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Marketing

Dessine-moi ma ville !

Helsinki Curious

La capitale de la Finlande, pays le plus heureux au monde pour la cinquième année consécutive, reçoit une attention médiatique grandissante depuis quelques années. Et pour cause, en plus de nager dans le bonheur, elle trône au sommet des palmarès des villes offrant la meilleure qualité de vie. Cette visibilité récente génère un intérêt des étrangers pour la métropole finlandaise. À cet égard, la Ville a réalisé un sondage qui révèle notamment que seulement 17 % des Londoniens ont déjà visité Helsinki, mais que 91 % s’y intéressent ; voilà les « Helsinki Curious ».  

Trois portraits à l’aveugle

La Ville et son agence marketing responsable de l’attractivité — Helsinki Partners — ont interpellé trois artistes visuels de type « Helsinki Curious ». Ces créateurs de Londres, Berlin et Tokyo devaient chacun concevoir une œuvre qui reflète l’image qu’ils se font d’Helsinki. Les instigateurs du projet ont fourni aux participants deux sources d’informations pour nourrir leur imaginaire : des récits de voyageurs et des entretiens avec des personnes ayant déjà visité ou habité la ville. Les règles du jeu interdisaient les recherches en ligne. 

Source : Illustrations de Jack Sachs, Aysha Tengiz et Takashi Nakamura / Helsinki Partners 

Une ville vibrante, ouverte, libre, où la nature est omniprésente, voilà quelques composantes qui se dégagent de chacune des œuvres. Elles ont été dévoilées à l’occasion de la Helsinki Design Week, en septembre 2022. La série documentaire Helsinki Curious, mettant en vedette les trois artistes participants, est disponible sur le site web My Helsinki. Aussi, ces illustrations font office d’affiches publicitaires pour la campagne automnale de la destination Helsinki dans les villes d’origine des artistes, soit à Londres, Berlin et Tokyo. 

Un processus inspirant 

L’initiative Helsinki Curious constitue une approche fort intéressante dans une optique de réflexion sur l’image projetée d’une ville ou d’un village. De plus, elle permet de susciter l’attention, de créer du contenu marketing tout en célébrant de jeunes artistes et leur esprit créatif.  

Image à la une : ©Aysha Tengiz / Helsinki Partners 

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Produits et activités

De l’équipement nautique en libre-service

Des stations de location de planches à pagaie se déploient sur les plages du lac Léman, en Suisse. Les deux premières installations, conçues par la startup Equip, comportent chacune 6 embarcations offertes gratuitement par les villes de Gland et de Rolle. 

Comment ça marche ?

L’usager doit d’abord télécharger l’application Equip, puis y effectuer une réservation. Par mesure de sécurité, une carte de crédit est requise, mais la location est gratuite. Il peut ensuite déverrouiller un casier à l’aide de son téléphone et accéder à une planche, une pagaie et deux vestes de flottaison. Le contenant comprend également un panier dans lequel l’utilisateur peut laisser ses effets personnels.  

Plusieurs types d’équipement

D’autres stations de planches à pagaie, mais aussi d’autres équipements sportifs, sont prévus sur les berges du lac. Par ailleurs, la ville de Gland compte déjà un module pour le prêt de jeux de pétanque, de spikeball et de tennis de plage. Voilà qui permet d’alléger le balluchon du visiteur ou encore de l’initier à la pratique de nouvelles activités. 

La sécurité avant tout

Néanmoins, l’absence de personnel ou d’outils de communication (affiches, vidéos, etc.) prodiguant des consignes de sécurité et des conseils sur l’utilisation adéquate de l’embarcation et de la veste de flottaison pose un certain défi en matière de prévention des noyades. La transmission de ces informations est primordiale, qu’on s’adresse aux néophytes ou aux utilisateurs expérimentés. Une approche en libre-service ne doit pas compromettre la sécurité des visiteurs.

 

Image à la une : Equip/Vimeo 

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Hébergement Tourisme durable

L’hôtellerie poursuit son virage vert

Depuis plusieurs années, les établissements hôteliers font face à de nombreux défis en ce qui concerne le respect de l’environnement. Selon un rapport du Urban Land Institute, les hôtels sont parmi les bâtiments commerciaux qui consomment le plus d’énergie et d’eau.

