigners et dans le but de se classer dans le top cinq des cuisines internationales, la Corée du Sud a défini une stratégie dont un des axes est de développer des marques reconnues à l’international et d’étendre sa culture de la cuisine haut de gamme sur de nombreux marchés. D’ici 2020, elle souhaite promouvoir 100 restaurants coréens implantés à l’étranger.

Rejoindre une clientèle cible grâce à Internet

Pour faire découvrir sa cuisine aux autres pays, l’organisation touristique de Corée du Sud a créé le site communautaire koreataste.org, qui recense les spécialités coréennes et les restaurants portant une attention particulière à servir les voyageurs étrangers. L’internaute peut participer à un forum de discussion, mettre en ligne des informations et des commentaires, et les partager sur les réseaux sociaux. Journalistes, blogueurs, experts et chefs cuisiniers y publient des articles.

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Source: Koreataste

Le site Web du projet Nordic Food Diplomacy est destiné aux citoyens expatriés de ces pays, pour qu’ils fassent rayonner les traditions culinaires nordiques.

Le site Web du projet Nordic Food Diplomacy est destiné aux citoyens expatriés de ces pays, pour qu’ils fassent rayonner les traditions culinaires nordiques. Les contenus sont variés: conseils sur la planification d’événements, idées de concepts et de décoration, information sur le storytelling, menus, recettes et ingrédients saisonniers, etc. L’objectif est d’utiliser la nourriture comme un outil marketing pour les destinations nordiques.

Organiser des événements internationaux

En collaboration avec des organismes publics, l’Autorité du Tourisme en Thaïlande a organisé la première édition du Thailand Culinary World Challenge en mars dernier. Des chefs de 15 pays se sont affrontés dans une compétition en utilisant uniquement des ingrédients thaïlandais. Le but était bien entendu de promouvoir la cuisine et la culture thaïlandaises, et de favoriser une ouverture sur le marché international.

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Source: Thailand Culinary World Challenge

L’organisation touristique de Singapour, qui a créé la marque Singapore: the Food Capital of Asia afin de représenter la variété de sa cuisine, dite «fusion», organise deux événements majeurs qui regroupent aussi bien des professionnels du secteur alimentaire que des amateurs de bonne cuisine et des touristes. Le Singapore Food Festival, qui a attiré 354 000 visiteurs en 2012, est un grand rassemblement de kiosques de restaurants. Ce type d’événement permet à l’organisme gouvernemental d’asseoir sa réputation de capitale gastronomique de l’Asie et de promouvoir les voyages culinaires sur la scène internationale. Il consacre un budget considérable pour faire connaître le festival à l’étranger.

New Nordic Food a profité d’un des événements les plus médiatisés pour promouvoir sa cuisine, en collaborant à la soirée Nordic Kitchen Party lors du Festival de Cannes, en 2012. Les invités, provenant de différents pays et rassemblant de nombreux médias, ont pu découvrir les spécialités nordiques (voir la vidéo ci-dessous).

 

 Source: YouTube

Toutes les destinations culinaires poursuivent le même objectif: offrir une expérience originale et unique. Le Québec a le potentiel de devenir une destination culinaire, les cabanes à sucre étant déjà un arrêt incontournable pour les voyageurs étrangers. Tourisme Montréal priorise la gastronomie dans ses stratégies marketing et a amorcé il y a deux ans une campagne de promotion vers les marchés de l’Ontario et des États-Unis. Une initiative à l’échelle de la province verra-t-elle le jour?