Il faut dire que l’industrie est confrontée à un certain nombre d’enjeux dans la mise en œuvre de pratiques durables. En effet, les hôteliers doivent respecter des modèles et des structures de propriété compliqués. Pour certains bâtiments, des changements drastiques pourraient perturber l’expérience client.

Quoi qu’il en soit, l’adoption de pratiques durables en hôtellerie est de plus en plus importante pour les voyageurs. Selon un récent rapport réalisé par Booking.com, la demande pour ce type d’expériences est en hausse. Quelque 78 % des répondants ont l’intention de séjourner dans une propriété dite durable au moins une fois au cours de l’année à venir. De plus, 71 % des voyageurs sondés veulent faire plus d’efforts en 2022 pour voyager de manière plus responsable (une hausse de 10 % par rapport à 2021).

Plusieurs nouveaux projets hôteliers répondant à cette demande voient le jour un peu partout dans le monde.

Nouvelles constructions durables

En 2024, la Norvège prévoit l’ouverture du SVART. Cet hôtel de 94 chambres est appelé à devenir le premier établissement hôtelier à énergie positive au monde. Grâce à sa forme circulaire, les architectes croient être en mesure de récolter suffisamment d’énergie solaire à toute heure de la journée pour couvrir les opérations quotidiennes de l’hôtel et même celles nécessaires à sa construction, ce qui permettrait de réduire jusqu’à 85 % de la consommation annuelle en énergie du bâtiment.

Source de l’image : SVART

L’objectif du concept est de permettre un fonctionnement totalement hors réseau dans les cinq ans suivant son ouverture. Cela signifie que l’hôtel et ses services adjacents, y compris la serre agricole, les navettes en bateau et les activités pour les clientèles, seront totalement autonomes en matière d’électricité, d’eau et de gestion des déchets.

Source de l’image : SVART

Du côté des États-Unis, la chaîne Hilton a récemment ouvert son premier hôtel zéro carbone au Connecticut ; l’Hôtel Marcel. L’architecte du projet a opté pour la rénovation et la restauration d’un bâtiment des années 1970, soit l’ancien siège social de l’Armstrong Rubber Company, pour revitaliser la zone urbaine avoisinante et y attirer la communauté.

Source de l’image : Becker + Becker

L’hôtel utilise l’énergie solaire pour produire l’électricité nécessaire aux chambres, au restaurant, aux salles de réunions ainsi qu’aux aires communes, telles que la réception. Plusieurs matériaux de construction et objets ont été réutilisés et soigneusement restaurés comme des murs en bois et des luminaires qui servaient autrefois dans les bureaux et les salles de conférence de la compagnie. Les fenêtres à triple vitrage ainsi que les murs en béton permettent d’optimiser l’isolation et d’ainsi stabiliser la température des chambres.

En 2023, la firme Studio Gang anticipe l’ouverture d’une construction durable au Colorado. Le Populus comptera 265 chambres et deviendra le premier établissement hôtelier neuf de Denver sans espace de stationnement sur place ; pour s’y rendre, le transport en commun ou la mobilité douce sont de mise. Un effort écologique hors site est prévu et implique la plantation d’arbres sur plus de 2 000 hectares.

Source de l’image : Urban Villages

Au-dessus de chaque fenêtre, des dispositifs d’ombrage amélioreront la performance énergétique du bâtiment tout en canalisant l’eau de pluie pour préserver l’état de la façade. La terrasse sur le toit accueillera une grande variété de végétaux de la région, offrant un endroit idéal pour socialiser et un habitat attrayant pour la faune et les insectes.

Source de l’image : Urban Villages

La durabilité au sein même des opérations

Des constructions déjà existantes prennent les grands moyens pour améliorer leur empreinte écologique. Le JW Marriott Washington, DC montre l’exemple en intégrant des pratiques durables au sein de ses opérations. En cuisine, l’hôtel composte les déchets alimentaires et recycle l’entièreté de ses huiles usées pour en faire du biocarburant. Lors de la tenue de réunions ou de congrès, il utilise des emballages compostables pour les boîtes à lunch et fournit des stations d’eau pour contrer l’utilisation de bouteilles en plastique. À ce jour, près de 25 établissements JW de Marriott possèdent des jardins dont la taille varie d’un petit terrarium à une serre complète. Les fruits, les légumes et les herbes produits sont utilisés en cuisine. Au cours des prochaines années, la société envisage de planter un jardin dans chacune de ses 103 propriétés.

Source de l’image : © Marriott Fast Company

Au Québec 

L’Hôtel Castel situé à Granby, a à cœur sa performance écologique ainsi que sa communauté. En effet, l’établissement choisit ses fournisseurs en fonction de leurs politiques environnementales et de leur emplacement ; ceux à proximité de l’hôtel sont privilégiés pour réduire l’impact des longs transports. De plus, l’établissement donne du mobilier (téléviseurs, meubles, matelas…) ou de la literie (draps, couvertures, tissus…) inutilisés ou en fin de vie, à divers organismes de la région. Les surplus alimentaires sont aussi remis à l’organisme Le Passant, une maison d’hébergement pour les personnes en difficulté.

L’Hôtel du Vieux-Québec est également un chef de file en matière de pratiques durables. Deux toits végétalisés contribuent à conserver la fraîcheur de l’établissement durant la saison estivale ainsi qu’à capturer l’eau de pluie qui passe ensuite dans un échangeur de chaleur qui la préchauffe. Cette technologie réduit la consommation d’énergie de l’hôtel. Les légumes, les fleurs, les herbes et même le miel produits sont offerts aux employés ainsi qu’aux clientèles, en plus d’être utilisés en cuisine. Enfin, des panneaux solaires aident à alimenter en énergie l’étage supérieur du bâtiment.

Source de l’image : Hôtel du Vieux-Québec

Les clientèles et les employés ; aussi à contribution

Le Bucuti & Tara Beach Resort à Aruba fait preuve d’originalité pour mobiliser les clientèles à la pérennité de la destination. En effet, le complexe hôtelier offre les services d’un concierge spécialiste en développement durable. Ce dernier fournit toute l’assistance et les informations nécessaires pour aider les visiteurs à compenser les émissions de carbone émises par leurs déplacements au cours de leur séjour.

De plus, le troisième mercredi du mois est toujours consacré au nettoyage des plages avoisinantes à l’hôtel. Les voyageurs sont encouragés à prendre part à cette journée qui est chapeautée par les membres du personnel hôtelier. Cette initiative existe depuis maintenant 27 ans et des centaines de visiteurs y ont participé.

Au Québec, le Domaine Château Bromont implique les employés dans son virage durable. Ces derniers reçoivent notamment une formation au centre de tri Sani-Éco de Bromont afin d’être davantage conscientisés face à l’importance d’un système de tri. Le personnel en cuisine et en entretien ménager assiste aussi à une formation sur les déchets résiduels.

Les établissements hôteliers adoptent de plus en plus des pratiques durables et certains ont même la possibilité de devenir des références en matière de construction écologique. Et vous, passerez-vous à l’action ?

Image à la une : Pexels

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Tendances

Les tendances touristiques racontées

Cette année, l’équipe de la Chaire a collaboré avec le bédéiste Cyril Doisneau pour mettre en scène certaines tendances décortiquées dans le cahier Perspectives touristiques2022. Nous vous invitons à les découvrir à travers l’histoire de nos deux voyageurs afin de déceler des opportunités ou des défis qui pourraient se présenter au cours des prochains mois. Bonne lecture! 

Image à la une : Cyril Doisneau

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Produits et activités

Un concept innovant pour soutenir le spectacle vivant

Au printemps 2020, des artistes et des techniciens du Pays de la Loire (France) ont décidé de continuer à vivre de leur talent malgré le confinement. Ensemble, et avec d’autres professionnels du milieu, ils ont fait preuve d’innovation en imaginant des spectacles pluridisciplinaires (cirque, théâtre, musique, danse, etc.) de courte durée et pouvant se réaliser dans des lieux insolites (à la ferme, au pied d’un immeuble, devant une maison de quartier, etc.). Les porteurs de projet (Ouvrir l’horizon) ont sollicité l’appui financier des collectivités locales (municipalités, départements, régions) et la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) pour donner vie aux «paniers artistiques».  

Source : Ouvrir l’horizon 

À l’image des paniers de légumes bio, où le contenu n’est révélé qu’une fois livré à la maison, les micro-événements sont une surprise, tant pour les organismes ou institutions qui achètent les spectacles, que pour les spectateurs qui y assistent. Lors de l’achat, le coût du panier comprend des temps de création et de répétition ainsi que des représentations. Celles-ci durent de 20 à 30 minutes et sont produites par des artistes de la région. Ces derniers choisissent à quel public sera destiné leur spectacle : jeune public, tout public ou public ciblé (ex. entreprise). Enfin, il est possible d’acheter un panier contenant 5, 10 ou 15 représentations.  

Source : Ouvrir l’horizon 

Selon le bilan régional2020, 29 «paniers artistiques» ont été vendus, ce qui se traduit par la contribution de 300 professionnels du spectacle, 293 représentations et 20 000 heures de travail artistique, technique et administratif. La réalisation de créations artistiques en circuit court a ainsi permis aux artisans du spectacle vivant de maintenir le lien avec le public. À l’automne de la même année, Ouvrir l’horizon s’est structurée en association afin de poursuivre sa mission et de contribuer à l’économie solidaire du secteur.  

À l’issue du bilan régional 2020, le comité de pilotage a décidé de poursuivre ses opérations en 2021 (ActeII) ainsi qu’en 2022 (ActeIII). L’initiative a aussi inspiré la région Auvergne-Rhône-Alpes à se lancer dans une aventure similaire. Pourrait-on imaginer des paniers artistiques au Québec? 

Image à la une : Pexels

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Ressources humaines

Pénurie de main-d’œuvre : en mode solutions technologiques

Plusieurs outils numériques s’adressant au client ou à l’employé seraient en mesure de résoudre certaines situations irritantes relatives au manque de personnel dans l’industrie touristique. En voici quelques-uns.  

Privilégier une formation mieux adaptée aux enjeux

Assurer une formation adéquate lorsque le roulement des employés est considérable, ou lorsque les conditions d’emploi (temps plein ou partiel) ne sont pas stables peut s’avérer une tâche ardue. Les conséquences d’un apprentissage non uniforme peuvent affecter la qualité de l’accueil ou du service. L’entreprise québécoise Happy Hotels se spécialise dans la formation des ressources en réalité augmentée et virtuelle. À l’aide de modules clé en main, elle offre un programme répondant aux standards de l’entreprise et uniformisé pour tous les travailleurs, le tout à distance et de manière autonome. En plus de faciliter le processus de formation dans le contexte de rareté de main-d’œuvre, la réalité virtuelle contribue à une meilleure rétention de l’information pour les employés et garantie des économies de coût. 

Soigner l’accueil de la clientèle

Le manque de ressources humaines peut contraindre les gestionnaires d’entreprises touristiques à réduire leurs heures d’opération ou peut simplement affecter l’expérience client. Plusieurs outils technologiques peuvent entrer en action pour pallier cet irritant. Entre autres, l’accueil des clientèles à leur hébergement peut être effectué par préenregistrement en ligne ou par borne autonome (Hotello), et la communication assurée par un agent conversationnel comme Automat ou HeyDay. Sur place, les robots de l’hôtel Monville, par exemple, sont en mesure d’accomplir certaines tâches comme le service aux chambres. Le service de conciergerie peut être opéré par un assistant concierge virtuel comme NuGuest. Ces solutions libèrent des ressources qui se concentrent davantage sur d’autres tâches. 

Par ailleurs, se munir d’un outil permettant la réservation de plages horaires obligatoires et la gestion des files constitue une stratégie intéressante. Le client se déplace selon un horaire prévu, ne perd pas de temps à attendre inutilement et n’a pas de mauvaise surprise à l’arrivée. Somme toute, bien communiquer ses nouvelles directives s’avère essentiel en 2022. 

Faire preuve d’agilité avec la main-d’œuvre

Se munir d’outils numériques peut favoriser une optimisation des processus internes et d’embauche. Augmenter sa capacité d’agilité et repenser sa méthode de recrutement permet de mieux faire face aux imprévus. 

L’application Dispo se spécialise dans l’affectation temporaire de main-d’œuvre pour les domaines de la restauration, de l’hôtellerie et du commerce en ligne. Pour les employeurs, Dispo présélectionne un bassin de travailleurs qualifiés et traite toutes les procédures administratives. Les gestionnaires peuvent ainsi rapidement combler leurs besoins en ressources humaines et, par exemple, soulager des équipes de travail fatiguées ou assurer un meilleur service client comme les opérations de nettoyage. De leur côté, les candidats peuvent accepter ou refuser les propositions d’emploi selon leurs propres critères (durée du contrat, temps plein ou partiel, etc.). Ce fonctionnement leur permet d’adopter un horaire flexible sans engagement, d’obtenir un revenu d’appoint ou tout simplement de découvrir un nouveau métier. Pourquoi ne pas valoriser le développement de certaines compétences dans un nouveau secteur d’activité ? Dispo touche une panoplie de profils de travailleurs, allant de l’étudiant souhaitant travailler pendant sa session en passant par le retraité disponible quelques heures par semaine seulement.  

Source : Dispo 

De son côté, Merinio propose à des entreprises comme des parcs d’attractions, des stations de ski, des hôtels ou encore des agences de sécurité, de repenser la gestion et la communication interne et d’améliorer la transparence entre gestionnaires et employés. Accessible sous la forme d’une application ou d’une plateforme en ligne, l’outil centralise toutes les communications internes, qu’il s’agisse de tâches administratives (recrutement, congés, absences, etc.), de besoins urgents de personnel ou de gestion d’emploi du temps. Le gestionnaire crée numériquement sa demande d’horaire qui est transmise aux employés selon leurs disponibilités. En cas de fort ensoleillement, par exemple, un parc d’attractions peut très rapidement se munir des ressources nécessaires pour faire face à un achalandage accru. Ces processus centralisés et automatisés permettent une plus grande efficacité et un gain de temps considérable pour les responsables qui peuvent se concentrer sur l’essentiel de leur mission : la gestion de l’humain. Pour les travailleurs, la solution numérique et automatisée assure une expérience employé sans irritant.  

Source : Merinio

Selon Stéphanie Fissette, enseignante et conseillère en ressources humaines, spécialisée dans le domaine touristique, une expérience client optimale va de pair avec une expérience employé sans faille. Les conditions de travail ont un impact sur la rétention, la mobilisation et la fidélisation du personnel. Elle permet, entre autres, de limiter le roulement des équipes qui pose des problèmes de formation, et de réduire le désengagement ou la démotivation qui ont une incidence sur l’expérience des visiteurs. 

Être à l’avant-garde des technologies et trouver des solutions innovantes en réponse aux enjeux présents, n’est-ce pas la clé du succès d’une entreprise ? 

Image à la une : Maxim Hopman de Unsplash

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Ressources humaines Technologies

Profiter du virage numérique pour soutenir ses employés

La pandémie de COVID-19 a aggravé la situation de pénurie de main-d’œuvre qui perdure au pays depuis plusieurs années. D’après une étude de la Banque de développement du Canada (BDC), les difficultés d’embauche pourraient persister encore pendant dix ans. Quelque 55 % des entrepreneurs canadiens peinent à recruter des employés pour pourvoir les postes vacants — plus de 25 % d’entre eux ont du mal à retenir leur personnel actuel.  

Plusieurs pays occidentaux vivent des enjeux similaires. Aux États-Unis en 2021, pour le seul mois de septembre, près de 4,4 millions de travailleurs ont quitté leur emploi. Un record historique, annonçait alors le US Bureau of Labor Statistics. En novembre 2021, 4,5 millions de départs ont été comptabilisés. Le secteur du tourisme n’est pas épargné. Le taux de démission en loisirs ainsi qu’en hébergement a atteint un sommet de 6,4 %, ce qui représente plus du double du taux national qui se situe à 3 %. Le phénomène, surnommé la Grande démission, est le résultat de nombreux facteurs, dont l’insatisfaction des travailleurs à l’égard de leurs conditions de travail et de leur salaire. Le Royaume-Uni, la France, l’Italie, le Portugal et l’Espagne sont également confrontés à ce problème. Le manque de main-d’œuvre constitue une difficulté majeure pour le secteur du tourisme et selon le World Travel & Tourism Council (WTTC), cette tendance devrait se poursuivre en 2022. 

Pourquoi se doter d’outils technologiques ?

Selon une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1 206 voyageurs québécois, la moitié des répondants ayant voyagé au Québec à l’été 2021 ont vécu une situation problématique en lien avec la pénurie de main-d’œuvre. Les circonstances les plus fréquemment rencontrées sont la diminution ou le ralentissement des services offerts (40 % d’entre eux) et la réduction des heures d’ouverture (39 %). Quelque 75 % des voyageurs sondés ayant subi des irritants jugent que le manque de personnel a affecté leur expérience touristique. De ceux-ci, environ un voyageur sur quatre (27 %) affirme que ces situations vécues ont affecté négativement leur intention de revisiter l’endroit concerné. L’intégration des technologies et l’automatisation des processus représenteraient alors des solutions pour réduire les désagréments provoqués par la pénurie. 

Le récent virage numérique entraîne inévitablement une reconfiguration du monde du travail. D’un côté, les salariés sont amenés à occuper des postes plus intéressants et complexes, laissant les technologies effectuer les tâches redondantes ou sans grande valeur ajoutée. D’un autre, ils doivent apprendre à travailler de concert avec ces outils qui appuient leurs fonctions.  

Selon l’étude de la BDC, 61 % des entreprises ayant adopté des technologies ou un processus d’automatisation sont d’avis qu’il est facile d’embaucher de nouveaux employés. Parmi ces entreprises, 86 % œuvrent dans le secteur de l’hébergement et de la restauration.  

Il serait donc judicieux d’utiliser efficacement cet élan numérique afin de conserver son personnel, attirer de nouveaux candidats et séduire les clientèles. Les résultats de l’enquête menée par la Chaire de tourisme Transat montrent que globalement, la proportion de répondants qui mentionnent être dérangés par les services ponctués de tâches automatisées ou robotisées (55%), les points de contact offerts en ligne seulement (41%) ou l’obligation de réserver en ligne (38%) est moins élevée que celle liée à la réduction des services offerts à la clientèle (voir infographie).  

De manière générale, on observe que les femmes, les répondants retraités ou âgés de 55 ans et plus et ceux qui sont moins scolarisés sont plus sensibles que les autres personnes sondées aux solutions numériques, telles que les points de contact offerts en ligne ainsi que les services ponctués de tâches automatisées ou robotisées. Les télétravailleurs, probablement plus à l’aise avec la technologie, se disent, pour leur part, moins contrariés par une intensification du numérique.  

La technologie au service de l’humain

L’utilisation du numérique s’avère un incontournable en entreprise, tant pour soulager ses équipes de travail, que pour attirer de nouveaux candidats et satisfaire la clientèle. Les données recueillies par la Chaire indiquent que les voyageurs québécois interrogés montrent une ouverture à l’utilisation des technologies comme solution au manque de main-d’œuvre. Par-dessus tout, en effectuant des tâches plus mécaniques ou répétitives, celles-ci laissent aux travailleurs la possibilité d’occuper des postes qui valorisent davantage leurs qualités humaines. 

Êtes-vous prêt à prendre le virage? 

Image à la une : Pixabay

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Destinations

Gestion des flux touristiques : la Heatmap d’Helsinki

Une relance sécuritaire

Comme toutes les grandes villes, Helsinki a souffert des impacts de la pandémie puisqu’une importante partie de son écosystème s’articule autour des hôtels, des restaurants, des événements et des attraits touristiques. La relance est très attendue.

Afin d’assurer une reprise sécuritaire, la Ville et l’entreprise de logiciels Hypercell ont élaboré la Heatmap. Cette carte thermique informe les internautes de l’intensité de l’achalandage des zones touristiques grâce à une gradation de couleurs. Du jaune au rouge, les résidents comme les visiteurs peuvent distinguer, en temps réel, les endroits les plus calmes des plus fréquentés au centre-ville.

Des données utiles pour tous

Lancée à l’été 2021, la Heatmap recense le volume de personnes en fonction du lieu et de l’heure, le temps moyen passé sur les différents sites ainsi que le mouvement des foules à travers les zones munies de capteurs. Ces données permettent aux acteurs touristiques de cerner rapidement les attroupements et de gérer plus efficacement l’attractivité de certains attraits et secteurs selon les moments de la journée. Ces informations seront également utiles pour mieux planifier les actions en mobilité et deviendront certainement un outil précieux de planification urbaine pour la Ville.

La Heatmap est alimentée par un réseau de beacons — des balises de microlocalisation — déployé à travers la ville. Ces balises captent les signaux Bluetooth des appareils mobiles circulant à proximité. Les instigateurs du projet comptent multiplier le nombre de détecteurs à différents endroits du centre-ville et des quartiers qui accueillent des visiteurs. Les organisations qui acceptent d’installer des capteurs bénéficient dès lors de données privilégiées sur la fréquentation de leur commerce, les périodes de pointe, ainsi que le potentiel de clients selon les zones. À noter que les informations transmises demeurent anonymes.

La Heatmap d’Helsinki fait partie d’un projet de gestion régionale de la sécurité du tourisme dont le financement provient du fonds de relance touristique du Ministry of Economic Affairs and Employment de la Finlande.

Image à la une : Heatmap Helsinki

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Produits et activités

Un restaurant « Bienvenue aux VR »

À Fiskars, en Finlande, l’idyllique restaurant Café Bar Pesula accueille les vanlifers à bras ouverts. Pour la modique somme de 15 euros — soit un peu plus de 20 dollars canadiens —, les vanlifers ont la possibilité de s’installer dans le stationnement adjacent à la bâtisse où ils peuvent profiter d’un accès à l’électricité et à des toilettes chimiques pour une période maximale de 24 heures. Le Café invite aussi les intéressés à siroter une bière ou encore à commander un déjeuner exclusif, préparé à leur réveil le lendemain.

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Source : Bar Café Pesula — page Instagram

Le lieu offre une ambiance paisible. Le Café se trouve dans un bâtiment au cachet patrimonial, lui-même situé aux abords d’une petite étendue d’eau à l’épais couvert forestier.

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Source : TripAdvisor

L’établissement ne se limite pas aux campeurs. Sur sa page Facebook figure la publication ci-dessous, qui mentionne que « les clients poilus sont aussi les bienvenus chez nous » (traduction libre), en référence aux cavaliers et à leur monture. La photo révèle d’ailleurs deux véhicules récréatifs bien installés.

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Source : Café Bar Pesula — page Facebook

Au Québec, le choix d’accepter ou d’interdire les voyageurs en VR demeure à la discrétion de chacun. Cette initiative invite à réfléchir aux opportunités que représente ce phénomène de la vanlife, surtout aux endroits où l’offre de camping est insuffisante.

Et vous, comment accueillez-vous cette clientèle ?

 

Source de l’image à la une : Unsplash

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Destinations

Innover en milieu rural et isolé

À l’occasion de l’événement français Place Marketing Forum organisé par la Chaire Attractivité et Nouveau Marketing Territorial en septembre 2021, Moa Björnson, cheffe du développement de la municipalité de Træna, est venue présenter le dynamisme de sa communauté d’adoption. Celle-ci est située dans un archipel tout près du cercle polaire. L’initiative Tenk Træna vise à diversifier l’économie par l’innovation en accueillant des visiteurs créatifs qui doivent collaborer avec des membres de la collectivité. Ce projet a d’ailleurs été décoré à plusieurs occasions, notamment lors du plus récent Place Marketing Forum. Voici en quoi il consiste.

Diversifier l’économie

Bien qu’elle soit en dehors du radar, loin des grands bassins de population et composée de très peu d’habitants, la municipalité de Træna est devenue un réel incubateur d’innovation. Mme Björnson estime que cette communauté puise sa force dans sa taille réduite et son caractère agile, tout en pouvant compter sur de nombreux esprits créatifs.

Alors que l’industrie de la pêche constituait son seul véritable moteur économique, l’île avait besoin d’un second souffle pour améliorer la qualité de vie de la communauté, attirer de nouveaux résidents et redynamiser les lieux. Un festival de musique, mis sur pied en 2003 et accueillant chaque année quelques milliers de visiteurs, faisait déjà parler de la destination en Norvège, notamment de par ses sites spectaculaires. Il fallait réfléchir à poursuivre le développement de Træna avec une approche d’attractivité douce, en respectant l’identité de l’île et le mode de vie de ses habitants.

Attirer des compétences

C’est alors qu’en 2015 a été créée l’initiative Think Træna (Tenk Træna) afin de rassembler les forces vives locales pour identifier des pistes qui devaient mener à une diversification de l’économie de façon durable et responsable. L’un des projets à voir le jour est basé sur le concept d’artiste en résidence. L’artiste, mais aussi le chef cuisinier, l’entrepreneur, l’ingénieur ou encore le chercheur qui le souhaite peut ainsi poser sa candidature pour aller demeurer sur l’île pendant 1 à 3 mois et développer un projet avec des membres de la communauté. L’initiative doit se solder par des résultats qui bénéficieront aux résidents.

Le participant, logé sans frais dans une habitation sélectionnée pour des prix d’architecture, concrétise donc son idée en partenariat avec des collaborateurs locaux et, du même coup, expérimente la vie sur l’île. Le but est d’attirer des personnes aux compétences complémentaires à celles déjà présentes et de cocréer avec la communauté. Les interactions entre les résidents, les organisations locales et l’artiste-chef-entrepreneur en résidence enrichissent les connaissances de chacun.

Des résultats concrets

Lancé en 2015, le programme en résidence a déjà fait plusieurs tours de roue. Plus de 45 projets se sont concrétisés. En voici quelques-uns, en rafale.

Architectes en résidence 

Un étudiant en architecture a transformé le plus vieux hangar à bateau de l’île — destiné à la démolition — en sauna et espace de rencontre. Celui-ci, situé en bord de mer, est aujourd’hui très fréquenté par les résidents comme par les visiteurs. Il peut être réservé pour des réunions.

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Source : Tenk Træna

Un autre architecte en résidence a conçu une hutte pour se protéger du vent dans l’un des endroits les plus exposés de l’île.

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Source : AIR Træna

Artiste en résidence 

Deux artistes en résidence ont créé un balado qui consiste à découvrir l’archipel par la voix des enfants qui l’habitent.

Entreprises en résidence

Une entrepreneure de Chicago est venue créer du cuir écoresponsable à partir de peau de poisson. Cela permet de valoriser une partie des déchets de l’industrie locale de la pêche. Elle cherche maintenant des collaborateurs pour monter une petite chaîne de production à Træna.

Une équipe de la multinationale OSRAM, à la recherche d’un lieu pour expérimenter certains aspects de l’éclairage urbain, s’est installée sur l’île. Cette dernière est devenue une véritable salle d’exposition à ciel ouvert de lumières interactives. Le projet-pilote consistait à évaluer l’impact des différents systèmes d’éclairage sur les sites et les habitants. L’endroit était tout indiqué pour ce type d’installations étant donné la faible luminosité naturelle durant les mois d’hiver. Voici une vidéo illustrant le projet.

Source : Vimeo, Govertsen film

Chef en résidence

Les chefs cuisiniers qui participent au programme sont invités à venir expérimenter les produits extraits des eaux de l’archipel. Durant le festival hivernal de musique Træna med Storm, qui célèbre le climat aride et les paysages dramatiques durant la saison froide, un chef a conçu un menu dégustation mettant en vedette les algues. Une entreprise locale en fait la cueillette et la transformation. Pour inciter la population à s’approprier ce produit dans l’alimentation du quotidien, ce chef propose une recette simple et facile à reproduire pour les résidents.

Source : Vimeo, Polar Permaculture Solutions, AS

Famille en résidence

Le programme permet aussi à une famille de venir s’installer temporairement pour tester la vie insulaire. Selon le type de travail et les besoins en matière de services scolaires ou de garde, la famille choisie est accompagnée pour maximiser les chances d’un séjour prolongé réussi.

Développement intégré et durable

L’organisme Tenk Træna, qui gère le programme en résidence, planche aussi sur plusieurs projets en cocréation qui s’inscrivent dans une vision à plus long terme. Il travaille actuellement sur un concept intégré qui combine hôtel (30 chambres), site culturel, musée, expériences de plein air, espaces de coworking pour visiteurs comme pour résidents, habitations et locaux commerciaux, le tout en activité 365 jours par année. Le but est d’en faire un endroit dynamique et selon les principes du développement durable, qui allie vie locale et animation des visiteurs.

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Source : Tenk Træna

À retenir

Enfin, comme le souligne Mme Björnson, pour favoriser le dynamisme d’une communauté et mousser son attractivité, il faut demeurer flexible et ne pas avoir peur de tester des idées. Il faut également se rappeler des éléments suivants :

  • Identifier les opportunités ;
  • Chercher les possibilités de collaboration dans la communauté, mais aussi à l’extérieur ;
  • Développer des projets à court ET à long terme ;
  • Ne pas chercher à obtenir l’unanimité, il y aura des gens en désaccord ;
  • Accepter que développer nécessite du temps.

L’innovation n’est pas réservée qu’aux milieux urbains. Elle nait lorsque les esprits créatifs sont sollicités et elle s’avère d’autant plus heureuse lorsqu’elle implique l’engagement de la communauté.

 

Image à la une : Tenk Traena